Mon histoire est si nulle que ça ?
Je vais continuer à poster quelques chapitres, pour voir, mais si ça ne change pas, je vais arrêter...
J'étais si fière de reposter ici, après avoir eu tant de succès avec mes autres histoires que bêtement, je me suis dit que je retrouverais mes lecteurs...
Faut croire que non.
Voilà le second chapitre, qui est sensiblement dans le même genre que le 1. Il vous faudra attendre encore quelques chapitres mais après, ça va changer pour Bilbo...
Je vous souhaite à tous et à toutes une excellente lecture et je vous dis à samedi pour la suite !
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Chapitre 2
Bella et Bungo étaient désespérés. Gerontius Took, le père de Bella, qui avait été mis au courant le lendemain seulement, avait pris en charge les recherches dès l'aube, mais ils avaient fini par perdre espoir. Leur voisin, qui était descendu jusqu'à la rivière, avait repéré des traces de pas et avait constaté avec effroi que la piste s'arrêtait nette au bord. Le courant était encore fort et mettrait des jours avant de se stabiliser à nouveaux. Les hobbits n'aimaient pas l'eau et n'avaient donc aucune barque ni bateau. Il y avait bien un pont, mais il était bien plus à l'Est et il doutait que le petit hobbit ait eu suffisamment de force pour rester à la surface. Et quand Hob Gamgie, le cœur en berne, finit par remonter jusqu'à la porte verte, devant laquelle tout le village était, une grosse boule se logea dans sa gorge.
-Bungo... il... je suis désolé... j'ai vu des traces près de la rivière et...
Un cri inhumain se fit soudainement entendre et Bella se rua vers Hob.
-NON ! Cria-t-elle, ne dis pas ça ! Ne dis jamais ça ! Bilbo est vivant !
-Je suis désolé Bella... les traces allaient droit dans l'eau et...
-Noooonnn...
Belladonna s'effondra sur le sol. Ses mains griffèrent la terre et elle hurla et pleura toutes les larmes de son corps. Bungo était resté debout, stoïque, mais ça ne dura qu'un bref instant. Quand il réalisa enfin ce que son ami venait de dire, tout le monde put voir des larmes sur ses joues.
Puis il tomba à genoux et entoura sa femme de ses bras.
Choqués, les habitants de Hobbitbourg se regardèrent. C'était une véritable tragédie. Une des familles les plus respectables venait de perdre son enfant unique. Gerontius Took essuya les larmes qui coulaient sur ses joues et s'approcha de sa fille et de son gendre qu'il tapota maladroitement à l'épaule.
-Je suis désolé Bungo, Bella ma chérie... après avoir entendu ce que Hob vient de dire, je pense qu'il...
Il s'arrêta de parler et avala difficilement. Il devait le dire, il était le chef de Hobbitbourg après tout, mais ce n'était pas pour ça que c'était plus facile, bien au contraire. Il devait annoncer à voix haute que Bilbo, son petit-fils qu'il adorait, un enfant doux et gentil avait disparu. Et même s'il n'était jamais le dernier à faire des farces, il était aimé de tous et toutes. Son sourire espiègle et sa petite frimousse allait tant lui manquer...
-Je pense qu'il faut admettre la terrible vérité... Finit-il par dire avec des sanglots dans la voix.
-S'il te plait, non... pas maintenant... Réussit à dire Bungo entre deux reniflements.
-Tu sais que je dois le faire...
Oui, Bungo savait. Il savait que le Thain du village devait déclarer à haute voix le décès d'un membre de la communauté. Une des règles que les Baggins connaissaient. Une règle qui avait été décidé après que le vieux Sanglebuc, qui avait disparu il y avait bien longtemps maintenant, n'avait jamais été déclaré mort. La famille s'était partagé l'héritage rapidement et quand, quelques années plus tard, il était soudainement réapparu, il avait juste réclamé ses biens. Comme son décès n'avait jamais été prononcé, ses héritiers avaient été obligés de tout rendre. Non sans en vouloir à leur aïeul pour son retour non désiré...
Depuis, même s'il y avait des écrits qui rendaient la situation vraiment officielle, le Thain avait quand même l'obligation de prononcer à haute voix et devant tout le village, le nom de la personne disparue.
-Bilbo n'était pas même pas majeur... êtes-vous sûr d'être obligé de... de faire ça ?
Le Thain regarda Hob Gamgie puis baissa les yeux et regarda le couple encore agenouillé et en plein désespoir. Et il dut admettre en son for intérieur que non, effectivement, son petit-fils étant un jeune enfant sans biens matériels, il n'y avait aucune raison d'infliger une douleur supplémentaire telle que celle-là.
-Bungo, Bella... vous devriez rentrer maintenant... je vais m'occuper de... enfin, je vais m'occuper des papiers... Dit-il à la place.
-Vous allez venir à la maison, déclara Hob, Elanor et moi on va s'occuper de vous, d'accord ?
Bungo regarda son voisin et ami, avant de simplement hocher la tête.
-Bella ? Ma chérie... il faut te lever...
