Chapitre 5
Deux mois passèrent et Ruppert avait repris le dessus sur son frère. Ça c'était fait lentement, l'air de rien et puis un jour, tout était revenu comme avant. Sauf que Bilbo faisait encore plus attention à rester hors de sa vue. Les cicatrices sur ses pieds et ses jambes se rappelaient suffisamment à lui pour qu'il ne reste pas à ses côtés.
Marty avait gagné la confiance du menuisier à qui il donnait un coup de main, mais le printemps arrivant, il n'y avait plus beaucoup de travail. Les toitures et les clôtures avaient été réparées à la sortie de l'hiver et c'était le calme plat. Il n'y avait donc pas beaucoup d'argent et ça déplaisait à Ruppert. Alors un matin, au lieu de sortir boire, il ordonna à Marty et Bilbo de s'asseoir en face de lui.
-Faut qu'on trouve du fric. T'as plus d'boulot, dit-il en regardant Marty, et l'morveux ne fait plus rien. Mais j'ai une idée. Les beaux jours reviennent et avec ça, les gens sortent alors tu vas faire la manche. T'es petit, si tu restes sale et qu'on coupe ton froc, les gens t'fil'ront du fric et t'auras même pas b'soin d'voler.
-Tu veux encore profiter d'lui ? S'exclama Marty.
-Ça t'pose un problème ? Ça fait des mois qu'il fout plus rien et faut qu'on continue à l'nourrir alors c'est ça ou 'y s'casse ! Beugla Ruppert en se levant.
-La faute à qui s'il fout plus rien ? Hein ? Rappelle-moi qui lui a flanqué un tison brûlant sur les jambes ?
-LA FERME ! Il f'ra c'que j'dis !
Bilbo posa une main tremblante sur le bras de Marty et lui fit un pauvre sourire.
-J'vais l'faire... Murmura-t-il.
-T'es sûr ?
-S'il dit qui va l'faire, tu vas pas l'en empêcher ! Râla Ruppert. Et tu commences maint'nant ! Sur la place, y'a des boutiques où y'a des greluches qui vont ach'ter leurs fanfreluches. J'suis sûr qu'ça rapportera ! Et n'oublie pas d'pleurnicher, ça f'ra plus d'effet... Marty, tu l'suis d'loin et tu vois c'que ça donne. Si ça va pas, l'môme change de place et en trouve une ou y'a des gens qu'ont du pognon. Compris ?
Bilbo hocha la tête vigoureusement. Tendre la main et pleurnicher devant des gens ne le rebutait pas plus que de rentrer dans des maisons et voler des objets de valeur. Mais ça faisait trop longtemps qu'ils étaient dans cette ville et comme Ruppert n'avait jamais supporté de le voir pieds nus, il devait en plus endurer la douleur du cuir usé sur ses jambes et ça ne lui permettait pas de courir s'il le fallait. Alors il allait mendier...
Ruppert s'approcha de Bilbo avec un couteau et machinalement, il recula en levant son bras devant sa tête.
-J'vais pas t'toucher espèce d'imbécile, c'est pour couper ton pantalon ! Quand les gens verront tes jambes, ils donneront plus facilement alors laisse-moi faire si tu veux pas prendre une branlée ! Le menaça-t-il.
Le hobbit, les yeux grands ouverts et effrayé, regarda Marty qui lui fit un petit sourire triste.
-Laisse-le faire, je suis là... Lui murmura-t-il.
Ruppert fit une entaille dans le pantalon et tira d'un coup sec pour le déchirer.
-Ça fait plus vrai comme ça... ouais, ça ira... S'exclama-t-il ravi. Maintenant, vas-y et ramène du fric, sinon, c'est pas la peine de r'venir !
oOoOo
Bilbo marcha difficilement jusqu'à la place. Il avait chaud, il avait mal aux pieds et il avait faim. Mais Ruppert surveillait tout et il n'avait droit qu'à un maigre repas par jour. Et encore, si on pouvait appeler ça un repas...
Un morceau de pain à moitié moisi et un bout de viande séchée composait le menu. Il n'y avait que quand Marty revenait de la scierie qu'ils avaient parfois droit à des pommes qu'il cueillait dans le verger qui se trouvait sur sa route. Pour un hobbit qui mangeait normalement six fois par jour et la même quantité qu'un homme, il était loin de ressembler à ses semblables.
Mais c'est ce que Ruppert voulait. Plus il paraissait petit et malingre, plus il ferait pitié et plus les gens donneraient. Le fait qu'il ait des douleurs constantes lui importait peu par rapport à ce qu'il pourrait ramener.
-Vas-y et t'inquiète pas, si quelqu'un t'cherches des noises, j'suis pas loin. Faut pas qu'les gens m'vois, sinon, ça paraitra louche. Lui dit Marty gentiment.
