Bonjour à vous !
J'ai découvert Artic Wolf de Sodamnrad (sur AO3) après avoir vu l'œuvre de Dara (lien dans la note de fin). Je ne peux que vous conseiller d'aller courir vers son compte Instagram si vous ne la connaissez pas : www . instagram dar.a_art/
Cet OS est un de mes coups de cœur et il rend parfaitement hommage à son travail. Je ne pouvais faire autrement que demander à le traduire en français.
J'ai décidé de traduire le titre en "Loup polaire", parce que l'association des mots "loup" et "arctique" ne me paraissait pas très heureuse. Mais ç'a été un véritable questionnement.
Merci à Sodamnrad pour m'avoir autorisé à vous le livrer ici. N'hésitez pas à aller lire la version originale si vous parlez anglais, bien que je tâcherai d'y rendre justice.
J'ai assuré la relecture de cet OS moi-même, les fautes éventuelles sont à ma charge.
Je vous souhaite une excellente lecture !
(NDA)
Je ne comptais pas sauter sur le mouvement autour de Durmstrang, mais voilà que dara_art a posté un dessin stupéfiant de Durmstrang!Draco et Hermione dans la neige et je n'ai pas pu résister. Assurez-vous de la suivre et de lui donner beaucoup d'amour. Merci à beautyberry d'être toujours volontaire comme bêta-lectrice.
L'adorable RDCHVA a traduit cette histoire en russe !
Drago est plus vieux qu'Hermione dans cette histoire.
Drago venait de lire la même ligne dans son livre trois fois. Une énergie agitée brouillonnait dans sa poitrine, traversant ses membres jusqu'au bout de ses doigts. Tap-tap-tap-tap-tap, il gigotait. Succombant à son ennui, il demanda :
« Tu veux faire des tours de terrain ?
Viktor ne répondit pas, fixant profondément quelque chose derrière les épaules de Drago.
– Allô ? fit Drago en agitant une main devant ses yeux. La Terre à Krum ? Des tours ? Le terrain ?
Viktor cligna des yeux.
– Hm ?
La curiosité le brûlant, Drago jeta un coup d'œil derrière lui. Une fille timide était assise devant une fenêtre grillagée, un échiquier de livres étalés devant elle, chacun ouvert à une page différente. Elle en repoussa une et la remplaça par une autre, griffonnant des notes furieusement avant de répéter l'action.
– Elle ? demanda Drago. Vraiment ?
– J'aime sa concentration, dit Viktor. Chaque fois que je la vois, elle est complètement consciente. Est-ce que ça a du sens ?
Il haussa les épaules.
– Je suis conscient, mec. On va voler.
Les sourcils de Viktor se froncèrent.
– Tu n'as pas un seul os poétique dans ton corps.
– Et toi, oui ? renifla-t-il.
– Regarde-la. Elle est réellement concernée par ce qu'elle fait.
– Je ne t'avais pas classé dans les gars qui aiment le type bibliothécaire.
– Ce n'est pas le cas, confirma-t-il. Mais elle a du feu en elle, je peux te le dire.
Drago regarda la fille à nouveau. Avec un sourire narquois, il fit ce que Drago Malefoy faisait de mieux.
– Hé ! Toi, là ! »
Hermione traçait un « t » sur son parchemin quand une voix brisa le silence de la bibliothèque, la surprenant si fortement que le « t » ressemblait plus à une pente positive sur un graphique linéaire. Les lèvres pincées, elle releva les yeux pour faire taire la table responsable de l'offense et vit deux garçons de Durmstrang en train de la fixer.
Pas juste n'importe quels garçons de Durmstrang.
Drago Malefoy et Viktor Krum.
Pourquoi la regardaient-ils comme ça ? Viktor semblait mortifié et Drago avait l'air… méchant.
C'est un suprémaciste du sang, tu sais. La voix de Parvati courait dans ses oreilles. Plus riche que tout le monde dans notre classe réuni. J'ai entendu dire que sa famille détestait les Nés-moldus.
Elle pointa un doigt vers sa poitrine et articula, moi ?
Drago hocha la tête, lui souriant. Mais ce n'était pas un sourire plaisant. Cela lui rappela le temps où Pattenrond avait l'habitude de chasser Croûtard l'année passée. Que pouvait-il bien vouloir d'elle ?
