Hey ! Oui, enfin la suite ! Désolé pour l'attente, je commence vraiment à avoir du mal avec cette histoire, vivement qu'elle se termine. D'ailleurs, je pense qu'il ne reste que deux chapitres. Je vais essayer de faire vite pour les suivants et vite passer à autre chose.
Désolé, c'est pas le chapitre du siècle non plus 😬 Ça coince un peu.
Bonne Lecture !
CHAPITRE XI
•••
Mardi 14 Juillet, 8h, Hôpital, National City :
Pour une fois et ce depuis longtemps, l'hôpital était plutôt tranquille en ce début de journée. Accoudée au meuble de la réception, Kara buvait son café d'un air absent, fronçant les sourcils en lisant le journal du jour. Ses yeux parcouraient les mots d'un air concentré, mais pas vraiment sur sa lecture.
— Tu as ta ride, commenta soudainement une voix à ses côtés, la sortant de ses pensées dans un léger sursaut.
— Quoi ? répondit Kara d'un air un peu perdu, n'ayant pas vraiment enregistré les mots qui lui étaient destinés.
— Je disais, reprit Alex, s'appuyant à son tour à l'accueil aux côtés de sa sœur. Que tu as ta ride.
— Non, c'est pas vrai, fit immédiatement la blonde en fronçant les sourcils, posant ses doigts entre eux.
Ce geste fit ricaner la plus âgée. Parfois, elle avait vraiment l'impression de se retrouver avec une enfant quand elle était avec l'urgentiste.
— À quoi tu penses ?
— À rien. Je m'ennuie ! répliqua immédiatement l'ex soldat, soupirant dramatiquement et abandonnant le journal en le remettant où elle l'avait trouvé. Il s'est passé quoi cette nuit ? L'hôpital du centre à récupéré tous nos patients ou quoi ? ronchonna-t-elle, regardant avec exaspération la salle d'attente quasiment déserte.
Alex leva les yeux au ciel, buvant une gorgée de son café qu'elle venait de partir chercher chez M'gann.
— Tu devrais être contente de ça Kara. Un peu de repos ne peut pas faire de mal.
— Mais je m'ennuie ! répéta la blonde avec une exaspération enfantine.
— Et donc, si je résume, tu souhaites que des gens soient malades ou blessés pour ne plus que tu t'ennuies ?
— … Ce n'est pas ce que j'ai dit…..
La chirurgienne eut un petit rictus moqueur, appréciant de taquiner sa cadette.
— C'est ce que ça voulait dire.
— … Laisse-moi tranquille. Méchante, bouda la Kryptonienne, en se mettant à ignorer théâtralement son aînée, tournant son attention vers des papiers qui traînaient, les regardant pour se donner un air occupé.
Alex sourit à ça, puis un silence tranquille s'installa entre elles. Du moins, celui-ci était tranquille et reposante pour la Danvers, Kara, elle, de son côté, ne s'enfonçait qu'un peu plus dans son ennui. Elle avait besoin de s'occuper ! Mais comment était-elle censée le faire quand elle n'avait rien à faire ?! C'était un comble ça. Jamais elle n'avait pensé pouvoir dire ça un jour.
— Alors ? intervint finalement Alex, les mains autour de son gobelet encore chaud.
— Alors quoi ? répondit la blonde d'un air faussement hautain, lui faisant comprendre qu'elle la "boudait" toujours.
Automatiquement, un énième petit sourire vint s'installer sur ses lèvres à cette réaction.
— Comment ça c'est passé ?
— Quoi ?
— Tu sais très bien de quoi je parle Kara. Ne m'oblige pas à employer la manière forte pour te faire parler, menaça faussement Alex, envoyant un air entendu à sa voisine.
Celle-ci se renfrogna encore plus.
— Non, je ne vois pas de quoi tu parle-
Elle ne termina pas sa phrase, un doigt venant se poser sur ses côtes chatouilleuses, la faisant sursauter dans un petit cri de surprise.
— Non mais…. T'arrêtes de m'embêter oui ?!
— Non, ricana la Danvers. Allez, accouche. Sinon je recommence.
— ….. Tortionnaire….
— J'attends.
Kara soupira, ne répondant pas immédiatement, ne sachant en réalité pas quoi dire. Finalement, elle se passa une main dans les cheveux et se tourna vers sa soeur :
— On…. A parlé. Beaucoup. Je me suis expliquée sur mon comportement, pourquoi j'ai agit ainsi…. Puis Lena s'est expliquée à son tour, m'expliquant comment elle avait vécu la chose, combien je… Je lui avait fait mal…. Elle m'a aussi parlé d'elle, de ses expériences passées, combien elle avait souffert, que ce soit à cause d'hommes ou de femmes et… Parler autant de nous, de nos faiblesses, de nos blessures… C'était pas vraiment agréable sur le moment, mais en fait, je crois que ça nous a fait du bien. Alors, j'imagine que ça va prendre un peu de temps pour qu'on passe au-dessus de cette histoire, mais j'ai bon espoir qu'on y arrive, finit par sourire légèrement la blonde, redressant ses lunettes sur son nez, son regard perdu sur un point invisible.
Alex hocha la tête, un sourire aussi sur les lèvres, contente que sa relation avec la milliardaire semble repartir dans la bonne direction.
— Alors…. Tu vas enfin te lancer ? demanda la plus âgée après une certaine hésitation, ne sachant pas vraiment si c'était une bonne chose de partir là dessus, mais elle avait besoin de savoir, savoir si enfin, sa sœur allait pouvoir avancer grâce à la PDG.
— Me lancer ? fit Kara avec un froncement de sourcil. De quoi parles-tu ?
La Danvers hésita encore quelques instants, puis finalement elle continue. Quitte à avoir commencé, autant terminer :
— Tu te sens prête à…. Passer à autre chose ? Te lancer avec Lena dans une nouvelle relation ?
Les sourcils de l'urgentiste se haussèrent, puis elle eut un ricanement nerveux :
— Tu… Euh…. Quoi ? Qu'est-ce que tu vas t'imaginer là ? Nous sommes amies, c'est tout.