Bilbo trouva une place un peu ombragée pas loin de la paroisse et il se demanda si les gens lui feraient la charité. Il s'assit, baissa la tête et se gratta derrière les oreilles. Ses cheveux le démangeaient horriblement. Ils étaient sales, pleins de nœuds et emmêlés, mais ils étaient longs et il ne songea pas un instant à demander à les couper. C'était sans doute ça qui avait protégé ses oreilles pointues quand Ruppert avait décidé de lui brûler les poils de ses jambes.
Parce qu'il n'avait aucun doute sur le fait que dans sa rage, il les aurait aussi mutilées. La cloche de l'église sonna et les gens commencèrent à sortir, mais il resta assis, se contentant de tendre la main, paume visible et attendit. Les premières personnes le regardèrent et continuèrent leur chemin. Ça n'étonnait pas vraiment Bilbo. Les pauvres étaient souvent relégués au fond, là où il n'y avait pas de bancs, donc ils étaient les premiers à sortir.
Il savait qu'il fallait attendre de voir les premières chaussures cirées et les belles robes des dames. Comme prévu, ce furent les dernières personnes qui firent tomber les premiers sous dans sa main et quand il n'entendit plus de pas, il leva enfin la tête et regarda sa main. Il y avait quelques belles pièces et surtout, il y en avait une toute dorée !
Ravi, il se mit debout en grimaçant et s'appuya sur le mur pendant quelques instants. Ses jambes le faisaient souffrir même après tant de temps. Il savait qu'il aurait dû continuer à mettre de la pommade sur ses pieds, mais le maréchal ferrant avait trouvé étrange que le niveau de son pot de baume anti-brûlure baisse et il avait fini par l'emporter chez lui chaque soir depuis ce temps.
Bilbo avait donc cessé bien trop tôt de se soigner et il avait maintenant d'affreuses cicatrices qui en plus, lui faisaient un mal de chien.
C'est en marchant doucement en compagnie de Marty qu'il arriva à la remise et ils entrèrent. Marty lui fit un petit sourire et alla s'asseoir en face de son frère mais quand Bilbo vit Ruppert, il posa tout de suite les pièces sur la table et fila dans le petit cellier où il dormait sans demander son reste. Avec un peu de chance, ce qu'il avait ramené suffirait et il pourrait être tranquille pendant un certain temps.
Il allait s'allonger pour reposer ses jambes, mais il n'en eut pas le temps.
-Viens ici l'môme !
Bilbo sursauta et se tordit les mains, se demandant ce qu'il devait faire. Devait-il rester dans le cellier et ne pas répondre ou devait-il y aller ?
Le risque de se faire battre s'il ne répondait pas fut le plus fort. Il ouvrit doucement la porte et resta devant.
-Approche ! J'vais pas t'frapper, j'veux juste causer.
Le hobbit avait remarqué la bouteille d'alcool à moitié vide et la voix un peu pâteuse de Ruppert lui indiqua que ce n'était pas la seule qu'il avait bu aujourd'hui. Il fit juste deux pas et jugea qu'il était suffisamment près.
-Marty m'a dit qu'tu débrouillais pas trop mal alors comme t'as rapporté du fric, d'main, t'iras au marché et tu ramèn'ras d'la bouffe. Maint'nant, casse-toi, j'veux plus t'voir !
Bilbo n'attendit pas qu'il risque de changer d'avis et retourna très vite dans le cellier. Il ferma la porte et s'assit sur la couverture rêche et trouée qui lui servait de matelas. Puis il tira tout doucement sur les bottes et c'est avec un soupir de soulagement qu'il fit bouger ses orteils.
En temps normal, les pieds des hobbits étaient longs, épais et avaient une peau dure comme du cuir en dessous, ce qui leur permettait de marcher sur n'importe quel sol sans ressentir le moindre mal et surtout, de supporter le froid sans souci. Le seul gros véritable problème était la glace.
Un sol gelé pouvait leur causer des gerçures, sauf s'ils ne restaient pas trop longtemps dessus. Mais Bilbo ne se rappelait plus tout ça. Ça faisait tellement longtemps qu'il était obligé de porter des bottes que ses pieds avaient perdu leur endurance naturelle.
En attendant, il frotta ses pauvres orteils endoloris dont les ongles étaient dans un piteux état. Il passa ses doigts sur ses cicatrices en soupirant. La peau était toujours rouge et plissée et ses poils avaient disparu, tout comme les deux plus petits orteils de son pied droit. Ils avaient été tellement brûlés qu'il ne restait plus qu'un bout de peau durcie sur les os. Le seul avantage était qu'à cet endroit, son pied était devenu un peu moins large et qu'il souffrait moins de l'étroitesse de la botte.
Il entendit du bruit dans la pièce d'à côté et la porte claqua.
-Bilbo ? Tu peux v'nir si tu veux, Ruppert est parti !
En soupirant, Bilbo remit les bottes et se leva. Il ne restait pas pieds nus en dehors du cellier, même si Ruppert n'était pas là. Il ne prendrait jamais aucun risque avec ça...
Esquissant un tout petit sourire, le hobbit baissa la poignée, tira un peu la porte et jeta un œil. Marty ne l'avait jamais frappé, mais il n'avait jamais vraiment empêché Ruppert de le faire.
