-Chapitre 17-


Natsu

CINQUIÈME MOIS

Lundi 5 Janvier, 7h47, lycée Fairy Hils

Je bâille en entrant dans l'établissement, la motivation n'est pas présente aujourd'hui et en même temps il y a de quoi... les vacances de Noël sont terminées ce qui veut dire : reprise des cours.

Ce qui m'agace le plus c'est qu'on va entrer dans le semestre "stress" puisque les profs vont tous nous bassiner avec leur : "C'est la dernière ligne droite avant le bac", "Si vous ne bossiez pas jusqu'à présent, il est temps de vous mettre au boulot pour décrocher votre examen en fin d'année...". Je soupire rien qu'en y pensant. De plus qu'en commençant l'année, ils nous parlaient déjà de ce putain de bac, alors là, je n'ose même pas imaginer tout le foin qu'ils vont en faire.

Pour ma part je ne suis pas stressé, en fait je m'en fous royalement du bac, mais je ne peux pas me permettre de ne pas l'avoir. Si je veux décrocher une bourse pour aller dans l'université de Duke, il faut réussir son année en ayant l'examen final ce qui est logique. Je suis motivé à aller dans l'université qui me branche depuis un sacré bout de temps, puis je ne suis pas le seul dans cette histoire. Il y a également Grey et Jellal qui vont me suivre et rien que pour ça, je dois me donner à fond !

Jellal c'est sûr qu'il aura son bac, ce mec n'a même pas besoin de bosser pour décrocher des bons résultats, je ne m'en fais pas pour lui.

Pour ceux qui est de Grey, il n'aura pas trop de mal à l'avoir son bac même si ça a été assez compliqué pour lui en début d'année. À cause de ses parents qui sont en guerre avec le divorce, il n'était pas vraiment concentré et ses notes n'ont fait que de chuter. Les profs l'ont mis en garde plusieurs fois sauf qu'il s'en foutait pas mal. Personne ne sait que niveau scolaire ça ne va plus à part Jellal et moi, mon meilleur ami c'est seulement confié à nous pour ne pas inquiéter les autres.

Depuis que Jellal a failli lâcher notre objectif il y a quelques semaines, Grey a ouvert les yeux et a réalisé que ce n'était plus le moment de prendre son avenir à la légère. Il s'est remis à bosser et je pense que ça va continuer dans ce sens.

— Nat' !

Je tourne la tête en direction de la voix de mon meilleur ami. Il a l'air de super bonne humeur vu l'expression qu'il emploi. Celui à la cheveux ébène s'approche de moi pour me faire une accolade.

— Ça va mon pote ?

— Comme un jour de rentrée quoi. Toi par contre tu as l'air d'excellente humeur.

Son sourire s'élargit un peu plus.

— Je viens de passer une superbe semaine donc bon, je suis content.

— Comment va Juvia ?

— Elle est en pleine forme, elle a hâte de vous revoir.

— La séparation n'a pas été trop difficile ?

Il perd son sourire une fraction de seconde avant de le reformer.

— Si, ce n'est pas évident de quitter celle qu'on aime quand on sait qu'on ne la reverra pas avant des mois, mais ça va.

— Je ne sais pas comment tu fais.

Il me scrute du regard avant de plisser des yeux. Je fais mon possible pour ne pas écarquiller les miens face à ce que j'ai sorti.

Putain il faut vraiment être con pour sortir un truc pareil ! Surtout devant lui quoi !

— J'ai raté un truc ? Depuis quand tu comprends et tu te mets à ma place ?

Bordel il a raison ! J'ai toujours été le premier à lui dire qu'il dramatisait beaucoup trop avec sa relation à distance, mais ça c'est parce que je ne pouvais pas comprendre ! Je ne pouvais pas comprendre ce qu'il vivait puisque je n'avais jamais été amoureux ou attaché à une fille comme l'est mon meilleur ami.

