N/A : C'est parti pour le début officiel de la troisième année à Poudlard ! *essuie une larmichette émue* Bonne lecture !

Amaniel : Merci d'avoir commenté, contente de savoir que le deuxième chapitre te plait aussi ^^


Le matin du départ, la gare était bondée et Arthur Weasley signala discrètement à ses enfants la présence des aurors sur le quai du train. Harry nota au moins une dizaine d'hommes et de femmes à l'air sérieux qui patrouillaient le long de la voie. Pendant un instant, il se demanda si un uniforme aussi voyant était vraiment l'idéal pour attraper un criminel en fuite.

Harry chercha un moment parmi la foule pour voir s'il apercevait Lucius Malfoy, mais renonça quand Hermione lui demanda pourquoi il tournait la tête dans tous les sens.

Neville s'approcha d'eux dès qu'il les vit et Harry salua poliment sa grand-mère. Celle-ci semblait satisfaite que son petit-fils fasse désormais partie des amis de Harry Potter et ait contribué à ses aventures l'année précédente. Les deux bruns échangèrent un regard embarrassé par le commentaire. Harry se rappela dans un flash ce que Tom lui avait dit à propos des parents de son ami, et résolut de simplement remercier Augusta Londubat. Les quatre Griffondors montèrent dans le train quelques minutes avant le départ, après avoir stoïquement enduré une montagne de recommandations de la part de Molly.

Le petit groupe constata rapidement que presque tous les compartiments de leur wagon avaient au moins deux ou trois occupants, et finit par ouvrir la porte du dernier d'entre eux, qui était vide à l'exception d'un homme endormi. Harry soupira, puis haussa les épaule et entra pour s'installer, rapidement suivi par les trois autres. Un homme endormi était une meilleure option que les autres élèves. Une option plus silencieuse, en tout cas.

- C'est qui à votre avis ? demanda Ron une fois assis.

- Le professeur R. J. Lupin, répondit Hermione.

- Comment tu fais pour tout savoir ? fit-il en écarquillant les yeux.

- C'est écrit sur sa valise, répliqua-t-elle en la désignant.

Harry laissa un léger sourire flotter sur ses lèvres devant l'air blasé mais fier de Hermione, et observa l'homme en question. Il avait l'air d'avoir entre trente et quarante ans, des cheveux châtains coiffés à la va-vite et une fine moustache. Ses vêtements étaient raccommodés par endroits, mais de façon discrète.

Le voyage se passa sans problème, et les quatre amis discutèrent des options de troisième année. Harry, Neville et Ron avaient pris les mêmes, mais Hermione s'arrangea pour éviter de répondre clairement, et se contenta de confirmer qu'elle n'avait – évidemment – pas pris l'Etude des Moldus, mais comptait tout de même passer l'examen en candidate libre.

L'homme ne se réveilla à aucun moment de leur conversation. Il était si immobile et plongé dans son sommeil qu'Harry soupçonna l'utilisation d'un sort de silence pour étouffer les bruits autour de lui. Pendant un court instant, le Griffondor se demanda s'il s'agissait du nouveau professeur de Défense.

Soudain, le train se mit à ralentir, jusqu'à s'arrêter complètement dans un crissement aigu, et Hermione fronça les sourcils.

- C'est bizarre, on devrait arriver dans... au moins encore une heure, fit-elle après un rapide coup d'oeil à sa montre.

Neville ouvrit la porte pour regarder dans le couloir, et constata que tous les élèves avaient fait de même, sans que quiconque ait l'air de comprendre ou de savoir quoi que ce soit. Il rentra en secouant la tête et referma la porte.

Harry eut un mauvais pressentiment en voyant la vitre extérieure se couvrir de givre, et tout le train devenir silencieux. Beaucoup trop silencieux

- P-Pourquoi il fait aussi f-froid d'un coup ? demanda Ron en claquant des dents.

Avant que quelqu'un puisse répondre, une ombre encapuchonnée avança doucement devant la vitre du couloir de leur compartiment. La moindre respiration provoquait désormais un petit nuage de buée, et Harry sentit son rythme cardiaque s'accélérer sous une panique qu'il n'avait que rarement ressentie. Ses instincts lui hurlaient de fuir ce qui se trouvait derrière la porte, mais son corps était comme figé dans une gangue de boue, incapable de se mouvoir.

