-Chapitre 29-
Natsu
SEPTIÈME MOIS
Lundi 14 Mars, 8h47, lycée Fairy Hils
Près du grand portail se trouvent mes amis, tous aussi dépités les uns que les autres face à Sting qui semble raconter un récit avec une telle passion que ça en est déconcertant.
Grey l'écoute mais il est plus concentré à fumer qu'autre chose ce qui me donne envie de rire. Rogue lui, semble accaparé par son téléphone, sa mine est neutre, comme la plus part du temps mais je crois que ce que raconte son meilleur ami ne l'intéresse pas le moins du monde. Pour ce qui est de Jellal, il a l'air perdu dans ses pensées.
Le blond ne se rend pas compte que les gars se fichent de ce qu'il peut bien raconter, c'est dingue d'être si aveugle bon sang.
Quand mon regard croise celui de mon meilleur ami, il expire la fumée de sa bouche en me lançant un petit sourire.
— Salut Nat'.
— Yo. je réponds.
Sting s'interrompt en se tournant vers moi, un grand sourire illumine son visage. On peut dire qu'il a l'air très heureux de me voir et ça fait plaisir.
— Nat' ! Tu arrives pile à temps ! Il faut que je te raconte comment était mon rencard avec Yuki !
Puis tout s'éclaire. Voilà pourquoi les gars ont l'air tous aussi blasé, parce que Sting était en train de raconter son rencard. Or le souci avec lui c'est qu'il ne se contente pas de nous raconter, non, il explique chaque moment de chaque minute... ce qui fait qu'on a des détails de A à Z et bien souvent ce n'est pas très intéressant.
— Attention, c'est hyper intéressant !
Le ton ironique de Grey ne fait aucunement réagir Sting et pour cause, il semble flotter sur un petit nuage. Rien ne pourra le faire redescendre aujourd'hui, peu importe ce qu'il se passe.
— Il en était à où ?
— La description exacte de la tenue de Yuki.
Rogue n'a même pas levé les yeux de son téléphone en me répondant.
— Ah je vois...
— Tu aurais dû voir comme elle était canon dans cette robe ! Je sais qu'elle n'est pas à l'aise en robe mais elle a vraiment fait un effort pour moi et ça m'a grave touché en vrai.
— Bah tant mieux écoute, ça prouve qu'elle t'aime sincèrement si elle a fait l'effort de mettre quelque chose qu'en temps normal elle ne porte pas.
Ma remarque fane le sourire joyeux du blond, Grey souffle une nouvelle fois de la fumée en me scrutant sérieusement du regard. Jellal est visiblement revenu sur terre vu qu'il me regarde également, même Rogue a levé les yeux de son portable pour me regarder intriguer.
N'aimant clairement pas être dévisagé comme une bête de foire, je fronce les sourcils en disant :
— Qu'est-ce qu'il y a ? J'ai dit un truc choquant ?
— Choquant non, mais ce qui l'est c'est que ces paroles sont sortis de ta bouche.
Je dévisage Rogue, son visage est toujours impassible même si ses orbes sont remplis de curiosité.
— Il a raison, genre d'habitude tu aurais dit que ce n'est que des fringues ou un truc du même style. enchaîne Grey en reprenant une taffe.
Je roule des yeux exaspéré, sauf qu'ils ont parfaitement raison... c'est ce que je sors généralement car les fringues, l'apparence, le maquillage et tous les trucs superficiels chez une fille ça ne m'a jamais intéressé. Trop d'artifices n'est pas utile, le naturel c'est bien mieux je trouve, après évidemment chacun fait comme il veut, je ne juge pas. Une fille trop maquillée ou habillée assez court ne sera jamais dans la catégorie "pute" non. Sauf que c'est vrai que je préfère les filles au naturel, ce qui est contradictoire avec Sorano qui m'attirait de ouf alors qu'elle est loin de l'être, mais bon...
Ma vision sur cela n'a pas changé, mais depuis que je suis avec Lucy, quand je la vois en robe ou bien apprêtée simplement pour moi, je ne peux m'empêcher d'être heureux qu'elle fasse des efforts vestimentaires seulement pour que je la trouve jolie. Mon ennemie sera toujours à mon goût, même avec un sac poubelle sur la tête je la trouverais belle, mais c'est vrai que je suis content quand elle s'apprête uniquement pour moi.
Bien entendu, je ne peux pas leur révéler ça ! Seul Jellal a dû deviner pourquoi j'ai sorti une telle phrase et honnêtement, j'aurais dû m'abstenir...
— Je faisais une analyse, rien de plus.
— Hum. lâche mon meilleur ami peu convaincu.
Pour mon plus grand plaisir, Sting reprend le cours de son récit sauf que ça fait soupirer les autres qui ne sont guère ravis que le blond reprenne ses explications très détaillées et minutieuses.
...
Alors que les gars sont en train de se changer pour l'entraînement qui a lieu dans quelques minutes, je pousse un juron.
Grey qui était en train de faire ses lacets me jette un regard par dessus son épaule et m'interroge des yeux.
— Qu'est-ce qui t'arrive ?
— J'ai oublié mon sac de sport dans mon casier comme un con.
J'ignore royalement le gloussement de face de clou en remettant mon manteau et mon bonnet.
— Je reviens !
— Fais vite car si le coach voit que tu es encore en retard, tu sais ce qui t'attend.
Je déglutis en pensant à ce que le coach va me faire subir si j'arrive une nouvelle fois en retard à l'entraînement. Un échauffement supplémentaire et bien plus rude que celui qu'on effectue avant chaque entraînement.
— T'inquiète, j'ai juste à faire un sprint et c'est bon.
— Dépêche !
Je cours le plus vite possible pour rejoindre le hall du lycée, c'est en à peine une minute que j'ai traversé la cour. En arrivant dans le couloir où se trouve les rangées de casiers, qu'elle n'est pas ma surprise de voir Lucy, les bras croisés contre sa poitrine, ses prunelles noisette lançant des éclairs de colère, les sourcils froncés et la mine agacée face à Léo.
Le roux a le sourire aux lèvres, ce putain de sourire moqueur que j'ai envie d'effacer de sa salle tronche à chaque fois que je le vois apparaître.