« Tu viens avec nous une seconde ? demanda Drago dans un anglais parfaitement snob.
Elle considéra l'idée de l'ignorer, mais elle savait qu'elle s'en mordrait les doigts plus tard. Peu importait ce que Parvati lui avait dit, deux garçons séduisants était en train de l'appeler pour discuter avec eux, d'un deux participait au Tournoi des Trois Sorciers.
Poussant son siège en arrière, elle contourna la table et s'approcha avec nonchalance. Drago tira une chaise à côté de lui et tapota l'assise.
– Assied-toi.
C'était plus un ordre qu'une proposition. Hermione ne s'assit pas.
– Oui ?
Une étincelle d'amusement passa dans les yeux de Drago, froids comme un lac en décembre.
– Comment tu t'appelles ?
– Hermione Granger, répondit-elle. Vous ?
Drago eut un sourire narquois, sachant pertinemment qu'elle connaissait leurs noms mais feignait l'ignorance.
– Drago Malefoy. Lui, c'est Viktor Krum.
– Enchantée, dit-elle, même si cela sonnait comme le contraire. Vous aviez besoin d'aide pour quelque chose ?
Drago regarda Viktor, Viktor lança un regard noir à Drago. Après un moment de silence gênant, Viktor se racla la gorge.
– Excuse-moi, dit-il avec un anglais teinté d'un accent, mais rouge et doré, ça veut dire Gryffondor, c'est ça ?
Elle fronça les sourcils, glissant ses doigts le long de sa cravate.
– Oui, je suis une Gryffondor.
Il passa une main massive à travers ses cheveux, certainement le double de sa main à elle. Elle imagina presser sa paume dans la sienne. Sa première et seconde phalange couvriraient les siennes facilement.
– Je pensais que Serdaigle lisait beaucoup ? Quand je te vois, ta tête dans le livre.
La chaleur se massa sur ses joues. Il l'avait remarquée ? Quand avait-il regardé ? Oh Godric, de quoi avait-elle eu l'air ? De quoi avait-elle l'aire maintenant ? Elle songea à libérer l'attache dans ses cheveux mais elle craignait que ses boucles lâches ne paraissent plus erratiques que sa queue-de-cheval faite à la va-vite.
Comme Hermione ne répondait pas, Drago demanda :
– Dis, dans quelle maison penses-tu que Viktor aurait été placé ?
Elle fronça les sourcils en entendant le ton suggestif dans sa voix.
– Je ne le connais pas assez pour pouvoir en juger.
– Une chance de deviner ?
Elle fit courir ses yeux sur les épaules robustes de Viktor. Le rouge lui allait bien. Cela faisait sortir les tons olive de sa peau et ses cheveux foncés. Audacieux, des sourcils sévères. Mais un regard gentil, dépourvut de jugement. Sans parler de la façon dont ses joues s'étaient rosies sous son inspection. Connaissant son nom, elle n'aurait jamais imaginé qu'il était du genre à rougir. Elle s'adoucit.
– Il aurait fait un bon Gryffondor.
– Tu entends ça, Krum ? Un bon Gryffondor, fit Drago en agitant ses sourcils pâles. Et moi ?
– Serpentard, répondit-elle sans avoir à y réfléchir.
– Corrige-moi si je me trompe, Hermione, mais tu sembles dire ça avec dédain. Il y a quelque chose de mal avec la maison Serpentard ? défia-t-il, les yeux brillants. Mes parents étaient à Serpentard, en fait, et leurs parents avant ça.
– Tu m'as posé une question et je te réponds. La façon dont tu interprètes mon ton n'est pas de ma faute.
Contrairement à Viktor, Drago Malefoy avait l'air bizarre en rouge. Entendre que les membres de sa famille étaient d'anciens Serpentard avait du sens. Des couleurs froides, verts, argentés – elle pouvait le voir dans les robes de sa maison rivale. Mais le rouge téméraire contre ses traits pâles était un oxymore. Cela lui donnait une chaleur alors qu'elle n'en sentait aucune, un soupçon de noblesse qui convenait à son accent et au choix de ses mots, mais ce sourire complice et la suffisance de sa voix rendaient l'idée creuse. Il n'y avait pas un os chevaleresque dans ce corps pompeux.
– Tu es là, Hermione.
Ron longea la rangée de livres la plus proche. Il s'arrêta brusquement au moment où son regard se posa sur les garçons de Durmstrang.