La porte s'ouvrit lentement, et une créature apparut dans l'encadrure de la porte, avant de se tourner vers Harry. Le Griffondor sentit son corps se pétrifier sous la terreur et devint incapable de bouger le moindre muscle, les yeux fixés sur la créature de cauchemar qui lui faisait face et un cri de terreur bloqué dans sa gorge.

La créature semblait n'être qu'un voile noir et déchiré flottant dans l'air, et seules les mains osseuses qui en dépassaient permettaient d'affirmer qu'il y avait quelque chose en dessous. Harry était tétanisé, incapable de se rappeler où il était ou ce qui l'entourait. D'un coup, tout le bonheur et toute la chaleur du monde sembla déserter son corps, ne lui laissant qu'une impression d'horreur, de douleur, de ténèbres, de froid et de désolation. Au fin fond de son esprit, il sentit une petite lumière se lover tout contre son coeur pour le protéger, mais il savait qu'elle allait bientôt disparaitre dans les ténèbres avec le reste de la chaleur qui existait en ce monde.

La douleur physique infligée par les Dursley revint la première. Puis les insultes. La culpabilité. La honte. La tristesse. Le désespoir. Un silence s'abattit soudain sur son esprit, puis un atroce cri de femme retentit et il perdit connaissance.

Neville, figé par l'horreur et incapable de réagir, observa la créature se pencher sur Harry. À l'instant où elle allait le toucher, l'homme qui était en train de dormir se réveilla, et en une fraction de seconde, il pointa sa baguette en direction de la créature qui menaçait son meilleur ami.

- Expecto Patronum !

Un brouillard argenté apparut tout autour de lui et repoussa aussitôt la créature, qui s'enfuit en hurlant et emporta avec elle le froid et la peur qui les avait tous glacés. Le professeur se pencha immédiatement pour vérifier l'état de Harry, et Neville l'imita aussitôt.

- Harry !

- Du calme, mon garçon, fit l'homme d'une voix rassurante. Il est simplement évanoui. Il devrait se réveiller bientôt.

- HARRY S'EST EVANOUI !? hurla Ron.

Neville et Hermione grimacèrent de concert. La totalité du wagon avait dû entendre son cri, et leur ami allait probablement être dévisagé dès son arrivée.

- Harry ? releva finalement le professeur avec une étrange expression.

- Notre ami s'appelle Harry Potter, monsieur, répondit poliment Hermione.

Neville vit l'homme écarquiller les yeux, et observer le garçon à la cicatrice avec un nouvel intérêt et un expression soudainement bouleversée par l'émotion. Etant le plus proche de lui, Neville l'entendit murmurer quelques mots dans un souffle étranglé.

- James... Lily... Après tout ce temps...

Il se reprit toutefois rapidement et s'adressa aux trois autres, après une respiration profonde.

- Je vais rester pour veiller sur lui jusqu'à ce qu'il se réveille et que le train reparte.

Comme s'il avait suffit qu'il le dise, le Poudlard Express se remit doucement à avancer, jusqu'à reprendre sa vitesse habituelle. Neville fronça les sourcils, mais résolut de faire confiance au mystérieux occupant de leur compartiment. Quiconque sauvait Harry et pouvait faire fuir ce genre de créatures méritait le respect, et était probablement digne de confiance.

Harry ouvrit les yeux quelques minutes plus tard, et semblait un peu perdu. Il se redressa et constata la présence de ses amis, de l'homme inconnu en face de lui, et de beaucoup trop de visages curieux à la porte de leur compartiment. Il n'eut pas le temps de soupirer qu'une barre de chocolat lui arrivait sous le nez.

- Mangez ça, vous vous sentirez mieux.

Sans réfléchir, Harry saisit la friandise et commença instinctivement à la grignoter. Un semblant de chaleur revint dans son corps, et il se surprit à en apprécier le goût. Il songea avec un mélange de surprise et de plaisir qu'il pourrait peut-être apprendre à apprécier certains desserts avec le temps. Il était au milieu de la barre lorsque son cerveau rattrapa ce qui s'était passé, et il leva les yeux pour poser les questions qui lui semblaient les plus urgentes.

- Qu'est-ce que c'était que cette chose ? Comment vous l'avez fait partir ? Et qui...