Alors sa confiance en lui était un peu limitée...
-Je sais qu'on n'est pas la famille la plus sympa. Mais crois-moi, si j'peux, jamais j'le laisserais t'refaire du mal. Et puisqu'il est pas prêt de rentrer, on va s'faire un bon p'tit gueul'ton !
Marty se leva et prit une boite de conserve sur la petite étagère.
-C'est pas grand-chose, mais demain, on va aller au marché alors ce soir, on peut s'goinfrer !
oOoOo
Ils ne s'étaient pas goinfrés comme l'avait dit Marty, mais les haricots de la boite avaient merveilleusement accompagné le morceau de porc séché. Et ils avaient même eu un dessert !
Marty n'était pas un voleur, ça, c'était le domaine de Bilbo, mais quand ils étaient sur le chemin du retour, après que Bilbo ait fait la manche à la sortie de l'église, il n'avait pas pu s'empêcher de prendre une petite brioche sur un étalage quand le marchand s'était détourné.
Elle n'était pas grosse une fois partagée en deux, mais Bilbo avait presque couiné de bonheur en sentant la texture fondante dans sa bouche. Ça faisait trop longtemps qu'il n'avait pas mangé quelque chose d'aussi bon. Il était tôt alors après avoir fini leur festin, ils sortirent pour voir s'ils ne pouvaient pas trouver de quoi arranger leur ordinaire pour le soir...
oOoOo
Envoyer Bilbo faire la manche fonctionna pendant quelques temps et puis les gens, lassés de le voir la main toujours tendue sans chercher à gagner de l'argent honnêtement en travaillant, cessèrent de donner.
Bilbo rentra un jour sans rien à mettre sur la table et sans regarder Ruppert qui avait le goulot à la bouche, il fila dans le cellier.
-Où est l'pognon ! Beugla l'homme.
Le hobbit ferma les yeux. Il était seul. Marty était allé dans les bois pour relever les collets et il ne serait pas de retour avant le début de soirée, afin de ne pas faire voir ses éventuelles proies aux gens qu'il risquerait de croiser dans les rues.
Bilbo hésita un peu, mais quand il entendit les pieds de la chaise racler le sol, il se décida à ouvrir la porte. Avec un peu de chance, Ruppert serait trop saoul et resterait assit...
Il entra donc dans la pièce, mais ses espoirs furent réduits à néant. L'homme se tenait au dossier de la chaise, mais il était debout.
-OU EST L'FRIC ? Redemanda-t-il.
-Y'en a pas... Murmura Bilbo.
-Quoi ?
-Y'en a pas...
-J'suis sûr qu'tu mens... j'suis sûr que t'as planqué l'fric dans ton froc et qu'tu l'garde pour toi ! Donne-le moi !
Bilbo recula quand Ruppert s'approcha de lui.
-DONNE LE MOI !
-Y'en a pas ! Répéta Bilbo en rentrant la tête dans ses épaules.
oOoOo
Ruppert regarda le môme. Il avait l'aplomb de lui dire qu'il n'avait rien eu de la journée ?
C'était impensable. Il se moquait de lui. Pourtant, il avait pris soin de lui, trouvant un endroit où dormir et en le gardant pendant toutes ses années. Il aurait très bien pu le laisser mourir seul au bord de l'eau, mais son grand cœur lui avait dit que ça ne serait pas bien et il l'avait nourri et soigné.
Ce môme n'avait aucune reconnaissance et il allait voir que personne, non personne ne se moquait de lui sans en payer les conséquences...
oOoOo
Bilbo respirait fort et vite, trop vite. Ruppert était ivre pratiquement tous les jours et si d'habitude il se contentait de lui flanquer une gifle ou un coup de pied quand il ne disparaissait pas de sa vue assez rapidement, là, ce n'était pas pareil. Il avait quelque chose dans le regard qui lui faisait peur. Il se redressa et haleta quand il le vit décrocher sa ceinture.
-Non...
Il l'avait déjà frappé avec ses poings ou ses pieds, parfois même les deux mais jamais il n'avait utilisé d'objets. Et sa ceinture avait une boucle en métal énorme...
-T'as rien dans les poches, hein ? T'es parti toute la journée et tu m'dis qu't'as rien ? Tu vas voir... tu vas pas t'foutre d'ma gueule longtemps !
Et avant même que Bilbo ait pu esquisser un pas, il lui attrapa les bras, le maintint le ventre sur la table avec une main et avec l'autre, il tira sa ceinture hors de son pantalon.
Puis il frappa.
Le premier coup surprit Bilbo qui cria et se cambra sous la douleur sourde. Il essaya de se débattre, mais en vain. Même ivre, Ruppert était trop grand et trop fort.
Le second coup atteignit le bas de son dos, le troisième claqua en biais et Bilbo hurla quand le bout du ceinturon atteignit sa joue.
-Ta gueule ! MAIS FERME LA ! Cria Ruppert en tapant de plus belle.