En prenant du recul sur la situation, j'ai réalisé que si Lucy et moi devions vivre une relation à distance, bah clairement ça me ferait grave chier. Même si ça ne fait que deux semaines qu'on est ensemble, je suis bien plus attachée à elle qu'elle ne puisse l'imaginer et je l'appréciais déjà depuis un bon moment même si tout mon être refusait de l'accepter.

Savoir que Grey et Juvia sont fous l'un de l'autre et doivent vivre séparés à plusieurs kilomètres me fout les boules. J'ai été un putain de con de ne pas essayer de le comprendre en le trouvant dramatique, alors qu'il a parfaitement raison...

— J'ai compris beaucoup de choses et je réalise que ça ne doit pas être évident à gérer.

J'ai répondu le plus naturellement possible, sauf que ses yeux bleus nuits se plissent davantage.

Merde, je suis persuadé qu'il sait que je ne lui dis pas tout, non c'est même sûr qu'il se doute d'un truc ! Bon sang ce n'est pas mon meilleur ami pour rien.

— Ah bon, je peux savoir ce que tu as compris au juste ?

J'avale difficilement ma salive et fuis son regard. Je dois trouver un moyen d'esquiver cette conversation avant qu'il s'approche trop près de la vérité.

En posant mon regard sur le panneau d'affichage, je vois une affiche qui m'interpelle et une idée me vient soudain.

— J'ai envie de commencer l'année différemment et du coup j'ai pris pas mal de temps pour réfléchir, prendre du recul... j'ai pu réaliser des tas de trucs que je ne comprenais pas avant.

Le discours du mec avec de nouvelles résolutions c'est vraiment cliché, mais il n'y a que ça qu'éventuellement Grey peut gober. Ce mec n'est pas dupe alors mieux vaut jouer la carte de sûreté.

— Hum, tu mûris mec, je ne croyais pas ça possible un jour.

Son rire assombrit mon regard. Ils me prennent tous pour un gamin immature mais franchement il y a pire que moi comme par exemple Sting.

— Grey !

Un cri arrête le rire de mon meilleur ami, ses prunelles se posent ensuite sur la personne venant d'hurler son prénom en plein milieu du couloir. Je les vois briller d'une lueur indéchiffrable avant qu'il n'ouvre ses bras en grand et qu'une touffe blonde ne lui saute dessus.

— Lulu, tu m'as manqué !

Lucy le serre si fort que j'ai l'impression qu'il va étouffer, mais ça semble plus amuser mon meilleur ami qu'autre chose.

— Tu ne peux t'imaginer combien tu m'as manqué ! dit-elle en fermant ses yeux.

Je me crispe à cette phrase et serre la mâchoire en détournant rapidement le regard. Je sais que Grey est le meilleur ami de Luigi, je sais qu'ils ont une amitié fusionnelle depuis toujours et qu'ils ont besoin l'un de l'autre. Je sais que Grey compte énormément pour elle et que pour rien au monde elle ne veut le perdre et je sais aussi qu'ils se considèrent seulement comme des amis, mais putain de merde je n'arrive pas à ne pas être jaloux en voyant cette scène !

C'est complètement ridicule de ma part ! Lucy est avec moi, elle m'a confirmé que Grey a toujours seulement été un ami et rien d'autre, elle ne l'a jamais vu autrement que comme cela et pourtant, j'arrive à encore être jaloux.

Je la crois, bien sûr que je la crois, sauf qu'une partie de moi a toujours pensé que ces deux-là finiraient ensemble alors ça ne risque pas de disparaître du jour au lendemain...

Ce n'est pas ce câlin qui me dérange en soi, mais plutôt le fait d'entendre tant de détresse dans sa voix. À l'entendre c'est comme si Grey était parti il y a trois mois alors que ça fait seulement une semaine, une seule putain de semaine ! Quoi que je fasse, quoi que je dise, je ne serai jamais suffisant pour combler la place qu'occupe Grey dans son cœur et c'est ça qui me fait le plus de mal.

