Merci à Harry Slash Potter 14, la seule lectrice, hormis Sheppard 26, à me laisser des commentaires. Les autres, ceux qui lisent sans rien dire, et pire, ceux qui mettent ma fic dans leur liste mais qui ne disent rien (et y'en a un paquet en plus !), je ne sais pas quoi penser de vous...

Sauf qu'un jour, à faire comme ça, les personnes qui comme moi, se cassent le c** à écrire, à prendre du temps pour faire des rechercher pour enfin publier, et bien on en aura marre de ce manque flagrant de respect envers notre travail et vous n'aurez plus rien à lire...

Mais il sera trop tard.
Je ne réclame pas de commentaires de 5 ou 10 lignes !
Même une simple remarque comme quoi vous avez aimé (ou pas d'ailleurs, toute critique concernant cette histoire est bonne à prendre) un passage est suffisant !
ça prouve que vous avez lu et voulez avoir la suite.
Cette histoire est entièrement écrite, elle existe sur clé USB et dans ma boite mail dont aucun risque de ne pas connaitre la fin.
Bref...

C'était mon coup de gueule du jour. En attendant, profitez bien de ce chapitre !

oOoOo

Chapitre 7

Arrivé près du chariot, Kíli grimpa dedans après avoir lâché le loup. Il empila les sacs qui contenaient la viande fumée au fond et étala les fourrures qui leurs servaient de matelas afin de faire un petit nid douillet pour le blessé. Puis il tendit les bras et Dwalín lui passa le petit paquet de hobbit.

Seulement le fait d'être même très légèrement bousculé fit mal au dos de Bilbo qui gigota et gémit.

-Ça va aller, je vais te coucher et te couvrir. On va atteler les poneys et on rentre chez nous. Là-bas, tu verras un docteur. Oín est très gentil tu sais ? Il est un peu sourd, même s'il dit le contraire, mais c'est le meilleur, il nous a tous déjà soigné et on est toujours là, alors tu peux lui faire confiance...

-Kíli... laisse le donc se reposer...

-On ne devrait pas lui donner un peu d'eau avant ? Il frissonne, mais il a le front très chaud. Il doit avoir de la fièvre. Dit Kíli après avoir posé une main doucement sur Bilbo.

-Aye... je vais chercher une gourde et j'arrive.

Dwalín fit le tour du chariot et s'approcha des sacs qui étaient par terre de l'autre côté puis donna l'eau à Kíli avant de s'occuper de l'attelage.

-Tu conduits le chariot, j'ai chargé Eclair. On y va et si on pousse les poneys, avec un peu de chance, on arrivera avant la nuit.

-D'accord. Et le loup ? S'inquiéta Kíli.

-Elle n'a pas aimé le sentir, mais avec une pomme, elle a fini par accepter de l'avoir sur le dos. Allez, maintenant, en route !

Dwalín claqua un peu la langue, Kíli secoua les rênes et ils avancèrent. Mais Kíli serra les dents en entendant le hobbit gémir. Il avait mal pour lui et il espérait vraiment que sa blessure à la jambe ne s'aggraverait pas...

oOoOo

-C'est une plaisanterie ?

-Pas du tout votre majesté, tout est vrai ! C'est écrit dans un livre de la bibliothèque, je peux aller le chercher si vous voulez ! Affirma Ori en secouant la tête.

Balín pouvait pratiquement voir les rouages du cerveau du scribe tourner à plein régime, se remémorant dans quelle section et sur quelle étagère pouvait se trouver le manuscrit en question. Et le pire, c'est qu'il était sûr qu'il pourrait mettre la main dessus les yeux fermés !

-Alors comme ça, il y aurait quelqu'un dans cette montagne qui me serait destiné ? Insista alors Thorín.

-Euh... non... Dit alors Balín.

-Faut savoir ! Ça existe ou pas ?

-Ça existe, mais cette personne n'est pas obligatoirement dans la montagne. Ça peut être n'importe qui, homme, femme, nain, naine... et même...

-Ne dit surtout pas que ça pourrait être un elfe ! S'exclama le roi.

-Bah en fait...

-Tais-toi, je veux pas l'savoir ! S'emporta Thorín en marchand de long en large.

-En vous faisant ce cadeau, Mahal vous offre la joie d'être aimé et d'aimer une personne qui vous sera parfaitement complémentaire, vous ne pouvez décemment pas le refuser ! S'offusqua Ori, juste avant de plaquer ses deux mains sur sa bouche.

Ce n'était pas possible ! Il n'avait pas pu parler au roi sur ce ton, si ?

-Pardon votre majesté, je suis désolé...

-Ori a raison Thorín, tu ne peux pas refuser...

-Je suis le roi, je peux ! S'entêta le nain majestueux.

