Vous devez vous demander pourquoi je "râle" envers ceux et celles qui lisent, qui se permettent même de mettre mon histoire dans leur liste de favoris et qui la mettent en alerte, mais qui ne laissent aucune reviews, alors qu'on ne voit pas son nom sous les nombreuses histoires publiées ici.
Voilà l'explication :
Il y a quelques années, j'écrivais une histoire sur le fandom de SGA et parallèlement, j'en lisais une sur ce site.
Mais comme je fais toujours, avant de publier, je lis et relis le chapitre afin qu'il soit le plus "propre" possible. Seulement voilà, à peine j'avais relu le premier paragraphe que je me suis rendue compte que j'étais en train de plagier l'auteur de la fic que j'étais en train de lire !
Du coup, j'ai tout effacé et j'ai réécris le chapitre...
Depuis ce jour, à chaque nouvelle histoire que j'ai écris, je ne lisais plus, afin de ne pas recommencer. Et même si j'ai eu une pose de près de 8 ans, dès que j'ai commencé cette histoire, je n'ai plus jamais lu une fic sur le "Hobbit".
Et comme je l'ai mis sur le premier chapitre, cette histoire a été commencée en 2018.
Autre chose aussi, je ne lis QUE des fics classées M et qui parlent de relation entre deux mâles.
Je n'ai pas non plus précisé que cette histoire est classée M parce que c'est un slash et qu'il y aura des scènes graphiques. Si vous n'appréciez pas ce genre, merci de ne pas me fusiller dans vos commentaires parce qu'à partir de ce chapitre, je vous aurais prévenu. Je vais donc de ce pas corriger cet oubli dans la présentation sur le premier chapitre...
Bien, ceci étant dit, je vous laisse lire !
Merci à vous d'apprécier cette histoire et merci à ceux qui laissent une trace de leur passage.
Voilà la suite, bonne lecture !
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Chapitre 10
Thorín et Kíli avaient fini de manger et quand son oncle se leva, Kíli s'empressa d'en faire autant. Le protocole n'était pas aussi strict que du temps de son grand-père Thrór, qu'il n'avait pas connu, mais sa mère avait exigé que comme ils étaient, lui et son frère, des princes de sang, ils se devaient d'avoir une certaine éducation. Kíli avait toujours été un peu rebelle, mais faire face à la colère de sa mère, si jamais il n'obéissait pas, ne l'avait jamais tenté.
La princesse Dís était une douce et gentille naine que ses fils et son frère adoraient, mais elle pouvait être aussi redoutable que Dwalín si quelque chose lui déplaisait.
-Je vais faire un tour sur les remparts fumer ma pipe. Tu m'accompagnes ? Demanda Thorín.
Le prince n'en revenait pas. Il se demandait même si quelqu'un avait pris la place de son oncle parce que jamais il ne lui avait fait une proposition pareille, mais il ne laissa pas passer l'occasion.
-Bien sûr ! S'empressa-t-il d'accepter, ravit.
Lui-même ne fumait pas beaucoup, n'ayant pas envie d'avoir les dents jaunâtres, comme certains des nains qui se levaient avec la pipe à la bouche et ne la quittait que pour dormir. Mais il ne disait pas non de temps en temps, appréciant l'odeur des feuilles séchées qui se consumaient lentement.
Ils sortirent de la salle à manger et Kíli prévint son oncle qu'ils se retrouveraient au-dessus des grandes portes. Thorín le regarda partir et il voyait bien qu'il se retenait de courir, ce qui le fit rire doucement.
Maintenant, il était presque impatient d'avoir une réponse à la proposition qu'il avait faite à Thranduil. Il espérait juste qu'elle serait positive, parce qu'il avait vraiment envie de voir son neveu avec cet entrain qui lui mettait du baume au cœur...
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Oín était resté près de Bilbo, toujours endormi, quand il estima qu'il ne devrait pas tarder à se réveiller et il alla chercher un verre d'eau et une paille. Ulvàr était dans la pièce à côté et il lui avait dit de ne pas rentrer tant qu'il ne l'appellerait pas. Il avait promis qu'il n'y aurait que lui qui serait au courant et il ne voulait pas rompre cette promesse.
De plus, laisser du temps à son malade pour récupérer de son intervention, même si elle n'était pas grave, lui permettait de se rendre compte qu'il n'avait plus rien à craindre et qu'il pouvait lui faire confiance. Il reprenait sa place sur sa chaise quand son petit patient remua et ouvrit enfin les yeux.
-N'essaye pas de trop bouger mon gars, ton corps n'a pas encore éliminé tout le sédatif.
-Soif...
-J'm'en doutais, je t'ai amené un verre, mais tu ne pourras pas boire, tu vas juste te rafraichir la gorge et recracher l'eau. Tu es encore trop endormi et tu risquerais de t'étouffer. Tu m'as compris ?
Incapable de rester les yeux ouverts trop longtemps, Bilbo hocha doucement la tête.