J'en veux à personne, ni à elle, ni à lui... c'est seulement à moi que j'en veux, je m'en veux de ressentir tant de sentiments négatifs. Ça a toujours été comme ça entre eux et ce n'est pas maintenant que ça va changer. Même si je fais désormais partie de l'addition, ce n'est pas suffisant, en tout cas pour le moment. Je ne dis pas que ça n'évoluera pas, bordel j'espère que ça changera au fil du temps, or pour le moment c'est ainsi et je ne peux rien y faire.

Je décampe vite avant que ma copine ou mon meilleur ami ne remarquent mon soudain changement d'humeur. Évitons de ramener l'attention sur moi car on pourrait déduire des conclusions rapidement et ce n'est pas ce que je souhaite.

Je dois rester impassible en face de Lucy, on est pires ennemis et rien de plus au lycée. Il faut que je me calme et que je gère mes émotions car si on se fait griller par ma faute, je vais m'en vouloir à mort.

...

— Putain j'ai vraiment loupé ça ?!

Grey vient de lâcher sa fourchette sur la table sous les rires amusés de mes amis.

— Tu es vraiment avec Luxus ?

Mirajane se met à sourire. Son sourire est rayonnant, ça se voit qu'elle est comblée d'être avec celui qu'elle aime depuis un sacré bail.

— Eh bien oui puisque je te le dis.

— C'était vraiment trop romantique ! Mira lui a avoué ses sentiments alors qu'il comptait faire la même chose ! Ils se sont embrassés sous le décompte, mon dieu c'était si beau.

Yukino se met à couiner, ce qui agace rapidement Sting.

— Oh ça va, ce n'était pas si incroyable que ça hein.

— Pfff, tu es juste jaloux mec.

Sting dévisage Jellal qui mange tranquillement son repas.

— Pas du tout !

— Mouais.

— Bref, tout ça pour dire que je suis officiellement en couple.

— Ce n'est pas trop tôt, comme ça tu vas t'occuper de tes affaires et pas celles des autres.

— Ne compte pas là-dessus Erza ! J'ai encore du taffe car certains sont vraiment des cas.

Elle lance un regard entendu à Wendy et Rogue qui font comme si Mira ne les visait pas.

— Je n'en reviens pas d'avoir loupé votre mise en couple... soupire Grey.

— Ça va, il ne faut pas en faire un fromage non plus.

— D'ailleurs Natsu, tu étais où quand le décompte a commencé ? Je ne t'ai pas vu.

Le regard perçant de Mira me fait frissonner. Même dans un moment aussi intime avec Luxus, elle a remarqué que je n'étais pas là.

— Il n'y avait pas que lui qui manquait, n'est-ce pas Lucy ?

La concernée se met à tousser sans pouvoir s'arrêter. Erza lui tapote le dos l'air inquiète, mais la blonde se reprend vite.

— Qu'est-ce que tu insinues Yukino ? articule-t-elle difficilement.

— Rien, mais vous étiez deux à manquer à l'appel.

Grey nous observe tour à tour l'air confus, putain mais c'est une blague ? Pourquoi parler de ça maintenant bon sang !

— Lulu ?

Luigi fixe son assiette refusant d'affronter le regard de celui qui était absent au nouvel an. Si jamais il voit qu'elle essaye de cacher quelque chose, on est cramé.

— Vous êtes chiants sérieux, oui on était ensemble à ce moment là et croyez-moi j'aurais préféré être avec vous. je lâche.

Un silence de mort s'installe, tout le monde nous fixe l'un après l'autre.

— Comment ça ? demande Wen'.

— On s'est croisé dehors et comme à notre habitude on s'est disputé, fin de l'histoire.

— Sérieusement ? Vous trouvez toujours un moyen de vous crêper le chignon. souffle Wendy blasée.

— Lucy ? l'interroge Mira perplexe.

