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Chapitre 37

Oín ne fut pas spécialement étonné quand il vit entrer Kolya et avant même qu'il parle, il s'était levé et avait pris sa sacoche.

-Maitre Oín...

-J'me doute que c'est Thorín qui vous envoie ?

-Oui.

-On y va... Soupira le docteur, se demandant à quelle sauce il allait être mangé par son roi...

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Kíli et Thorín se séparèrent brusquement quand ils entendirent Bilbo tousser à nouveau.

-J'voulais pas qu'il tombe malade... j'aurais pas dû l'entrainer dehors... Grogna le prince.

-Je t'ai dit que ce n'était pas de ta faute. Insista Thorín en s'approchant du lit.

En prenant garde à ne pas s'asseoir sur son compagnon, le roi se pencha et passa sa main doucement sur ce qu'il supposait être le côté de Bilbo.

-Il ne risque pas de s'étouffer en étant complètement sous les couvertures ? S'inquiéta Kíli.

Habituellement sûr de lui, à ce moment précis, Thorín fut incapable de dire si Bilbo risquait de manquer d'air et cette constatation lui fit regretter de ne pas avoir laissé son compagnon à l'infirmerie, là où il pouvait recevoir tous les soins adéquats en temps voulu. Mais il n'eut pas le temps de décider s'il allait le ramener ou non que deux coups furent frappés à la porte avant qu'elle ne s'ouvre, laissant passer le docteur.

-Il a toujours de la fièvre ? Leur demanda Oín en s'approchant du lit, sans même les saluer.

Thorín ne répondit pas, se rendant compte qu'il n'avait même pas pensé à regarder.

-Ça n'a pas baissé... Constata le docteur après avoir découvert la tête de Bilbo qui grogna. Bon, c'que j'lui ai donné suffit pas. Le problème, c'est que j'sais pas comment traiter ça... demain, il faudra envoyer quelqu'un à Dale et demander qu'un d'leur docteur vienne le voir.

-Pourquoi pas maintenant ? Lui demanda Thorín.

-Parce qu'il est tard et que j'pense pas que ça serve à quelque chose. Il dort depuis longtemps ?

-Depuis que nous sommes montés, ou presque...

-Pas la peine de l'réveiller pour qu'il mange, de toute façon, je pense qu'il dira non. Laissons-le tranquille maintenant, j'reviendrais demain.

-Et si ça empire ?

-Il faudra l'surveiller de temps en temps, pour que sa fièvre grimpe pas de trop. J'suis sûr qu'il a déjà eu c'que les hommes appellent la grippe. Les symptômes sont quasi identiques au rhume, mais y'a les courbatures en plus...

-Il va s'en remettre ?

-Bien sûr ! Dans quelques jours, il sera à nouveau sur pied ! Il va sûrement pas apprécier ça, mais si tu remarques qu'il a le front trop chaud, tu lui donnes un bain dont la température sera légèrement plus basse. Ça peut aider...

-Et sa gorge ?

-Qu'est-ce qu'elle a ?

-Il tousse et il gémit après.

-Ah... demande qu'on te monte un pot de miel et du lait. T'en f'ras chauffer un peu et ensuite tu mettras une ou deux cuillères de miel dedans, ça va adoucir sa gorge. Normalement, il devrait avoir moins mal.

-C'est tout ? Lui demanda Thorín.

-J'peux rien faire d'autre ce soir. Mais t'inquiète pas pour lui, le rassura Oín en le regardant droit dans les yeux, il parait fragile, mais il a surmonté des épreuves bien plus pénibles... il s'en sortira, crois-moi !

Après avoir tapoté gentiment le bras de Thorín, Oín reprit sa sacoche et sortit de la chambre, le laissant seul avec Kíli.

-Kíli, tu peux...

-J'vais chercher le lait et le miel ! S'exclama le prince avant de partir.

Un gémissement parvenant de sous les couvertures fit tourner la tête à Thorín et il retourna s'assoir sur le bord du lit.

-Mon pauvre âzyungâl...

-J'... j'ai fr... froid... Balbutia Bilbo. J'veux... une autre... cou... couverture...

-Tu es brûlant de fièvre... Oín m'a dit de te faire prendre un bain tiède...

-J've... veux pas... être... mou... mouillé... Râla le hobbit en rabattant le drap sur sa tête et en le tenant entre ses poings.

Le roi esquissa un sourire en le voyant faire, puis redevint vite sérieux alors qu'il se levait pour aller dans la salle de bain. Après avoir vérifié la température de l'eau, il ferma les robinets et inspira fortement avant d'aller affronter son compagnon...

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Après avoir laissé le prince elfique devant sa chambre, Fíli retrouva Sigrid qui s'était changée et lisait devant la cheminée.

-Je n'ai pas été trop long ? S'enquit-il en se baissant pour lui donner un baiser sur le front.

-Non... finalement, j'ai apprécié d'être seule... ça fait du bien... Lui répondit-elle sérieusement.