-Bien. Maintenant, je vais t'pencher sur le côté, tu vas aspirer un peu et cracher dans le bol après.
Bilbo fit ce qu'il lui dit mais fut incapable de viser et l'eau coula sur son cou, mouillant sa chemise et le drap du lit.
-Désolé...
-Cette infirmerie a vue des choses bien pires qu'un peu d'eau sur les draps ! S'esclaffa Oín en lui essuyant le menton. Je sais qu't'es pas encore bien réveillé, mais j'voulais t'poser une question. Te sens-tu capable de m'répondre ?
Bilbo hocha la tête et se réinstalla confortablement, appréciant que le sédatif ait grandement atténué la douleur de son dos et de ses fesses.
-Bien ! Alors avant toute chose, j'voulais te dire que ton corps a bien travaillé. Je t'ai examiné et j'peux affirmer que ta guérison est en très bonne voie. Si tu n'avais pas été blessé à la jambe, tu aurais pu être debout dans deux, voire trois jours, après avoir eu plusieurs bons repas. Mais j'préfèrerais que t'attendes un peu avant d'marcher et j'vais demander à Balín s'il peut faire fabriquer des béquilles à ta taille.
-C'est qui Balín ?
-Un vieil ami et le conseiller de Thorín, notre roi. Quand il a appris c'qui t'était arrivé, il a demandé qu'une enquête soit faite afin de retrouver ton agresseur et d'après c'que tu m'as dit, c'est parmi les hommes qu'il faut chercher...
-J'voudrais oublier tout ça, s'il vous plait... j'veux pas l'voir... plus jamais... Hoqueta Bilbo.
-T'auras pas à l'voir, en tout cas, pas tant qu'tu seras sous ma responsabilité. Mais il faut pas qu'son acte reste impuni, d'où ma question, me permets-tu de donner son nom au conseil ?
-Vous êtes sûr que je l'verrais pas ?
-Je t'en donne ma parole !
-Alors vous pouvez faire c'que vous voulez d'lui. Grogna Bilbo en serrant les poings. Mais Marty, il était gentil... il a essayé d'me protéger d'son frère... il faut pas lui faire d'mal...
Oín hocha la tête et se leva pour prendre une plume et un papier sur lequel il écrivit rapidement avant de sceller la lettre.
-J'vais donner c'message à un garde qui l'transmettra à Balín. En attendant, toi, tu t'reposes encore un peu. Ce soir, t'auras encore du bouillon et pour demain on avisera, ça t'va ?
Le docteur ne s'absenta qu'une ou deux minutes, mais quand il revint, il trouva Bilbo en pleurs...
oOoOo
Bilbo encaissa comme il pouvait, mais au bout de quelques secondes, il craqua et sanglota...
Il ne se rappelait plus de sa vie avant les frères et Mâa mais il savait qu'ils avaient largement profité de lui, lui apprenant à voler et à mendier plutôt que travailler. Il avait certainement appris à lire et à écrire avant d'être abandonné par ses parents et même s'il ne s'était pas souvent servit de son savoir, il n'avait heureusement pas oublié. Parce que ce n'était pas avec sa famille d'adoption qu'il serait allé à l'école...
Et après le décès de Mâa, l'alcoolisme de Ruppert, les mauvais traitements qu'il avait subis, le manque de nourriture et la peur de se faire prendre à chaque instant, Bilbo avait vécu dans une terreur constante pendant près de la moitié de sa vie. Il avait fallu qu'il se fasse violer pour finalement être sauvé. Quel paradoxe...
Mais est-ce qu'il pouvait faire confiance aux nains ?
Depuis que les deux chasseurs l'avaient recueilli, il avait été soigné, lavé et nourrit. Mais est-ce qu'ils ne finiront pas par demander un paiement contre leurs soins ?
Est-ce qu'il ne deviendrait pas leur esclave ?
A cette pensée, Bilbo leva la tête et recula précipitamment. Mais il avait oublié qu'il était encore sous l'effet du sédatif et il posa une main sur sa bouche quand un haut le cœur le saisit soudainement.
Il ne devait pas vomir, pas ici !
La dernière fois qu'il avait été malade, il avait été tellement battu qu'il en avait perdu connaissance. Il ne voulait plus recevoir de coups, il ne le supporterait plus. Il préférait mourir que continuer à vivre ainsi...
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Etonné, Oín regarda le hobbit s'éloigner. Avait-il eu une parole malheureuse ?
Il avait parlé de son agresseur et de nourriture et il savait que chez eux, les repas étaient très importants. Les hobbits aimaient manger et malgré leur petite taille, ils avaient six repas par jour. Malheureusement, pour l'instant et pendant encore un temps assez long, il ne pourra pas satisfaire les besoins de celui qui était devant lui.
Oín s'était vite rendu compte que son patient n'avait même pas eu droit à des portions normales, et ce, depuis fort longtemps. Il était persuadé que s'il mangeait ne serait-ce qu'un repas correct, son estomac ne le supporterait pas. Peut-être aurait-il dû faire preuve de sensibilité et lui expliquer pourquoi il n'aurait que des petites quantités de bouillon.
