Les malheurs de Bilbo vont commencer...
Je vous souhaite à tous et à toutes une excellente lecture et je vous dis à mardi pour la suite.

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Chapitre 3

Bilbo n'avait pas l'habitude d'entendre crier et, surprit, il sursauta et s'éloigna de la femme qui avait hurlé un peu trop près de ses oreilles qui étaient plutôt sensibles.

-N'ai pas peur mon p'tit, Mâa, elle crie beaucoup, mais elle mord pas ! S'esclaffa Mâa en parlant d'elle-même.

Bilbo retroussa son nez et pensa que de toute façon, il ne risquait pas grand-chose vu qu'il lui manquait plein de dents. Et celles qui avaient bien voulu rester dans sa bouche étaient pourries...

Mais il était un hobbit bien élevé et s'il le pensa très fort, il ne le dit pas.

-Dis-moi, tes pieds, c'est normal qu'ils soient si grands et poilus ?

-Je suis un hobbit de Hobbitbourg, dans la Comté. Rétorqua Bilbo, ils sont un peu petits pour l'instant, mais quand je serais plus vieux, ils seront plus grands ! Rajouta-t-il avec fierté.

-Hein ? S'étonnèrent les deux frères en même temps.

-J'avais raison, c'est un hobbit ! S'exclama Mâa en se redressant.

-Merde, il va pas garder mes bottes longtemps alors ! Mais j'pourrais quand même en avoir une paire neuve, hein m'man ? S'inquiéta Ruppert.

-Faut voir... t'es un p'tit gars si j'ai bien compris, alors tu s'ras majeur quand ?

-A mes trente-trois ans... Soupira Bilbo qui se dit qu'il avait encore un bon bout de temps à attendre.

Mais la rombière venait juste de penser à une chose. Elle ne connaissait pas tout le pays, mais elle avait entendu parler de la Comté, l'endroit de la Terre du Milieu où vivaient des petits hommes et elle en avait un sous les yeux. Ça n'arrangeait pas du tout ses affaires ça, mais comme il était encore très jeune pour sa race, elle pourrait décider pour lui encore longtemps. Et s'ils avaient fait de la route depuis qu'ils l'avaient ramassé, elle trouvait qu'ils étaient encore trop près du peuple du gosse. Fallait qu'ils s'en éloignent encore plus...

-Quand est-ce que vous me ramènerez à mes parents ?

Bon, son plan avait changé. Pas trop, mais il fallait qu'elle fasse gaffe, parce que sinon, le môme n'allait jamais vouloir rester avec eux de son plein gré. Et elle avait l'excuse toute trouvée, en espérant que ses crétins de rejeton ne vendent pas la mèche. Elle jeta un œil sur son bâton et un mauvais sourire éclaira ses traits grossiers.

-Et ben c'est pour ça que j'voulais t'parler. En fait, pendant qu'tu dormais sur la route, on a croisé des gens qui t'cherchaient justement.

Ruppert et Marty regardèrent leur mère bizarrement.

Mais qu'est-ce qu'elle était en train d'inventer ?

-Ils t'ont vu et ils m'ont demandé qui t'étais. J'leur ai dit qu'on t'avait trouvé près d'l'eau et c'est là qu'ils m'ont dit...

Mâa renifla, prit un bout de sa robe et tamponna un peu le coin de ses yeux.

-Et c'est là qu'ils m'ont dit... oh... j'peux pas t'dire ça comme ça... Pleurnicha-t-elle.

Ses deux fils se tournèrent l'un vers l'autre. Mais à quoi jouait la vieille ?

C'était même pas crédible la façon qu'elle avait de s'essuyer les yeux. Ils étaient secs !
Ils ne se rappelaient pas avoir déjà vu leur mère pleurer d'ailleurs. Qu'est-ce qu'elle foutait ?

Mâa avait vu le regard de ses rejetons et sans bouger sa tête, ses yeux se tournèrent vers son bâton. Les deux gars blanchirent aussitôt et baissèrent les yeux.
Mâa était contente, ils avaient compris sans même qu'elle dise quoi que ce soit ! Elle les avait bien élevés...

Mais en attendant, y'avait un mioche qu'elle devait convaincre.

-Ils ont dit quoi ? Demanda Bilbo, un peu curieux.

-Ils ont dit que... faut pas leur en vouloir, y'a des parents qui méritent pas d'avoir des gosses, tu sais ? Ils ont dit que... y'avait un couple du côté d'la Comté qui disait qu'leur môme avait disparu un soir qu'il pleuvait, qu'ils l'avaient cherché, mais comme ils l'avaient pas trouvé, et bah en fait, ils étaient finalement bien content d's'en être débarrassé... quand j'leur ai dit qu'ils pourraient te ram'ner à eux, qui s'raient p'tète content de t'revoir, ils ont dit qu'ils étaient reparti chez eux en sifflotant... et ils leur avaient même proposé d'boire un coup pour fêter ça. C'est pas croyable c'que les gens sont méchants d'nos jours. Un bon p'tit gars comme toi, qu'est gentil et mignon, j'te l'dis moi, ils t'méritent pas. Tu s'ras mieux avec nous et on va prendre soin de toi, parole de Mâa !