Mais sa femme était trop fatiguée par les larmes qu'elle avait versées et se cramponnait au gilet de son époux.
-Dis-moi qu'il n'est pas parti... dis-moi qu'il est simplement allé se cacher...
-Non ma chérie non... notre petit Bilbo n'est pas allé se cacher... notre fils ne reviendra pas...
En larme, Bella se leva et marcha devant elle. Elle s'était déconnectée du monde et suivit Bungo, comme un automate. Devant le couple en deuil, les gens s'écartèrent, les hommes enlevèrent leur chapeau et les dames baissèrent la tête à leur passage.
Il n'y avait plus aucun bruit hormis les reniflements et les soupirs de détresse de Bella.
Son monde venait de s'écrouler. Son cœur venait d'être brisé en million de morceaux et elle se demandait comment il arrivait à battre encore. Sa douleur était telle qu'elle serra son poing et le posa sur sa poitrine. Un sanglot déchirant passa ses lèvres et nombre de hobbits versèrent une larme eux aussi en voyant à quel point Belladonna Baggins, une des fortes têtes de Hobbitbourg, n'était plus qu'un corps brisé...
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Bungo et Bella étaient assis sur un fauteuil chez leur ami Hob. Elanor avait gentiment posé une couverture sur leurs genoux et mis une tasse de thé bien chaude dans leurs mains gelées. Puis elle s'assit sur un tabouret devant eux.
-Ma pauvre Bella... je suis si triste... je comprends ce que tu ressens. Si jamais il arrivait la même chose à Hobson...
-Elanor... je ne pense pas que tu devrais leur dire ça ma chérie. Lui reprocha doucement son mari.
-Non, elle a raison. Dit enfin Bella. C'est une douleur terrible. C'est comme si on t'arrachait un bras et qu'on mettait du sel dessus à chaque fois que ça commence à aller mieux. C'est une douleur qui ne s'arrêtera jamais... et... et... oh Yavanna... mon bébé... j'ai perdu mon bébé...
Et elle se mit à sangloter si fort qu'Elanor dû lui enlever la tasse des mains avant de la poser et de la prendre dans ses bras. Bella pleurait à chaude larmes et elle ne put s'empêcher de pleurer à son tour. Son amie était en proie à un chagrin que rien ni personne ne pourrait jamais consoler. Elles restèrent enlacées l'une contre l'autre pendant longtemps, jusqu'à ce que Hob pose sa main doucement sur le bras de sa femme.
-Elle s'est endormie...
-Je vais la porter... Dit soudain Bungo en se levant.
-La chambre d'amis est prête pour vous. Annonça doucement Elanor. Vous pourrez y rester aussi longtemps que vous le désirez.
-Merci... merci à vous deux... Renifla Bungo.
Ses yeux gonflés et son nez rouge en disait long sur le malheur qui s'était abattu sur ses épaules, même s'il ne pleurait plus, sa tristesse était visible et vraiment douloureuse à voir. Ses amis l'accompagnèrent silencieusement jusqu'à la chambre dans laquelle il déposa précautionneusement sa tendre épouse effondrée.
-J'amènerais le petit déjeuner demain matin et je le déposerais sur la petite table à côté de la porte. Prenez votre temps. Déclara doucement Elanor.
-Merci... Répondit Bungo en fermant la porte.
Ils n'avaient pas fait un pas qu'ils entendirent des pleurs et des reniflements. Ils se regardèrent et essuyèrent leurs yeux aussi.
Un horrible malheur venait de frapper durement une des petites villes de la Comté...
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Le lendemain de cette terrible tempête, le ciel était dégagé, comme si jamais il n'était tombé des trombes d'eau. Mâa se réveilla en grognant. Son crétin de fils lui avait installé sa couche sur une racine et elle avait un mal de dos absolument atroce. Elle aurait pu changer de place, mais elle était tellement fatiguée par la route et glacée par le manque de feu, qu'elle avait fini par s'endormir quand même.
-Marty ! Debout espèce de fainéant ! Lève-toi et va chercher du bois ! Hurla-t-elle à son rejeton.
Quand elle ne vit aucun signe de réveil, elle attrapa la première chose qui lui tomba sous la main et la balança sur la tête de son fils.
-Quoi ? Mais... mais ça va pas la tête ?
-Debout faignasse et va chercher du bois, j'me pèle !
-Mais tu m'as j'té ta grole en pleine tronche ! Ça fait mal ! Et pourquoi moi d'abord ? Pourquoi pas Ruppert ?
-Parce que moi j'suis l'plus grand et qu'toi, tu fais c'que m'man a dit, voilà pourquoi ! Répondit son frère en se camouflant sous sa couverture.
-En plus, elle pue ta pompe... Marmonna Marty en se levant malgré tout.
