Note : Et voilà l'épilogue qui conclut cette histoire. Merci à toustes celleux qui m'ont lue, et encore un immense merci à Taru sans qui ce texte n'aurait jamais abouti.


LA COULEUR DE TON CŒUR

Épilogue

– Denki ? Qu'est-ce que tu fais ?

– J'arrive !

Le jeune garçon, resté plusieurs mètres en arrière, les rattrapa au pas de course, le souffle court et les joues un peu roses. Un sourire rayonnant aux lèvres, il tendit à Mashi les fleurs de cerisiers qu'il venait visiblement de ramasser. La floraison avait commencé tardivement cette année, les bourgeons s'ouvraient tout juste alors que mars touchait à sa fin. Les premiers pétales nacrés ornaient les branches tendues des arbres bordant la route, près du lycée.

– Pour tes cheveux, précisa Denki en s'approchant pour piquer lui-même les fleurs dans la longue tresse de Mashi.

– Merci, souffla-t-iel, touché·e de l'attention, avant de se pencher pour l'embrasser.

Hitoshi les observait avec un sourire tendre, puis saisit les mains de ses deux petit·e·s copaines alors qu'iels se remettaient en route. Le Rainbow Coffee n'était qu'à cinq minutes à pied de l'école, iels ne tardèrent pas à y retrouver leurs ami·e·s, tous·tes réuni·e·s pour célébrer l'obtention de leur diplôme et la fin du lycée. Katsuki se vantait encore de ses résultats alors qu'Izuku et Tenya discutaient avec animation de la dissertation de littérature.

Kyoka, lovée dans les bras de Momo, leva les yeux au ciel :

– Détendez-vous un peu, les mecs. Les examens sont terminés et on a que quelques jours de repos avant de tous·tes partir en école supérieure. Vous voulez pas profiter un peu ?

– Mais je profite ! assura Izuku, les mains pleines des notes qu'il avait prises pendant l'épreuve.

– Il a déjà commencé à lire nos manuels de l'école de médecine, révéla Shouto d'un air placide.

– Je veux juste être préparé, justifia maladroitement l'adolescent sous l'hilarité bonne enfant de ses ami·e·s.

Hitoshi, Denki et Mashi se mêlèrent au groupe, félicitant une fois encore la réussite de leurs camarades, discutant de l'avenir qui les attendait avec un mélange d'excitation et de crainte. Mashi entamait une formation professionnelle en coiffure dans moins d'une semaine, alors que Denki était inscrit dans une filière de communication et journalisme. Hitoshi, pour sa part, suivrait un cursus des métiers du livre et de l'édition. Iels seraient dans des établissements différents, mais n'en concevaient aucune contrariété, trop impatient·e·s de se lancer dans la voie qu'iels avaient choisie.

– Et toi, Ochako, tu prépares le concours de professeur·e des écoles ?

– Oui ! J'ai vraiment hâte d'y être !

– Je suis sûr que tu réussiras, affirma Hitoshi.

Il nota le nouveau badge qu'arborait fièrement la jeune fille ; dégradé de verts et de bleus en bandes horizontales, orné d'un cœur blanc mêlé du symbole de l'infini, le drapeau polyA qu'iels connaissaient bien.

– Tu rejoins la meilleure team ! s'exclama Denki avec enthousiasme.

Il lui topa dans la main, faisant rire Ochako et attirant l'attention d'Eijiro et Hanta qui bavardaient avec Mashi juste à côté.

– Oh, j'avais même pas vu ! réalisa Eijiro. Désolé Ocha.

– Ne t'excuses pas, c'est tout nouveau, expliqua-t-elle.

– C'est cool ! Tu as des personnes en vue ? enchaîna-t-il avec un petit sourire en coin.

– MASHI !

Iels sursautèrent tous·tes au cri que poussa soudain Mina depuis l'autre bout du café. Il y eut quelques ricanements mais personne ne s'étonna de l'exubérance de læ jeune enby, pas même Rumi qui passait par là un plateau de verres à la main et éclata d'un rire sonore. Mina joua des coudes jusqu'à rejoindre leur petit groupe, puis s'agrippa avec énergie à l'épaule de Mashi :

– T'as vu les peluches dinos ?

– Quelles peluches ?

– Il faut absolument que tu viennes voir ! Vous aussi ! C'est trop génial !

Iel les entraîna à travers le café, jusqu'à un petit stand au fond de la salle, tenue par une artiste queer qui proposait à la vente de petites peluches dinosaures cousues main aux couleurs LGBT. L'enthousiasme de Mina fut communicatif, iels s'émerveillèrent très vite du talent et de l'imagination de la couturière, très douée de ses mains. Chaque nom comportait un jeu de mot ; Denki craqua immédiatement pour le transnosaure-rex bleu, rose et blanc, choisissant le modèle avec anneau métallique afin de l'accrocher comme porte-clef. Ochako opta pour le même exemplaire, le fixant à la anse de son sac à mains.

Mina montra à Mashi le diplenbydocus jaune, blanc, violet et noir ; insistant jusqu'à ce qu'iel cède à son tour – de bonne grâce, et amusé·e par l'excitation de saon ami·e. De son côté, Hitoshi observait le modèle tricéarotops vert, blanc, gris et noir. Bien que demi-aromantique engagé dans une relation, il restait sur le spectre et se laissa facilement convaincre lui aussi. Les lycéen·ne·s fraîchement diplômé·e·s défilèrent devant le stand, vidant presque le stock de peluches, à la grande joie de l'artiste.

– Il te faudra absolument revenir, lui lança Rumi en passant. Et vous aussi, les jeunes ! C'est pas parce que vous partez jouer aux adultes dans vos grandes écoles, là, que vous devez disparaître de la circulation !

– T'inquiète, assura Hanta avec un large sourire. Ce café, c'est notre deuxième maison !

Iels approuvèrent tous bruyamment, leurs cris et leurs rires résonnant dans la salle.