Merci à vous d'apprécier cette histoire et merci à ceux qui laissent une trace de leur passage.

Voilà la suite, bonne lecture !

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Chapitre 9

Thorín avait ouvert la porte et avait laissé entrer Kíli, qui se tenait le bras.

-Oín ? Je t'amène un grand blessé !

-Oh ça va ! Je suis pas handicapé à ce point !

Souriant, son oncle le poussa légèrement dans le dos.

-Je te taquine...

-Qu'est-ce qui t'arrive mon garçon ?

-On s'entrainait et j'ai reçu un mauvais coup. Mais heureusement qu'il n'a plus beaucoup de forces dans les bras...

-T'es sûr ? Lui demanda Thorín en serrant vicieusement le membre blessé.

Kíli couina et se déroba de la poigne en reculant, mais il buta contre le pied d'une chaise et atterrit sur son derrière.

-Je n'ai peut-être plus de force dans les bras, mais toi, c'est dans les jambes ! Rajouta t-il en le toisant.

-J'vous signale que vous êtes dans une infirmerie ici, pas sur un champ de bataille ! Les gronda Oín en s'approchant d'eux.

-Mes excuses... Dit alors Thorín en s'inclinant légèrement.

Puis il se pencha et tendit la main à Kíli, qui la regarda, puis leva ses yeux sur son oncle.

-C'était puéril, excuse-moi Kíli.

Etonné de l'entendre s'excuser pour la deuxième fois, le jeune prince saisit la main.

-Alors ? Où es-tu blessé ?

-Au bras... mais ce n'est vraiment pas grand-chose...

-Je l'ai frappé avec une épée. Expliqua Thorín.

-Ça va mon oncle, ce n'est pas si grave ! Ça doit être juste un bleu, pas de quoi en faire une histoire !

-Ça, c'est à moi de décider mon garçon. Fais-moi voir ça.

Kíli retira sa chemise en grimaçant et tendit son bras. Oín lui prit le poignet et le tordit doucement à droite puis à gauche. Le jeune nain inspira fortement, mais n'eut pas d'autres réactions.

-C'est pas cassé. C'est juste un mauvais coup. Tu feras attention à ne pas faire trop d'effort pendant quelques jours et ça ira.

-Tu vois, je te l'avais dit !

-Je préfère ne pas avoir de doute quant il s'agit de ta santé... Rétorqua Thorín en souriant. Maintenant, je suis rassuré.

-Bien ! Maintenant, si vous voulez bien m'excuser, j'ai un patient qui m'attend.

-Le petit hobbit ? S'exclama Kíli tout excité.

-Oui, c'est lui.

-Je peux...

-Non, il faut qu'il se repose. Coupa Oín, et c'est pareil pour toi ! Rajouta-t-il en pointant Thorín du doigt.

-J'ai le droit de savoir qui est dans ma montagne ! S'insurgea le roi.

-Pas dans mon infirmerie, ici, c'est moi qui commande. N'en déplaise à votre majesté... Continua le docteur en s'inclinant.

Thorín fit la moue, mais n'insista pas.

-Dans ce cas, je voudrais être prévenu dès que qu'il sera prêt à recevoir des visites.

-Bien sûr ! Il sera fait selon votre désir.

Kíli eut un éclat de rire voyant la tête de son oncle qui venait de se faire rabrouer. Mais il s'arrêta net quand ledit oncle se redressa et croisa ses bras sur sa poitrine en le regardant. Kíli était grand pour un nain, mais il n'atteignait pas la taille du roi ni sa prestance et il eut le bon sens de reconnaitre qu'il devait cesser sous peine de subir un entrainement intensif avec Dwalín.

Ça lui était déjà arrivé et Mahal savait qu'il n'avait pas du tout envie de remettre ça. Puis ils sortirent et Oín retourna voir Bilbo. Il allait lui redonner un peu de sa dignité en lui lavant la tête. Avec des cheveux propres, il devrait aller beaucoup mieux !

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Ulvàr ne savait pas quoi faire. Bilbo était assis en une toute petite boule à la tête du lit, dans l'angle du mur et il tremblait. La chemise qu'ils lui avaient mise après l'avoir soigné était bien trop grande pour lui et pourtant, ils avaient choisi la plus petite. L'infirmier se demanda s'il ne devrait pas demander à un tailleur de venir pour qu'il ait des vêtements à sa taille...

Mais les tremblements ne venaient pas du froid, il faisait plutôt bon grâce à l'ingénieux système de tuyaux qui provenaient des forges et qui distribuait un air chaud à travers des grilles. De même, une source qui venait probablement du plus profond de la montagne, fournissait de l'eau qui se réchauffait en passant tout prêt des énormes fours et alimentait toutes les installations qui en avaient besoin et c'était un des conforts que tous les habitants appréciaient.

