Disclainer: L'univers et la majorité des personnages appartiennent à Rowling, à l'exception de l'histoire et de quelques personnages.


Je remercie également tous ceux qui laissent des commentaires et qui suive cette aventure. N'hésitez pas à me laisser un message pour me dire ce que vous aimez où pas, mais également s'il y a des points que vous souhaiteriez me voir éclaircir dans la suite de l'histoire.

Bonne lecture !

PS: j'ai remarqué que lorsque le site enregistre le document certaines phrases sont parfois en partie manquante, j'ai vérifié et donc normalement il ne devrait pas y avoir de problèmes, mais n'hésitez pas à me signaler si vous en voyez.


Merci à LoupSpell pour sa relecture :)


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Amérique, le 1er janvier 1985.

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La neige ne cessait de tomber depuis le matin, recouvrant le jardin familial d'un manteau blanc. Pour ces fêtes de fin d'année, ils étaient chez Benedict. Un rire lui fit tourner la tête vers Marc qui s'occupait du petit dernier de la famille. Léo, du haut de ses dix-huit mois les menait à la baguette, un vrai petit manipulateur en herbe. Il se demanda s'il allait faire une demande à Magia pour son anniversaire ou pas. Enfin, il avait le temps, l'heure de son anniversaire n'était pas pour tout de suite, il sourit en reconnaissant les hiboux qui arrivaient, avant d'ouvrir la fenêtre avec précipitation. Vincent qui était encore à table se dépêcha de leur servir à boire et à manger avant qu'ils ne l'agressent, les pauvres avaient traversé les deux-tiers des États-Unis en pleine tempête.

- Franchement, ils auraient pû avoir pitié de ces pauvres bêtes, marmonna Marc.

Jazz préféra faire mine de ne pas avoir entendu et aller commencer à ouvrir les paquets lorsqu'ils lui échappèrent des mains. Il se tourna alors vers le responsable.

- Antonn ! s'il te plaît ?

- Non, tu connais la tradition, tu dois attendre l'heure. En attendant, tu es convoqué chez les aînés.

- Quoi ? Mais j'ai rien fait !

- Je n'en sais pas plus que toi, lui répondit Antonn en haussant les épaules, ils sont tous dans le bureau de Benedict. Ah oui, fais attention, ta mère a l'air d'être particulièrement remontée.

Jazz poussa un soupir avant de prendre la direction du bureau de Benedict. Lorsqu'il arriva dans le bureau, la tension qui y régnait était palpable. La solennité de la majorité des membres de sa famille l'étonna. Il se demanda ce qu'il avait fait pour qu'ils soient ainsi face à lui, mais il avait beau se creuser la tête, il ne voyait pas du tout ce qui pourrait avoir provoqué une telle réaction.

Ce fut son homonyme qui prit la parole. Parfois, Jazz se demandait vraiment ce qui était passé par la tête de ses parents pour le nommer d'après lui.

- Jazz, tu as quinze ans aujourd'hui. Et dans la famille c'est le jour où nous parlons orientation. Nous aurons besoin de toi à un poste particulier en Angleterre. Nous nous sommes rendu compte qu'il était trop risqué que Julio, Alice et Arthur reprennent leur poste au bureau des aurors, leur façon de se battre étant trop significative, et même si le rituel les protège d'être reconnus, on préfère ne pas prendre de risque. Ce sera donc à toi que reviendra la responsabilité d'infiltrer le bureau des aurors lors de notre retour en Angleterre.

En entendant cela, Jazz sentit comme une chape de plomb tomber dans son estomac. Son souffle se bloqua. Il n'arrivait pas à y croire. Bien sûr qu'il connaissait l'importance de la mission qui lui était confiée, mais, devenir auror était à l'opposé de ce qu'il voulait être plus tard. Lui ce qu'il voulait c'était trouver de nouveaux remèdes pour des maladies encore incurables, mais aussi réussir à combiner la médecine moldue, qui a fait énormément de progrès, avec la médicomagie. Il lui fallait pour cela effectuer un double cursus, un dans le monde moldu et un autre sorcier. Il se savait capable de suivre les deux cursus, mais trois ? non, c'était impossible. Il essaya alors de s'exprimer, mais il ne parvint pas à faire une phrase correcte à sa grande honte.

- Mais… pourquoi.. moi… Vincent peut…pourquoi…

- Jazz, respire ! ordonna sa mère.

Du coin de l'œil il pouvait voir son oncle Jules près à intervenir s'il faisait une crise de magie. Sa famille avait toujours eu peur de ses crises qui se révélaient parfois difficilement contrôlables. Une fois, il avait fait passer un de ses cousins par la fenêtre. Heureusement que son père avait réagi à temps et se trouvait à côté de la dite fenêtre pour le rattraper. En réalité, seul Marc parvenait à calmer ses crises. Il reporta alors son attention sur l'oncle Jasper, il savait qu'il avait parfaitement compris les questions qu'il voulait poser, il le voyait dans son regard.