Alex prit immédiatement un air blasé :
— Amies ? Kara…. Lena et toi êtes aussi amies que Sam est saine d'esprit.
— Non vraiment… Nous sommes a-
— Kara tu-
— Arrêtes Alex !
La chirurgienne se stoppa immédiatement, fixant sa sœur soudainement tendue.
— Nous…. Nous avons convenu hier, que quoi qu'à pu être notre relation jusqu'à présent… Nous resterons maintenant qu'au stade de l'amitié. Nous le ferons parce que si cette histoire nous a bien fait comprendre une chose, c'est… Qu'aucune de nous n'est prête pour… Autre chose.
— Aucune de vous, ou juste toi ?
Alex ne se voulait pas accusatrice, elle voulait simplement que Kara voit la vérité en face. A son sens, ce n'était pas elles qui n'étaient pas prêtes, mais bien juste Kara. Lena avait semblé plus que prête pour aller de l'avant avec sa sœur. C'était Kara qui avait en réalité toujours reculé à partir du moment où ça devenait trop à gérer pour elle.
— Disons que… Si Lena avait été prête, c'est plus vraiment le cas avec ce qui s'est passé.
La Danvers soupira. Pourquoi tout devait être aussi compliqué avec elles ? Et surtout…. Quand sa sœur se laisserait-elle enfin aller ? Elle avait vraiment cru que Lena serait la femme qui permettrait enfin à sa cadette de passer à autre chose, mais plus le temps avançait, plus elle commençait à avoir des doutes…. Surtout si la brune se mettait à son tour à douter de ce qu'elle voulait avec Kara. Après, si la Kryptonienne lui avait vraiment tout dit, elle pouvait comprendre que Lena ne se sente pas de rivaliser avec un mort, qui de toute évidence, aurait toujours énormément d'importance pour Kara.
— Tu sais Kara, je veux pas que tu crois que je te pousse, que je te force, c'est…. Pas comme ça a l'air. J'aimerais juste que…. Tu sais…..
Elle ne savait pas comment s'exprimer. Ça l'a tuait tellement de voir sa sœur aussi hantée par son passé… Elle voulait juste qu'elle parvienne à aller de l'avant, qu'elle se sente mieux, heureuse. S'il y avait bien une personne sur cette fichue planète à mériter le bonheur, c'était bien elle….
— Je sais Alex, sourit affectueusement la blonde, comprenant parfaitement que sa sœur ne voulait pas être lourde et qu'elle s'inquiétait juste pour elle.
La chirurgienne lui rendit son sourire, soulagée que la blonde comprenne qu'elle s'inquiétait juste pour elle, puis finalement, elles repartirent dans une conversation plus banale et légère, avant d'avoir enfin de quoi s'occuper quelques instants plus tard.
•••
Mercredi 15 Juillet, 15h, Plage, Rio de Janeiro :
Lena se pinça les lèvres, regardant un point bien précis sur la plage, oblitérant totalement autre chose. Elle n'entendait pas le groupe de jeunes qui discutaient non loin d'elle. Elle n'entendait pas l'enfant à deux pas, qui pleurait en s'étant écorché le genou. Non, elle n'entendait rien, bien trop concentré sur son objectif et se répétant mentales des mots qu'elle avait pensé et pensé depuis plusieurs jours.
Aujourd'hui elle y était. Il était tant qu'elle assume ses conneries et qu'elle ait le courage d'affronter ses responsabilités. Elle inspira un bon coup, puis expira et enfin elle débuta sa marche sur l'étendu de sable doré. Arrivée à destination, elle se stoppa à côté d'un transat, son regard se posant sur le cliché même de la vacancière, la femme devant elle étant étalée de ton son long sur la chaise, un chapeau sur la tête, des lunettes de soleil devant les yeux, un maillot de bain deux pièces laissant appaître la peau légèrement tanée.
— Tu me fais de l'ombre. Mets toi donc de l'autre côté avant de me présenter tes excuses tu veux ? déclara Sam d'un ton nonchalant, ne bougeant pas d'un pouce, si ce n'était pour apporter la paille de son cocktail à ses lèvres.
Un léger rictus apparut immédiatement sur les lèvres de la brune. D'un côté, il était légèrement nerveux, puis d'un autre, elle ne pouvait s'empêcher d'être amusée. Nerveux parce qu'elle s'en voulait énormément de son comportement odieux envers cette femme fantastique et amusée parce que… Eh bien parce qu'importe les circonstances, Sam restait Sam.
Lena se décala sur le côté, n'ajoutant rien sur le moment, ne sachant par où commencer.
— Tu sais, quitte à faire des milliers de kilomètres pour me rejoindre, autant faire quelque chose non ? Alors à défaut de parler, tu aurais pu ramener une feuille de palmier et me faire du vent au moins.
Autre rictus. Oui, elle restait Sam. Ce qui était à la fois une catastrophe et la meilleure chose au monde.
— Je suis désolé, finit enfin par lâcher la milliardaire. Je me suis comportée comme une sale conne. Tu ne méritais absolument pas que je te parle ainsi.
— Hum, hum, lâcha simplement Sam d'un air de je m'en foutisme total, son regard braqué droit devant elle, qui menait pile sur un terrain de Beach Volley, celui-ci envahit de plusieurs spécimens…. Fort intéressant à regarder.
Lena fronça les sourcils, avant de remarquer où regardait son amie et elle leva les yeux au ciel. L'avait-elle même seulement écouté ? Enfin…. Elle ne pouvait clairement pas se plaindre ici… C'était-elle qui était en faute, pas l'inverse.
— J'ai… J'étais en colère et…. Comme d'habitude… Je me suis renfermée sur moi-même et j'ai fait ressortir à la place mon pire côté… Et comme d'habitude dans ces moments là…. Tu es celle qui t'en prend plein la gueule. C'est toi et toi seule à chaque fois parce que…. Parce qu'en réalité tu es la seule qui a toujours été présente. Chose que je ne comprends parfois vraiment pas…
Il n'y eut toujours aucune réaction du côté de Sam, du moins, pas avant qu'un des volleyeurs s'approche pour récupérer son ballon. À ce moment-là, la châtain lui envoya immédiatement un sourire charmeur dont elle seule semblait avoir le secret et le blond lui renvoya en plus timide, avant de repartir maladroitement vers ses amis.