- Qui je suis ? sourit l'homme avec gentillesse. Je m'appelle Remus Lupin, et Dumbledore m'a engagé comme professeur de Défense Contre les Forces du Mal cette année. Ce qui vous a attaqué était un Détraqueur, un des Gardiens d'Azkaban. Ce sont des créatures abjectes qui se nourrissent du bonheur et des émotions positives des gens qui ont le malheur d'être à leur portée.

Harry enregistra une à une toutes les informations, et inspira un bon coup avant de se mettre à rire.

- On dirait qu'on va vraiment avoir un professeur de Défense compétent cette année. C'est un plaisir de vous rencontrer, professeur Lupin.

- Tout le plaisir est pour moi, Harry, fit-il en tendant la main. J'espère être à la hauteur des attentes de mes élèves.

Harry serra la main tendue et décida qu'il aimait bien ce nouveau professeur. Il avait été assez compétent pour repousser une créature horrible – sur laquelle le Griffondor se promit de très vite faire des recherches – et savait comment aider une victime à aller mieux après. De plus, il avait l'air le traiter à peu près normalement, et ses yeux noisette brillaient d'une émotion positive. Une fois certain qu'Harry allait mieux, il se leva et déclara qu'il allait aller vérifier s'il n'y avait pas eu d'autres attaques dans les compartiments voisins.

Après qu'il soit parti, Harry observa un instant les regards des trois autres et soupira.

- Je vais bien, promis. J'imagine que tout le train est déjà au courant ?

- Ron a été un peu... surpris que tu t'évanouisses, hésita Hermione.

- Hey, c'était bizarre ! se défendit le roux.

Harry soupira une nouvelle fois, mais n'insista pas. Il savait que ça ne servirait à rien.

- Tout le monde aurait fini par le savoir de toute façon.

- On restera avec toi jusqu'au banquet, lui assura Neville. Au fait, c'était quelle marque, le chocolat qu'il t'a donné ?

Le garçon à la cicatrice lança un regard reconnaissant à Neville pour le changement de sujet, et prit l'emballage pour le lire, permettant ainsi à une autre conversation de démarrer. Il n'avait pas vraiment envie de parler davantage de ce qu'il venait de vivre.

-o-oOo-o-

Le trajet jusqu'à la Grande Salle se passa presque sans problème. Presque. Harry resta entouré de ses amis, qui n'hésitèrent pas à envoyer des regards incendiaires ou des coups de coude subtils pour faire comprendre qu'il n'avait pas l'intention de discuter de ce qui s'était passé.

Après les deux dernières années, la plupart des élèves avaient appris à respecter les regards noirs d'Hermione et le mode "protection" des amis du Golden Boy. La majorité opta donc, pour des regards curieux et des tentatives plus ou moins discrètes d'écouter leur conversation.

Jusqu'à ce que Malfoy et les Serpentards apparaissent comme par magie sur leur chemin, environ cinq mètres avant les portes de la Grande Salle. Le blond affichait un air légèrement incrédule et moqueur.

- Potter, c'est vrai que tu t'es évanoui dans le train ?

À côté de lui, un autre élève fit semblant de perdre connaissance en en rajoutant dans l'expression pathético-dramatique. Toute forme d'espoir qu'Harry avait cultivée concernant une hypothétique évolution de l'attitude de Malfoy pendant l'été fondit comme la neige sous le feu d'un dragon. Harry adressa un regard noir à son rival et ouvrit la bouche pour une réplique cinglante, mais Hermione le tira par la manche pour le forcer à avancer.

À regret, Harry se laissa embarquer et retint la phrase qui lui brûlait les lèvres. Derrière lui, il entendit les verts et argents échanger des rires et des commentaires moqueurs.

Ce fut une fois assis qu'Hermione lui adressa un regard d'excuse, qu'il balaya d'un revers de main.

- Je sais 'Mione, la rassura-t-il, je sais. C'est juste que...

- Je comprends Harry, fit-elle en forçant un sourire. Mais ce soir n'était pas le bon moment pour lui répondre. Pas avec tous les autres élèves autour qui n'attendaient que ça.

- J'ai une idée, lança Neville avec un sourire malicieux. La prochaine fois, réponds-lui en fourchelangue. Comme ça, tu peux toujours lui sortir une réplique bien sentie, mais personne ne pourra rien te reprocher puisque tu es le seul à parler cette langue dans toute l'école.

Les trois Griffondors, et même Dean et Seamus qui les avaient entendus, se tournèrent vers lui avec un air ébahi.

