Salut à tous ! :)
Quelques mots sur cette fiction : Les étoiles filantes sont les larmes du ciel. Du moins c'est ce que disent toutes les histoires. Alors comment expliquer que l'une d'elle ait rendu le sourire à une petite fille ? L'espoir que lui apporta cette rencontre changea radicalement son destin et celui de toute une nation. – Clexa –
Les personnages de la série The 100 ne m'appartiennent pas, tout comme les musiques que je peux utiliser dans l'histoire.
Je remercie tout particulièrement MaraCapucin d'avoir accepté d'être ma bêta et de relire mes nombreuses fictions pour que la lecture vous soit plus agréable, mine de rien c'est beaucoup de travail.
Je vous souhaite une bonne lecture et je vous retrouve en bas ! :)
Étoile filante
Chapitre n°26 - Le misae lainee
And this is supposed to match
The darkness that you felt
I never meant for you to fix yourself
Some legends are told
Some turn to dust or to gold
But you will remember me
Remember me, for centuries
Fall Out Boy - Centuries
⸙ Anya ⸙
Un cauchemar. Et, je suis certainement plongée au pire moment qu'il soit. Celui où nous avons parfaitement conscience que nous ne sommes pas éveillé mais que pourtant rien ne nous empêchera de vivre ce moment. Je sais parfaitement que je suis endormis et que mon esprit joue avec moi parce que je l'entends : cette musique.
Le simple fait de percevoir cette mélodie et surtout ces paroles me donne envie de fuir le plus loin et le plus vite possible. Mais je reste figé sur place, incapable de bouger ou même de respirer. Je suis simplement spectatrice et inévitablement il arrive. Un seul regard me suffit pour le reconnaître. Pourtant, il y a bien longtemps que je ne suis plus capable de distinguer son visage tel qu'il était avant… juste avant.
Il accourt vers moi et qu'importe ma volonté, je ne peux pas lui échapper. Son rire résonne mais ce n'est pas tout à fait le sien parce qu'il est accompagné de tous les hurlements d'agonie qui ont été arrachés le jour où comme tous les autres, il est mort. Il saisit ma main. Je tremble et je pleure. J'essaye de résister mais inévitablement, je fini par baisser le regard. Il est complètement défiguré et deux pierre plate d'un noir absolu remplace ses yeux.
Qu'importe où mon regard se pose, son corps est mutilé ou en lambeau. Inévitablement, je fini par fixer le trou béant au milieu de sa poitrine. Je n'en peux plus. Cette image de lui est trop difficile à supporter. Je me sens chanceler pourtant, je reste complètement immobile. Ce qui remue, c'est l'environnement et finalement tout se met à tourner beaucoup trop vite.
Je veux me réveiller !
Mais comme à chaque fois, qu'importe à quel point je peux me débattre pour l'éviter, il finit par plonger sa seconde main au milieu de sa cage thoracique vide. Il fouille à l'intérieur comme si c'était tout à fait normal. J'entends de nouveau chacun de ses os se briser. Alors je hurle et je fais tout mon possible pour me libérer. Non, non, non ! Je refuse de rester là à ne rien faire. Je veux qu'il me lâche. Je veux fuir. Et par-dessus tout, je veux l'oublier !
Je veux me réveiller !
Alors que je me débats pour me libérer de son emprise, du passé mais surtout pour ouvrir les yeux et m'éveiller. Quelque chose de terrible arrive. Un objet est déposé dans le creux de ma main. Je le sens visqueux, chaud et battant. J'arrête complètement de lutter et je m'effondre. C'est comme de tomber dans un gouffre sans fond. Je supplie. Voilà à quoi j'en suis réduit à supplier une illusion pour qu'elle prenne fin. Pourtant, je sais déjà que j'ai perdu la bataille et j'en ai la confirmation quand il me demande d'une voix fantomatique :
-Tu viens faire des ricochets avec moi ?
Alors je fixe son visage. Il est méconnaissable. Mais c'est mieux que de véritablement prendre conscience de ce qui se trouve dans ma paume. C'est de la torture. Il penche la tête sur le côté et au milieu de ses pierres légères, lisses, plates, circulaires et sombres qui ont remplacé ses yeux, je pourrai presque distinguer des sentiments. De l'inquiétude et de l'incompréhension. Je suis sur le point de prononcer son prénom pour comprendre. Je finis par choisir le silence parce que ce n'est pas vraiment lui. Ce n'est rien de plus qu'un souvenir altéré qui s'amuse à m'effrayer. Alors comme pour me punir de mon manque de courage, la musique qui n'a pas arrêté de raisonner depuis le début du cauchemar s'intensifie mais cette fois, il n'y a plus que trois mots qui se répètent encore et encore et parmi eux évidemment se trouve son prénom.
-Anya, qu'est-ce que tu es en train de faire exactement ?
Sa question me surprend. C'est un élément nouveau. Je fronce les sourcils et j'essaye de comprendre. Subitement Raven Reyes apparaît dans son dos. J'écarquille les yeux et pour la toute première fois depuis que je fais ce cauchemar, je parviens à me libérer. Je cours aussi vite que je le peux, je trébuche, pendant qu'il continue de me poser encore et toujours la même question. Son interrogation finit même par presque évincer complètement la mélodie et surtout ces foutues paroles. Je ne m'arrête qu'une fois la fille… femme du ciel en sécurité dans mes bras.
Je cherche à la protéger de cette horreur à tout prix. Je la serre fort. Je crois l'entendre murmurer des mots dans sa langue si chantante et joyeuse avant qu'elle ne se fasse aspirer loin de moi. Elle hurle. Je cours. J'ai la sensation de faire du surplace alors qu'elle s'éloigne de plus en plus. Un champ d'ossements se matérialise devant moi puis une rivière de sang et Raven se trouve de l'autre côté. J'hésite mais je fini par faire un pas, déterminée quand il apparaît subitement devant moi.
-Sérieusement Anya, il étend ses bras pour faire de son corps une barrière, qu'est ce que tu fais ?
-Écarte-toi, je hurle en tentant de forcer le passage.
-A quoi est-ce que ça pourrait bien servir, demande-t-il en me retenant.
-Je ne laisserai rien lui arriver !
-Il est déjà trop tard. Ou ça le deviendra si tu t'acharne à vouloir rester près d'elle. Si tu veux la sauver, fuit.
Sous mes yeux, Raven se met à traverser seule le lac de sang. Elle marche littéralement dessus pour me rejoindre. Alors j'étire mon bras pour essayer de l'atteindre. Elle se rapproche, ce ne sera plus long avant que je puisse la toucher. Pourtant, sans aucune explication, elle s'arrête en plein milieu. Puis, je comprends, des dizaines de bras dont la peau est recouverte d'un pigment aussi noir qu'une nuit sans lune sortent de la surface ensanglanté. Ils saisissent d'abord ses chevilles, ses jambes et bientôt un nombre incalculable de doigts assombrit finissent pas l'enchainer alors qu'elle est encore hors d'atteinte.
-Renonce à elle avant qu'il ne soit trop tard, essaye-t-il de me prévenir. Renonce à elle, hurle-t-il.
-NON !
Mon cris raisonne faisant tout vaciller, des éclairs fissurent l'environnement et le bruit de miroir brisé se fait entendre. J'arrive enfin à me dégager alors j'accourt pour la libérer. Il me poursuit. Il ne veut pas que je puisse l'atteindre. Mais je suis plus rapide que lui. Je suis bien trop déterminée et je n'ai qu'un objectif : la protéger. Qu'importe que tout ceci ne soit pas réel, je refuse qu'il puisse lui arriver malheur, même ici : au milieu d'un cauchemar.