Décontenancé par la réponse, Fíli s'accroupit devant elle.

-Tu regrettes d'être là ?

-Ton peuple est très gentil, mais j'avoue que de temps en temps, s'échapper de tout ce protocole me fait du bien.

-Je suis désolé que ça te pèse autant. Faire partie d'une famille royale a des avantages, mais aussi des inconvénients, j'en conviens...

-Ce n'est pas ça... ma famille me manque... Dit-elle en se caressant le ventre sans s'en rendre compte.

Attendrit par le geste, Fíli posa ses deux mains doucement sur le léger renflement qui n'était pas encore très visible.

-Coucou mon bébé, c'est papa... tu sais que ta maman et moi on t'aime ? Et tu verras, quand on sera chez nous, à la montagne, je suis sûr que mon petit frère Kíli sera complètement fou en apprenant qu'il sera tonton. Tu seras un bébé qui sera très aimé, je te le promets...

Sigrid ne put s'empêcher de sourire en l'entendant parler comme ça. Elle savait que les nains étaient très protecteurs envers leurs enfants quand ils avaient la chance d'en avoir. Elle espérait juste que Fíli resterait raisonnable quand leur bébé viendra au monde. Même si elle en doutait fortement...

Et que penser de la réaction de Kíli quand il l'apprendra ? Et Thorín ?

Peut-être devrait-elle retourner vivre chez son père à Dale afin de ne pas être surprotégée ?

-Tu penses annoncer la nouvelle à ton oncle et ton frère avant qu'on parte ?

-Je ne sais pas trop... Marmonna Fíli alors qu'il posait sa tête doucement sur le ventre de sa femme.

-Tu sais qu'il n'est pas plus gros qu'une grenouille pour l'instant ? Rigola-t-elle.

-Une grenouille ? Tu n'aurais pas pu choisir un plus noble animal ? Se plaignit-il.

-C'est très mignon une grenouille, de plus, leurs cuisses sont excellentes avec du beurre, du persil et de l'ail ! Mummm... ça m'donne faim... Gémit Sigrid.

Fíli fit la grimace en l'entendant parler de manger les petits batraciens. Comment les hommes pouvaient apprécier des trucs pareils ?

Et encore, à bien y réfléchir, ce n'était pas pire que de les voir manger les trucs baveux à coquilles...

-Tu viens te coucher ? Lui demanda-t-il avant qu'elle ne pense réellement à manger des grenouilles.

Parce qu'il ne se voyait pas du tout partir à la "chasse" à la grenouille en plein hiver. Et d'ailleurs, est-ce qu'il y en avait près des Montagnes Bleues ? Rien de moins sûr...

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Thorín remonta ses manches et s'approcha du lit, prêt à affronter le terrible hobbit qui s'était calfeutré sous les couvertures.

-Bilbo ? Le bain est prêt...

-J'en ai déjà pris un ! Aaa... atchoum !

-Je sais, mais Oín a dit qu'un bain un peu moins chaud que celui que tu as pris était le meilleur moyen de faire baisser ta fièvre. Demain, un docteur de Dale viendra te voir, mais en attendant...

Le nain saisit un coin du drap et tira doucement, emmenant les couvertures avec et découvrant la tête du hobbit.

-Mèèèèè... fait froid ! Laisse-moi tranquille !

Thorín marmonna quelque chose d'incompréhensible en Khuzdul avant de se pencher et de prendre délicatement Bilbo dans ses bras. Le hobbit chouina et se débattit, mais même en temps normal, il n'avait aucune chance de forcer Thorín en quoi que ce soit, alors en étant malade, il ne risquait pas d'y arriver...

Recroquevillé et accroché aux bras musclés, il soupira et finit par se laisser faire. En entrant dans la salle de bain, la vapeur chaude le fit presque suffoquer mais après quelques secondes, il se rendit compte que ça lui avait débouché une narine et lui permettait de respirer un peu mieux.

-J'veux pas être mouillé... Pleurnicha-t-il quand même.

Sans lui demander son avis, le nain le posa encore une fois dans la baignoire. Bilbo eut un violent frisson dès que ses fesses touchèrent l'eau qu'il trouva froide et il montra son mécontentement en râlant, ce qui ne perturba pas Thorín qui ne l'écouta pas. Les nains étaient rarement malades mais quand ils l'étaient, il devait avouer qu'ils n'étaient pas faciles.

Il en avait eu l'expérience, heureusement peu souvent, avec ses neveux. Quand ils étaient bien plus jeune, Kíli et Fíli étaient passés maitres dans l'art de se mettre dans des situations plus improbables les unes que les autres.

Et ça lui était souvent arrivé d'envoyer des gardes à leur recherche, quand ils avaient décidé que sortir de leurs chambres en pleine nuit pour jouer à cache-cache dans les tréfonds de la montagne était extrêmement drôle. Combien de fois avaient-ils été retrouvés dans des couloirs oubliés de tous, sombres et humides et dans lesquels les parois étaient couvertes de bords coupants et de moisissures propices aux infections ?