- Tu as la puissance et les capacités pour faire un excellent auror. Une puissance que nous n'avons pas vu depuis longtemps. Marc possède également cette puissance et nous supposons Léo également, mais ils seront trop jeunes pour ce rôle. Et pour ce qui est de Vincent, tu sais pertinemment bien que sa magie s'exprime à son maximum à travers son art. Et puis il serait dommage de gâcher de telles capacités.

Jazz regarda les adultes présents les uns après les autres. Il pouvait voir dans les regards de Benedict et Hedwin de la compassion. Dans celui d'Antonn s'ajoutait de la surprise. Mais aucun des trois n'oserait aller à l'encontre d'un Second Prince de Magia. Lorsqu'il rencontra le regard de ses parents et de ses oncles et tantes, il n'y lu aucune surprise ni aucune compassion. Comme s'il était normal qu'il fasse cela pour le bien de la famille, pour le bien du monde magique. Si c'est ce qu'il devait faire, il le ferait, il n'avait pas le choix. Qui était-il pour sacrifier le monde magique à son rêve. La croix qu'il tira sur son rêve fut douloureuse, les larmes commencèrent à s'accumuler, c'est pourquoi il ne baissa la tête avant de répondre d'une voix enrouée.

- D'accord.

Un simple mot, c'est tout ce qu'il réussit à articuler, il savait que s'il essayait d'en dire plus il ne parviendrait plus à retenir ses larmes, et il ne voulait surtout pas paraître faible devant eux. Sans attendre un mot de plus ou une parole supplémentaire, la tête baissée et les épaules recourbés, il sortit de la salle. Une impression d'étouffement le prit alors. Il sentit sa magie commencer à palpiter autour de lui. Il sentit Magia vouloir le consoler. Mais il n'en avait que faire d'elle. Après tout c'est parce qu'elle ne les avait pas protéger qu'ils en étaient là. Elle était responsable et il ne voulait plus l'écouter. Il voulait juste qu'elle le laisse en paix. Il lui cria intérieurement de partir et de ne plus jamais venir l'importuner. Lorsqu'il entendit la poignée de la porte du bureau de son cousin pivoter, il se précipita alors dans la première pièce. Le hasard voulut que cela soit la pièce de transport. Pris d'une impulsion, il attrapa alors une poignée de poudre de cheminette et prononça l'adresse de la maison de son ami Mickaël. Au moment où il prononça l'adresse, il jeta un dernier regard face à lui avant d'être emporté par les flammes, il eut juste le temps de voir les regards inquiets que lui jetèrent sa mère et l'épouse de Benedict, Eleanore. Il ferma alors les yeux, laissant enfin les larmes couler en même temps qu'il était emporté par les flammes à travers les méandres du réseau de cheminette.

Lorsqu'il sentit le tourbillon cesser, il ouvrit les yeux et se retrouva face à la mère de son ami.

- Jazz, mais enfin que se passe-t-il?

- Je…, est-ce que…,

- Il est arrivé quelque chose à ta famille ?

En entendant cette question, Jazz se reprit, il devait protéger sa famille.

- Je.. non, enfin c'est compliqué. Est-ce que Mickaël est là ? J'ai besoin de lui parler.

- Oui bien sûr, il est dans sa chambre. Tu sauras retrouver ton chemin ? demanda la mère de Mickaël avec un regard où se mêlait inquiétude et curiosité.

Jazz la remercia d'un hochement de tête avant de se précipiter vers la chambre de Mickaël. Ce dernier était assis à son bureau en train d'écrire une lettre et ne leva pas la tête lorsque Jazz entra dans la pièce. Tout concentré qu'il était sur son écrit, il n'entendit pas son ami entrer, et ne le remarqua que lorsque Jazz vint se poster à ses côtés, ce qui ne manqua pas de le faire sursauter.

- Jazz ! Par merlin ne me fait plus aussi peur ! Mais que fais-tu ici ? Tu ne devais pas être avec ta famille pour ton anniversaire ? Ah oui, et joyeux anniversaire au fait.

- Merci, même si pour l'instant je ne vois pas ce que la journée à de joyeuse, soupira Jazz en s'installant sur le lit de son ami.

C'est à ce moment-là que Mickaël se rendit compte de l'état dans lequel se trouvait son ami. Il était surprenant de voir une telle tristesse sur ce visage qui, habituellement était joyeux et souriant. Là, son regard était éteint, comme si plus rien n'avait d'importance.

- Qu'est ce qui t'arrive ? demanda Mickaël doucement.

- Tu sais que nous allons bientôt devoir choisir nos options pour la suite de nos études ?