Alors comment expliquer que je me stoppe net ? Je ne suis plus qu'à quelques pas. Je suis si proche et pourtant un énorme gouffre semble encore nous séparer quand j'entends les tambours. Ce rythme, je ne pourrais jamais l'oublier. C'est alors qu'encore pire que dans mes souvenirs, il apparaît : Habɡablan.
-J'ai essayé de te prévenir, dit-il quand il arrive à ma hauteur. Comment peux-tu ne serait-ce que penser à t'attacher à quelqu'un alors qu'Habgablan est encore en vie ? Je te le redemande Anya : qu'est-ce que tu crois faire ? Parce que tu ne pourras jamais la protéger de lui. Jamais.
Et comme pour appuyer ce mot, Habgablan descend de sa monture qui est entièrement composé de ruban ensanglanté qui ont fini par noircir. Il s'approche de Raven en sortant sa hache à double tranchant qu'il laisse traîner derrière lui. Cette arme est beaucoup trop lourde pour tout autre personne que lui. Il se plante dans son dos, il devient une ombre omnisciente et implacable qui annonce la mort. Alors, il saisit sa machoir et la moitié du visage de cette femme tombée du ciel qui devient si importante pour moi, disparait.
Ça suffit !
Je ne veux en aucun cas assister à une scène aussi traumatisante. J'ai déjà assez de mes souvenirs. Je n'ai aucune envie d'associer Raven à mon passé douloureux et encore moins à Habgablan. Ça suffit… je veux me réveiller… s'il vous plaît, je veux me réveiller. Maintenant !
Je n'arrive pourtant pas à quitter la scène des yeux. Je découvre des larmes dorées s'échapper des yeux de Raven au moment où Habgablan place le tranchant de son arme pile au milieu de sa cage-thoracique. Il commence a appuyer et l'or qui s'écoulent de ses yeux change de couleur, devenant noir avant qu'il n'abatte violement et sans la moindre émotion son arme au milieu des côtes de Raven. Je ne peux pas en regarder plus. La dernière chose que je vois, ce sont ses larmes mutter en sang.
Ça suffit ! Ça suffit ! ÇA SUFFIT !
-Anya ?!
Je bondis, saisit le couteau à ma ceinture, agrippe violemment le col de la personne qui vient de parvenir à me faire sortir de ce terrible cauchemar et place mon arme sur sa carotide. Ma respiration est complètement erratique, je suis en nage, réveillée… je suis enfin réveillée.
-Okay… Anya ? Je… je suis désolée. Je n'aurai de toute évidence pas dû te réveiller. Pardonne-moi mais tu peux… éloigner ton arme, s'il te plait.
-Raven, j'écarquille les yeux en la reconnaissant enfin, ma main tremble et je lâche brusquement mon arme. Je ne voulais pas te faire de mal !
-Tout va bien, dit-elle en souriant. Plus de peur que de mal, elle me fait un clin d'œil. En revanche, toi ça n'a pas l'air d'aller tu as fait un mauvais rêve ?
Un rire nerveux m'échappe, les mots qu'elle a choisis pour désigner l'enfer que je viens de vivre me semblent plus qu'inappropriés. Je bascule en arrière pour me laisser tomber sur les planches de bois que Raven appelle gradins. Je place le creux de mon coude sur mes paupières closes et je me force à reprendre le contrôle sur ma respiration. C'était bien plus horrible que les derniers cauchemars que j'ai pu faire.
Je dois vraiment être exténuée pour avoir à ce point laisser mon esprit dérailler.
-Euh… Anya ? Je ne t'ai pas réveillé pour rien. Lexa nous attend.
-Encore un moment, je demande entre deux respirations irrégulières. J'ai besoin de temps.
-Je peux faire quelque chose ?
Comme seule réponse, je secoue vivement la tête de droite à gauche. Si je suis étonnée qu'elle ne cherche pas à en savoir plus, je fini par me souvenir qu'elle aussi connaît cette terrible expérience. Ce qu'en revanche, je ne m'explique pas c'est qu'elle puisse rester à mes côtés sans dire un mot. Je suis presque tenté de jeter un œil afin de m'assurer de sa présence. Pourtant, je n'en ai pas besoin. Je sais pertinemment que si elle s'était éloignée, je l'aurais entendu.
Je commence lentement à reprendre le contrôle sur mon corps. Je laisse le cauchemar s'effacer mais pourtant sa voix continue de raisonner. "Sérieusement Anya, qu'est-ce que tu fais ?" Cet avertissement me hante, encore plus que son souvenir qui me tourmente tant. Je suis bien obligée d'avouer que plus je me rapproche de Raven plus une idée me terrifie et elle est là, l'origine même de ces craintes qui se sont répercutées jusqu'à rendre mon sommeil aussi inhospitalié.
Il est encore en vie.
Habgablan est encore en vie. Son nom était pourtant tout en haut de ma liste quand j'ai commencé à me venger. Je n'ai pas pu l'atteindre avant de prendre la décision de ne plus tuer afin de soutenir Lexa dans sa Coalition. Évidemment cette décision a été particulièrement difficile à prendre, encore plus en ce qui le concernait lui. Malgré tout, j'ai toujours eu conscience que si je devais croiser sa route, je briserai cette promesse que j'ai faite à Heda. Il y a peu de chance que je sois capable de le battre, l'affronter c'est accepter de succomber. Ce serait aussi atteindre un sentiment de paix qui m'a quitté depuis bien longtemps. Pourtant, j'ai renoncé. J'ai arrêté de le chercher.
Alors pourquoi ?
Pourquoi la simple idée de le savoir en vie me rend subitement à ce point mal ?
Je me redresse, passe mes mains sur mon visage en soupirant et quand mes doigts s'éloignent pour me laisser entrevoir Raven. Je n'ai pas besoin de plus. L'explication même de mon trouble se trouve juste sous mes yeux. Je me revois appliquer mes doigts sur sa joue, marquer sa peau de peinture d'une couleur qui n'appartient qu'à mon peuple. Un peuple dont je suis l'unique représentante. C'est comme si pareil à une enfant irréfléchi et capricieuse, j'avais hurlé à tue tête qu'elle m'appartenait.
Stupide. J'ai été tellement stupide.
C'est pour cette raison que je suis à ce point inquiète. Si cette information arrive jusqu'à l'Habgablan, il est plus qu'évident qu'il voudra la tuer. Il n'acceptera jamais que je ne puisse plus être seule. Il a bien spécifié qu'il ne laisserai personne d'autre que moi survivre. Il voulait que tout ce que nous étions puisse s'éteindre avec moi. Il a déjà dû être tellement contrarié que je ne me pli pas à sa volonté pour devenir cette marionnette habitée de peur qui la transmet à tous ceux qu'elle rencontre. Alors s'il devait apprendre que je suis prête à tout donner à cette fille… femme tombée du ciel, même mon passé et donc à lui apprendre les uses et coutumes des aidan kom Gilt Valley. Il voudra certainement frapper fort et me rappeler à quel point il peut être cruel.
Il est en vie. Et si je continue d'agir sans réfléchir quand il s'agit de Raven, il la tuera.
-Anya, murmure-t-elle en se rapprochant, son regard me sonde, elle est inquiète, c'était si terrible ?
Et bien plus encore. Cette réponse résonne dans mon esprit sans que je ne trouve le courage de l'énoncer. Si tu veux la sauver, fuit. L'avertissement que j'ai reçu dans mon cauchemar est très clair. Alors pourquoi je ne parviens pas à la quitter des yeux ? Renonce à elle avant qu'il ne soit trop tard. J'ai presque envie de rire. Cette mise en garde n'a plus aucune raison d'être pour la simple et bonne raison qu'il est déjà beaucoup trop tard. Je me suis attachée à Raven, bien plus que je ne me suis autorisée à le faire avec n'importe qui d'autre depuis le massacre. Je l'ai même revendiqué. Et si c'était d'une manière toute à fait puérile et instinctive, je ne peux pas revenir en arrière. Plus important encore, je n'en ai aucune envie.