Grâce à ces deux chenapans, beaucoup avaient été condamnés. Mais les deux jeunes nains avaient le flair pour en découvrir d'autres. Jusqu'à ce qu'heureusement, ils se mettent à enfin à s'assagir. Repoussant ses souvenirs, il regarda Bilbo qui avait les yeux fermés et qui avait du mal à garder la tête droite.

-Penche ta tête dans l'eau, ça fera baisser ta température et tu dormiras mieux. Est-ce que tu voudras manger quelque chose ?

-Pas faim... fatigué...

-Je sais âzyungâl... je sais... Lui répondit Thorín en prenant une éponge douce.

Une main posée sur son dos, Thorín fit doucement couler l'eau sur le front et les cheveux qui étaient humides de transpiration. Le petit soupir de bien-être le fit sourire et il continua tout aussi délicatement à mouiller les joues et le cou exposés, tout en faisant bien attention à ne pas en laisser couler dans sa bouche.

La respiration était toujours un peu sifflante et quand Bilbo essayait de respirer par le nez, il finissait par laisser tomber et ouvrait grand la bouche en inspirant fort. Thorín posa l'éponge et toucha le front qu'il trouva nettement moins chaud et il décida que le bain avait fait son office.

Attrapant une serviette épaisse qu'il avait eu la présence d'esprit de poser par terre à côté du bassin, il redressa Bilbo avant de le lever et de l'envelopper dedans.

-Je vais te sécher et tu vas retourner au lit, ça te va ?

-Mumm...

Prenant ça pour un oui, il le frotta doucement mais fermement avant de lui enfiler une chemise de nuit et de l'emmener dans la chambre, où Kíli les attendaient déjà, tenant une petite cruche dans une main et un pot dans l'autre.

-Bombur m'a donné ça, tu aurais un bol ? Demanda-t-il à Thorín.

Son oncle leva la tête et lui indiqua du menton son bureau sur lequel était posé un verre, fort heureusement oublié par les serviteurs, puis il déposa Bilbo sur le matelas avant de tirer le drap sur lui.

-Je vais le passer à l'eau et je reviens. Déclara Kíli en s'en emparant.

-J'veux la couette... j'ai froid... Grogna le hobbit.

-Non, ta fièvre ne doit pas grimper donc il ne faut pas trop te couvrir.

-Le lait est chaud et je vais mettre du miel dedans, ne t'endors pas tout de suite ! S'exclama le jeune prince avant d'aller dans la salle de bain.

En entendant qu'il allait avoir droit à une douceur qu'il n'avait pas goûté depuis une éternité, Bilbo se frotta les yeux et essaya de s'assoir mais ses bras étaient tout mous et il retomba aussitôt sur le dos.

-Mais qu'est-ce que tu fais ? Lui demanda Thorín.

-J'peux pas rester couché pour boire...

Thorín l'aida à s'appuyer contre les oreillers et il n'attendit pas longtemps avant de prendre le verre que lui tendit Kíli. L'odeur du lait sucré lui chatouilla agréablement les narines, même s'il avait le nez un peu bouché et le gémissement de pur plaisir qu'il fit après avoir bu une gorgée fit presque rougir Thorín et il regarda Kíli qui bizarrement, garda les yeux rivés sur le verre de Bilbo.

-J'vais vous laisser maintenant... Marmonna-t-il.

-Merci Kíli... Lui dit Bilbo en souriant.

-Je suis désolé...

-De quoi ?

-Que tu sois malade... on n'aurait pas dû sortir...

-C'était une journée fantastique ! S'exclama Bilbo juste avant d'éternuer. Et c'est juste un rhume, ça passera ! La prochaine fois, j'mettrais des gants...

-Parce que tu veux recommencer ? S'étonna Kíli.

-Oh ouais !

L'enthousiasme de son petit oncle lui redonna le sourire et il s'inclina devant eux avant de sortir.

-Bonne nuit mes oncles !

Bilbo dégusta son verre de lait chaud dont il apprécia chaque gorgée. Il avait déjà mangé avec plaisir les délicieuses brioches de Bombur mais ce n'était quand même pas comparable à cette boisson douce et sucrée. Il avait eu la chance de pouvoir goûter au miel quand il était avec les frères.

Même si les piqûres des abeilles lui avait fait un mal de chien, il n'avait pas regretté d'avoir pillé une ruche. Les rayons gorgés du liquide épais et collant avait vite été mis dans un sac et c'est en courant se réfugier dans un tas de paille non loin qu'il avait réussi à échapper aux plus gros des ouvrières furieuses.

Il avait gonflé de façon inquiétante aux endroits où les dards s'étaient enfoncés et ça l'avait démangé pendant des heures, mais il n'avait pas été plus malade que ça. Ruppert n'avait rien dit ce jour-là, quand il n'était pas allé faire la manche. Le nectar les avait nourris pendant deux jours, jusqu'à ce que l'ainé des frères décide qu'il était temps pour lui de gagner sa croute...