Je serre le poing en essayant de contrôler ma colère, il ne faut pas que que je la laisse me submerger car il est hors de question que je fasse une scène ici, au lycée. Il n'y a beau avoir personne puisque c'est la pause déjeuner, quelqu'un peut débarquer à tout moment et c'est juste cramé si je commence à m'énerver contre l'ex de Lucy.
— Allez tu n'as même pas deux minutes de ton temps si précieux à m'accorder ?
Le ton de tombeur qu'il a pris m'énerve au plus haut point et c'est également le cas de ma copine qui soupire saoulée de s'être fait "coincer" par ce gros lourd.
— Je t'ai déjà expliqué que je n'avais rien à te dire, ok ? Alors maintenant arrête de venir me voir car tu sais très bien que je ne changerai pas d'avis, jamais même.
Quelque chose me fait tiquer dans le discours de Luigi, comment ça "Je t'ai déjà expliqué", et "arrête de venir me voir" ? Suis-je bien en train de comprendre que ce connard est déjà venu lui parler seul à seul alors que je l'avais prévenu il y a déjà plusieurs mois de se tenir très loin d'elle ?!
En fait ce gars est juste suicidaire car il sait parfaitement que si je le surprends il ne s'en prendra pas qu'une !
Lucy ne m'a rien dit, sauf que ça ne m'étonne pas. Elle ne veut pas que j'intervienne pour ne pas faire de vague dans un premier temps, mais la raison principale c'est qu'elle refuse catégoriquement que je me retrouve dans la merde en provoquant cet enfoiré. Non seulement les profs ne vont pas me louper avec les appréciations, puis je serais sûrement exclu quelques jours, voire même une semaine entière. Sans parler de mon père qui me tuerait à coup sûr en apprenant ce qu'il s'est passé.
Elle me tient à l'écart pour me protéger et même si ça part d'une très bonne intention, je déteste être mis à l'écart quand il s'agit d'elle. Plus particulièrement quand un connard de sa trempe lui tourne autour sans comprendre le sens du mot "non".
— Oh jamais ? Tu es sûr ? Il ne faut jamais dire jamais je te l'ai déjà dit, non ?
Le rouquin fait un pas pour se rapprocher d'elle, je vois rouge et c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase.
Je m'avance vers eux, bien décidé à éloigner ce mec le plus possible de ma copine. Rien à foutre de faire une scène, rien à foutre des risques ! Il est juste impensable que je laisse ce connard poser ses sales pattes sur Lucy.
Or je me stoppe net quand je vois quelqu'un me devancer en tirant Léo par le col. Il recule de quelques pas, tout en affichant une expression surprise d'être tiré brutalement.
Lucy semble aussi surprise que lui et moi j'écarquille les yeux quand j'aperçois que la personne l'ayant éloignée de ma copine se trouve être mon ex, Lisanna.
La benjamine des Strauss se place aux côtés de la blonde en fusillant le roux de ses perles bleu océan, elle est très remontée et d'aussi loin que je me souvienne, je ne l'ai jamais vu autant en colère. Pourtant je lui en ai fait des coups qui n'étaient clairement pas cool quand on sortait ensemble, mais cette colère n'est en rien comparable. Même le fameux soir où Lisanna a rompu avec moi elle n'était pas si remontée que maintenant, c'est pour dire...
— Mais tu es complètement malade ! Tu m'as fait mal en tirant comme une bourrine !
Léo se frotte le cou en dévisageant la nouvelle arrivante, mais cette dernière s'en fiche complètement, aveuglée par sa propre colère.
— Pour qui est-ce que tu te prends toi ?! Lucy t'a déjà dit qu'elle n'avait plus rien à te dire alors pourquoi tu insistes en fait ? Tu veux que je t'apprenne ce que ça veut dire le sens du mot non ?!
Le rire moqueur de l'ex de ma copine ne fait qu'augmenter la colère de Lisanna.
— Attends mais je ne rêve pas ? Lisanna Strauss ? Qu'est-ce que tu fiches ici ? Qu'est-ce que ça peut te faire ce que fait Lucy, vous n'êtes pas amies que je sache.
— Tu es en retard mon grand, Lucy est mon amie donc voilà la raison de mon intervention.
Cette fois il explose de rire, il a vraiment l'air de trouver la situation extrêmement drôle. N'en pouvant plus et voyant que les filles sont à deux doigts de le gifler, je m'approche à mon tour furieusement, voulant le remettre à sa place et en prime, qu'il s'éloigne de Lucy.
J'oublie la raison de ma venue, j'oublie que je vais me faire engueuler par mon coach et j'oublie que l'entraînement va bientôt débuter. Tout ce qui compte pour le moment c'est Lucy.
— Dégage enfoiré avant que je ne m'énerve.
L'enfoiré en question calme son rire en dirigeant ses yeux moqueurs vers moi. Un rictus amusé envahit son visage, je me contente de serrer davantage les poings pour me maitriser.
— Bordel encore mieux ! Natsu Dragneel qui débarque, c'est un tableau super intéressant qu'on a là ! Mon ex qui se trouve être en couple avec son soi-disant pire ennemi sauf que personne n'est au courant. Lisanna, qui est l'ex du capitaine de l'équipe de basket, se trouve être l'une des amies de celle qui est désormais la copine de son propre ex. Non mais franchement y a de quoi rire vous ne trouvez pas ?
— Pff, tu es ridicule.
— Voyons Lucy, pourquoi tu fais encore semblant ? En plus tu es une piètre menteuse alors arrête de te la jouer.
La blonde ne répond rien, elle préfère s'abstenir en le fusillant du regard plutôt que de répliquer et davantage nous enfoncer.
Léo se tourne désormais vers Lisanna qui n'a toujours pas décoléré.
— Je suis sincèrement navré Lisanna, tu dois te sentir trahie non ? À moins que toi aussi tu le savais ?
— Écoute-moi bien espèce de manipulateur, tu as...
— Ne te fatigue pas Lisanna, je la coupe. il n'en vaut pas la peine. Laisse-le dire ce qu'il veut il ne peut rien prouver de toute manière.
