Iwaizumi était convaincu de deux choses :
- Oikawa Tooru était un être humain et n'appartenait, par conséquent, à personne.
- Oikawa Tooru, s'il avait dû appartenir à quelqu'un, ne lui aurait certainement pas appartenu.
En connaissance de ces deux faits, il n'avait aucune raison d'être envieux ou jaloux. Aucune. Et pourtant…
Iwaizumi fronça les sourcils et porta son verre à ses lèvres, une nouvelle fois. Ses yeux ne pouvant s'empêcher de suivre chaque mouvement d'Oikawa. C'était illogique, ça faisait mal, et pourtant, il ne parvenait pas à détourner le regard.
D'où il était, il avait une vue imprenable sur la piste de danse que semblait posséder son meilleur ami. C'était quelque chose de naturel pour lui, captiver les regards et s'accaparer tout l'espace. Il n'avait rien de particulier à faire pour ça, c'était le plus frustrant.
Il grimaça alors qu'Oikawa délaissait Hinata et attrapait Atsumu par la main pour l'attirer près de lui. Ils dansaient joyeusement. Si les deux avaient manqué de s'étriper plus d'une fois pendant leurs entrainements, ils semblaient prendre un réel plaisir à danser ensembles. Oikawa glissa un bras autour du cou d'Atsumu. Lui même enroula l'un des siens autour de ses hanches. Ils entreprirent une danse plus lente. Plus chaude. Bien malgré lui, Iwaizumi fusilla le blond du regard.
Lorsque les gars avaient proposé cette sortie, en l'honneur du renouvellement de contrat qu'ils avaient signé, Iwaizumi avait serré les dents. Parce qu'il savait ce que cela impliquait. Il avait tâché de fuir. Mais les autres ne lui avaient pas laissé le choix, et d'une certaine façon, ça lui permettait de garder un oeil sur cet idiot.
Il ne s'était, à aucun moment, fait d'illusions.
Il savait qu'Oikawa aimait danser, qu'il captivait les regards et attirait les autres. Qu'ils soient hommes ou femmes, songea-t-il en grimaçant alors qu'Oikawa éconduisait un nouvel inconnu. Lorsque la musique se termina, il le vit jeter un coup d'oeil parmi ses coéquipiers et adversaires et jeter son dévolu, au hasard, sur Romero. Qui accepta visiblement avec plaisir l'invitation.
Un peu plus grand que son ami, Romero se pencha en avant, glissa quelques mots au creux de son oreille. Oikawa eut un éclat de rire, lui adressa un large sourire et remonta sa main sur son bras. Jusqu'à atteindre sa nuque.
Atsumu choisit ce moment là pour refaire une apparition. Il se colla au dos d'Oikawa. Glissa ses mains sur ses hanches et les attrapa fermement. Oikawa eut un nouvel éclat de rire qui se coupa net lorsque Romero posa également ses mains sur ses hanches. Ils commencèrent à bouger lentement, en rythme. Tous les regards braqués sur eux. Cela ne sembla pas les déranger. Au contraire.
Oikawa, visiblement heureux, bascula la tête en arrière alors que les deux garçons lui imposaient une danse. Atsumu en profita pour glisser ses lèvres sur la chaire fraîchement exposée, tandis que les mains de Romero glissaient plus bas, toujours plus bas. Lorsqu'elles agrippèrent fermement les fesses d'Oikawa, Iwaizumi sentit son coeur se serrer. Parce qu'Oikawa semblait aimer ça. Du moins, c'est ce que disait son sourire et ses mains qui couraient librement dans les cheveux de ses deux partenaires.
Pour se donner du courage, ou pour s'empêcher de frapper les deux hommes peut-être, il descendit le restant de son verre d'une traite. Et avant que son cerveau n'ait pu traiter l'information, il se trouvait sur la piste de danse. Face au trio. Les dents serrées et les bras croisés sur sa poitrine pour cacher ses poings crispés.
Romero fut le premier à remarquer sa présence. Il eut la décence de s'écarter, légèrement, d'Oikawa.
— Iwaizumi !
Les mots firent réagir Oikawa qui se redressa et se tortilla. Atsumu ne le laissa pas s'écarter pour autant.
— Iwa-chan ?
Iwaizumi se rappela soudain qu'il était devant eux. L'esprit complètement blanc, il ne sut quoi dire. Il n'y avait pas songé un seul instant. Son regard s'attarda sur Atsumu, puis sur Romero avant de se poser, enfin, sur son meilleur ami. Il remarqua sans mal leurs joues rougies. De leur danse. Ou peut-être de l'alcool qu'ils avaient ingérés.