-J'veux pas rester enfermer à cause d'un rhume... Râla Bilbo.

-Dit celui qui ne voulait pas sortir du lit i peine cinq minutes. Répliqua Thorín en lui prenant le verre maintenant vide.

-J'ai plus froid ! Ça va mieux, tu m'aides à m'lever ?

-Non.

-Mais pourquoi ?

-Parce que je préfère que tu attendes demain que le docteur vienne te voir. De toute façon, il est tard alors si tu te lèves, c'est pour manger et après, retour au lit !

Le hobbit grogna et ronchonna mais ça ne fit pas changer d'avis Thorín qui resta inflexible.

-Je vais demander un plateau, tu ne bouges pas !

-Tyran... Marmonna Bilbo.

-J'ai de très bonnes oreilles ! S'exclama le nain alors qu'il ouvrait la porte.

La commande passée auprès de Kolya, qui se fit un plaisir d'obéir à son roi, Thorín revint près de Bilbo et s'assit à ses côtés, sur le lit.

-Ta température s'est stabilisée on dirait... Murmura-t-il après avoir passé une main sur le front de Bilbo.

-J'voulais pas prendre de bain, mais ça à l'air efficace. Si j'avais su ça avant, ça m'aurait évité bien des problèmes...

Thorín préféra ne pas relever, se doutant que ces fameux problèmes dataient du temps où il était presque l'esclave des frères humains. Et comme s'il voulait faire sortir toutes ces années d'horreur de la tête de son compagnon, il se pencha sur lui et l'entoura d'un bras.

-Tu n'as pas de papiers ou des personnes à voir ?

-Non... je m'en suis déjà occupé. Ce soir, je suis tout à toi... Susurra Thorín à son oreille.

Le hobbit se sentit rougir sous le ton très suggestif et il ferma les yeux en gémissant quand une langue coquine lécha le bout de son oreille avant que les lèvres ne se referment dessus et le suçote.

Il avait déjà expérimenté le touché de sa bouche qui léchait et suçait son lobe et même s'il était malade, il n'en ressentait pas moins de plaisir. Il se demanda alors s'il n'avait pas envie d'aller plus loin et en même temps s'il allait supporter de ressentir le poids d'un corps sur lui...

Peut-être était-il temps de laisser le passé derrière lui et de voir ce que l'avenir lui réservait ?

Il profita des attentions du roi quelques minutes avant de glisser légèrement sur le matelas et s'allongea afin d'être plus à l'aise quand un coup résonna sur la porte. Thorín se redressa en grognant et se leva.

-Quoi !

-Votre plateau, votre majesté... Marmonna Kolya, impressionné par l'air peu avenant du roi.

-Laissez-nous ! Lui ordonna-t-il en lui prenant des mains. Et refermez la porte.

Obéissant sans rechigner et surtout, sans rien dire, Kolya reprit sa place, tout en se demandant s'il ne devait pas aller prévenir son capitaine que l'humeur du roi n'était pas au beau fixe. Mais il était tout près et il était toujours le garde du corps de son altesse alors il resterait près de la porte. Après tout, il faisait son travail et personne ne pourrait lui reprocher ça !

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Kíli errait sans but réel dans les couloirs et ne savait pas trop quoi penser. Son oncle lui avait dit qu'il ne devait pas se sentir coupable. Mais comment pouvait-il ne pas penser le contraire alors que c'était lui qui l'avait presque forcé à sortir ?

Bilbo lui avait dit qu'il n'aimait pas la neige, que c'était froid et mouillé et il avait raison parce qu'il était malade maintenant et quoi qu'en dise Thorín, il était responsable !

Il devait faire quelque chose pour se faire pardonner. Et quand il vit qu'il était près des cuisines, une idée lui vint. Bilbo aimait apparemment les sucreries et il savait ce qui lui ferait plaisir.

Poussant la porte, c'est sans surprise qu'il vit Bombur, toujours là, en train de découper des morceaux de viande qu'il jetait dans une énorme marmite accrochée dans le foyer de la cheminée.

-Ça sent divinement bon ! S'exclama-t-il, qu'est-ce que c'est ?

-Un ragoût de porc aux légumes, c'est pour demain !

-Dites, serait-il possible de faire ses confiseries à base de morceaux de fruits et de sucre ?

-J'sais bien qu'vous aimez les pâtes de fruits, mais est-ce vraiment raisonnable ?

-C'est pas pour moi, c'est pour Bilbo ! Il est malade et j'ai pensé que ça lui plairait...

-Il a déjà fini son plateau ? S'étonna Bombur, pourtant, il me semblait l'avoir suffisamment garni...

-Le plateau ? Quel plateau ?

-Celui qu'est venu chercher un garde à l'instant...

-Je ne suis pas au courant... mais pour les pâtes de fruits, c'est possible ?