Les prunelles de l'enfoiré de service brillent de détermination, de nouveau il sourit amusé et me défi du regard.
— Oh parce que tu me mets à l'épreuve Dragneel ? Crois-moi c'est une très mauvaise idée pour toi car certes je n'ai pas de preuves pour prouver ce que j'avance, sauf que je peux en avoir très facilement. Vous êtes loin d'être intouchables les amoureux.
— Je ne te mets pas à l'épreuve puisqu'il n'y a rien à prouver.
— Excuse-moi mais je ne suis pas de ton avis, ne me prenez pas pour un abruti. Je sais que vous êtes ensemble et que vous le cachez à presque tout le monde.
Ses yeux s'ancrent dans ceux de Lisanna qui continue de lui lancer un regard noir.
— Bon, ce n'est pas tout ça mais les cours vont bientôt reprendre, à plus.
Il se tourne pour nous montrer son dos, avant de s'éloigner d'un pas lent. Je ne le quitte pas des yeux jusqu'à temps que sa silhouette disparaisse de mon champ de vision.
— Merde ! On est vraiment dans un sacré pétrin Natsu...
La ton inquiet de Lucy me fait la fixer attentivement, j'essaye de la rassurer par un simple regard or ça n'a pas l'effet escompté, pas du tout.
— Hey ne t'en fais pas, il n'aura jamais rien contre nous.
— Et si au contraire il avait un truc... bon sang Natsu s'il arrive à avoir ne serait-ce qu'une preuve il pourra nous faire chanter, ou pire, dévoiler notre couple à tout le monde !
Je prends la main de ma copine pour la serrer dans la mienne, ce geste la calme et je réussis à capturer son attention.
— Arrête de te faire des films. Je ne laisserai jamais cet enfoiré de nous faire chanter, donc ne t'inquiète surtout pas.
— Natsu a raison Lucy, puis moi aussi je vous aiderai ! Si je vois ce connard vous tourner autour je le recadrerai.
— Lis'...
Lucy lui prend la main, celle qui n'est pas dans la mienne pour la remercier. Je me contente de lui faire un hochement de tête, soulagé d'avoir un autre soutien.
Dire que c'est Lisanna, mon ex qui va nous prêter main forte... bordel si on me l'avait dit y a encore un mois je ne l'aurais absolument pas cru. Moi qui étais persuadé qu'elle serait notre ennemie numéro un, il s'avère que ce n'est pas mon ex mais celui de Lucy qui se trouve l'être.
Je suis tout de même content de mettre trompé sur Lisanna, de voir qu'elle est plus que sincère et nous veut que du bien malgré tout ce qu'il s'est passé entre nous.
— Merci d'être intervenue Lisanna. dis-je sincèrement.
Mon ennemie semble surprise par mes remerciements envers mon ex, cela dure seulement une seconde avant qu'elle me lance un doux regard qui me fait louper un battement de cœur.
Elle est heureuse de voir que je fais preuve de maturité malgré tout ce qu'il s'est passé et combien j'ai pu en vouloir à Lisanna après notre rupture. Je suis comblé de la voir fière de moi, je fais des efforts depuis que je suis avec elle, mais je les fais de bon cœur. Certes je suis loin d'être le mec parfait que Lucy mérite d'avoir, or je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour évoluer et prendre les bonnes décisions.
J'avoue que ce n'est pas toujours évident et que le naturel revient très souvent au galop, sauf que j'ai toute sa confiance et son soutien, c'est comme ça que j'arrive à avancer.
— Tu n'as pas besoin de me remercier Natsu, Lucy est mon amie et en plus de ça je déteste cet abruti de Léo !
Je pouffe en la voyant fixer avec colère l'endroit où Léo se trouvait il y a encore quelques minutes.
— Moi aussi. je lui réponds.
— Bon je vais vous laisser. Ne vous en faites surtout pas, je garde un œil sur Léo.
— Merci Lis', tu es géniale.
La benjamine des Strauss glousse en disant : "Je sais.", puis après un énième sourire échangé entre les deux amies, Lisanna part en direction des salles de classe.
— Pourquoi tu ne m'as pas dit que ce mec était revenu te parler ?
Ma question la fait revenir à la réalité. Ses orbes me montrent qu'elle ne regrette aucunement de ne pas m'en avoir parlé plus tôt, mais ça je m'en doutais.
Je connais parfaitement la raison, je suis persuadé que c'est par rapport à ce que j'ai pensé quand j'étais en train de réfléchir. Je préfère quand même qu'elle me le confirme de vive voix.
— Tu as deviné, non ?
— Oui mais...
— Alors tu sais pourquoi je n'ai rien dit. me coupe-t-elle.
— Lucy, je déteste savoir que ce type a déjà essayé de t'approcher.
— Je comprends mais je ne veux pas que tu t'en mêles Natsu !
Son sérieux me laisse sans voix, elle bien plus déterminée dans cette histoire que je peux l'être. On dirait que le simple fait que je puisse m'en mêler la stresse au maximum.
— Il s'agit de mon ex, donc c'est mon problème. Puis je ne veux pas que tu aies des soucis, tu as d'autres choses à faire en plus de ça.
Je le savais et pourtant je suis touché qu'elle me fasse passer avant elle, comme à chaque fois finalement.
— Alors déjà tes problèmes sont aussi les miens, ça ce n'est pas discutable.
— Natsu !
— Attends je n'ai pas fini.
Elle gonfle ses joues pour me montrer qu'elle n'est pas d'accord.
— Je vais me tenir à l'écart si c'est ce que tu souhaites, mais crois-moi que si je le vois encore une fois essayer de te parler, ou faire un truc de travers envers toi, je ne pourrai pas rester sans réagir.
— Voilà pourquoi je ne voulais rien te dire ! C'est ce qu'il cherche à faire, te provoquer ! Ne rentre pas dans son jeu, comme ça il laisserait vite tomber en voyant que ses provocations ne fonctionnent pas sur toi.
Pfff si ça ne marche pas, il trouvera un autre moyen pour me faire réagir, ce mec ne laissera pas tomber jusqu'à temps d'obtenir ce qu'il souhaite. À ce jour il veut simplement que je m'emporte et que je crame notre couverture à Lucy et moi, c'est ça son unique objectif pour le moment.