J'aime que cette fille… femme du ciel puisse à ce point me bousculer. Je suis fascinée par les sentiments qu'elle est capable de faire renaître en moi. J'ai été ébranlé par le fait qu'elle ait pu aussi facilement me faire renoncer au silence. Plus impressionnant encore, avant même que je ne prenne conscience de son importance, j'ai cherché des moyens de ne pas tuer pour elle.
Pour elle…
-Pourquoi tu me regardes de cette manière ? J'ai fait ou dit quelque chose de mal ? Tu… as besoin de plus de temps, elle se redresse subitement, je vais dire à Lexa que je ne t'ai pas trouvé !
-Nou lev rudz rook.
Ne part pas…
J'ai conscience que je devrais tout faire pour l'éloigner. Et qu'est-ce que je fais ? Je lui demande de rester. Il y a peu de chance pour qu'elle ait compris un traître mot de ce que je viens de dire. Pourtant, elle ne cherche plus à s'éloigner. Je l'observe encore un peu. Je la contemple en me répétant qu'aucun danger ne la menace pour le moment. Je suis bien réveillée et elle va parfaitement bien.
Il n'y a aucune ombre qui se cache derrière elle pour surgir de mon passé et lui faire du mal. Raven va bien.
Alors, je me lève à mon tour. Je m'étire tout en acceptant de la quitter des yeux. Tout est redevenu parfaitement calme. Le pinkiwa est fini. Les blessés ont été emmenés pour rentrer dans leur village et les morts ont reçu une cérémonie digne de leur sacrifice. La salle où Clarke a fait de véritable miracle et s'est révélée comme Wanheda est redevenue tout aussi étrange que lorsque nous l'avons découverte ensemble.
C'est fini. La Montagne est tombée.
Les survivants ont tous subi une "transfusion de moelle osseuse" et ils peuvent désormais vivre parmi nous. Clarke a supervisé chacune des interventions afin d'être certaine que personne ne soit mis en danger. Je n'ai pas du tout apprécié quand la blonde à planté une "aiguille" plus grande que mon poignard dans la hanche de Raven. Pour les autres, je n'ai absolument rien ressenti alors qu'avec cette fille… femme c'était disons plus compliqué comme à chaque fois. Mais elle était volontaire donc j'ai laissé faire. Même si à l'avenir, je préférerais qu'elle ne se blesse plus de cette manière.
A côté de ces différentes manipulations pour que les Maunons puissent sortir de leur montagne en toute sécurité. Nous avons supervisé plusieurs conseils d'urgence. Il y avait beaucoup de décisions à prendre. Sans surprise, Gustus a été exécuté pour haute trahison. Lexa a déclaré qu'il s'en était pris à sa vie, soulignant toute l'importance de Clarke pour elle. Elle a aussi fait savoir à tous que son lien avec la blonde était consolidé par une dette de vie, la rendant intouchable. Si je me suis inquiété du nouveau pouvoir de Wanheda de l'amie de Raven, je me suis bien gardé d'en parler à Lexa. Je n'ai pas jugé que c'était un problème que nous devions résoudre rapidement.
Ce qui a vraiment été au cœur de nos discussions et de nos inquiétudes ne tient qu'en une seule question : Que faire des survivants de la montagne et des cent ? Nous étions face à une situation unique. Aucun autre Heda ne s'est retrouvé à devoir résoudre quoi que ce soit de semblable. Que faire des survivants de la montagne et des cent…
-Tu es prête à y aller, me demande Raven une fois que j'ai récupéré mon arme.
-Je pense que c'est moi qui devrais te poser cette question, je range mon poignard à sa place. C'est une journée importante pour toi Raven Reyes. Tu as pris une décision ?
-Il n'y avait pas vraiment de décision à prendre, elle hoche négligemment les épaules. J'ai tout de suite su ce que j'allais faire.
Suivre Clarke. Il est évident que c'est le choix qu'elle va faire. Comment pourrait-il en être autrement ? Après tout, c'est la raison même de sa présence sur Terre. Raven a risqué sa vie pour rester à ses côtés.
-Je me pose tout de même une question. Qu'est-ce que veut dire misae lainee exactement ?
-Je pensais que tu avais parfaitement compris le principe du misae lainee.
-C'est le cas, m'assure-t-elle. Mais dans votre langue, ces mots veulent dire quelque chose. C'est important. J'en suis certaine. Si tu devais les traduire, comment tu le ferais ?
-Et bien, je réfléchis en commençant à marcher près d'elle, je suppose que c'est ce retrouver devant une sélection de possibilités et malgré le dilemme qui s'impose prendre soi-même la meilleure décision pour avancer. Misae lainee c'est faire un choix qui va inévitablement impacter notre avenir dans des proportions uniques. C'est quelque chose de rare.
-C'est déjà arrivé de proposer un misae lainee dans le passé ?
-Jamais.
-Anya, elle s'arrête et j'en fais de même. Si ce n'est jamais arrivé, pourquoi nous laisser cette opportunité ?
Je l'observe tout en réfléchissant à la réponse que je peux lui apporter. Le misae lainee s'apparente plus à une légende. C'est Indra qui a évoqué cette possibilité. Si l'idée m'a paru complètement incongru au début, j'ai fini par y adhérer entièrement. Évidemment, il y a des individus qu'il va falloir surveiller plus que d'autres mais désormais, j'ai la certitude qu'il n'y a pas de meilleure décision possible.
La guerre est finie.
Il faut agir en conséquence. D'autant plus que Lexa a pris pour habitude d'aller à l'encontre de nos propres normes et ce depuis la toute première nuit après son ascension. C'est en la suivant sans qu'elle ne s'en aperçoive que pour la première fois, j'ai entendu le prénom de Clarke. Évidemment, j'avais conscience de sa fascination quasi maladive pour les étoiles mais cette fois, il y avait quelque chose de différent. J'ai été si troublée par sa tristesse que j'ai fini par m'approcher.
Lexa m'a alors parlé du peuple du Ciel. Elle m'a avoué que si elle avait survécu, c'était pour s'assurer que si son étoile tombait du firmament, elle serait là pour la protéger. Elle a ensuite sorti trois objets de la poche de son manteau, placé au niveau de son cœur : une lettre particulièrement abîmée, une photographie et un étrange anneau argenté très épais qui était marqué par un impact.
Je n'ai pas eu besoin de plus.
Il faut dire que comme toutes les personnes présentes au Conclave, j'ai assisté à ce que j'ai cru être la fin de Lexa. Une flèche a fendu l'air, sortant de nulle part et l'a frappée en plein cœur avant qu'elle ne s'effondre au sol. Si l'absence de sang aurait dû me rassurer, il n'en fut rien pour la simple et bonne raison que je me suis persuadé qu'elle ne se relèverait plus.
J'étais terrifiée à l'idée de perdre une personne de plus. Parce que malgré tous mes efforts pour garder mes distances avec Lexa. Il était devenu difficile de l'ignorer. A ce moment-là, nous étions encore très loin d'avoir notre relation actuelle. Pourtant, je m'en suis terriblement voulu. J'ai véritablement pensé que je n'en avais pas fait assez pour cette petite fille qui ne souhaitait qu'une chose : imposer la paix. Et puis, contre toute attente, Lexa s'est relevée. Elle avait le souffle court, elle toussait encore quand elle a arraché la flèche de sa poitrine. Après ce miracle son comportement à complètement changé. C'est à ce moment et non au cours de ce qui a suivi ou même durant l'ascension de son esprit vers ceux des anciens Hedas. Mais bien à cet instant, précis. Celui où elle s'est relevée d'entre les morts qu'elle est devenue quelqu'un d'autre… quelque chose d'autre.
