Bonjour à toutes et à tous !

Merci pour toutes vos reviews, elles me vont droit au cœur !

Je crois que le titre du chapitre parle pour lui-même. Après tant de péripéties, il est temps que Tony, Pepper et Harry soufflent... et qu'ils en profitent tant que ça dure !

Bonne lecture :D


Harry ou de l'éducation

Où Harry, Tony et Pepper tentent de se construire une normalité, mais patatras

Chapitre quatre, première partie

Une grande partie des progrès de Harry pour s'affirmer disparut après son enlèvement et la torture par Extremis. La démolition de la villa de Malibu et la perte de presque tout ce qui lui appartenait n'aidèrent pas à lui remettre le pied à l'étrier.

Harry se mit à faire beaucoup de cauchemars. Il se réveillait plusieurs fois par nuit, le cœur battant, parfois en larmes. Il fallut toute la force de persuasion de Tony et Pepper réunis pour qu'il accepte de chercher de l'aide, même en pleine nuit.

La petite famille avait trouvé refuge dans l'immense Tour Stark de New York. L'appartement qu'ils occupaient s'étalait sur trois étages, dont l'un était exclusivement réservé à l'atelier de Tony et à ses armures. L'endroit n'avait pas été conçu pour accueillir un enfant, mais ils s'adaptaient au jour le jour. Harry avait été installé dans une chambre d'amis, et il avait recommencé le long processus de s'approprier les lieux.

Quelques jours après leur sortie de l'hôpital, Tony avait pris son armure et n'était revenu que le lendemain, avec son jet et des boîtes remplies d'objets venant des ruines de la villa. Le doudou de Harry, sa couverture de bébé, était rendu étrangement rêche par l'eau salée, mais elle avait été protégée par la valise dans laquelle elle avait été fourrée à la hâte. Harry s'en fichait, trop heureux de retrouver sa seule vraie possession.

Début décembre, Harry fut informé qu'un des Avengers allait habiter dans la Tour avec eux, pas au même étage, mais suffisamment proche pour qu'ils soient amenés à se croiser. Tony et Pepper lui expliquèrent qu'il ne devait pas parler de magie, car peu de personnes connaissaient ce secret. Harry accepta de garder sa langue, sans trop comprendre pourquoi ce devait être un secret, mais après tout, il avait suivi des règles plus absurdes que celle-là.

Le petit garçon et le nouvel adulte s'entendirent à merveille immédiatement. Ils étaient deux êtres discrets, timides et un peu effrayés, et ils continuèrent à l'être l'un avec l'autre. Cela leur convenait si bien que Tony demanda de plus en plus souvent à Bruce de baby-sitter Harry.

Le cursus scolaire du petit garçon était un peu anarchique, mais ils trouvèrent un rythme. Pepper lui faisait travailler la lecture et l'écriture, la première surtout le soir avant de se coucher, et la seconde en lui donnant des devoirs de rédaction. Tony enseignait les mathématiques et un peu de physique amusante avec des expériences faciles à reproduire. Happy, pendant sa convalescence, lui lisait des histoires vraies racontant des passages importants de l'histoire des États-Unis et du monde. Bruce accepta de lui apprendre quelques bases de biologie et de sciences de la nature.

Harry n'avait pas abandonné les cahiers de vacances, qui étaient une manière pratique et ludique de le faire travailler. Pepper, Tony et Bruce travaillaient dans la tour de New York, car le siège de Stark International y déménageait, et Happy était en convalescence dans une des chambres d'amis en attendant de pouvoir se déplacer seul. Harry était donc toujours fourré dans le bureau des uns ou des autres, à faire des exercices.

Néanmoins, tous les adultes avaient conscience que Harry allait devoir reprendre une scolarité normale. Pepper et Tony avaient sélectionné quelques établissements dont les cursus leur plaisaient, puis ils avaient insisté pour que Harry choisisse l'école où il voulait aller. Pendant une semaine avant Noël, ils avaient visité trois ou quatre structures différentes, qui n'avaient rien à voir avec l'école publique de Little Whinging. Harry était très intimidé, mais il avait fini par choisir la Calhoun School. Sans doute aurait-il refusé de choisir s'il avait eu connaissance du prix de l'inscription dans les écoles présélectionnées par ses nouveaux tuteurs.