Mais même si Bilbo voulait se taire, il ne pouvait pas. Les coups étaient forts et même désordonnés, ils atteignaient leur but à chaque fois. Le dos, les fesses, la nuque même. Et puis le mince tissu de sa chemise ne tint pas le coup et se déchira. Le cuir épais claquait directement sur la chair mise à nue et bientôt, le sang se mit à couler.
Le dos de Bilbo n'était qu'une plaie sanguinolente, ses fesses n'étaient guère mieux et il avait même des traces rouges sur une joue.
Il ne pleurait plus, il avait dépassé le cap de la douleur et son corps avait décidé de lui-même qu'il avait suffisamment souffert. Ruppert cessa de le frapper, quand il ne bougea plus. C'était pas marrant si le gosse se débattait pas. Alors il lui lâcha les poignets et le hobbit glissa par terre, sans connaissance.
L'homme renifla et se moucha sur sa manche, regarda le gosse d'un air dégoûté et se rassit à table.
-Voilà c'qui s'passe quand on m'dit des cracs. Après ça, tu r'commenc'ras plus...
Il leva la bouteille et s'enfila une rasade. Il ne pensa même pas à vérifier si Bilbo lui avait effectivement mentit ou pas. Il s'était défoulé et ça faisait tellement longtemps que ça le démangeait que ça lui avait fait du bien. Et avec la raclée de ce soir, le gamin ne penserait plus à lui cacher quoi que ce soit.
Par contre, il ne faudrait pas qu'il oublie que Ruppert était le chef et qu'il devait lui obéir. Et pour ça, un bon coup de temps à autre devrait faire l'affaire. Pour ce soir, il avait son compte et il avait fini par arrêter de hurler.
Merde ! Ce p'tit con lui avait enlevé tout son plaisir !
Les gosses, c'est plus c'que c'était...
oOoOo
Marty sifflotait en rentrant. Ses pièges avaient fonctionné à merveille, le printemps était là et comme les jours s'allongeaient, les lièvres pullulaient et il en avait eu trois. Avec ça, il ferait un bon ragout et les rutabagas qu'il avait trouvés complèteraient parfaitement le plat. Ce soir, ils feraient effectivement un festin !
Il n'y avait aucun bruit quand il s'approcha de la remise, mais ça ne l'inquiétait pas, bien au contraire. Ça voulait dire que Bilbo était dans le cellier et que Ruppert lui fichait la paix. A moins que son ivrogne de frangin soit parti boire un coup ailleurs, ce qui ne serait pas si mal. Et s'il pouvait éviter de rentrer, ça serait encore mieux.
Mais quand il entra, il vit son frère allongé sur sa paillasse, dans un recoin et une odeur lourde et cuivrée lui assaillit les narines.
Il lâcha les lapins et le sac de légumes quand il vit Bilbo en sang, par terre.
-Oh bon sang... mais qu'est-ce qu'il t'a fait ?
Paniqué, il se demanda s'il devait courir chercher un docteur où s'il devait essayer de le soigner lui-même. Après un court instant de réflexion, il décida de ne mettre personne au courant. Si son frère était responsable, ce dont il était quasiment sûr, il ne voulait pas risquer de le mettre plus en colère.
Alors il prit le petit corps martyrisé dans ses bras et le porta dans le cellier. Puis il commença à nettoyer les plaies en ayant presque les larmes aux yeux quand il vit dans quel état son dos était. Il abaissa doucement le pantalon qui était rouge également, mais la toile avait mieux résisté et la peau de ses fesses était moins abîmée.
-Pauvre gosse... tu mérites vraiment pas ça. Ruppert est complètement malade... Grogna-t-il.
La dernière fois que son frère avait frappé le môme jusqu'à l'inconscience, il avait eu le cran de lui tenir tête. Mais depuis quelques temps, il avait l'impression que ça ne passerait pas s'il recommençait. Et il n'était pas question que Bilbo subisse encore ce traitement.
Marty savait que Bilbo n'était plus vraiment un enfant, après tout, cela faisait un peu plus de dix ans qu'il était avec eux et il devait être près de la trentaine maintenant. Chez les hommes, il serait déjà adulte mais pas chez les hobbits. Pour son peuple, il serait encore un adolescent. Proche de la majorité, mais un adolescent quand même. Et sa petite taille faisait qu'il avait toujours l'impression qu'il était un petit enfant.
Mais heureusement pour lui, ce n'était pas le cas, sinon, il ne savait pas si Bilbo aurait réussi à supporter les coups...
Comment allait-il faire pour que son frère cesse de s'en prendre à lui ?
Il ne savait pas. En attendant, Bilbo devrait rester allongé pendant plusieurs jours le temps que ses plaies se referment et comme il n'avait aucun remède à sa disposition, il espérait qu'il n'y aurait pas d'infection.
L'eau était rouge de sang alors il se leva pour la changer et ses yeux se portèrent sur son frère.
Un profond dégoût lui fit faire la grimace. Mais quand il pensa à sa propre façon de faire, ou plutôt de ne rien faire, il ricana. Finalement, il n'était guère mieux. Il n'avait jamais frappé Bilbo et il se rappelait parfaitement lui avoir dit que jamais il ne laisserait Ruppert recommencer mais il n'avait pas tenu sa promesse.