– J'interromps quelque chose ?
– Pas du tout.
Elle retourna à sa table et rassembla ses livres.
– Je fais juste de nouvelles connaissances. »
Ses yeux s'attardèrent sur Drago, mais Ron était trop occupé à observer Krum pour le remarquer.
Drago, d'un autre côté, lui sourit de toutes ses dents. Elle imagina un loup polaire à l'affût, des canines acérées et un regard calculé. Un frisson parcourut sa colonne vertébrale. Elle lui lança un regard ferme avant de traîner Ron hors de la bibliothèque.
Drago détestait l'admettre, mais Viktor avait raison. Hermione Granger avait du feu en elle. S'il ne l'avait pas remarqué la première fois qu'ils étaient arrivés, elle était la seule élève de Poudlard à attirer son regard désormais.
Au lieu de passer du temps sur le terrain de quidditch, il occupait la bibliothèque. Il choisissait toujours une table d'où il avait une bonne vue sur elle. Viktor faisait pareil et Drago suspectait qu'il savait qu'il n'était pas le seul à avoir le béguin.
Un béguin.
Un mot enfantin. Mais il y avait une attraction ici. Elle n'était pas la fille la plus visible de la pièce, mais Drago aimait ça. Déjà, Krum avait revendiqué son intérêt et cet abruti roux avec lequel elle passait la moitié de son temps la fixait bêtement quand elle ne le voyait pas. Si elle avait été d'un type excessivement beau, ses admirateurs se seraient multipliés de façon exponentielle.
Krum avait une meilleure chance. Il était gentil, populaire, et il participait au tournoi. Mais Drago accueillait la compétition comme une amie. Plus il la regardait mordiller sa plume ou se débattre pour dompter ses cheveux, plus son estomac se serrait. De plus, ce que Krum n'avait pas était à son avantage. Hermione avait l'air d'être le genre de fille à vouloir un gars sympa. Quelqu'un pour tenir ses livres et l'accompagner en classe et déposer un baiser sur sa joue quand ils se séparaient. Mais Drago savait aussi que les filles qui semblaient aimer les mecs gentils nourrissaient souvent des désirs secrets pour des garçons comme lui. Surtout quand leurs langues étaient aussi tranchantes que la sienne l'était. Elle aimait les défis.
Quand Drago entra dans la bibliothèque, il trouva Hermione baignée dans la lumière de l'après-midi. Derrière elle, un rayon de soleil transperçait la fenêtre, faisant apparaître les boucles éparses entourant le bord de son visage cuivre et or. Elle les faisait tournoyer encore et encore avec sa plume, perdue dans son étude.
Il fallut trois battements de cœur à Drago pour prendre une décision.
«Bonjour, Hermione, dit-il, prenant place à sa table.
Elle leva la tête, ses yeux se ternissant quand elle le vit.
– Oui, Drago ?
– Ça t'embête si je m'assoie là ?
Elle haussa les épaules.
– C'est un espace commun.
Mais elle ne bougea pas ses affaires pour lui faire de la place. Il tourna un de ses livres vers lui.
– Potions ? Tu as déjà essayé le Polynectar ?
Elle sourit narquoisement.
– En deuxième année.
– Tu mens.
Elle attrapa son livre.
– Tu peux demander à Ronald ou Harry si tu ne me crois pas.
Il grimaça à leur nom, n'ayant d'intérêt pour aucun d'eux. Particulièrement le type aux cheveux roux.
– Ils enseignent le Polynectar en deuxième année ici ?
– Non, dit-elle lentement comme s'il était borné. Je l'ai préparée sur mon temps libre.
– Pourquoi est-ce que j'ai l'impression que tu faisais quelque chose que n'étais pas censée faire ? taquina-t-il. Dis-m'en plus.
Une vague de rougeur grimpa sur ses joues. Il résista au désir de sentir si sa peau était aussi chaude qu'elle paraissait.
– Il y avait des attaques inquiétantes contre des élèves Nés-moldus et on s'en est servis pour enquêter.
Elle lui lança un regard étrange quand elle dit Née-moldus. Il l'ignora.
– En deuxième année ?
– Oui, c'est ce que j'ai dit.
– Et tu l'as eu ?
– J'ai eu quoi ?
– Le coupable ?
– On l'a eu.
