Avant dernier chapitre ! On y est presque. Je resens un peu d'excitation de savoir que mon hisoire est finie (bien que je l'ai écrite il ya presque deux ans). Je ne sais pas trop quoi penser de cette aventure sur mais en tout cas c'est étrange, j'ai toujours eu une certaine appréhension avant de publier un chapitre

Chapitre 23 Rendez-vous

William White

Quarante-cinq pour cent de chance de guérir, hein ? Eh bien il faut croire que la chance était avec lui. D'après les spécialises, il avait mis près de trois mois entiers à guérir complètement de son état. Très honnêtement, il n'avait presque aucun souvenir de ces trois mois. La dernière chose dont il se souvenait est d'avoir essayé de retenir Zacharias qui a ensuite fait ce qu'il a fait au garçon.

On lui a demandé s'il voulait se faire oublietté. Il avait refusé. Oh ! Bien sûr qu'une partie de lui voulait oublier tout ça, surtout celle qui lui donnait des cauchemars. Mais non, il ne voulait pas oublier. Qu'il le veuille ou non, ça faisait partie de lui maintenant.

Ce qu'il l'a attristé le plus, c'est surtout que son père ait dû supporter ça. Il y avait un gros risque qu'il se remette à boire énormément et dans de telles conditions, William ne lui en aurait pas voulu. Heureusement, il réussit à tenir ce qui rendait le fils encore plus fier du père. Ethan avait fait de son mieux pour encaisser le choc mais il voyait bien que cet évènement l'avait marqué.

Il avait aussi manqué quelques évènements comme les examens de fin d'année ou l'article mémorable encensant Nathan. Il ne pouvait qu'être content pour lui, il le méritait bien. La tentative de suicide d'Alice avait aussi choqué. Il savait qu'elle allait mal mais pas à ce point. Sinon le garçon l'aurait certainement aidé. Mais aujourd'hui, la jeune fille recevait apparemment des soins appropriés, la conscience de Will n'en sera que plus légère.

Les cours particuliers avec Mr. Grayson avaient repris. Il lui a fallu beaucoup de temps pour se remettre à niveau mais son professeur était bien déterminé à accélérer la cadence. Will était prêt, voulant absolument éviter une seconde fois d'être impuissant, il mettait toute son énergie dans son apprentissage et même pendant son temps libre, il ne faisait qu'étudier pour mieux se préparer aux prochains sorts.

Aujourd'hui, William était sur un bateau en direction de la Tour de Grès, la prison la plus sécurisée d'Europe. A l'intérieur se trouvaient plusieurs criminels de renom dont le père de Nathan. Mais aussi ce cher Zacharias qui avait demandé ce rendez-vous. Il ne savait pas vraiment pourquoi, mais cette situation l'arrangeait. Il savait que lui faire face serait une étape clé pour avancer. Et puis il avait quand même quelques questions à lui poser.

Ça faisait déjà une demi-journée que le bateau se dirigeait vers sa destination. Heureusement que Will n'avait pas le mal de mer parce que le bateau tanguait énormément à cause des vagues. Et il pleuvait. Beaucoup. Il n'y avait pas d'autre choix pour accéder à la prison puisqu'aucun transplanage n'était autorisé à moins de 10 kilomètres et les cheminées avaient été ensorcelées pour empêcher l'utilisation de la poudre de cheminette. Visiblement les concepteurs de la prison se sont assurés que même si les prisonniers sortaient de leur cellule, il leur soit presque impossible de rejoindre les côtes.

William ne voyait vraiment pas ce que pourrait lui vouloir Zacharias. Il y avait réfléchi pendant des heures et quelques idée ne lui vinrent à l'esprit.

Ce qui est sûr, c'est que la tour de grès portait très bien son nom. Elle était en grès. Mais elle mesurait près d'une centaine de mètres. L'édifice était absolument gigantesque et écrasait le pauvre garçon qu'était Will. Il devait y avoir au moins plusieurs centaines de personne là-dedans. Ça n'étonnerait pas le jeune homme que le chiffre dépasse le millier.

Lorsqu'il entra dans la tour de grès, William s'aperçut que les visites n'étaient pas vraiment la spécialité du lieu. L'endroit était certes très propre et sans moisissure, sans doute pour éviter de fragiliser la structure, mais le lieu était froid et inhospitalier. Après, ce n'était guère étonnant. C'est une prison, personne ne viendra pour y passer ses vacances.