- Oui, bien sûr…, comment l'oublier, répondit Mickaël d'un ton légèrement mordant, mes parents ne cessent de m'en parler depuis le début des vacances pour que je me dépêche de choisir.

- Et bien pour moi, le choix va être vite fait, soupira Jazz.

- Oui, bien sûr, cela fait des années que tu sais que tu veux faire chercheur en médicomagie en essayant de combiner méthode magique et moldue.

Mickael avait dit cela avec une telle évidence que cela fit du mal à Jazz de savoir qu'il le connaissait plus que sa propre famille. Cette constatation rendit la réponse quelque peu aigrie.

- Oui, enfin ça c'est mon choix, mais pas celui des aînés de ma famille. J'ai le devoir familial de devenir auror.

- QUOI?!

La surprise fit se lever Mickaël d'un bon de sa chaise, il allait recommencer à parler lorsqu'ils entendirent frapper. Mickaël alla ouvrir et se retrouva face à sa mère.

- Je vous ai préparé du chocolat chaud et des biscuits, même si cela ne résout pas les problèmes, cela fait toujours du bien au moral un peu de douceur.

Les deux jeunes la remercièrent avant de prendre le plateau et de refermer la porte.

- Ta mère est la meilleure, sourit Jazz en remarquant sur le plateau son gâteau préféré.

- Ca c'est bien vrai ! Bon alors c'est quoi cette histoire de devoir familial ? Enfin, de nos jours, ce n'est plus notre famille qui choisit. Enfin, sauf dans certaines familles très traditionnelles, et encore, regarde ma famille, famille ancienne et autre, mais nous choisissons tous le métier qui nous plaît. Seules les vieilles familles de l'aristocratie doivent faire ça, et encore…

- Disons, qu'il n'y a pas plus aristocrates que ma famille, grommela Jazz.

- Ta famille fait partie de l'aristocratie ? s'étonna Mickaël.

Jazz pesta contre lui-même face à ce lapsus qu'il avait laissé échapper. Il ferma les yeux et finalement décida qu'il en avait assez de cacher tout à Mickaël.

- Mick, est-ce que tu pourrais me faire un serment sur ta magie de ne rien révéler sur ce que je viens de te dire, ce que je vais te révéler aujourd'hui et de ne pouvoir en parler que lorsqu'un membre de ma famille t'y autorisera ?

Mickaël fut plus que surpris par cette demande étrange venant de son ami. Mais il savait aussi que si Jazz demandait cela c'était pour une bonne raison, même s'il ne savait pas laquelle. Après une seconde de réflexion, il alla chercher sa baguette pour prononcer le serment requis pour que Jazz puisse se confier.

Une fois le serment réalisé, Jazz se demanda une minute comment annoncer tout ce qui était caché par sa famille à Mickaël. C'est en regardant son poignet, ou plus précisément ses bracelets qu'il trouva le point de départ de sa révélation. Lentement, sous le regard curieux de Mickaël, il défit ses bracelets. Lorsqu'il révéla son poignet nu à Mickaël, ce dernier eut l'impression de rêver. Il se leva d'un bond et se mit à faire les cents pas tout en marmonnant une succession de fait qu'il pensait exact.

- Ce n'est pas possible, tous morts il y a longtemps. Mais enfin c'est impossible, il n'y a plus que le Premier Prince Harry. C'est …

Mickaël fit une pause et regarda son ami dans les yeux. Face au sérieux qui s'y trouvait, il comprit alors tout ce qui impliqué un tel secret, mais surtout que si jamais il le trahissait, c'était également Magia qu'il trahissait. Il hocha simplement la tête avant de s'asseoir face à son ami prêt à le harceler de questions. Cependant, il n'eut pas besoin de le questionner, Jazz se doutant des questions, se lança dans un court récit expliquant sa survie et celle d'une grande partie de sa famille.

Jazz resta chez Mickaël plusieurs heures ce jour-là, il se sentit soulagé, mais ne se douta pas un seul instant que quelques années plus tard il regrettera son choix. Lorsqu'il rentra chez son cousin, l'heure de son anniversaire était passée depuis longtemps, il fit face aux regards désapprobateurs des anciens et inquiets de sa mère sans un mot. Il monta directement dans la chambre qu'il occupé sans même passer ouvrir ses cadeaux d'anniversaire, il aurait tout le temps pour cela plus tard. Dès qu'il eut touché l'oreiller, il s'endormit, fatigué plus moralement que physiquement par cette journée. Il ne vit donc pas ses cousins entrer et déposer tous ses présents au pied de son lit. Il ne vit pas non plus sa mère venir lui caresser le front et remonter sa couverture, et il n'entendit pas ce qui fut sans doute l'une des plus virulentes disputes entre ses parents.