- Neville, comença Hermione en fronçant les sourcils, c'est...

- Du génie ! acheva Ron.

La sorcière lui envoya aussitôt un regard de reproche, et observa Harry en attendant visiblement qu'il explique à quel point il s'agissait d'une attitude immature. Mais le Golden Boy se mordait la lèvre pour retenir un sourire machiavélique, et ses yeux pétillaient.

- Ça pourrait marcher, 'Mione, argumenta-t-il. Sans compter que si je ne le fais que de temps en temps, ça le surprendra, et personne ne pourra prouver que c'était une insulte.

- Harry, si tu insultes Malfoy en fourchelangue, tu vas officiellement devenir mon héros absolu, fit Seamus avant d'exploser de rire.

- Attends juste qu'on soit là pour le faire, ajouta Dean avec un sourire hilare. Je veux voir sa tête la première fois que tu lui siffles dessus.

Harry eut juste le temps de le leur promettre, avant que les premières années entrent et que le Choixpeau chante son habituelle chanson sur l'unité des maisons. Lorsque la répartition fut terminée, Dumbledore se leva pour un petit discours.

- Bienvenue à tous les nouveaux élèves, et bon retour à celles et ceux qui nous rejoignent cette année encore. J'aimerais vous présenter deux nouveaux professeurs cette année. Tout d'abord, le professeur Remus Lupin, qui a fort aimablement accepté le poste d'enseignant de Défense Contre les Forces du Mal. Bonne chance professeur !

Des applaudissements retentirent, nettement plus fort de la part des Griffondors sous l'impulsion d'Harry. Lupin se leva et s'inclina en souriant, avant de se rasseoir.

- C'est moi ou Rogue a l'air encore plus constipé que d'habitude ? demanda Seamus.

Instinctivement, tous les Griffondors autour de lui jetèrent un oeil au professeur de Potions, qui avait effectivement l'air particulièrement contrarié. Harry haussa les épaules, pas spécialement intéressé par ce qui avait pu énerver le directeur de Serpentard. Quelle que soit la raison, il avait une chance sur deux que ça lui retombe dessus au premier cours.

- Ensuite, j'aimerais vous informer que le professeur Gobe-Planche a pris sa retraite l'année dernière, afin d'aller étudier certaines espèces d'Amérique Centrale. Le poste d'enseignant de Soins au Créatures Magiques sera donc désormais assuré par Rubeus Hagrid.

Hagrid tenta de se lever de sa chaise aux applaudissements, qui venaient encore une fois majoritairement de Griffondor, mais renonça en voyant que la table risquait de tomber avec lui. Il prit toutefois le temps de faire un petit signe de main à Harry, qui lui adressa un grand sourire. Le jeune Griffondor était content de voir le demi-géant aussi heureux, et espérait simplement qu'il ne risquerait pas de se faire manger, blesser ou tuer par les créatures que celui-ci présenterait en cours...

- Et enfin, je dois vous avertir d'une nouvelle nettement moins réjouissante. Comme vous le savez, Sirius Black s'est récemment évadé d'Azkaban. Bien que le Ministère de la Magie fasse tout ce qui est en son pouvoir pour l'y renvoyer, ce dangereux criminel est toujours en liberté à l'heure actuelle. C'est pourquoi le Ministère a jugé indispensable de laisser des Détraqueurs patrouiller autour des limites de Poudlard, afin d'assurer la sécurité des élèves. Je vous conjure de ne pas leur donner l'occasion de s'approcher de vous, car il n'est pas dans la nature d'un Détraqueur de faire preuve de pitié. Mais que cela ne vous empêche pas d'étudier et de profiter de cette nouvelle année à Poudlard !

Dès que le directeur fut de nouveau assis, les plats apparurent sur la table et tous les élèves commençèrent à manger en discutant des trois nouvelles. Les deux nouveaux professeurs et les Détraqueurs autour de Poudlard monopolisaient toutes les conversations, et l'évanouissement d'Harry fut relégué à l'arrière-plan.

-o-oOo-o-

Le lendemain matin, tous les élèves reçurent leurs emplois du temps et les Griffondors de troisième année constatèrent qu'une fois de plus, ils commenceraient la semaine par Métamorphose. Le petit-déjeuner se passa sans incident notoire, et la plupart des élèves semblaient un peu moins déterminés à observer Harry au cas où il s'évanouirait de nouveau.