L'homme qui l'accueillit était un homme petit, le crâne rasé avec un long bouc au menton. Dès que William croisa son regard il savait quel genre d'homme il était avec son regard espiègle et son sourire sardonique. Ce gars-là adorait son travail. Trop, peut-être. Gérer un tel endroit devait donner de sacrées pressions et l'homme en face de lui semblait en avoir beaucoup trop pour sa santé mentale.

-Bienvenue monsieur, essaya de dire gentiment la personne en question. C'est un plaisir de vous voir ici. On reçoit tellement peu de visiteur. Je me nomme Virandur Marskavisky, humble gérant de ce lieu.

-Un nom complexe, commenta William qui sentait que son interlocuteur n'avait pas envie d'être là.

-Je préfère dire que je suis un homme complexe destiné à une tâche qui l'est d'autant plus.

-Si vous voulez. Ecoutez. Je ne suis pas venu pour qu'on me fasse une visite du lieu mais seulement qu'on me permette de m'entretenir avec Zacharias. Je pense que nous sommes tous les deux d'accord pour dire que nous n'avons pas de temps à perdre.

-Vous êtes un jeune homme direct. Ça me plait. Suivez-moi.

Will suivit Virandur jusqu'à une porte menant à quelques couloirs qu'il y avait à traverser.

-Le Ministre lui-même nous a demandé de vous fournir toutes les informations que vous voudrez sur cet homme, annonça Virandur. Nous avons préparé tous les dossiers nécessaires si vous souhaitez les consulter. Mais une petite question, quel est le lien entre vous pour que vous ayez accès à des informations si secrètes ?

Le jeune sorcier mit quelques secondes à répondre. Il avait encore du mal à aborder le sujet :

-Il m'a torturé jusqu'à me rendre fou.

-Oh ! fit le gérant de la prison. Intéressant... Et dites-moi, quelle sensation cela vous donne, le sortilège Endoloris ?

-Pourquoi cette question ?

-Pour rien... Je suis juste curieux monseigneur.

Will savait que c'était un mensonge. Virandur serait plutôt du genre à utiliser ce sortilège contre ses prisonniers et leur demander un compte rendu sur ce qu'ils avaient ressentis en recevant le sort. Il gardait certainement ces descriptions dans une précieuse petite boîte.

-Nous y voilà, annonça Virandur. Nous avons déplacé le prisonnier spécialement pour vous.

-Trop aimable, répondit William.

L'homme l'accompagnant n'avait pas menti. Tout un tas de dossier étaient posés négligemment sur une table. Le garçon ouvrit un dossier et commença à poser des questions :

-Comment s'appelle-t-il réellement ?

-Augustus Soul Monsieur, répondit Virandur.

-Vous pouvez arrêter les monsieur et monseigneur ? Je n'ai que onze ans je vous rappelle. Il avait commis des crimes avant ?

-Pas vraiment. Il a été accusé d'avoir torturé plusieurs personnes jusqu'à la folie. Il a été emprisonné pendant quinze ans à Azkaban. Mais il se trouve que ce n'était pas lui qui avait commis tous ces crimes.

-Qui dans ce cas ?

-Son frère jumeau. Il s'est suicidé lorsque l'on a découvert qu'il était responsable de ces crimes.

-Vous avez donc envoyé un innocent en prison.

-L'époque était différente. On venait tout juste de sortir d'un conflit avec vous-savez-qui. Le Ministère voulait montrer que la paix régnait et a donc accélérer toutes les décisions judiciaires concernant des mages noires pour en finir avec tout ça.

Même William avait entendu parler de Voldemort.

-Et qu'est-ce qui a poussé Augustus dans la même passion que son frère ?

-C'est assez compliqué à expliquer...

-Je suis sûr que je vais arriver à comprendre.

-Très bien. Il se trouve que les conditions à Azkaban étaient très différentes à l'époque.

A son ton de voix, on aurait dit que c'était le bon vieux temps.

-Il y avait ce que l'on appelle des détraqueurs, expliqua Virandur. Des sortes de créatures magiques gardiennes d'Azkaban. Leur présence refroidit énormément tout ce qui se trouve autour d'eux. Ils ont aussi la capacité d'absorber tes bons souvenirs, de sorte qu'il ne reste que les mauvais lorsqu'un détraqueur finit le travail.