— Sauf qu'à un moment donné il va avoir besoin d'être corrigé s'il franchit la limite de ma patience.
— Promets-moi de ne rien faire !
Je lâche un soupire en baissant la tête. Je ne peux pas lui promettre cela puisqu'elle sait que je ne pourrai pas honorer cette promesse si son ex fait un pas de travers.
— Natsu s'il te plaît !
— Ça serait te mentir que de te le promettre, je préfère être honnête envers toi. C'est ce que tu m'as toujours demandé en plus, de ne pas te mentir alors je ne peux pas te faire cette promesse.
C'est à son tour de soupirer, sa main qui est toujours dans la mienne depuis le départ du rouquin, se presse un peu plus contre la mienne.
— Merci pour ta franchise, j'espère juste que tu ne feras rien. Je ne veux pas que tu te mettes dans une situation compliquée...
Je me fais violence pour ne pas la prendre dans mes bras, ce n'est pas du tout le lieu approprié pour faire ça, mais j'en crève d'envie putain !
— Natsu !
Mon cœur loupe un battement et je sursaute en même temps que Lucy qui a retiré sa main de la mienne comme si elle avait été brûlée.
Pour notre plus grand soulagement, celui qui vient de débarquer est seulement Jellal.
— Putain mec tu m'as fait une sacrée peur !
— Non mais qu'est-ce que tu fous ?! Le coach est grave en colère et c'est limite s'il accepte que tu participe à l'entraînement ! m'ignore Jellal.
— Pardon j'ai eu un contre temps.
Ses yeux perçants se posent sur Lucy qui lui sourit désolée. Il lâche un soupir en se frottant le front.
— Je me suis douté que si tu ne revenais pas c'est parce que tu étais avec Lucy. C'est pour ça que je me suis dépêché pour aller voir ce que tu foutais, sinon c'est Grey qui aurait débarqué.
— Mon dieu ! s'exclame la blonde horrifiée.
— Pas de panique il ne viendra pas vu que j'ai dit que je venais te chercher Nat'.
— Merci Jellal, tu es vraiment le meilleur putain !
— Allez magne-toi avant qu'on se fasse tuer par la coach.
— Ouais !
Après un coup d'œil à droite et à gauche, je dépose un rapide baiser sur les lèvres de Lucy. Cette dernière n'a même pas le temps de me le rendre puisqu'elle ne capte le baiser que quand je m'éloigne pour rejoindre notre ami.
— Pinky tu abuses là !
— Ça va, il n'y avait personne, je ne suis pas fou.
— Ça reste à prouver.
Je lui fais un doigt alors qu'elle me tire la langue, mais nos sourires trahissent notre amusement.
Jellal me fixe blasé, je lui demande ce qu'il a, ce à quoi il me répond :
— Le temps à beau passer, je ne réalise toujours pas que vous êtes ensemble.
Je ris à sa phrase avant de dire :
— À vrai dire moi non plus, mais c'est la meilleure chose qui ne me soit jamais arrivée...
— Moooh tu deviens si sentimentale c'est beau.
— Ferme-la, on croirait entendre ma frangine sérieux.
— Ça prouve qu'on va bien ensemble.
On ricane tout en rejoignant le gymnase, là où le coach nous m'attend de pied ferme. L'heure qui suivit était la pire que je n'avais jamais vécu et Grey ainsi que Sting, sans oublier face de clou se sont bien foutus de ma gueule.
Vendredi 18 Mars, 17h53, lycée Fairy Hils
Plus qu'un match, il ne manque plus qu'un match de qualifications avant que débute le tournoi inter-lycée. Même si nous somme sûrs de participer vu que nous avons gagné tous les matchs pour pouvoir nous qualifier, je veux finir sur une bonne note et remporter la victoire aujourd'hui également.
Non seulement on aura été qualifié pour participer au tournoi, mais en plus, on aura réussi en gagnant tous les matchs ! Ça serait juste super, mais je dois rester concentrer et ne pas m'emporter car rien n'est gagné. L'équipe qu'on va affronter est très forte, elle aussi elle a gagné tous les matchs de qualifications et compte également remporter cette victoire pour faire un sans faute.
La pression est deux fois plus grande puisque que nous sommes sur la même longueur d'ondes et combattons pour le même objectif.
Quand nous entrons sur le terrain, les cris des supporters nous font sourires. Comme à leur habitude, Sting, Gajeel et Elfman font leur kéké en saluant les gens dans les gradins comme s'ils étaient des stars.
Je balaye des yeux l'assemblée puis trouve sans trop de difficulté celle que je cherchais, en même temps elle est facilement repérable vu qu'elle porte mon maillot de basket orange clair. Le fait qu'elle le porte me rend heureux comme jamais, c'est tellement satisfaisant de voir sa copine porter son maillot de basket à l'un des matchs les plus importants.
La blonde me sourit discrètement en s'assurant que personne ne nous crame, avant de me faire un clin d'œil pas du tout innocent qui me donne envie de la rejoindre sur le champ.
— Je n'arrive pas à croire que Lulu l'ait fait !
Grey se place à mes côtés tout en faisant un coucou à sa meilleure amie qui le lui rend.
— C'est un gage, elle n'avait pas trop le choix.
— Tu sais bien que dès que ça attire l'attention sur elle, Lucy n'est pas à l'aise.
— Peut-être qu'elle évolue, qu'elle essaye de surmonter le regard des autres.
Mon meilleur ami me lance un regard avant de reporter ses yeux bleus foncés sur la blonde qui est en train de discuter avec ma sœur.
— Peut-être, en tout cas j'espère qu'elle surmontera cette peur qui la bouffe.
Je me mords la langue pour ne pas lui répondre un : "Moi aussi". J'étais à deux doigts de me cramer tout seul comme le premier des débutants !
Nous rejoignons le coach qui nous souhaite seulement bonne chance. Lui il s'en fout si on perd ce mach puisqu'on est déjà sûr de participer au tournoi inter-lycée, en tout cas c'est un stress en moins et je ne vais pas m'en plaindre.