Ma copine soupire lourdement avant de croiser mon regard. À ce moment je ne sais pas si elle est blasée, énervée, vexée ou bien triste mais une chose est sûre, elle a l'air de m'en vouloir.

— Oui c'est vrai... vous nous connaissez, on ne peut pas s'en empêcher.

— Et c'était quoi le sujet cette fois ?

— Rien qui te regarde Yukino.

Ma réponse froide surprend tout le monde mais je m'en cogne.

— Je suis persuadée que le sujet était Hibiki !

Mira frappe des mains pensant avoir trouvé la source du conflit. Je finis par soupirer alors que Grey s'agite sur sa chaise.

— Ce bâtard était présent ?!

— Grey ! Hibiki n'est pas un bâtard donc calme-toi.

Lucy le fusille du regard mais c'est le cadet des soucis de notre meilleur ami en commun, bien trop furieux d'apprendre que ce type était présent à la soirée.

— J'en ai rien à foutre ! Il voulait quoi cette fois ?!

— On a juste parlé cinq minutes avant de ne plus se recroiser de tout le reste de la soirée.

— C'est cinq minutes de trop !

— Ok, Grey tu vas arrêter car ça commence à devenir saoulant à la longue ! Lu' parle avec qui elle veut, rentres-toi bien ça dans la tête.

Désormais c'est ma sœur et mon meilleur ami qui se dévisagent sans scrupule.

— Erza a raison et arrêtez d'embêter Lucy et Natsu pour un rien. Ils se disputent h24 ce n'est pas nouveau, donc quoi de plus normal de commencer l'année avec une dispute.

Jellal se met à rire suivi de Sting et Rogue confirmant ses propos. Tous commencent à se détendre et lâcher le sujet qui avait été abordé sans que Lucy ou moi s'y préparent.

Je remercie Jellal du regard qu'il me rend en un sourire. Heureusement que nous l'avons lui et Erza dans notre camp pour nous couvrir car avec nos amis bien trop curieux, on n'aurait pas fait long feu.

Je recommence à manger mon repas en écoutant furtivement le nouveau sujet de conversation lancé par Sting.

Tout ce que j'évite de faire c'est de regarder Lucy, qui était en ce moment en train de me fixer. Je peux sentir son regard sur moi et même si l'envie est forte, je résiste en ignorant ses perles et continuant de manger, même si mon estomac est à présent noué.

...

Après notre entraînement de basket qui a été des plus intenses, je reste sur le terrain pour ranger les ballons et tout le reste.

Le coach nous a prévenu que les matchs allaient maintenant être sérieux et que ça comptait pour le tournoi inter-lycée qui débutera en mars. J'ai hâte mais je suis en même temps stressé car si on échoue à ce tournoi, nos chances de rentrer dans l'équipe de basket de Duke vont être réduites et on ne peut pas se permettre cela.

Des bruits de pas me font sortir de mes pensées. Je me retrouve en face de Grey, un ballon dans les mains.

— T'en as oublié un.

Il me le lance et je le réceptionne en le remerciant, avant de le ranger avec les autres.

— Qu'est-ce que tu fais là Grey ?

— Rien.

— Pas ça avec moi.

Je plonge mes yeux dans les siens pour lui faire comprendre de tout me dire avant que je ne m'énerve. Je n'ai pas envie de jouer aux devinettes et encore moins de me prendre la tête. Cette journée est vraiment merdique, je ne suis pas du tout d'humeur à en supporter davantage.

— Depuis ce matin tu as l'air stressé, c'est le tournoi qui te fait peur ?

— Non, j'ai hâte d'y être.

— Alors qu'est-ce qu'il y a ?

Je soupire et me passe une main dans mes cheveux.

— Le bac en fin d'année, les matchs importants qu'on ne doit pas perdre, le tournoi qu'on doit absolument remporter. C'est un tout et je ne sais pas si je vais m'en sortir Grey.

Tout arrive d'un coup et j'ai peut-être sous-estimé la surcharge de challenges qu'il est prévu de relever.

