Helloooo !
J'ai écris cette OS y a un petit moment déjà, sur un coup de tête. En septembre je crois (on est en janvier là, si jamais vous venez du futur et que vous voulez situer). Et je l'ai corrigé seulement maintenant, mais voilà. Je l'aime bien. Ça parle d'ado, de dépression et du temps qui passe.
J'hésitais à en faire un texte original en changeant les noms, mais bouarf, je l'ai écris en pensant à Riku et Van', pas trop envie de modifier ça finalement.
À l'époque où j'ai écris ce truc, je jouais à Nights in the Woods et je regardais My Hero Academia. Les deux oeuvres ont zéro rapport entre elles, mais si vous les connaissez, vous verrez peut-être les vagues inspirations dans cet OS (dans le titre notamment uh).
Bonne lecture !
« Il va pas te manquer, ce parapluie ?
-Nan, je l'ai volé.
-Ah. »
C'est sûr, Riku trouvait aussi que ça n'allait pas trop à Vanitas, tout ce rouge et ce bleu délavé sur la toile synthétique. À présent, les couleurs flottent dans le ciel qui redevient clair après la tempête. Oh, il pleut toujours, mais c'est une bruine légère, à présent, presque craintive, alors que les lourds nuages s'écartent et laissent apparaître des pans de lumière descendus des cieux.
Et ce petit parapluie qui s'élève tout droit, de plus en plus petit. Riku plisse les yeux pour continuer à suivre sa progression malgré le soleil qui revient. C'est beau.
Il a un peu froid.
« Il va retomber, un jour ? »
Vanitas hausse les épaules. Il a l'air de s'en foutre. Ça le concerne un peu, pourtant. Mais c'est normal, Vanitas se fiche de tout ce qui le concerne et il s'amuse des choses triviales. C'est pour ça qu'il fait tant de conneries, sûrement. Mais, bah.
« On en aurait peut-être eu besoin pour le retour.
-C'est un problème pour les nous du futur. Amène-toi. »
L'air est humide et tout sent la terre mouillée, alors qu'ils entrent dans la forêt bordant le village. À un moment, Riku se retourne pour regarder les petits immeubles et les maisons grises qui disparaissent progressivement, remplacés par le marron et le vert sombre des sous-bois. La fine pluie ne parvient plus jusqu'à eux, mais elle s'entend qui rebondit sur les plus hautes branches.
Les oiseaux piaillent tout autour. C'est le début de l'automne. Parfois, au petit matin, on en voit des nuées qui obscurcissent le ciel. Qui migrent, sûrement, vers des coins plus chauds et moins déprimants. C'est toujours aussi impressionnant. Ça donne envie de faire pareil.
Vanitas mène, son pack de bière dans la main droite. De la gauche, parfois, il s'amuse à faire léviter des bouts de bois, des feuilles, des petits insectes qui se débattent. Ça le fait rire, alors qu'il envoie une chenille en orbite.
« Pourquoi tu fais ça ?
-Parce que j'peux.
-C'est pas une raison.
-Oh, Riku, pitié. C'est bête un insecte, t'façon. »
Il déteste ça, chez Vanitas. Oh, il aime sa capacité à s'en foutre de tout, à faire fi des lois et de l'opinion d'autrui, mais ça vient avec une cruauté difficile à supporter.
Et il se demande, si l'autre se fout vraiment de tout, quand il le voit exercer le peu de supériorité qu'il peut grappiler sur des vies qu'il juge inférieures. Peut-être qu'il fait ça pour se rassurer, pour se sentir puissant, autant qu'il peut. C'est pathétique à pleurer, sans doute, mais, à un certain degré, Riku comprend. Il a les même pulsions, après tout. C'est juste qu'il sait mieux se retenir.
« Donc c'est pas grave s'il meurt, parce qu'il est bête ?
-Bah. C'est pas grave, la mort, de manière générale.
-J'sais pas hein, je trouverais ça plutôt grave si quelqu'un t'envoyait flotter jusqu'au soleil. »
Comme toujours quand il ne sait pas répondre, Vanitas fait mine que la discussion ne l'intéresse plus. Il détache un peu d'humus d'un arbre et l'envoie en lévitation, juste comme ça.