Dans cet habitat naturel fait de roches et de pierres précieuses régnait une température relativement agréable, alors que près des forges il faisait une chaleur infernale. Mais les nains étaient robustes et pouvaient supporter autant le froid, même s'ils n'aimaient pas spécialement ça, que les fortes chaleurs. Passer de l'un à l'autre ne leur posait pas trop de problèmes, mais Ulvàr ne savait pas si les hobbits avaient la même capacité.

-Tu as froid ?

Bilbo secoua la tête puis la leva.

-Ils... ils sont partis ? Demanda-t-il d'une petite voix.

-Qui ça ?

-Les autres...

-Tu parles du roi et de son neveu ? Il me semble qu'ils sont partis, j'ai entendu la porte. Mais tu n'as pas à avoir peur !

-Alors mon garçon, prêt pour le shampoing ? S'exclama Oín en entrant dans la pièce.

Puis il s'arrêta en voyant dans quel état était Bilbo.

-Ça n'va pas ?

-Je crois qu'il a été impressionné par vos autres patients... Lui répondit Ulvàr doucement.

-Tu feras leur connaissance un peu plus tard. Mais tu connais Kíli, c'est lui et Dwalín qui t'ont ramené ici. Tu t'rappelles d'eux ? Un grand guerrier avec des tatouages sur la tête et un jeune nain aux cheveux noirs et une barbe courte.

-Oui... ils m'ont sauvé...

-Ça c'est tout à fait eux ! Bien, et si on s'occupait de cette tignasse emmêlée ? Ulvàr, tu peux aller chercher un peu d'eau chaude ? Celle-là doit être tiède maintenant.

-Bien sûr !

Oín avait remarqué la position de Bilbo, bien au fond, dans le coin et replié sur lui-même, mais il fit comme si de rien n'était. Il prit plusieurs flacons sur une étagère ainsi qu'un peigne et une brosse. Puis quand Ulvàr revint, il se tourna vers le hobbit.

-On va essayer de pas forcer sur cette jambe, alors tu vas t'allonger, laisser ta tête déborder du lit et me laisser faire, d'accord ? J'ai choisi un savon à la pomme et des huiles parfumées.

Bilbo hésita, mais l'envie de se sentir propre fut plus forte que sa peur et il s'approcha doucement du bord du lit. Il s'allongea sur le côté et regarda Oín d'un air interrogateur.

-Tu t'sens bien comme ça ? Alors ça ira pour moi. On y va !

Oín prit son temps pour laver des jours et des jours de négligence. Dans la culture naine, l'entretient des cheveux et de la barbe étaient aussi important que les armes pour les guerriers. On ne se coupait pas la barbe, sauf cas exceptionnel. C'était en général une des punitions réservées aux nains qui avaient commis un grave délit car il n'y avait pas plus grand déshonneur que d'avoir la barbe rasée.

Thorín avait coupé sa tresse de barbe après le décès de son père et de son grand père, lors de la bataille d'Azanulbizar et depuis, il gardait un léger duvet en signe de deuil. Les archers, dont Kíli faisait partit, la gardaient très courte afin de ne pas risquer de se l'arracher avec la corde de leurs arcs quand ils tiraient.

Et quand bien même il aurait aimé pouvoir mettre des perles comme celles que son frère arborait, sa pilosité faciale était capricieuse et ne voulait pas l'honorer de plus que quelques millimètres d'un duvet sombre mais doux. Et si, quand il était jeune, les autres se moquaient de lui à cause de sa grande taille et sa prédisposition pour l'arc au lieu de la hache, l'apparition de son oncle à ses côtés avait vite fait taire les rumeurs les plus folles comme quoi il serait le fruit des amours interdits de sa mère et d'un elfe.

Le roi était encore plus grand que lui et n'avait pas plus de barbe. Ça avait suffi.

... Enfin, ça et son air pas du tout avenant face aux délateurs...

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Bilbo avait fermé les yeux. Le docteur n'était pas beaucoup plus grand que lui, mais il était bien plus large et ses mains étaient au moins deux fois plus grosses que les siennes, pourtant, les doigts qui massaient son cuir chevelu étaient étonnamment doux. L'odeur de pomme était agréable et si la faim et la soif ne lui faisaient pas si mal à l'estomac, il aurait même pu s'endormir.

-Je pense que ça va aller. Maintenant, si tu peux t'asseoir sur le bord du lit et pencher ta tête, je vais sécher tes cheveux.

Bilbo fit la grimace mais obéit. Ses fesses étaient encore douloureuses et il se demandait quand il pourrait

s'asseoir sans souffrir. Si jamais cette douleur disparaissait un jour...