Il n'avait vraiment pas de chance. Non seulement il était le petit dernier, mais en plus, il avait le malheur de tenir de son père plutôt que de sa mère. Sa génitrice leur avait raconté que leur père était un type avec qui elle s'était assez bien entendu pour qu'il lui fasse deux marmots, mais qui avait finalement décidé qu'être père n'était pas ce qui lui convenait. En fait, Marty avait fini par apprendre qu'après avoir galéré pendant cinq ans au côté de Mâa, son père avait pris son courage à deux mains et s'était carapaté en douce, lâchant la femme qui était devenu une vraie mégère et ses deux rejetons qui, d'après lui, ne valaient pas mieux qu'elle. Comme sa mère était une forte femme qui ne s'en laissait pas compter, il était clair que l'avorton qu'était son père n'avait pas eu d'autre choix s'il voulait garder un peu d'amour propre...
Ruppert était donc un grand gaillard tout en muscle et peu de cervelle et Marty était une petite chose plus douce avec un tempérament plus calme. Mais ça faisait que sa mère et son frère se moquait constamment de lui. En fait, il n'était pas si idiot qu'il le laissait voir. Mais passer pour l'abruti de service lui avait permis de se sortir de situation que d'autres auraient jugé bien délicate et aussi apprendre certaines choses que personne n'aurait osé dire devant Mâa et Ruppert.
Il collectait ainsi des informations qui leur permettaient des coups juteux. Et le dernier en date en valait le coup. Même s'il avait repéré Dolorès en premier, la belle s'était laissée prendre au jeu de muscles de son couillon de frangin. En soupirant, il se redressa, étira un peu son dos et lâcha un pet bien sonore en se baissant pour mettre ses bottes.
-Fait gaffe frérot ! Si t'en lâche un autre, tu vas partir plus vite que ton ombre ! S'esclaffa Ruppert.
La blague plutôt vaseuse fit éclater de rire sa mère et un concert de prouts et de rots se fit bientôt entendre dans le silence matinal.
-Bon, j'vais chercher du bois...
-C'est ça ! Et t'perd pas en route ! Ricana Mâa.
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Bilbo frissonnait. Il avait terriblement mal à la tête et sa jambe lui faisait mal aussi. En passant sa main sur son front, il couina légèrement et la regarda. Le bout de ses doigts était noir de sang séché et il s'aperçut avec effroi qu'il s'était presque arraché tous les ongles. La douleur et la constatation que finalement, tout ce qui lui était arrivé n'était pas un cauchemar mais la réalité, le firent pleurer et en se mettant en position fœtale, il sanglota.
Il était perdu, blessé et il avait faim. Ses parents n'étaient pas là, il leur avait désobéi et voilà ce qu'il lui arrivait...
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Marty avançait en sifflotant quand un bruit étrange le fit s'arrêter net. Il redressa le buste et tourna sur lui-même, à la recherche d'un animal quelconque qui aurait pu faire ce bruit, mais il n'y avait rien. Rien à part l'arbre sous lequel sa famille et lui avait passé la nuit. Il continua donc en direction d'un groupe de buisson qui, il espérait, allait lui donner suffisamment de brindilles pour qu'ils puissent allumer un feu quand le petit bruit se répéta.
Curieux mais prudent, il sortit son couteau et marcha courbé, afin de ne pas trop s'exposer à un éventuel danger.
Mais ce qu'il finit par voir le fit se redresser et ouvrir la bouche.
-Mais c'est quoi ça ?
Il s'approcha prudemment et constata que le bruit venait bien de la chose qui était allongé le long de la berge. C'était pas très gros et Marty se lécha les babines en pensant au festin qu'il pourrait faire s'il parvenait à tuer la bête allongée. Sa famille pourrait le traiter enfin comme un homme de valeur au lieu de l'idiot de service, s'il revenait avec de quoi manger !
En silence, Marty s'approcha et leva son couteau, près à sauter sur la bête quand il stoppa net.
-Maman...
-Hein ? Ça parle ? S'étonna-t-il.
Baissant son arme, il fit les quelques pas qui le séparait de sa proie, mais il ouvrit grand les yeux quand il vit enfin de quoi il s'agissait. Enfin, plutôt de qui...
-Un gosse ? Mais qu'est-ce qu'il fout là ?
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Bilbo rêvait. Il ne pouvait pas s'agir d'autre chose que d'un rêve, n'est-ce pas ?
Après avoir souffert presque toute la nuit du froid et de la douleur, une voix s'était enfin fait entendre.
Alors il essaya tant bien que mal de se redresser et se tourna.
Pour voir un homme debout derrière lui...
Sa première réaction fut de hurler, mais sa gorge, affaiblit par ses nombreux pleurs, n'avait plus assez de force pour crier. Au lieu de ça, un faible couinement se fit entendre et Bilbo tenta de reculer pour se mettre hors de portée. Mais il avait oublié sa jambe et un grognement de douleur lui fit monter les larmes aux yeux.
-Hey petit... n'ai pas peur, j'vais pas t'faire de mal !
Mais Bilbo avait les yeux rivés sur la main droite de Marty qui tenait le couteau. Suivant son regard, l'homme comprit qu'il ne devait pas donner l'impression d'être amical.
-Oh ça ? T'inquiète pas, j'vais l'ranger... tu vois, j'l'ai rangé, t'as plus rien à craindre, d'accord ?