Bilbo ouvrit grand les yeux et des larmes les envahirent. Ce n'était pas possible ? Pas ses parents ?

Ils n'arrêtaient pas de lui dire qu'ils l'aimaient, qu'il était leur fils adoré. Comment avaient-ils pu dire ça ?

Ils ne le punissaient pas parce qu'il avait désobéi quand même ? C'était trop cruel !

Le petit hobbit n'en supporta pas plus. Il sauta du banc, se retrouva à quatre pattes sur le sol et griffa la terre.

Ses doigts redevinrent rouges de sang et il hurla, il hurla sa douleur. La douleur d'avoir perdu ses parents

sans espoir de les revoir, puis il se releva et courut dehors...

-Et bah v'là une bonne chose de faite ! S'exclama Mâa.

-Ouais... ça c'est pas trop mal passé... Rajouta Ruppert.

Marty resta la bouche ouverte en entendant ça.

-Vous rigolez ? L'pauvre gosse est parti en courant et il pleurait !

-Comme ça il piss'ra moins au lit, comme disait vot' grand-ma ! Bon, va l'chercher, j'voudrais pas qu'y s'perde c'couillon !

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Bilbo courrait. Il ne savait pas où il allait et de toute façon il s'en fichait. Tout ce qu'il voulait, c'était partir loin, très loin et oublier. Oublier que ses parents l'avaient abandonné et qu'ils étaient même contents de s'être débarrassé de lui. Les larmes lui brouillaient tellement la vue qu'il ne vit pas une grosse pierre et il butta dedans. Il s'écroula par terre en criant et en se tenant la jambe. C'est là que le trouva Marty. Même s'il avait la jeunesse pour lui, Bilbo n'avait pas les jambes aussi grandes que celles d'un homme et il n'était pas allé bien loin...

Il resta debout un instant, regardant le gosse qui se tenait la jambe et pleurait à chaudes larmes. Le voir dans cet état lui faisait mal au cœur. Sa famille avait détruit le môme et s'en était même réjouit. Et le pire, c'est qu'il n'avait rien fait pour arrêter ça. Mais il savait que s'il n'allait pas dans le sens de sa mère et son frère, il en pâtirait sûrement...

Alors il s'accroupit.

-Ça va aller mon gars. Bilbo, c'est ça ? C'est bien comme ça qu'tu t'appelles ? Lui demanda-t-il gentiment.

-Ou... oui... Hoqueta le petit hobbit.

-Tu t'es encore fait mal à la jambe et c'est toujours la même en plus ! Décidément, tu n'fais pas les choses à moitié toi... Soupira Marty.

-Dites... c'est pas vrai ? C'est pas vrai ce qu'elle a dit la dame ? Mes parents m'ont pas laissé ? Renifla Bilbo.

En voyant le petit visage plein de larmes, les yeux rouges et le nez qui coulait, Marty craqua. Il ne pouvait pas faire ça, il n'était pas comme sa mère et Ruppert.

-Et bien...

-Marty ! Mais qu'est-ce tu fous ! Tu l'trouves ou pas ? Beugla Mâa au loin.

Marty soupira. Il faudrait qu'il trouve un autre moment. Là, ils étaient éloignés de tout. Sans provisions et à deux sur un seul cheval, s'il prenait Bilbo avec lui, ils n'iraient pas très loin. Il ne pouvait rien faire, il n'avait rien à part sa monture et encore, il n'était même pas sûr de pouvoir la garder. Il ne pouvait pas se résoudre à casser l'espoir qu'il voyait dans les grands yeux verts, mais il finit par se traiter de lâche et baissa la tête.

Il laisserait sa famille le faire...

-J'suis là m'man ! J'le ramène !

Il se baissa et prit Bilbo dans ses bras. Il s'attendait à ce que le gamin se débatte, qu'il lui redise qu'il était assez grand pour marcher, mais rien. Le gamin était complètement amorphe et se laissait faire.

-T'inquiète pas, on va s'occuper de toi...

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Le retour à la baraque se fit dans le silence, Bilbo reniflait encore, mais avait cessé de pleurer. Dans sa tête, il se demandait encore pourquoi ses parents ne l'aimaient plus. Est-ce qu'il leur coûtait trop d'argent ?

C'est vrai qu'il mangeait beaucoup, comme tout bon hobbit qui se respectait et pourtant, ses parents n'avaient jamais fait aucune remarque sur la quantité de ce qu'il pouvait ingurgiter. Après tout, il était jeune et plein de vigueur, et sa mère ne rechignait jamais à lui faire des crêpes et lui, il les arrosait généreusement de miel. C'était doux, sucré et tellement bon !