— Pardon chérie tu disais ? fit hautainement Sam en tournant enfin un peu la tête vers la PDG.
— …
Ok, elle voulait lui en faire baver…. c'était mérité.
— Bien. Si tu n'as rien à ajouter, mon incroyable personne se retire, reprit Arias en se levant. Je ne voudrais pas encore t'attirer d'ennuie en restant trop longtemps avec toi, ajouta-t-elle avec un sourire moqueur.
Lena ferma les yeux devant la pique, alors que la femme d'affaires se penchait pour récupérer ses affaires.
— Sam… S'il te plaît il faut qu'on-
— Écoute, c'est très gentil d'être venue me voir comme ça, mais tu as le pire timing du monde. J'ai comme passé trois heures sur cette plage à jouer au steak haché en me cuissant la couenne du côté pile et du côté face et tu arrives juste au moment où Batou m'attend.
— Bat….. ou ? répondit Lena avec incompréhension, suivant du regard la femme qui rangeait ses affaires
— Notre cher Bruce Wayne.
— Tu…. As vraiment été faire du saut en parachute avec lui l'autre jour ? continua la Luthor d'un air dubitatif.
— Évidemment que je l'ai fait ! Et tu sais quoi ? Tout comme Superman et la Kryptonite, notre cher Wayne à un petit point faible. Il ADORE les jolies femmes et sans vouloir me vanter, je pense que dans un musée d'oeuvre d'art, je serais la pièce maîtresse, se vanta la châtain avec un effet de cheveux digne des pubs de shampooing, attirant immédiatement une mine blasée de sa camarade.
— Dois-je comprendre… Que tu sors en quelque sorte avec lui ?
— Absolument. Mais seulement jusqu'à demain midi. Il faut donc que j'en profite un maximum aujourd'hui si tu vois ce que je veux dire, commenta-t-elle avec un sourire coquin, avant de commencer sa route.
Lena quant à elle resta bloquée quelques instants sur place, essayant de comprendre ce qui se passait.
— Tu…. Comment ça jusqu'à demain midi ? On dirait que tu parles comme si t'avais loué quelque chose, continua la brune en suivant son amie.
— Eh bien figure toi madame que contrairement à ce que tu sembles penser, je suis d'un professionnalisme sans failles et que je ne couches aucunement avec mes collègues ou patron. Sorry pour toi, c'est peut-être pour ça que tu es devenue aussi aigri, commenta-t-elle plus pour elle-même qu'autre chose.
— Je-
Lena secoua la tête d'un air dégoûté, ayant soudainement eu une image très dérangeante en tête à cause des propos de sa voisine. Mais…. Attendait une seconde….
— Tu…. Comment ça ? Tu….. Vas travailler avec lui ?
— Où tu n'es pas au courant ? Oh non c'est vrai, suis-je bête, ça n'a pas encore été annoncé.
— Tu… Mais qu'est-ce qui n'a pas encore été annoncé ? s'exaspéra la brune, n'appréciant pas trop ce qu'elle entendait.
— Demain je deviens officiellement directrice d'une des plus grosses branches de Wayne Entreprises.
— …. Quoi ?
— Qu'est-ce que tu veux ma chère Lena, ajouta Sam d'un air soudainement plus sérieuse en relevant ses lunettes et se stoppant dans sa marche pour faire face à la brune. Quoi qu'il se passe, je retombe toujours sur mes pattes et j'ai trouvé un autre patron qui semblait plus qu'intéressé par mes talents en affaires, de toute évidence lui, il ne remet pas mes compétences en doutes.
La Luthor ouvrit la bouche, voulant dire quelque chose, mais en vérité…. Rien ne sortit. Elle ne savait juste pas quoi répondre à ça…. Sam allait travailler pour Bruce Wayne ? Au- delà du fait que c'était probablement leur plus gros concurrent… Sam partait travailler ailleurs…. Ailleurs qu'à L-Corp….. Son entreprise…. LEUR entreprise…
Putain elle avait vraiment merdé n'est-ce pas ?
•••
Samedi 18 Juillet, 14h, Metropolis :
Kara porta son regard au sixième étage de l'immeuble face à elle, hésitant à faire ce pourquoi elle avait fait tout ce voyage… Elle voulait la vérité et… Elle ne partirait d'ici que lorsqu'elle l'aurait… alors…. Autant y aller tout de suite, mais cela impliquait tellement de choses…. Et si elle se trompait ? Elle soupira. En temps normal, elle serait ravie d'être là, mais avec tout ce que Lena avait pu dire… Elle se sentait soudainement moins joyeuse dans le fait de rendre visite à son cousin…
Il ne pouvait pas être l'ordure que la Luthor lui dépeignait hein ? Il ne pouvait pas avoir fait accuser son meilleur ami pour ses propres fautes et ainsi éviter la prison. Non, ce n'était pas possible… Le Clark qu'elle connaissait était un homme bon, droit, passionné de justice. Il ne pouvait avoir fait ça…
Inspirant un bon coup, elle prit enfin son courage à deux mains et pénétra dans l'immeuble, avant de monter au sixième grâce aux escaliers. Arrivée là bas, elle s'arrêta devant la porte de l'appartement de son cousin qu'elle n'avait pas vu depuis près de 8 mois et après avoir inspiré une dernière fois, elle toqua, espérant qu'il soit là. Elle savait qu'il était récemment rentré de voyage avec sa fiancée, mais rien n'obligeait qu'il soit présent aujourd'hui et à cette heure-ci.
— Kara ? Wouah ! Je suis content de te voir ! sourit grandement le grand en ouvrant la porte, entraînant immédiatement sa jeune cousine dans ses bras.