Pas rassuré, Bilbo hocha quand même la tête. Un homme, même s'il était au moins trois fois plus grand que lui, était une personne qui pouvait l'aider. La bonté et la gentillesse dont Bilbo avait été entouré jusqu'à présent ne lui donnait aucun doute sur le fait qu'après l'avoir vu blessé, l'homme ne lui fera aucun mal.
Et il l'avait dit lui-même, n'est-ce pas ?
-Mal... ma jambe...
-T'as mal à ta jambe ? Attend, j'vais voir ça... tu m'laisses t'approcher ? Je m'appelle Marty et toi ?
-Bi... Bilbo...
Marty se mit à genoux devant Bilbo et au moment de palper la jambe, il remarqua les pieds.
-Merde... mais c'est quoi ça ? T'es quoi toi ? S'exclama-t-il en pointant les grands pieds poilus de Bilbo.
Puis il loucha presque en regardant le côté de la tête du petit hobbit. Le môme avait non seulement des pieds presque aussi grands que les siens avec une touffe impressionnante de poils qui poussaient dessus, mais en plus, il avait les oreilles pointues !
Un peu effrayé d'avoir découvert un enfant avec des difformités physiques pareilles, il se releva vite fait.
-M'man ! Ruppert ! V'nez viiite ! Cria-t-il sans lâcher Bilbo des yeux.
-Mais qu'est-ce que t'as à beugler comme un porc ? Cria Mâa.
-V'nez voir c'que j'ai trouvé !
-Qu'est-ce t'as trouvé ? La femme de ta vie ? Ricana Ruppert.
-Avec un peu d'chance, elle aura deux bras et deux jambes et pas quatre pattes ! Rajouta sa mère.
Des ricanements se firent entendre à la suite de ce charmant commentaire et Marty leva les yeux au ciel en se demandant ce qu'il avait fait au bon Dieu pour atterrir dans une famille pareille.
-R'gardez ! C'est un môme, mais il est bizarre !
-Un quoi ? S'étonna Mâa en s'approchant, mais qu'est-ce qu'un môme f'rait là ?
-J'chai pas moi, mais en tout cas, il est là ! Et il a des trucs bizarres...
-Bizarre comme quoi ?
-Des pieds poilus...
-Hahahha ! Mais t'as pas bu que d'l'eau toi ! Ricana Ruppert, juste avant de voir qu'effectivement, le môme avait des poils plutôt fournis sur les pieds.
Mais ce n'était pas le plus étonnant à ses yeux. Ils étaient immenses, bien trop grand pour la taille du gamin !
Lui, qui était plutôt grand et s'en enorgueillissait, avait des grandes mains et des grands pieds, parce que n'importe qui connaissait l'adage : t'as de grandes mains ou des grands pieds et t'en as une grosse !
Et il n'était pas peu fier de ses attributs masculins qui avaient fait crier plus d'une donzelle. Même si celles-ci n'étaient pas toujours d'accord pour aller au pieu avec lui. Bref...
-Et c'est pas tout... Continua Marty. Regardez ses oreilles !
Mâa leva une grosse main aux doigts calleux et l'approcha de Bilbo qui eut un vif mouvement de recul.
-N'ai pas peur bonhomme, j'vais pas t'faire d'mal, j'veux juste jeter un œil pour voir si c'nigaud raconte pas d'cracs...
Et elle souleva une mèche de cheveux dorés.
-Par les couilles de ton crétin d'père ! S'exclama-t-elle en se levant. C'est vrai ! Il a les oreilles pointues !
-T'es qui ? Demanda Ruppert.
-Bi... Bilbo... Murmura le petit hobbit.
-'Y r'ssemble vach'ment aux p'tits hommes qu'on a vu à Bree, ça doit être un hobbit... Déclara Mâa.
-Bah merde alors ! Qu'est-ce qu'il fout ici ?
Mais Bilbo, effrayé par les trois inconnus, se mit à pleurer.
-Oh allez ! Pleure-pas l'môme, Mâa va voir c'qu'on peut faire pour toi !
-Il a mal à sa jambe à c'qu'il m'a dit t'à l'heure.
-Prend-le et ramène-le au camp, j'vais voir ça.
Ruppert s'approcha et se baissa pour le prendre quand Bilbo recula en se trainant sur ses mains, apeuré. Puis il pleura encore plus fort en soufflant sur ses doigts abimés.
-J'te l'laisse ! Beugla Ruppert à Marty, prend-le et ramène-le à m'man, vu qu'il veut pas que j'le touche.
Et il s'en alla, non s'en se réjouir de ne pas être obligé de porter la petite chose aux grands pieds poilus et aux oreilles pointues. Après tout, il ne savait pas si le môme n'avait pas chopé une maladie bizarre qui pourrait être contagieuse.
Mieux valait ce crétin de Marty plutôt que lui...
oOoOo
Il y avait un petit quelque chose dans les yeux de Bilbo qui faisait fondre le dur à cuire qu'était Marty. Depuis qu'il parcourait la Terre du Milieu avec sa mère et son frère, il lui était souvent arrivé de se demander s'il allait finir sa vie comme ça, avec eux. Il aimait sa famille, ça ne faisait aucun doute, mais parfois, il lui arrivait de croire que le monde pouvait lui offrir mieux qu'une vie de rapines et de cavales...