Riku se demande, quand même, combien de choses Vanitas a envoyé dans l'espace. Si les objets atterrissent réellement dans l'espace. Non, son pouvoir doit avoir une limite. Ça doit retomber à un moment. C'est super dangereux. Est-ce que quelqu'un va se prendre le parapluie volé sur le coin de la courge ? Si ça se trouve, il a déjà tué quelqu'un comme ça, sans le savoir.
Ils quittent le sentier, enjambent une butte, retombent de l'autre côté, dans un petit creux invisible depuis la route. Il y a une poubelle dévissée qui vient de la ville, ramenée là par un autre lycéen plusieurs années avant qu'eux-même ne découvrent le coin, que personne ne vide et qui déborde de cadavres de bouteilles.
Aujourd'hui, il n'y a personne d'autre, mais c'est là que les ados viennent boire en secret quand ils sèchent les cours. En groupe, souvent. Mais des fois, ils ne viennent que tous les deux. C'est plus pratique pour se rouler des pelles, et aussi pour se plaindre de l'existence.
Puis Riku préfère, quand Vanitas n'essaie pas de faire marrer les gens en faisant flotter les bouteilles. Ça a manqué de se terminer en accident quelques dizaines de fois. Il y a des jours où il arrive à le raisonner – tout dépend de qui est là pour le pousser dans ses délires. La fameuse pression du groupe, à laquelle il prétend être immunisé.
Mouais, mais Riku comprend, ça aussi. Il est un peu jaloux, quand Van arrive si facilement à se mettre les autres dans la poche, à susciter leur admiration. Comme s'il était le roi du monde. Et en fait, tant qu'il y croit, c'est vrai. Qu'est-ce qui l'en empêcherait, t'façon ? C'est peut-être lui qui a raison, de se foutre des conséquences.
« Bah alors, tu fais la gueule ? »
Vanitas est déjà assis dans la terre humide, à décapsuler une bière avec son briquet, faisant fi des tâches vertes qui orneront sûrement l'arrière de son pantalon plus tard.
« J'pensais à un truc.
-Bah, fais partager, sois pas timide. »
Et comme ça, Van lui tend l'alcool et attend qu'il s'exprime. Il est un peu plus gentil, quand ils sont seuls tous les deux. Non, pas gentil. Décent. Pas tout à fait attentionné. Juste, quelques fois, il le sert avant de se servir lui-même et il a l'air de vraiment l'écouter. Pour autant, Riku ne pense pas qu'il soit amoureux de lui. C'est juste qu'il a peur qu'il s'en aille, s'il agit trop en connard. Enfin, un truc du style. Il sait pas. Il a pas trop d'intérêt à se poser cette question.
« Hé ho ? »
Merde. Il peut juste répondre qu'il pensait à lui, bien sûr… S'il a envie d'entendre le rire de Vanitas, celui qui dévoile ses dents, bref et sec comme un craquement de bûche dans un feu de joie.
« Ça sent l'herbe.
-On est dans une forêt.
-Pas ce genre d'herbe.
-Oh, c'est ça qui te perturbe ? C'est mignon.
-Ta gueule. »
Van bouge un peu pour se caler contre lui. Il ne le sent pas, à travers les épaisses couches de vêtements, mais c'est agréable quand même, pour une raison qui lui échappe. Enfin, peu importe.
« Hé, Riku ?
-Ouais ? »
L'autre boit une grande gorgée avant de poser sa question.
« Tu te souviens, quand on a juré qu'on mourrait ailleurs que dans ce patelin pourrave ? »
Riku souffle du nez. Ses mains tremblent un peu. Ce n'est plus aussi agréable de traîner ici, maintenant que le froid s'installe, mais ils y sont plus tranquilles qu'en plein été.
« On était fin bourrés.
-Ouais bah. J'le pensais, moi. »
La formulation est bizarre. Pas aller vivre ailleurs, juste mourir ailleurs. Ça aussi, ça parle à Riku, d'une manière qui ne parlerait à personne d'autre qu'eux. Les longues journées qui s'étirent dans cette petite ville grise et humide, passe encore, mais finir ses jours ici ? Dans les mêmes rues étroites, au milieu des mêmes gens tout aussi étroits ? Regarder par la fenêtre sur son lit de mort et ne voir que ça, les vieilles maisons, les bancs publics défoncés et les feuilles oranges qui chutent dans les flaques ? Ça le remplit d'une horreur sincère.
« Moi aussi, j'crois.
-T'as promis, t'es obligé » rétorque catégoriquement Vanitas en buvant encore.