Mais les bons petits plats, c'était fini. Quand ils l'avaient trouvé près du fleuve, Bilbo leur avait dit qu'il avait faim et la seule chose qu'on lui avait donné, c'était un morceau de viande séché et salé. C'était dur et pas très bon, mais son estomac avait apprécié et avait fini par arrêter de lui faire mal. Mais depuis, il n'avait rien eu et la femme, Mâa, ne lui avait rien proposé. Il se demanda s'il pouvait réclamer à manger autant de fois qu'il en avait l'habitude, parce qu'un seul repas frugal, ne remplacerait jamais les six qu'il aurait pu avoir...

Et avec toutes ses idées de nourriture, son estomac se fit entendre et gronda.

-Et bien, on dirait bien qu't'as faim ! Ça tombe bien, c'est presque l'heure d'manger. Mais d'abord, on va r'garder ta jambe.

Bilbo fut posé sur la paillasse et Mâa regarda sa jambe d'un œil mauvais. Ce mioche, s'il continuait à se

comporter comme ça, il allait leur apporter des tas d'ennuis. Et elle n'avait vraiment pas envie de faire parler d'elle, surtout après le coup qu'ils avaient fait à Bree. Mais la perspective de gagner de l'argent sans se fatiguer la fit changer de comportement. Et c'est avec une douceur toute relative, qu'elle nettoya le membre blessé de Bilbo.

-Ecoute l'môme, j'y suis pour rien dans tout c'qui t'arrive. Moi, j'm'occupe de toi et voilà comment tu m'remercie ? En courant ! J'ai pas qu'ça à faire alors maintenant, tu vas être un bon garçon et te t'nir à carreau, sinon, la prochaine fois, on t'laisse te démerder ! Ok ?

Bilbo la regarda avec de grands yeux, apeuré. Elle n'allait quand même pas faire ça ?

-T'as compris ou pas ? Insista Mâa.

-Oui madame...

-Y'a pas d'madame qui tient ! Moi, c'est Mâa et pas autre chose ! Ruppert, donne-moi ton foulard, faut qu'j'bande sa jambe.

-Mais pourquoi l'mien ? Râla son fils.

-Oh ça va ! Tiens, prend ça ! Proposa Marty en lui tendant le sien.

Et quand il fit un clin d'œil à Bilbo en tendant le foulard à sa mère, il eut droit à un timide sourire en récompense. Et ça réchauffa un peu son cœur...

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Les deux hommes étaient allés chercher un peu de bois et pendant ce temps, Mâa avait sorti un morceau de viande séchée et l'avait posé sur un chiffon. Bilbo fit la moue en voyant dans quel état de crasse était le torchon, mais quand, après en avoir coupé un bout, la femme leva les yeux vers lui et lui donna, il ne fit pas la fine bouche. Il avait bien trop faim et il ferma les yeux en imaginant mâcher un morceau de viande bien juteux, qui aurait mijoté doucement dans une marmite sur le poêle. Il rêvait aussi des courgettes fondantes, des aubergines savoureuses et des pommes de terre qui n'auraient pas manqué d'accompagner le plat.

Son imagination était fertile, mais il déchanta bien vite quand, à la place, il eut droit à des branches de cèleri sauvage que Marty avait déniché en ramassant le bois.

Mais il s'en contenta. C'était bon, c'était frais et au moins, ça ne sentait pas aussi mauvais que la viande séchée !

Il n'y avait pas un bruit dans la cabane. Enfin, sauf si on excluait les bruits absolument répugnant de trois personnes qui mâchaient la bouche ouverte que Bilbo trouvait dégoûtant. Il était plus jeune que les autres, même s'il ne savait pas du tout quel âge ils pouvaient avoir, mais au moins, il savait manger proprement.

Pensif, il regarda Mâa. Elle avait l'air très vieille, sa peau était toute ridée et ses cheveux ressemblaient à de la paille. Mais de la paille souillée par des animaux. Ses vêtements ne ressemblaient pas à ce qu'il avait l'habitude de voir. Chez les hobbits, les dames portaient de jolies robes et des chapeaux fleuris et comme il n'avait jamais vraiment eu l'occasion de fréquenter des hommes, il ne savait pas si c'était normal qu'une femme porte elle aussi des pantalons. Le sien avait l'air d'avoir été piétiné et était un peu déchiré sur un côté. Les deux hommes étaient habillés à peu près pareil, sauf que les vêtements de Marty avaient l'air un peu plus propre.

-Rend-toi utile et va chercher d'l'eau !

Sortant de ses songes, Bilbo sursauta.

-Moi ? Demanda-t-il en remarquant que Mâa le fixait.

-J'te r'garde et j'te cause, donc c'est à toi que j'parle ! Marty, accompagne-le, j'veux pas qu'il risque de tomber encore, j'ai l'impression qu'ses pieds l'gêne pour marcher ! Hahaha !

-Pas du tout ! S'exclama Bilbo en se redressant. Je sais marcher, c'est juste que j'avais pas vu la pierre et...

-Je sais c'que j'dis ! Maintenant tais-toi et va chercher d'l'eau ! J'voudrais boire un coup moi, j'ai soif ! Le coupa Mâa.

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Bilbo, accompagné de Marty, se dirigea vers le ruisseau un peu plus loin. Finalement, la maison était bien située. Pas trop loin d'un chemin et avec de l'eau à proximité, c'était isolé, mais agréable.