-Oui, mais il les aura pas aujourd'hui, ni même demain... faut au moins quatre jours...

Déçu, Kíli fit la grimace.

-Mais j'peux lui faire du pain d'épice. Au fait, qu'est-ce qu'il a ? Il n'avait pas l'air mal tout à l'heure !

-Un gros rhume, mais vous connaissez mon oncle...

-Protecteur, hein ?

-Trop... bon alors, il faut quoi comme ingrédient ? S'exclama Kíli plein de bonne volonté.

Bombur ouvrit grand les yeux en regardant le prince.

-Vous voulez faire quoi ?

-Vous aider, pardi !

Le cuisinier n'en revenait pas. Depuis que le hobbit était dans la montagne, rien ne se passait comme avant !

Mais était-ce vraiment un mal ?

Bombur décida que non et s'empressa de sortir tout ce qu'il fallait pour faire le gâteau. Après tout, personne ne pourrait dire qu'il ne pouvait pas faire plaisir à son roi et son compagnon...

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Le plateau, pourtant garni des mets de prédilection de son hobbit, n'eut pas beaucoup de succès. Si Thorín fit honneur à la tourte à la viande, Bilbo grignota puis s'appuya lourdement sur son oreiller en soupirant.

-Ça va ? Lui demanda le nain en posant le plateau par terre. Tu n'as pas mangé grand-chose...

-J'ai pas très faim... pourquoi vous vous entêtez tous à vouloir me gaver ?

-Je ne t'ai pas forcé... je ne te forcerais jamais...

Bilbo ouvrit les yeux et regarda Thorín, qui était assis en face de lui sur le matelas.

-Pourquoi est-ce que j'ai l'impression que tu ne parles pas seulement de nourriture ? Lui demanda-t-il doucement.

-Parce que je veux que tu comprennes que jamais je n'exigerais quoi que ce soit que tu ne veuilles pas m'offrir...

Bilbo se mordilla la lèvre inférieure en baissant la tête. Il ne savait pas pourquoi mais ce qu'il venait d'entendre lui fit monter les larmes aux yeux. Ce n'était pourtant pas la première fois que Thorín lui disait ça. Alors pourquoi est-ce qu'il réagissait comme ça aujourd'hui ?

-Tu as mal quelque part ? S'inquiéta Thorín en lui levant le menton.

-Non...

-Alors pourquoi tu pleures ?

-Parce que... parce que...

Incapable de finir sa phrase, il se jeta au cou du nain qui, surprit, mit quelques secondes avant de serrer le petit corps chaud tout contre lui.

-Tu es tellement gentil avec moi... je mérite pas quelqu'un comme toi... Renifla Bilbo.

-C'est moi qui ne te mérite pas... je suis quelqu'un de dur, qui exige toujours le meilleur, qui n'a pas appris à être compatissant et...

-Et je t'aime tel que tu es... Le coupa Bilbo en le regardant droit dans les yeux.

-C'est vraiment dommage que tu sois malade... Murmura Thorín en le basculant doucement sur le matelas.

Installé confortablement entre les cuisses de son compagnon, Thorín ne se lassait pas de le regarder. Il avait le nez qui coulait, ses cheveux étaient en bataille et complètement emmêlés, ses yeux étaient rouge des larmes qui les avaient envahi, mais aux yeux de Thorín, il était le plus beau. Et le sourire qu'il vit pointer doucement sur ses lèvres lui donna l'envie quasi irrésistible de l'embrasser.

-Non...

Bilbo se mit à rire doucement en voyant le regard étonné du nain, avant de renifler et de chercher un mouchoir qu'il trouva sur la table de chevet.

-J'suis malade et j'ai pas envie de te contaminer. Continua-t-il après s'être mouché.

Le froncement de sourcil du nain le fit rire à nouveau.

-Tu avais envie de m'embrasser, mais il faut pas. Que diraient les gens s'ils apprenaient qu't'es malade à cause de moi ?

-Les nains ne sont pas sensibles au rhume et qui te dit que j'avais envie de...

-Je lis en toi comme dans un livre ouvert. Et ça fait longtemps que nous n'avons pas...

Bilbo ne finit pas sa phrase et baissa la tête alors qu'il rougissait furieusement. Lui aussi avait bien envie d'embrasser son nain. Ça faisait effectivement longtemps qu'ils n'avaient pas été intimes et il devait avouer que ça lui manquait.

-Tu as raison. Nous attendrons que tu ailles mieux... et si nous nous couchions maintenant ?

Comme si son corps n'avait attendu que ça, Bilbo se mit à bailler.

-Nous sommes d'accord... Rajouta Thorín d'un air entendu avant d'aller à la salle de bain. Je reviens...

Comme il venait de prendre un bain, même s'il n'avait pas vraiment été d'accord avec ça au début, Bilbo se sentait propre et il était déjà en vêtement de nuit, alors il glissa sur le matelas et tira la couette ainsi que la fourrure du loup sur lui et ferma les yeux de plaisir. Y'avait pas à dire, un bon matelas et une couverture chaude étaient quand même bien agréable...