Il se rappela soudainement du thé à l'écorce de saule pour la douleur et il savait que le gamin en avait toujours à cause de ses pieds. Il en prépara une tasse et retourna auprès de Bilbo pour lui en faire boire un peu. Pour l'instant, il allait s'occuper du môme, il verrait avec sa conscience après.
Si jamais il en avait encore une...
oOoOo
Plusieurs jours passèrent. Ruppert ne s'était pas excusé et Marty ne lui adressait plus la parole se contentant de le regarder avec dégoût. Heureusement, Bilbo se remit assez bien. Ses plaies ne s'étaient infectées, mais il avait encore beaucoup de mal à bouger. Marty était resté à la remise tout le temps que Bilbo était allongé, refermant la porte à clef derrière lui dès qu'il en sortait.
C'était une bien maigre protection contre la force brute de son frère, mais il espérait que ça l'inciterait à rester loin de lui.
Et puis un jour, Ruppert provoqua une bagarre dans une taverne. Toute la ville le connaissait pour ce qu'il était, c'est-à-dire un ivrogne qui ne faisait rien d'autre de ses journées que boire et jouer aux cartes, laissant son frère trimer et son fils mendier.
Parce que même si les frères n'avaient jamais dit que Bilbo était le fils de l'un d'eux, ils avaient laissé dire. Finalement ça avait bien arrangé leurs affaires, ça paraissait moins bizarre qu'il traine avec eux...
Le représentant de l'ordre avait fait appel à un juge et il avait été décidé que soit il payait une amende, soit il quittait la ville avec l'interdiction d'y revenir.
N'ayant pas assez d'argent, Marty rangea leurs maigres affaires et ils reprirent la route...
oOoOo
Trois années étaient passées depuis la dernière colère de Ruppert et Marty avait réussi à le tenir hors de portée de Bilbo.
Et comme ils ne restaient jamais très longtemps dans les villages qu'ils traversaient, Marty refusait catégoriquement de dépenser leurs maigres ressources dans les bouteilles d'alcool dont Ruppert était devenu dépendant. Ce qui faisait que l'ainé était dans un état de manque qui le rendait tremblant et colérique...
oOoOo
Ils avaient fini par vendre leurs chevaux et depuis ils marchaient, mais c'était long et fatigant. Leurs montures ne leur avaient pas rapporté beaucoup, à peine de quoi vivre quelques jours. Mais ils avaient faim et les villes devenant de plus en plus rares, ils devaient marcher longtemps avant d'en trouver une.
Il n'y avait pas de forêts qui auraient pu offrir un abri au gibier qu'ils auraient pu attraper avec les collets de Marty et les vallées étaient vertes mais désertiques. Ils avaient décidé de descendre au Sud, même s'ils étaient déjà passés par là. Après tout, il s'était passé tellement de temps que les gens avaient dû les oublier. Ils longèrent la côte jusqu'aux frontières du Gondor, puis continuèrent le long des Montagnes Blanches.
Bilbo était émerveillé par la fabuleuse ville blanche Minas Tirith mais ils n'y restèrent que deux jours, juste le temps de vendre les peaux des lapins que Marty avait finalement réussi à piéger. Ils se reposèrent un peu et Ruppert obligea Bilbo à reprendre ses vieilles habitudes en délestant les habitants de quelques bourses bien remplies. Puis ils reprirent la route en suivant l'Anduin vers le Nord.
Ça leur évitait de passer trop près des Monts Brumeux et leurs redoutables géants de pierres...
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L'automne était presque fini et l'hiver pointait le bout de son nez. Les nuits commençaient à être froides et les lièvres avaient fourni les peaux dont ils se servaient pour se tenir chaud. Ils longèrent la forêt de Fangorn qui était sombre, pas vraiment accueillante et qui avait une bien étrange réputation.
On disait que les arbres parlaient et pouvaient bouger.
Bien sûr, personne n'osait s'en approcher, ce qui offrait aux deux frères et à Bilbo un endroit parfait pour y chasser et faire provision de viande fraiche, ce dont ils manquaient cruellement.
Mais les chuchotements et le bruit des branches craquant sous le vent ne les rassuraient pas. Après avoir réussi à piéger un cochon sauvage, ils décidèrent qu'ils en avaient assez et reprirent la route, s'éloignant de ce bois maudit.
Plusieurs jours plus tard, alors qu'ils continuaient leur marche, ils croisèrent des rangers qui leurs offrirent de partager leur repas, ce qu'ils acceptèrent avec plaisir.
L'un deux leur dit même qu'ils pourraient passer par la forêt de La Lórien, qu'ils y trouveraient un accueil chaleureux et un toit pour se reposer.
Ruppert grogna, mais Marty devança son frère et les remercia gentiment. Il leur dit qu'ils étaient passés non loin de chez les elfes et qu'ils avaient bien pensé demander l'hospitalité à ses habitants, mais avec l'hiver qui approchait, ils avaient préféré continuer sans perdre de temps jusqu'à la route qui traversait la Terre du Milieu d'Est en Ouest.