Il descend l'alcool à une vitesse. Mourir ailleurs, il sait pas, mais jeune et d'une cirrhose du foie, c'est probable. M'enfin. Qu'est-ce qu'ils ont à faire pour tuer le temps, à part se tuer à petit feu ? Surtout Van, on dirait qu'il attend que ça. Riku n'a pas envie de voir à quoi ça ressemblera, quand il aura le permis. Et en même temps, si. Il ne voudrait personne d'autre sur le siège passager que lui, quand l'autre trouffion appuiera sur l'accélérateur, pied au plancher, avec son rire qui résonne derrière eux par les fenêtres ouvertes.
« D'acc. J'sais juste pas comment on va pouvoir partir d'ici. »
Pas comme s'ils étaient promis à de brillantes études. Est-ce que le village d'à côté, ça compte comme « ailleurs » ? C'est déjà un petit dépaysement en soi.
Il y a un silence. Vanitas a même arrêté de boire. C'est qu'il hésite, et Riku n'aime pas trop ça.
« J'ai reçu une lettre de l'Académie. »
Pendant un moment complètement idiot, Riku a envie de demander « quelle académie ? » mais il sait. Celle avec une majuscule. Il n'y en a qu'une.
« Toi, bosser pour le gouvernement ? » il taquine.
Haussement d'épaules contre son torse.
« C'est l'seul moyen de se barrer d'ici. »
Riku sait, alors, qu'il l'a perdu pour de bon. La fin du lycée, ce n'est plus très loin. Et après, Vanitas va s'en aller. Ok.
Quelqu'un a repéré son pouvoir incroyable et s'est dit que ça valait le coup de l'entraîner pour en faire quelque chose. Quelque part, il se doutait que ça arriverait. Tout le monde s'en doutait. La lévitation, bien utilisé, ça peut être…. Puissant. Un peu trop, sans doute.
Machinalement, Van se penche pour toucher une pierre, qui se met à flotter de haut en bas, de gauche à droite. Il fait ça parfois, quand il est nerveux. Qu'il rumine. Riku passe une main autour de sa taille fine. Ferme les yeux.
« Bah. J'pourrais pas te suivre. »
Mais après tout, ils ont dit « mourir ailleurs ». Pas ensemble.
« J'sais. Ton pouvoir est trop pourri.
-C'est pas pourri. C'est différent.
-Pourri. Si tu pouvais cracher du feu ou un truc du style, on pourrait se barrer tous les deux. Tant pis pour toi.
-Arrête. »
Il sait, que quand Vanitas l'attaque comme ça, c'est pour se défendre. Parce qu'il se sent coupable et qu'il cache ça derrière de la colère. Il sait. Ça fait mal quand même, et Van ne devrait pas lui dire ça. C'est faux. Son pouvoir, ça fait partie de lui.
Et son pouvoir, c'est tout ce qu'il lui restera lorsque l'autre sera parti, alors…
« J'dis la vérité, c'est tout.
-Je m'en fous. C'est pas le sujet.
-Y a pas vraiment de sujet. J'me casse et voilà. »
Putain, ça va être lamentable, cette vie sans lui. Plus long, sans doute. Il ne mourra pas sur le siège passager de sa bagnole à dix-huit piges. Long, mais chiant, tellement chiant.
Il ne demande pas si Vanitas lui écrira. Il sait que non. Il ne lui en veut même pas, c'est juste… comme ça. Mais c'est pénible, parce qu'il va devoir trouver autre chose pour tenir. L'alcool, pourquoi pas. Ce sera jamais pareil. Jamais pareil que le rire détraqué de Van et ses plans absurdes pour passer le temps, que la fois où ils ont foutu le feu à une poubelle, et ses lèvres contre les siennes quand personne ne les regarde, ses commentaires sarcastiques et sa vision du monde qui fait que Riku se sent, un tout petit peu, moins seul.
Peut-être qu'il manquera à Vanitas, aussi, mais il ne l'avouera jamais. Le pauvre, il va se retrouver avec des gens qui auront des capacités au moins aussi puissantes que la sienne. Des gens arrogants comme lui, mais incapables de le comprendre. Des gens supérieurs à lui à bien des égards, si ça se trouve.
Oh, il va détester ça. Mais ça vaudra toujours mieux qu'ici, c'est sûr et certain.
