Disclaimer : Magnificent Century Kösem est l'oeuvre de Yılmaz Şahin .

Résumé : Pour peindre quelque chose de beau, la technique n'est pas le plus nécessaire. C'est l'émotion. [Magnificent Century : Kösem]

Note de l'auteur : Cet écrit a été réalisé dans le cadre de l'atelier d'écriture du Discord «La Fabrique à Plumes» du 04/05/2022. 30 minutes sur le thème des citations et musiques. N°1 : Le style, pour l'écrivain aussi bien que pour le peintre, est une question non de technique mais de vision – Paul Valéry

Liste des dettes du Discord « Défis Galactiques » : 50 nuances de personnages historiques (43/50) + Osman II + Osman/Meleksima: M peint O

L'essentiel dans une œuvre d'art

Normalement, le dessin est interdit pour les concubines. La peinture aussi par extension. Osman avoue qu'il ne sait pas pourquoi. Peut-être pour éviter de désacraliser le sultan ? Qu'il reste cette figure presque divine qui n'a le corps d'un homme que pour régner sur les siens ? Peu importe, il trouve ça terriblement bête : par moment, il se dit que les femmes du harem doivent bien s'ennuyer et pourquoi les priver de dessiner ?

Jadis, son père a fait faire un portrait de sa belle-mère et de lui-même.

Aujourd'hui, c'est lui qui se fait tirer le portrait. Il se dit que les tableaux, c'est important : quand il sera vieux, avec la mémoire moins assurée, les peintures raviveront ses souvenirs.

Meleksima est derrière le chevalet et elle a voulu le peindre avec leur fils. Omer semble fasciné par la broche que son père porte au cou. Le jeune souverain, lui, en profite pour observer avec attention la bouille adorable de son bébé, n'arrivant toujours pas à croire qu'il a aidé à créer un être aussi parfait.

-C'est dommage que tu ne sois pas sur le portrait. Dit-il tout en essayant de tenir sa pose

-Oh mais le prochain, c'est toi qui le peins !

Il a un léger rire.

-Je suis bon en calligraphie, pas en peinture. Je n'ai pas la technique.

-Le style, pour l'écrivain aussi bien que pour le peintre, est une question non de technique mais de vision. L'art, c'est l'émotion. Alors, si tu me fais un peu de travers, ce n'est pas bien grave. Et puis, j'ai bien envie que tu me dessines comme tes concubines turques.

-Tu es ma seule concubine, Meleksima.

Omer se met à geindre. Il commence à avoir faim. L'artiste en herbe pose ses pinceaux, s'approche pour prendre son bébé contre elle. Elle dégrafe son corsage, s'assoit et l'allaite dans un geste qui est devenu pour elle une seconde nature. Osman en profite pour jeter un œil discret à la toile qui prend forme :

C'est très loin du style ottoman, c'est certain.

Cependant, il se reconnaît.

Il se voit, de profil, le regard fixé sur son petit garçon, ses yeux débordant d'amour, un air doux mais aussi cet air régalien qui entoure ses traits. C'est le portrait intime d'un père et de son enfant, en plus de celui d'un sultan et de son héritier, l'espoir pour le futur. Meleksima a raison, la vision est plus importante que le style. Il la détaille sans trop d'insistance, se saisit d'une tablette, d'un papier et se met à esquisser l'amour de sa vie.

Il espère juste que son humble crayonné lui permettra de la voir comme il la voit :

L'ange de sa vie, la perfection faite femme, son cœur tout entier.

FIN