— Bon les gars, je sais qu'on est qualifié pour le tournoi inter-lycée mais ça ne signifie pas qu'on doit se reposer sur nos acquis ! Cette équipe aussi est qualifiée, ce qui veut dire qu'on pourra éventuellement l'affronter lors du tournoi alors on va leur montrer ce qu'on a dans le ventre et remporter aussi ce match !
— Oui ! crient les gars en chœur.
Nous faisons notre cri de guerre avant de saluer l'équipe que nous allons affronter. Les joueurs se placent, l'arbitre lance le ballon en même temps qu'il siffle, annonçant que le match a débuté.
...
Alors que la mi-temps touche presqu'à sa fin, je fixe une énième fois le panneau qui affiche les scores tout en soufflant. Égalité.
À chaque fois qu'on arrive à marquer un panier, ils marquent également quelques secondes après. Cette équipe est très forte et aussi déterminée que nous le sommes, ce qui est très déstabilisant.
Une main se pose sur mon épaule, c'est sans détourner le regard du panneau que je prononce :
— Ils sont forts.
— Ouais mais nous aussi on l'est Nat', alors ne déprime pas.
— Je ne déprime pas !
Grey grimace, il ne me croit pas du tout.
— À peine.
— J'te jure que je ne déprime pas, c'est juste déstabilisant. On dirait nous en vrai, tu ne trouves pas ?
— C'est vrai, mais c'est ce qui rend le truc amusant. Si on gagne c'est comme si on gagnait contre nous-même.
— C'est chelou dit comme ça.
Il lève les yeux au ciel en me poussant légèrement.
L'arbitre nous informe que le match va reprendre, je bois deux gorgées d'eau avant de revisser le bouchon de ma bouteille et la remettre dans mon sac. Quand je lève le regard vers les gradins pour observer les filles et Rogue, mes yeux sont comme attirés par un point et c'est avec grande surprise que j'aperçois ma mère assise dans les gradins avec Roméo sur les genoux.
Qu'est-ce qu'ils font là ? Ils ne m'ont pas dit qu'ils assisteraient au match. Certes ce n'est pas la première fois qu'ils sont présents mais d'habitude ils me préviennent.
Ma mère s'aperçoit que je l'observe, elle chuchote quelque chose à mon petit frère ce qui fait que le dernier de la famille tourne ses grands yeux vers moi. Son sourire illumine son visage et il me fait d'énormes gestes avec ses bras pour me faire comprendre qu'il m'encourage.
Je souris amusé en lui faisant moi aussi un petit geste de la main pour lui répondre. Sauf que quand je m'apprête à rejoindre le terrain pour reprendre le match, mes yeux dérivent et se posent sur une personne que je ne croyais jamais voir ici : mon père.
J'écarquille les yeux et entre ouvre la bouche choqué. J'ai beau me pincer je ne me réveille pas, je ne suis pas en train de rêver, mon père est bien présent dans les gradins à côté de ma mère et mon petit frère. Mon cœur s'emballe, je ne comprends pas du tout ce qu'il fout ici, lui qui a toujours dit que jamais il n'assisterait à un de mes matchs de basket.
Qu'est-ce qui lui a fait changer d'avis ? Ce n'est certainement pas ma mère qui a réussi à le convaincre, ni ma sœur et encore moins mon frère... quelque chose m'échappe. Or je perds totalement le fil de mes pensées quand j'aperçois mon paternel lever son avant-bras et serrer le poing tout en me fixant fièrement, comme il ne l'a que très peu de fois fait.
Un petit sourire décrispe ses traits durs, un sourire bienveillant et plein d'encouragements. Je n'arrive pas à le croire, c'est comme si je vivais dans un rêve...
— Natsu faut qu'on se place là !
— Grey, mon père est là !
— Quoi ?!
Mon meilleur ami se place devant moi pour que je le fixe, ce qui coupe le contact visuel avec mon paternel.
— Mon père est dans les gradins, y a aussi ma mère et mon p'tit frère.
— Ton père ? répète mon meilleur ami comme si j'étais fou.
— Ouais... je ne sais pas ce qu'il fout là...
Celui aux cheveux ébène cherche des yeux ma famille et quand il l'aperçoit, il lâche un juron :
— Bordel de merde y a vraiment ton père !
Grey qui est presqu'aussi choqué que moi de voir Ignir Dragneel, celui étant contre que son fils aîné fasse une carrière professionnelle dans ce sport et n'ayant jamais voulu assister à un seul mach depuis que je suis un gosse. Voilà qu'il se trouve là, à assister à un match !
Mon meilleur ami se pince également le bras, comme je l'ai fait juste quelques secondes avant lui.
— Ce n'est pas un rêve Nat' ! Y a vraiment ton père dans les gradins ! Bon sang j'hallucine !
Il pose ses deux mains sur mes épaules tout en me secouant doucement. Je ris face à ses secousses, sa réaction m'amuse plus qu'autre chose.
— Hé la salamandre et le glaçon ! Vous croyez que c'est le moment de se pécho là ?!
— Ferme-la face de clou ! je gueule tout en lui lançant un regard sombre.
Grey finit par me lâcher et nous rejoignons le terrain en nous excusant auprès de l'arbitre. Le match reprend alors et c'est avec une détermination sans faille que je suis prêt à tout pour remporter la victoire.
Tu vas voir de quoi je suis capable papa !
...
Le coup de sifflet final résonne dans tout le gymnase alors que je viens de marquer un panier à la dernière seconde.
Deux ou trois secondes s'écoulent sans que rien ne se passe, puis le panneau des scores change. L'égalité qui était présente pratiquement tout le long du match se dissipe quand le score de mon équipe augmente de deux points. Nous avons gagné !
Les cris des supporters comblent le silence, ils envahissent mes oreilles et je ne distingue plus rien d'autre que leurs hurlements.
Grey est le premier à me rejoindre, il me prend dans ses bras rapidement avant de me secouer comme un prunier.
— Bon sang on a gagné ! On a réussi à battre cette équipe super forte Nat' !
— Natsuuuu on a gagné !!! J'ai bien fait de te passer le ballon à la dernière seconde n'empêche. déclare Sting en courant vers nous.
— T'en loupe pas une Sting. se marre Jellal.