-Charmantes créatures. Continuez.

-Certains prisonniers résistent très mal à ces créatures magiques qui ont de graves conséquences sur la psychologie. Certains finissent fous. D'autres se suicident de désespoir. Mais certains rares prisonniers se créent quelque chose que l'on appelle un Miroir Fantôme. C'est une seconde personnalité apparaissant dans l'esprit de la personne pour protéger sa vraie personnalité.

-Et l'esprit d'Augustus a calqué cette personnalité sur celle de son frère jumeau qui était le véritable criminel.

-C'est exact. Le problème, c'est que la personne n'a pas d'emprise sur la deuxième personnalité. Il existe bien des médicaments mais ils ne sont pas à cent pour cent efficaces.

Ce qu'il venait d'apprendre changea tout en plus de faire sens avec ce qu'il avait appris. Mr. Grayson lui avait dit que Zacharias, enfin Augustus, pleurait à chaudes larmes lorsqu'il l'avait retrouvé, le corps gisant de Will à côté de lui. Il n'arrêtait de dire qu'il était désolé, que ce n'était pas quelque chose qu'il avait voulu. Il essaya même de donner des conseils pour soigner sa victime et demandait de ses nouvelles souvent. Finalement c'est peut-être pour ça ce rendez-vous. C'était pour vérifier si William allait bien.

Maintenant, il fallait prendre une décision. Parce que ce qu'avait subi Will n'était au fond pas volontaire. Augustus est en fait victime de sa situation, qui a pour origine le trop grand zèle du Ministère. Apparemment, il s'était même rendu sans résister. La conscience de William lui disait de pardonner cette personne qui n'avait au fond rien cherché et qu'un tas d'évènements lui sont tombés dessus sans prévenir. Et aujourd'hui il essayait de se dépatouiller avec comme il pouvait.

Ceci dit, une autre question demeurait :

-A-t-il dit quoi que ce soit sur la raison de ces enlèvements ?

-Non. Il n'a presque dit aucun mot à part pour demander ce rendez-vous.

Voilà. C'était ça qui clochait. Pourquoi une personne qui au fond était bonne, irait kidnapper presque dix personnes ? Surtout que William s'était rappelé de quelque chose : Les deux braséros émettant des flammes dorées. Zacharias/Augustus avait dit que ces flammes avaient été conçues pour détecter si la personne qui entrait avait de mauvaises intentions. Et si c'était le cas, les flammes devenaient argentées, chose que Will avait vérifié auprès de Mr. Grayson. Or, ce n'était pas le cas lorsqu'il avait passé les flammes. Ça voulait donc dire que ses intentions étaient bonnes. Après, est- ce que le sort de flamme déterminait les intentions des gens via le prisme du créateur du sort, ou via celui de la personne visée ? Tout semblait indiqué que c'était la deuxième solution puisque Will voyait mal considérer le créateur de ce sort comme quelqu'un pensant que le kidnapping était une bonne chose. Donc Augustus pensait que ses actions étaient bonnes... Ce n'était à rien y comprendre.

Avant de perdre la tête devant toutes ces questions, il décida de enfin venir à Augustus. Peut-être certaines réponses allaient apparaître.

-La conversation n'est pas enregistrée, prévint Virandur avant que William n'entre. On a considéré que cela faisait partie de votre vie privée vu votre cas.

Lorsque William entra et la première chose qu'il vit fut Augustus. Il avait toujours la même dégaine squelettique et son visage creusé. La seule chose qui avait changé étaient ses habits qui étaient un simple uniforme de prison gris et son bras qui avait cicatrisé de ses brulures, même si les cicatrices restent horribles à voir. Will dut faire un effort pour ne pas laisser la peur prendre contrôle de lui. Son esprit semblait soudain se rappeler les horreurs subies et souhaitait partir très loin d'ici et ne plus revoir cet homme. Il sentait déjà son corps trembler, ses muscles se tendre…

-J'ai bien cru que tu ne viendrais pas, avoua le prisonnier avec une pointe de tristesse.

Le jeune garçon voulut répondre mais aucun son ne sortit. Il eut même du mal à tenir debout tant maintenant son corps tremblait. Voyant bien que William avait du mal à supporter sa présence, le prisonnier continua :

-Honnêtement, je suis étonné de voir que ton esprit tient en me regardant. Si tu veux, tu peux part…

-Non, intervint William avec la plus grande difficulté du monde. Je reste.