Mais il avait également reparlé de celui qui l'avait sauvagement agressé. Il savait qu'il faudrait du temps avant que ça ne soit plus qu'un mauvais souvenir, parce qu'à son avis, il ne pourrait jamais oublier...
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Horrifié, Bilbo se retenait comme il pouvait. Même si le docteur n'avait jamais levé la main sur lui autrement que pour le soigner, il ne prendrait aucun risque. Il devait s'échapper avant de souiller les draps...
Comme le nain ne bougeait pas, il se mordit brutalement la lèvre inférieure et s'approcha du bord du lit. Mais il n'eut pas le temps de poser ses pieds sur le sol qu'il fut entouré par deux bras forts.
Son estomac protesta brutalement et se contracta. Horrifié il s'agrippa aux bras du docteur et ne pouvant pas se retenir plus longtemps, il essaya malgré tout de ne pas salir leurs vêtements.
Se doutant de ce qu'il allait se passer, Oín le pencha sans le lâcher et, une main posée haut sur la poitrine et l'autre retenant ses cheveux en arrière, il le laissa vider son estomac. Mais le pauvre hobbit n'avait pratiquement plus rien dans le ventre et il vit des larmes de douleur mouiller ses yeux.
-Là... ça va aller... j'vais appeler Ulvàr pour qu'il amène une serviette humide, c'est d'accord pour toi ?
Bilbo se contenta de gémir et de renifler, honteux de s'être laissé aller comme un bébé.
-Ulvàr ! Une serviette humide, un verre d'eau et une paille ! Vite !
Le hobbit entendit des bruits de l'autre côté de la porte et très vite, elle s'ouvrit pour laisser passer l'infirmier.
-Oh... tu as été malade ? Tiens, un peu d'eau pour te rafraichir la bouche. Ne bois pas, crache dans le bol, je vais aller te chercher une infusion de sauge...
Et tout aussi vite, il disparut.
-Ulvàr fera un bon docteur. Dans la plupart des cas, j'n'ai même plus besoin d'lui dire quoi faire, il devine tout seul c'qu'il faut.
-J'suis désolé... j'voulais pas vous salir... s'il vous plait... j'ai pas fait exprès... Pleurnicha Bilbo.
-Mais bien sûr que t'as pas fait exprès ! Par contre, j'aimerais savoir c'qui a provoqué ça... t'as mal au ventre ? Des crampes ? Bien sûr que t'as des crampes, question idiote... Marmonna Oín pour lui-même.
Ulvàr entra avec une tasse et la tendit à Bilbo, qui essaya tant bien que mal de la tenir avec ses mains bandées.
-Veux-tu que je t'aide ?
-Merci, mais notre patient va devoir attendre un peu avant d'boire... Répondit Oín à la place de Bilbo, en prenant la tasse.
Il la posa sur la table à côté du lit, puis se tourna vers Ulvàr et sans rien dire, tourna la tête vers la porte. L'infirmier comprit et les laissa seuls à nouveau.
-Je t'empêcherais pas ni de boire ni de manger si c'est ça qui t'a inquiété tout à l'heure au point de te rendre malade. Et j'me rends compte que j'aurais dû t'expliquer un peu plus clairement c'qu'il va se passer à partir de maintenant. S'il y a la moindre chose que tu n'comprends pas, dis-le moi, d'accord ?
-D'accord...
-J'te laisserais boire dans pas longtemps, en fait, quand j'serais sûr que tu n'risqueras pas d'avaler de travers, tu es encore fragile et ton estomac aussi. Maintenant, on va parler un peu d'toi. Alors t'es un hobbit et si j'me rappelle bien, ceux de ton peuple ont un appétit assez remarquable et ils mangent six repas par jour...
Bilbo ouvrit grands les yeux. Six repas par jour ?
-... sauf que toi, t'as visiblement jamais eu autant. En fait, je doute que tu aies jamais mangé à ta faim... j'me trompe ?
Bilbo baissa la tête en rougissant de honte. Ce n'était pas de sa faute s'il n'y avait jamais assez de nourriture. Pourtant, il avait toujours essayé de faire au mieux.
-J'disais donc, comme tu n'mangeais pas beaucoup, ton estomac ne supporte plus des quantités normales de nourriture. Il te faudra du temps avant qu'ton corps l'accepte à nouveau. Mais ne t'inquiète pas, Bombur va y remédier !
-Bombur ?
-Le cuisinier d'la montagne. Tu verras, il est capable de faire à manger avec à peu près n'importe quoi. Mais pour toi, ça sera régime bouillon jusqu'à c'que tes intestins soient complètement cicatrisés. Ce qui, comme j'te l'ai dit tout à l'heure, ne devrait plus être très long. Je pense que demain soir, tu pourras manger quelque chose d'un peu plus épais. Pas d'viande, ça sera encore trop lourd à digérer pour le moment. Peut-être une bonne soupe de légumes ? T'en auras en petite quantité, mais plusieurs fois par jour. Il faut t'remplumer mon gars !