Thorín revint rapidement après avoir fait ses ablutions du soir et quand il vit que Bilbo s'était bien calfeutré sous la couette, il hésita avant de lui demander s'il voulait en faire autant. Mais il avait juste un rhume, il n'était pas à l'article de la mort.

-Tu veux aller dans la salle de bain avant de dormir ?

-Pour faire quoi ? J'viens d'prendre un bain... Marmonna le hobbit.

-Te brosser les dents peut-être ? Ou alors, brosser un peu tes cheveux...

Ouvrant grand les yeux, Bilbo se redressa aussitôt. Il avait testé avec plaisir la brosse pour les dents que Thorín lui avait fait fabriquer et il était vrai que depuis qu'il avait cet accessoire de toilette, il ne s'était jamais mis au lit sans s'en être servi.

Comment avait-il seulement songé à se coucher sans s'être correctement nettoyé ?

A sa décharge, avoir un nécessaire de toilette était tout nouveau pour lui, mais même avant, il avait toujours pris le temps de se nettoyer le plus possible, ne voulant absolument pas ressembler à Mâa à qui il n'était resté que quelques dents pourries.

Après de rapides ablutions, il retourna au lit et se colla à Thorín qui sentit une petite main fouiller sur le côté de sa tête. Dès qu'il entendit un soupir de satisfaction, il sut que Bilbo avait enroulé une tresse autour d'un de ses doigts. Il espérait juste qu'une fois endormi, il la lâcherait, sinon, il risquait d'avoir très mal au crâne s'il se tournait pendant la nuit...

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Dwalín n'avait pas bien dormi. Debout depuis l'aube, il était en train de massacrer un mannequin d'entrainement avec une de ses haches, tout en imaginant que c'était son meilleur ami et accessoirement son roi, qui était face à lui. Pourquoi est-ce que Thorín voulait absolument qu'il parle avec Ori ?

Ce n'était pas parce qu'il avait trouvé son compagnon d'âme qu'il devait en avoir un !

Il savait qu'Ori ne pouvait pas l'être. Même s'il aurait bien aimé passer du temps en compagnie du jeune scribe, il n'y avait jamais eu entre eux cette espèce d'étincelle qui avait fait que Thorín et Bilbo s'étaient presque jeté l'un sur l'autre quand ils s'étaient vus.

Mais il pensa alors à quelque chose qui lui fit rater son coup et sa hache partit s'enfoncer dans le sol, quelques mètres plus loin. Ori n'était pas encore majeur...

Etait-ce à cause de ça qu'il ne l'avait pas ressenti comme étant son autre moitié ?

-Il manqu'rait plus qu'ça... Grogna-t-il en allant récupérer son arme.

Mais dans un sens, ça l'arrangeait. Il avait encore presque cinq ans à attendre et il ne voulait certainement pas faire quelque chose qu'il jugeait complètement déplacé. Il était vieux et Ori était jeune. Il n'avait pas envie de passer pour un pervers, même si Thorín lui avait affirmé que le hobbit avait sensiblement le même âge.

Avait-il vraiment envie de passer à côté de la chance d'avoir une personne pour qui il compterait ?

Une personne qui serait là pour lui, qui le comprendrait et qui le soutiendrait ?

Mais est-ce qu'Ori serait comme ça ou est-ce que c'était lui qui voulait qu'il soit comme ça ?

-Raahhh... pourquoi est-ce que ça m'arrive ?

Il était tôt, il puait la transpiration et il devait encore entrainer ses soldats. Mais le jour n'était pas encore tout à fait levé et il avait encore une ou deux heures devant lui avant de voir les arènes se remplir.

Il regarda ses haches, espérant peut-être qu'elles lui donneraient un avis éclairé, mais il eut beau les fusiller du regard, elles restèrent complètement insensibles à l'intimidation. Alors il décida d'aller se doucher et de faire un tour, histoire de se changer les idées.

Et pourquoi ne pas passer non loin de la bibliothèque ?

Après tout, il était le capitaine de la garde et il avait en charge la sécurité des habitants de la montagne. Et avec un peu de chance, il pourrait y voir Thorín et discuter un peu avec lui de l'avenir de Kolya, le garde du corps de Bilbo. Bon d'accord, il en faisait un peu trop. Surtout qu'ils avaient déjà décidé que Kolya resterait auprès du hobbit.

Bon d'accord, il savait que si Thorín était à la bibliothèque, il y aurait également Ori.

Mais... et si jamais ils étaient dans le bureau de Thorín ?

Après tout, c'était là qu'ils étaient censés travailler. Dwalín grogna quelque chose en Khuzdul et remit ses haches dans son dos avant de se dire que ça n'était pas vraiment nécessaire qu'il les prenne avec lui. Il portait toujours ses gants spéciaux et ça lui suffisait.

