Bonjour !

Je reviens vers vous pour vous présenter la première partie d'un two-shot SSDM bien chaud qui m'est venu en tête ;) Bien sûr, tout ce qui est à JKR lui revient. J'espère que vous apprécierez !

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Snape avait renversé Drago sur son bureau, se positionnant au-dessus de lui dans une posture dominatrice, les mains sur les avant-bras de Drago qui s'était laissé pencher en arrière et s'accoudait sur celui-ci comme il le pouvait. Son ventre se tordit et son souffle s'accéléra alors que l'homme lui donnait le meilleur baiser qu'il n'ait jamais connu de sa vie. Son professeur cachait bien son jeu...

Oui, Drago avait été complètement insolent en l'embrassant en premier. Surtout au vu de la potion qui gisait au sol, non loin du Maître des Potions... Une fiole au liquide rosé s'était répandue entre les dalles de pierre, sa couleur et sa senteur ne laissant que peu de place au doute. Le jeune Malefoy en était à l'origine.

Comme il s'était fait attraper par Rusard en train de déambuler dans les couloirs après le couvre-feu, l'étudiant avait été contraint d'effectuer une retenue chez son Directeur de Maison. Ce dernier corrigeait le tas conséquent des parchemins qu'il avait ramassés le jour même, assis à son bureau, et avait considéré Drago avec une légère expression exaspérée sur le visage, les sourcils à peine froncés, comme s'il n'était qu'une nuisance dans ses plans. Sûrement avait-il prévu de passer une soirée au calme, seul face à ses copies. Puis il lui avait demandé de transporter quelques potions de la réserve adjacente à la salle de cours jusqu'à une boîte vide de son bureau, où elles serviraient d'exemple à suivre dans les cours du lendemain. Évidemment, cette opération devait se faire sans l'aide de la magie, qui rendait les préparations instables.

Cette demande était sûrement due à la fatigue du Maître des Potions celui-ci ne laissait jamais le soin de manipuler des fioles à ses étudiants, à fortiori sans une vigilance accrue. Mais le jeune sorcier accepta de bonne grâce cette tâche. C'était toujours mieux que de récurer des chaudrons comme ces idiots de Gryffondors. Il prit toutes ses précautions pour transporter le plus délicatement possible les diverses ampoules de liquide coloré, à la main, jusqu'aux compartiments de la boîte. Il ne fallait pas en faire tomber une seule... Dieu savait ce que Snape lui réserverait, cette fois. Une grimace brève étira son visage alors qu'il se voyait jeté aux oubliettes qui jouxtaient les bas-fonds du Lac Noir pour la nuit.

Alors que Drago retournait dans la réserve pour attraper la dernière, son geste se suspendit et ses yeux s'agrandirent à la lecture de l'étiquette. Une potion aphrodisiaque... Depuis quand le professeur le plus détesté de Poudlard gardait-il un tel breuvage ? La couleur rosée, scintillant à travers le verre épais, le narguait. Un instant, il fut tenté de la voler. Cet objet était trop précieux pour être simplement gardé sur des étagères poussiéreuses, au milieu de poisons potentiels et de créatures flottantes dans le formol... Mais il savait qu'il était surveillé, quand bien même Snape raturait ses parchemins.

Une idée lui vint alors de nulle part, mais elle était tellement grotesque que le Serpentard l'oublia immédiatement. Il se retourna et s'orienta vers la salle professorale, mais ce qui devait arriver se produisit. Au moment de passer sous l'arche qui joignait les deux salles, non loin de l'estrade de la salle de potions, le professeur surgit devant lui et ils se heurtèrent de plein fouet. De surprise, Drago lâcha la fiole, qui entama sa chute devant les yeux médusés de Snape. Mais il était trop tard. Elle tomba au sol dans un tintement cristallin, le verre implosant en centaine de morceaux brillants sur les dalles. Le liquide rose s'étendit entre les pierres son essence fruitée, enivrante, se répandit dans l'atmosphère.

Son professeur lui avait alors crié de ne pas rester planté là, de s'en aller, mais il ne l'avait pas fait. Délibérément. Ce n'était pas chose courante de voir Snape perdre tout son sang-froid, surtout face à une telle potion. Avec les autres Serpentards et même avec lui... il était si froid. Si calme. Si maîtrisé. C'était pourtant le contraire qui était en train de se produire sur les traits du visage du Maître des Potions. Et... c'était bien ce qui était intéressant. Drago, lui, était d'autant plus serein quant aux implications de celle-ci... Les choses de l'amour ne lui étaient pas étrangères, à son âge.

Néanmoins... avait-il réellement envie de se lancer dans une aventure avec Snape, son professeur, vingt ans d'âge au moins au-dessus de lui...? Le bâtard des cachots ?

La réponse, crainte et exultée en même temps, le figea.

Il regardait Snape, qui le regardait à son tour, immobile, une étincelle embrasée dans les durs yeux d'onyx. Non plus de la panique, de la colère mais bel et bien autre chose. La potion faisait son effet. Et Drago se sentit soudain très excité quant à ce qui allait probablement se passer. En fait, il l'attendait.

Depuis quand ? Il ne le savait pas.

Pourquoi ? Il ne savait pas non plus.

Mais il le voulait.

Snape n'était pas beau. Il était sévère, autoritaire, bien plus grand que lui, bien plus puissant aussi. Peut-être était-ce cela. Être dominé par un autre sorcier. Il avait accepté depuis longtemps son orientation sexuelle peu commune au sein de la communauté sorcière et s'en revendiquait en semant le trouble sur son compte. Il sortait avec Pansy, se rapprochait de Zabini, côtoyait d'autres sorciers dans les clubs de Londres. Mais Snape... c'était un tout autre défi auquel il s'attaquait.

Là, c'était donc un tout autre jeu qui commençait.

Alors le plus jeune s'était avancé, et, surprenant Snape par sa rapidité, l'avait embrassé. À la suite de quoi, le sorcier en robe noire avait répondu.

[...]

Drago ne pouvait plus penser. Il avait la chaleur envahissante du corps de Snape tout contre lui, ses lèvres sur les siennes, sa langue tentatrice dans sa bouche. Ce n'était pas doux ni langoureux, comme des amoureux le feraient. C'était tendu, empli de besoin et de désirs à assouvir. Voyant que le professeur ne répondait plus de lui-même, Drago ferma à sa place à l'aide d'un sort la porte de la salle, qui se verrouilla dans un claquement sinistre.

Son Directeur de Maison continuait de l'embrasser, défaisant les boutons de sa chemise un par un. Le blond, en penchant la tête, venait de lui donner accès à la peau délicate de son cou, et Severus en profita délicieusement. Loin de rester en retrait, Drago posa les mains sur ses épaules et l'attira plus près de lui pour pouvoir lui retirer son habit, révélant une chemise noire, qu'il entreprit aussitôt de défaire en gémissant. Mais le sorcier aux cheveux noirs l'arrêta, déviant ses mains en un geste clair.

« Pas de ça ici, petit démon, » grogna-t-il, d'une voix rendue encore plus grave et électrique par le désir provoqué par la potion brisée. « Je suis le maître des lieux. C'est moi qui commande. »