Le silence s'installa entre eux, durant de longues secondes.
— Oh.
Une lueur de compréhension illumina le regard de Romero. Il regarda à tour de rôle Iwaizumi et Oikawa, sidéré.
— Oh ? Répéta Oikawa.
Romero échangea un regard avec Atsumu. Lourd de sens. Atsumu y répondit par un froissement de sourcils, pas certain, mais se laissa convaincre lorsque son regard croisa celui de son coach.
Oikawa fut le seul qui ne sembla pas comprendre. Comment aurait-il pu. La pensée fit serrer les dents à Iwaizumi.
Oikawa avait essayé de le fréquenter, durant plusieurs années, à de nombreuses reprises. Mais il l'avait toujours repoussé. Gentiment, à chaque fois. Parce qu'il ne pouvait pas perdre le luxe de son amitié.
C'était évident que maintenant il ne pouvait pas penser à ça. Parce que ça n'avait aucun putain de sens et parce que ça semblait sortir de nulle part. Parce qu'après tout ce temps de déclarations à sens unique, il était impossible que cela change.
« Friend-zoné », pendant de longues années. Le regard d'Iwaizumi se fit suppliant alors qu'il décroisait les bras. Il se retrouvait là, debout, comme un idiot venant d'interrompre la danse la plus chaude de toute l'histoire du club; incapable de prononcer un mot ou d'entreprendre une quelconque action qui aurait pu séparer son meilleur ami des deux autres hommes.
Atsumu se pencha au dessus d'Oikawa et murmura quelques mots au creux de son oreille. Oikawa sembla chercher une réponse dans les yeux de Romero qui se contenta d'hocher la tête. Oikawa rigola nerveusement. Puis il tourna à nouveau son attention vers Iwaizumi, cherchant dans son regard un indice. Iwaizumi nota sans mal le trouble qui l'avait envahit.
Atsumu s'écarta d'un pas. Et Romero poussa doucement Oikawa dans la direction de leur coach. Mais il ne broncha pas. Ne bougea pas. Il se contenta de le fixer. Les secondes s'éternisèrent. La scène devint encore plus gênante, si cela était possible. Sans avoir à tourner la tête, Iwaizumi savait que leurs autres coéquipiers les fixaient. Il sentait leurs regards lourds de questions. Parce que c'était la première fois qu'Iwaizumi allait sur la piste de danse. Parce que c'était la première fois qu'il avait l'air aussi idiot. Aussi…
— Iwa-chan ? Répéta Oikawa.
Sans qu'il ne s'en aperçoive, Oikawa s'était écarté de ses deux coéquipiers, de ses deux partenaires et se tenait planté devant lui. À distance raisonnable de lui. Une main levée à quelques centimètres de son visage. Il se ravisa lorsque leurs regards se croisèrent. Donnant à Iwaizumi l'envie de s'insulter une fois de plus.
— Oikawa, souffla-t-il.
Oikawa fit un nouveau pas dans son sens. Alcoolisé, il trébucha et manqua de tomber. Et serait probablement tombé si Iwaizumi n'avait pas été quasiment sobre. Il le rattrapa par la taille et l'attira à lui d'un mouvement brusque. Il entendit Oikawa s'excuser, le sentit se redresser et tenter de s'écarter de lui. Mais il ne lui en laissa pas l'occasion. Maudissant les regards inquisiteurs sur eux, il glissa son deuxième bras autour de lui et le serra un peu plus fort contre lui. « Ne pars pas. », c'était ce que le geste signifiait. Et il espéra que son ami le comprenne. Parce qu'il avait fini de mentir, de se mentir. De prétendre que ses bras n'étaient pas la place qui revenait de droit à ce garçon stupide. Comme si, son coeur et son corps avaient pu appartenir un jour à quelqu'un d'autre.
— Iwa-chan, souffla Oikawa. Il tenta de le repousser une nouvelle fois. Avec des gestes doux. Mesurés. Iwaizumi n'y crut pas une seule seconde et ne le lâcha donc pas. Parce qu'Oikawa n'était pas du genre à le repousser. Non, il était celui qui lui courrait après depuis des années. Celui qui n'avait pas peur de lui jeter ses sentiments au visage tout en sachant qu'il se ferait, une fois de plus, jeter. Malgré ça, il restait authentique et fidèle à lui même. Alors Iwaizumi savait que s'il avait réellement voulu qu'il le lâche, les gestes n'auraient pas été ceux là. Il agrippa sa chemise et reprit : « Tu ne peux pas… Ne rien dire. »
La phrase sonna comme une supplique. Le souffle d'Oikawa lui chatouilla le cou.