En entendant ça, Bilbo se mit à sourire et Oín se dit que ce petit bonhomme avait dû avoir une vie vraiment misérable pour que le simple fait de pouvoir manger lui ait remonté le moral.
Et s'il se sentait mieux dans sa tête, le corps allait suivre, ce qui était tout ce qu'il demandait !
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Thorín et Kíli fumaient tranquillement, accoudés aux remparts au-dessus des grandes portes. Kíli avait un regard triste en contemplant la forêt de Greenwood au loin. Elle était si proche et si lointaine à la fois...
Thorín tourna la tête et regarda son neveu. Il était tellement tenté de lui dire ce qu'il avait fait, mais en même temps, il était un peu inquiet. Tant qu'il n'aurait pas de réponse, il devrait se retenir, car il valait mieux ne pas lui donner de faux espoir au cas où Thranduil refuserait sa demande. Le messager était parti ce matin et il espérait avoir un retour ce soir, ou au pire demain. Si ça tardait trop cependant, il se déplacerait en personne. Ce qu'il aimerait autant éviter...
-J'espère que le hobbit sera vite guéri... il était tellement mal...
-Tu as fait ce qu'il fallait en le ramenant à la montagne et Oín va le remettre sur pied.
-Comment une personne peut faire subir une horreur pareille à un enfant ?
-Je ne sais pas Kíli... il y a des gens qui ont besoin de faire du mal pour se sentir plus fort. Ils trouvent du plaisir dans la douleur des autres.
-Mais pourquoi quelqu'un comme lui ? A côté de nous, il est si petit... j'imagine même pas ce qu'il a dû ressentir si c'est un homme qui...
-Un homme, un nain ou même un autre hobbit, un viol reste un viol et ce crime ne restera pas impuni. Ce hobbit est sous la protection de la montagne maintenant. Et nous ferons en sorte qu'il se remette le plus vite possible.
-Il retournera chez lui après ?
-S'il le désire... il ne sera pas un prisonnier ici. Il choisira et s'il veut partir, il y aura certainement des nains qui seraient contents de l'accompagner...
Kíli resta songeur et il regarda au loin, essayant d'imaginer l'endroit d'où il venait, comment il avait vécu...
-Quel âge peut-il avoir ?
-Dès que Oín m'autorisera à le voir, ça fera partie des questions que je lui poserais. Ça et aussi son nom, le village d'où il vient, s'il connait son agresseur...
-Tu penses qu'il pourrait connaitre celui qui lui a fait ça ? S'exclama Kíli avec horreur.
-C'est malheureusement une possibilité...
-Est-ce qu'il s'en remettra un jour ?
-Qui peut le dire...
Ils finirent leurs pipes et Kíli s'excusa, mais il voulait s'occuper de la peau du loup. Thorín inclina la tête et regarda au-delà des portes, vers la forêt. Il n'y avait pas de cavalier en vue mais c'était encore un peu trop tôt. Il fallait que le messager revienne ce soir pour qu'il puisse revoir la joie sur le visage de son neveu.
Plus il y pensait, plus il se demandait comment il avait pu être aussi dur.
Peut-être voulait-il se montrer à la hauteur de la rancune du mangeur de feuilles ?
Peut-être que le blondinet royal tomberait de son arbre en lisant sa missive ?
Oh Mahal ! Que ne donnerait-il pas pour voir sa tête si ça arrivait !
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Kíli croisa Balín qui lui demanda s'il avait vu son oncle et après lui avoir indiqué où il se trouvait, il se dépêcha d'aller à la réserve pendant que Balín grimpait l'escalier qui menait aux remparts.
-Tu prends l'air ?
-Je réfléchissais...
-Puis-je te demander à quoi ?
Thorín ne se posa même pas la question de savoir si oui ou non il pouvait lui faire confiance. Il mettrait sa vie entre ses mains sans problème, alors il ne tergiversa pas plus.
-J'ai écrit à Thranduil.
-Dois-je craindre le pire ? S'inquiéta Balín.
-Pas toi, non.
-Alors qui ?
-Kíli...
-Thorín ! Mais qu'est-ce que tu as fait ?
-J'ai proposé à Thranduil d'accepter le collier de gemmes blanches, celui qui est à l'origine de la querelle entre nos deux peuples.
-Mais pourquoi Kíli ? Qu'a-t-il à voir avec ça ?
-Je veux aussi qu'il accepte la cour que Kíli veut faire à sa capitaine de la garde. Et j'espère qu'elle sera d'accord elle aussi... Murmura-t-il ensuite.
Le vieux nain à barbe blanche resta bouche bée. Puis il vit le sourire que Thorín arborait et il retrouva la parole.
-Tu... tu veux dire que tu acceptes enfin que ton neveu se déclare auprès de l'elfe ?
-Tu crois que j'ai eu tort ?