Riku répond juste :
« Bah, ok.
-Ok, c'est tout ? »
Oh, l'indignation dans sa voix ! Il s'attendait à des larmes ? Hé, Riku a sa fierté aussi. Elle vaut peu de choses face à l'ego monstrueux de l'autre, alors il a tendance à l'oublier, mais tout de même. Il ravale la boule qui obstrue sa gorge.
« Qu'est-ce que tu veux que j'te dises ? C'est ta vie. »
Il le serre contre lui, rien qu'un peu, et tant pis, tant pis, tant pis si ça contredit ses paroles.
« Mais j'te promets de pas crever ici tout seul, moi non plus.
-T'as intérêt » rétorque Van.
Il fait léviter sa bouteille vide jusqu'au tas qui déborde près de la poubelle, en fait venir une autre à lui.
Ils se taisent quand des voix résonnent sur le sentier et boivent en silence en attendant que les bruits s'éloignent. Riku n'a pas mangé depuis un moment, alors la brume lui monte rapidement à la tête. Il se sent léger, malgré l'arrière-goût amer de l'abandon.
Un jour pas si lointain, ils auront passé leur bac, et d'autres gamins viendront ici pour boire. Le verre vide viendra faire un tas encore plus énorme autour de la poubelle, que personne ne pensera à vider. Et Riku va devoir trouver un job, sûrement. Il essaiera d'économiser assez pour pouvoir déménager. Ailleurs. Il sait pas où. Ailleurs, dans la grande ville peut-être. Là où il y a de la vie et plein de gens comme Vanitas qui ont pas peur de mourir. Là où il pourra se noyer tranquillement. Tout vaudra mieux qu'ici, t'façon.
Y a le soleil qui filtre à peine à travers les branches. On aura vu sa tronche que quelques heures à celui-là et il va bientôt se barrer de nouveau pour laisser place à la nuit. Si Riku se barre, lui, ce sera dans le sud. Là où il pleut un peu moins et que les nuages sont moins gris. Peut-être que c'est à cause de ça qu'il est dépressif, aussi. La grisaille.
Pendant un moment, ils se soûlent juste en ruminant sur leur vie de merde. De vagues sujets leur viennent à l'esprit, toujours les mêmes. Dire du mal des cours, du mal des profs, des élèves, des parents, des flics, des vieux dans les squares, des gamins qui jouent au ballon dans les mêmes rues qu'eux à leur âge… C'est toujours les mêmes mots qui s'échappent de leurs lèvres, toujours les mêmes complaintes et ça devient lassant, alors ils finissent par utiliser leur salive pour autre chose.
Même ça, sa langue contre la sienne, est-ce que ç'aurait fini par devenir fatiguant ? C'est vrai que ça aussi, c'est toujours la même chose, mais c'est pas pareil. C'est différent. Vanitas contre lui, ça rend l'existence supportable. Ce n'est toujours pas une belle vie, pas une vie qui vaut la peine d'être vécue, mais c'est ok, plus ou moins. Ça pourrait être pire. Ça va devenir pire, d'ici quelques mois.
Pour le moment, c'est l'automne, il n'y a personne pour les interrompre, rien que les oiseaux qui crient dans les arbres, et Riku peut avoir l'illusion que ce moment va durer pour toujours. Ce ne serait pas si désagréable. Rester ici, dans un automne perpétuel, à voler des heures dans la forêt, avec Vanitas. Ils pourraient rester là jusqu'à mourir de faim ou de soif.
Mais nan. Bientôt, c'est la fin des cours, et le reste de leur petit groupe va sans doute radiner pour les rejoindre. Alors, ce ne sera plus pareil, évidemment.
« Riku ?
-Ouais ?
-Fais ton truc. »
Ça le fait sourire, Riku. Presque tendrement mais pas tout à fait. Celui-là, vraiment… Toujours à critiquer son pouvoir, et toujours en train de lui demander de l'utiliser. Il se retient de souligner le paradoxe. Ça n'apportera rien, même pas d'excuses ou de remise en question.
Il prend sa main dans les siennes, paume vers le haut.
« Tu veux quoi ?
-J'ai pas d'idée, avoue Vanitas.
-Bah moi non plus.