— Tu vas t'en sortir Nat'.

— Le bac passe encore, mais les équipes qu'on va affronter les semaines à venir ne sont pas novices et ça n'a rien à voir avec les autres matchs qui ont eu lieu.

— On le savait ça, le coach nous l'avait dit depuis le début.

— Ouais mais je réalise que tout peut s'arrêter à cause d'un seul match.

— Écoute on ne se laissera pas faire. Ok les équipes sont fortes mais nous aussi on l'est, ne nous sous-estime pas.

— Ce n'est pas ce que je fais.

— Oh que si et tu ne t'en rends même pas compte. On est une excellente équipe, on va réussir à se sélectionner au tournoi et on le remportera.

J'aimerais me convaincre qu'il dit vrai mais je ne peux pas m'empêcher de m'inquiéter.

— Natsu, crois en toi comme moi je crois en toi.

Cette phrase me fait écarquiller les yeux, le sourire de Grey apaise mon stress et me donne envie de me donner une claque.

Il a raison ! Ça ne me ressemble pas de douter autant, je suis du genre à agir sans réfléchir, pas à cogiter en imaginant le pire. Il faut que j'arrête et que je crois en moi et en notre équipe, c'est le plus important.

— Tu as raison, merci Grey.

— De rien mon pote.

Nos poings s'entrechoquent avant qu'on ne file se changer dans les vestiaires.

17h51, chez les Dragneel

En rentrant chez moi, j'aperçois mes parents qui sont tous les deux installés sur le canapé en pleine conversation. Vu leur air grave, je comprends qu'ils doivent parler d'un sujet plus que sérieux.

Ne voulant pas les déranger, j'enlève mes chaussures le plus doucement possible et me précipite vers l'escalier pour monter à l'étage. Je me stoppe quand la voix grave de mon père m'appelle et ferme les yeux en jurant tout bas.

Bordel de merde c'est de moi qu'ils parlaient, j'en suis sûr !

— Viens là s'il te plaît.

Quand mon père emploi ce ton, il n'est pas du tout envisageable de lui désobéir. Mon paternel est quelqu'un de serein qui ne s'énerve que quand la situation l'envisage vraiment et ce n'est pas beau de le voir en colère.

On s'est déjà disputé lui et moi et ça a toujours été très électrique quand ça arrivait. La tension était si palpable que l'air dans la pièce devenait étouffante. Je n'aime pas me prendre la tête avec lui, sauf que c'est souvent pour le même sujet : mon avenir.

Je tourne le dos à l'escalier que j'aurais dû monter bien plus vite pour échapper à mes parents, puis me dirige vers le salon. Je m'installe sur un fauteuil en face d'eux, mon père aborde son air grave et furieux près à exploser à tout moment si quelque chose le dérange, alors que ma mère croise les bras l'air énervé et blasé à la fois.

— Qu'est-ce qu'il se passe ?

— C'est à toi de nous le dire Natsu.

Mon paternel assombrit son regard, je fais de mon mieux pour ne pas perdre le peu de patience que j'ai encore en ma possession.

Je dois à tout prix éviter une nouvelle dispute, la journée à déjà été pourrie alors je ne supporterai pas qu'on vienne me crier dessus en prime.

— Je ne vois pas de quoi...

— Ne fais pas l'innocent car je vais vite perdre patience !

— Ignir ne commence pas, on a dit qu'on le laissait nous expliquer !

Ma mère arrive à calmer mon père qui me fixe toujours aussi furieux.

— Ok je ne comprends rien, donc développez.

Mon père me dévisage toujours et c'est ma mère qui décide de prendre les choses en mains, en commençant à m'expliquer.

— J'ai reçu un appel de ton professeur principal, tes notes ont chuté subitement entre le mois de novembre et décembre. Il a bien remarqué que quelque chose avait changé en toi et il a préféré nous prévenir pour qu'on puisse avoir une discussion avec toi.

Je serre le poing pour retenir ma rage contre ce prof de mes deux qui vient foutre toujours la merde !