Bilbo poussa un cri de joie et s'accroupit sur l'herbe avant de plonger les mains dans l'eau et d'en boire une gorgée. Puis il en reprit, s'aspergea le visage et s'ébroua comme un jeune chiot. Puis il sourit. Il allait enfin pouvoir se laver ! L'eau était froide, mais au moins, elle n'était pas boueuse et même sans savon, il pourrait retrouver un semblant de dignité. C'était presque parfait.

-Marty ! Ramène ton cul ici, si tu veux pas que j'te l'botte !

Mais bien sûr, ça ne pouvait pas durer...

-On reviendra tous les deux juste avant d'aller dormir si tu veux. Moi aussi, je f'rais bien un brin d'nettoyage. Après toute cette route, c'est vraiment pas du luxe. Ça t'va ?

-Oui ! S'exclama Bilbo, ravi.

L'idée de ne plus nager littéralement dans sa crasse le ravissait. Il pourrait peut-être même en profiter pour laver son pantalon dont la couleur noire avait depuis longtemps disparu sous une couche de poussière. Sa chemise était bizarrement encore en pas trop mauvais état, malgré les mésaventures qu'il avait eues jusqu'ici.

-Mais en attendant, on remplit les gourdes et on rentre.

Un peu d'espoir avait rendu Bilbo un peu moins triste et Marty avait vu le visage de l'enfant s'éclairer à l'idée de pouvoir se laver. Si une si petite chose comme le fait d'être propre pouvait lui redonner le sourire, alors il lui donnerait ce plaisir. Il savait que si sa mère lui avait dit de l'accompagner, ce n'était pas pour l'empêcher de tomber, c'était surtout parce qu'elle n'avait pas du tout envie que sa "poule aux œufs d'or" risque de s'évader. Depuis qu'elle et son frère avaient eu cette horrible idée de vendre le gamin, le pauvre gosse allait vivre peut-être sans chaines, mais il allait quand même être un prisonnier.

Un condamné sans espoir de libération. Voilà ce que Bilbo était devenu...

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Juste avant d'aller se coucher, comme Marty lui avait promis, ils étaient allés tous les deux au ruisseau et après un bref instant d'hésitation, Bilbo entra dans l'eau. Après sa mésaventure dans le Brandywine, il avait encore plus peur de l'eau vive, mais l'idée d'être propre et de ne plus avoir de démangeaison due à la poussière fut plus forte que tout. Il posa un pied au fond et comme l'eau ne monta pas plus haut que son mollet, il soupira d'aise.

Il n'y avait pas trop de courant et il avait pied. Le seul souci, c'est que s'il voulait laver correctement son pantalon, il allait devoir l'enlever. Mais il n'était pas prêt à se déshabiller devant un inconnu, surtout un homme d'une autre race. Les hobbits n'étaient pas spécialement pudiques, mais il était jeune, sans défense et il ne voulait pas tenter le diable. Alors il se débarbouilla, lava son cou, ses oreilles et ses bras. Mais quand il se redressa, des gouttes d'eau coulèrent dans son dos et il poussa un petit cri.

-Bilbo ? Ça va ? S'inquiéta Marty.

L'homme avait remarqué la réticence du gamin à se laver devant lui, ce qu'il comprenait parfaitement, alors il s'était un peu éloigné, mais pas trop. Juste assez pour ne pas le perdre de vue.

-Ça va. C'est juste froid...

-Je sais, mais c'est mieux que rien, hein ?

-Oui...

-Bon, dépêche-toi, j'ai pas envie d'passer la nuit dehors !

-Je voudrais laver mes affaires... je peux ? Lui demanda Bilbo.

-Moi j'veux bien, mais m'man voudra pas t'donner du savon pour ça. J'sais pas pourquoi elle en a d'ailleurs, vu qu'elle s'en sert pas... Marmonna ensuite Marty.

-Elle sent pas bon... Rétorqua Bilbo en faisant la grimace.

Marty ouvrit grand les yeux et la bouche et éclata de rire.

-Et ton frère non plus. Rajouta-t-il.

C'était le fou-rire le plus incroyable que Marty eut depuis longtemps. Et le pire, c'est qu'il n'en voulait pas du tout au gosse vu qu'il était tout à fait d'accord avec lui !

Du coup, il décida que lui aussi, il ressemblerait à un homme et pas à une loque puante.

-Vas-y, nettoie tes affaires et j'vais faire pareil avec les miennes. Ça leur fera pas d'mal !

Ils se tournèrent le dos et Bilbo décida de ne pas se déshabiller parce que même si Marty avait l'air gentil, il ne lui faisait pas suffisamment confiance. Il s'assit dans l'eau en frissonnant et, prenant une poignée de sable, il frotta ses jambes aussi haut qu'il put et son pantalon ensuite. Ça ne serait pas comme s'il avait été nettoyé au lavoir, mais il s'en contenterait. Il hésita à se laver les cheveux, mais après réflexion, il se dit que ça ne servait à rien de se laver le corps si ses cheveux continuaient à ressembler à une botte de paille dégoutante.