— Joli tire capitaine.
Luxus me fait un petit sourire fier qui me contamine rapidement.
— Notre capitaine est un vrai homme, un vrai ! s'exclame joyeusement Elfman.
— Ouais c'était un coup de chance car une seconde de plus et on aurait été à égalité... ronchonne Gajeel.
— Ferme-la face de clou, on a gagné c'est le plus important !
Sting le dévisage saoulé de son pessimiste, moi je n'ai pas la force de le faire...
— Il n'y a pas de quoi être fier blondie. On a gagné seulement d'un point d'avance, on était à un cheveu de perdre ! Réveillez-vous, vous croyez que les équipes qui ont été qualifiées au tournoi inter-lycée sont moins fortes ? Non elles sont identiques à celle qu'on vient de se confronter alors il ne va pas falloir se reposer sur nos acquis et donner tout ce qu'on a !
Les paroles de Gajeel m'étonnent. Je suis d'accord avec ce qu'il vient de dire, ce n'est pas le problème, c'est le fait qu'il dise quelque chose de sensée et d'intelligent qui me surprend. Ce discours là aurait pu être débité par Luxus, Jellal, Grey ou encore par moi-même, mais par Gajeel ? Bah c'est étonnant !
Puis vu les regards que lancent mes camarades à ce dernier, je capte qu'ils sont de mon avis. Le fait que nous pensions à l'identique agace le joueur qui nous assassine tous des yeux.
— Non mais arrêtez de me fixer comme si j'avais dit un truc incroyable ! J'ai l'impression d'être pris constamment pour un crétin.
— Bah... disons que c'est le cas.
— Sting ! le gronde le petit copain d'Erza.
— Pff, c'est l'hôpital qui se fout de la charité ! Entre nous tous c'est toi le plus bête blondie.
Une veine se forme sur la tempe de Sting, il dévisage Gajeel alors que ce dernier lui sourit moqueusement.
— Répète pour voir.
— Wow wow wow ! Les mecs ce n'est ni l'endroit, ni le moment de se battre ! On vient de gagner un match putain ! Soyez mature bordel ! intervient Grey en se plaçant entre eux.
— Grey a raison ce n'est pas le moment, cela dit, je suis d'accord avec Gajeel.
Tous les regards se tournent dans ma direction et cette fois, c'est moi qu'on regarde comme si je venais de dire un truc improbable.
— Attends tu viens vraiment de confirmer que je suis bête ?!
Je roule des yeux en soupirant face à la question de Sting.
— Mais non ! Je confirmais ses dires pour le fait qu'on va croiser des équipes encore plus fortes que celle-ci ! Aujourd'hui nous avons gagné de justesse, il ne faut pas que l'on perdre notre objectif et nous allons nous entraîner encore plus dur pour progresser encore et encore !
— Pour ça il faudrait que tu arrives à l'heure aux entraînements.
Le tacle de Luxus fait rire Jellal et Grey. Sur ce point il n'a pas tort, je vais devoir faire des efforts de timing.
— Tu as raison, je promets que je ne serai plus en retard !
— Dans ce cas je promets de me donner à fond lors des entraînements ! dit le blond aux yeux bleus en souriant.
— Je promets de trouver davantage de stratégies pour l'équipe. sourit Jellal.
— Je promets de toujours soutenir notre capitaine et chacun des joueurs de notre équipe, même Gajeel. enchaîne Grey en se prenant un regard noir de l'ex de Levy.
— Je promets de ne jamais louper un panier, comme le vrai homme que je suis !
— Elfman, ta phrase ne veut strictement rien dire... soupire Luxus. Moi je promets de faire suer chaque équipe adversaire en les bloquant comme il se doit.
Alors que vient le tour de Gajeel de faire une promesse comme chacun d'entre nous vient de le faire, il ne prononce pas un seul mot. Nos orbes braqués sur lui le fait froncer des sourcils.
— Quoi ?
— C'est à ton tour Gajeel. l'incite Jellal à poursuivre.
— Pfff, je n'ai rien à promettre puisque je suis le meilleur.
Sting explose de rire sous le regard sombre de celui à la longue chevelure.
— Laisse-moi rire ! Tu pourrais promettre d'être moins un chieur par exemple ? Où de faire des efforts pour t'entendre avec les membres de ton équipe ? prononce Sting avec ironie.
— Oh non je sais ce que je vais promettre.
Son sourire sadique nous annonce d'entrée que sa promesse ne va pas du tout nous plaire.
— Je promets de vous casser les couilles jusqu'à la fin de l'année !
— Gajeel sérieux... souffle Jellal exaspéré.
Or je me mets à rire, rire sincèrement et de bon cœur ce qui semble choquer le gars, pensant sûrement que j'allais m'énerver contre face de clou. Je n'ai pas envie de me mettre en colère ou de me battre, je n'ai pas envie de ça car rien ne pourra me mettre de mauvaise humeur ce soir, rien du tout.
Puis il s'agit de Gajeel, jamais il ne changera de toute manière, donc autant accepter cette fatalité plutôt que de s'énerver pour rien obtenir au final.
L'arbitre nous coupe ensuite pour qu'on aille saluer l'équipe adversaire. Une fois fait, nous allons retrouver notre coach qui nous félicite en disant qu'on s'est très bien débrouillé malgré la férocité et la force de nos adversaires.
Ensuite, les gars se dirigent vers les vestiaires pour prendre une douche et se changer. Quand Grey m'appelle pour me demander ce que je fiche, mon sourire lui fait comprendre que j'irai prendre ma douche plus tard.
— Bon courage avec ton père Nat'.
— Merci Grey.
Il hoche la tête avant de trottiner pour rejoindre notre équipe, déjà dans le couloir menant aux vestiaires.
Mes yeux balayent les gradins pour essayer de trouver ma famille, mais ils ne sont plus assis aux places qu'ils occupaient. Je commence à les chercher un peu partout dans le gymnase et c'est quand je me retourne que j'aperçois mon père, en train de faire une poignée de main au coach.