Même s'il ne le voulait pas, il fallait qu'il lui parle. Ne serait-ce que pour prouver à cet homme qu'il ne lui faisait plus peur même après tout ce qui l'avait subi. Au fond de lui, il savait que quelque part, il aurait toujours peur de lui. Mais il fallait qu'il avance.

-J'avais surtout des questions à te poser.

Les deux se tutoyaient comme s'ils étaient de vieux amis. Quelques secondes passèrent pendant lesquelles chacun se toisait. Ce fut Augustus qui parla avec une pointe d'inquiétude :

-Tu vas mieux ?

-Beaucoup mieux, répondit William. J'ai recouvré totalement mes esprits.

-Quelles étaient tes chances ? Quarante pour cent ?

-Quarante-cinq.

-Dans ce cas tu as du bien réagir au traitement. A propos de ça...

Le prisonnier mit de longues secondes avant de continuer. Cela pouvait paraitre ridicule qu'Augustus s'inquiète de l'état de William. Lui-même trouvait ça quelque part hypocrite mais ce sentiment disparut devant le visage sincèrement inquiet de son interlocuteur. Lui plus que personne était conscient des impacts que peut avoir une expérience aussi traumatisante. Il avait vécu pendant des années à Azkaban dans des conditions inhumaines avec des détraqueurs massacrant son esprit jour après jour. Avec le recul, William et Augustus étaient les mêmes. Ils essayent tous les deux de s'en sortir avec des problèmes qu'ils ne méritaient pas .

William se surprit donc lui-même à répondre

-Je sais que ce n'est pas de ta faute… J'ai appris ton histoire.

Augustus mit quelques temps à réagir. Il ne semblait pas y croire. Tant et si bien que sa voix tremblait :

-Je … Je ne sais pas quoi te dire. Tu ne sais pas à quel point ce que tu me dis peut me faire du bien.

Quelque part, William savait. Augustus avait pendant presque la moitié de sa vie été accusé à tort et, en voyant quel traitement recevait Nathan qui n'était que le fils d'un mage noir, a très certainement été rejeté injustement. Pour la première fois depuis longtemps, quelqu'un voyait enfin que ce n'était qu'une personne que des circonstances malheureuses ont amenées jusqu'ici.

Le prisonnier souffla bruyamment :

- Je n'ai presque pas dormi jusqu'à ce qu'on m'annonce que ton état était meilleur. Tu as dit avoir des questions pour moi... Comprends ceci : Je ne peux pas en répondre à beaucoup.

-Parce qu'on te l'a demandé ? questionna Will

-Non. Parce que je le souhaite. Avant toi, la personne qui m'a chargé de cette mission a été la seule à m'accepter. Elle a bataillé pour qu'on me libère et a réussi à me redonner un but. Cette personne m'a parlé de son projet et ne m'a en rien obligé. J'ai fait ceci de mon plein gré. Mais après ce que je t'ai fait, je peux répondre à une de tes questions. Mais avant, j'aimerais que tu répondes à une des miennes si tu veux bien. C'est d'ailleurs l'une des raisons de ce rendez-vous. Comment as-tu fait pour savoir que c'était moi le kidnappeur ?

Et voilà, c'était parti. Le moment de l'explication.

-Selon moi, tu as fait deux grosses erreurs, commença le fils White. La première c'est d'avoir enseigné un ou deux sorts à Mavra...

-Donc tu la connaissais..., l'interrompit Augustus. Comment va-t-elle ?

-Bien. Son école semble mieux se passer que ce qu'elle aurait cru.

-Tant mieux. Désolé de t'avoir interrompue. Continue.

-Je disais donc que le fait d'avoir appris des sorts à Mavra me faisait dire que tu n'étais peut-être pas ce que tu prétendais être, à savoir un non-magique. Je t'ai suspecté dès cet instant. Ensuite est venu la course-poursuite. C'est là où tu as fait le plus d'erreurs selon moi. Tout d'abord tu as pris deux potions ce qui m'a servi pour plus tard. Ensuite, la zone ou tu es entré était couverte de gadoue, ce qui fait que tes chaussures ont été forcément salies. Et miracle, lorsque je t'ai parlé peu de temps après tu avais des chaussures neuves et tu avais visiblement l'air d'avoir mal au ventre. Or, le professeur de potion nous as bien dit de ne jamais prendre deux potions à la suite, notre estomac risquerait de ne pas facilement s'en remettre. Voilà.