En arrivant dans la salle, les quatre amis se positionnèrent comme ils en avaient pris l'habitude dans la plupart des cours de l'année précédente. Hermione et Ron étaient assis à la même table, un rang derrière Neville et Harry. Ils avaient choisi cette disposition parce qu'Hermione était la seule à avoir un semblant d'autorité sur Ron quand il s'agissait d'être attentif en classe. Ou, lorsqu'ils partageaient une leçon avec les Serpentards, à ne pas passer tout le cours à répondre à leurs provocations.

McGonagall entra dans la salle à l'heure pile, et leur présenta rapidement les objectifs de troisième année, avant de commencer directement la leçon théorique du jour.

- Je voudrais aborder aujourd'hui un domaine très spécifique et très avancé de la Métamorphose, les animagi. Tout d'abord, est-ce que quelqu'un peut me dire ce qu'est un animagus ?

Hermione avait levé la main avant même la fin de la phrase, mais McGonagall laissa une Serdaigle répondre.

- Un animagus est un sorcier qui a la faculté de se changer en animal, comme vous professeur.

- C'est une réponse correcte mais incomplète, miss Fowl, cinq points pour Serdaigle. Miss Granger ?

- Un animagus représente la forme animale parfaite d'un sorcier, déclara Hermione. Personne ne peut choisir en quel animal il se transforme, et celui-ci ne changera jamais. Mais contrairement aux loup-garous, ils peuvent passer d'humain à animagus à volonté et n'importe quand. C'est une transformation qui recquiert une magie puissante et une grande maîtrise de la Métamorphose, et qui ne dépend pas d'une morsure ou d'un sort.

- Excellent, Miss Granger, quinze points pour Griffondor.

La jeune sorcière eut un sourire radieux, et ses amis lui sourirent en retour. McGonagall cacha un sourire affectueux, et continua son cours.

- Vous devez être conscient que devenir un animagus est un acte extrêmement complexe et doit obligatoirement s'effectuer sous l'encadrement d'un autre sorcier qui a maîtrisé cette transformation. Tous les animagi doivent être enregistrés auprès du Ministère de la Magie. Je vous conseille toutefois de ne pas porter vos espoirs trop haut, ajouta-t-elle d'un air sérieux. On dénombre moins de trente animagi dans toute la Grande-Bretagne à l'heure actuelle, et à titre personnel, je n'ai proposé l'expérience qu'à six élèves au cours de toute ma carrière.

Neville leva la main, et l'enseignante lui fit signe de poser sa question.

- Professeur, si c'est si compliqué, pourquoi est-ce qu'il y en a quand même ?

- Parce que pouvoir se transformer en animal peut avoir de nombreux avantages, répondit-elle. La plupart du temps, certaines capacités sont conservées également sous forme humaine, comme des sens plus aiguisés par exemple. De plus, selon la forme, cela permet de pouvoir s'adapter à divers environnements. La plupart des sorciers et sorcières qui disposent d'une forme animagus sont d'ailleurs des aurors, qui s'en servent pour leurs missions.

- Si ce n'est pas indiscret professeur, quelles capacités de chat vous conservez ? demanda un Serdaigle.

- C'est indiscret, Boot. La forme animagus d'un sorcier relève du domaine privé, et la plupart refusent même de dire de quel animal il s'agit.

Le Serdaigle s'agita sur sa chaise et marmonna une excuse en voyant l'air fermé de la directrice de Griffondor. Harry leva la main à son tour, soudainement curieux d'un détail.

- Professeur, est-ce que la forme animagus d'un sorcier peut être une créature magique ?

- Excellente question, Potter, sourit McGonagall. Les experts sont partagés sur le sujet, voyez-vous. D'une part, cela pose la question de ce qui est considéré comme animal, mais d'autre part, la forme animagus d'un sorcier est censée être sa parfaite représentation. Théoriquement, il n'est sans doute pas impossible pour un animagus de se changer en une créature magique, mais aucun cas n'a été relevé durant les cinq derniers siècles, et les quelques exemples antérieurs qui nous sont parvenus ne proviennent pas de sources particulièrement fiables.

Harry hocha la tête, sa curiosité satisfaite. Il vit Neville lui lancer un regard interrogatif, et se contenta de lui sourire. Avec un peu de chance, une fois en septième année, il pourrait peut-être convaincre McGonagall de lui apprendre à devenir un animagus.