-De toute façon, quand tu rencontreras ton One, tu le sauras immédiatement. Vous êtes fait l'un pour l'autre. C'est gravé dans ta chair...

-Et pourquoi maintenant ? Pourquoi je n'ai pas eu cette marque avant ? Et qu'est-ce que ça veut dire, une colline avec un rond vert ? Ça ne ressemble à rien ! Rugit Thorín.

-Tu ne peux pas être avec une personne avant que celle-ci ne soit prête. Soit parce qu'elle est trop loin, soit parce qu'elle n'est pas majeure, ou qu'elle ne soit pas encore née...

-Quoi ? Ne me dis pas que je pourrais me retrouver enchainé à quelqu'un qui serait bien plus jeune que moi !

-Pas enchainé, Thorín, tu ne seras pas enchainé. Ou alors, pas contre ton gré, je peux te l'assurer !

-Parce que toi, tu as connu ça ? Lui demanda le roi d'un ton presque méchant.

-Moi non, mais j'ai connu quelqu'un et toi aussi d'ailleurs.

Thorín regarda Balín qui avait un petit sourire triste et il leva la tête en fermant les yeux.

-Mes parents... Souffla le roi en baissant légèrement la tête, en signe d'excuse.

-C'est rien mon gars. Mais je t'envie tu sais. Découvrir que finalement, tu ne finiras pas ta vie tout seul, c'est une chance...

-Je ne sais pas... de toute façon, Fíli est et restera mon héritier et il montera sur le trône quand je retournerais à la pierre. Même si...

Balín connaissait la fin de la phrase. Ce n'était un secret pour personne que le roi de la Montagne Solitaire n'était pas attiré par la gent féminine. Le fait qu'il soit maintenant "pourvu" d'un One, chose dont il se serait apparemment bien passé, et qu'il ne savait pas si le choix de son créateur allait dans le sens de ses désirs, n'arrangeait rien. Et à voir la moue dubitative de Thorín, il espérait vivement que le promis de son roi soit un nain. Ou un homme à la rigueur, mais pas un elfe.

Mahal savait que la montagne ne s'en sortirait pas si ça devait être le cas...

oOoOo

Le trajet jusqu'à la montagne parut durer une éternité aux deux nains, même s'ils avançaient plutôt rapidement. Mais les râles de douleur provenant du chariot leur mettaient les nerfs à vif. Ils s'étaient arrêtés plusieurs fois pour donner de l'eau à Bilbo qui avait fini par ne plus ouvrir les yeux et était maintenant brûlant de fièvre.

-Ça va aller... il faut que ça aille... Marmonnait Kíli en claquant les rênes.

-Vas-y tout doux avec Rubis, on a encore d'la route à faire ! Lui reprocha Dwalín.

-Je sais, mais il souffre et...

-Et si tu pousses trop ton poney, il tiendra pas l'coup et ça s'ra encore plus long !

Kíli fit la grimace et laissa la bête revenir à son rythme, tout en espérant que le hobbit n'allait pas lâcher prise avant d'arriver. Ils continuèrent et aperçurent enfin au loin le pic familier.

-On y est presque ! Encore quelques kilomètres et on arrive ! S'exclama Kíli, pour une fois ravit de rentrer.

Dwalín le regarda. Le neveu de Thorín était vraiment un nain fantastique et il se redressa, fier du jeune prince comme s'il était son fils. Puis ils passèrent enfin en bas des remparts de la ville de Dale et les quelques personnes qui étaient encore en dehors de ses murs les saluèrent en ôtant leurs chapeaux et en baissant la tête.

-Votre altesse... maitre Dwalín...

Kíli soupira en entendant le titre. Pourquoi ne pouvait-il pas être simplement Kíli ?

Il ne se sentait pas comme un prince, sauf qu'à chaque instant de sa vie, on lui faisait savoir qu'il l'était bel et bien. Son frère n'avait pas ce problème et comme en plus il avait épousé la fille du roi de Dale et qu'il allait hériter de la couronne, il acceptait les rappels de sa condition sans rechigner. Mais pas Kíli. Lui, il ne voulait qu'une chose, c'était que son oncle accepte qu'il fréquente une elfe. Mais ça n'était pas gagné. Pas du tout...

oOoOo

Thorín montrait un visage plutôt renfrogné alors qu'il attachait sa chemise. N'ayant rien de plus à faire, Oín était reparti, laissant le roi en compagnie de Balín et d'Ori.

-Comment vous sentez-vous votre majesté ?

-Ori... tu sais que comme tous les autres membres de la compagnie avec laquelle je suis venu des Montagnes Bleues, tu peux te passer de me donner mon titre.

-Oui, bien sûr votre majesté ! Je sais ! Affirma Ori en hochant vigoureusement la tête.