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Oín vit l'inconfort du hobbit et s'en excusa mentalement, mais il était encore trop faible pour résister ne serait-ce qu'à un simple rhume et il ne pouvait pas le laisser avec de l'eau qui détrempait sa chemise. Il prit

une serviette épaisse et moelleuse et frotta doucement les boucles mordorées, qui, une fois débarrassées de la sueur et de la saleté étaient souples, brillantes et douces. Puis il démêla avec patience l'abondante chevelure qui était suffisamment longue pour convenir à un nain, mais il leva sa brosse aussitôt qu'il entendit le hobbit pousser un petit gémissement.

-J't'ai fait mal ?

Rougissant, Bilbo baissa les yeux et se tordit les doigts.

-Non...

Soupirant, il leva la tête mais et se mordit la lèvre inférieure tout en jetant des regards rapides sur l'infirmier.

-Ulvàr, prends la bassine et les produits et va les ranger.

Comprenant le sous-entendu, Ulvàr fit ce qu'on lui demandait sans rechigner. Etre un assistant c'était ça aussi, comprendre que parfois, le patient n'avait pas envie d'avoir trop de personnes autour de lui, alors il quitta la pièce et referma derrière lui. Oín posa ses mains à plat sur ses genoux et attendit.
Avec ce petit homme, il devait faire preuve de patience et heureusement, il n'en manquait pas.

-Mes oreilles...

-T'as mal aux oreilles ? S'étonna le docteur, attend, j'vais regarder ça.

-Non ! J'ai pas mal... mais elles sont... sensibles... très sensibles... Continua Bilbo en regardant Oín de côté tout en ayant la tête baissée et en mâchouillant sa lèvre inférieure.

Le nain fronça les sourcils en se demandant pourquoi il avait l'air si gêné en disant ça. Les oreilles sensibles ?
Et alors ?

Les nains ont bien le cuir chevelu et le menton sensibles au point que chez certains, ça équivalait presque à une zone érogène !

En se rendant compte de ce qu'il venait de penser, Oín écarquilla les yeux. Ça serait donc ça ?

-Tu veux dire que quand j'ai touché tes oreilles, t'as aimé ça ?

Le rougissement intense qui se propagea sur les joues et le cou de son patient répondit pour lui.

-Oh... bon... et bien j'vais faire attention alors...

Bilbo le remercia d'un sourire et laissa le docteur finir de lui sécher la tête.

-Voilà ! Tes cheveux sont magnifiques ! C'est très rare cette couleur chez les Longue-Barbe. Y'a bien Bombur et mon frère Gloín qui sont roux, mais ça n'a rien à voir avec ta couleur. On dirait qu'ils sont comme de l'or sous un soleil couchant... étonnant, très étonnant !

-J'voudrais les couper... Murmura alors Bilbo.

Oín avait une mauvaise audition, il le savait. C'est peut-être un peu à cause de ça qu'il avait fini par essayer de lire sur les lèvres, même si avec leurs barbes, les nains étaient difficilement compréhensibles. Mais Bilbo n'avait pas de barbe. Et même s'il avait murmuré, il avait parfaitement "lu" ce qu'il venait de dire.

Mais il ne comprenait pas. Pas du tout.

-Pourquoi tu veux faire ça ? Ils sont très beaux ! Et si tu l'demandes, y'aura toujours quelqu'un pour t'aider à les laver ou les coiffer ! J'pourrais même demander à Kíli s'il veut bien les tresser. Il s'est toujours occupé des cheveux de son frère et il est très doué. Ça s'rait vraiment un crime d'les couper.

-J'peux pas...

Bilbo soupira profondément et se pinça les lèvres tout en regardant la pierre polie du plafond.

-J'peux pas... j'veux pas... j'veux plus les garder comme ça... c'est à cause de Ruppert...

Ruppert ? C'était la première fois qu'il entendait ce nom. En tout cas, ce n'était pas celui d'un nain. Peut-être un autre hobbit ?

-Une personne de ta famille ? Lui demanda gentiment Oín.

Bilbo éclata d'un rire triste et sauvage.

-Famille ? Non... lui et son frère Marty sont les fils de Mâa... elle était presque gentille mais elle est morte et après ça Ruppert...

Le hobbit eut un sanglot et des larmes envahirent ses yeux, mais il les chassa vite et renifla. Il ne savait pas pourquoi mais il avait envie de raconter son histoire. Qu'enfin quelqu'un comprenne ce qu'a été sa vie jusqu'à

présent et le docteur lui inspirait confiance. Il avait été gentil, l'avait soigné et n'avait rien exigé en retour.

-J'ai gardé les cheveux longs parce que j'suis sûr qu'il aurait coupé mes oreilles. Il aimait pas c'qui n'était pas comme lui et il les voyait pas au moins...

Oín avait mis sa main devant sa bouche en entendant ça. Couper les oreilles d'une personne juste parce

qu'elles étaient différentes des vôtres ? Mais qui faisait ça ?