La question scolaire quitta son esprit un matin quand il arriva dans la grande pièce à vivre et qu'il découvrit les paquets cadeaux colorés sous le sapin que Tony et lui avaient décoré ensemble quelques jours auparavant. Ils avaient manqué Thanksgiving à cause de l'affaire d'Extremis, mais Harry, qui ne connaissait pas cette fête américaine, n'y avait pas prêté attention. Au contraire, il avait observé les préparatifs de Noël des étoiles dans les yeux. La ville de New York avait sorti ses plus belles décorations pour faire oublier aux habitants les dégâts causés par la tentative d'invasion extra-terrestre.

« Joyeux Noël gamin, le salua Tony avec un grand sourire.

— Joyeux Noël Tony ! »

Pepper, Happy et Bruce arrivèrent bientôt, déjà habillés, contrairement à Harry et Tony qui arboraient leurs plus beaux pyjamas. Happy prépara des chocolats chauds, tandis que Rhodey arrivait, chargé de paquets lui aussi.

On mit dans les mains de Harry un grand nombre de cadeaux enveloppés de la part de tous les adultes présents. Il reçut des jeux, des jouets, des peluches, des vêtements, du matériel scolaire, des livres et enfin, un petit paquet rectangulaire que lui tendirent Pepper et Tony. C'était un cadre photo, qui s'ouvrait comme un livre pour faire apparaître deux photos face à face.

« Là, c'est ta maman, Lily, et là, c'est ton papa James, expliqua Tony. Et au milieu c'est toi bébé. Tu reconnais ton doudou ? »

Harry hocha la tête. La deuxième photo le représentait encadré de Tony et Pepper, dans le jardin de la villa de Malibu, avant l'attaque du Mandarin, quand tout était calme et paisible.

« Si tu veux, on peut accrocher le cadre dans ta chambre, ou on peut le poser sur ta table de chevet. »

Harry pleura un peu, dans les bras de Tony et Pepper, submergé par toutes sortes d'émotions qu'il n'arrivait pas à nommer.

L'accrochage du double cadre fit l'objet d'une presque-cérémonie. Tony sortit les outils lourds, et avec Rhodey et Happy, ils en firent tout un sujet grave. Ils montrèrent à Harry comment utiliser le niveau laser pour s'assurer de la droiture du cadre. Le petit garçon eut le droit de manier la perceuse (qui était une DeWalt et non une Grunnings) avec l'aide de Tony, et tous ensemble, ils percèrent deux trous, plantèrent deux crochets et suspendirent le double cadre. Ils l'admirèrent tous pendant une petite minute, puis Tony proposa de ranger le reste des cadeaux de Harry.

Les vêtements furent suspendus dans le petit dressing, les livres furent rangés par ordre chromatique dans la bibliothèque et les jeux et jouets furent placés sur des étagères ou dans le grand coffre à jouets jusque-là majoritairement vide.

Fiers d'eux, ils trinquèrent avec une nouvelle tournée de chocolat chaud, autour d'un brunch de Noël. C'était le meilleur Noël que Harry eût jamais vécu.

C'était le grand jour et Harry était très intimidé et appréhensif. Il avait mis des vêtements neufs, mais pas trop habillés et avait placé soigneusement ses affaires dans son tout nouveau cartable.

Pepper, Tony et lui furent accueillis par le directeur Qusay Handal — appelez-moi Qusay — qui les fit entrer dans l'immense bâtiment de verre et d'acier.

« Bienvenue à Calhoun, l'école sans mur, s'exclama Qusay. Nous sommes très heureux que vous ayez choisi Calhoun pour scolariser le jeune Harry. Nous allons d'abord aller dans mon bureau, avant d'introduire Harry dans sa classe. Cela vous va ? »

Le bureau du directeur se trouvait au rez-de-chaussée, et ne ressemblait pas vraiment à un bureau classique. Qusay ne s'assit pas derrière l'immense plan de travail chargé de dossiers, mais invita plutôt à le rejoindre autour d'une table basse où attendaient des tasses. Il leur proposa du chocolat chaud pour Harry et les traditionnels thés et cafés pour les adultes.

« Je vais faire un rappel des choses qui ont été dites le mois dernier, afin que cela soit clair pour tout le monde, sourit-il. D'abord, Calhoun n'a rien d'une école classique comme tu as pu le voir avant Noël, Harry. Ici, on travaille presque toujours en groupes, et les élèves sont invités à manipuler des objets les plus divers possibles pour apprendre. Toutes les salles de classe sont connectées entre elles, et si l'envie te vient d'aller voir comment se passe un cours de programmation de seconde, personne ne t'en empêchera. Ici, les élèves de ton âge sont dans la classe First Grade, ce qui est un peu différent du système britannique, mais ce n'est pas compliqué. Voici ton emploi du temps. L'école commence tous les matin 30, avec le serment au drapeau, puis de 8 h 45 à 9 h, chaque niveau se retrouve dans sa salle commune pour discuter avec son professeur principal.