-Ori... Gronda Thorín en croisant ses bras et en regardant le jeune scribe.

-Oui votre majesté ?

Balín cacha son rire derrière une légère quinte de toux. Ori était sans doute le plus respectueux des nains qui entouraient le roi et il savait que c'était peine perdue de vouloir le faire changer sa façon d'être parce qu'il était impensable pour lui de l'appeler autrement que "sa majesté".

Thorín soupira et abandonna.

-Rien. Tu peux y aller...

-Oui votre majesté.

Ori referma le pot d'encre, roula délicatement les documents sur la table et prit sa plume avant de se diriger vers la porte.

-Je vous souhaite une bonne soirée votre majesté... maitre Balín... Déclara-t-il alors baissant la tête avec respect juste avant de sortir.

-C'est ça, moque-toi de moi... Marmonna Thorín quand il vit le sourire de Balín.

-Jamais de la vie, votre majesté ! S'indigna faussement son conseiller en posant une main sur son cœur.

-Balín !

Les deux nains se regardèrent, puis Thorín posa sa main sur l'épaule de son ami.

-Allez, ça suffit les bêtises, on va aller manger !

-Bien sûr votre...

-Si jamais tu finis cette phrase, je te pends par les pouces jusqu'à ce que mort s'en suive ! Le menaça le roi.

-Tu ne feras jamais ça.

-Et pourquoi en es-tu aussi sûr ?

-Parce que tu ne t'en sortirais jamais tout seul avec Thranduil...

Thorín grogna et renifla en avançant. Balín le suivit en rigolant doucement.

Quelle tête de mule... Pensa-t-il affectueusement.

oOoOo

Kíli et Dwalín étaient très près des grandes portes de la montagne quand ils entendirent la sentinelle crier aux gardes de leur ouvrir. Le chariot passa et fit quelques mètres avant de s'arrêter. Les palefreniers s'occupèrent aussitôt des montures et des nains s'approchèrent.

-Occupez-vous du chargement et faites prévenir Oín qu'on a un blessé ! S'exclama Dwalín.

-Vous êtes blessé votre altesse ? S'inquiéta un des gardes en s'approchant.

-Pas moi... Répondit Kíli en s'approchant du tas de fourrures dans le chariot.

Il prit délicatement le hobbit et le tendit à Dwalín.

-Qui est-ce ? Demanda un des gardes, surprit.

-Un hobbit qu'on a trouvé pris dans un piège.

Les gardes se regardèrent. Un hobbit ? Si loin de chez lui ?

Sans se soucier de ce que pouvaient penser les habitants de la montagne, Dwalín et Kíli se dépêchèrent d'aller à l'infirmerie et le prince s'empressa d'ouvrir les portes.

-On a un blessé !

-Quoi ?

Soupirant, le prince s'approcha du bureau, posa ses mains dessus et se pencha.

-On a un blessé, c'est urgent ! Cria-t-il alors.

Se levant comme s'il était monté sur ressort, Oín s'approcha du lit où Dwalín avait posé Bilbo.

-Que lui est-il arrivé ?

-On l'a trouvé dans une clairière, il avait la jambe prise dans un piège. Ses mains aussi sont abîmées, il a voulu se délivrer et s'est coupé sur les dents...

-Argh... encore un truc d'homme... quand est-ce qu'ils vont comprendre qu'il y a d'autres moyens de chasser ? Ça blesse et ça mutile, c'est pas une manière d'faire ça ! Grogna le docteur.

Il retira la fourrure qui couvrait Bilbo et resta les mains en l'air, surprit.

-Mais c'est un enfant ! S'exclama-t-il.

-Non, avant de perdre connaissance, il nous a dit qu'il était un hobbit.

-Ah... c'est pour ça qu'il est petit... mais pourquoi des bottes ? Les hobbits n'en portent pas !

Dwalín et Kíli se regardèrent. Ils avaient pensé la même chose, mais sans pouvoir découvrir pourquoi.

-Dwalín, va m'chercher une bassine d'eau, Kíli, prend les linges propres dans l'armoire et amène-les-moi. Oh ! Et prend une éponge Dwalín, il faut que j'nettoie un peu toute cette crasse...

Une fois tout ce dont il avait besoin à ses côtés, Oín retira les bottes et resta immobile pendant un court instant.

-Mais qu'est-ce qui t'es arrivé ? Murmura-t-il.

Il recouvrit alors le hobbit avec un drap et se retourna.

-Dwalín, envoie-moi Ulvàr, j'vais avoir besoin d'aide et si vous n'êtes pas blessé vous aussi, sortez !

Impressionné par le ton plutôt vif de Oín, Kíli regarda Dwalín. Avaient-ils fait quelque chose qui avait aggravé l'état du hobbit ?