Prenant son courage à deux mains, il inspira fort et plongea la tête dans l'eau. Elle était glaciale et pendant un moment, il repensa à sa chute dans le fleuve. Mais là, il était assis et c'était lui qui avait décidé de le faire, pas la tempête. Il frotta ses cheveux aussi longtemps qu'il put rester sous l'eau sans respirer, puis releva la tête et s'ébroua. De son côté, Marty en fit autant et décida que quoi qu'il arrive, à partir de maintenant, il se laverait tous les jours !

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La nuit avait été calme et reposante. Etre propre avait son avantage et si Ruppert et sa mère n'avaient pas

arrêté de grogner et de se gratter, Bilbo et Marty avaient dormi comme des loirs. L'aube pointait le bout de

son nez et à travers les tuiles disjointes, Marty voyait quelques rayons de soleil. La journée promettait d'être belle. Mais pour l'instant, il voulait encore profiter de la douceur toute relative de sa couche, alors il se retourna et ferma les yeux. Un petit couinement lui fit tourner la tête et il vit Bilbo qui se frottait les yeux en baillant. Ce gamin était incroyable. Il était perdu, abandonné et pourtant, il restait fier. S'il avait pleuré au début, maintenant, il avait l'air d'avoir fait son deuil de sa famille.

Et Marty pensa que dans son malheur, c'était ce qui pouvait lui arriver de mieux. Parce qu'à moins d'un miracle, sa situation ne devrait pas s'améliorer. Puis il entendit un grognement et une quinte de toux grasse suivit. Sa mère était réveillée. Elle s'assit sur sa paillasse, se gratta le ventre et bailla, la bouche grande ouverte. Il se prépara mentalement à l'entendre râler et ça ne loupa pas.

-Au lieu de m'regarder va chercher d'l'eau ! J'voudrais boire un truc chaud pour changer !

Et comme Bilbo avait lui aussi envie de boire quelque chose de chaud et qui avait du goût, il sauta de son lit improvisé et s'approcha de l'ouverture.

-Et tu crois qu'tu vas où toi ? S'exclama Mâa.

-Je voudrais voir si je trouve de la menthe, pour faire du thé...

-Parce que tu t'y connais en plante, toi ?

-Tous les hobbits connaissent les plantes ! Lui répondit Bilbo.

C'était une telle évidence qu'il soupira en faisant la moue.

-Ah ouais ? Intéressant ça... bon, vas-y, mais r'viens vite !

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Bilbo était comme tous les petits hobbits, il s'intéressait à tout. Et donc, il allait souvent, pour ainsi dire toujours avec sa mère quand elle avait décidé d'aller ramasser des plantes sauvages et elle lui avait appris tout ce qu'elle savait. Bilbo était jeune et à cet âge, chez les hobbits comme chez tous les enfants, le cerveau était une véritable éponge et il avait ingurgité le savoir sur les plantations et la cueillette.

Il connaissait les bonnes et les mauvaises herbes et savait comment les préparer. Au cours de sa promenade matinale, il avait trouvé de la menthe sauvage, du thym, beaucoup d'orties et quelques baies dans un buisson. Mâa avait été étonnée et ravie. Elle aussi connaissait les plantes mais pour soigner, pas pour les manger.

Après les avoir lavées et mises dans l'eau chaude, les feuilles de menthe avaient dégagées une bonne odeur qui n'arrivait pas à masquer la puanteur des vêtements sales de Mâa et Ruppert, mais qui avait un peu allégé l'atmosphère. Le petit déjeuner ne rassasia pas Bilbo, loin de là, mais il ne dit rien. Il se doutait qu'à partir de maintenant, il allait devoir se contenter de ce qu'on allait lui donner.

Pendant que Marty était partit laver les quelques ustensiles dont ils s'étaient servis et que Ruppert était allé s'occuper des chevaux, Mâa appela Bilbo et lui fit signe de s'asseoir en face d'elle.

-Bon, j'vais t'expliquer une chose. On va faire d'la route aujourd'hui jusqu'à c'qu'on trouve une ville. Faut qu'on trouve de quoi bouffer, parce que maint'nant qu'tes là, nos réserves vont pas faire long feu. Alors tu vas nous filer un p'tit coup d'main, d'accord ?

Depuis que Bilbo s'était rendu compte que ne pas écouter ses parents l'avait amené à suivre une famille d'homme, ça lui avait fait prendre conscience d'une chose. Il était jeune, trop jeune pour s'en sortir tout seul alors il décida que même si Mâa et Ruppert lui faisait un peu peur, ils étaient adultes et devaient savoir ce qui était le mieux pour lui et Marty était plutôt gentil. Alors il posa ses mains sur ses genoux et écouta sagement.

-Tu es un bon p'tit gars et on va essayer d'trouver une famille qui voudrait bien t'prendre contre un p'tit peu d'argent.

-Vous allez... vous allez m'abandonner vous aussi ? Dit-il d'une petite voix.

Mâa était ravie, la réaction du gamin était parfaite !