Et après tous ces évènements, cette nuit-là, elle m'a avoué qu'elle avait contracté une dette de vie. Elle était effrayée à l'idée de ne pas pouvoir la rembourser de son vivant. Mais elle s'est promis à elle-même que même si elle ne devait jamais rencontrer son étoile. Alors elle ferait en sorte que ceux qui descendraient sur Terre soient en sécurité.
Qu'importe que cet évènement arrive dans plusieurs années ou même bien après sa propre mort. Lexa ferait en sorte que les Skaikrus soient en sécurité. Déjà à ce moment-là, elle avait un plan très précis en tête. D'abord, instaurer la paix entre tous les clans, ensuite leur parler du treizième peuple qui vivaient au-dessus de nos têtes. Mais je pense qu'elle ne s'était jamais laissé aller à espérer qu'elle aurait la chance de vivre l'arrivée de son étoile filante sur Terre de son vivant.
Un jour. Un jour, ils viendront, m'a-t-elle dit alors que les premiers rayons de soleil perçaient, et ils chambouleront toute notre existence.
Comment aurais-je pu alors savoir combien Lexa avait raison ? Je continue d'observer Raven et je prends conscience que malgré le misae lainee, je ne souhaite pas qu'elle puisse s'éloigner. Je voudrais qu'elle reste. Je n'ai aucune envie qu'elle arrête de me bousculer. Comment le pourrai-je alors que je prends enfin conscience de son importance, pour moi.
-Ce n'est pas une opportunité Raven.
-Tout de même un peu, répond-elle sceptique.
-Tu te trompes, je m'avance, entrant légèrement dans son espace personnel, plongeant mon regard dans le sien, m'y perdant presque, c'est un droit. Un droit que vous avez obtenu il y a six ans.
-Nous n'étions même pas sur Terre il y a six ans.
-Une partie de vous, de votre peuple y était déjà. Une étoile filante est venue trouver Lexa et la protégée afin qu'elle devienne Heda. Il est maintenant de son devoir de vous rendre la pareille. Il n'y a rien de pire dans ce monde que de ne pas s'acquitter d'une dette de vie. Rien.
-Je vois, elle soupire, c'est encore cette histoire de capsule temporel et de lettre ?
-Exact.
-Qu'est-ce que Clarke a bien pu écrire de si important ?
-Je l'ignore. Je n'ai jamais eu le droit de m'en approcher. Pourtant, ce n'est pas moi qui aurait cherché à la lire.
-Donc, vous nous laissez face au misae lainee parce que c'est un droit, grâce à Clarke ?
-C'est ce que je pense, je confirme.
-Treize options pour des mots d'enfants, dit-elle pensive.
Raven se remet à avancer silencieusement. Elle réfléchit à mes explications. Elle a une façon particulière d'agir quand elle ne comprend pas entièrement une situation. En premier lieu, elle semble contrariée, ses sourcils se froncent. Puis, son nez se plisse alors qu'une étrange étincelle fait briller son regard. C'est comme si elle était heureuse de se retrouver face à un tel mystère alors elle sourit. Et, elle est magnifique.
-Je me demande quelle part de toi, tu as choisie d'envoyer sur Terre, j'interviens de nouveau à sa hauteur.
-Pardon ?
-Klark a laissé une lettre, une photo et un anneau qui les maintenait ensemble. Qu'est-ce que tu avais laissé Raven ?
-Oh. Euh. Je ne crois pas m'en souvenir. C'était il y a longtemps et, elle lance un regard triste vers le ciel, ce n'était pas ma meilleure période, en prononçant ces mots, elle agrippe fermement son poignet gauche et le serre un peu trop fort à mon goût, Clarke a dû me forcer la main je suppose. Qu'est-ce que j'ai bien pu mettre dans cette boite ?
-Tu reconnaîtrais ton objet ?
-Je suppose, elle acquiesce, oui.
-Lexa a gardé tous les objets présents dans son étoile, ils sont à Polis, dans une salle spéciale. Quand tu t'y rendras, tu pourras lui demander de te les montrer. Je suis certaine qu'elle ferait une exception pour toi.
-Elle ne veut même pas que Clarke s'approche de sa lettre, rit-elle.
-Ce n'est pas pareil, je souris, pas pareil du tout.
-Anya, je détourne les yeux, me forçant à quitter Raven du regard pour donner toute mon attention à Lexa, où étais-tu ? Je t'ai fait chercher il y a un moment déjà.
-Je suis désolée Heda, je lui offre un sourire de circonstance et une légère inclination.
-Anya, elle fronce les sourcils, il y a un problème ? Tu as remarqué quelque chose de suspect ? Tu penses qu'il faudrait repousser le misae lainee ?
-Non, j'essaye de la rassurer avec ce simple mot. J'ai… je m'étais simplement assoupie.
-Elle a fait un mauvais rêve, lui explique Raven.
Ces mots encore une fois me font grimacer. Ils me semblent si loin de la réalité. J'aimerais être capable de réellement décrire mes cauchemars de cette façon. Mais ils ont tendance à me rendre si craintive au réveil que ce n'est définitivement pas le bon terme. Si seulement je pouvais les démystifier aussi facilement.
Si seulement…
-Un mauvais rêve, répète Lexa prudemment en m'accordant un regard compatissant, consciente de ce qui trouble si souvent mon sommeil, quelque chose a, elle secoue la tête, non. Nous en parlerons après le misae lainee.
-Bien.
-Ce n'est pas un ordre Anya.
-Je sais, je lui souris pour la rassurer. Je sais, je répète avec un peu plus de conviction. Tu avais besoin de moi pour quelque chose en particulier ? Je ne participe pas au misae lainee.
-Je sais que ce n'était pas prévu, elle se frotte les paupières, je doute que quelqu'un l'a remarqué mais elle est épuisée, mais j'aimerai que tu gardes un oeil sur, elle se tourne, observe un moment les groupes d'une dizaine de personnes encore sur place pour représenter les clans, tout le monde en fait.
-Tu crains qu'il puisse se passer quelque chose de particulier ? Les chefs de clans ne m'ont pas semblé rejeter le misae lainee.
-Pas moi, Lexa secoue doucement la tête de droite à gauche avant de tapoter à plusieurs reprises sa tempe droite de son index et son majeur joint, Bekka.
Interpellé par cette information, je me rapproche rapidement. Je prends alors le temps de détailler chaque personne encore présente en me demandant ce que la grande Pramheda a pu voir qui aurait pu nous échapper. Je n'ai aucune envie d'assister à un autre bain de sang mais si c'est nécessaire, je protégerai Lexa comme je l'ai toujours fait mais aussi Raven puisqu'il est devenu évident que je ne pourrais jamais me le pardonner s'il lui arrivait malheur.
Je ne remarque aucune hostilité. En réalité, l'ambiance est même détendue. Il est rare de voir les représentants des clans aussi calme, je dirais même serain. La seule qui est un peu à l'écart c'est Nia mais je doute qu'elle tente quoi que ce soit. Elle est bien trop narcissique pour se dresser à nouveau contre Heda sans être certaine d'être capable de lui arracher son pouvoir. Elle ne veut pas seulement la mort de Lexa mais bien plus : sa place.
La Reine d'Azgeda…
Je fixe maintenant le profil de Lexa. Son regard est rivé sur cette dernière et ses poings serrés. J'ai conscience de la retenue dont elle fait preuve mieux que personne. Je ne pourrais pas en faire autant. Je sais que si je me retrouvais devant l'Habgablan, je foncerai tête baissée jusqu'à ce que l'un de nous meurt. Je serai tout simplement incapable de renoncer à cette veangeance.