Augustus avait tout écouté calmement puis à la fin de son discours, il applaudissait doucement :

-Félicitations, je reconnais avoir fait quelques erreurs et tu en as bien profité. Bravo à toi. Il est temps pour moi de répondre à ta question…

-Quel était l'objectif de ces enlèvements ? Ce n'est pas une rançon, on a reçu aucune lettre de demande.

-Rendre le monde des sorciers meilleur. Ca peut paraître dingue. Je sais, mais saches que j'aurais fini par vous dire ou étaient les personnes kidnappées de toute façon.

Sur le coup, le sans-limite pensait qu'Augustus se moquait de lui. Mais non. Son visage était emprunt d'un sérieux palpable. Et quelque part, rien ne poussait à croire que l'objectif était de faire du mal aux gens. Ce qui s'était passé avec William était un accident mais si on ne prenait que les enlèvements, en soi, personne n'a été blessé et d'après Nathan, les personnes kidnappées avaient vécu dans de bonnes conditions. Et si Augustus disait la vérité et aurait prévu de les libérer. Il aurait au final blessé personne physiquement parlant et à peine mentalement puisque les personnes kidnappées ne semblent pas être traumatisées d'après Mr. Grayson.

-Ta réponse est très floue, commenta finalement Will. Quel était l'objectif derrière ces enlèvements ?

Le prisonnier leva les bras de désinvolture :

-Et pourquoi n'essayerait-tu pas ? Tu es un garçon intelligent. Tu sauras trouver.

Encore une fois William y avait réfléchi, il avait effectivement une réponse mais elle était trop folle pour la prendre au sérieux mais en voyant le visage d'Augustus, il se disait que ce n'était peut-être pas si dingue :

-Des résultats en grande baisse à Poudlard..., réfléchit tout haut le jeune homme. Une attaque d'un Maledictus ayant perdu le contrôle de soi à Ilvermorny. Un accident de Quidditch à Mahoutokoro et enfin des enlèvements à Beauxbâtons. Les évènements sont tellement espacés dans le temps et différents que personne ne pourrait penser qu'il y ait un lien. Quatre évènements dans quatre écoles différentes, tous ayant eu comme conséquence de faire perdre la confiance que les civils portaient à l'éducation magique. C'est trop gros pour être vrai, mais je pense que l'objectif était de déstabiliser l'éducation magique internationale.

-J'en suis arrivé aux mêmes conclusions, avoua Augustus.

Alors c'était ça... Si c'était vraiment le cas, ça voulait dire que la personne ayant organisé tout ça avait des infiltrés pendant plusieurs années dans pleins d'écoles différentes. Toutes ayant des moyens de sécurité compliqués à franchir. Ce plan avait dû coûter beaucoup de temps, et d'argent. Surtout, la personne qui avait prévu ça disposait de moyens colossaux en termes de tout : Logistique, argent, pouvoir, relations... Et le pire c'est qu'il était terriblement patient, rien que ce plan lui avait pris plusieurs années. Et c'était clair qu'il n'allait pas s'arrêter là. Quel est l'objectif de cette personne ? Aucun moyen de le savoir puisque la seule personne capturée qui aurait pu nous donner des infos ne le sait surement pas lui-même.

Lorsqu'il eut fini de réfléchir, soudain, son bras se tendit et ses muscles devinrent contractés au maximum, tant bien que la douleur fût atroce. Celle-ci dura quelques secondes, assez pour faire pousser quelques gémissements de douleur à William. Ca lui arrivait souvent ces-temps-cis.

-C'est un contrecoup du sort Endoloris, expliqua Augustus. Tu auras ça pendant quelques mois. Et là encore c'était gentil, ça n'a duré que quelques secondes, ça peut durer parfois une heure. Tu risques de ne pas beaucoup profiter de tes vacances.

-Merci pour le cadeau, ironisa William.

-Derien, surenchérit son interlocuteur dont le visage était tout de même marqué par l'inquiétude.

-Moi aussi j'ai un cadeau pour toi.

-C'est vrai ?

-Bien sûr.

William sortit une bouteille de Morpho-vin goût cola qu'Amélie avait préparé, il la lança au prisonnier qui l'attrapa d'un geste vif :

-Qu'est-ce que c'est ?