Iwaizumi se mordit les lèvres. Il savait qu'il ne pouvait pas juste faire ça. Le garder contre lui de cette façon, ça voulait à la fois tout et rien dire. Ce n'était pas suffisant. Une de ses mains se détacha de son dos. Elle remonta jusqu'à l'épaule d'Oikawa et s'arrêta au niveau de son visage. Incertaine. Tremblante. Il effleura sa joue, nota qu'elle rougissait au touché. Hésita encore un instant. Oikawa l'interrogea du regard, il vit ses lèvres former un nouveau « Iwa-chan » mais aucun son ne lui parvint. Les battements de son coeur emplissaient l'espace et il était certain qu'Oikawa, d'où il était, pouvait les entendre lui aussi.
Désespéré comme il était, sa conscience lui murmura qu'il n'avait plus « rien à perdre » après la scène qu'il venait de faire. Ses lèvres effleurèrent celles de son ami, maladroites. Il fut surpris de le sentir répondre au baiser. Loin des insultes et des cris auxquels il s'était attendu. Puisqu'Oikawa était une diva puérile. Puisque ça sortait de nulle part. Qu'il n'avait jamais rien laissé supposer. N'avait jamais tendu de perche et avait continué à repousser son ami. Les bras d'Oikawa s'enroulèrent autour de son cou alors qu'il rendait le baiser plus pressé, désespéré.
Iwaizumi sentit les doigts d'Oikawa passer dans ses cheveux. Tirer ses mèches et égratigner son cuir chevelu. Le monde autour d'eux n'était plus que bruit. Il entendit vaguement leurs camarades siffler et pousser des exclamations de joie, ou de surprise, mais la langue d'Oikawa s'immisça entre ses lèvres et coupa le flot de ses pensées.
La musique du club résonnait à travers leurs corps collés. Ou bien était-ce le bruit de leurs coeurs. À ce stade, Iwaizumi n'était plus sûr de rien. Sauf d'un point : bordel, Oikawa embrassait divinement bien.
Ils étaient l'attraction principale de la piste de danse, bien qu'ils ne dansaient pas réellement. Iwaizumi était certain qu'Atsumu avait sortit son téléphone portable pour prendre une photo et l'envoyer à ceux qui ne pouvaient pas être présents. Il était également certain qu'Ushijima et Sakusa, béni soient-ils, avaient tâché de l'en empêcher.
A contre-coeur, il se détacha des lèvres d'Oikawa pour reprendre son souffle. Il ne lui laissa qu'un court moment de répit avant de fondre à nouveau sur ses lèvres. Y faisant naitre un sourire. Les mains d'Iwaizumi descendirent dans son dos et se posèrent sur ses reins. Ce fut le signal qu'il manquait à Oikawa. Il pressa son bassin contre le sien. N'ayant visiblement plus rien à faire du monde autour d'eux. Moins inconscient, Iwaizumi rompit une nouvelle fois le baiser. Il enfonça son visage contre le cou de son meilleur ami et prit une profonde inspiration pour se donner du courage. Il était allé trop loin pour faire marche arrière. Et le club n'était pas l'endroit idéal pour faire un étalage de sentiments. Encore plus quand tous leurs coéquipiers s'y trouvaient. Ses joues déjà rouges prirent une teinte cramoisie alors qu'il soufflait contre son oreille :
— Oikawa… Rentrons à la maison.
Oikawa n'hésita pas une seule seconde avant d'hocher la tête.
Iwaizumi le pressa vers la sortie du club, grogna quelques « au revoir, à demain » au passage et attrapa la main d'Oikawa. Ils ne se lâchèrent pas le court temps que dura le trajet. Iwaizumi de crainte que son courage et son audace ne s'envolent, Oikawa de crainte qu'Iwaizumi fasse demi-tour et n'ose plus jamais croiser son regard.
Arrivés à l'appartement, Iwaizumi ne le lâcha même pas pour ouvrir la porte. Parce qu'il sentait bien que l'aplomb dont avait fait preuve Oikawa dans le club s'était envolé. Puisqu'il le connaissait par coeur depuis des années, il savait qu'il avait cogité durant tout le trajet. Iwaizumi tira Oikawa dans son appartement et l'entraina jusqu'à sa chambre après avoir fermé la porte derrière eux.