- Professeur, demanda quelqu'un d'autre, combien de temps un sorcier peut rester dans sa forme animagus ?

- En théorie, indéfiniment. Il ne s'agit pas d'une transfiguration, ce qui serait dangereux pour la stabilité magique d'un sorcier, mais simplement d'une autre forme de soi. Voyez cela comme changer de vêtement ou de mode de transport, ajouta-t-elle. Aucune étude officielle n'a poussé l'expérience plus loin que quelques mois, mais les sorciers et sorcières qui se sont portés volontaires étaient en parfaite santé.

Presque toute la classe avait désormais des questions à poser, et tout le monde participait en prenant des notes. Hermione en particulier écrivait à toute vitesse et ne loupait aucun mot de l'enseignante. McGonagall les laissa partir avec un devoir pour la semaine suivante, et tous les élèves sortirent de la salle en discutant avec animation.

-o-oOo-o-

À la fin de la journée, dans la salle commune, Harry, Hermione, Neville et Ron étaient installés devant la cheminée et discutaient encore du cours de Métamorphose.

- Ce serait génial non, d'avoir une forme animagus ? s'extasia Ron.

- J'avoue que ça a l'air assez incroyable, admit Neville.

Pour une fois, les deux avaient les mêmes yeux rêveurs et plein d'espoir. Harry et Hermione échangèrent un regard amusé, mais avaient conscience de ne pas pouvoir les blâmer sans être hypocrites.

- Je me demande quel animal représenterait le mieux chacun d'entre nous, s'interrogea Hermione.

- Facile, s'exclama Ron, moi je serais un lion !

Harry se retint de lever les yeux au ciel et de rappeler au roux que les lions mâles étaient bruyants, laissaient les lionnes se charger de la chasse pour baffrer ce qu'elles en rapportaient, étaient globalement prompts à se battre et un peu trop possessifs et territoriaux. Après une minute à se rappeler ce qu'il savait des lions - un bref extrait d'une émission espionnée chez les Dursleys pendant que Vernon s'était endormi devant la télé - Harry songea qu'il n'était peut-être pas complètement absurde que la forme animagus de Ron soit un lion.

- Nev ? 'Mione ? interrogea Harry plutôt que de formuler ses pensées à voix haute.

- Aucune idée, répondit Neville. C'est pour ça que j'aimerais bien. Je pense que notre forme animagus en révèle beaucoup sur nous-même.

- Je pense aussi, approuva Hermione. Mais je me dis que... j'aimerais bien être un oiseau. Parcourir le ciel, être capable de tout voir, de tout visiter, de tout explorer, ça serait formidable.

Harry sourit. Un oiseau correspondrait bien à Hermione et à sa soif de connaissances. Après tout, l'emblème des Serdaigles était un aigle, et il visualisait bien son amie en rapace majestueux. Neville était un peu plus compliqué, mais probablement parce qu'il était encore en train d'évoluer et n'était pas fixé sur ce qu'il était et ce qu'il voulait devenir.

- Et toi Harry ? demanda curieusement Hermione.

- Aucune idée. Peut-être un félin, une panthère ou quelque chose comme ça, sourit-il.

- Ça te correspondrait bien, approuva Neville. Indépendant, puissant, dangereux si on l'attaque et très protecteur.

- En attendant, il faudrait arriver jusqu'en Métamorphose Avancée en septième année et convaincre McGonagall de nous entrainer, soupira Hermione. Beaucoup de choses peuvent changer d'ici là.

Les trois autres hochèrent la tête en grimaçant. Leur directrice de maison avait été parfaitement claire concernant la sélection draconienne dont elle faisait preuve pour accepter de former un élève à développer sa forme animagus. En son for intérieur, Harry se demanda s'il ne pouvait pas en devenir un de son côté si jamais elle refusait. Il devait forcément y avoir des livres sur le sujet, et avec un peu d'entrainement...

Il sortit cette idée de sa tête au cas où Hermione comprenne ce à quoi il était en train de réfléchir et lui inflige un sermon pour lui expliquer à quel point ce serait stupide, risqué et dangereux. Ce qui n'était pas entièrement faux, mais ne l'empêcherait pas pour autant de se lancer dans l'aventure s'il en avait envie.