Elle n'ajouta rien. Drago se creusa la cervelle pour trouver quelque chose à dire mais n'y parvint pas. Il était sur le point de partir quand elle releva les yeux de son cahier de notes et demanda avec précaution :
– Tu t'intéresses aux potions ? »
Il y avait quelque chose à propos de Drago Malefoy, et ce n'était pas nécessairement mauvais.
Cela commença le jour où ils parlèrent du Polynectar. Elle découvrit rapidement qu'il n'était pas seulement avidement intéressé par les potions, mais qu'il était aussi bon pour les faire. En feuilletant son livre de recettes, il surligna ses préparations les plus réussies et lui dit quelque chose capable de changer sa vie : arrête de suivre les règles.
Hermione s'était étouffée. N'avait-il pas entendu son histoire à propos du Polynectar ? Mais il se contenta de lui lancer un regard amusé et commença à gratter des mots dans son cahier. Ne hache pas, tranche. Mélanger la préparation pendant soixante minutes était trop long, cinquante-trois max et oui, cela faisait une différence.
En échange, Hermione fit une copie de ses notes prises pendant ses études extrascolaires et les lui donna. Par quels moyens il pourrait faire durer ses bouillons plus longtemps ou bien dans quelles parties de la Forêt Interdite il devrait oser une visite pour trouver le champignon vénéneux sauteur le plus puissant.
Pendant les repas, ses yeux erraient souvent vers lui. Ses cheveux pâles, un flambeau de lumière à l'autre bout de la pièce avec les Serpentards. Krum s'assit avec lui mais elle ne regardait plus la star du quidditch de la même manière qu'avant. Pas comme les autres à sa table le faisaient. Il y avait un air royal chez Drago Malefoy. Dans les robes coupe militaire, forme ajustée et luxueuse, il ressemblait à un prince. Un de ceux qui conduisaient leur armée à la victoire avec stratégie et ruse et cela lui donnait chaud et de quoi réfléchir.
« Hermione fixe encore Drago Malefoy, annonça Ron amèrement, suffisamment fort pour que tout le monde à proximité entende.
Les oreilles de la jeune femme la brûlèrent.
– Je te demande pardon ?
– Je ne suis pas aveugle ! grinça-t-il. Je vois bien la façon dont tu le regardes.
– Et en quoi est-ce que ce sont tes affaires, Ronald ?
Elle claqua ses mains sur la table, lui lançant un regard de défi, à moitié tentée de commencer à lancer des petits pains dans ses cheveux trop longs.
– C'est un Malefoy, Hermione. Il déteste les gens comme toi.
Un boule se forma au fond de sa gorge.
– Et qu'est-ce que ça signifie ? Les gens comme moi. »
Ron ne répondit pas. Ils se fixèrent mutuellement, bouillonnants. Harry se racla la gorge, les regardant l'un après l'autre. Incapable de supporter l'insistance dans les yeux de ses camarades, elle se leva de son siège, laissant son Yorkshire pudding et son pâté au poulet intacts, et s'enfuit de la Grande Salle.
Au moment où Drago vit Hermione fuir de la pièce, le visage crispé par la douleur, il bondit. Un muscle se contracta dans sa mâchoire alors qu'il regardait la table Gryffondor. L'idiot Weasley lançait des regards furieux dans son dos, et le célèbre Potter s'agitait avec ses lunettes comme si elles détenaient les réponses aux problèmes de sa vie.
Alors qu'il commençait à la suivre, une main charnue s'agrippa autour de son poignet et le tira d'un coup sec sur le banc. Les yeux foncés de Viktor se fixèrent sur lui.
« Qu'est-ce que tu fais, Malefoy ?
Il dégagea son bras, renfrogné.
– Je ne vois pas de quoi tu parles.
– Je l'ai vue d'abord.
– C'est celui qui trouve qui gardes, maintenant ? demanda Drago, imaginant la réaction d'Hermione si elle l'entendait dire cela.
Elle se mettrait certainement Krum dans la bouche. Il paierait un beau gallion pour voir ça.
– Tu es censé être mon ami.
– Et tu es censé être le mien ! explosa Drago.
Le bavardage à leur table s'était réduit à un silence, des yeux perçants épinglés sur eux. Drago lança aux Serpentards de l'autre côté du festin son regard noir le plus menaçant, réussissant à détourner la plupart de leurs yeux indiscrets. Néanmoins, il n'aimait pas que tout le monde fouine sur ses affaires, alors il se releva.