-Il va s'en sortir ?

-Si on m'laisse travailler, oui. Allez oust, dehors maintenant ! Et n'oubliez pas d'appeler Ulvàr !

Oín attendit que la porte se referme avant de soulever le drap. Il regarda les grands pieds du hobbit et il remarqua que non seulement ses orteils étaient déformés mais que sur le pied droit, il en avait deux qui s'étaient presque soudés en une petite masse noircie. Mais ce ne fut pas la seule chose qui l'étonna.

-Ils sont pas censés avoir les pieds velus ?

Et après avoir enlevé la terre et l'accumulation de plusieurs jours de crasse, il vit la peau plissée et rouge.

-Mais qui t'a brûlé comme ça...

Le bruit de la porte le fit se tourner et il vit son jeune apprenti entrer.

-Bien, tu vas m'aider à le déshabiller, il est tellement sale que je peux pas voir ses plaies correctement.

Ulvàr se mit de l'autre côté du lit et aida Oín à mettre le blessé sur le côté. Mais Bilbo sortit de l'inconscience à ce moment-là, et, voyant deux barbus inconnus à ses côtés, il se débattit et voulut descendre du lit.

-Reste tranquille mon gars, je veux juste te déshabiller pour te soigner... Lui dit doucement Oín.

En entendant ça, Bilbo bougea de plus belle, gémissant quand les blessures de son dos se rouvrirent.

-Ne bouge pas ! On ne te veut pas de mal ! Insista le docteur.

Mais son patient ne l'écoutait pas et il paniquait trop pour qu'il puisse s'occuper de lui convenablement.

-Donne-moi un peu de lait de pavot, ça va le détendre. Ordonna Oín à Ulvàr.

-Combien ? Il n'est vraiment pas grand...

-La moitié d'une dose pour enfant. Et si ça marche pas, je lui en donnerais un peu plus. Active-toi !

Ulvàr se dépêcha de préparer un verre et aida Oín à tenir la tête de Bilbo.

-Ouvre la bouche, ça va calmer la douleur...

Bilbo secoua la tête et serra encore plus les dents. Il n'était pas question qu'il boive un truc qui allait l'endormir et le laisser à la merci de personnes qu'il ne connaissait pas. Il ne savait pas comment il avait atterri dans cette pièce et il paniqua quand il se rendit compte qu'il était entouré de murs de pierres. Etait-il mort et enterré ?

Mais son corps était trop douloureux pour ça, ou alors, Yavanna n'était pas vraiment gentille avec ses enfants en les faisant souffrir même après la mort...

-S'il te plait, bois ça, tu iras mieux après...

Mais Bilbo ne céda pas, il préférait avoir mal. Après tout, il vivait dans la douleur depuis tellement d'années qu'elle était presque devenue une amie.

-On pourra pas t'soigner correctement sans t'faire souffrir, tu peux boire ça, tu ne dormiras pas, tu seras juste détendu, n'ai pas peur...

Bilbo continua à secouer la tête.

-Il est plutôt têtu... bon, regarde, Ulvàr va en boire et tu verras bien qu'il ne dormira pas, d'accord ?

-Mais docteur...

-Bois ! Lui ordonna Oín en lui donnant le verre.

Il savait très bien que le peu de liquide qu'il y avait ne ferait pas grand-chose à son infirmier. Il serait juste un peu plus lent, mais ça ne serait pas dramatique et il pourrait quand même l'aider à soigner le hobbit.

Ulvàr prit le verre et le vida. Lui aussi savait que la dose n'était pas suffisante pour assommer un nain en bonne santé et avec sa carrure. Quelques minutes après, il se sentit juste un peu étourdit. Il retourna alors près de l'étagère afin d'en remettre un peu et s'approcha à nouveau du lit.

-Tu vois, je ne dors pas. Tu peux vraiment nous faire confiance... Dit-il à Bilbo en tendant la main.

Haletant de douleur, Bilbo capitula et voulut prendre le verre, mais les coupures sur ses doigts ne lui permirent pas de le faire.

-Attend, je vais t'aider, tu veux bien ?

Les deux hommes avaient des voix rudes, mais ils ne criaient pas après lui et ne le forçaient pas. Peut-être qu'ils étaient comme les deux qui l'avaient sauvé du piège ?

Alors il but. Et à peine une minute plus tard, sa tête roula sur l'oreiller.

-Par Mahal ! J'en ai trop mis ? S'inquiéta Ulvàr.

-Et zut, il dort... et moi qui lui ais dit le contraire... Grogna Oín après avoir vérifié les pupilles de son patient. Bon, bah on va pouvoir l'bouger sans qu'il souffre, ça sera ça d'gagné.

