17 décembre - tradition


Malgré les inquiétudes de Drago, la situation n'avait pas évolué, que ce soit en positif ou en négatif. Le mariage était toujours prévu entre Astoria et lui, et les préparatifs avançaient à grands pas entre les deux familles, sans que les principaux concernés s'en soucient.

Drago n'était pas revenu à la boutique de Harry, mais ils correspondaient régulièrement sur la situation par hibou. Leurs échanges étaient émaillés de piques et de remarques sarcastiques, ce qui amusait énormément Harry. Il supposait que Drago appréciait également cette nouvelle et fragile entente, puisqu'il continuait à recevoir des messages réguliers.

Lorsqu'il allait voir Ron et Hermione, le jeune homme évoquait à demi-mot la situation, toujours avec un sourire amusé. Si Ron grognait et changeait immédiatement de sujet, Hermione fronçait les sourcils et l'observait avec un regard suspicieux, s'interrogeant visiblement sur ce qu'il avait en tête.

Plus la date de l'emménagement d'Astoria approchait, plus Harry était fébrile. Il vivait seul depuis qu'il avait quitté Poudlard et il craignait que leur colocation se passe mal. Après tout, il avait pris des habitudes et il pouvait se montrer têtu. Astoria avait reçu une éducation sang-pur et devait avoir une idée précise de ce qui était convenable et de ce qui ne l'était pas… contrairement à Harry.

Le jour J, Harry se leva le matin après une nuit blanche, à se tourner et se retourner dans son lit. Il avait rempli les placards de provisions, avait vérifié que la chambre prévue pour Astoria ne manquait de rien et qu'elle était propre, mais il lui semblait toujours qu'il oubliait un détail essentiel.

Une fois levé, il commença à tourner en rond, pensant que le plan de fuite de la jeune femme allait être percé à jour au dernier moment et que son père ferait en sorte de la retenir contre son gré.

Il était si nerveux qu'il sursauta violemment en entendant frapper à la porte et qu'il trébucha en se précipitant pour ouvrir. Ainsi, il accueillit ses visiteurs les cheveux plus en bataille que jamais et les joues rouges.

En le voyant, Astoria leva un sourcil moqueur et le salua en l'enlaçant brièvement.

— Tu t'es battu avec les meubles ou quoi ?

Harry laissa échapper un rire gêné et il haussa les épaules en passant une main nerveuse dans ses cheveux.

— Juste avec le tapis. Tout s'est bien passé ?

En posant sa question, il leva les yeux vers Drago. Ce dernier le fixait, une expression illisible sur le visage. Il resta silencieux, mais Astoria eut un rire satisfait.

— Aucun problème. Officiellement, nous sommes partis voir le traiteur pour choisir le menu servi lors de la réception de cette mascarade. Je suppose qu'il finira par envoyer un hibou d'ici peu, lorsqu'il en aura assez de nous attendre, mais… c'est trop tard.

Drago eut un bref sourire.

— Mon père m'a annoncé hier soir qu'il avait signé les derniers papiers engageant nos deux familles, dans lesquels il était précisé que Astoria était celle qui devait se présenter devant l'autel.

Harry leur fit signe de le suivre jusqu'au salon, le même salon que Drago avait eu l'occasion de visiter et dans lequel la tapisserie familiale des Black avait une bonne place. Il ne fit pas la moindre réflexion, évitant soigneusement de regarder l'arbre généalogique, tandis qu'Astoria regardait autour d'elle avec curiosité.

Fronçant les sourcils, Harry demanda soudain, l'air inquiet.

— Mais ces contrats signés ne peuvent pas poser problème ? Par exemple, vous obliger devant la loi à aller jusqu'au bout ?

Drago haussa les épaules avec un petit sourire en coin.

— Nos pères ont signé, en engageant nos familles. Cependant, nous… nous n'avons rien signé. Mon père perdra probablement quelques centaines de gallions, mais rien de vraiment catastrophique. En ce qui concerne le père d'Astoria… il perdra sa réputation.

Astoria ricana.

— Il devra me renier, pour prouver qu'il n'était pas complice de ma fuite et qu'il ne comptait pas escroquer la famille Malefoy sous peine de leur devoir réparation. Bien sûr, à la seconde où je serais reniée, je serais totalement libre. Il n'aura plus aucun pouvoir sur moi.

Harry hocha la tête, mais il reporta son attention sur Drago.

— Et pour toi, Malefoy ? Tes parents ne vont pas se demander comment tu as… égaré Astoria ?

Le jeune homme haussa les épaules avec désinvolture, mais Harry nota qu'il essayait de masquer une tension.

— Je ne compte pas cacher que j'ai joué un rôle dans sa fuite.

Harry haleta, les yeux écarquillés.

— Mais… tu ne risques pas d'avoir des ennuis ?

Drago soupira, n'aimant visiblement pas être le centre de l'attention de Harry. Cependant, il savait le jeune homme terriblement têtu et il consentit à s'expliquer.

— C'est… difficile de mentir à mon père. Il me suffira de révéler que Astoria n'était pas consentante et ma mère devrait comprendre et calmer la colère de mon père. Je sais à quel point tu exècres ma tante Bellatrix, Potter, mais ma mère a toujours dit qu'elle était devenue folle après avoir été contrainte d'épouser un homme aussi cruel que Lestrange.

Harry hocha la tête, essayant de calmer la rage qui l'envahissait à chaque fois qu'il pensait à celle qui avait tué Sirius. D'un ton neutre, sans regarder Drago, il murmura.

— As-tu besoin de t'éloigner de chez toi, Malefoy ?

L'ancien Serpentard se figea, en le dévisageant avec attention. Finalement, il secoua la tête.

— C'est gentil de le proposer, mais… mes parents ne me blesseront pas. Le pire qui puisse m'arriver est de subir un sermon sur l'honneur de la famille, mais je pense que j'y échapperai lorsque mon père comprendra que son nom aurait pu être traîné dans la boue si les conditions de ce mariage venaient à être dévoilées.

Harry hocha la tête.

— C'est bon de savoir que le monde magique refuse fermement les mariages forcés.

Astoria les interrompit en souriant largement, l'air joyeux, demandant à Harry s'il prévoyait de décorer sa maison pour Noël. Cependant, le jeune homme devina sans peine que le sujet du mariage la mettait particulièrement mal à l'aise, probablement parce qu'elle n'avait pas encore l'impression d'être libre.

Sans insister davantage, le jeune homme l'entraîna dans la pièce suivante, une grande bibliothèque, au milieu de laquelle trônait un sapin de belle taille, mais dépourvu de décorations.

— J'avais prévu de le décorer, mais j'ai pensé que tu aimerais participer. Donc… dès que tu es prête, nous pourrons nous y mettre.

Astoria éclata de rire et serra Harry dans ses bras, lui glissant un remerciement pour tout ce qu'il faisait pour elle à l'oreille. Avec un sourire malicieux, elle attrapa le bras de Drago pour l'entraîner avec elle jusqu'à l'arbre vert et elle adressa un clin d'œil à Harry.

— Je dirais que Drago devrait rester nous aider. C'est la tradition après tout, surtout qu'il a promis de me rendre régulièrement visite.

Harry se mit à rire, nullement gêné d'apprendre que son ancien rival viendrait régulièrement chez lui. Il croisa le regard presque gêné de Drago et il haussa les épaules, les yeux brillant de malice.

— Ce serait dommage de se passer d'une telle tradition. À nous trois, ça devrait être rapide et je pourrais faire du thé ou du chocolat chaud après !


prompt de demain : papier d'emballage