-Par Mahal non ! Pas du tout ! Mais je dois avouer que je ne m'attendais pas à entendre ça un jour ! Et je ne sais pas si je dois me réjouir ou pas... je peux savoir ce que tu as écris à Thranduil ?
-Tu ne me fais pas confiance ?
-Tu me pardonneras mon impertinence, mais sur ce coup-là, je me dois de penser le pire...
Thorín récita de mémoire le contenu de la lettre et Balín trouva que les phrases étaient plutôt bien tournées.
-Tu ne m'en croyais pas capable, n'est-ce pas ?
-Je suis sûr que même toi tu ne t'en croyais pas capable ! Répliqua Balín en souriant largement.
Les deux nains regardèrent la vallée tranquillement quand un soldat s'approcha avant de s'incliner devant eux.
-Un message pour vous, votre majesté.
Thorín lut et regarda Balín.
-Il faut réunir le conseil. Oín vient de me transmettre le nom de l'agresseur du hobbit.
-Un nain ?
-Non, un homme...
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Le roi et son conseiller descendirent des remparts en silence, laissant les grandes portes derrière eux.
-Je suis d'avis de prévenir le moins de monde possible. Pas que je ne fasse pas confiance aux membres du conseil, mais j'imagine que notre petit protégé ne voudra pas que toute cette malheureuse affaire soit connue.
-Qui préconises-tu ? Demanda Thorín.
-Dwalín et Kíli, ce sont eux qui l'ont ramené, Ori pour retranscrire ce qui se dira, Oín parce que c'est lui qui est en charge des soins et Nori, que nous devons mettre au courant de l'identité de l'homme.
-Je suis d'accord. Que tout le monde soit dans la salle de réunion pour dix-sept heures.
-Bien. A tout à l'heure...
Balín inclina la tête devant Thorín et s'éloigna dans le couloir. Thorín prit la direction opposée et retourna dans sa chambre pour se changer. Ce n'était pas une réunion formelle mais il voulait être à son avantage pour cette affaire et montrer qu'il prenait à cœur la protection des personnes qui vivaient dans sa montagne.
Par contre, si jamais l'homme était retrouvé, lors de son jugement, là il serait Thorín Oakenshield, fils de Thraín, fils de Thrór, de la lignée des Durïn et roi de la Montagne Solitaire.
Il enfila donc un pantalon noir et une tunique bleue serrée à la taille par une large ceinture à grosse boucle en argent. Il prit un soin particulier à refaire ses tresses et les attacha avec les perles en mithril incrustées d'aigues-marines.
Dans ses cheveux noirs comme l'encre, elles étaient particulièrement brillantes et s'accordaient parfaitement au bleu de ses yeux. Juste avant de sortir, il enfila une veste légère en cuir sans manche. En attendant l'heure de la réunion, il devait aller dans la salle du trésor et parler à Gloín d'un certain collier de fines pierres blanches...
oOoOo
La peau trempait dans le bain de sel et d'huile depuis une bonne journée et Kíli la rinça et l'étira plusieurs fois avant de la remettre dans le bac. Dans deux jours, elle devrait être parfaite, souple et propre. A ce moment-là, il pourrait voir s'il allait la tailler pour en faire un manteau ou s'il allait la laisser intact et en faire une couverture.
Le hobbit était petit et le loup était immense alors elle devrait recouvrir une bonne partie du lit. La fourrure blanche, qui avait quelques touches de gris concentrées au niveau du cou était vraiment magnifique et Kíli remercia mentalement la bête pour lui avoir fourni une si belle peau. Il avait bien retenu ce que son oncle lui avait dit à propos des fourrures et se promit de ne plus tuer pour cette raison avant qu'ils en aient réellement besoin. S'il avait besoin de sortir son arc et ses flèches, il pourrait toujours s'entrainer dans les arènes, après tout, les cibles en paille étaient là pour ça.
Il était en train de se rincer correctement les mains quand un garde s'approcha et lui donna un message. Kíli le remercia d'un sourire et le lut. Son sourire disparut aussitôt et il sortit précipitamment de la réserve. Etre convoqué par le roi à une réunion avec l'ordre de ne pas en parler était rare.
Ce n'était même jamais arrivé, alors il fila dans ses appartements pour se changer. Il avait du temps devant lui, mais il ne voulait paraitre négligé. Il n'était plus un enfant et aujourd'hui, il allait tenter de discipliner ses cheveux. Il avait toujours adoré coiffer et tresser les cheveux de son frère alors le faire sur les siens ne devrait pas être si compliqué.
Et il avait toujours les deux belles perles de bronze que Fíli lui avait offert pour sa majorité. Il allait enfin pouvoir les mettre...
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Bofur sculptait un petit coffre en bois quand un garde lui remit un message. Etonné, il se demanda qui pouvait bien lui écrire et c'est presque impatiemment qu'il lut la missive et il fronça les sourcils. Pour quelle raison Balín lui demandait d'aller voir Oín à l'infirmerie? Il n'était pas malade !