La blonde lui rendit immédiatement son étreinte, ne pouvant s'empêcher de sourire aussi et de ressentir une certaine joie de le revoir. Il avait toujours été la personne la plus proche de comprendre tout ce qu'elle avait vécu, du moins…. La seule personne encore en vie. Enfin non, en fait, ça, c'était avant. Avant de se rendre compte qu'au final, une autre personne pouvait comprendre vraiment certaines parties de son histoire. Une personne qu'elle était contente d'avoir rencontré et qui, sans elle, ne l'aurait jamais mené ici, dans ce salon, à tenter le tout pour le tout afin d'avoir enfin la vérité et de rendre Justice…
[FLASHBACK]
Vendredi 17 Juillet, 16h, National City :
Kara inspira un bon coup, alors qu'elle se tenait sur le porche d'une villa semblant sortir tout droit d'un magasin de luxe. Elle gagnait assez bien sa vie malgré qu'elle pouvait espérer un salaire bien plus élevé dans un autre hôpital. De plus, elle n'était pas vraiment du genre dépensière étant donné qu'elle passait comme 99% de son temps à l'hôpital, ses seules véritables dépenses étant principalement de la nourriture. Cependant, même avec tout ça…. Jamais elle ne pensait pouvoir se payer une baraque pareille. Une chose était sûre, Sam gagnait plus que bien sa vie.
Allez, allez… Pas de raison que ça se passe mal. Ce n'était pas comme si elle l'avait déjà menacé de la virer et d'en avoir parfaitement le pouvoir… Cette femme la faisait un peu flipper pour dire vrai, mais elle avait besoin de lui parler. Déjà, elle voulait lui présenter ses excuses et la remercier quelque peu pour l'avoir poussé à s'expliquer avec Lena. Elles ne seraient probablement pas en passe de retrouver une amitié normale sans elle. De plus…. Elle avait quelques petits conseils à lui demander pour une chose qu'elle faisait aussi traîner depuis trop longtemps et…. Au vue du personnage, elle s'était dit que la châtain serait possiblement la meilleure personne pour lui dire quoi faire.
Kara sursauta brusquement, alors que la porte d'entrée s'ouvrait subitement devant elle, alors qu'elle ne s'était pas encore annoncée. La blonde haussa quelque peu les sourcils, en tombant sur une adolescente qui la regardait avec un air sarcastique qui lui était plus que familier. Merde, pendant un instant elle s'était demandée si elle était bien dans la bonne maison, mais rien que le sourire de cette gamine lui faisait comprendre qu'elle était bien chez Sam. De toute évidence, elle ne pouvait pas renier sa mère. Elle avait cru comprendre que la femme d'affaire avait une fille, mais elle ne s'était pas imaginer qu'elle soit si âgée.
— *Vous savez, on a inventé les sonnettes*, signa finalement la fille d'environ treize ans.
Kara haussa de nouveau les sourcils, pas préparé à ce qu'elle se mette à s'exprimer avec le langage des signes.
— … *Désolé, je réfléchissais*, signa à son tour la médecin.
La façon de s'exprimer sembla étonnée l'adolescente, probablement pas habituée à ce que des inconnus signes avec elle de façon si instinctive.
— *Ok. J'avais ouvert la porte avec l'intention de vous foutre la misère, mais finalement je vais m'abstenir et vous demander poliment qui vous êtes et ce que vous voulez ?* reprit la petite brune.
Kara eut un léger sourire tendu devant cet aveu. Même sourire et visiblement aussi intense que la mère hein… Non mais qu'est-ce qu'elle faisait…
— *Je m'appelle Kara et-*
— *Oh ! C'est toi la nouvelle petite amie de tante Lena ?!*
….. Euh… Quoi ?
— Euh…..
— *Mais si tu-*
— Hey le munchkin, quand t'auras fini de faire croire que t'es sourde ou muette tu pourras laisser Mégawatt rentrer, résonna soudainement la voix de Sam plus loin dans la maison.
— Mais non ! T'as tout cassé là ! râla immédiatement la brunette en regardant en arrière.
Kara haussa de nouveau un sourcil. Ok, de toute évidence, elle devait s'habituer à être complètement paumé, peu importe avec quel membre de la famille Arias elle était.
— Tu ne devais pas aller voir Tony ? ajouta Sam, apparaissant enfin devant l'entrée, se tenant juste derrière sa fille, s'essuyant les mains avec un torchon.
La gamine se renfrogna encore plus, oblitérant complètement la présence de l'urgentiste.
— J'ai dis Ambre ! Pas Tony !
— Bien sûr. Je vais faire comme si je ne savais pas que tu jouais au dentiste avec le voisin, en t'amusant à lui détartrer les dents avec ta langue, continua nonchalant Sam en redressant ses manches au niveau de ses coudes, après avoir déposer le torchon sur son épaule.
— QUOI ?! hurla presque Ruby, la jeune adolescente, les joues maintenant complètement en feu, son regard à la fois choqué et horrifié, encore plus en sachant que la blonde était juste à côté et entendait tout ce qui se passait.
Kara se pinça les lèvres. Mais qu'est-ce qu'elle faisait là….
— Allons, ne sois pas si gênée. Si ça peut te rassurer, Kara aime autant ce jeu quand la patiente est Lulu.
— QUOI ?! agit de manière assez similaire Kara, faisant immédiatement ricaner la femme d'affaires, qui de toute évidence, était particulièrement amusée de cette situation.
— Mais je veux pas le savoir ! continua de crier Ruby. Non mais qu'est-ce qui m'a donné une mère pareille !
— Désolé, la cigogne était bourrée et s'est trompé de maison. Tu devais atterrir chez le voisin en fait, mais tu devrais être plutôt contente de ça, sinon j'aurai été obligé de t'offrir un tee-shirt #TeamLannister.
— ….. T'as gagné, je déménage. Je vais habiter chez A-
— Tony ?
— AMBRE !
— Ok, j'ai fait ton sac, tiens. Salut, commenta simplement Sam, fourrant un sac dans les bras de sa fille et la poussant légèrement sur le porche, Kara regardant la scène d'un air complètement effaré.
Ruby eut immédiatement un air blasé, mais commença à partir la tête haute, lui donnant un air très hautain.
— Dommage quand même. Dire qu'on devait partir en France le week-end prochain, ajouta la châtain avec un sourire en coin, appuyant son épaule contre le chambranle de la porte.
— … Ok. Je déménage après nos vacances !
Le sourire de Sam s'agrandit.