Alors qu'en opposition Lexa accepte de vivre quasi quotidiennement aux côtés de la meurtrière de sa sœur aînée pour sauvegarder la paix. Personne ne devrait avoir à se sacrifier à ce point. Je déteste la voir lutter de cette façon pour retenir ses ressentiments à l'égard de ce monstre. J'aimerai l'aider. Je voudrais tellement éradiquer ce fardeau pour elle. Lexa ne mérite pas de perpétuellement être effrayée à l'idée que la Reine d'Azgeda lui arrache de nouveau une part d'elle. Si elle me l'avait demandé, je l'aurais tué. Personne n'aurait jamais su ce qu'il en était, exactement comme pour ce qu'il s'est réellement déroulé à Kazanka.
Mais… Lexa me l'a interdit.
-Tu veux que je me débarrasse d'elle ?
-Anya, souffle-t-elle exaspérée, non.
-Pas de façon définitive, je souris. Mais je peux l'éloigner. Elle a bien choisi Roan pour la représenter, non ? Sa présence n'est pas nécessaire.
-Je ne veux pas qu'elle puisse penser que je pourrai avoir peur d'elle. Elle reste.
J'aimerai lui répondre qu'elle n'a pas à en faire autant mais ce serait un mensonge. Je voudrais en faire tellement plus tout en ayant conscience que si j'agis sans réfléchir, je lui attirais plus d'ennuie. Il y a certaines limites que je ne pourrais jamais franchir et je sais que j'en ai déjà fait plus que n'importe qui d'autre envers ses prédécesseurs. Seulement, je ne suis plus capable de m'arrêter à son titre et ce depuis bien longtemps. Alors parfois, je me demande non pas ce que je serais prête à faire pour Heda mais bien pour Lexa.
-Je ferais tout ce que tu veux, j'accepte.
-Merci Anya.
-Si tu as besoin de quoique ce soit, je ne serai pas loin.
-Tu vas me manquer, c'est à peine un murmure comme si cet aveu n'était pas destiné à être entendu. Je pars ce soir et tu restes, pourtant, elle poursuit et son regard finit par croiser le miens, surtout fait en sorte que cette blessure se soigne convenablement. Je t'interdis de mourir, un sourire m'échappe, ou de te retrouver incapable de lever le bras.
-Je lèverai déjà mon bras si ta Princess ne me l'interdisait pas. Dès qu'elle sera partie, je reprends les entraînements.
-Sois tout de même prudente, Klark sait ce qu'elle fait quand il s'agit de guérir.
-Je vais essayer de venir te voir plus souvent à Polis.
Rien que le fait de soumettre cette idée me donne des hauts le cœur. Mais pour Lexa, je devrais bien réussir à rester quelques jours à la capital si elle a besoin de moi. D'autant plus si Raven choisit de la suivre là-bas ce qui a toutes les chances d'arriver. Je trouverai la force de les rejoindre toutes les deux.
Lexa sait parfaitement ce qui m'empêche de vivre là-bas et je lui suis reconnaissante de n'avoir jamais insisté pour que je la rejoigne. Hormis durant son entraînement et désormais pendant les périodes de conflit, je me tiens le plus éloignée possible de cette ville, de la politique, des complots et surtout, oui surtout… de Titus.
-Cette fois, poursuit-elle, ce sera différent. Il y a les radios, un sourire lui échappe et je ne suis pas certaine qu'elle s'en aperçoive, ce sera un peu comme si tu étais près de moi, du moins tu pourras continuer de me conseiller.
-Je ne vois pas en quoi mes conseils te sont utiles, je souris à mon tour, la plupart du temps, tu écoutes ce que j'ai à dire et tu décide de faire l'exacte opposé.
-C'est justement pour cette raison que j'ai besoin de toi.
Je perçois quelqu'un approché, je fais signe à Lexa pour qu'elle replace son masque. Etrangement, elle ne réagit pas aussi rapidement que d'ordinaire. En fait, son attitude ne change pas quand deux hommes lui assurent que désormais tout est prêt pour débuter le misae lainee. Lexa se contente d'acquiescer avant de les suivre mais contre toute attente, elle ne fait pas plus de deux pas avant de se retourner.
-Une dernière chose.
-Oui Heda.
-Vous pouvez y aller, elle congédie les deux guerriers, ce qui m'étonne, quand nous sommes de nouveau seule, elle se rapproche. J'ai une question.
-Je t'écoute.
-Est-ce que tu as demandé à Raevan de réparer ce souvenir ?
Sous le choc, j'écarquille les yeux avant de faire un pas en arrière, un seul. J'essaye de me protéger de cette idée. Je… je ne suis pas prête. D'autant plus après l'affreux cauchemar que je viens de faire. Mon cœur bat plus vite et une douleur lancinante se propage entre mes tempes. Je crois même que je pourrais complètement arrêter de respirer.
Pour quelle raison Lexa me pose-t-elle cette question, maintenant ?
-Je suppose que non, dit-elle après un temps. Si je peux me le permettre, tu devrais le faire. Demande lui Anya. Tu n'as rien à perdre. Raevan est quelqu'un de bien si tu lui demandais même sans lui expliquer de quoi il s'agit, elle usera de tout son pouvoir sur la science pour te rendre ton souvenir intact.
-Lexa, je ne…
-A ta place, je le ferai. Mais évidemment, le choix t'appartient.
-C'est juste que…
-Anya, Lexa agrippe fermement mes deux épaules, ce qui me surprend assez pour croiser à nouveau son regard, tu ne peux pas rester défini par ton passé. Tu es bien plus que ce qu'ils ont voulu faire de toi. S'il te plait ne laisse pas l'horreur t'effacer, accepte d'avoir un avenir. Je te dois tellement, murmure-t-elle, et si désormais, je ne dois attendre qu'une chose de toi, ce n'est pas ta dévotion qui m'intéresse, ce que je veux c'est que tu puisses trouver la force de vivre, tout simplement. Est-ce que tu peux juste essayer de faire ça pour moi ?
-Lexa, je fronce les sourcils, est-ce que tu me demandes de ne plus être ton général ?
-Bien sûre que non ! J'ai besoin de toi ! Mais j'ai besoin de toi, plus heureuse si possible, ma sœur, c'est plus fort que moi, je souris à cette appellation.
-Je vais essayer.
C'est une promesse.
Lexa paraît s'en satisfaire puisse qu'un immense sourire étire ses lèvres avant qu'un soupire de soulagement ne lui échappe. Je n'avais pas réalisé qu'elle pouvait être à ce point perturbée par mon avenir. Elle relâche la pression sur mes épaules, inspire profondément alors seulement Lexa s'efface pour laisser place à Heda. Pourtant il lui restait quelque chose à dire avant de me quitter, un simple : merci.
Je ne la quitte pas des yeux jusqu'à ce qu'elle disparaisse sous une très grande tente. Chaque représentant des clans est appelé à la rejoindre avant que le nom d'un survivant Mounons ne soit hurler. Un homme particulièrement âgé s'avance lentement appuyé sur une canne, il entre à son tour dans la tente et c'est ainsi que débute le misae lainee pour lui. Je crois que tout le monde reste particulièrement attentif à ce qui se déroule. Aucun de nous ne peut savoir ce qui se déroule entre Heda, les représentants des douze clans et cet homme mais quand il réapparaîtra, il sera l'un des nôtres. Il aura choisi de rejoindre un clan ou à défaut Polis.
Il se passe un certain temps avant que le vieillard ne sorte et pourtant au cours de ce dernier, c'est comme si le temps s'était figé. Il n'y a pas un bruit ou un murmure. Nous sommes tous dans l'attente. Quand il s'avance chancelant, il est suivi de près par Triss que Lexa à choisi pour faire part de la décision du conseil à tous sur la finalité du misae lainee. La petite rousse me fait un signe de main discret avant de s'époumoner pour tous nous faire savoir que Polis à un nouveau citoyen.