Il n'avait pas relevé le fait qu'elle allait demander de l'argent, mais seulement qu'elle voulait qu'il aille dans une autre famille. C'était presque trop beau pour être vrai !

-Mais non voyons ! Qu'est-ce que tu dis comme bêtises, t'es trop gentil, on t'a, on t'garde !

Rassuré, Bilbo poussa un long soupir.

-Et tu vas faire une chose pour nous. La famille aura sûrement beaucoup d'argent et j'ai toujours dit qu'c'était pas juste que c'étaient toujours les mêmes qu'avaient les sous, pas vrai ? Et moi j'dis qu'il faut partager, alors ils vont nous en donner un peu. Toi tu vas profiter un peu de leur maison et pis quand la nuit viendra, tu r'viendras et tu s'ras d'nouveau avec nous. C'est pas mal, non ?

Un peu inquiète malgré tout, Mâa attendit de voir ce qu'allait en penser le môme.

-Vous ne partirez pas sans moi, hein ?

Bilbo ne se rendait pas compte de ce qu'elle lui demandait, il était trop apeuré par le fait de se retrouver à nouveau avec des inconnus.

-Bien sûr que non, espèce de nigaud !

Alors il hocha la tête et acquiesça. Sans savoir dans quoi il s'embarquait...

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Alors que les chevaux allaient au pas, Mâa s'approcha de Ruppert.

-J'ai expliqué au petiot c'qu'on attend d'lui. Et tu d'vin'ras jamais ! Lui dit-elle en souriant.

-Quoi ?

-Il a juste peur qu'on l'abandonne !

-C'est pas vrai ! S'exclama Ruppert, ravi.

-Gueule pas espèce de couillon... Râla Mâa en regardant derrière elle.

Mais Bilbo écoutait Marty, qui chantonnait une vieille balade dont il massacrait joyeusement les paroles et souriait tout en s'agrippant comme il pouvait au cheval.

-Il a rien dit sur l'argent qu't'allais d'mander ?

-Pas un mot ! J'crois bien qu'ça va s'passer encore mieux qu'prévu ! Rajouta-t-elle.

Et c'est en rêvant de montagnes d'or qu'ils continuèrent d'avancer...

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Il était tard quand ils arrivèrent près d'une ville. Ils étaient tous les trois fatigués, sales et affamés. Mais aux yeux de Mâa, c'était l'endroit parfait. Elle avait un peu bourlingué dans sa vie et ce côté du monde, elle ne le connaissait pas, mais certaines des habitations avaient l'air d'être bien entretenues, plutôt grandes et elle était sûre de trouver une famille qui ferait l'affaire. Mais d'abord, il fallait qu'ils se rendent présentables pour leur plan.

-Marty, toi vas essayer d'voir si y'a pas une étable ou un truc dans l'genre pour les chevaux. Ruppert, toi tu vas trouver un endroit où laisser trainer tes oreilles pour c'que tu sais... on s'retrouve tous ici après. En attendant, j'reste là avec le môme. Allez, et plus vite que ça !

-Oui m'man ! Répondirent les garçons en même temps.

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Ça ne prit pas longtemps à Marty pour trouver un endroit où ils pourraient laisser leurs chevaux sans que ça leur coûte trop cher. En fait, l'homme était plutôt content de s'occuper des bêtes et de les nourrir si en échange, il lui rangeait les bottes de paille dans son hangar. Il était plutôt âgé et n'avait plus sa forme d'antan.

Ruppert s'était avancé dans la rue et, arrivé sur une petite place, il entendit des rires et de la musique. Il regarda à droite et vit une enseigne qui se balançait mollement sur laquelle était écrit le "Dragon d'or". Pile-poil le genre d'endroit qu'il lui fallait !

Il entra dans la taverne et commanda un whisky. Mais il se rendit compte assez rapidement que les gens le regardaient plutôt de travers. Encore une ville où les étrangers n'étaient pas spécialement appréciés...

Alors il posa un jeu de carte sur la table.

-Ça dit à quelqu'un une p'tite partie ? Lança-t-il à la cantonade.

Au début, les hommes tournèrent la tête et continuèrent de l'ignorer, puis un p'tit gars pas bien costaud s'approcha de lui et posa sa chope sur la table.

-Combien ?

A partir de ce moment, les hommes se détendirent un peu en sa présence et commencèrent à parler. Ruppert n'était pas très intelligent, mais il laissa passer un peu de temps et beaucoup de verres avant de commencer à poser des questions. Il apprit ainsi qu'un couple avait perdu leur fils unique d'une maladie. Il demanda, l'air de rien, où cette famille habitait et l'un des hommes rigola en lui disant que ça ne servait à rien qu'il lui dise vu qu'ils n'étaient pas du même monde qu'eux. Ruppert, encore plus intéressé, fit semblant de se moquer des gens "d'la haute" et finalement, apprit où était leur maison.

Après un dernier verre, il finit par se lever et quitter la taverne. Il ne fallait pas qu'il oubli pourquoi lui, son frère et sa mère était là...