A moins que ça ne concerne Bifur ?
Inquiet pour son cousin, il posa son ciseau à bois à côté du coffre et se dépêcha de sortir de sa boutique.
Mis à part la hache plantée dans son crâne, Bifur allait bien. Et il espérait que ça continuerait comme ça encore longtemps...
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Dwalín aiguisait une de ses haches tout en regardant les nouvelles recrues s'entrainer quand un messager s'approcha de lui et tendit la main.
-C'est quoi ?
-Un message de la part de maitre Balín.
-Qu'est-ce qu'y m'veut encore... Marmonna le guerrier en le prenant.
Le soldat s'inclina puis regarda les jeunes nains qui se battaient. Ils avaient l'air totalement épuisés, pourtant, ils continuaient comme si de rien n'était. Avant d'être promu au poste qu'il occupait actuellement, il se rappelait très bien qu'il avait été à leur place et le capitaine de la garde royale exigeait toujours le meilleur.
-Kolya vient ici !
Sursautant en entendant la voix grave, le messager vit un nain musclé et en sueur s'approcher du grand guerrier avant de se dépêcher de quitter les arènes.
-J'ai à faire et j'sais pas pour combien d'temps j'en aurais. Tu vas diriger l'entrainement et j'veux personne sur les bancs avant l'repas du soir ! Finit-il en parlant plus fort.
Un concert de grognement se fit alors entendre jusqu'à ce que Dwalín se lève et croise ses bras sur son torse.
-J'ai entendu quelque chose ?
Le silence revint aussitôt, jusqu'à ce qu'il se racle bruyamment la gorge et les recrues se regardèrent, l'air indécis.
-ON S'BOUGE ! Beugla-t-il alors.
Le bruit des épées et des haches s'entrechoquant envahit l'arène et Dwalín sourit. Sa taille et sa musculature avait toujours eu un effet assez incroyable sur les autres nains même s'il y avait quelques exceptions.
Son frère Balín qu'il n'impressionnait pas du tout, Thorín qui le connaissait depuis toujours, Kíli qui n'avait peur de presque rien, et en fait, tous les nains avec lesquels il avait voyagé depuis les Montagnes Bleues.
Ils avaient passé presque quatre mois à vivre l'un à côté de l'autre et ils s'étaient tous rendu compte que sous son air peu avenant, se cachait un cœur d'or. Mais gare à celui qui osait même le mentionner, parce qu'il ne s'en sortirait peut-être pas avec toutes ses dents...
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Oín avait sorti un pot et avait expliqué que l'onguent qu'il contenait pouvait atténuer les marques de ses jambes. Bilbo avait été surpris, mais avait vivement secoué la tête en apprenant qu'il allait peut-être retrouver un semblant de normalité. Enfin, si seulement il savait ce que vivre une vie normale voulait dire...
Il était allongé confortablement et Oín étalait la pommade sur ses jambes quand Ulvàr frappa légèrement avant d'entrer.
-Un message pour vous !
-De qui ?
-J'ai pas demandé... S'excusa l'infirmier.
Oín s'essuya les mains, prit la lettre cachetée, la lut et fronça les sourcils en regardant Bilbo.
-Tu vas rester les jambes à l'air libre le temps qu'ça pénètre bien, j'en ai pas pour longtemps, ça ira ?
Bilbo hocha la tête et malgré ses mains toujours bandées, essaya de s'asseoir tant bien que mal.
-Attend, je vais t'aider ! Proposa Ulvàr. Là, tu es bien ? Veux-tu un livre ? Ah bah non, suis-je bête, tu ne pourras pas tourner les pages... par contre, je peux te faire la lecture si tu veux, tu es notre seul patient alors j'ai le temps. Qu'est-ce que tu en dis ?
-Ça m'plairait assez... Murmura Bilbo. Mais j'veux pas vous embêter...
-Sottise ! Je vais chercher un livre. Qu'est-ce que tu aimerais comme genre ? Poésie ? Un livre sur l'histoire d'Erebor ?
-C'est quoi Erebor ?
-C'est ici ! La Montagne Solitaire ou Erebor, c'est pareil, sauf qu'Erebor, c'est son nom en Sindarin, une langue elfique. Etonnant vu que notre souverain n'apprécie pas spécialement les elfes...
Bilbo n'avait pas eu beaucoup d'occasions de lire, même pour ainsi dire aucune et si la poésie était tentante, l'histoire de la montagne dans laquelle il était hébergé avait plus d'intérêt à ses yeux. Et les elfes !
Il n'avait jamais eu la chance d'en voir alors il s'imaginait des êtres élancés et d'une grande beauté. Tout le contraire des nains à vrai dire...
Même si le chasseur qui l'avait sauvé du loup ne ressemblait en rien à tous ceux qu'il avait vu jusqu'ici. C'était peut-être à cause de la barbe, ou plutôt de son absence de barbe qu'il avait un visage plus avenant à son goût. Lui qui était imberbe trouvait toute cette abondance de poils un peu perturbante...
