18 décembre - Papiers d'emballage
Décorer le sapin avec Astoria et Drago avait été un moment particulièrement amusant et Harry n'avait aucune difficulté à avouer qu'il avait apprécié l'expérience. Les réflexions moqueuses de Drago l'avaient fait rire et il s'était rendu compte au bout d'un moment que le blondinet en rajoutait pour l'amuser.
Sans que Harry ait besoin d'insister, Drago était resté un long moment avec eux, comme s'il repoussait l'instant où il devrait faire face à son père. Cependant, il n'avait pas semblé le moins du monde inquiet lorsqu'il était parti.
Harry, soudain anxieux, l'avait forcé à promettre qu'il enverrait un hibou pour les rassurer, Astoria et lui, lorsqu'il aurait expliqué à ses parents la situation. Il n'oubliait pas que Lucius avait été un Mangemort cruel et qu'il n'avait pas hésité à le menacer lorsqu'il avait libéré Dobby. Astoria l'avait soutenu, insistant à son tour, et Drago avait accepté en grognant. Le jeune homme avait levé les yeux au ciel en assurant que ses parents ne lui feraient pas le moindre mal. Cependant, Drago avait fixé Harry longuement d'un air songeur.
Une fois seuls, Astoria avait semblé soudain inquiète et mal à l'aise. C'était la première fois qu'elle se retrouvait seule dans une maison inconnue puisqu'elle n'avait jamais quitté le domicile de ses parents jusqu'à ce jour, en dehors des années à Poudlard.
Sans poser de questions, Harry lui avait montré sa chambre avant de lui proposer de lui faire découvrir la télévision moldue pour passer le temps et lui changer les idées.
Le jeune homme avait mis du temps avant de réussir à faire fonctionner la technologie moldue dans une maison sorcière, mais il ne regrettait pas d'avoir fait le nécessaire. Initialement, Square Grimmaurd n'avait pas l'électricité et Harry avait rapidement fait raccorder la maison au réseau moldu, prétextant au technicien venu faire les travaux qu'il avait hérité la maison d'un vieil oncle excentrique… Après quelques déboires avec la magie qui causait de soudaines surcharges, il avait fini par obtenir un équipement fonctionnel.
Puisqu'il n'avait jamais eu le droit de regarder la télévision enfant, Harry avait voulu l'installer, pour pouvoir en profiter et tourner la page sur son enfance catastrophique. Il adorait les soirées où il profitait du petit écran, qu'il soit seul ou avec ses amis. Ron ne perdait jamais une occasion de s'inviter pour en profiter également et il négociait avec Hermione la possibilité d'en installer une chez eux… C'était étrangement la sorcière née-moldue qui était la plus réticente, assurant sans la moindre hésitation qu'ils pouvaient parfaitement vivre sans le petit écran…
Au cours de la soirée, Astoria put enfin se détendre et elle apprécia le film comique choisi par Harry, les yeux écarquillés, fascinée comme une enfant qui découvre la télévision pour la première fois. Le programme venait de se terminer lorsque le hibou de Drago arriva. Harry s'empara du message avec nervosité et il lut le texte laconique rapidement, pinçant les lèvres de contrariété.
En effet, Drago avait uniquement noté qu'il allait bien et qu'il leur rendrait visite le lendemain soir, après la fermeture du magasin de Harry.
Astoria pressa l'épaule de Harry avec amusement, toutes ses inquiétudes envolées.
— Au moins, il a envoyé un message comme convenu.
Harry avait acquiescé du bout des lèvres, avant de laisser la jeune femme pour se retrancher dans sa chambre, prétextant qu'il était fatigué. S'il devait être honnête, il était surtout frustré que Drago Malefoy n'ait pas donné plus de détails sur les réactions de ses parents.
Le lendemain, Astoria était particulièrement nerveuse pour son premier jour de travail, mais Ronnie sut la mettre à l'aise rapidement. Sans poser de questions, Veronica la prit sous son aile, soulageant ainsi les inquiétudes d'Astoria, qui craignait de commettre un impair dans le monde moldu et de révéler accidentellement l'existence du monde magique.
Après deux heures seulement ensemble, les deux jeunes femmes étaient devenues les meilleures amies du monde et étaient parfaitement à l'aise. Déterminée à prendre sa vie en main, Astoria faisait de son mieux et ne ménageait pas ses efforts.
Voyant que tout se passait bien, Harry avait repris ses habitudes. Il s'était installé aux fourneaux et s'obligeait à ne pas se perdre dans ses pensées pour ne pas prendre du retard sur ses commandes. Concentré sur sa tâche, il sursauta lorsque Astoria arriva soudain, souriante.
— Veronica m'envoie chercher du papier d'emballage, celui pour les cookies. Et elle m'a dit de te prévenir que nous avons vendu plus de la moitié du stock…
En lui remettant ce dont elle avait besoin, Harry lui demanda si le travail lui convenait et il fut soulagé de l'enthousiasme de la jeune sorcière. Elle avait rapidement pris ses marques et elle ne semblait pas trop déstabilisée de travailler en plein monde moldu. Elle avoua à Harry qu'elle calquait ses réactions sur celles de Ronnie pour ne pas commettre d'impairs… et que pour l'instant, personne n'avait semblé la regarder suspicieusement.
La journée sembla interminable à Harry. Chaque minute qui passait semblait durer des heures et sans l'aide inestimable de Veronica, le jeune homme aurait commis un certain nombre d'erreurs tant il était distrait.
Astoria l'observait avec un léger sourire, comme si elle comprenait la source de son agitation, mais elle ne fit pas la moindre remarque. Harry lui en était reconnaissant, parce qu'il n'était pas certain de pouvoir garder son calme s'il devait se justifier sur la source de sa nervosité soudaine — et plus largement de son changement de comportement depuis le retour d'un certain Serpentard dans sa vie.
Au moment de fermer la boutique, Harry n'avait jamais été aussi pressé de rentrer chez lui. Il avait laissé Astoria partir plus tôt et Ronnie ne put s'empêcher de rire en le voyant échapper un objet une fois de plus tant il était nerveux.
— Allez, Harry. Rentre chez toi, j'ai l'impression que tu as besoin de… repos. Je vais terminer ici, ça sera pour toutes les fois où tu m'as laissé partir plus tôt !
Harry soupira et se passa la main dans les cheveux avec un sourire crispé.
— Tu dois me trouver complètement stupide… Je suis désolé…
La jeune femme l'attira dans ses bras pour un câlin affectueux et elle eut un rire amusé.
— Tu n'as pas à te justifier, Harry. Je pense avoir une bonne idée du problème…
Même si elle ne précisa pas sa pensée, son regard malicieux fit rougir Harry et ce dernier haussa les épaules, avant de marmonner, mal à l'aise.
— Ce n'est pas ce que tu crois.
Cependant, il ne tarda pas à laisser la jeune femme terminer la fermeture du magasin pour rentrer square Grimmaurd au plus vite.
prompt de demain : feuilles