— Bien sûr, je vais faire comme si j'avais oublié que tu m'avais déjà dit ça avant Rio et encore avant le Japon.
— …..
La fillette ne répondit pas et se contenta de partir en boudant dans son coin, après avoir fait un simple signe de tête à Kara. Celle-ci continuait de regarder avec un air un peu étrange, puis finalement, quand elle se rendit compte que plus rien ne se passait depuis plusieurs instants, elle tourna enfin la tête vers celle qu'elle était venue voir et se rendit compte que celle-ci la fixait avec un grand sourire en coin.
— C'est euh… assez… Intense quand même.
— T'inquiète pas, c'est toujours comme ça. Que veux-tu, la perfection c'est de famille visiblement, fit Sam avec un air arrogant, avant de repartir dans son couloir, la porte toujours ouverte, laissant Kara entrer. Alors, que puis-je faire pour toi belle blonde ? reprit-elle après plusieurs instants de silence, la blonde occupée à regarder les alentours avec curiosité.
C'était luxueux, moderne, d'une propreté impeccable. Y avait-il vraiment une famille qui vivait ici ? Secouant la tête, elle la tourna de nouveau vers Sam, reprenant contact avec la réalité.
— Je….. Je suis venue te parler.
Un autre sourire en coin se dessina sur les lèvres de la châtain.
— Oui, je me doute un peu.
— …. C'était stupide…. Je…
Kara tritura ses lunettes.
— Je suis venue m'excuser déjà….
— T'excuser ? fit Sam en fronçant les sourcils, s'adressant à la médecin depuis la cuisine, les deux femmes communiquant à travers l'ouverture faite au niveau du bar. Pourquoi diable veux-tu t'excuser ? Tu m'as fait quelque chose ? rit-elle finalement, assez incrédule en réalité.
— Euh…. Eh bien, je ne me suis pas comportée de façon très correcte, alors… Je crois que m'excuser est la moindre des choses.
— Trésor, tu ne m'as absolument rien fait, inutile de t'excuser. Et ne sois pas si tendu voyons, je ne vais pas te manger. Tu es malheureusement réservée à quelqu'un d'autre. C'est d'ailleurs fort dommage, ajouta-t-elle avec un petit sourire séducteur et un jeu de sourcils.
Kara tritura immédiatement ses lunettes, détournant le regard, les joues totalement rouges de gêne, un rire complètement nerveux s'échappant de ses lèvres.
— Hahahaha, incroyable ! rit Sam, terminant de ranger la vaisselle, avant de s'accouder au comptoir du bar.
— …
— Hé, relaxe belle blonde, tu vas finir par déclencher le système anti-feu à rougir de la sorte, taquina gentiment la châtain.
Elle ne savait absolument plus où se mettre ! NON MAIS POURQUOI ELLE AVAIT EU L'IDÉE STUPIDE DE VENIR ICI ?! Elle se racla la gorge, remerciant le ciel que Sam n'ajoute rien et la laisse se reprendre quelque peu.
— Je, je veux aussi te remercier. Te remercier de m'avoir poussé à parler avec Lena. Je crois que ça nous a fait du bien à toutes les deux et…. J'en avais vraiment besoin en fait, réussit à reprendre enfin Kara.
Un sourire plus simple finit par se dessiner sur les lèvres de Sam et celle-ci se redressa du bar, avant de finalement passer dans le côté salon où se tenait déjà Kara :
— Tu n'as pas besoin de me remercier Kara. Je t'ai menacé me semble-t-il et si Ice Queen n'était pas passé par là, tu serais probablement sans emploi aujourd'hui, alors inutile de me faire passer pour la gentille ici, le rôle de garce me va beaucoup mieux, ajouta-t-elle avec un ton de plaisanterie.
— Si, je tiens quand même à le faire. Je me connais…. J'ai des fois- Souvent…. besoin d'un bon coup de pression pour enfin me bouger et prendre les bonnes décisions et je peux admettre une chose : tu sais mettre la pression, rire la blonde, commençant à se sentir plus détendu, probablement dû au fait que Sam semblait un peu moins axé sur l'envie de la gêner et sur les tentatives de charmes.
— Eh bien…. J'imagines qu'entre Kryptoniennes il faut s'entre aider, commenta Sam avant de partir en direction du canapé.
— Je- Euh…. Quoi ?
Kara eut une expression surprise, suivant la femme du regard. Sam était Kryptonienne ?
— Allons, ne fait pas ta choquée comme ça. Il semblerait que les Luthor aime s'entourer des personnes extraordinaires que nous sommes, lança-t-elle avec un faux air arrogant.
Kara ne répondit pas immédiatement, encore un peu choquée de la révélation, puis finalement elle vint s'installer sur le fauteuil. Elle avait eu une idée bien précise en arrivant ici, mais… Peut-être que cette idée serait retardée.
— Tu….. Je peux te demander de quel coin tu viens ?
La châtain croisa les jambes, s'adossant au dossier du canapé, semblant soudainement plus tendue et alors que Kara s'apprêtait à se confondre en excuse, Sam répondit :
— Yuda Kal.
— … Yu….. Yuda Kal, à… à la frontière ? répéta la blonde, le souffle presque coupé. Mais…. C'est là bas que tout a commencé… Le premier bombardement… Il….. Il ne devait y avoir aucun survivant... Enfin, tu n'y étais peut-être pas, reprit la blonde, soulagée de cette pensée.
— Si j'y étais en fait et je ne suis pas la seule survivante non plus. Il y en a eu peu certes, mais il y en a eu. Le conseil à donner les chiffres qu'ils voulaient afin de manipuler au mieux la foule, ajouta Sam avec un sarcasme amer.
— Comment…. Comment tu….. Kara ne parvient pas à terminer sa phrase.
— Les Luthor.
La Kryptonienne fronça les sourcils.
— Lena et moi on se connait depuis qu'on porte des couches culottes, sourit Sam, Kara l'écoutant attentivement sans l'interrompre, souriant à son tour, en comprenant que derrière tout ce se sarcasme, tout ce second degré, cette attitude nonchalante, se cachait une véritable affection pour Lena dans ce regard noisette. Ses parents et les miens se connaissaient depuis très longtemps et on passait souvent des vacances soit à Metropolis, soit à Yuda Kal. Quand Lionel et Liliane on su pour le bombardement, ils ont immédiatement fait tout ce qu'ils pouvaient pour nous aider. J'ai serai morte sans eux, mais…. Lionel serait toujours vivant lui, ajouta-t-elle avec un sérieux qu'elle lui connaissait peu.