Et le petit bonhomme bizarre devant lui ne demandait qu'un peu d'aide, alors en attendant, Marty allait lui rendre ce service du mieux qu'il pouvait.
-Je vais t'porter jusqu'à m'man. Elle et Ruppert sont un peu bruts, mais ils sont pas méchants. Et Mâa connait les plantes, elle va voir ta jambe. Tu m'laisses faire ?
Incapable de parler, Bilbo laissa échapper un sanglot et hocha doucement la tête en tendant les bras.
L'homme était grand, quoi qu'un peu moins que l'autre et la femme, mais il lui parlait doucement et avait l'air gentil. Alors il se laissa faire.
-Tu vas voir, elle va t'réparer en un rien d'temps !
Bilbo regarda l'endroit où Marty l'amenait. Ce n'était qu'un camp de fortune qui ne comportait que trois couvertures étalées au p'tit bonheur la chance avec une selle devant chacune d'elles ainsi que trois chevaux immenses qui étaient attachés à l'arbre et broutaient le peu d'herbe qu'il y avait aux alentour. Mais pour Bilbo, cela représentait une chance de soigner sa jambe et de retourner à la Comté, dans sa chambre. Là où il serait en sécurité, loin des problèmes du monde.
-Alors comme ça, tu t'es fait bobo mon p'tit gars ? Roucoula Mâa en se penchant sur lui.
-Beurk... Murmura Bilbo en plissant les yeux et en se bouchant le nez.
Ruppert hurla de rire en s'écroulant sur sa couverture.
-J'te l'avais dit qu'tu puais d'la gueule ! Mouhahaha !
-Ta gueule abruti ! Beugla Mâa en lui donnant un coup de bâton sur le bras.
-Un d'ces jours, j'foutrais ton foutu bout d'bois au feu ! Gronda Ruppert en frottant son bras.
-Si tu fais ça, j'te jure qu'j'en prendrais un encore plus gros !
Ils continuèrent à se balancer quelques gentillesses du même cru quand soudain, un cri les arrêta. Ils tournèrent tous les trois la tête vers le petit bonhomme qui avait fini par mettre ses mains sur ses oreilles et criait.
Bilbo avait peur, il était affamé, il avait froid et il avait mal à la tête et à la jambe. Et il voulait ses parents...
-J'veux mes parents... j'veux rentrer chez moi...
-R'garde c'que t'as fait couillon, tu fais pleurer l'petiot !
-C'est pas moi, c'est toi, espèce de vieille mégère !
-Hey ! J'suis ta mère, alors tu m'parles mieux !
-Ça vous dirait pas d'arrêter d'vous engueuler ? Y'a un môme qui voudrait bien qu'on s'occupe de lui... Soupira Marty.
-Ouais, c'est vrai... j'vais voir c'qu'il a... allez, viens l'mioche que j'regarde ta jambe...
Bilbo hésita, mais en regardant Marty, qui lui fit un léger sourire, il finit par se laisser faire.
-Ouais... c'est pas très beau à voir... t'as un vilain bleu, mais ça m'a pas l'air cassé, c'est d'jà ça ! Bon, Marty, au lieu d'rester là à gober des mouches, va donc m'chercher mon sac ! Ruppert, r'garde si tu peux pas lui faire des bottes. Faudrait pas qu'quelqu'un voit ses pieds nus, ça f'rait bizarre...
-Et avec quoi tu veux que j'lui fasse des godasses ? Y'a rien dans l'coin ! Râla Ruppert en fouillant dans les affaires de sa mère pour prendre le sac d'herbes.
-Alors file lui les tiennes, il a des sacrés panards ce gosse !
-Mais ça va pas la tête ? Et j'vais marcher avec quoi moi ?
-Tu march'ras pas vu qu'tu s'ras à ch'val ! Et puis on en trouvera bien une paire là où on va !
En rogne, Ruppert jeta le sac sur les genoux de Mâa et renifla en baissant les yeux. Et quand il vit dans quel état étaient ses bottes, il se dit que finalement, une nouvelle paire ne serait pas si mal. Du coup, c'est presque avec plaisir qu'il se déchaussa et les lança sur la couverture.
-Tiens, et fait bien attention à elles, j'y tiens !
-Comme si tu pouvais t'nir à queq'chose... Marmonna Marty.
-Ohh, et r'gardez moi ses p'tits didis, ils sont tout abimés ! Mâa va réparer ça aussi, hein mon garçon ?
-T'as l'air ridicule... Renifla Ruppert en regardant sa mère.
-Va braire ailleurs si t'es pas content ! Et avant, va m'chercher d'l'eau !
-Y'en a plus qu'pour le mioche... Râla encore l'homme.