-J'aimerai bien l'histoire de votre peuple, si ça vous va...
-Bien sûr ! Je suis ravi de voir que tu t'intéresses à notre culture. On peut paraitre un peu rustre, mais tu verras qu'il n'y a pas plus fidèle qu'un nain ! Je reviens !
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Oín était assis à son bureau et répondait à la lettre. C'était peut-être une réunion demandée par le roi, mais le bien-être de son patient primait et il n'avait pas l'intention d'y aller et de le laisser seul. Même si Ulvàr était très compétant, il n'avait pas pour habitude d'abandonner ses malades.
Il écrivit donc qu'il restait à l'infirmerie mais qu'il ne dédaignait pas être mis au courant de ce qu'il se serait dit. Il se doutait que c'était à propos du hobbit et du fait qu'il avait transmis à Balín le nom de l'homme qui l'avait agressé. Mais justement, s'il devait être retrouvé, ce qu'il espérait, il fallait qu'il reste avec Bilbo afin qu'il apprenne la nouvelle avec le plus de douceur possible. Une fois pliée, il ouvrit la porte de l'infirmerie et donna la lettre au garde de faction.
-A transmettre au roi ou à Balín. Personne d'autre.
-Bien maitre Oín. Répondit le garde en s'éloignant.
Même en temps de paix, deux soldats étaient en permanence de chaque côté de la porte de l'infirmerie. Ce n'était pas comme ça avant, jusqu'à ce qu'un jour, un nain ayant trop fêté sa victoire lors d'une bagarre, avait commencé à balancer sa hache à tout va, cassant quelques étagères avant d'être maitrisé. Depuis, Oín avait exigé que son antre soit protégé et personne, pas même Thorín, n'y avait trouvé à redire.
Tout le monde pouvait un jour avoir recours aux bons soins du docteur et si Oín avait la réputation d'être très doux et gentil, pas un seul habitant de la montagne n'avait envie de subir un examen poussé de son cru s'il n'obtenait pas ce qu'il désirait...
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Thorín descendait l'escalier qui menait à la salle du trésor. Elle était immense et c'était un travail titanesque que Gloín effectuait avec un soin tout particulier. Recenser les montagnes de pièces d'or, de bijoux, de vases et autres objets en or ou en argent ou même les pierres précieuses taillées en toutes sortes de choses était un boulot à plein temps.
A croire qu'avant que Thorín et sa compagnie ne reviennent à la Montagne Solitaire, son grand-père Thrór s'était contenté d'amasser sans jamais trier ni compter. L'avarice du vieux roi était légendaire et c'était pour cette raison que lui, sa sœur Dís et beaucoup d'autres nains étaient partis vivre dans les Montagnes Bleues.
Il n'avait appris sa mort et celle de son père durant la bataille d'Azanulbizar que plusieurs semaines après le drame et ça avait été une épreuve terrible, même si ça faisait longtemps qu'ils ne s'étaient pas vus. La décision de retourner à Erebor et prendre la couronne s'était imposée à lui, même s'il n'avait jamais pensé régner aussi jeune.
Mais soit c'était lui, soit son cousin Daín des Montagnes de Fer qui montait sur le trône et il voulait que ses neveux puissent vivre à l'endroit où lui et leur mère avaient vécu. C'était leur héritage et Fíli y régnerait à son tour quand son heure serait venue de retourner voir leur créateur.
Quand il avait exploré les nombreux niveaux de son nouveau royaume, il avait été estomaqué quand, au fin fond d'un sombre couloir, il avait découvert la quantité phénoménale d'or qui était enfermé dans une salle dont il n'avait qu'entendu parler. Même en dépensant une somme conséquente chaque jour, il resterait de quoi vivre des centaines d'années sans problème !
Mais pour l'instant, une seule chose comptait et pour le bonheur de son neveu, il allait le donner sans aucun remord.
-Gloín ?
Un bruit semblable à un marteau frappant un bout de métal se fit entendre à sa droite, suivi presque aussitôt d'un juron particulièrement coloré.
-Gloín ? Répéta Thorín en s'avançant.
-J'suis là !
Thorín s'approcha prudemment, se demandant si la pile de pièces qui montait si haut qu'il n'en voyait pas le bout, ne risquait pas de s'écrouler sur lui. Puis il aperçut enfin celui qu'il cherchait, en train de se frotter le tibia, assit sur une énorme coupe en or retournée qui lui servait de tabouret.
-Saleté de lingot... votre majesté ! Qu'est-ce qui vous amène dans mon repaire ? Enfin, j'veux dire...
Thorín balaya la remarque d'un geste négligeant de la main et, regardant tout autour de lui, le découragement le saisit soudainement. Comment retrouver un simple collier dans tout ça ?
-Je cherche un collier fait de diamant...