– On peut parler de ça dehors.
Ils quittèrent la salle et trouvèrent une alcôve vide pour se réunir à nouveau.
– Je pensais que tu l'avais appelée l'autre jour à la bibliothèque pour m'encourager à lui parler. Maintenant, vous êtes inséparables, accusa Viktor, parlant en russe parce qu'il le connaissait mieux et était trop énervé pour crier sur Drago en anglais.
Lui répondant dans un russe parfait, Drago dit :
– C'est ce que j'ai fait, au début. Mais après, j'ai appris à la connaître.
Il enroula ses doigts dans ses cheveux, le cœur battant anxieusement.
– Laisse-moi juste avoir celle-là.
– Pourquoi le devrais-je ?
– Pourquoi le devrais-tu ? s'étouffa Drago. Être un attrapeur célèbre n'est pas suffisant ? Un champion du Tournoi des Trois Sorciers ? Tu peux avoir n'importe qui que tu veux. Je veux juste elle.
– Qu'est-ce qui la rend si spéciale ? En dehors du fait que je la voulais en premier.
– Tu me poses vraiment la question ? fit Drago en levant un sourcil. Tu n'étais pas celui qui parlait de son feu intérieur ? Elle est tellement plus que ça. Si tu savais comment son esprit fonctionne… Je suppose que tu n'en a pas grand-chose à faire, mais c'est une as en potions. Elle a préparé du Polynectar en deuxième année. Je n'avais jamais été intéressé par les tâches de rousses et l'innocence, mais maintenant…
Viktor déglutit, regardant Drago bizarrement.
– Ne dis jamais que je ne suis pas un putain de bon pote. »
La tension dans les épaules de Drago se relâcha. Il hocha la tête puis tournoya sur les talons de ses bottes à lacets et partit à sa recherche.
Hermione s'assit au pied des escaliers de la Tour d'Astronomie, observant trois oiseaux danser en cercle autour d'elle. Elle les avait fait apparaître avec sa baguette comme une distraction. Mais leurs formes fines ressemblaient à des taches d'encre alors que des larmes coulaient de ses yeux.
Les gens comme toi.
Fichu Ron et ses paroles irréfléchies. Il savait ce qu'elle ressentait quand des gens la soumettaient à la ségrégation à cause de sa famille, pourtant, il n'avait aucun problème à remuer le couteau dans la plaie pour faire valoir son point de vue.
Des pas assurés résonnèrent contre la pierre du couloir, palpables par-dessus le gazouillis des oiseaux. Elle se dépêcha d'essuyer les pleurs de ses yeux avant d'entourer ses bras autour d'elle-même, essayant de devenir invisible.
Mais il la vit.
« Hermione, dit Drago, sa voix pleine d'inquiétude. Hé, qu'est-ce qui se passe ?
Il s'assit à côté d'elle, faisant cogner ses genoux contre les siens. Il sentait bon, comme l'air froid et le chocolat chaud à la menthe.
– C'est rien, dit-elle d'une voix rauque, souhaitant qu'il la laisse tranquille.
C'était une chose que Harry et Ron la voient pleurer, ils la connaissaient depuis qu'elle avait onze ans. Mais Drago Malefoy ?
– Est-ce que con de Weasley t'a dit quelque chose ?
Elle gloussa malgré elle.
– Il est comme l'agaçant petit frère que je n'ai jamais voulu.
Il renâcla.
– Je doute fortement qu'il se considère comme ton frère.
Ils tombèrent dans le silence, observant ses oiseaux joyeux voler autour de la pièce. Drago s'était assis proche d'elle, mais ils ne se touchaient pas. Les manches de son uniforme survolaient le bras la jeune femme à quelques centimètres. Si elle penchait la tête, elle pouvait la reposer sur son épaule, sentir la laine sous sa joue, s'envelopper dans son parfum.
– Est-ce que je peux faire quelque chose ? demanda-t-il avec précaution.
Dis-moi que tu t'en fiches que je sois Née-moldu.
Elle secoua la tête.
– Non, merci.
Il se leva.
– Je sais que c'est sûrement un mauvais timing, mais… le bal de Noël arrive et je me demandais si tu voulais être ma cavalière ?