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Marty était revenu le premier et avait dit à Mâa et Bilbo de le suivre. Pendant qu'il rangeait les bottes de pailles, le petit hobbit, qui avait trouvé un bac, entreprit de se laver. Un peu rebutée, Mâa décida qu'elle devait en faire autant malgré tout et sortit un morceau de savon de son sac.

Bilbo couina de plaisir et se frotta allègrement tout en fredonnant.

-Frotte pas si fort, tu vas t'arracher la peau ! Beugla Mâa.

Ce n'est pas qu'elle se souciait le moins du monde du gosse, mais il ne fallait pas qu'il ait des marques, sinon, la famille chez qui il irait pourrait se poser des questions et elle pourrait avoir des ennuis avec les représentants de l'ordre. Et ça, il n'en était pas question !

Après avoir fini de se laver, Bilbo soupira. Enfin il était propre et n'avait plus de démangeaisons due à la poussière. Mâa se sécha avec sa robe et posa ses mains sur ses hanches grassouillettes.

-Bon, on va r'tourner au carrefour pour voir si Ruppert a trouvé queq'chose.

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Ils attendirent un bon bout de temps avant d'entendre des pas.

-Eh bah c'est pas trop tôt ! Râla Mâa.

-Gueule pas la vieille, j'ai trouvé l'filon ! Répliqua Ruppert en s'appuyant lourdement contre le muret.

-Mais t'es bourré ma parole !

-Et a... hips... alors ? J'ai trouvé queq'chose, moi !

-On devrait peut-être aller ailleurs, ici, y'a du monde qui pourrait nous entendre... Dit enfin Marty.

-Ouais, t'as raison. On va aller dans la grange du vieux, on s'ra tranquille !

Ils partirent tous les quatre et finirent par s'installer plus ou moins confortablement. Ruppert déballa tout ce qu'il avait appris et ils finirent par se mettre d'accord sur la marche à suivre...

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Mâa et Bilbo s'approchèrent de la maison plutôt cossue et elle frappa à la porte. Bilbo avait les yeux grands ouverts et malgré la quasi-obscurité, il était impressionné par la taille de l'habitation. Ça ne ressemblait pas du tout à ce qu'il avait l'habitude de voir et il se demandait comment des gens pouvaient construire quelque chose d'aussi haut. Les hobbits étaient un peuple d'agriculteurs qui vivaient proche de la terre. Et leurs maisons sous les collines étaient basses, tout à fait à leurs tailles. Mais il ne devait pas oublier qu'il était maintenant avec des hommes et qu'il ne verrait plus jamais Hobbitbourg...

Cette constatation lui fit venir les larmes aux yeux et quand Mâa se tourna vers lui pour lui donner quelques dernières recommandations, elle se mit à sourire en voyant son air triste. Si même le gamin s'y mettait, ça allait être du gâteau !

-N'oublie pas. Tu rentres avec moi, tu te tiens sage et tu dis rien. S'ils te prennent dès ce soir, c'est parfait. Tu écoutes tout ce qu'ils te disent, et si 'y t'posent des questions, tu racontes qu't'es orphelin, après tout, c'est presque vrai, hein ? Et puis dès que tout l'monde est au pieu, toi tu descends et on s'en va, t'as compris ?

-Mais pourquoi j'peux pas rester ?

-Parce que des gens qui sont capables de donner du fric pour acheter un gosse ne devraient pas en avoir ! Un gosse, ça s'achète pas, c'est une question d'honneur ! Affirma Mâa en prenant un air dégoûté.

Bilbo ne pouvait qu'être d'accord avec ça, mais ne demanda à pas à Mâa pourquoi elle, elle faisait ça...

Ils entendirent enfin du bruit et la porte s'ouvrit. Un homme plutôt grand se tenait devant eux et quand il les vit, il renifla fort.

-On n'a besoin de rien !

Et il referma la porte.

Décontenancée, Mâa resta bouche bée. Mais pas très longtemps et elle cogna à nouveau.

-J'ai dit qu'on avait besoin de rien ! Cria l'homme derrière la porte.

-Qu'est-ce qu'il y a mon chéri ?

-Rien, ce ne sont que des colporteurs ! Répondit-il à la voix féminine qui s'était fait entendre.

-On n'est pas des marchands ! S'exclama alors Mâa.

-Alors vous voulez quoi ? Demanda l'homme en ouvrant la porte à nouveau.

-On est là pour d'mander d'l'aide... voyez-vous, ce p'tit bonhomme a perdu ses parents...

-Que se passe-t-il Ray ? Qui sont ses gens ? Demanda la femme qui s'était approchée.

Bilbo regarda la belle femme qui était devant lui et écarquilla les yeux. Elle était grande mais il pouvait voir qu'elle avait les yeux rougis.

-Oh... mais qui est cet enfant ? Ray ! Ne les laisse pas dehors comme ça ! Entrez donc ! S'exclama-t-elle en se poussant.

L'homme soupira en refermant la porte derrière eux et les suivit dans la maison. Elle les invita dans un salon de belles proportions et les incita à s'asseoir.