-Il aimait pas mes grands pieds poilus. Il m'a toujours forcé à mettre des bottes mais elles étaient pas faites pour moi. J'crois bien qu'j'allais avoir vingt-neuf ans quand il m'a brûlé les jambes. La douleur... la douleur était horrible... ça m'fait encore mal des fois, mon pied gauche surtout. L'autre un peu moins, il est moins large depuis que... après que...

Oín revit dans sa tête l'état du pied et surtout, des deux petits orteils. Il comprenait maintenant pourquoi ils étaient presque soudés. La brûlure avait dû vraiment être infernale. Mais un détail l'interpella.
Bilbo venait de dire qu'il avait presque vingt-neuf ans quand ça lui était arrivé, mais d'après Oín, même si les plaies étaient guéries, les cicatrices étaient encore roses vifs et paraissaient relativement récentes...

-Mais tu as quel âge ?

-J'ai trente-deux... non trente-trois... enfin, ça dépend quel jour on est... j'sais plus exactement...

Le docteur se redressa brusquement sur sa chaise. Il était si jeune ? Presque un bébé aux yeux des nains !

Et quelqu'un avait fait subir toutes ces horreurs à un enfant ?

-Ce Ruppert... c'est pas un hobbit...

-Vous pensez qu'j'aurais pu laisser un hobbit m'faire ça ? Ricana Bilbo désabusé. Non, Ruppert est un homme. Lui et son frère Marty sont des hommes... et c'est lui qui... c'est lui qui...

Bilbo recula sur le lit, faisant fi de la douleur de ses fesses qui frottaient sur le matelas, et repliant ses jambes, il les entoura de ses bras, baissa la tête et se balança doucement en pleurant.

Oín comprit que l'agresseur de Bilbo était un homme qui s'appelait Ruppert. Il pouvait annoncer la nouvelle à Thorín et les recherches pourraient être dirigées vers le bon peuple afin que le criminel soit puni. Et il espérait sincèrement qu'il serait retrouvé...

Il tourna la tête, se demandant ce qu'il pouvait faire pour alléger le fardeau qui pesait bien trop lourd sur les épaules de son patient, quand il vit le bol, posé sur la table. Avec ce qu'il venait d'apprendre, il avait l'impression que ça faisait une éternité depuis qu'Ulvàr était remonté avec le petit déjeuner.

Et tout était froid maintenant. Décidant que manger serait peut-être une solution pour que Bilbo oublie un instant tout ce qui lui était arrivé, Oín se leva.

-J'vais demander à Ulvàr d'aller chercher un plateau avec quelque chose de chaud. Tu dois avoir faim et de toute façon, je suis affamé moi aussi !

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Bilbo leva les yeux et regarda le dos du docteur qui ouvrait la porte et discutait avec son infirmier et un tout petit sourire releva le coin de sa bouche. Après ce qu'il venait de raconter et surtout après qu'il ait appris que c'était un homme qui l'avait souillé, le nain ne s'était pas moqué de lui et ne l'avait pas rabaissé.

Il ne lui avait pas dit que c'était de sa faute, que c'était lui qui avait voulu ça, non, à la place, il avait plutôt l'impression qu'il avait été choqué par ce qu'il avait entendu.

Il avait peut-être été sauvé par un peuple qui avait de la compassion pour les autres ?
Bilbo inspira profondément et s'essuya les yeux. La chance lui sourirait-elle enfin ?

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Après avoir passé commande auprès d'Ulvàr, Oín retourna près de Bilbo. Même si sa nature profonde se rebellait et qu'il ne voulait pas le faire, il prit quand même une paire de ciseaux.

-Alors comme ça, tes cheveux te tiennent chaud et tu les voudrais un peu plus court, c'est ça ?

Oín avait compris que les couper était une façon pour lui d'oublier et que maintenant qu'il était dans la montagne, il n'avait plus besoin de cacher ses petites oreilles pointues. C'était un mensonge, tous les deux le savaient parfaitement, mais l'intention fit plaisir à Bilbo qui acquiesça en souriant un peu.

Il s'avança au bord du lit et se tourna, présentant sa nuque à Oín qui souleva une grosse mèche avant de la couper.

-Oh... qu'est-ce que c'est ?

-Quoi ?

-T'as une marque sur la nuque... on dirait... on dirait une couronne ? Murmura Oín.

-Ça m'a fait mal au cou quand ils m'ont sauvé du loup et un des nains a vu ça... mais j'l'avais pas avant... c'est quoi ? Pourquoi c'est là ?

-T'as ça depuis hier ?

-Oui, pourquoi ? S'inquiéta Bilbo.

Et Oín pensa au curieux tatouage apparut sur la poitrine de Thorín. Hier. Un rond vert dans une colline.

Et Bilbo avait une couronne tatouée sur la nuque. Depuis hier également...