Il savait que son frère ne voulait pas avoir affaire avec eux et qu'il pensait que les personnes qui n'étaient pas comme lui ne méritaient pas qu'on perde du temps à leur parler.
Les elfes n'étaient pas humains, ils étaient grands, mince, avaient de longs cheveux et surtout, ils avaient les oreilles pointues. En plus, Ruppert avait entendu qu'ils utilisaient la magie. Et ça, ce n'était pas normal !
De son point de vue, des gens comme ça ne devraient pas exister...
Après leur repas frugal, Bilbo proposa d'aller laver les quelques ustensiles qui avaient servi et descendit au ruisseau, laissant les hommes discuter entre eux. Marty profita de la présence des rangers et leur demanda s'il avait l'autorisation de chasser quelques bêtes qui leurs permettraient de vivre quelques jours sans soucis, ce que les deux hommes permirent sans rechigner.
Avec le mauvais temps qui n'allait pas tarder à venir, ils n'allaient certainement pas refuser à un homme de vouloir nourrir sa famille.
Marty savait que tant qu'il y avait quelqu'un avec eux, Ruppert ne tenterait rien envers Bilbo et il pourrait partir sans se soucier de la sécurité du hobbit.
oOoOo
Marty partit, Ruppert discuta avec les rangers et ils finirent par sortir une bouteille de leur sacoche de selle.
L'ainé des frères faillit se mettre à genoux pour les remercier quand il eut en main un gobelet. Il goûta la liqueur et décida que c'était la meilleure chose qu'il avait bu depuis des lustres.
Et il en profita largement...
Mais toutes bonnes choses ayant une fin, un des rangers se leva.
-Bien ! Désolé mais il va falloir qu'on parte maintenant.
Ruppert était bien imbibé et il se leva avec difficulté.
-Vous z'êtes vraiment obligé d'partir ?
En fait, il s'en foutait qu'ils partent, mais ce qu'il voyait, c'était que la bouteille aussi partait et ça, c'était pas cool !
-Oui, il faut qu'on retourne à Minas Tirith, on y est attendu. Vous pouvez garder notre vaisselle, on en aura plus besoin là où on va et sinon, on pourra toujours s'arrêter à Lórien et demander à Lord Celeborn et Lady Galadriel de nous dépanner.
Mais Ruppert se foutait complètement des assiettes et des verres, lui, ce qu'il voulait, c'était de quoi boire !
-Vous pouvez rester encore un peu, on peut boire encore un p'tit coup et parler, ça fait longtemps qu'on n'a pas vu des gens comme vous alors... Pleurnicha-t-il.
Les deux rangers se regardèrent et sourirent. Ils savaient ce que l'homme en face d'eux voulait. La discussion, il s'en foutait, la bouteille l'intéressait bien plus.
-Comme je vous ai dit, on est attendu. Vous ferez nos adieux à votre frère et à votre fils. Il est bien gentil le p'tit gars. Très serviable, même s'il n'est pas très causant...
-Il est comme ça d'puis qu'ça mère est parti. La garce ! Cracha Ruppert qui avait trouvé que cette excuse était parfaite pour expliquer l'attitude du gosse.
-Prenez soin de vous ! S'exclama un ranger en grimpant sur son cheval.
-Bonne route ! Lança l'autre en portant une main à son chapeau.
Ils claquèrent la langue et leurs chevaux s'éloignèrent. Puis ils finirent par disparaitre au loin...
oOoOo
Bilbo était ravi. Si les hommes étaient là, Ruppert ne pourrait pas lever la main sur lui et il pourrait peut-être souffler un peu. Alors c'est le cœur léger qu'il remonta du ruisseau en direction de leur petit campement.
Mais il s'arrêta net quand il vit qu'il n'y avait plus qu'une personne. Et ce n'était pas du tout celle avec laquelle il voulait rester...
Avec prudence et le plus silencieusement possible, il posa la vaisselle par terre et recula. Si Marty n'était pas là, il n'allait pas rester seul avec Ruppert. Il allait en profiter pour se laver de la poussière et il restera éloigné jusqu'à ce qu'il entende revenir, même s'il ne savait pas où il était. Après tout, il ne devait pas être bien loin.
Mais il marcha sur une brindille sèche qui fit un bruit effroyable dans le silence et Ruppert leva la tête.
Et il vit Bilbo.
Ce foutu gosse !
C'était d'sa faute si les rangers étaient partis ! C'était d'sa faute s'il n'avait pas pu les convaincre de rester et de boire avec lui !
-Tu vas m'le payer... Grogna-t-il d'une voix avinée.
Titubant, il fit quelques pas vers Bilbo qui recula, apeuré. Il avait déjà vu ce regard. C'était le même que la fois où il avait été battu à coup de ceinturon et il n'avait aucune envie que ça recommence. Son dos avait fini par guérir, mais tout comme ses pieds, ça le tiraillait encore de temps en temps. Mais il trébucha et tomba sur ses fesses en couinant.