A eux deux, ils retirèrent le pantalon de Bilbo et Ulvàr ouvrit grand les yeux en regardant le docteur.

-Il a du sang séché sur les cuisses...

-Donne-moi l'éponge... on s'occupe de sa jambe, on verra l'reste après.

Après avoir nettoyé et vérifié que rien n'était resté dans les plaies, Ulvàr donna une aiguille et du fil à Oín.

-C'est complètement déchiqueté. Pauvre gosse, il va avoir de bien vilaines cicatrices...

Pendant qu'Ulvàr était allé changer l'eau de la bassine, Oín avait réussi à retirer la chemise et avait tourné Bilbo sur le ventre.

-Par Mahal ! S'exclama-t-il.

-Qu'est-ce... oh... mais c'est...

-Des traces de coups... et elles ne sont pas vieilles... qui a pu le battre comme ça ?

Et quand il le nettoya entre les jambes, il grogna de plus belle et Ulvàr mit une main sur sa bouche.

-Il faut prévenir le roi... Annonça Oín gravement.

oOoOo

Devant la porte de l'infirmerie, Kíli ne tenait pas en place. A tel point que Dwalín en eut vite assez alors il lui prit le bras et le tira.

-Ça sert à rien d'rester là. Rentre dans tes appartements et va t'laver. Tu pues...

-Hey ! C'est pas vrai !

-Si. T'as chassé un loup, tu l'as tué et tu l'as porté. L'odeur de sang imprègne tes vêtements !

Kíli se renifla et dû accepter le fait que Dwalín avait raison.

-Rendez-vous aux bains alors !

-Plus tard. J'dois aller voir ton oncle. On s'verra au diner.

Kíli se tourna, courut presque vers l'étage royal et Dwalín sourit en le voyant. Sa jeunesse et son enthousiasme était un baume pour le vieux guerrier qu'il était. Mais pour l'instant, il avait un rapport à faire et il prit la direction du bureau de Thorín, mais la porte était fermée. Il était tard et il savait que si le roi n'était pas en train de travailler, Balín devait certainement lui avoir dit d'aller manger. Il n'allait pas se présenter dans la salle à manger dans l'état où il était alors il décida de faire comme Kíli et après être allé chercher des vêtements propres, il se dirigea vers les bains communaux. Etonné d'être arrivé le premier, il se déshabilla et se glissa dans la cavité naturelle remplie d'une eau chaude qui lui fit un bien fou. Il avait à peine fermé les yeux qu'il entendit du bruit.

-Tu as vu mon oncle ? Lui demanda Kíli en se déshabillant.

-Non, il n'était pas dans son bureau.

-Oh Mahal... qu'est-ce que ça fait du bien... Gémit Kíli en se glissant dans l'eau chaude.

Le jeune nain avait fermé les yeux et se laissait flotter. Dwalín ne résista pas et, se levant doucement, il s'approcha et appuya brusquement sur la poitrine presque imberbe, le faisant couler.

Kíli poussa un cri fort peu masculin et se redressa en toussant et en crachant.

-Mais ça va pas ?

Dwalín éclata de rire et ne bougea pas d'un pouce quand le prince posa un pied derrière une de ses jambes tout en essayant de le pousser.

-Tu y'arriveras pas gamin. Pourquoi tu t'fatigues ? S'esclaffa-t-il.

-Raaahhh ! Grogna Kíli en enlevant ses cheveux de sa figure. Tu sais c'que mon oncle va t'faire quand il saura que t'as essayé d'me noyer ?

-Il m'punira sûrement pour avoir raté mon coup ! Rétorqua Dwalín. Mais voir la tête qu'tu fais maint'nant l'vaut certainement !

Kíli prit un air fâché et croisa ses bras. Mais son bon caractère reprit vite le dessus et il rigola tout en se dirigeant vers le creux dans la roche où se trouvaient les savons et les champoings. Il se frotta vigoureusement tout en sifflotant mais s'arrêta tout à coup et regarda Dwalín.

-Tu crois que le hobbit s'en sortira ?

-Si Oín l'a dit, c'est qu'il y arrivera. T'en fais pas, tu pourras prendre de ses nouvelles après manger.

-Tu as raison...

-Je sais. Répliqua Dwalín en se frottant aussi.

Une fois propre, ils sortirent des bains et se rhabillèrent. C'est dans un silence très peu coutumier du prince qu'ils prirent la direction de la salle à manger et un soldat leur ouvrit la porte. Kíli pencha légèrement la tête pour le remercier puis il s'avança jusqu'au bout de la table où il s'inclina respectueusement.

-Bonsoir mon oncle... Maitre Balín...

-Bonsoir Kíli, Dwalín... Lui répondit Thorín.

-Salut ta majesté. Répondit Dwalín sans façon.