Mes yeux s'agrandissent quand je vois le sourire qu'aborde mon paternel, il rayonne, comme s'il s'agissait d'un autre homme, un homme qui ressemble trait pour trait à Ignir Dragneel, sauf que sa personnalité est différente. Je n'entends pas ce qu'ils se disent, tout ce que je peux en déduire c'est que les deux hommes ont l'air ravi de cette rencontre.
Ma mère se trouve au côté de son mari avec Roméo près d'elle. Elle a l'air si heureuse elle aussi, mon cœur s'emballe et je me dépêche de les rejoindre.
— Oh voilà mon champion ! s'exclame le coach en posant une main sur mon épaule.
Mon père me lance enfin un regard, il est bienveillant ce qui me fait louper un battement de cœur. C'est si rare de le voir me lancer un tel regard que je pensais ne plus jamais le revoir un jour.
— En tout cas ça a été un honneur de vous rencontrer monsieur Dragneel.
Le coach serre de nouveau la main de mon père avec le sourire.
— Vous aussi madame Dragneel.
— Tout le plaisir était pour nous ! répond-elle.
Les deux s'inclinent pour se saluer, avant que le coach ne s'éloigne de nous.
Ma mère se précipite pour me serrer contre elle ce qui me prend de court.
— Bravo Natsu, tu as été incroyable face à cette équipe qui était très forte ! Je suis très fière de toi mon fils !
Mes bras viennent entourer la petite taille de ma mère, un sourire se forme et mon cœur continue de battre rapidement.
— Merci maman.
Elle s'éloigne ensuite quelques secondes après en me fixant tendrement, c'est au tour de mon père de se placer devant moi.
— Papa...
— Écoute, je sais que tu es choqué de me voir ici alors que je t'ai toujours dit que je ne viendrai jamais te voir jouer.
Je ne peux m'empêcher de baisser la tête en ressentant une petite douleur au niveau de la poitrine. Il me l'a toujours dit et je l'ai accepté sans chercher à le convaincre, contrairement à ma mère ou ma sœur. Je savais que cet homme ne changerait pas d'avis, peu importe ce qu'on lui dirait... alors j'ai baissé les bras avant d'avoir tenté quoi que ce soit.
J'ai toujours été profondément triste rien qu'à la pensée que mon père ne me verrait jamais jouer. Cependant je gardais ma douleur au plus profond de moi en me mentant à moi-même, me disant que ce n'est pas si grave, que je finirais pas m'en foutre à un moment donné. Sauf que ça n'a jamais été le cas, jamais...
— Je ne pensais jamais changer d'avis tu sais... mais hier ton professeur principal nous a téléphoné pour nous dire que que tu avais fait de gros progrès et que les premiers retours sur tes examens blancs étaient prodigieux.
— Sérieux ?
Alors ça pour une surprise c'en est une ! Non seulement mon prof a prévenu mes parents des efforts que j'ai fourni depuis la mise en garde de mon père, mais en plus mes examens blancs sont prodigieux ? Non mais dans quel monde je vis ?
Jamais je n'aurais pensé que examens et prodigieux seraient associés dans la même phrase, jamais de la vie !
— Oui sérieux. ricane-t-il. Alors j'ai compris ses paroles et vu tes efforts, donc j'ai décidé d'en faire aussi.
Je cligne plusieurs fous des yeux en ne comprenant pas très bien ce qu'est en train de m'avouer mon paternel. Comment ça il a compris "ses" paroles ? Les paroles de qui au juste ?
— Attends, que veux-tu dire par "ses paroles" ?
Ignir sourit amusé, mes sourcils se froncent d'un seul mouvement ne comprenant toujours pas où il veut en venir.
— Allons tu ne devines pas ?
Je n'ai même pas le temps de secouer la tête pour lui répondre, il est en train de me montrer à l'aide de son regard, qui est la fameuse personne en question.
Je me retourne assez vite, voulant à tout prix avoir le fin mot sur cette histoire et quelle n'est pas ma surprise quand j'aperçois que celle de qui parle mon père n'est autre que Lucy.
J'hausse alors les sourcils en même temps que mes yeux s'ouvrent en grand. La blonde est actuellement en train de nous observer avec Erza, elles ont l'air toutes les deux choquées de voir mon père ici, comme j'ai pu l'être et le suis encore d'ailleurs.
— Lucy ? C'est Lucy de qui tu parles ?
— Oui.
Je tourne le dos à ma copine pour réaffronter mon paternel qui n'a pas perdu sa mine amusée, on dirait que la situation lui plaît beaucoup.
— Elle est venue me parler il y a quelques semaines en m'expliquant combien le basket était important pour toi et plein d'autres choses du même style. Elle voulait me convaincre de venir à ce match justement mais j'ai refusé, elle était très déçue or elle n'a pas plus insisté en comprenant que ça ne servait à rien. Sauf que quand ton professeur nous a appelé, ma vision des choses a changé et les paroles de Lucy m'ont atteint.
Je me frotte le front complètement abasourdi par ce que je viens d'apprendre. Mon père a changé d'avis certes, mais c'est tout de même grâce à Lucy qu'il est présent ici aujourd'hui dans ce gymnase. C'est elle qui a tout essayé pour lui parler et le convaincre et la connaissant, c'est une idée qu'elle devait avoir depuis un sacré bout de temps.
Je n'ai rien deviné n'empêche, je sais que ça la touchait que mon père ne s'intéresse pas plus que ça à ma passion. Elle se sentait aussi coupable de la mise en garde qu'il m'a lancé, mais jamais je n'aurais imaginé qu'elle passerait à l'action pour me venir en aide, dans le plus grand des secrets.
Bordel à tous les coups elle voulait faire quelque chose pour moi vu qu'elle trouve que j'en ai beaucoup fait pour elle ces derniers temps... je n'y crois pas... elle est tellement... tellement fabuleuse et ça je l'ai toujours su, même quand on se détestait.
— Je suis heureux que tu aies trouvé une fille comme elle, ne la laisse pas partir et rends la heureuse.
Mon regard étonné le fait rire.
— Pas la peine de nier, j'ai bien vu vos regards, puis tu as dit Lucy et non Luigi.
Je jure intérieurement de m'être fait démasquer comme un débutant. Mon père reprend vite son sérieux en posant une main sur mon épaule.