-Tout ça c'est à cause de toi... tout est d'ta faute... depuis qu't'es là, on a qu'des malheurs...
Et Bilbo vit avec horreur qu'il détachait sa ceinture. Il se roula en boule, sachant parfaitement ce qui l'attendait et ça ne loupa pas. Les premiers coups lui cinglèrent les jambes et le dos mais il se retint de crier parce qu'il pensait que s'il endurait sans rien dire, ça s'arrêterait plus vite.
Mais il se rendit compte que ça ne marchait pas, jusqu'à ce que ça ce qu'enfin, il ne sente plus rien. Il pleura presque de soulagement en se redressant mais ce qu'il vit le fit froncer les sourcils. Ruppert, avait lâché sa ceinture mais il était en train de défaire son pantalon.
Pourquoi il faisait ça ? Bilbo ne connaissait rien de la vie, il n'avait jamais eu la chance de vivre normalement alors quand il vit que Ruppert avait baissé ses vêtements, il se dit que peut-être, il allait se soulager...
Depuis le temps qu'ils étaient sur la route, il avait complètement oublié ce que voulait dire le mot intimité. Il se lavait en compagnie de Marty, Ruppert trouvant toujours qu'être propre était du temps de perdu et il savait donc comment était fait les hommes. Il n'y avait que les pieds, les oreilles et la taille qui les différenciaient, le reste était identique.
Haletant sous la brûlure de son dos, il vit Ruppert porter la main à son sexe mou et le caresser plusieurs fois jusqu'à ce qu'il le voit durcir et se redresser. Bilbo n'avait jamais vu un homme en état d'excitation et il se demanda pourquoi il était comme ça. Puis Ruppert s'approcha de Bilbo et s'agenouilla.
-Tu vas voir... puisqu'à cause de toi ils sont partis, tu vas t'laisser faire et si tu brailles, j'te tue, c'est clair ?
Le hobbit n'avait aucun doute sur le fait qu'il mettrait ses menaces à exécution mais il lui faisait vraiment peur. Alors il essaya tant bien que mal de se soustraire à la poigne puissante de Ruppert qui le retourna sans douceur sur le ventre. Bilbo cria quand il sentit que son pantalon était brutalement descendu mais une peur panique s'empara de lui quand il sentit les mains lui écarter les fesses.
-Ruppert... mais... mais qu'est-ce que tu fais ? Couina Bilbo.
-TA GUEULE ! Hurla l'homme en se couchant presque sur son dos.
Les plaies à vif de Bilbo le piquèrent sauvagement mais ce ne fut rien par rapport à la douleur qui suivit. Il sentit quelque chose de gros et dur appuyer sur son anus et il cria en essayant vainement de se tortiller. C'était atroce, pire que les coups de poing ou de pieds, pire que les coups de ceinture. Il se sentait déchiré de l'intérieur.
Il pleura et cria, pria même Ruppert d'arrêter mais l'homme n'écoutait pas. Prit dans sa folie, l'homme laboura Bilbo et l'assomma presque en lui balançant un coup sur la tempe. Ses va et vient étaient violents, profonds et rapides et heureusement pour le pauvre hobbit, il était trop saoul pour que ça dure longtemps.
Après un dernier coup de rein, il grogna et s'enfonça une dernière fois avant de se libérer.
Puis il reprit son souffle en s'appuyant lourdement sur le dos de Bilbo, se mit sur le côté et renifla en regardant le petit corps martyrisé.
-J'savais bien qu'tu servirais à queq'chose...
L'alcool et son orgasme l'avait épuisé alors, sans même se rhabiller, il resta allongé et bientôt, il se mit à ronfler...
oOoOo
Ça faisait presque une heure qu'il était à l'affut mais rien. Il commençait à désespérer quand il entendit un craquement. C'était presque inaudible, mais il avait des oreilles de chasseur et il tourna la tête en direction du bruit. Il vit alors un cochon sauvage fouiner dans les feuilles et retourner la terre à la recherche de quelques racines.
Mais il n'eut pas le temps de croquer ce qu'il avait déterré qu'un petit "fiiiittt" se fit entendre et une flèche fendit l'air, se plantant dans son cou et foudroyant la bête qui s'écroula sans un bruit.
-J'l'ai eu ! Cria le chasseur en descendant de son perchoir.
-Sans blague ? Rétorqua une voix bourrue un peu plus loin.
-Si j'te l'dis !
Sautant de la dernière branche de l'arbre sur lequel il était perché, l'homme à l'arc s'approcha de sa proie.
-Sans bavure ! S'exclama-t-il, content de ne pas avoir fait souffrir l'animal pour rien.
-Maintenant, t'as plus qu'à l'écorcher !
-Tout de suite ?
-Ouais, sinon la viande va gâter. Allez mon gars, t'as voulu prouver à ton oncle qu't'étais capable de t'en sortir tout seul, tu vas donc finir c'que t'as commencé. Rajouta son acolyte.