Le représentant de la capitale s'avance et tend son bras à l'homme pour l'accompagner jusqu'au cortège qui suivra Heda en fin de journée. Un autre nom est scandé et les choses se poursuivent ainsi. Lexa à décidé de commencer le misae lainee avec nos anciens ennemis, pour poursuivre avec les cent et enfin finir avec ceux qui nous ont été indispensable pour gagner cette guerre, John Murphy, Bellamy et Octavia Black, Raven Reyes et pour finir Clarke Griffin.
Il est déjà évident qu'elle passera plus de temps avec chacun d'eux afin de les remercier pour leurs actions.
-J'ai une autre question, Raven parvient à me surprendre et je soupire.
-Je t'écoute, je lui assure sans lui accorder un regard, préférant rester attentive aux environnements.
-Si le misae lainee est nouveau, il n'y a pas encore de règles préétablies, nous pouvons... disons faire une demande sans contrarier personne ?
Je plisse les yeux en essayant de comprendre où Raven veut en venir. Je la sais très intelligente alors si elle s'interroge c'est bien qu'elle doit avoir une idée en tête. Mais laquelle ?
-Je ne suis pas certaine de savoir où tu veux en venir.
-C'est juste que je voudrais éviter de contrarier qui que ce soit. Il faut dire que je n'ai jamais vraiment eu l'occasion de prendre mes propres décisions.
-Comment ça ?
-Et bien, elle fait des gestes ample avec son poignet, ma première vraie décision, c'était de suivre Clarke ici. Avant, je me contentais de suivre les ordres. Alors être face à quelque chose d'aussi énorme que le misae lainee c'est effrayant.
-Pourquoi effrayant, je demande en lui accordant finalement toute mon attention.
-Parce que pour la première fois de ma vie, je sais exactement ce que je veux mais, ses yeux se plonge dans les miens avec une intensité toute nouvelle, je ne sais pas si je peux l'obtenir.
-Je doute qu'Heda te refuse quoique ce soit. Tu as été d'une très grande aide pendant l'assaut de la montagne.
-Je sais mais... je ne suis personne.
-Ne dis pas ce genre de choses, je grogne agacée. Tu es importante, intelligente et...
...belle. Raven est si belle, bien au-delà de son physique. C'est plus insondable. Je n'ai jamais rien vu d'aussi incroyablement magnifique que cette femme.
-... dans un avenir proche, je poursuis, tu pourrais véritablement devenir indispensables.
-Tu crois ?
-Je ne comprends pas comment tu peux à ce point douter de ton potentiel, je réponds en retournant mon attention vers Nia. Tu es incroyable.
-Merci, souffle-t-elle.
Alors que mon regard retrouve la Reine d'Azgeda je me laisse aller à sourire légèrement. Je pense que je suis parvenue à rassurer Raven et j'en suis heureuse. Mais dès que le regard de cette femme semble se tourner vers moi, mon visage se ferme. Je suis incapable d'oublier, le genre d'actes monstrueux dont elle est capable. Nos regards se croisent et sans pouvoir le contrôler, je décale légèrement ma main gauche dans mon dos pour sentir la présence rassurante de l'un de mes poignard.
Définitivement... je suis incapable de comprendre comment Lexa peut même tolérer sa présence.
Après un long échange, elle ose me sourire et même pire, s'avancer vers moi, nous. Alors, je ne me contente plus de simplement deviner les contours de mon arme. Je sors la lame de ma ceinture et commence à le faire tourner entre mes doigts. Je suis nerveuse. Il n'arrive jamais rien de bon quand je suis dans cet état.
-Quelque chose ne va pas ?
La voix de Raven aurait pu me détendre mais dans cette situation, elle me rend d'autant plus prudente. J'acquiesce doucement. J'évalue le temps qu'il reste à Nia pour nous rejoindre et je décide à prendre la parole :
-La Reine est très dangereuse, ni Lexa, ni moi ne lui faisons confiance. Méfies-toi toujours d'elle. Ta vie pourrait en dépendre.
-Dans ce cas, la simple intonation de sa voix me rassure sur le fait que Raven a compris l'urgence de la situation, que fait-elle là ?
Nia provoque Lexa.
C'est la seule explication qui tienne. Je suis même certaine qu'elle aime savoir qu'elle est capable de mettre Heda si mal à l'aise. Malheureusement, depuis quelque temps, elle n'a plus aussi peur des répercussions de ses actes. Pendant un moment, comme beaucoup d'autres, pensant que sa décision d'enlever, torture et tuer sous ses yeux la sœur de Lexa avait réveiller Sheidheda, elle se tenait à l'écart. Mais depuis peu, elle a repris confiance et comme je la sais capable du pire, je reste très méfiante.
-Général, sourit-elle, narquoise une fois assez proche. Ai-je fait quelque chose pour te contrarier ? Je te trouve particulièrement hostile.
Pour commencer, tu respires.
J'arrête net mon geste, serrant la poignée de mon arme plus que de raison. Je la fixe avec toute mon animosité. Je dois faire quelque chose, n'importe quoi, sauf évidemment la tuer. D'un geste rapide, je tend mon poignard à Raven et dit :
-Je te le confie.
-Mais qu'est-ce que tu veux que j'en fasse ?
-Contente-toi de le garder, je demande alors elle le prend en le pinçant à peine de ses deux doigts. Tu demandes si tu as fait quelque chose pour me contrarier ?
Je poursuis sans quitter la reine des yeux, laissant tomber mon épée au sol. Je me désarme complètement avant de la rejoindre. La pointe de nos pieds se touchent presque quand je reprends la parole :
-Tu es en vie, je chuchote pour qu'elle soit la seule à l'entendre.
-Comment, elle recule pour remettre de la distance entre nous, oses-tu, je...
-J'ose, je la coupe sans la moindre émotion, parce que j'étais là.
Cette fois, j'ai touché un point sensible. Je suis une des rares personnes à savoir ce qu'il s'est passé cette nuit-là. Hormis, ce monstre, Roan, trois enfants de la nation de la glace, Lexa et moi, personne ne sait véritablement ce qui a provoqué la colère et donc le massacre de Kasanka. Lexa avait reçu des recommandations strictes pour récupérer sa sœur, elle devait venir accompagnée de seulement dix guerriers. Elle n'a choisi que moi. Mais quand nous sommes arrivées, une armée nous attendait. Nia voulait tuer Lexa au combat, peut-être dire que les négociations n'avaient pas abouti, qu'Heda avait attaqué et qu'elle s'était contenté de se défendre.
Mais nous ne sommes arrivés qu'à deux.
Qui aurait pu croire que deux personnes puissent penser être capable de décimer une armée de cent-cinquante hommes ? Personne.
C'est peut-être ce qui l'a décidé à tuer Costia sous les yeux de Lexa. Une ultime provocation. Qui est resté sans suite puisque aucune de nous n'a attaqué et si Heda avait perdu la raison, aveuglé par les ressentiments, je l'aurai retenue. Elle n'était certainement pas en état de triompher et personnellement, j'étais trop préoccupée par un autre point.
L'enfant. Il y a avait un possibilité pour que l'enfant dans le ventre de Costia survive. Le temps était compté et pourtant, je gardais espoir. Je savais que si je parvenais à sauver ce petit être, Lexa ne sombrerait pas complètement. Heureusement, je suis parvenue à mes fins. Heureusement.
-J'ose, je poursuis, parce que je sais exactement à qui j'ai affaire. Je ne pourrai jamais baisser ma garde en ta présence Nia simplement parce que : j'étais là.