Et cette situation commençait franchement à lui déplaire...
oOoOomatin
Bilbo avait été soigné, nettoyé et nourrit. Depuis, il était confortablement enroulé dans une couverture et dormait. Mâa lui avait concocté un mélange d'écorce de Saule et avait massé sa jambe aussi délicatement que possible avec de la graisse mélangée à de la fleur d'Arnica. Bilbo avait soupiré de bonheur en sentant la douleur partir et avait fini par s'endormir.
-Bon, c'est pas l'tout, mais qu'est-ce qu'on va faire d'lui ? Demanda Ruppert.
-On va l'em'ner avec nous, y'aura bien quelqu'un qui l'reconnaitra, ensuite on verra. Répondit Mâa.
-J'ai une meilleure idée... il est p'tit, il est seul et... je pense qu'on pourra le vendre et en tirer un bon paquet d'fric... Annonça calmement Ruppert.
Marty se redressa brusquement, jeta un coup d'œil vers la petite forme allongée non loin et plissa le nez de dégoût. Il connaissait la brutalité de son frère et vivait avec sans trop de problèmes, mais l'entendre dire qu'il voulait vendre le gamin sans aucun remord lui souleva le cœur.
-Tu crois ? Rétorqua sa mère.
Bouche bée, Marty regarda ses "parents". Etait-il vraiment le fils de l'un et le frère de l'autre ?
Du coup, ressembler à son père plutôt qu'à sa mère lui semblait infiniment plus agréable à penser.
-Mais t'y penses pas ? Couina-t-il en regardant Ruppert.
-Pourquoi, t'as un problème avec ça ? Ce gosse, on peut pas l'ram'ner d'où il vient si on veut pas s'faire prendre, alors l'mieux c'est d's'en débarrasser. Et si y'a du fric au bout, c'est encore mieux, j'ai pas raison m'man ?
-Mais m'man... Supplia Marty, on peut pas faire ça, hein ?
-Faut qu'je réfléchisse... Répondit Mâa en se frottant le menton.
-C'est tout réfléchi ! Beugla Ruppert en foudroyant son frère du regard, on peut et c'est c'qu'on va faire ! Ce mioche, il va nous rapporter un tas d'pognon ! Y'a plein d'gens qui donnerait tout c'qu'ils ont pour avoir un môme et nous on va trouver les plus riches et on va leur vendre, c'est pas un bon plan ça ?
-En fait, ton frère à raison Ruppert...
-Voilà ! J'l'avais bien dit... hein ? Comment ça il a raison ? Gueula l'ainé des frères.
-Parle moins fort grand couillon ! Tu vas réveiller l'petiot !
-Avec c'que tu lui as r'filé, il risque pas d'se réveiller ! Ricana Ruppert.
-Ouais, c'est vrai. Pour en rev'nir à c'qu'on causait, vous avez tous les deux raisons. Posez vot' cul par terre et écoutez-moi.
Les deux frères se regardèrent en se demandant si leur mère n'avait pas perdu la tête.
-Assis ! Cria-t-elle en relevant son bâton.
Et les deux gars s'écroulèrent ensemble sur leur couverture. Le bâton, ils connaissaient trop bien...
-J'ai dit qu'Marty avait raison, mais toi aussi t'as raison Ruppert. En fait, ça s'ra l'coup le plus fumant de not' existence ! Et sans risque en plus !
-Crache l'morceau m'man !
-On va l'vendre et on va ensuite l'récupérer... pour le revendre encore et encore...
-... ? S'exclama Marty.
-... ! Rajouta Ruppert.
Puis les deux frangins se regardèrent, l'un ayant les yeux transformés en pièces d'or et l'autre désespéré de voir que sa mère et son frère voulaient se débarrasser du garçon de cette façon.
-Mais c'est génial m'man !
-Mais on peut pas faire ça !
-Non seulement on peut, mais on va l'faire ! On va ramasser un max de fric et sans risquer not' peau à chaque coin d'rue !
Dégoûté, Marty se leva et regarda sa "famille". Il savait qu'ils étaient capables de faire beaucoup de choses, mais ça ?
Pendant un instant, il fut tenté de prendre ses affaires et de quitter son frère et sa mère. Puis il regarda la petite forme allongée et se demanda ce qu'il adviendrait de lui s'il le laissait à la merci des deux monstres qui ne vivaient que pour l'argent facilement gagné.
Non, il ne pouvait décidément pas faire ça. Alors il ravala le peu de fierté qui lui restait et se rassit en silence...
oOoOo
Pendant que son frère et sa mère mettait au point leur combine, Marty se demandait comment il pourrait adoucir la vie du gosse.
Il n'avait jamais eu d'affinité avec les mômes avant, mais celui-là avait un p'tit quelque chose qui lui ramollissait les tripes. Et il se demandait si c'était si bien que ça...
-Comme disait Ruppert tout à l'heure, on peut pas r'tourner à Bree. Ça craint trop pour nous et l'mioche doit avoir d'la famille pas loin. Faudrait aller plus loin à l'Ouest.
-Mais... et mes bottes ?