Kíli s'approcha de l'animal et sortit son couteau. Ce n'était pas ce qu'il préférait faire, loin de là, mais Dwalín
avait raison. S'il voulait que son oncle le prenne au sérieux, il fallait qu'il se comporte comme un adulte. A soixante-sept ans, il était encore considéré comme un gamin et il en avait marre.
C'était la raison pour laquelle les deux nains se trouvaient aussi loin de chez eux. L'hiver promettait d'être rude et Kíli avait voulu participer au remplissage des chambres froides de la montagne avec de la viande qu'il aurait lui-même chassé. Il dépeça l'animal et embrocha de grands bouts de viande sur des piques, qu'il mit assez haut au-dessus du feu afin de les fumer. Avec la route qu'il y aurait à faire pour rentrer, c'était la seule manière qu'ils avaient de conserver la viande.
Une fois fini, il nettoya correctement la peau et la gratta, afin de la garder également. La fourrure n'était pas très épaisse, mais le cuir l'était et servirait sûrement à les protéger du froid au cas où. Le chariot qu'ils avaient emmené avec eux était bien chargé, la chasse avait été fructueuse et ils avaient décidé de faire encore quelques prises avant de rentrer.
Le soleil était bas, mais il faisait encore jour, alors ils s'installèrent et Kíli alluma sa pipe.
-Tu t'es bien débrouillé aujourd'hui. Le félicita Dwalín.
-Encore quelques jours et on pourra rentrer. J'ai hâte de me mettre au chaud.
-Aye... moi aussi... bon, on mange et on s'installe pour la nuit.
Kíli avait gardé des morceaux de viande fraiche et ils dégustèrent leur repas en silence, puis Dwalín se leva.
-Occupe-toi des poneys, j'vais ranger un peu.
Le jeune nain se leva à son tour, sortit les sacs de grain et quelques pommes qu'il donna aux bêtes qui les dévorèrent avec appétit. Puis il les brossa vigoureusement avant de les attacher et de les couvrir pour la nuit.
-C'est fait ! S'exclama-t-il.
Ils sortirent les peaux qu'ils étalèrent à côté du foyer et Dwalín rajouta des buches dans le feu. Puis Kíli se coucha alors que Dwalín prenait le premier quart de garde...
oOoOo
Bilbo haletait. Le poids sur son dos avait disparu et il n'entendait plus les grognements qu'avait poussés Ruppert alors qu'il était sur lui. Il était toujours sur le ventre et il se mit à gémir quand il se retourna. Son dos et ses cuisses le faisaient souffrir, mais la douleur qu'il ressentit entre ses jambes était plus vive encore. En pensant à ce que Ruppert lui avait fait subir, les larmes coulèrent.
Il n'avait jamais rien fait de mal, pourquoi est-ce qu'il s'acharnait sur lui comme ça ?
Puis il vit l'homme qui ronflait, le pantalon baissé et le ventre à l'air. Son sexe était redevenu mou et il était taché de sang. Il se sentit mal en pensant que ça devait sûrement être le sien.
Puis il entendit du bruit et la peur fut plus forte que la douleur alors il se releva et attacha son pantalon comme il put, non sans faire des grimaces quand le tissu frotta ses fesses. Il se mordit durement la lèvre mais s'obligea à rester silencieux et sans un regard en arrière, il s'éloigna le plus vite possible, loin de son tortionnaire.
Même le fait de laisser Marty seul avec son frère ne l'arrêta pas. C'étaient des hommes, ils avaient des jambes bien plus grandes que les siennes et s'il voulait s'échapper, il devait le faire maintenant. Il se débrouillerait seul. Il fallait qu'il y arrive...
oOoOo
La nuit était tombée mais Bilbo marchait encore. Heureusement pour lui, c'était la pleine lune et il voyait le chemin. Il avait décidé de longer le fleuve, mais tout en restant à l'abri dans les hautes herbes. Il voyait bien l'ombre d'une forêt sur sa droite, mais elle était bien trop loin et surtout, il n'avait rien pour se protéger des animaux qui y vivaient.
Il était fatigué, complètement endolori, le frottement de ses fesses le brûlait à chaque pas, ses pieds lui faisaient mal mais il ne songea pas à retirer ses bottes parce qu'il ne pensait pas pouvoir supporter de marcher sans.
Il songea bien un instant à se coucher et à attendre que le destin décide pour lui s'il devait vivre ou mourir, mais il inspira un bon coup et se dit que non, il n'avait pas enduré tout ça pour lâcher prise maintenant. Alors, il continua.
Il marcha toute la nuit...
Il avait fini par acquérir de l'endurance à force de se déplacer à pied et savoir qu'il n'aurait plus jamais à subir la mauvaise humeur de Ruppert l'encouragea dans ses moments de faiblesse.
Il était seul, sans défense, meurtrit, mais un sentiment nouveau s'empara de lui.
Il était enfin libre...
oOoOo
A suivre...
oOoOo
Et merci de me lire.
Bizz,
Ticoeur