-Tu vas bien trouver un truc. C'est toi l'artiste ou pas ? »
C'est pas que Riku a pas d'idée, c'est que c'est un peu niais. Il sait comment Van y réagit, aux trucs niais. C'est plus simple quand il sait ce qu'il veut. Quand ils étaient petits, il demandait des dinosaures. Maintenant, l'ambiance, c'est plutôt des persos d'animes et des caricatures des profs, parfois des trucs un peu dégueus, genre tags qu'on trouve dans les toilettes du bahut et dessins de bites.
Riku se concentre. Sur la paume de Vanitas, de menus traits noirs commencent à apparaître, en partant du pouce que Riku a posé sur son poignet. C'est une image difficile à visualiser, avec tous ces détails qu'il a envie d'y mettre. Il plisse les paupières. Peu à peu, comme de l'encre sur du papier, les feuilles d'automne commencent à se dessiner sur la peau, tombant d'arbres très fins, doucement, au gré d'une brise imaginaire. Son pouvoir ne lui permet pas d'ajouter la couleur orangés qu'il se figure. Malgré l'effort, il ajoute des traits tombants tout droit pour figurer la pluie.
Vanitas souffle du nez. Il va sortir une vacherie, comme d'habitude, mais il a des yeux de gosse, là. Il peut bien le cacher tant qu'il peut, Riku n'est pas dupe de son émerveillement. Sinon, il ne lui demanderait pas de dessiner par la pensée chaque fois qu'il en a l'occasion.
« Monsieur se la joue artiste.
-Ah, ça va hein. Si c'est comme ça, j'arrête. »
L'encre se dissipe aussi vite qu'elle est apparue, quand Riku lâche la main de l'autre. C'est un pouvoir pourri, niveau utilité, Van a raison sur ce point-là. Si encore ses œuvres étaient permanentes, il aurait pu devenir tatoueur ou un truc du style. Mais même pas.
Il aime bien ça comme ça, pourtant. Ça lui plaît, les traits sombres qui disparaissent, la peau qui reprend sa couleur d'origine comme les vagues qui viennent lisser le sable sur le rivage.
Il pourrait faire des vidéos sur insta, remarque. Si ça fait assez de vues, il pourrait faire des pubs pour des trucs et devenir riche comme ça. Y a bien des gens qui y arrivent. Ce serait un coup de bol, mais ça se tente, nan ? Y a plein de gens avec des pouvoirs tout aussi uniques que le sien, cela dit. Il sera noyé dans la masse de contenu, à moins d'un miracle.
Ou bien, il part en stop n'importe où. Il trouvera bien un endroit où s'installer en attendant de mourir. Il sait pas s'il va oser. Normalement, y aurait eu Vanitas pour suggérer l'idée et pour l'entraîner, pour parler aux gens à sa place, faire les trucs qu'il faut, ceux qu'il faut pas, et les foutre dans des merdes pas possible. Mais va bien falloir faire sans. Ce sera moins cool mais il peut y arriver.
« T'as quoi aujourd'hui ? T'es dans la lune.
-Ah, ouais. »
Riku retient le réflexe de s'excuser. Il a sait qu'il a rien fait de mal, même si Van se fâche. Il est tout le temps en colère contre tout, t'façon. À force de le cotôyer, faut apprendre à l'envoyer se faire foutre une fois de temps en temps.
« Eh bah si j'te fais chier tu l'dis.
-Mais nan, soupire Riku. On bouge ?
-Ouais, pas envie de voir la tronche des autres cons. »
Ils se relèvent. Riku grimace devant les feuilles et l'humidité accrochées à son futal. Il oublie toujours que c'est salissant, la nature, et c'est pourtant pas faute d'avoir l'habitude. Mémoire sélective.
Il aurait bien aimé resté un peu. Juste dessiner des formes éphémères sur la peau de Vanitas, sans but précis, somnoler à moitié, mais c'est pas comme s'ils avaient l'éternité devant eux. Le temps les poursuit et il accélère la cadence.
Quand ils sortent du couvert des arbres, il ne pleut plus.
« J't'avais dit que ça servait à rien de garder le parapluie.
-Ça aurait pu.
-Ballec.
-Eh, Van ?
-Hum ?
-Tu crois vraiment que ce sera mieux ailleurs.
-Pfff, absolument pas. Ce sera la merde aussi, mais ce sera différent. Ça changera.
-Ouais. »
Ça changera.
Voilà, hum, c'est pas super joyeux mais ? Ça va encore nan ? x)
J'espère que ça vous a plu !