— C'est quoi le serpent du drapeau ? demanda Harry.

— Le serment au drapeau, corrigea Qusay avec un sourire indulgent. C'est une cérémonie où toute l'école chante l'hymne national pendant que deux élèves hissent le drapeau des États-Unis dans le gymnase. C'est une cérémonie importante dans toutes les écoles américaines.

— Je ne connais pas l'hymassionale, marmonna Harry honteux.

— L'hymne national, corrigea à nouveau Qusay. Ce n'est pas grave, tu vas apprendre. Dans une semaine, tu la connaîtras sur le bout des doigts. Revenons à l'emploi du temps. Les cours sont assurés par différents enseignants en fonction de leurs spécialités. Ici, tout le monde se tutoie et s'appelle par les prénoms, cela facilite la mise en confiance. Les cours finissent à quinze heures, et si tu le souhaites Harry, tu pourras participer à un club. La liste des groupes d'élèves est assez longue, mais les groupes adaptés aux jeunes de ton âge sont moins nombreux. Tu pourras en consulter la liste avec tes tuteurs en rentrant chez toi cet après-midi. As-tu d'autres questions ?

— Si j'arrive pas les exercices ? demanda timidement Harry en regardant le bout de ses pieds.

— J'en doute beaucoup, dit doucement Qusay. Les professeurs sont là pour t'aider, et si tu as besoin de rattrapage pour une matière en particulier, tu peux t'inscrire dans un groupe de soutien de l'après-midi. Si vraiment tu as de grosses difficultés, je suis sûr que Pepper et Tony accepteront de t'inscrire pour des cours particuliers intensifs. Néanmoins, les matières scolaires ne sont pas l'essentiel d'une éducation. L'éducation est bien plus large que de résoudre des additions ou tracer correctement des lettres. C'est aussi apprendre la musique, l'entraide, le théâtre, le sport, les choses de la nature, l'esprit d'équipe, l'art. Tu auras forcément des affinités pour certaines choses et pas pour d'autres. Ne t'en fais pas pour ça. Concernant l'extrascolaire, vous êtes tous invités à diverses soirées durant l'année. »

Il tendit des dépliants à chacun des membres de la petite famille.

« Voilà le programme de janvier. Comme vous pouvez le voir, l'année 2013 commence sur les chapeaux de roue, puisque mercredi nous organisons un match de basketball, joué par les seniors qui souhaitent intégrer une équipe universitaire. C'est l'occasion pour eux d'être remarqués, et pour le reste de l'école de les supporter. L'occasion peut-être pour Harry de découvrir une tradition américaine.

— Nous verrons, trancha Pepper alors que Tony marmonnait que Rhodey allait adorer.

— Puis jeudi nous diffusons le film "One Water", suivi d'un débat avec l'un des deux réalisateurs du film. Tous les ans, nous organisons un mini-festival de cinéma engagé, pour informer nos élèves aux grands enjeux sociaux, culturels ou écologiques de notre époque. Cette année est l'année internationale de la coopération autour de l'eau, notre programme sera donc centré autour de cette question.

— Ce film est-il adapté à un garçon de six ans ? demanda Pepper, perplexe.

— Les enjeux sont peut-être un peu difficiles à saisir. À l'intérieur du dépliant, vous avez des annotations à propos de chaque soirée thématique, certaines à propos de l'âge cible. Pour l'âge de Harry, je dirais que le prochain film sera plus adapté. Chaque semaine, il y aura au moins une soirée, cinématographique, théâtrale ou musicale. Tout notre programme est adapté à tous les enfants à partir de dix ans. En dessous, je vous renvoie à la brochure. Des questions ? Non ? Nous allons pouvoir guider Harry jusqu'à sa classe. »

Quand Qusay avait parlé d'une école sans mur, ce n'était pas tout à fait vrai. Il y avait des murs, principalement pour des raisons phoniques et de portance, mais il n'y avait pas de porte. On montait dans les classes grâce à un escalier ou un ascenseur, et chaque demi-étage menait à une nouvelle pièce construite en miroir de la précédente, et consacrée à une activité.