C'était ainsi que le père de Lena était mort… Elle n'avait jamais osé lui poser la question… Elle le savait maintenant. Cette guerre avait pris tant de monde…. Elle ne comprenait pas…. Elle ne comprenait pas pourquoi toute cette violence… L'argent, le pouvoir voulait-il tous ses sacrifices ? Non…. C'était un NON catégorique pour elle et elle ne comprenait pas comment il pouvait en être autrement pour d'autres.
— J'imagine…. Que tu as perdu beaucoup de proches….
Elle ne pouvait pas la fermer ? Pourquoi elle remuait le couteau dans la plaie ?! Mais…. C'était plus fort qu'elle…. Elle… Elle avait comme besoin de savoir…. Savoir qu'elle n'était pas seule dans sa situation…. Clark avait perdu ses parents lors de la guerre, mais il ne l'avait lui-même jamais vécu…. Ce n'était pas le cas de Sam. Elle ne l'avait peut-être pas vécu aussi longtemps qu'elle, mais…. elle avait été dans les premières à vivre ces choses atroces…. Du jour au lendemain, sans prévenir, tout avait dû changer….
— Comme beaucoup d'entre nous j'imagine.
— …...Le père de Ruby ?
Sam eut un sourire tendu.
— Désolé, je vais beaucoup trop loin je- commença à s'excuser platement la blonde.
Elle était conne, conne, conne !
— Ne t'excuses pas Kara. Je comprends que tu aies besoin de ça.
Ok, plus le temps avançait, plus elle avait de respect pour cette femme.
— Il est ce que la presse à appeler : un dommage collatéral, répondit-elle avec sarcasme.
La blonde ferma les yeux, secouant la tête. Tout ça était juste ignoble… Mais dans quel monde vivaient-ils…. Elle avait honte parfois… Honte d'appartenir à une espèce si répugnante…. Un certain silence suivit ces mots, comme un silence d'hommage à toutes les victimes de cette guerre atroce, puis finalement, le regard toujours bas, Kara reprit, reniflant péniblement.
— Comment….. Comment… Elle ferma les yeux. Comment t'as fait ? Pour… passer à autre chose ?
Mon dieu, elle se sentait juste atroce de poser cette question. Comme si rien que dit penser, elle souillait la mémoire de son défunt mari. Elle ne reçut pas de réponse immédiate et elle sursauta imperceptiblement, quand elle se rendit compte qu'en réalité Sam s'était déplacée et se tenait maintenant devant elle, assise sur la table basse :
— Pour dire vrai, la relation que j'avais avec lui n'avait rien à voir avec la tienne. Je le connaissais très peu et si sa perte fait le plus de mal à quelqu'un, c'est à Ruby qui n'aura jamais la chance de connaître son père, répondit la châtain d'un ton extrêmement calme. Cela dit…. Est-ce que tu me permets d'ajouter quelque chose ?
La blonde inspira un bon coup, retenant au mieux ses émotions qu'entraînait cette conversation à laquelle elle n'était absolument pas préparée, puis elle ouvrit de nouveau les yeux et redressa enfin son regard vers celui de son interlocutrice.
— Toi et moi on se connaît pas vraiment, mais je suis persuadée que tu es une femme qui sait cerner les gens comme personne. Tu l'as prouvé en captant immédiatement que Lena n'était pas la femme que les médias dépeints. Et c'est ce fait, qui me fait comprendre que l'homme que tu as épousé, devait être un homme exceptionnel et qui t'aimais réellement, commença-t-elle.
Les yeux de la blonde se mirent à briller davantage devant ses paroles, celle-ci se retenant de peu de détourner le regard.
— Et il ne voudrait pas…. Que tu t'empêches de vivre à cause de lui. Alex m'a un peu parlé de lui. Ne lui en tient pas rigueur, elle essayait juste de me faire comprendre pourquoi tu avais agi ainsi pour que je ne te vire pas. Donc… Elle m'a un peu parlé de lui et je sais que…. Il s'est sacrifié pour toi.
— …..
Kara ferma de nouveau les yeux. Elle ne tiendrait plus longtemps…. Elle devrait probablement fuir cette maison maintenant…
— Je sais ce que sait, que de devoir la vie à quelqu'un Kara. Alors oui, ce n'était pas mon mari, mais…. À mon sens, la meilleure façon de remercier leur sacrifice, c'est de vivre à fond. Vivre à fond la vie qu'ils t'ont permis de continuer. Ton mari s'est sacrifié pour toi Kara, il savait ce qu'il faisait et il l'a fait, continua Sam, les yeux elle-même brillant, alors qu'elle voyait maintenant des larmes silencieuses s'écouler sur les joues de la blonde, qui mi bientôt son visage dans ses mains. Il l'a fait pour que tu continues de vivre. Alors vit Kara. Arrête de te mettre des barrières, à consacrer ta vie aux autres et vit. Pour toi. Pour lui. Juste vie et si pour ça, cela signifie franchir enfin le pas avec Lena…. Alors fait le.
Il n'en fallut pas plus à la blonde pour craquer complètement et pleurer toutes les larmes de son corps, s'accrochant fermemant au corps qui la prenait dans ses bras, sans même ce soucier qu'il y a pas encore quelques jours, cette femme avait voulu lui faire vivre un enfer…
•••
Dimanche 19 Juillet, 15h, Hôpital, National City :
Lena s'arrêta devant la machine à café de l'hôpital après son entretien avec les membres administratifs de ce dernier. Son regard était fixe, la brune ne se souciant guère du monde qui l'entourait, son esprit concentré sur bien autre chose. Cependant, un raclement de gorge à ses côtés la dérangea dans son introspection et son regard vert trouva immédiatement celui de Kara, qui la regardait d'un air timide, pleine d'hésitation.