Maladroitement, la folie du club s'étant dissipée, Iwaizumi passa une main derrière la nuque d'Oikawa et l'embrassa à nouveau. Comme quelques instants auparavant, Oikawa répondit au baiser. Toujours aussi désespéré. Il glapit lorsqu'il se retrouva au contact du matelas, Iwaizumi le surplombant. Ils ne se séparèrent que pour ôter leurs premières couches de vêtements. Ce n'est que lorsque les mains d'Iwaizumi se posèrent sur son torse, à même sa peau, qu'Oikawa retrouva un brin de lucidité. Il stoppa le geste. Il attrapa la main d'Iwaizumi fermement. La serrant tellement fort qu'il la blessa sûrement.
Il posa ses yeux hésitants, rougis par l'alcool, la fatigue et ses sentiments sur Iwaizumi.
— Pourquoi ? Pourquoi maintenant ? Iwa… Tu… Tu n'as jamais répondu à… sa voix chevrota, il se mordit la lèvre et reprit : « Tu n'as jamais voulu de moi comme ça. »
La douleur dans sa voix ainsi que la peur qui suintait de chacun de ses pores fit vriller le coeur d'Iwaizumi. Parce qu'Oikawa avait été prêt à n'être « que le coup d'un soir » pour l'avoir ne serait-ce qu'une fois. Et qu'au vu du regard qu'il lui lançait actuellement, c'est ce qu'il pensait être. Iwaizumi fronça les sourcils, hésitant quand à sa réponse. Parce qu'il voulait faire comprendre à Oikawa que, non, ce n'était pas ça. Malhabile avec les mots, il réfléchit un court instant durant lequel Oikawa détourna le regard et cacha son visage à l'aide de son avant bras.
Fragile. Blessé.
Le coeur d'Iwaizumi s'alourdit. Sa main libre effleura l'avant bras de son ami. Et ses doigts s'enroulèrent autour des siens. Il le força à dégager son bras de son visage et l'immobilisa au dessus de sa tête. Son pouce caressa la paume de sa main alors qu'il cherchait à accrocher son regard larmoyant.
— Je suis un idiot, souffla Iwaizumi, il affirma la caresse dans le creux de sa paume et détourna à son tour le regard, gêné d'avance : « Ça a jamais été un problème d'absence de désir. Genre. Vraiment. Jamais. Et j'en peux plus d'me mentir. Ou d'te mentir… »
Une exclamation de surprise échappa à Oikawa qui relâcha inconsciemment sa main. Iwaizumi fit de même et reprit l'exploration qu'Oikawa avait interrompu. Quand il s'approcha de son cou, Oikawa le lui offrit. Il revit Atsumu, quelques temps auparavant explorer la même bande de chaire. Et la jalousie que ça fit naitre en son coeur était désagréable et étouffante. Iwaizumi grimaça. Il y apposa néanmoins ses lèvres. Plusieurs fois. De façon plus ou moins douce. Oikawa haleta et glissa ses doigts dans ses cheveux. L'encourageant à aller plus loin. Au bout d'un instant, il reprit la parole, la voix moins tremblante, mais toujours pas assurée.
— Alors… Pourquoi ? Pourquoi ce soir ? Qu'est ce qui a changé ?
Chaque mot fut prononcé plus faiblement que le précédent. Si bien qu'Iwaizumi releva la tête un instant, pour s'assurer qu'Oikawa n'avait pas fondu en larmes.
La tête légèrement inclinée, les yeux presque clos et les joues rougies lui ôtèrent un poids des épaules. Iwaizumi glissa une de ses jambes entre les siennes pour être plus stable et mordit avec plus d'insistance son cou. Oikawa exhala un peu plus bruyamment, faisant naitre un sentiment plus chaud au creux de son coeur et de son ventre.
— Toi, la réponse sonna dure à ses oreilles, alors il poursuivit plus doucement : « Tu n'avais jamais été comme ça devant moi… Avec d'autres gens. » Parce qu'il avait eu le sentiment de le perdre et était persuadé que s'il n'agissait pas maintenant tout serait terminé. Parce qu'il avait été persuadé qu'assister à cette danse, c'était assister à l'enterrement des sentiments qu'Oikawa lui vouait. Après des années de persévérance, il ne pouvait même pas lui en vouloir. Il embrassa la chaire qu'il venait de meurtrir et laissa une main glisser sur son torse. Descendre jusqu'à ses hanches. Iwaizumi reprit la parole, la voix plus basse : « Ça m'a rendu fou de les voir te toucher comme ça. » Aux mots, ses doigts passèrent sur son érection avant de la caresser plus franchement à travers son vêtement.