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La montagne était calme, les mineurs travaillaient et de temps en temps, un nain allait voir le tailleur de pierres avec ce qui avait été récolté. Les pierres arrachées à la roche étaient réputées dans toute la Terre du Milieu. Les elfes avaient une préférence pour les gemmes blanches, surtout Thranduil, à qui ça rappelait le collier de sa défunte épouse, qui s'en était allée vers les Terres Eternelles des centaines d'années plus tôt.

Les nains aimaient l'or et toutes les pierres sans distinction, même si l'Arkenstone était celle qui surpassait toutes les autres. Elle avait une place importante dans le cœur des habitants de la montagne et brillait de mille feux au-dessus du trône du roi.

Thorín s'asseyait rarement sur l'imposant siège de pierre, au beau milieu de la grande salle d'apparat. Une simple allée menait au trône, mais elle était bordée d'immenses statues représentant les monarques qui avaient régné auparavant. Les visiteurs importants étaient reçus dans cette salle et ceux pour qui c'était la première fois en étaient généralement impressionnés.

C'était ce que voulaient les nains qui leur montraient de cette façon qu'ils étaient passés maitres dans l'art de la taille de la pierre. Et s'il y avait besoin de plus, les monumentales statues de guerriers nains, qui étaient sculptées à même la montagne et qui étaient de chaque côté des portes qui fermaient l'entrée de la montagne, pouvaient en attester...

Après le petit déjeuner, le roi, habillé simplement, marchait tranquillement sur cette allée et, les mains dans le dos, il réfléchissait. Etait-il trop sévère avec Kíli ?

Il avait accepté l'union de Fíli avec la princesse de Dale, même s'il avait été un peu réticent au début. Mais si le mariage avait été avant tout un mariage d'amour, il devait convenir que les avantages n'étaient pas à négliger. Dale était proche et les époux pouvaient indifféremment aller d'un endroit à l'autre pour visiter leurs parents sans que cela prenne trop de temps.

Ainsi, Sigrid pouvait apprendre son devoir de future reine d'Erebor tout en restant proche de son frère et de sa petite sœur. Son père, Bard n'avait eu aucune objection à ce que sa fille ainé épouse un nain, le fait qu'elle rayonne de bonheur en sa présence était suffisant pour lui.

L'entraide entre les deux peuples était profitable pour tous et les accords conclus entre lui et Thorín n'avaient pas été difficile à trouver. Les nains leur achetaient tout ce qu'ils ne pouvaient pas cultiver, donc tout ce qui venait de la terre et les hommes avaient pratiquement à leur porte des personnes qui fabriquaient tout ce qui pouvait être forgé.

Mais les elfes ?

Quels accords pourraient-ils y avoir entre les nains et eux si Kíli épousait Tauriel ?

Ce n'était pas le fait qu'elle n'appartenait pas à une famille royale, même si elle en était très proche, c'était plutôt parce qu'elle était loyale au plus détestable des êtres de ce peuple.

Mais pouvait-il lui en vouloir pour ça ?

A contre cœur, Thorín dut reconnaitre que non.
La différence de longévité pouvait être un frein à cette union. Les elfes étaient immortels, les nains non.

Kíli était jeune et il était clair que son espérance de vie ne serait pas aussi longue que la sienne. Mais encore une fois, pouvait-il lui en vouloir pour ça ?

Et en attendant ce jour funeste, qu'il espérait être le plus tard possible, Kíli aurait vécu plusieurs belles années auprès d'elle...

Thorín soupira en levant les yeux sur la tête de pierre en face de lui.

-Est-ce que je dois mettre mon ressentiment de côté envers les elfes et laisser Kíli vivre sa vie ?

La statue gigantesque de son grand-père le regarda mais bien entendu, il n'eut aucune réponse.

Il était roi, Fíli prendrait la couronne à sa mort et si Mahal était bon avec les Durïn, le fils de Fíli prendrait la suite. Mais Kíli ?

Kíli ne serait jamais rien d'autre qu'un prince, mais un merveilleux prince. Il n'avait pas l'étoffe d'un roi et de toute façon, il n'aurait pas voulu l'être. Il était encore jeune et Thorín était persuadé que son exubérance ne s'assagirait pas avec l'âge. Son neveu était plein de vie, de joie et était la gentillesse incarnée.

Et il soupira en se rappelant la tristesse qui avait envahi son visage quand il avait catégoriquement refusé qu'il fréquente la rouquine. Kíli n'avait rien ajouté ce jour-là, il ne s'était pas rebellé, il s'était juste contenté de s'incliner et de le saluer avant de quitter la salle du trône.

La vraie question s'imposa d'elle-même à ce souvenir. Voulait-il vraiment laisser un nain, son propre neveu, rester seul parce qu'il refusait de mettre sa rancœur de côté ?

Kíli n'était même pas né et lui-même était très jeune quand le différent avait éclaté entre son grand-père et Thranduil.

-Ton arrière petit-fils ne sera pas la victime de votre mésentente. Cette malheureuse histoire a fait beaucoup de mal et ça doit prendre fin.