-Alors ? Cette chasse s'est bien passée ? J'aurais cru que vous seriez resté en jour de plus, ce n'est pas ce qui était prévu ? Leur demanda alors Balín.

-Si mais...

Kíli n'eut pas le temps de finir sa phrase que le garde rouvrit la porte.

-Votre majesté, pardonnez-moi d'interrompre votre repas, mais j'ai ici un message qui vient de l'infirmerie. On m'a dit que c'était urgent...

-Donnez-le-moi...

Thorín déplia le papier et lut. Puis il fronça les sourcils.

-Il est arrivé quelque chose pendant votre chasse ?

-Justement, je voulais t'en parler... Commença Kíli.

-On en parlera en chemin, Oín me demande. Déclara Thorín en se levant.

-Thorín, tu devrais manger avant ! Le rappela à l'ordre Balín.

-Je ne pense pas en avoir pour longtemps. Demande à Bombur de laisser le plat au chaud...

-Mais...

-J'y vais... Le coupa Thorín en passant devant le garde qui s'inclina respectueusement.

-Je t'accompagne, je suis sûr que c'est à propos du hobbit ! S'exclama alors Kíli, qui rentra dans le dos de son oncle quand celui-ci s'arrêta brusquement.

-De qui ?

-Celui qu'on a ramené de notre chasse... Continua Dwalín.

-Vous êtes rentré dans la montagne avec un inconnu ? S'étonna Thorín.

-Il y a un étranger dans la montagne ? S'exclama Balín en même temps que Thorín. Dans ce cas, je viens aussi ! Rajouta-t-il en se levant vivement.

-On croyait que c'était juste un enfant tellement il est petit, mais après, il nous a dit qu'il était un hobbit. Et il avait le pied pris dans les mâchoires d'un piège. T'aurais dû voir l'état d'ses doigts quand il a essayé de l'ouvrir ! On n'allait pas le laisser comme ça ! Et il avait de la fièvre... Raconta Kíli avec vivacité tout en marchant.

-Je ne vous reproche rien, ne t'inquiète pas. J'aurais certainement été plus contrarié si j'avais appris que vous aviez laissé quelqu'un de blessé sans lui porter secours.

-Et y'avait un loup qui a failli lui sauter dessus en plus !

-Une belle bête que Kíli a tué d'une seule flèche, en plein dans la tête ! Rajouta Dwalín.

-Tu es vraiment un chasseur hors pair et je suis très fier de toi. Dit alors Thorín en s'arrêtant.

Il s'approcha de Kíli, posa une main sur sa nuque tout en baissant la tête et toucha le front de son neveu avec le sien.

-Merci mon oncle... Répondit Kíli d'une petite voix émue.

Les marques d'affection de Thorín étaient rares mais vivement appréciées par Kíli et son frère. Ayant aidé leur mère à les élever à la mort de leur père, il avait endossé ce rôle en prenant la tâche très au sérieux.

-Allons donc voir notre invité ! S'exclama Thorín en reprenant sa marche.

Il descendait l'immense escalier qui menait à l'infirmerie quand il ressentit quelque chose d'étrange dans sa poitrine. Ce n'était pas douloureux, pas comme ce qu'il avait ressenti pendant la réunion avec Balín.

C'était plus doux, c'était comme si tous les soucis du royaume s'évaporaient et le laissait enfin calme. Et ce n'était pas désagréable.

Et plus il s'approchait de l'infirmerie, plus la sensation était forte...

Il entra sans frapper et fit quelques pas à l'intérieur, regarda à droite et à gauche, mais il ne vit rien.

-Il doit être dans la chambre là-bas. Dit alors Kíli.

Thorín s'avança, mais Oín sortit de la pièce au même moment.

-On doit parler... mais pas ici. Venez dans mon bureau. Ulvàr, tu restes avec lui et si y'a le moindre changement, tu m'appelles !

-Oui docteur !

-Suivez-moi...

Le roi ne s'offusqua pas de la façon de parler de son chirurgien en chef. Il avait fini par en prendre son parti et il respectait beaucoup le nain. Il avait la charge plutôt délicate de maintenir tout son peuple en bonne santé et il travaillait très dur pour cela, jamais il ne le remercierait assez.

-Asseyez-vous...

Comme il n'y avait qu'une seule chaise devant le bureau, Thorín la regarda, puis Balín et se demanda s'il ne devait pas lui laisser la place. Mais un regard vers son vieil ami lui apprit qu'il ne devait même pas y penser. Il prit donc place, laissant Dwalín et Balín debout de chaque côté et Kíli s'assit sans façon sur le rebord de la table.

-Je n'irais pas par quatre chemins, ce gosse est un martyr. Commença Oín.

-Quoi ? S'exclamèrent les quatre nains en même temps.