-Est-ce une menace ?
-Ce ne sont que des mots, je souris. Je n'ai plus aucune arme sur moi. Comment pourrait-il s'agir de menaces ?
-Tu crois que j'ignore ce dont tu es capable Stedaunon ?
-J'aime à penser que personne n'ignore ce dont je suis capable, je m'avance de nouveau. D'autant plus quand il s'agit de vengeance, elle fait un nouveau pas en arrière mais je saisis fermement son poignet afin de l'empêcher de s'éloigner, une chance pour toi qu'Heda m'est interdit de te toucher. Elle m'a ordonné de me tenir à l'écart, ce que je vais faire. Mais Nia, je resserre mes doigts en espérant bien laisser une trace de notre interaction, un seul mot d'elle et s'en est fini de toi. Et crois-moi après ce que tu as fait cette nuit-là, ce ne sera pas rapide. Utiliser des armes serait être, je souris, bien trop indulgent et je ne le suis pas.
-Ma Reine, je relâche aussitôt la pression et laisse cette pauvre chose se réfugier derrière son guerrier qui a finalement été alerté par la situation, restez en arrière, lui préconise-t-il, je m'en charge, il dégaine son épée.
-Que croyez-vous faire mon garçon ?
L'ancienne des Trikus. Évidemment, cette vieille femme n'a rien manquer de mon échange avec Nia. Elle a des yeux partout et sa sagesse permet d'éviter bien des conflits. Je me tourne légèrement vers elle quand elle tapote ma hanche avant de passer devant moi. Elle se dresse maintenant entre l'arme qui pourtant ne m'effraie pas le moins du monde et ma personne.
-Je protège ma Reine, répond l'homme en resserrant la prise de ses doigts sur son arme.
-De quoi exactement ?
-Du général, c'est évident !
-Cette nineperce n'est même pas armée.
Je grimace. Je déteste quand l'ancienne me surnomme nineperce, je ne suis pas une gosse ! Mais toute cette agitation finit par attirer l'attention de plusieurs autres personnes. Disons que Lyveirna sait toujours comment se sortir d'une situation épineuse, elle ne fait pas partie de ceux qui dirigent les Trikus pour rien.
L'échange ne dure pas longtemps avant que les deux membres de la nation de la glace se rendent compte de leur infériorité numérique. D'autant qu'il est plus que malvenu et particulièrement irrespectueux de faire couler le sang à la fin d'un pinkiwa. Ils finissent tous les deux par retourner à leur place initiale et je souris à la vielle femme quand elle se tourne vers moi, fière d'avoir régler aussi facilement cette situation.
-Merci Lyv, je souffle.
-Je t'ai connue plus prudente nineperce.
-Comme tu l'as si bien dit, je me frotte les paupières, je n'étais pas armée.
-Mais comme je le sais aussi, ce genre de désavantage ne t'arrête pas. Que cette Reine puisse encore mettre Heda dans tous ces états, je comprends mais toi... ce n'est pas raisonnable.
-Je me montre hostile justement parce qu'Heda ne le peut pas. Encore merci Lyv. Mais je n'aurais jamais fait plus que la provoquer.
-Je sais, elle me tapote le bras. Je suis heureuse de te revoir Anya. Tu rentres au village ce soir.
-Oui.
-Tu viendras manger avec moi, décide-t-elle, je ne t'ai pas vu depuis trop longtemps nineperce.
Quand va-t-elle arrêter de m'appeler ainsi ? Encore une fois, je ne suis plus une gosse ! Pourtant, je ne dis rien me contentant d'accepter son invitation quand Raven se rapproche, avec toutes mes armes disposées un peu n'importe comment dans ses bras. Je lui souris et les récupère une à une en la remerciant.
-Tu es une des Mounons ou une des cent jeune fille ?
-Une des cent Madame.
-Madame, je répète en fronçant les sourcils. L'Ancienne s'appelle Lyveirna, ne l'appelle pas Madame, ce sont les marieuses que nous nommons de cette manière.
-J'ai été marieuse avant de devenir Ancienne, me rappelle-t-elle en tapotant gentiment mon bras, je grimace quand elle touche le bandage. Je suis enchantée de faire ta connaissance jeune fille, reprend-elle au moment où je récupère ma dernière arme, tu dois être très spéciale si cette nineperce te confie ses armes en te tournant le dos.
Je m'apprête à lever les yeux au ciel tout en soupirant en entendant la remarque de Lyv avant de me rendre compte qu'elle a entière raison. Raven Reyes est spéciale. Je détail alors la jeune femme qui aborde un sourire timide, presque gêné en baissant légèrement les yeux. C'est à peine croyable... comment peut-elle s'approcher à ce point de la perfection ?
-Raven Reyes, dit-elle de sa voix chantante en tendant poliment sa main vers l'Ancienne.
-Ta réputation te précède jeune fille, lui assure Lyv en acceptant sa poignée de main, nous te devons beaucoup. Merci de t'être battue à nos côtés.
-Tu vois rudz rook, je souris, tu es importante.
Son sourire devient plus grand, plus vrai, plus merveilleux. Belle. Elle est si belle.
-Bien, je sursaute très légèrement à la nouvelle intervention de l'ancienne, je vais vous laisser. J'ai encore beaucoup à faire, ne t'attire pas d'autres ennuis nineperce et ne sois pas en retard ce soir. Je te souhaite un joyeux misae lainee Raven Reyes qu'il puisse t'amener aux portes du destin que le grand esprit a choisi pour toi sans encombre.
Lyv presse de nouveau doucement mon bras en m'offrant un doux sourire avant de s'éloigner. Je secoue doucement la tête. Je suppose qu'à son âge, il est évident qu'elle ne changera plus et pourtant je continue de croire qu'elle finira par s'assagir. Mais ce sont bien ces petites excentricités qui font d'elle quelqu'un d'aussi exceptionnel. Je lui dois tellement.
-C'est quelqu'un d'important, n'est-ce pas ?
-C'est l'Ancienne des Trikus, je confirme. C'est une des figures les plus importantes pour son peuple. Aucune décision n'est prise sans elle.
-Je voulais dire pour toi. Elle est importante pour toi. Je me trompe ?
-Oh. Et bien, j'acquiesce en observant Lyv s'éloigner, tu as raison. Elle s'occupe de moi depuis que je vis avec les Trikus. C'est quelqu'un de bien, je souris légèrement. Je lui dois beaucoup.
-Elle a l'air gentille.
-Pas toujours, je plisse le nez, et heureusement si ce n'était pas le cas, elle ne pourrait pas assumer le rôle d'Ancienne pour son peuple.
-Encore une fois, j'aurais dû préciser avec toi, elle rit doucement.
-Dans ce cas, cette fois aucune chance de retenir un vrai sourire, tu as entièrement raison, Lyv est la personne la plus gentille qui m'ait été donné de rencontrer. Je lui dois tout. Je ne serais pas en vie sans elle, j'assure en croisant le regard de Raven.
Cet échange est bien plus important qu'il n'y paraît. Un moment passe sans que nos yeux se séparent. Je ne sais pas ce qu'il en est pour elle mais de mon côté, je n'ai aucune envie de l'écourter. Je crois même que je pourrais le prolonger à l'infini. J'apprécie de plus en plus ce que sa simple présence me fait ressentir. C'est un peu comme si pour la première fois depuis l'horreur qui m'a façonné, je pouvais enfin atteindre le calme et la paix.
Lexa avait raison. Il n'y a vraiment qu'une étoile tombée du ciel pour accomplir un tel miracle.