-Oh râle pas ! Tu les auras tes bottes ! La prochaine ville qu'on trouve, t'iras avec ton frangin prendre une chambre. Dès qu'la nuit viendra, on t'rejoindra et on profit'ra d'un pieu pour s'reposer et on r'partira l'matin avant qu'tout l'monde s'lève. Comme ça, y'aura pas d'histoire !
-Ouais... c'est un bon plan ça m'man ! De là, on ira vers les Montagnes Bleues en passant par les Collines d'Evendim. J'trouv'rais des bottes et j'ai entendu dire qu'il y a du fric par là.
-Bien ! Maintenant qu'on sait c'qu'on va faire, vous allez ranger l'barda et on y va !
Les deux frères se levèrent et rangèrent les couvertures avant de mettre les selles sur les chevaux.
-Qui s'charge du mioche ? Lança Ruppert en attachant son sac.
-J'vais l'prendre, je suis l'plus petit et comme il est pas lourd, ça chargera pas trop mon cheval.
-Ça m'va.
Une fois chargé les sacs et le reste de leur possession, Marty monta et tendit les bras. Ruppert ricana et s'empara de Bilbo fort peu doucement, mais en faisant tout de même attention à ne pas trop l'abîmer. Après tout, ce gamin allait leur fournir de quoi vivre tranquillement sans trop en faire alors il fallait en prendre soin...
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Bien calé entre les bras de Marty, Bilbo poussa un petit soupir et se colla contre la poitrine chaude qui le tenait fermement, mais sans lui faire mal. Ça sentait mauvais. Ça sentait la transpiration et la crasse accumulée depuis longtemps et son nez sensible le démangea. Mais il se sentait bien, il n'avait presque plus mal et il était au chaud. Après la pluie glaciale et sa presque noyade dans le fleuve, c'était ce qui pouvait lui arriver de mieux.
Enfin presque.
Parce qu'après tout, il n'était qu'un petit hobbit perdu dans le monde des hommes. Mais son subconscient le laissa tranquille et il se replongea dans un sommeil bienvenu...
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Ils avancèrent tranquillement pendant quelques heures, alternant entre monter leurs chevaux et la marche à pied, afin de ne pas les épuiser. Car s'il y avait bien une chose sur laquelle ils étaient tous d'accord, c'était qu'il n'était pas question de
faire toute la route à pied en étant chargé comme des bourricots...
Leurs montures accusaient une sérieuse fatigue quand ils virent au loin une construction étrange. Quand ils s'en approchèrent, ils virent que c'était une baraque en grosses pierres et décidèrent de s'y installer. Ça ne payait pas de mine, mais ça avait le mérite d'être gratuit. Il manquait une partie du toit, mais les murs avaient l'air de tenir le coup, alors ils prirent ensemble la décision de rester dans cet endroit quelques jours, le temps que leur petit invité se remette bien et que ses blessures guérissent.
Mais ils n'avaient pas tous la même motivation. Ruppert et sa mère ne voyait que le profit qu'ils pourraient tirer de la vente et il fallait que le gosse reste en vie et si possible, en bon état. Après tout, qui voudrait d'un enfant malade ?
Et Marty voulait que le petit se sente à l'aise, même s'il savait qu'il n'allait pas tarder à se rendre compte que jamais il ne retrouverait ses parents. Il se sentait mal à cause de ça mais il savait pertinemment qu'il ne pourrait jamais faire changer d'avis son frère et sa mère. Il ne pouvait que s'arranger pour que la détention du gamin se passe le mieux possible...
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Les chevaux furent pansés et mis à l'abri dans un appentis collé à la maison. Mâa avait fouiné et avait trouvé une pièce où ils pourraient dormir à l'abri. L'autre, celle avec une portion du toit manquant, allait leur servir de cuisine. Le trou dans la toiture ferait parfaitement office de cheminée, vu que celle qui devait être contre le mur s'était effondrée et avait emporté avec elle une partie de la charpente. Marty avait posé doucement Bilbo sur une paillasse à moitié pourrie, mais qui avait l'avantage de ne pas être directement par terre.
Sans s'en rendre compte, il passa sa main doucement dans les boucles emmêlées. C'était rêche et sec et la couleur faisait penser à de la boue mélangée à quelque chose de doré. Peut-être qu'un bon bain leur redonnerait leur couleur originale. Il soupira. Fallait pas y penser...
Mâa et Ruppert croyait dur comme fer que la crasse les empêchait de tomber malade en faisant une sorte de "barrière naturelle" contre les maladies. Lui, il pensait plutôt que ça ne servait juste qu'à sentir mauvais...
-Marty ! Qu'est-ce tu fous ? Viens là !
La douce voix de sa mère le rappelant à l'ordre, il laissa Bilbo emmitouflé et regagna la pièce principale.
Son frère était assis en face de sa mère et ils avaient tous les deux les coudes posés sur leurs genoux.
-C'est pas mal ici, on va y rester le temps que l'marmot se r'mette, ensuite, 'y f'ra sa part de boulot comme tout l'monde. Y'a pas d'raison à c'qui s'tourne les pouces ! En attendant, on va mettre au point c'qu'on va faire de lui.