-Après avoir appris par Kíli que mon patient était un hobbit, je me suis demandé pourquoi il portait des bottes. J'ai jamais entendu parler de hobbits portant des chaussures. Et quand je lui ai enlevé, j'me suis demandé pourquoi on l'avait obligé à le faire. Parce qu'il n'a pas pu vouloir le faire de son plein gré...

-Comment ça ? Demanda Thorín.

-Il a les orteils complètement déformés, mais c'est pas tout. Les hobbits ne sont pas du tout comme nous,

ils sont totalement imberbes, sauf en ce qui concerne leurs pieds. Or, celui-là n'a aucun poil sur les siens et

s'il n'en a pas, c'est parce que quelqu'un les a brûlé. Et ce n'était pas un accident, les brûlures sont uniquement sur le dessus de ses pieds et le devant de ses jambes et il a deux orteils qui ont été plus sévèrement touché et qui se sont presque soudés.

A la fin de la phrase, Kíli devint tout blanc et posa une main devant sa bouche, comme s'il allait vomir.

Dwalín porta ses mains à ses épaules, voulant se saisir de ses haches, mais il avait oublié qu'il ne les avait pas sur lui et il grogna en faisant craquer ses doigts à la place, comme s'il était en train de tordre le cou à la

personne qui avait fait ça.

-J'ai comme l'impression que ce n'est pas tout... Dit alors Balín d'une voix blanche.

-Non, c'est pas tout. En lui retirant sa chemise, j'ai constaté qu'il avait été fouetté plusieurs fois. Les traces sont larges, je pense à une ceinture. Ça a dû commencer il y a longtemps car il a des marques anciennes mais celles que j'ai soignées datent sans aucun doute de quelques jours seulement.

-Oh Mahal ! Et moi qui l'ai porté dans mes bras... il a dû avoir terriblement mal... Gémit Kíli.

-Et moi donc... Grogna Dwalín.

-Les plaies sont profondes et c'est ça qui a causé sa fièvre. Entre autre...

-Entre autre quoi ? Demanda Thorín, pas très sûr de vouloir connaitre la réponse.

-Quoi ? Qu'est-ce qu'il peut lui être arrivé en plus ? S'inquiéta Kíli.

-Il a été violé. Brutalement. Très brutalement...

oOoOo

Un lourd silence pesa dans l'infirmerie. Thorín était choqué d'apprendre que des gens puissent faire subir une telle chose à un autre être vivant.

-C'est un homme qui a fait ça ?

-Un homme, ou un nain, un mâle en tout cas... il a des marques de doigts sur les bras et les hanches mais je ne pense pas qu'il ait été attaqué par un autre hobbit, elles sont trop grandes, sauf si celui-ci était exceptionnellement grand, ce dont je doute. Sinon, il aurait sans doute pu se défendre.

-Il est conscient ?

-Non, il dort. Je pensais que la dose de lait de pavot l'engourdirait seulement, mais j'ai oublié une chose...

-Laquelle ?

-C'est un hobbit. D'après ce que j'ai entendu dire, ce sont de bons vivants qui aiment la bonne chère. Mais celui-là... celui-là est différent. Il est sévèrement déshydraté et sans aucun doute sous-alimenté depuis longtemps. La toute petite dose que je lui ai donnée l'a complètement assommé.

-D'où peut-il bien venir ? Demanda Balín.

-J'en sais rien, et vous ? Demanda Oín en s'adressant à Kíli et Dwalín.

-Il n'a rien dit... il n'a fait qu'essayer de s'échapper, il grognait et gémissait et pleurait... il a juste dit "hobbit", rien d'autre. Lui répondit Kíli.

-Combien de temps pour qu'il s'en remette ? Demanda alors Thorín.

-Il ne pourra pas sortir d'ici avant plusieurs jours, même si je pense que ça pourrait aller jusqu'à une ou deux semaines. Sa jambe est très atteinte, les mâchoires du piège lui ont déchiqueté le muscle et ont presque touché l'os. Je l'ai recousu, mais je ne lui ai pas mis d'attelle. Il aura besoin de soins quotidiens et d'une nourriture légère, mais saine. Il faudrait que Bombur lui prépare de la soupe claire. Il ne devra rien manger de solide tant que son intestin ne se sera pas cicatrisé.

-Comment ça ?

-Il a été déchiré à l'intérieur. Et je ne peux rien faire pour ça, il faut juste laisser la nature suivre son court.

Thorín déglutit mais resta droit sur sa chaise, par contre, Kíli se leva très vite.

-Excusez-moi... Dit-il en portant une main à sa bouche.

-Ça va aller mon garçon ? Lui demanda Balín en posant sa main sur le bras du prince.