Les battements de mon cœur s'accélèrent. Je devrais avoir envie de fuir, galvaniser par l'avertissement que j'ai reçu durant mon cauchemar. Étrangement, ce sont des mots bien plus réel qui m'encourage à poursuivre :
-Raven, mon palpitant est propulsé dans ma cage thoracique si fortement que je perçois à peine ma voix, j'aurai un service à te demander.
-Tout ce que tu veux.
Sa réponse me procure bien plus d'effet que ce que je m'étais imaginé. Elle ne sait même pas encore de quoi il s'agit et pourtant, elle accepte déjà. J'ai une envie quasi irrésistible de me précipiter pour à nouveau la prendre dans mes bras.
Et alors que ce désir reste inassouvie, je manque presque de lui demander autre chose, de bien moins convenable : Reste.
Reste avec moi. Cette demande ne franchira pas mes lèvres alors même qu'elle les brûle. Reste.
A la place, je trouve le courage de finaliser une autre de mes demandes à son égard. La tentation est devenue trop forte et maintenant, je ne peux plus garder ce caprice sous silence. Depuis que je sais qu'elle a peut-être les capacités de me rendre un élément si important de mon passé, j'hésite mais cette fois, c'est le moment :
-Est-ce que tu pourrais réparer quelque chose d'important pour moi ?
-J'ignore si je le peux mais je veux bien essayer.
-Vraiment ?
J'ignore pour quelle raison j'ai besoin de m'en assurer. J'aurai dû savoir que sa réponse ressemblerait à celle qu'elle vient de me donner. Pourtant ce simple mot vient de m'échapper et fait sourire Raven. Je crois que ma réaction l'attendrie ce qui provoque une nouvelle embardée au niveau de mon cœur. Elle sait... Raven sait que je tiens à elle. Mes joues s'échauffent alors que presque tout ce qui m'entoure s'efface sous les battements frénétiques de mon cœur.
Mince... comment est-il ne serait-ce possible d'être à ce point chamboulé par une personne qu'il y a encore peu n'était qu'une inconnue. Cette fille... femme est parvenu à tout changer en si peu de temps. Et ceci a commencé simplement avec un oiseau en papier. Qui aurait pu le croire ? Certainement pas moi, étant donné qu'avant même de la rencontrer, j'ignorais même l'existence des origamis.
Je me revois encore une fois apposer mes doigts sur sa joue, laissant le doré recouvrir sa peau. Je lui ai accordé la protection de mon clan, de mon peuple et de ma famille. Je veux plus. Je la veux, elle, tout entière.
Reste.
C'est insupportable. Pour quelle raison cette idée refuse de me quitter ? Je ne lui demanderai pas ! C'est beaucoup trop. Je ne suis pas prête à assumer les conséquences d'une telle tentation.
Reste.
Et pourtant, je souhaite au plus profond de mon être que le misae lainee la pousse à choisir les Trikus et non Polis comme il est évident que Clarke va le faire. J'ai déjà envie de faire tellement de choses avec elle. Alors si elle reste... que le grand esprit m'en soit témoin, si elle reste je ne laisserai rien, ni personne l'éloigner. Jamais. Je désir qu'elle me choisisse, qu'elle aspire à être à mes côtés. Je veux... je la veux.
Reste.
J'aimerais transformer les trois lignes dorées. En plus de la protection de son corps que garantit la première, celle de son esprit et de retrouver un foyer quoi qu'il advienne, des suivantes. J'ai l'envie dévorant d'ajouter un autre trait sous son œil gauche, le dernier, quelque part le plus importante et surtout de terminer mon geste avec un point. Avant d'appliquer dans un dernier mouvement mon index sur son menton en partant de ses lèvres pour finir un peu plus bas que sa gorge. La ligne directive, jusqu'à son cœur pour qu'il puisse trouver le mien. Comme pour retenir mon geste, mes doigts se resserrent sur le collier qu'elle m'a offert. Je le serre fort sans la quitter des yeux. Et qu'importe à quel point je m'applique à chasser cette idée, elle m'emporte avec elle sans ménagement. Je n'ai plus que ce mot en tête et il est sur le point de m'échapper.
Reste.
-Je te promets de faire tout ce que je peux. Je te le dois bien.
-Ce n'est pas ce que je veux, je secoue la tête, ne te sens pas obligée.
-Ce n'est pas le cas. Je te l'ai dit Anya pour la première fois de ma vie, je sais exactement ce que je veux. Et même si c'est un peu effrayant je vais tout faire pour l'obtenir.
-Dans ce cas, je te remercie de bien vouloir essayer. Je te le confierai après le misae lainee.
Juste avant que tu ne partes loin de moi...
-Parfait, elle sourit beaucoup, plus que d'habitude. J'espère vraiment que je pourrais le réparer. J'ai très envie de réussir, pour toi.
Après cette réponse qui encore une fois me fait perdre le contrôle des réactions de mon corps, son regard me quitte pour détailler les cieux. Pendant sa contemplation, elle semble plus paisible que d'ordinaire. Elle finit par fermer doucement les paupières et inspire profondément. Plusieurs oiseaux volent juste au-dessus de nous et je me demande si elle s'imagine à leurs côtés.
Voler. En voilà encore une idée bien étrange. Mais c'est quelque chose qui lui appartient qui fait partie d'elle. Après tout Raven veut littéralement dire corbeau. J'espère simplement qu'elle ne fait pas partie de ces êtres ailés qui restent inaccessibles même au chasseur le plus farouche. Parce que si je ne veux pas lui prendre ses ailes, je souhaite tout de même qu'elle reste bel et bien les deux pieds sur terre et dans la mesure du possible dans un lieu que je peux la couver de mon regard.
-A quoi tu penses ?
-A rien en fait, me répond-elle en jetant un rapide regard vers moi, c'est apaisant.
-Donc, tu sais où va te conduire le misae lainee.
-En effet.
J'espère que ce ne sera pas trop loin de moi.
-Je pense que j'avais simplement besoin d'être rassuré mais je savais depuis le début ce que je voulais faire comme choix.
-Bien.
-Et même si j'espère toujours ne contrarier personne, je vais juste me laisser porter parce qu'encore une fois : je sais exactement ce que je dois faire.
Reste. S'il te plaît, reste.
-Ce sera une décision bien plus folle que celle de vouloir apprendre à voler, dit-elle en passant de nouveau à plusieurs reprises ses doigts sur la longueur de son poignet, je suis prête à vivre.
Voilà pour le nouveau chapitre de cette fiction. J'espère qu'il vous a inspiré et qu'il vous a plu ! De mon côté, j'ai adoré l'écrire. Le cauchemar était un sacré défi mais me plonger dans le subconscient d'Anya et surtout ses sentiments était si intense… c'était super, tout ce que j'aime. J'espère que vous avez aimé un peu plus la connaître au fil de ce long chapitre (J'aurais peut-être dû le séparer en deux…). Petit à petit, elle laisse une à une ses barrières tomber et elle accepte que cette fille… femme tombée du ciel s'immisce dans son cœur. J'avoue que je suis aussi impatiente de savoir ce que vous pensez du concept du misae lainee. Vous trouvez que laisser le choix aux survivants et aux cent de leurs affiliations à un clan est logique ? D'ailleurs avez vous une idée du choix final de Raven ? Va-t-elle suivre Clarke à Polis, rester chez les Trikus comme le souhaite Anya ou faire un choix encore plus insensé ? Je suis aussi heureuse que vous ayez pu (enfin) faire la connaissance de Lyv, c'est quelqu'un d'important pour Anya. Et puis, je rappelle juste comme ça qu'avant de devenir l'Ancienne des Trikus, Lyv était une marieuse… je dis ça, je ne dis rien… XD
Je suis évidemment ouverte à toutes les critiques, qu'elles soient positives ou négatives, à condition que le commentaire soit constructif.
En espérant vous retrouver pour le prochain chapitre !
GeekGirlG