Oikawa haleta.
Il inspira un grand coup pour se redonner constance alors qu'Iwaizumi attaquait son oreille, sa main toujours pressée contre son érection.
— Attends tu étais… un sourire narquois étira ses lèvres : « Tu es jaloux ? » La phrase sonna plus comme une affirmation que comme une question.
Iwaizumi grimaça une nouvelle fois.
— Et si j'l'avais été ? Si j'l'étais ? Ça changerait quoi ? Iwaizumi ponctua sa question d'une pression contre ses testicules. Les englobants de sa main, il les pressa puis les massa. Il se délecta de voir Oikawa se cambrer.
Iwaizumi profita de se léger moment d'absence pour lui retirer son sous-vêtement. Il reprit son touché. Caressa son membre avant de prendre ses testicules en main une nouvelle fois. Oikawa se mordit les lèvres pour étouffer un gémissement. Il remua. Sa cuisse frôlant le caleçon douloureusement tendu d'Iwaizumi.
— Bon dieu Iwa ! Siffla Oikawa. L'exclamation retourna l'estomac d'Iwaizumi qui chercha le regard de son meilleur ami : « Y a aucune putain de raison. Je suis à… J'ai toujours été à toi. À la seule condition que tu veuilles de moi. Toujours. À toi. Rien qu'à toi. »
La douleur fit place à l'énervement et à l'excitation dans son regard.
Les mots. Le tons. L'agacement. C'est tout ce qu'il fallut à Iwaizumi pour qu'il perde le semblant de sang-froid qu'il avait depuis que leurs lèvres s'étaient touchées.
D'un geste rapide et assuré, il retira le vêtement qu'il lui restait. Il se positionna au dessus d'Oikawa qui enroula ses jambes autour de ses reins. Iwaizumi l'embrassa, lui mordit les lèvres, la langue, tira doucement ses cheveux alors qu'il tâchait de le préparer au mieux. Oikawa serra un peu plus ses jambes autour de sa taille. Comprenant le message, Iwaizumi le pénétra lentement. Ils ne furent plus que soupirs, gémissements et râles.
Un regard vers le visage d'Oikawa lui fit réaliser pleinement ce qu'il était en train de vivre. Son pouce caressa sa joue alors qu'il le pénétrait plus durement, lui arrachant un nouveau cris. Oikawa pressa sa joue contre les doigts d'Iwaizumi et luta pour garder les yeux ouverts. Il s'avoua vaincu lorsqu'une décharge de sensation lui grisa les reins.
Iwaizumi eut un sourire satisfait et s'attela à percuter sa prostate à chaque mouvement. Il profita qu'Oikawa soit incapable de maintenir ses yeux ouverts pour poser les siens sur lui. Pure vision de luxure. Cet homme si imprévisible, si… Dangereux, qui lui avait fait si peur était à sa merci. La plus totale.
Le regard dégoulinant de tendresse. Il ne put s'empêcher de sourire à l'homme dont il avait été très certainement amoureux toute sa vie, bien que celui-ci ne puisse le voir.
D'un geste, Iwaizumi prit les jambes d'Oikawa sur ses épaules et enfonça ses doigts dans ses cuisses. Ses mouvements se firent plus chaotiques. Leurs souffles plus erratiques.
Oikawa murmura son nom. Souffla son prénom et s'accrocha aux draps comme si sa vie en dépendait. Des larmes roulèrent sur ses joues. Son dos cambra. Ses jambes se crispèrent. Iwaizumi le savait proche. Ses doigts serrèrent un peu plus fort ses cuisses, les maltraitèrent. Il s'enfonça plus vite. Plus fort.
Le sexe avec Oikawa était bruyant. Il ne cessait de chanter son prénom. Semblait s'y tenir pour ne pas perdre totalement pied. Un coup plus fort et mieux placé le fit se libérer dans un soupire. La tension que créa son orgasme eu raison d'Iwaizumi qui se laissa tomber contre son collègue, meilleur ami et amant.
Lorsqu'Oikawa bougea, une grimace déforma ses traits. Iwaizumi s'excusa doucement et fut certain qu'il aurait du mal à bouger à l'entrainement du lendemain.