Kíli se contenta de secouer la tête négativement puis il sortit.

-J'vais avec lui... Annonça Dwalín en le suivant.

Thorín baissa simplement la tête pour le remercier. Son neveu était jeune et bien trop sensible à son goût, mais il ne lui en voulait pas de réagir comme ça, même lui était à la limite de se sentir mal.

-Demande et tu auras tout ce dont tu as besoin. Annonça-t-il à Oín. Balín, tu peux voir avec Bombur pour la nourriture ?

-Bien sûr, je m'en occupe tout de suite !

-Du bouillon clair, sans aucun morceau surtout. Mais riche, avec de la graisse.

-Loin de moi l'idée de me mêler de ton travail, Oín, mais ça ne sera pas trop lourd ? S'inquiéta Balín.

-Si, mais quand il ressentira un besoin naturel, il faudra que ça glisse tout seul...

Le docteur n'eut pas besoin d'en rajouter. Balín et Thorín se regardèrent sans rien dire. Le petit protégé de Oín allait encore passer par de douloureux moment...

oOoOo

Dwalín n'eut pas à aller loin. Kíli n'avait fait que quelques mètres avant de s'assoir contre le mur à même le sol, les bras entourant ses jambes et la tête posée sur ses genoux.

-Ça va mon gars ?

Le prince se contenta de gémir avant de lever la tête.

-Il est si petit... comment peut-on faire du mal à une personne à ce point ?

-J'en sais rien... y'a des gens comme ça qui se sentent plus fort quand ils s'attaquent à des plus faibles qu'eux...

-Un peu comme nous quand on chasse alors... Ricana Kíli.

-Non, on chasse pas pour le plaisir de faire du mal, on chasse pour se nourrir. Nos proies sont parfois plus fortes que nous et elles arrivent à s'échapper. C'est la loi d'la nature.

Kíli sera la mâchoire et se leva.

-Où vas-tu ?

-Le loup que j'ai tué ce matin, je vais m'occuper de lui. Il ne sera pas mort pour rien. Répondit gravement le prince.

Il inclina la tête et s'éloigna, laissant Dwalín sur place.

-Ce gosse est vraiment quelqu'un d'bien...

oOoOo

Balín sortit de l'infirmerie d'un pas rapide et se dirigea vers les cuisines.

-Bombur ?

-Je suis là ! Entendit-il du fond de la réserve. Balín ! S'exclama-t-il en voyant son ami, quel bon vent t'amène ?

-J'aurais une requête spéciale de la part de Oín.

-Qui va-t-il torturer avec ses eaux chaudes aromatisées ? S'esclaffa le gros cuisinier.

-Je suis d'accord avec toi la plupart du temps, mais là, il faudra suivre sa demande à la lettre mon ami...

-Qui est malade ? S'inquiéta Bombur en s'essuyant les mains sur un torchon.

-Dwalín et Kíli sont revenus de leur chasse et...

-Oui j'ai vu ça ! De bien belles prises si tu veux mon avis. Par contre, je sais pas ce qu'ils veulent que j'fasse avec le loup... j'sais même pas si ça s'mange... peut-être en ragoût... faut voir...

-Bombur, je suis sérieux !

Voyant la tête de Balín, Bombur se calma et croisa ses mains sur son énorme estomac.

-Je t'écoute...

-Il faudra que tu fasses un bouillon gras, sans viande...

-Et donc sans goût... Le coupa Bombur avec une moue dépitée.

-Bombur... Gronda Balín.

-Pardon, vas-y je t'écoute.

-Je disais donc, un bouillon sans aucun morceau, mais riche.

-Qui a besoin d'ça ?

-Dwalín et Kíli ont ramené avec eux un blessé. Je ne peux pas t'en dire plus. S'il te plait, fait ce que je te demande...

-Bien, j'm'y mets tout de suite et je lui ferais monter un bol.

-Merci.

Une fois Balín sortit, Bombur se mit à la tâche, non sans marmonner dans son impressionnante barbe rousse, que même si une personne était malade, elle devait avoir quelque chose de solide dans son estomac !

-Y'a qu'à m'regarder, j'suis jamais malade moi, et y'a une bonne raison à ça, c'est que dans mon bol de soupe, y'a des morceaux ! Grogna-t-il.

Mais il faisait totalement confiance à Oín pour ce qui était de soigner. C'était grâce à lui que sa chère épouse Threbä avait pu mettre au monde ses deux enfants sans problème. Car Mahal sait qu'une grossesse naine est particulièrement difficile, expliquant sans doute pourquoi il y en avait si peu et que du coup, les enfants étaient si précieux.

Et quand le couple avait le bonheur d'accueillir une fille, elle était encore plus adulée...

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A suivre...

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Et merci de me lire.

Bizz

Ticoeur