N'importe quel nain dans la montagne savait qu'il ne fallait pas se frotter au capitaine de la garde et sa réputation n'était plus à faire. Respirant un bon coup pour se donner du courage, il quitta les arènes et grimpa les escaliers qui menaient à ses quartiers. D'abord un bain et ensuite direction la bibliothèque.

Il n'était pas dit qu'il laisserait Thorín se moquer de lui...

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La nuit avait été calme et étonnement, Bilbo avait plutôt bien dormi. Sa gorge ne le piquait plus et son nez, même s'il était encore un peu bouché, ne coulait plus autant. Mais il se mouchait souvent et la peau était rouge et irritée, le rendant grognon.

Thorín s'était levé tôt et avait fait monter un petit déjeuner uniquement pour lui, son devoir de roi le retenant aujourd'hui. Mais il ne lui en voulait pas, après tout, il allait avoir un peu de répit dans la surprotection dont il était la victime. Il appréciait beaucoup l'attention que les nains lui montraient, mais parfois, c'était un peu lourd à supporter...

Il finissait un petit pain garni de raisin sec et de crème quand il entendit frapper à la porte. Se demandant s'il pouvait faire entrer quelqu'un dans la chambre du roi, il resta silencieux, espérant que la personne finirait par partir, mais non, un autre coup retentit.

-Votre altesse, c'est Kolya... puis-je entrer ?

-Bien sûr ! Lui répondit Bilbo, soulagé.

Le garde entra et s'inclina devant lui.

-Bonjour votre altesse, un serviteur est dehors et il voudrait savoir si vous avez fini de déjeuner... je ne l'ai pas laissé entrer, j'ai vu sa majesté sortir et dans le doute...

-Vous avez bien fait, merci. Et oui, il peut prendre le plateau.

Une fois que le serviteur et Kolya furent sortit, Bilbo se leva et s'habilla après avoir fait un petit brin de toilette. Il ne savait pas encore ce qu'il allait faire de sa journée, quand il repensa tout à coup qu'un docteur de Dale devait venir l'ausculter. Il n'avait pas envie de laisser un homme le toucher alors qu'il serait seul dans la chambre et il sentit une crise d'angoisse le saisir quand un autre coup retentit.

-Votre altesse, c'est Kolya et je suis avec le docteur de Dale, puis-je le faire entrer ?

Prit de panique, Bilbo regarda tout autour de lui pour voir s'il n'y avait pas trop de bazar dans la chambre. Il avait beau être malade, il supposait qu'étant le compagnon d'un roi, il ne pouvait pas se montrer négligeant.

Mais tout était propre, sauf si on remarquait les traces d'humidité qu'avait laissé Thorín la veille, quand il l'avait porté jusqu'au lit. Mais ce n'était pas le pire. Thorín n'était pas là ! Personne n'était là !

-Votre altesse, puis-je entrer ? Insista le garde.

Kolya allait rester. Après tout, n'était-il pas là pour veiller sur lui ?

Un peu rassuré, Bilbo marcha jusqu'à la porte mais ne fit que l'entrouvrir.

-C'est moi votre altesse, je suis avec le docteur de Dale. Un garde est allé chercher maitre Oín, il ne devrait pas tarder... pouvons-nous entrer ou préférez-vous attendre qu'il soit là ?

L'homme était grand, comme beaucoup de personnes de son peuple et ça lui rappela vraiment de mauvais souvenirs. Mais Kolya, qui était un soldat entrainé, serait là, à ses côtés, alors il se poussa et les laissa passer.
L'homme entra et posa sa sacoche par terre, au pied du lit avant de se tourner vers lui.

-Je suis le docteur Aaron Pickfish, de Dale. Je suis enchanté de vous rencontrer, j'ai beaucoup entendu parler de vous...

-Bilbo... Baggins... je suis désolé de ne pas pouvoir en dire autant...

-Un soldat de la montagne est venu ce matin pour me dire que vous étiez malade et que je devais venir vous voir séance tenante. Vous ne me paraissez pas à l'article de la mort... mais croyez bien que je m'en réjoui !

-J'ai juste un gros rhume et je sais que ça passera tout seul, mais Thorín n'est pas quelqu'un de facile à convaincre.

-Votre roi prend soin de vous, c'est tout à son honneur. Maintenant, si vous me laissiez vous ausculter ?

Le mouvement de recul que fit le hobbit ne passa pas inaperçu et le docteur fronça les sourcils avant de tourner la tête et de regarder le soldat qui l'avait accompagné.

-Je vais rester près de vous votre altesse... Dit Kolya en regardant Bilbo.

-Si vous me disiez ce que vous ressentez ? Je pourrais avoir une petite idée de ce que vous avez...

-J'ai juste un rhume ! S'énerva Bilbo, j'ai l'nez bouché et j'ai l'impression d'avoir la tête pleine de coton, y'a pas d'quoi en faire un plat !

-Pas de courbatures ? Mal aux articulations ? Pas de douleurs quand vous tournez la tête ? S'enquit l'homme sans faire plus attention aux paroles plutôt virulentes de son patient.