-Ah... jolie pièce ! Très finement travaillée et les diamants n'ont aucun défaut. J'ai rarement vu une merveille pareille, même si j'ai une nette préférence pour les améthystes. J'me rappelle en avoir donné une à ma Gaiä quand j'ai commencé à la courtiser et...
-Gloín ! Tu l'as vu ? L'interrompit Thorín.
-Vous parlez d'un collier de diamant sur trois rangées, montés sur un fil d'argent tressé et représentant des étoiles stylisées ?
-Non, je parle du collier de gemmes blanches de Lasgalen...
-Ah ! Celui-là... oui, il me semble bien...
Gloín se leva et s'approcha d'un bureau sur lequel étaient empilés plusieurs gros livres. Après quelques secondes de réflexion, il prit les trois du dessus et les posa par terre pour ouvrir celui qui était maintenant devant lui.
-Si j'me rappelle bien...
Le trésorier marmonna dans sa longue barbe rousse tout en tournant les pages pendant que Thorín essayait de garder son calme. La patience n'avait jamais été son fort, mais s'il devait voir plus fréquemment le roi mangeur de feuilles suite à l'union de Kíli et de l'elfe, il allait devoir apprendre à se contrôler.
Ce qui n'allait pas être simple étant donné que même s'il n'avait pas eu une vie idyllique, il avait quand même été élevé comme un prince et n'avait pas appris à attendre...
-Ah ! Le voilà !
-Donne-le-moi !
-Hein ?
-Le collier ! Donne-le-moi !
-Mais j'l'ai pas ! S'étonna Gloín.
-Mais tu viens de dire "le voilà" ! S'énerva Thorín.
-Oui, j'ai trouvé dans quelle partie de la salle j'l'avais rangé ! Attendez ici, j'ai pas envie d'recommencer si vous faites tout tomber... Gronda Gloín en s'éloignant.
Thorín resta stoïque, malgré l'envie de remettre à sa place le trésorier. Puis il regarda les colonnes de pièces et les coffres remplis de bijoux à côté de ceux plein d'objets divers et se dit qu'effectivement, il ne devait pas bouger s'il ne voulait pas risquer une catastrophe. Il était tellement près d'avoir ce qu'il voulait !
-C'est d'ça qu'vous parliez ?
Surpris, le roi fit demi-tour et regarda le nain qui tenait dans sa main un bijou étincelant.
-Puis-je me permettre de demander c'que vous comptez en faire ?
-Le redonner à son véritable propriétaire.
-Ah... donc il retourne chez les elfes. Bon, j'vais l'retirer d'ma liste alors. Ça sera tout ?
-Oui.
-Bien. Dans c'cas, j'vais attaquer le rangement des pierres vertes... Marmonna Gloín en passant entre deux tas de gobelets et autres plats en or.
Thorín le regarda un instant et sortit de la salle. Il grimpa les nombreuses marches et traversa plusieurs couloirs avant de se rendre dans la salle de réunion. Il mettrait à profit le temps qu'il restait avant la réunion pour étudier les nombreux documents qui demandaient son attention...
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Nori était introuvable. Le nain était passé maitre dans l'art de l'espionnage et s'il ne voulait pas être vu, personne ne le voyait. Balín, le connaissant, savait que même s'il ne pouvait pas le faire prévenir, afin d'éviter d'alerter des nains trop curieux, et même s'il n'avait été vu nulle part, il savait qu'il serait présent et à l'heure à la réunion...
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Bilbo écoutait avec ravissement l'histoire que lui racontait Ulvàr. L'infirmier avait commencé par lire les histoires qui racontait comment les nains avaient été créés, mais il avait rapidement mis de côté le vieux manuscrit pour décrire comment et pourquoi ils avaient vécu loin de leur patrie d'origine. Les nains qui peuplaient la Montagne Solitaire n'avaient pas eu une vie facile.
Le vieux roi Thrór, le grand-père du roi actuel, avait été cupide et envieux. Il n'avait pas été très proche de son peuple et à force de ne penser qu'à son trésor, sa propre famille l'avait quitté, préférant aller vivre dans les Montagnes Bleues, de l'autre côté des Monts Brumeux.
Seul Thraín, son fils, était resté à ses côtés, n'ayant pas le cœur de le laisser seul.
Bilbo se rappelait être allé près de cet endroit, même s'ils ne s'y étaient pas arrêtés. Ruppert n'aimait pas les elfes, mais il détestait les nains qu'il trouvait avide.
En fait, ils étaient comme lui et c'était ça qui l'embêtait parce qu'à ses yeux, ils étaient des concurrents dans sa recherche d'argent facile. Sauf que les nains travaillaient dur pour gagner de quoi vivre, alors que lui, il se contentait de faire bosser les autres...
Il eut aussi la confirmation que les deux nains qui l'avaient sauvé étaient apparentés à la famille royale. Le plus jeune était le neveu du roi, et l'autre était un cousin éloigné et le capitaine de la garde royale.
Et Bilbo se demandait comment il allait pouvoir remercier un prince.
C'était une dette impossible à rembourser...
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A suivre...
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