-Vous voulez toujours le vendre ? Demanda Marty.
-Ouais, pourquoi ? Ça t'dérange ? Lui répondit Ruppert.
-Y'a pas à discutailler l'bout d'gras, j'ai dit qu'on l'vendait, alors on va l'vendre ! Asséna Mâa en se redressant. Maintenant, v'là c'qu'on va faire. Dès qu'le mioche ressemble plus à une loque, on part, on trouve une ville pour tes godasses, on fait des provisions, on reste une nuit histoire de s'reposer et on r'part. On va suivre la route tant qu'on peut, comme ça, on s'ra sûr de trouver un endroit où y'aura des bourges qui s'ront d'accord pour ach'ter un môme. On dit au gosse qu'il doit être gentil et tout, et à la nuit tombée, on lui dit de s'pointer à la fenêtre la plus basse. Il saute, on l'récupère et on s'tire ! Pas compliqué !
-Bon plan ça m'man !
-Et si l'môme préfère rester ? Demanda Marty.
-Il a pas intérêt ! Sinon, j'te garantis qu'il va tâter d'mon bâton ! Cracha Mâa. Et pis on a été gentil avec lui, on l'a soigné, on l'a nourri, alors j'vois pas pourquoi 'y voudrait pas rester avec nous ! Et va donc le chercher, il a assez dormi !
Marty se leva en soupirant. Quand sa mère avait quelque chose dans la tête, rien ni personne ne pouvait la faire changer d'avis. Alors il alla chercher le gamin...
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Bilbo ouvrit brusquement les yeux. Puis il regarda à droite et à gauche et se demanda où il était. Il n'était plus au bord de l'eau, il n'était plus mouillé et il était allongé sur quelque chose de mou. Ça puait, certes, mais c'était mou. Il poussa la couverture dans laquelle il était enroulé et s'assit sur le bord du lit quand il entendit des pas.
-Maman ? Papa ?
Marty, en entendant les mots, inspira un grand coup. Il allait devoir briser les espoirs du garçon. Et ça ne lui faisait pas spécialement plaisir...
-Non, c'est moi ! S'exclama-t-il d'un air qu'il espérait joyeux.
-Ohhh... Murmura Bilbo en baissant la tête.
-Tu vas mieux on dirait ! Tu viens ? M'man a quelque chose à te dire.
Bilbo tendit les bras et attendit que l'homme le descende. Pour un hobbit qui était dans une maison d'homme, tout était très grand. Ses pieds étaient très loin de toucher le sol et il avait encore un peu mal à la jambe...
Marty le prit sous les bras et après l'avoir posé, lui prit la main.
-Je suis pas un bébé, je peux marcher tout seul ! Affirma Bilbo.
-Et bien et bien ! Tu as ton p'tit caractère, à c'qu'on dirait ! D'accord, marche tout seul alors !
Le fait que Bilbo lui avait répondu prouvait à Marty qu'il serait sans doute capable de s'en sortir sans trop de mal. Même si justement, il espérait qu'avoir du répondant ne déplairait pas trop à Mâa et Ruppert.
-Regardez qui j'vous amène ! Lança Marty.
-Ah ! Mais c'est un bon p'tit gars qu'voilà ! Tu viens d'assoir à côté de moi ? Faut qu'on cause toi et moi.
Mâa se poussa un peu et Bilbo grimpa tant bien que mal sur le banc.
-Dis-moi mon p'tit, t'as quel âge ?
-J'ai dix-huit ans.
Les trois compères se regardèrent, les yeux écarquillés. Il était si petit ! Mais comme il n'était apparemment pas un enfant d'homme, il n'avait sans doute pas la même longévité qu'eux et ne grandissaient pas autant.
-T'es sûr ? Parce que mes garçons, quand ils avaient ton âge, ils étaient bien plus grand qu'toi ! Même Marty qu'est un avorton pourtant !
-Hey ! Râla Marty.
-C'est vrai qu't'es un avorton ! Ricana Ruppert.
-Fermez-la tous les deux ! Beugla Mâa.
Ils avaient récupéré un mioche, mais quand elle regardait ses fils, elle se demandait vraiment s'ils étaient adultes. Heureusement qu'avec le petit, ils allaient pouvoir gagner du fric, parce que sinon, c'est eux qu'elle aurait vendu !
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A Hobbitbourg régnait un calme inhabituel. Une fois réveillée, Bella avait décidé d'aller chez ses parents. Elle ne voulait pas retourner dans une maison où plus jamais elle n'entendrait les rires et les pas de son fils qui courait dans le smial alors qu'il savait qu'il n'avait pas le droit. Que ne donnerait-elle pas pour l'attraper sur le fait et le priver de miel, douceur qu'il adorait ?
Bien sûr, les punitions ne duraient jamais longtemps. Elle et Bungo étaient incapables de résister à la bouille d'ange de leur fils.
Bilbo, la prunelle de leurs yeux. Leur adorable fils qu'ils ne verraient plus jamais...
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A suivre...
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Et merci de me lire.
Bizzz.
Ticoeur.
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