Le bout de sa botte noire brillante remua la poussière alors qu'il s'agitait. Des doigts longs et fins se serraient et desserraient sur son ventre, ses anneaux de platine captant la faible lueur des torches. Elle déglutit, le cœur bégayant. Mais au lieu de saisir sa chance comme elle le voulait, elle lâcha :
– Je suis Née-moldu.
Il blêmit. Une vague fraîche de larmes se forma dans ses yeux. Je le savais. Avec un violent coup de baguette, les oiseaux éclatèrent en une nuée de plumes pop-pop-pop et disparurent. Le silence s'ensuivit.
– Est-ce que l'offre tient toujours ? demanda-t-elle d'une voix tremblante, détestant la vulnérabilité qu'elle entendait dans ces mots.
Il détourna le regard, un muscle pulsant dans sa mâchoire.
– C'est ça. »
Elle cogna son épaule alors qu'elle partait.
Viktor jeta un regard étrange à Drago quand il apparut au bal seul, mais se concentra autrement sur sa propre cavalière. Une belle fille de Beauxbatons dans une robe rose pivoine. Techniquement, Drago aurait pu dire à Viktor qu'il avait changé d'avis à propos d'Hermione, après tout. Il avait la ferme suspicion que Viktor n'aurait pas porté d'intérêt à son statut de sang. Mais une voix agaçante au fond de son esprit sifflait à la trahison.
La Grande Salle était devenue une soirée bruyante et noire de monde. La nourriture était abondante, l'odeur des sucreries au beurre dans l'air. Un groupe en live jouait de la musique formelle pour danser pendant que de jeunes couples remplissaient la pièce de rire. Et se tenant les uns les autres plus intimement qu'ils n'étaient supposés le faire.
Drago était mi-surpris et mi-soulagé de voir l'abruti roux arriver avec une fille de sa classe. Une qui n'était pas Hermione. Harry Potter escortait la copie carbone de cette même fille et à un moment, il songea au Polynectar. Et peu après, à la sorcière qu'il associait si fortement à cette potion.
Se souvenir du tremblement dans sa voix quand elle avait annoncé la nouvelle à propos de son statut de sang lui retourna les tripes. Au début, il avait été mortifié. Si son père avait découvert qu'il avait passé du temps avec une sorcière Sang-de-bourbe, il l'aurait menotté à la tête avec sa canne jusqu'à ce qu'il revienne à la raison.
Mais la voir s'enfuir loin de lui en pleurs quand toute son intention avait été de la réconforter ne semblait pas juste. Ce n'était pas comme s'il planifiait de l'épouser. Pourquoi son père avait-il besoin de le savoir ?
Et depuis quand les Sangs-de-bourbe étaient-ils brillants ? Et ambitieux ? Et–
Hermione entra dans la salle dans une robe pervenche.
Maginfiques.
Des boucles épaisses étaient tirées de ses joues brillantes, tombant le long de son dos et de ses épaules dans des anneaux parfaits. Des bijoux de diamant scintillaient à ses oreilles, captant la lumière alors qu'elle flottait sur le sol. La coupe en cœur de sa robe sous-entendait les premières courbes féminines et à sa peau douce comme la neige.
Elle leva le menton quand elle attrapa le regard insistant de Drago, voilant à peine sa désapprobation. La honte surgit dans sa gorge, menaçant de le faire cracher le Whisky-pur-feu qu'il avait difficilement avalé plus tôt sur le bateau. Il se souvint de l'avoir étiquetée quelconque la première fois qu'ils s'étaient rencontrés. Qu'elle n'était pas de celles qui attirent l'attention au premier abord. Ce soir lui prouvait qu'il avait tort.
Tous les regards suivaient sa silhouette étincelante alors qu'elle serpentait à travers la foule. Krum jeta un double coup d'œil quand elle passa près de lui, un flash de désir dans ses yeux qui transforma la main de Drago en un poing. L'idiot roux laissa tomber son punch sur les chaussures de sa cavalière, éclaboussant tout de violet. Un type plus vieux de sa maison s'approcha d'elle pour une danse.
Drago observa Hermione illuminer la piste de danse. Échangée d'une paire de bras dans une autre toute la soirée. Enflammant la salle par son formidable sourire et ses yeux couleur terre d'ombre saisissants. Tout ce temps à savoir que ç'aurait pu être lui qui dansait avec elle. La tenant dans ses bras. Si seulement il avait réagi différemment quand il avait appris qu'elle n'était pas comme lui.