-Du Morpho-vin. Goût Cola.

-*rires* Merci.

-Il n'y a pas de quoi.

William avait eu les réponses qu'il voulait mais partait de la salle avec quelques questions. Mais juste avant de sortir, Augustus vociféra en se tenant contre les barreaux de sa prison d'un ton assuré :

-Je sais ce que tu penses ! l'interrompit Augustus avec une énergie inhabituelle. Mais crois-moi ! Tu

n'es pas prêt pour ce qui arrive. Personne ne l'est !

-Les Aurors réussiront à te faire dire la vérité.

-Mais pour qui crois-tu que je travaille ? Je sortirais d'ici en quelques jours. Il ne laisse jamais tomber ses fidèles ! Toi et lui avez beaucoup de choses en commun. Je suis sûr qu'un jour, tu ouvriras les yeux comme je l'ai fait.

En sortant de la cellule, Virandur l'attendait mais Will prit la direction de la sortie sans même faire attention à lui. Vu le visage mécontent du gérant de la prison, il n'avait rien vu de toute la scène. Tant mieux, il pourra garder ce qu'il a appris pour lui et lui seul. Même si pour être honnête, la seule chose que souhaitait Will était de sortir de cette maudite prison.

-Le Ministère des affaires juridique magique aimerait savoir si vous voulez attenter un procès contre Augustus Soul ? demanda Virandur.

-Vous connaissez déjà la réponse. C'est non.

En rentrant sur la terre ferme de Bretagne pour retourner chez lui, William aperçut un homme qui l'interpella. Celui-ci avait une frange noire parfaitement coiffée avec une moustache taillée au millimètre près. Il portait un costume anglais anthracite avec un petit collet blanc. On aurait que l'homme venait du XVIIème siècle.

-Bonjour Mr. White.

-Bonjour. Que me voulez-vous ?

-Je suis seulement venu porter un message de la part de mon maître. Will n'aimait pas ou allait cette conversation.

-Et qui est votre maitre ? demanda William.

-Comprenez bien que mon rôle n'est pas de répondre à vos questions, l'informa le majordome. Mais seulement de vous envoyer un message.

-Bien, quel est-t-il ?

-Mon maître vous remercie tout d'abord de ne pas avoir demandé de procès contre son agent. Il essaye de prendre un maximum soin des personnes travaillant pour lui et cela lui facilitera la tâche quant à la libération d'Augustus.

Le jeune garçon avait peur de comprendre qui était ce fameux maître. Lui qui se demandait qui était derrière toutes ces manigances, voilà que la personne en question lui envoyait un message. Il aurait bien aimé poser des questions au majordome mais l'homme n'avait pas l'air de vouloir répondre à quoi que ce soit.

Et puis si cette personne souhaitait libérer Augustus, il aurait beaucoup de travail. Mais bon il avait bien réussi à établir un plan pour déstabiliser toute la société sorcière alors la libération d'un prisonnier devait être du gâteau.

-Votre maître avait-t-il quelque chose d'autre à me dire ? questionna William.

-Effectivement, confirma le majordome. Pour vous féliciter d'avoir trouvé le coupable de son plan à L'Académie Beauxbâtons, mon maître aimerais vous offrir quelque chose. Un cadeau de votre choix. Dans la limite du raisonnable bien entendu.

-Je n'ai besoin d'aucun cadeau.

-Je suis sûr que vous avez quelque chose en tête. Peut-être de l'argent pour arrondir vos fins de mois compliqués ou un cadeau pour votre frère Ethan.

-Je vois que vous vous êtes informé sur moi.

-Comprenez bien qu'un élève de onze ans ayant contrecarré un plan mis en place depuis quelques années et ayant coûté plusieurs milliers de Gallions a de quoi étonner.

Il a fait référence à des Gallions. Le majordome était donc anglais...

-Dans ce cas, dit Will. Des bouteilles d'une limonade sole rinfrescante. Assez pour un an si possible.

Il avait demandé ça pour la blague plus que pour autre chose. C'était une des limonades les plus chères du monde.

-Je renvoies votre demande à mon maître. Un message vous sera envoyé pour confirmation ou non de votre demande.

William mit deux jours pour rentrer chez lui. Et il vit à l'entrée près d'une centaine de bouteilles, celles qu'il avait demandé.