Une nouvelle histoire pour la nuit du FoF sur le thème "duel". Je crois que j'ai un peu craqué sur celle là...
-Les enfants, je vous ai souvent parlé du Mac Laren's…
-Souvent ?! Répétèrent les deux jeunes. A chaque fois que tu nous raconte quelque chose, ça se passe là-bas. J'ai littéralement l'impression que vous y avez passé votre vie, continua Penny.
-Nous avons beaucoup de souvenir là-bas, continuais-je. C'était notre QG.
-T'as pas fini d'embêter tes enfants avec tes histoires de vieux radoteur, se moqua une nouvelle voix.
-Oncle Marshall ! Scandèrent Penny et Luke en sautant dans les bras de leur oncle.
-Hey, sourit-il.
-Qu'est-ce que tu fais là ? Ai-je demandé.
-Je suis venu sauvé mon neveu et ma nièce d'une nouvelle histoire barbante de leur père.
-Ils adorent mes histoires !
-Tu leur raconte vraiment tout ? Demanda mon meilleur ami.
-Oui !
-Même le soir du 17 mars 2007 ?
-Tu n'oserai pas !
-Regarde-moi, sourit Marshall avant de se tourner vers mes enfants tout ouïe.
-Non, c'est moi qui vais la raconter.
Marshall s'assoit face à moi, près de mes enfants, croise les bras et attend le début de mon récit.
-Je vais vous raconter la fois où j'ai gagné un duel.
« Pour être honnête, cette soirée là a marqué un duel comme nous n'en n'avions jamais vu.
Ce soir-là nous fêtions la St Patrick au Mac Laren's, comme toujours. Barney avait bien tenté de nous emmener faire la tournée des bars, mais le Mac Laren's nous semblait l'endroit idéal. La musique était bonne, la bière parfaite et nous étions tous assis à notre table habituelle. Je me suis rendu au bar, pour aller chercher un autre verre quand j'ai vu ce type en face de moi. Les cheveux noirs, des yeux sombres, il avait l'allure d'un type qui veut en découdre.
Même si l'alcool, que je n'avais pas bu tant que ça, me brouillait la vue, il semblait vraiment chercher les problèmes. Un duel de regard des plus intense s'engagea alors. Ce pauvre type ne savait pas que j'étais capable que rester les yeux ouverts sans cligner pendant longtemps, et il n'allait clairement pas gagner. Il en allait de mon honneur, je ne pouvais pas baisser le regard.
Bon d'accord, après 10 minutes mes yeux commençaient à me brûler mais je sentais que le type était en train de faiblir. J'étais en train de gagner. Aucun mot n'était prononcé, il n'y avait que la musique et les discussions alentour, mais personne ne semblait se rendre compte de la tension intense qui augmentait à chaque instant. J'envoyais mon regard le plus noir et le plus terrifiant, il tenta de faire la même chose mais Ted Mosby ne se laisse pas impressionner facilement. S'il pensait me faire peur, il se trompait totalement.
Je ne sais pas ce que voulait ce gars, peut-être avait-il trop bu, en tout cas je ne me suis pas laissé démonter. Je comptais lui faire voir de quoi j'étais capable.
-Alors, qu'est-ce que tu fais, résonna la voix de Marshall près de moi.
-Il y a un type qui me fixe depuis tout à l'heure, je suis en train de gagner. Ça doit faire 15 minutes qu'on se fixe et il tient bien, mais il va flancher, c'est qu'une question de temps, tu vas voir.
-Ted, combien tu as bu ce soir ?
-Quelques bières, un ou deux shots, et peut-être un whisky. Pourquoi ?
-Pour rien.
Je l'admets, j'avais peut-être un peu trop bu, mais pas suffisamment pour perdre le contrôle de moi-même. Je savais parfaitement ce que je faisais, et, c'est vrai, je n'ai pas remarqué votre oncle avec un sourire moqueur, ni qu'il était en train de me filmer. Parce que j'étais trop concentré sur mon adversaire et sur ma volonté de le faire tomber.
-Tu n'as aucune chance, grognais-je au type qui me fixait. Je ne sais pas ce que tu cherches, mais on peut aller régler ça dehors !
Je voyais ses lèvres bouger, mais la musique environnante m'empêchait d'entendre ce qu'il disait… »
-Oui, c'était la musique, se moqua Marshall me coupant.
-Quand je raconte on se tait !
« Il espérait certainement me faire peur, mais c'était peine perdu. Rien ne pouvait m'arrêter, j'étais indestructible, mon regard lui faisait perdre pied. Je voyais ses paupières devenir lourdes, il perdait le contrôle et je gagnais le duel de regard le plus épique de tous les temps ! »
-Voilà l'histoire de ce soir-là les enfants. J'ai persévéré, je ne me suis pas laisser abattre par un adversaire qui semblait plus fort que moi et j'ai gagné. Voilà la leçon…
-Tu es sûr que l'histoire s'arrête là ? Me coupa une nouvelle fois Marshall.
Avant que je ne puisse répondre, il se tourna vers mes enfants et continua.
« Lily et moi sommes rentrés plus tôt ce soir-là. Je ne voulais pas déranger votre père dans ce combat sans merci qu'il menait. Vous auriez dû voir ça, c'était terrifiant. Puis plus tard dans la nuit, Carl m'a appelé pour que je vienne chercher mon pote qui s'était endormi sur le bar. Je pensais y trouver Barney, ou Robin, mais non c'était votre père. Je suppose que son combat l'avait épuisé. Je l'ai ramassé et j'ai souri au reflet face à moi avant de quitter le bar en remerciant Carl. Et ce n'est pas le pire. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé, mais le miroir était brisé et j'ai dû rembourser Carl. De ce qu'il m'a dit, Ted aurait été insulté par son adversaire et lui aurait lancé son verre dessus avant de s'écrouler »
-Le reflet ?! Répéta Penny.
Marshall sort son téléphone et montra la vidéo qu'il a gardé toutes ces années, où on peut me voir me battre avec mon propre reflet. Je vois mes enfants rire franchement face à la vision qu'ils ont de leur père.
-je n'en reviens pas, rigole Luke. Alors c'est ça ton duel ? Un duel de regard face à ton propre reflet ?! Et que tu as perdu !
-Je n'ai pas perdu ! Dis-je. C'était 50/50.
-J'étais là mon gars, tu perdais, rigole Marshall. Enfin, voilà les enfants comment l'alcool à outrance peut vous faire faire des trucs dingue, comme un combat de regard avec vous-même et détruire un miroir à 100$ sous prétexte d'avoir été insulté par son propre reflet.
Penny et Luke se mettent à rire franchement, sous le regard amusé de leur oncle. Je leur demande d'aller mettre la table, invitant Marshall et sa famille à venir manger avec nous. Après un coup de fil à sa femme, il revient vers moi et pose sa main sur mon épaule.
-Tu me n'en veux pas trop ? Rigole-t-il doucement.
-Pas du tout. Daisy et Marvin seront avec nous ?
-Oui, acquiesce-t-il. Ils vont arriver.
-Très bien, parce que je ne crois pas qu'ils aient entendus l'histoire du jour où leur père était sans pantalon au travail.
Je vois son sourire s'effacer doucement.
-Tu ne vas pas faire ça ?
-C'est toi qui a commencé Eriksen, ai-je rigolé doucement.
A mon tour d'embarrasser un père devant ses enfants.