Bien qu'Hermione fît un travail exceptionnel à feindre le bonheur, elle se sentait comme une rose prise dans un bloc de glace. Belle pour être flattée, la vulnérabilité voilée, mais vide d'essence vital.
L'expression sur le visage de Drago Malefoy quand il avait découvert son statut de sang s'imposait dans son esprit encore et encore comme une photographie obsédante. Réalisant qu'elle l'avait perdu, puis réalisant qu'il n'avait jamais commencé à être à elle.
Fatiguée de danser et de mettre un masque, elle s'éclipsa hors de la Grande Salle pour un peu d'air frais. Il neigeait dehors, des flocons cristallins suspendus dans la nuit bleu marine. Elle étendit une main pour en atteindre un avec sa paume, le contemplant se fondre contre sa peau réchauffée.
La musique arrivait à ses oreilles, le son des rires et des applaudissements. Elle entoura ses bras autour d'elle quand ses dents commencèrent à claquer. Fermant les yeux, endurant le froid contre sa peau nue, pour se souvenir qu'elle était réelle et avait des sentiments et qu'elle avait le droit de laisser les influences extérieures la blesser parfois. Elle n'était pas toujours obligée d'être courageuse et forte.
Complètement gelée jusqu'aux os, elle attrapa finalement sa baguette pour conjurer un sortilège de chaleur, mais un large manteau recouvrit ses épaules, lourd et baigné d'une odeur familière.
Hermione se tourna, l'air bloqué dans sa gorge.
Drago se tenait derrière elle. La tête penchée curieusement, un air particulier dans ses yeux. Ses sourcils se froncèrent quand elle le vit. Parfaitement beau, les cheveux coiffés méthodiquement pour que quelques mèches ludiques tombent sur son front –à mi-chemin entre la perfection incarnée et la classe aristocratique. Son uniforme rouge se détachait nettement du paysage enneigé comme un prince casse-noisette dans un conte de fées.
« Qu'est-ce que tu fais là ? demanda-t-elle, tentée de repousser son manteau au sol, mais il était doux et chaud et elle n'avait aucune envie de s'en débarrasser.
Son soupir forma un nuage dans l'air.
– Je te dois une excuse.
Pensant qu'elle l'avait mal entendu, elle demanda :
– Quoi ?
Incapable de détourner le regard d'elle, il admit à la place :
– Tu étais la personne la plus belle de la salle ce soir.
Elle comprit soudainement.
– Alors parce que j'ai visuellement l'air attirante pour toi, je mérite une excuse ? Et si j'étais la même fille que tu as rejetée dans le couloir l'autre jour ? Alors quoi ?
– Tu es la même fille, dit-il avec un sourire en coin timide.
– Exactement, je suis toujours cette fille : la sorcière Née-moldu que tu estimes en-dessous de toi. Dans une jolie robe.
Toutes les traces d'amusement quittèrent le visage du jeune homme.
– Il faut que tu comprennes que les Sa-Nés-moldu ont été un sujet de discorde dans ma famille et à l'école depuis que je suis enfant. Je n'avais jamais imaginé en rencontrer un comme toi.
Les jours d'Hermione devinrent rouges et ce n'était pas à cause du froid.
– Je sais qui tu es, Drago Malefoy. Larges sourires prétentieux et regards froids, tu te considères comme un rebelle parmi tes camarades. Contrairement à Viktor Krum, tu es le loup qui se cache dans l'ombre, attirant les belles demoiselles vers leur perte.
– Est-ce que c'est vrai ? demanda-t-il, les yeux étincelants.
– Au moins, résuma-t-elle, c'est celui que tu veux être. Mais quand tu es forcé de faire face à tes peurs, tu t'enfuis. Tu n'as jamais rencontré une sorcière Née-moldu, d'accord. Ils t'ont appris à nous craindre, à nous mépriser, je comprends. Mais depuis quand le grand méchant loup se tapit si facilement ? Tu es un imposteur.
Il pencha la tête.
– Je suis là, pas vrai ?
– Et ? Suis-je sorcière malfaisante qui à l'intention de souiller ton esprit ?
Des flammes identiques brillèrent dans ses yeux, le défiant.
– As-tu pris la bonne décision en me rejetant ?