Ils prirent l'ascenseur et Harry aperçut derrière les portes vitrées les salles communes des plus petites classes et quelques salles vides contenant du matériel divers. Ils débouchèrent enfin dans une grande classe lumineuse, éclairée par l'immense baie vitrée comme dans toutes les autres classes, et qui faisait la fierté de l'établissement. La nouvelle classe de Harry était composée d'une dizaine d'élèves, assis sur un long banc mou en demi-cercle, face à leur enseignante. Tout autour d'eux, les murs étaient décorés par les travaux des élèves, des tiroirs en plastique transparent affichaient des contenus aussi divers que du matériel de dessin, de bricolage ou de codage.

L'enseignante prénommée Aline était un petit bout de femme d'âge mûr, douce, mais ferme, habituée à gérer une classe de jeunes enfants. Elle s'occupait d'une grande majorité des classes de First Grade, minorée des langues — chaque enfant choisissait une langue parmi un panel assez large — et du sport.

« Bienvenue parmi nous, Harry, salua-t-elle. Tu peux t'asseoir ici, entre Yassine et Liv. Si cela te rassure, tes tuteurs peuvent assister un peu à la classe. »

Harry hésita, puis hocha la tête.

« Je veux bien, souffla-t-il, les joues brûlantes.

— Cool ! s'exclama Tony. C'est quoi la boîte "codage" ? C'est du vrai code pour ordinateur ?

— Exactement ! s'enthousiasma Aline avec un grand sourire. On va un peu perturber notre emploi du temps, mais ce n'est pas gênant du tout. Les enfants, est-ce que vous voulez montrer à Harry, Monsieur Stark et Madame Potts, comment nous apprenons le code ? »

Tous les enfants avaient une petite boîte contenant des petits cubes qui se clipsaient les uns aux autres pour former des phrases logiques.

« Au premier semestre, nous avons appris à utiliser les portes ET et OU pour allumer une petite lumière grâce à des interrupteurs. Quelqu'un veut expliquer ce que font ces portes ? Oui, Paul ?

— La porte ET, les deux interrupteurs doivent être sur 1, et la porte OU un seul interrupteur sur deux ou les deux.

— Très bien Paul. Harry as-tu compris ? Nous allons faire les premiers circuits ensemble. »

Harry ne vit pas l'heure passer. D'abord, il ne comprit pas tellement cette histoire de ET et OU, mais Aline expliqua très patiemment une seconde fois :

« On a deux interrupteurs à notre disposition. Le premier est rouge, le deuxième est bleu. Si je dis que je veux le rouge ET le bleu, qu'est-ce que tu me donnes ? Très bien, tu me donnes les deux interrupteurs. Maintenant, si je dis que je veux le rouge OU le bleu, qu'est-ce que tu me donnes ? Oui, c'est très bien, tu m'as donné le bleu, et cela me suffit. Mais j'aurais aussi été contente avec le rouge. Maintenant, on va faire pareil, sauf que, plutôt que de me donner les interrupteurs, on va les placer dans un circuit électrique pour allumer la petite ampoule qui est là. »

Tony s'enthousiasma pour ce petit kit pour enfant, qui permettait de simplifier les bases du codage avec des éléments électriques simples. Pepper et lui s'amusèrent à aider les enfants de la classe à monter des circuits de plus en plus complexes, jusqu'à la fin de l'heure. Enfin, ils embrassèrent Harry qui était un peu moins intimidé.

La journée se passa comme un charme. Aline et les autres élèves furent patients avec Harry et celui-ci s'aperçut qu'il n'avait pas spécialement de retard. La méthode d'enseignement, très différente de ce qu'il connaissait jusqu'alors, permettait une implication totale des élèves en groupe pour résoudre des problèmes.

Pendant les pauses, Yassine et une autre petite fille, Asano, lui firent visiter les endroits qu'ils jugeaient les plus importants du haut de leurs 6 ans, à savoir leur coin dans la cour de récréation, sous un arbre, et la salle à manger. Calhoun proposait des repas cuisinés sur place aux élèves, et la plupart d'entre eux mangeaient donc chaud, et non des snacks emportés dans une lunchbox.

Tony vint le chercher à quinze heures et Harry ne perdit pas son sourire jusqu'à l'heure du coucher.


Ne sont-ils pas mignons à se construire une routine, ignorants complètement que l'autrice n'en a pas fini avec eux ?

A bientôt !