Depuis leur discussion, elles n'avaient plus vraiment échangé, si ce n'était quelques civilités et sms rapides et cette gêne passable qui flottait maintenant entre elles dérangeait énormément la Luthor. Elle espérait que celle-ci s'en aille vite, mais en même temps, elle savait pertinemment que ce qui c'était passé ne serait pas oublié du jour au lendemain. Oui, elles avaient discuté. Oui Lena avait fini par comprendre Kara et lui avait pardonné, mais….. Ce mensonge l'avait tout de même passablement refroidi et elle savait qu'elle aurait besoin d'un peu de temps avant que tout redevienne à la normale. Du moins…. en partie.
— Salut….
— Bonjour Kara.
Il y eut un petit silence passablement gênant, les deux femmes s'avançant lentement dans la queue qui menait à la machine à café.
Note à elle-même : investir dans plus de machines.
— Est-ce que…. deuxième raclement de gorge. Est-ce que je peux te demander si ça va ?
Lena fronça les sourcils à la question, tournant de nouveau son regard vers sa voisine de fil d'attente.
— C'est….. C'est juste que tu n'as pas l'air au top depuis ce matin, continua timidement Kara, ne sachant plus ce qu'elle pouvait et ne pouvait plus faire avec la milliardaire.
Elle détestait tellement que tout soit si maladroit entre elles. Ça ne devait pas être comme ça ! Leur relation n'était pas comme ça…. Pourquoi avait-il fallut qu'elle merde de la sorte ?
— Je ne me rappelle pas t'avoir croisé depuis ce matin, reprit la brune, les sourcils toujours froncés.
Avait-elle était autant dans les nuages pour ne même pas se rendre compte qu'elle avait croisé l'urgentiste ?
— Oh euh non, on ne s'est pas croisée, croisée, je t'ai vu de loin comme ça, plusieurs fois. Pas que je te stalk ou que je t'observe tout le temps hein ! commença à se balader la blonde, parlant avec ses mains. Non, non ! C'est juste, que, tu vois, je t'ai vu passer plusieurs fois à l'étage et voilà, c'est…. Enfin bref, laisse tomber… finit par soupirer Kara, exaspérée d'elle-même.
Lena ne put retenir un certain sourire de se dessiner sur ses lèvres, alors que le discours nerveux de la médecin lui rappelait tant de bons souvenirs. Cependant, Kara ne le vit pas, Lena de nouveau orienté dans le sens de la queue, faisant dos à la Kryptonienne.
Un nouveau silence se fit, la Luthor sentant la tension de Kara jusque dans son propre corps tant elle était élevée.
— Je me suis comportée comme une garce avec Sam….. Et maintenant…. Elle a démissionnée de L-Corp et s'apprête à travailler pour Bruce Wayne, finit-elle par lâcher, se retenant de déglutir difficilement, gardant son regard obstinément braqué devant elle.
Kara fronça immédiatement les sourcils à cette nouvelle, redressant ses lunettes sur son nez.
— Quant-est-ce que ça s'est passé ?
— Avant qu'on discute toi et moi.
Ne recevant aucune réponse, ni même quelconque réaction, Lena tourna légèrement la tête vers l'arrière, remarquant la blonde visiblement en pleine réflexion.
— Pourquoi tu fais cette tête ?
— Euh… Pour rien. C'est juste… Je suis passée voir Sam vendredi et elle ne ressemblait pas à une femme qui te faisait la tête d'une quelconque façon ou autre. Bien au contraire.
Lena fronça les sourcils à son tour.
— Comment ça ?
— Eh bien, je suis partie la voir pour la remercier et lui demander un service et… on a parlé un peu de votre passé commun ou d'autre chose et fait moi confiance, elle n'agit clairement pas comme une femme qui t'en veux ou quoi que ce soit, ajouta Kara avec un petit sourire.
— Ce n'était pas mon impression quand je suis partie la voir à Rio.
Kara haussa les épaules, son sourire toujours aux lèvres, commençant à devenir moins nerveuse et à agir plus naturellement.
— Peut-être qu'elle veut juste t'en faire baver un peu. C'est pas toi qui me disais que l'un de ses passe-temps favoris était de jouer les Drama Queen ?
Lena eut un sourire, la Zor-el commençant à se positionner plus à ses côtés que derrière elle.
— Absolument. Elle adore en faire des caisses.
— Alors tu n'as pas à te faire de soucis là-dessus. Vraiment. Ça va aller. Sam et toi c'est comme…. Alex et moi. La même chose. On se dispute, mais on peut pas se faire la gueule plus de trois jours.
— Possible…. Mais je ne crois pas qu'Alex ait déjà eu le même genre de propos méchants que j'ai balancé à Sam. Propos qu'elle ne méritait même pas…. Sam adore son travail. Elle vit presque que pour ça elle aussi et…. la voir démissionner pour de vrai…. Je dois avouer que ça m'a vite refroidi… Alors…. Savoir qu'elle projette de travailler autre part…. C'est encore pire. C'est moi qui porte le nom de famille Luthor… C'est à moi que la société à été léguée… Mais…. L-Corp, Luthorcorp, Lexcorp, peu importe le nom…. Ça a toujours été une société familiale et ça le restera et…. Peu importe le nom qui se trouve sur ses papiers d'identité. Cette entreprise est autant la sienne que la mienne…. Si je m'y sens aussi chez moi là-bas… C'est en grande partie parce qu'elle est là. Parce qu'elle ÉTAIT là…
Kara la fixa un moment, mettant la brune assez mal à l'aise, qui s'était rendu compte que trop tard, qu'elle était peut-être partie un peu loin.
— Désolé… Je me suis laissée un peu aller.
La blonde secoua la tête en envoyant un grand sourire lumineux à la milliardaire, le genre de sourire qui lui avait tout de suite plu…. Le genre de sourire qui l'avait fait complètement tomber pour elle…
— Ne t'excuses pas. Tu dis juste ses mots à la mauvaise personne. C'est à Sam qu'il faut dire tout ça. Une deuxième édition télé ? plaisanta la blonde.
La brune ne réagit pas à la remarque, son regard se stoppant sur un point invisible, son esprit de nouveau en vadrouille, entendant à peine les mots que continuait de prononcer la médecin.