Ce n'était pas malin de prévenir mes parents, surtout mon père qui ne tolère pas que je prenne ma scolarité à la légère !

— J'ai eu une période compliqué... j'étais crevé et puis j'avais pas le moral, mais c'est bon j'vais me reprendre.

— T'as plutôt intérêt car tu ne dois pas oublier que tu as un examen à décrocher en fin d'année ! me rappelle mon père d'un ton dur.

Comme si je n'étais pas au courant.

— Natsu c'est important. Si tu veux aller à Duke, tu ne dois pas négliger tes études.

— Je sais maman.

— Pourtant tu n'as l'air de comprendre ce qui est en jeu.

— Bien sûr que si papa, je te dis que je vais me rattraper.

— Ce n'est pas suffisant de le dire, il faut agir ! Si je vois que tu ne prends pas au sérieux nos mises en gardes, sache que j'agirai en conséquence.

Mon corps tremble de nervosité mélangé à de la colère. Le regard de mon père est plus que sérieux et je ne dois jamais au grand jamais sous-estimer ses paroles et encore moins ses promesses.

— Qu'est-ce que tu veux dire ?

— Tu le sais très bien.

— Dis-le-moi quand même.

Nos regards se défient pendant une éternité avant qu'il ne dise ce que je craignais.

— Si tes notes chutent de nouveau, tu peux dire au revoir au basket.

Mes poings se serrent un peu plus ce qui fait que mes jointure deviennent blanches. Mon cœur tambourine dans ma cage thoracique et ma colère est sur le point d'exploser.

Il est plus que sérieux, ses menaces sont précises et il les appliquera si jamais mes notes chutent de nouveau. Déjà qu'il n'a jamais été vraiment pour que je me mette au basket, me voir m'appliquer plus dans ce sport que dans mes études l'a vraiment agacé.

Nous nous sommes beaucoup de fois pris la tête à ce sujet. Il m'a rabâché que le basket n'était pas mon avenir, que c'était juste un loisir et rien d'autre. Il ne croit pas en moi comme Grey et le reste de l'équipe car il s'en fout pertinemment de savoir si j'ai du talent ou pas. Son fils doit bien travailler à l'école pour avoir un bon métier derrière, c'est tout.

Ma mère elle, m'encourage dans le basket mais elle est comme mon père, elle pense que je ne peux pas vivre de cette passion pour ce sport. Malgré tout, elle est consciente que c'est ma passion et que j'ai besoin de pratiquer le basket pour me sentir bien, c'est pour ça qu'elle est la seule à pouvoir me défendre auprès de mon père, lui il l'écoute toujours.

— Maman tu es d'accord avec lui ?!

La concernée soupire et ferme les yeux avant de les rouvrir pour me fixer sincèrement.

— On en a beaucoup parlé avec ton père et non je ne suis pas d'accord avec lui.

— Alors dis quelque chose dans ce...

— Sauf que si ton bac est en jeu, je n'ai pas le choix de suivre l'avis de ton père. me coupe-t-elle.

— Non mais je vous ai dit que...

— Je sais ce que tu as dit et j'ai confiance en toi Natsu. me coupe-t-elle encore. Si tu te tiens à tes propos, tout ira bien et tu continueras le basket.

J'ai envie de leur hurler dessus, de leur faire comprendre que c'est le basket qui me préoccupe et pas ce bac à la noix, de leur parler du tournoi inter-lycée et combien cela compte pour moi ! Malheureusement je ne peux rien dire parce que ça serait mettre en péril la seule chance qu'il me reste de continuer ma passion en toute tranquillité.

Alors je me lève du fauteuil, les fusille du regard une dernière fois avant de monter à l'étage pour retrouver ma chambre.

Sur mon lit se trouve Lucy, assise en tailleurs le visage rongé par l'inquiétude. La blonde me fixe en fronçant les sourcils, j'ignore son regard et pose mon sac de cours au pied de mon bureau.