Et Thorín ressentit un immense soulagement, comme si un poids énorme était tombé de ses épaules. Il ne savait pas si Thranduil allait accepter que sa capitaine de la garde s'unisse à un nain, mais il ferait en sorte que l'elfe ne puisse pas refuser. Et il connaissait un excellent moyen pour ça...

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Après avoir bu son bol de bouillon, Bilbo s'était assoupi. Ça n'inquiétait pas Oín qui se disait que pendant qu'il dormait, ses blessures ne le feraient pas trop souffrir. Le hobbit avait toujours du mal à rester sur le dos, même si les coupures étaient en bonne voie de guérison, mais pour sa jambe, c'était une autre histoire.

Les mâchoires d'acier avaient fait de gros dégâts sur les muscles et aussi un peu sur l'os. La rééducation serait longue et sûrement douloureuse, mais il espérait que son patient ne boiterait pas jusqu'à la fin de sa vie...

Par contre, dans son malheur, il y avait une chose de bien, c'était qu'il était tombé sur des nains. Et les brûlures, ils connaissaient. Ce n'était pas rare qu'au moins une ou deux fois par semaine, un nain vienne le voir avec une main ou un bras qui avait reçu des éclaboussures de métal fondu ou qui s'était approché un peu trop près d'un outil chauffé à blanc.

Ils avaient donc fabriqué des pommades et des onguents très efficaces et le hobbit allait en bénéficier. Certaines de ses marques étaient anciennes et ne disparaitraient jamais totalement, mais Oín était certain qu'il pourrait les atténuer au point qu'elles seraient presque invisibles.

Il y avait juste une chose qu'il craignait, c'était le moment ou son patient aurait suffisamment de nourriture dans l'estomac pour avoir envie d'aller aux toilettes. Là, il devait avouer qu'il avait un peu peur de la façon dont il allait devoir lui annoncer ce qu'il devra faire...

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Dans son bureau, Thorín écrivait. En temps normal, il aurait demandé à Balín ou même Ori de le faire, mais il avait pris la décision que puisque son neveu était malheureux à cause de son refus, il allait faire amende honorable et se charger lui-même de ce message.

Il écrivait des phrases courtes mais correctes alors que la seule chose qu'il avait envie, c'était d'envoyer paitre ce mangeur de feuilles. Mais l'avenir de Kíli étant en jeu, il prit son temps et se relut plusieurs fois afin d'être sûr qu'aucune formulation ne puisse porter à confusion.

Une fois fait, il prit le bâton de cire et apposa sa bague afin de sceller la missive, puis il appela le garde et lui demanda de transmettre sa lettre à un coursier.

-Cette lettre est adressée à Thranduil et doit lui être remise en main propre.

Le soldat eut un léger sursaut à l'entente du nom mais se reprit très vite et s'empressa de faire ce que son roi demandait. Il n'était pas là pour discuter les ordres, même si celui-ci lui paraissait pour le moins étrange...

Thorín se frottait les yeux quand son estomac se mit à gronder et étonné, il se rendit compte qu'il avait passé près de deux heures à chercher ses mots.

Il était sûr que Balín ou Ori auraient mis beaucoup moins de temps à le faire mais il voulait faire la surprise à son neveu et maintenant, il avait hâte de voir la joie sur son visage quand il lui annoncerait la nouvelle.

En espérant que le roi des elfes accepterait. Mais avec ce qu'il avait promis dans sa lettre, il était sûr qu'il allait accepter.

Le gargouillement reprit de plus belle alors il se leva et se dirigea vers la salle à manger.

Il y retrouva Kíli, qui, la tête appuyée sur une main, jouait distraitement avec la nourriture dans son assiette. Sans faire de bruit, il s'approcha et entendit un léger soupir. Jamais il n'avait vu son neveu se laisser aller comme ça. Mais est-ce qu'il y avait déjà fait attention ?

D'après Balín, il l'avait négligé au profit de Fíli et de son royaume. Son cœur se serra à l'idée qu'il avait fait passer la couronne avant le bonheur d'un membre de sa famille et il se promit de ne plus jamais le faire.

-Kíli ! Tu es déjà là ?

Le jeune nain sursauta et quand il vit son oncle, il se redressa aussitôt et sourit. Mais Thorín vit qu'il se forçait alors il s'avança et posa une main sur son épaule.

-Ton bras va mieux ?

-Oui, il va mieux... merci de t'en inquiéter mon oncle...

Au lieu d'aller en bout de table, Thorín écarta la chaise à gauche de son neveu et s'assit. Kíli le regarda, très étonné. Que faisait-il ? Il était le roi, il devait s'asseoir sur le grand fauteuil sculpté, là où son grand-père prenait place !

-Mon oncle, tu devrais plutôt aller...

-A côté de mon neveu, à côté d'un membre de ma famille... Coupa Thorín en souriant doucement.