— Et là j'ai rencontré un éléphant sur la route.
La brune fronça les sourcils.
— Euh… Je te demande pardon ?
Kara rit.
— Désolé, je voulais savoir jusqu'à quel point tu ne m'écoutais pas.
— Excuse-moi… J'étais ailleurs et je suis un peu fatiguée pour dire vraie, répondit la brune, se rendant compte que maintenant qu'elles n'étaient même plus vraiment dans la file d'attente, les deux femmes s'étant écarté légèrement pour parler de façon un peu plus intime et ne pas gêner les autres dans leurs recherches d'or noir. Tu disais ?
Kara joua avec ses lunettes, ayant soudainement beaucoup plus de mal à se lancer maintenant qu'elle était persuadée que la brune l'écoutait.
— J'ai….. elle se racla la gorge. J'ai…. Possiblement "oublié", de te mentionner un autre détail de ma vie….
Le corps de la Luthor se tendit immédiatement. Non mais c'était une blague ?! Elle se fichait de sa gueule ou quoi ?! Lui mentir sur le faite qu'elle était mariée ne lui avait pas suffit ? Il fallait encore qu'elle lui cache autre chose ?!
— Je t'en ai pas parlé tout de suite parce… euh…. j'avais peur que ça te…. refroidisse un peu et…. que…. si tu disais vrai à son propos, alors j'avais tellement honte d'être affilié à lui….
— Abrège Kara, claqua assez sèchement la Luthor.
Comment elle pouvait espérer faire confiance à l'urgentiste, si elle passait son temps à lui cacher des choses ? Le ton utilisé dessina une légère grimace sur le visage de la blonde.
— Clark Kent…. C'est…. C'est mon cousin en fait….
— Quoi ?
Non mais sérieusement ? Le monde était-il si petit que ça ?
— Quand tu m'as parlé de lui et ton frère… Quand tu as affirmé que c'était lui le fautif dans l'histoire…. Je n'ai pas voulu y croire. C'était tellement loin de l'homme que je connaissais. Mais…. t'avais l'air tellement sûre…. Que j'ai enfin fini par prendre mon courage à deux mains et d'aller directement lui poser la question…
Une fois la surprise et l'amertume causé par un nouveau mensonge par omission passé, la brune eut un rictus, croisant les bras en fixant la médecin :
— Comme s'il allait te l'avouer comme ça. Et admettons qu'il le fasse, il ne le fera jamais devant un juge. Pas après tant d'années à accepter que son "meilleur" ami paie pour ses crimes.
— Tu as raison…. affirma la blonde en baissant la tête. C'est pour ça que….. j'ai….. rusé si on peut dire….
Putain…. Elle se sentait tellement mal d'avoir fait ça à son cousin….. mais c'était pour la bonne cause et….. c'était le plus juste à faire….
— J'ai un contact dans la police. C'était l'ex d'Alex. Je lui ai parlé de l'histoire, de si elle pouvait m'aider et…. Elle l'a fait. Elle m'a mis en contact avec des flics de Metropolis et ils m'ont mis sur écoute. Tout ce que j'avais à faire, c'était d'essayer de lui faire cracher le morceau, s'il y avait quelque chose à cracher…. Je ne savais absolument pas comment faire, mais je savais que mon plus gros avantage sur les autres, c'était que j'étais de la famille….
Non vraiment, elle se détestait….
— C'est pour ça que je suis aller voir Sam. S'il y a bien une personne pour réussir à avoir ce qu'elle veut, c'est bien elle…. Je lui ai parlé de tout ça et…. Elle m'a conseillé de bluffer, de lui mettre le doute et après ça… Elle m'a imprimé un faux document qui pourrait l'incriminer et…. tout ce que j'avais à faire, c'était…. de lui présenter et voir comment il réagirait... Ça n'a pas été simple… Mais…
Elle releva enfin la tête vers Lena, qui la fixait avec de plus en plus d'intensité au fur et à mesure de son explication.
— Il a fini par cracher le morceau. Il a avoué Lena…. Ton frère va pouvoir retrouver sa liberté, termina-t-elle avec un léger sourire.
La brune se retrouva sans mots pendant quelques instants.
— Je….. Tu…. … qu- Quoi ?
Elle n'arrivait pas à assimiler cette information. Le sourire de Kara s'agrandit légèrement, le laissant d'une affection qui ne mentait absolument pas sur les sentiments qu'elle pouvait bien ressentir pour la brune.
— Il va sortir de prison Lena.
— ….. Mais… Tu… Lena ferma les yeux quelques secondes, essayant de garder un maximum de maîtrise devant cette révélation qu'elle n'avait que trop rêvé. Pourquoi…. Pourquoi tu as fait ça ? Tu n'avais que ma parole contre la sienne. Si ça avait été faux…. Ça aurait probablement détruit votre relation !
La médecin haussa légèrement les épaules. Oh oui…. Ça elle avait eu un sacré coup de pression, mais au final…. Elle avait pris la bonne décision.
— J'ai….. Juste confiance en toi.
— Je… J'étais loin d'être la plus objective dans cette affaire.
Kara sembla réfléchir quelques instants, puis finalement elle ne trouva rien à dire et haussa de nouveau les épaules. Oui, c'était sûr, mais encore une fois, elle avait bien fait. La Luthor la fixa intensément et elle jura que si elles n'étaient pas en plein milieu du couloir de l'hôpital ou si elle ne savait pas que Kara n'était nullement prête pour ça, elle se serait jetée à son cou et l'aurait embrassé passionnément.
Oui, elle lui avait menti. Oui, elle lui avait fait extrêmement mal, mais…. Elle l'a faisait aussi rire, sourire, se sentir bien comme personne et surtout…. Elle venait de lui faire le plus beau cadeau qu'une personne puisse lui offrir… Elle lui avait rendu son frère et ça…. Ça n'avait pas de valeur.
Voilà pour ce chapitre \o/ Désolé pour ceux qui espérait mieux pour l'histoire Clark/Lex, ça n'a jamais été dans mes projets de travailler à fond cet axe, ça devait être un truc secondaire.
Prenez soin de vous et à bientôt !