-Que vous arrive-t-il ? Demanda-t-elle alors d'une voix douce.

Mâa raconta alors l'histoire qu'ils avaient mise au point et le couple se regarda. Bilbo avait les mains sagement posées sur ses genoux mais n'arrêtait pas de bouger ses jambes. Les bottes de Ruppert lui faisaient mal aux pieds, mais Mâa lui avait dit que s'il voulait avoir l'air respectable, il devait les garder. Il avait rechigné en disant que les hobbits ne portaient jamais de chaussures, vu que la peau de leurs pieds était aussi épaisse que du cuir et était parfaitement adaptée à la marche. Mais il n'y avait rien à faire, elle n'avait pas cédé.

Comme Bilbo était petit, il pouvait passer sans problème pour un enfant humain de bas-âge, mais ses grands pieds velus trahissaient trop le fait qu'il n'était pas un petit homme. Et si par malheur les gens reconnaissaient sa race, ça pouvait leur amener des soucis.

-Comme je disais à votre mari, Bilbo a perdu ses parents et voyez-vous, mes fils et moi, on est souvent sur la route et on peut pas l'trimballer avec nous. C'est pas une vie pour un si petit garçon... Dit Mâa avec tristesse. Alors on s'est dit qu'on pouvait lui trouver une gentille famille qui accepterait d'le prendre et de l'élever comme leur fils... Finit-elle en les regardant avec espoir.

Le couple se regarda et l'homme poussa un soupir en voyant que sa femme avait le sourire aux lèvres. Il n'avait pas besoin qu'elle parle pour connaitre sa réponse. Ils avaient perdu leur propre petit garçon l'hiver dernier à cause d'une mauvaise fièvre et elle ne s'en était jamais remise.

-Comment tu t'appelles ? Demanda-t-elle en regardant le petit hobbit.

-Bilbo...

-Et tu as quel âge ?

-Il a huit ans. Répondit Mâa à sa place en fronçant les sourcils en direction de Bilbo pour lui faire comprendre qu'il ne devait pas donner son âge véritable.

Sa taille correspondait à peu près à cet âge pour un enfant humain...

-Ray... on peut certainement faire quelque chose ? On ne peut pas le laisser comme ça ?

-Léna ma chérie, on ne sait pas d'où ils viennent et... Commença l'homme.

-Je me fiche de savoir d'où ils viennent, ce petit garçon est bien trop jeune pour errer sur les routes ! Affirma sa femme.

Mâa se réjouit d'entendre ça. Tout marchait à la perfection !

-Mais y'a juste un petit problème. Oh pas grand-chose, mais... vous voyez... mes fils et moi, on avait tout juste de quoi vivre avant de le trouver et maintenant...

-Mais bien sûr ! S'exclama Léna. Ray, tu peux sûrement donner à cette dame de quoi rembourser les frais occasionnés, n'est-ce pas ?

-Mais...

-C'est très gentil d'votre part, m'dame, j'voudrais pas abuser, mais c'est sûr qu'un p'tit queq'chose s'rait l'bienvenu... Coupa Mâa.

Elle ne pouvait pas laisser l'homme lui couper l'herbe sous les pieds. La femme était bien plus malléable et profiter de sa faiblesse ne lui posait aucun problème !

-Ray ? S'il te plait... on ne peut pas laisser ce petit dans cet état. On peut l'aider, n'est-ce pas chéri ?

Acculé, l'homme ne put qu'acquiescer. Mâa, ravie, fut presque tentée de se frotter les mains en imaginant déjà ce qu'elle pourrait faire avec l'argent qu'allaient lui donner le couple.

-Je reviens, dit l'homme en se levant.

-Tu fais à peu près la même taille que mon fils, je pense que je vais trouver des vêtements qui t'iraient bien. En attendant, je suppose que tu dois avoir faim ? Proposa la dame en regardant Bilbo.

Le petit hobbit sourit en se redressant. Enfin ! Enfin il allait avoir quelque chose à manger !

-Oui madame. Répondit-il poliment.

-Parfait ! Tu vas me suivre à la cuisine dès que mon époux revient, d'accord ?

Bilbo hocha la tête vigoureusement et se leva quand Ray entra de nouveau dans le salon. L'homme attendit que sa femme et le garçon s'éloigne avant d'ouvrir son portefeuille.

-Je pense que cette somme suffira à combler votre perte. Annonça-t-il en lui tendant plusieurs gros billets.

Mâa faillit sauter de joie en voyant la liasse conséquente. Mais elle n'oublia pas qu'elle devait feindre d'être humble et remercia l'homme en laissant couler une larme. Tout était parfait, absolument parfait !

-Vous ne lui dites pas au revoir ? S'étonna l'homme alors qu'elle s'approchait de la porte.

-Non... le pauvre petit sera bien chez vous. Il m'oubliera vite... Renifla-t-elle.

Elle se moucha bruyamment et partit vite. Ça marchait comme sur des roulettes !

Maintenant, il n'y avait plus qu'à attendre la nuit...

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A suivre...

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Et merci de me lire.

Bizzz.

Ticoeur.

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