Kíli regarda son oncle et un grand sourire éclaira son visage. Thorín en fut littéralement ébloui et se dit que si une elfe rendait son neveu aussi souriant que maintenant, alors il ne regrettait pas du tout d'avoir mis son

orgueil de côté pour écrire au souverain de Greenwood.

-J'ai finalement décidé que la peau du loup serait pour le hobbit. Tu es d'accord avec ça ?

-Et pour quelle raison y verrais-je un inconvénient ? S'étonna Thorín.

-Parce que j'avais pensé la donner à la femme de Fíli, mais après ce que le hobbit a subi, je me suis dit

que ce ne serait que justice que ça soit lui qui l'ait...

-Nous n'avons pas spécialement besoin de fourrure et en temps normal, je n'aurais pas aimé que tu tires sur une bête comme ça. Mais d'après ce que tu as dit, ce loup allait attaquer le hobbit qui ne pouvait pas s'enfuir.

-Mais je ne le savais pas ! Je ne l'avais pas vu... j'avais juste envie de... juste envie de te prouver que je n'étais plus un enfant et que je pouvais aider à subvenir au besoin en nourriture de la montagne...

-En tuant un loup ?

-Je sais... je veux te prouver que je suis un adulte et je me conduis comme un gosse...

Kíli soupira en baissant la tête et Thorín posa une main sur son épaule et sourit.

-Pourquoi tu souris ? S'étonna le jeune nain en relevant la tête quand il sentit la main sur lui.

-Tu viens juste de me prouver qu'effectivement, tu n'es plus un enfant... et je suis extrêmement fier de toi...

-Ah bon ?

Il ne comprenait plus rien. Il venait d'avouer qu'il avait compris que son comportement pendant la chasse était puéril et son oncle le félicitait ?

-Tu as réfléchi à ce que tu as fait et tu as compris pourquoi tu l'as fait. C'est se comporter comme un adulte.

Ils entendirent un coup sur la porte et aussitôt après, elle s'ouvrit et un serviteur entra avec un plateau qu'il posa sur la table.

-Nous nous servirons tout seul. Annonça Thorín.

-Bon appétit votre majesté, votre altesse...

-Vous pouvez disposer.

Kíli et Thorín mangèrent en silence, mais ce n'était pas un silence inconfortable et ils apprécièrent tous les deux d'être proche, sans vêtements d'apparats, sans couronne ni manteau bordé de fourrure. Là, ils étaient juste Thorín et Kíli, l'oncle et le neveu, à table...

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Le serviteur s'inclina et sortit, laissant le roi et le prince. Il avait toujours trouvé le comportement de son roi étrange. Il ne ressemblait pas du tout à son grand-père qui, même s'il était gentil, exigeait de ses serviteurs un service impeccable, alors que Thorín Oakenshield faisait beaucoup de chose par lui-même.

Les Durïn étaient connus autant pour leur gentillesse que pour leur caractère vif et colérique, ainsi que leur rancune et leur obstination. Mais il haussa les épaules et redescendit aux cuisines. Les traits de caractères qu'il venait de nommer auraient pu être valable pour tous les nains de la montagne.

En fait, sans sa couronne, il était comme n'importe quel nain. C'était peut-être aussi pour cette raison qu'il n'avait pas besoin de faire preuve d'autorité à chaque instant. Il était dur, mais juste. Il n'était pas toujours partial, surtout envers sa famille, mais le dévouement de tous les nains de la montagne lui était acquis naturellement...

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Bilbo s'étira et ouvrit les yeux, paniquant un court instant avant de se rappeler où il était. Il se mit sur le dos et grimaça en sentant ses blessures le piquer, mais ce n'était pas insurmontable et il s'assit prudemment sur le lit. Il gigota quand même inconfortablement sur le matelas, mais il devait se lever.

Il se rappela que sa jambe avait été grièvement touché et il se demandait s'il allait même pouvoir tenir debout, alors il glissa doucement sur le bord et, une main sur le montant de la tête du lit, il se laissa tomber sur sa bonne jambe puis posa ensuite doucement celle qui était blessée. Il serra fortement les dents en réprimant un gémissement de douleur mais il tint bon.
Le docteur avait beau être gentil, il ne voulait pas dépendre de lui pour ses besoins élémentaires.

Sauf qu'il avait oublié qu'il n'avait eu qu'un bol de bouillon clair dans l'estomac et que son corps, même s'il était habitué à être sous-alimenté, avait été grandement affaibli à cause de ses blessures et de sa fièvre.

Dès qu'il lâcha le montant et qu'il fit un pas, sa tête se mit à tourner et il perdit l'équilibre, atterrissant lourdement sur ses genoux. La douleur explosa dans ses jambes et il ne put s'empêcher de crier avant de se laisser tomber sur le côté, par terre.