— Je suis désolé de ne pas avoir fait d'efforts Natsu, tu aurais dû avoir le soutien de ton père et je n'ai pas été à la hauteur, je souhaite me racheter. Tu as été incroyable lors de ce match et je vois ton talent désormais. Certes je préfère que tu choisisses une voie plus sûre, mais je ne me mettrais pas en travers de ton chemin si tu veux poursuivre ton rêve. Peu importe ce que tu feras à l'avenir, rien au monde ne changera le fait que je suis extrêmement fier de toi Natsu, fier de mon fils aîné.
Putain de merde ! Mes yeux me brûlent et je comprends très bien la raison, mes larmes menacent de couler sauf que je refuse de chialer devant mon père.
Le fait que ma mère elle, ne se gêne pas pour pleurer ne m'aide pas du tout. Je sais qu'elle attendait ce moment depuis une éternité et l'émotion l'a submergé. Roméo fait de son mieux pour ne pas pleurer lui aussi, ses prunelles brillent à cause de ses larmes qu'il arrive à contenir.
Mon paternel me lance cette fois plus qu'un regard bienveillant, il est mélangé à de la fierté et celui là aussi je ne pensais jamais le revoir... revoir de la fierté dans le regard de mon père.
Il m'attire contre lui pour me serrer dans ses bras. C'est une étreinte particulière je dois avouer mais je l'apprécie énormément, plus que je n'aurais pu l'imaginer.
— Merci papa.
...
Douché, changé et parfumé, je sors des vestiaires vides en m'apprêtant à rejoindre les gars qui ont dit m'attendre dehors avec le reste de la bande. Néanmoins, je me stoppe en apercevant une silhouette appuyée contre le mur d'en face.
Lucy se tient là, l'air complètement confus, les joues rouges comme si elle étouffait et les yeux embués, elle retient ses larmes.
Quand nos regards se croisent, elle se décolle du mur mais elle ne s'approche pas de moi. Quelque chose la retient, elle semble avoir peur et je sais exactement ce qui la bloque.
— Natsu je...
Ne réfléchissant pas, je lui attrape la main en la tirant pour la faire entrer dans les vestiaires derrière moi, ne voulant pas que quelqu'un nous surprenne.
Ma copine se laisse faire, après avoir fermé la porte, je ne perds pas plus de temps et l'embrasse passionnément n'en pouvant plus. Putain ça fait depuis le début du match que j'ai eu envie de le faire, depuis que je l'ai vu porter mon maillot. Puis mon envie a augmenté quand j'ai su que c'est grâce à elle que mon père est venu me voir jouer aujourd'hui.
La blonde répond à mon baiser en posant ses délicates petites mains sur mes hanches alors que les miennes encadrent son sublime visage.
Nous nous séparons après notre baiser enflammé, mon sourire la détend et je m'amuse à caresser ses pommettes de mes pouces.
— Mon maillot te va bien, tu ne trouves pas ?
— C'est vrai.
Elle sourit doucement, mais je la sens toujours crispée. Je colle alors mon front contre le sien et ferme les yeux avant de lui avouer pour la première fois :
— Je t'aime.
Son corps se crispe davantage et c'est quand je sens un liquide chaud couler le long de mes mains que je me décide d'affronter ses prunelles chocolatées.
Elle pleure d'émotion, je savais bien qu'elle retenait ses larmes mais mon aveu a fait céder la barrière.
— Je t'aime Lucy et je me rends compte chaque jour que j'ai énormément de chance de t'avoir près de moi. Je suis heureux que tu m'aies choisi et que tu me soutiennes.
Ses mains agrippent fermement mon t-shirt au niveau de mes hanches, comme si elle avait peur de perdre l'équilibre à tout instant ou que ce moment s'envole en se rendant compte qu'elle est en train de rêver.
— Natsu... je... j'ai eu peur que tu m'en veuilles quand j'ai vu que ton père t'avait dit que j'étais venue lui parler... je voulais vraiment t'aider pour une fois, te rendre la pareille car je n'ai jamais eu l'occasion de t'apporter de l'aide alors que tu le fais sans cesse pour moi. Je sais que ce n'est pas un concours mais je voulais réellement t'aider pour une fois, que nos rôles s'inversent. Sauf que ça n'a pas marché...
— Arrête je t'en prie. Si mon père a changé d'avis c'est grâce à toi alors je ne veux rien entendre sur ce sujet. Comment tu as pu penser que je t'en voudrais ? Bordel tu voulais m'aider, même si ça avait foiré jamais je ne me serai fâché contre toi, jamais Lucy.
— J'ai eu peur que tu me dises que ça ne me regardait pas ou que je n'avais pas à me mêler de tes affaires...
Avec mes pouces, je caresse tendrement ses joues tout en essuyant ses larmes au passage. Mes caresses la décrispent mais sa poigne en revanche ne se desserre pas.
— Je t'aime Natsu, j'avais peur de te le dire mais je ne sais pas pourquoi je me suis autant retenue... c'est ridicule.
— Au contraire, j'avais aussi peur de te le dire et de passer pour un con mais au final, on était tous les deux bêtes de s'en faire pour si peu.
— Tu as raison.
Son sourire étire enfin ses lèvres pour mon plus grand plaisir.
— Je t'aime et je suis heureuse d'être tombée amoureuse de toi, mon pire ennemi, mon insupportable Pinky... mon Natsu Dragneel.
Alors que j'allais lui répondre, elle capture mes lèvres pour me rendre le baiser de tout à l'heure avec la même passion.
Je suis également heureux d'être tombé amoureux de ma pire ennemie, cette hystérique de Luigi ainsi que ma Lucy Heartfilia.
Je n'échangerais ma place pour rien au monde. Bordel moi qui pensais que je ne pouvais pas être plus heureux que ça il y a encore deux jours, là je crois que rien ne pourra surpasser le bonheur que je ressens, rien du tout.
Vouci le chapitre 29 !
J'espère qu'il vous aura plu !
N'hésitez pas à me donner votre avis le plus sincère !
Réponses aux commentaires laissés :
Elena : Trop cute :) À quand la "révélation" pour Grey ? ;)
Réponse : Très, très, très prochainement XD