-Non... excusez-moi... j'n'aurais pas dû vous parler sur ce ton, désolé...

-J'ai comme l'impression que l'humeur exécrable de Thorín quand il est malade a déteint sur toi ! S'exclama une voix juste avant que la porte ne soit refermée.

Le docteur de Dale se retourna et vit un nain, affublé d'une impressionnante barbe et tressée de façon tout aussi originale que celles qu'il avait vu sur les autres nains alors qu'il parcourait les couloirs d'Erebor.

-Je suis Oín, docteur. Vous êtes celui qui vient de Dale, je présume ?

-Enchanté, docteur Aaron Pickfish. Pourquoi m'avoir fait venir si vous avez un docteur ? S'étonna l'homme.

-Bilbo pense qu'il a un simple rhume mais comme les nains sont insensibles à cette maladie, je sais pas la soigner... Lui avoua Oín.

-Votre patient n'est pas un nain ni un homme, mais un hobbit.

-Merci, je sais ce que je suis ! Grogna ledit hobbit en croisant les bras et en boudant.

Il n'aimait pas spécialement qu'on parle de lui comme s'il n'était pas là, d'où son accès d'humeur.

-Je veux dire que ce qui marche pour les hommes ne sera pas forcément efficace sur vous... Rajouta l'homme.

-Je sais que ça passera, c'est pas la première fois que j'choppe la crève et...

-La crève ? Mais j'croyais qu'tu avais un rhume ! S'étonna Oín.

-C'est la même chose, en plus commun... Lui expliqua son collègue humain. Donc vous savez qu'il n'y a pas grand-chose à faire, mis à part attendre que ça passe ? Continua-t-il en regardant Bilbo.

-Moi oui, mais je sais pas si vous connaissez les nains... ils sont plutôt têtus...

-Vous pouvez prendre une infusion de saule et de thym, ça fera descendre la fièvre et vous évitera certaines douleurs. Je ne peux guère faire plus... si ça empire, ce que je ne vous souhaite pas, ça peut être une grippe et c'est contagieux, sauf si vous êtes également immunisées contre ça, continua-t-il en s'adressant au nain. Si ça vous arrive malgré tout, il n'y a pas grand-chose à faire mis à part vous reposer le plus possible. Et mettez un bol d'eau dans la chambre afin que vos bronches ne soient pas asséchées par l'air ambiant. Voilà ! Fit le docteur en reprenant sa sacoche.

-C'est tout ? Vous n'pouvez rien faire de plus ? S'exclama Oín.

Ce n'était pas qu'il était ravi, loin de là, mais apprendre que même le docteur des hommes n'était pas capable de faire mieux que lui, lui avait un peu remonté le moral. Les nains étaient un peuple fier et Oín n'échappait pas à cette réputation...

-Non, je ne peux rien faire de plus. Reposez-vous et buvez beaucoup. Si vous avez de la fièvre, vous transpirerez et si transpirer est bon, il ne faut pas vous déshydrater. De l'eau ou du lait... mais évitez l'alcool, ça n'a jamais soigné personne. Même si certains pensent que le rhum est efficace...

-Pourtant, si on le chauffe dans de l'eau avec du sucre et du miel, ça fait pas d'mal... Grogna Oín.

-S'il est chauffé, il ne contient plus d'alcool, alors dans ce cas, oui, il peut peut-être faire du bien. Mais je pense surtout que ceux qui le boivent disent ça pour se donner bonne conscience... Rétorqua l'homme avec un rictus au coin de la bouche. Maintenant, je vais rentrer, mais est-ce que quelqu'un pourrait me raccompagner ? Je crains fort de me perdre dans tous ces couloirs qui se ressemblent...

-Si vous voulez bien me suivre... Lui dit alors Kolya en ouvrant la porte.

Mais juste avant de partir, le docteur se souvint que son patient faisait partie de la royauté et il ne pouvait décemment pas le quitter sans le saluer.

-Votre altesse... j'ai été ravi de faire votre connaissance

Le soldat et l'homme partit, Bilbo inspira profondément, soulagé. La visite s'était plutôt bien passée et l'homme ne l'avait même pas touché, ce qu'il apprécia.

-Ses recommandations ne sont pas mauvaises, je vais te faire monter une infusion. En attendant, j'te suggère de retourner au lit.

-Je sens que la journée va être trèèèès longue... Soupira Bilbo en se recouchant.

Mais il devait avouer que maintenant qu'il était allongé, et alors qu'il n'était resté debout que peu de temps, la fatigue lui tomba dessus d'un coup.

-Je vais te laisser te reposer. J'enverrai Ulvàr avec l'infusion, d'accord ?

-Oui, j'veux bien...

Bilbo avait apprécié l'infirmier qui s'était toujours très bien comporté en sa présence. Et avoir un peu de compagnie alors que Thorín était occupé à gérer sa montagne lui remonta le moral...

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A suivre...

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