— Qu'est-ce que tu fais là Luigi ?

Je me laisse tomber sur le lit en plongeant mes mains sur mon visage fatigué.

— Je voulais te parler.

— Si c'est pour ce midi, je suis désolé d'avoir sorti cette excuse pour que les autres nous foutent la paix.

Elle soupire avant de se rapprocher de moi, ses mains viennent se poser sur ma tête qu'elle soulève légèrement pour la poser sur ses genoux. J'enlève mes mains de mon visage et trouve directement son regard toujours aussi inquiet.

— Je m'en fiche de ça Pinky.

— Pourtant tu avais l'air remonté.

— Non, j'étais plus saoulée par Grey qu'autre chose. Il ne peut pas s'empêcher d'abuser et ça me rend folle !

Son expression fâchée me fait sourire, même quand elle boude elle reste magnifique.

— C'est Grey quoi.

— Ouais bah sur ça il est vraiment énervant.

Elle passe ses mains dans mes cheveux, la sensation me fait un bien fou et apaise mon être tout entier. La colère, la rage et la frustration s'envolent petit à petit et je réussis à calmer et éloigner mes mauvais sentiments.

— J'ai entendu tes parents... commence-t-elle.

— Lucy, je n'ai vraiment pas envie d'en parler.

— Pourquoi tes notes ont si soudainement baissé ?

Peu importe ce que je dis, elle ne me laissera jamais tranquille avant de connaître la raison qui a fait baisser ma moyenne générale.

— C'était une période compliquée. Le basket me prenait du temps, y avait la fatigue et puis...

— Moi. finit-elle par dire.

Je détourne le regard un instant, merde, je ne voulais pas lui dire, vraiment pas, mais nos rapprochements puis nos éloignements m'ont beaucoup remué et déconcentré.

Je me redresse alors pour me mettre en position assise en face d'elle. Tout dans son attitude me montre qu'elle se sent coupable et c'est bien pour ça que je voulais éviter de parler de ce sujet.

— Lucy regarde-moi.

Aucune réaction de sa part, je pose donc mes doigts sur son menton pour le tourner en ma direction. Ses yeux envoûtants me fixent désolés, je lui souris pour la rassurer or ça ne fonctionne pas comme je l'aurais espéré.

— Je sais ce que tu te dis et arrête tout de suite !

— C'est ma faute.

— Non, ce n'est la faute de personne.

— C'est à cause de moi.

— Lucy arrête, tu n'y es pour rien.

— Tu vas peut-être arrêter le basket par ma faute...

Elle commence à paniquer en ne m'écoutant plus. C'est quand j'aperçois ses perles remplis de larmes menaçant de se déverser sur ses joues que j'encadre son visage de mes mains pour capter son attention.

— Lucy je t'en prie calme-toi.

J'arrive enfin à capter toute son attention. Ses larmes coulent ce qui me fait grimacer, je déteste la voir pleurer, cette vision me fend à chaque fois le cœur, c'est insupportable !

— Natsu...

— Encore une fois ce n'est pas de ta faute. Je vais remonter ma putain de moyenne et je n'arrêterai pas le basket, il en est hors de question !

Elle acquiesce lentement, j'essuie son visage avant de la prendre dans mes bras. Nos corps se collent l'un à l'autre, la chaleur qui nous enveloppe suffit à me faire me sentir bien. Je constate que c'est réciproque pour Lucy, qui calme enfin ses sanglots.

Ce n'est pas évident d'être avec la fille qui était encore ma pire ennemie il y a quelques mois, mais on réussira ! On réussira à construire une relation solide entre nous et a passer les obstacles coûtes que coûtes même si tout semble contre nous.

On réussira car j'ai parfaitement confiance en nous, en nos cœurs, en nos âmes et en nos êtres.


Voici le chapitre 17 !

J'espère qu'il vous aura plu !

N'hésitez pas à me donner votre avis le plus sincère !

Kiss