Il fit un pas en avant, comblant l'espace entre eux. L'expression posée et patiente, avalant ses critiques.
– Non, je l'ai regretté presque immédiatement.
Son aveu calme la figea. D'une voix basse, elle demanda :
– Est-ce que tu as peur de moi ?
Ses yeux argentés s'adoucirent, captant la lueur de la lune.
– Terrifié, admit-il. »
Puis il sourit. Un sourire si chaud, si pur, que ses barrières de glace furent réduites à néant. Elle sortit sa main et la plaça lentement sur sa taille. Avançant courageusement contre lui jusqu'à ce que le cuir de la lanière croisée de son uniforme s'enfonce dans sa cage thoracique. Il dégageait une chaleur, à la fois somatique et capricieuse. Leurs yeux se verrouillèrent comme ils se tenaient nez contre nez, le souffle chaud se mêlant à l'air de l'hiver.
Drago pensa que son cœur allait exploser. Il y avait quelque chose de foncièrement chaleureux à propos d'Hermione, même quand elle lui criait dessus. Elle incarnait tout ce qu'il n'était pas censé vouloir. En dehors de son statut de sang, elle était une fille bien. Une fille qui était concernée par les cours, qui avait des yeux gentils, et lui offrait une deuxième chance.
Sortant sa main de sa poche, il se pressa sur son corps souple et plaça une paume sur la courbe de sa joue. Elle était froide alors il entoura son bras autour d'elle, la prenant en tenaille entre son corps et le manteau de fourrure qu'il avait mis sur ses épaules.
Alors que la neige scintillait dans l'atmosphère statique, couvrant le sol de minuscules fragments de verre, Drago et Hermione fondirent l'un dans l'autre. Ses lèvres à lui, douces, contre les siennes à elle. Elle l'embrassa en retour avec un sourire contagieux. Accro à sa chaleur, Drago resserra sa prise et plongea sur elle plus profondément.
« Je suis désolé, dit-il entre leurs bouches, son murmure devenant brouillard dans le vent.
Elle passa une main glaciale contre sa mâchoire fraîchement rasée. Il frissonna mais ne recula pas sous le choc du froid.
– Je te pardonne. »
Trois mots furent tout ce qu'il fallut à Drago pour la plaquer contre le pilier en pierre le plus proche, affamé et guéri. Il avala chaque centimètre de sa peau à nue. Douce comme du sucre filé, il l'embrassa encore et encore. Revendiquant la courbure de son cou et le creux de son arc de Cupidon, le vide sous sa mâchoire et ses joues rougies et couvertes de taches de rousseur. Elle était comme de l'or liquide dans ses bras, luisant sous ses bons soins.
Quelque part au-dessus des nuages qui pleuraient, une constellation d'étoiles leur fit un clin d'œil. Drago remercia mentalement chacune d'elles d'avoir pu rassembler son courage pour la retrouver et arranger les choses.
Une Hermione aux yeux larmoyants refusait de défaire ses bras entourés au cou de Drago. La tête de ce dernier était nichée dans le « L » de son épaule, la bouche ouverte, respirant son odeur à l'endroit où il avait laissé un chemin pavé de morsures amoureuses.
« Écris-moi, souffla-t-il contre sa peau.
– Je le ferai.
Elle essuya une larme de son œil.
– J'aimerais que tu n'aies pas à partir.
Il passa ses pouces contre ses joues, le regard aussi doux que la fourrure qui ornait son uniforme. Son loup polaire apprivoisé sous ses yeux.
– Je t'attendrai, promit-il. »
Hermione savait que des dizaines d'obstacles obstruaient leur chemin, de sa famille à l'obscurité imminente d'une vie de préjugés de Sangs-pur. Pourtant, elle sentait briller une lueur d'espoir pour ce garçon royal au regard méchant, à la volonté d'acier et au cœur de flamme.
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J'espère que ça vous a plu ! Je suis très contente d'avoir pu vous partager cette histoire que j'ai pris un grand plaisir à relire et à traduire.
N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé et à le dire aussi à l'auteure de cette histoire.
Prenez soin de vous !
(NdA)
Merci d'avoir lu, j'adorerais savoir ce que vous en pensez !
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Une illustration de Drago inspirée par Artic Wolf a été faite par reddokitsune sur Instagram ici : www . instagram p/CTQHqFhIQgf/