Presque aussitôt, il entendit un bruit de chaise qui raclait le sol et Oín entra précipitamment.

-Par Mahal, Tu t'es fait mal ? T'es tombé du lit ?

Le souffle coupé, Bilbo secoua la tête, ne pouvant trouver ses mots.

-Pourquoi t'as pas appelé ?

-Je... je voulais m'débrouiller tout seul... Murmura Bilbo, embarrassé.

-Pourquoi faire ?

Rougissant, le hobbit se redressa un peu et posa une main sur son ventre sans répondre. Il grimaça et gémit doucement en se repliant sur lui-même.

-Je... voulais... j'ai envie de...

Comprenant l'embarras de son patient, Oín se baissa et le regarda.

-Je suis docteur tu sais, je n'connais sans doute pas aussi bien les hobbits que les nains, mais j'suis sûr que t'as les mêmes besoins qu'nous... je vais te remonter sur le lit, d'accord ?

-Non ! J'veux dire... il faut que...

-Je sais c'que tu veux dire et il faut que j't'explique une chose. Mais d'abord, tu vas retourner sur le lit.

Oín aida Bilbo à se redresser et tant bien que mal, il réussit à grimper sur le matelas.

-Attend-moi, j'reviens...

Allongé sur le côté, Bilbo serrait les dents. Il était peut-être malade et blessé, mais il avait encore sa fierté et il refusait de se laisser aller comme ça.

Oín revint quelques instants plus tard avec un drôle d'objet dans les mains.

-Tu sais c'que c'est ?

Bilbo secoua la tête négativement.

-Tu as été blessé, je t'ai soigné, mais il y a une chose que j'peux pas faire, c'est réparer les dégâts internes. La nature le fera, mais en attendant, t'as besoin d'aide et cet objet va l'faire...

-Comment ?

-Il existe des herbes dépuratives, tu sais c'que ce mot veut dire ?

-Non...

-Elles vont te nettoyer à l'intérieur. Mais j'vais pas te les faire boire parce ça a pas bon goût et en plus, tes intestins vont gargouiller et risquent de te faire mal. Alors j'vais utiliser ça...

Oín montra le tube souple et la poire qui était au bout. Bilbo, comprenant ce que ça impliquait, ouvrit grands les yeux et des larmes perlèrent sur ses cils. Il avait été brutalisé, humilié et maintenant ça ?

-Non... j'veux pas...

-Il faut que tes plaies restent propres et je suis désolé, mais il n'y a pas d'autres moyens...

Bilbo pleura doucement. Pourquoi subissait-il encore une épreuve ?
Ne pouvait-il pas être en paix, même un court instant ?

-Je te cache pas que ça va pas être agréable, mais j'te propose une chose. Je vais te donner un sédatif, comme ça, tu sentiras rien et j'pourrais travailler sans risque que tu bouges et que tu te fasses encore plus mal. T'es d'accord avec ça ? A moins que tu préfères qu'Ulvàr le fasse ? Je ferais c'que tu veux pour être le plus à l'aise possible...

Oín attendit quelques minutes le temps que Bilbo se reprenne et que les pleurs cessent. Etant médecin, il en avait vu des choses pas très belles, mais voir une personne aussi mal en point lui donna des envies de meurtres envers les responsables. Puis Bilbo renifla et regarda Oín.

-Vous pouvez... le faire... mais personne d'autre...

-Non, personne, tu as ma parole. Je reviens avec le sédatif...

A peine cinq minutes après avoir bu, Bilbo ferma les yeux. Oín prépara le mélange et positionna le hobbit comme il fallait, allongé face au mur et sur le côté. Puis il prit le tube souple et soupira avant d'introduire la canule et d'appuyer sur la poire.

Normalement, le produit devait faire effet rapidement et effectivement, comme Bilbo n'avait pratiquement rien mangé, ses intestins se vidèrent peu de temps après. Pour plus de sûreté, il répéta le processus une seconde fois et s'employa à vider aussi la vessie.

Son patient n'avait pas de problème de ce côté là, mais s'il pouvait l'empêcher de bouger juste parce qu'il avait besoin de se soulager, sa jambe guérirait plus vite.

Puis il profita de l'endormissement du hobbit pour l'examiner de plus près et il inspira profondément, soulagé de constater que malgré son état de santé lamentable, ses déchirures étaient en bonne voie de guérison. Avec un peu de chance, il n'aurait pas besoin de se servir à nouveau de son appareil et dans peu de temps, il pourrait manger de la nourriture un peu plus consistante.

Oín sourit. Bombur allait être content, il allait pouvoir concocter des petits plats à son protégé. Maintenant, il n'y avait plus qu'à attendre qu'il se réveille et en attendant, il le nettoya, le rhabilla et le couvrit d'une couverture moelleuse...

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A suivre...

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Et merci de me lire.

Bises et bonne soirée à vous tous et toutes,
Ticoeur