Disclaimer : Magnificent Century est l'oeuvre de Meral Okay et de Timur Savci.
Résumé : Aux portes de la mort, Cihangir réalise l'ampleur de sa cruauté envers Selim. [Magnificent Century : Hürrem]
Liste des dettes du Discord « Défis Galactiques » : 50 nuances de personnages historiques (03/50) + 30 mai - Tolgas Saritas + Quatre aspects de… Ryan Foxheart (Les contes de Verania) : ¼ : Justin : Écrire une demande en mariage ou écrire sur un prince
Le frère mal-aimé
-Je t'ai toujours aimé. Mais tu ne m'as pas aimé en retour. Tu ne m'as pas aimé comme Mustafa ou Bayezid.
Cihangir entend dans la voix de Selim des sanglots qu'il retient. Alors que la mort approche pour lui, il réalise que son aîné n'a pas foncièrement tort. Il est vrai que de tous ses frères et sœurs, s'il l'a aimé, il l'a aimé le moins. Pourquoi ? Il n'en sait rien. Mustafa, il l'a adoré : il y avait eu ce lien si puissant entre eux, le plus grand avec le plus jeune, cette protection, cet amour inconditionnel. Bayezid est le frère avec qui il est aisé de rire, le compagnon de tous les jeux. Mehmed, comment ne pas aimer le prince qu'il fut ? Et Mihrimah, sa seule sœur, car Raziye est encore trop petite et il ne la connaîtra hélas jamais, a une place spéciale.
Que reste-t-il alors pour Selim ?
Lui qui est toujours le rejeté ?
Par toute la fratrie d'ailleurs.
Pourtant, il l'aime. Mais c'est à croire que dans leur dynamique, il faut que son frère aîné soit la dernière roue du carrosse, celui que l'on sous-estime constamment, à qui on prête toujours les pires intentions... et maintenant qu'il s'apprête à le quitter, il comprend qu'il a été cruel.
-Si c'est ce que tu ressens, alors j'ai été injuste, mon frère. Je t'ai aimé. Comme je l'ai dit, tout le monde a ses fautes. Certains portent leurs péchés dans leurs âmes, d'autres sur le dos.
Selim, malgré ses larmes, ne peut s'empêcher de rire face à la boutade auto-dénigrante de son benjamin.
-Pour l'amour de Dieu, ne sois pas borné et mange quelque chose.
Il le supplierait presque. Cihangir sait que c'est trop tard mais son aîné refuse de le reconnaître. Le déni est, après tout, une étape du deuil.
-Ainsi, tu pourras me détester, même ne pas me regarder si tu ne le souhaites pas !
Selim, prêt à être encore une fois mis de côté, si cela signifie qu'il vit. Oui, le mourant constate combien il a été méchant envers lui. Alors, pour la première fois et dernière fois, il lui offre sa confiance toute entière avec sa mission la plus sacrée, la plus difficile aussi :
-Ne me laisse pas mourir ici. Ramène-moi à Istanbul.
Mort ou vif, il sait que Selim le fera.
Et il lui en sera éternellement reconnaissant.
FIN