Une fois couché, Harry fit en sorte de pouvoir enfin reprendre le journal de Tom avec lui. La veille, tous les Griffondors de leur dortoir avaient passé la soirée à parler et se raconter leurs vacances, et Harry était tombé de sommeil dès que sa tête avait touché l'oreiller.

Mais ce soir, il n'était pas aussi épuisé. Une fois qu'il eut tiré les rideaux, Harry posa la main sur le journal et dirigea son esprit vers la grotte aux cristaux.

Il eut à peine le temps d'ouvrir les yeux que Tom se dirigeait vers lui, son air nonchalant contredit par la pointe d'inquiétude dans son regard. Harry retint un sourire en voyant que même s'il était habitué à dissimuler ses émotions, l'ancien mage noir avait tout de même du mal à complètement cacher celles qui étaient nouvelles pour lui.

- Harry, tu vas bien ?

- Mieux maintenant que je suis de retour à Poudlard, répondit le Griffondor avec un petit rire. Les deux dernières semaines ont été un peu mouvementées.

L'ancien préfet haussa un sourcil et s'assit sur son rocher habituel, en signalant à Harry de faire de même. Une fois installé, le Griffondor se lança dans son récit.

- La soeur de mon oncle, Marge, est venue passer quelques jours chez eux. J'ai presque tenu un repas, mais elle a insulté mes parents et j'ai un peu perdu le contrôle.

- Qu'est-ce qui s'est passé ?

- Elle s'est mise à gonfler comme un ballon et s'est envolée dehors.

Le sourire approbateur de Tom était très mal dissimulé, et le Griffondor se douta qu'il n'avait même pas vraiment cherché à le cacher.

- Après ça, j'ai appelé le Magicobus sans faire exprès, il m'a emmené au Chaudron Baveur où j'ai rencontré le Ministre de la Magie. Fudge m'a dit que je ne serais pas renvoyé pour ça et que pour ma propre sécurité, j'allais passer les deux dernières semaines enfermé dans le pub. Il avait même déjà fait venir mes livres de cours.

Le Serpentard fronça légèrement les sourcils et son attitude devint soupçonneuse.

- Même pas un rappel à l'ordre ? demanda-t-il. Tu es une célébrité, mais tout de même...

- Un criminel venait de s'évader d'Azkaban pour me retrouver et me tuer, expliqua Harry.

- Je vois, se calma Tom. Évidemment, il n'a pas voulu se mettre l'opinion publique à dos en te punissant dans un contexte pareil. S'évader d'Azkaban est un exploit, et j'admets être impressionné... j'imagine que c'est un de mes Mangemorts qui s'est échappé ?

En voyant que l'ancien mage noir était pensif – probablement en train de réfléchir à la façon de gérer le problème – Harry décida qu'il valait mieux demander maintenant un maximum de renseignements.

- D'après les journaux, c'était un de tes plus proches supporters. Il s'appelle Sirius Black.

Tom releva immédiatement la tête vers lui, une expression stupéfaite sur le visage.

- Sirius Black ? Tu es sûr du nom ?

- Certain, j'ai dû voir son affiche au moins une centaine de fois et il fait la une de la Gazette depuis deux semaines. Pourquoi, tu le connais bien ?

- Sirius Black n'a jamais été un de mes partisans, affirma Tom. Avec les Potter, les Londubat et quelques autres familles, il faisait partie d'une organisation qui s'est opposée à Lord Voldemort pendant des années. J'ignorais qu'il avait été envoyé à Azkaban après ma chute.

Harry en fut bouche bée. Il envisagea pendant un moment la possibilité que son mentor plaisantait, mais l'ancien préfet avait l'air sincèrement incrédule devant la nouvelle.

- Tout le monde dit qu'il a tué treize personnes d'un seul sort la nuit où il a été capturé, raconta Harry, la même nuit où Voldemort a été vaincu, et qu'il s'est évadé pour te venger et finir ce que tu avais commencé.

- Ça n'a aucun sens, répliqua Tom. Le reste de la famille Black s'est majoritairement rangé à mes côtés, mais Sirius s'en était détaché depuis longtemps et était loyal à ses amis et Dumbledore. Du peu que j'en sais, il était du genre à mourir pour ses amis, pas à tuer pour eux. Et je pense que j'aurais été au courant s'il avait retourné sa veste pour me suivre, ajouta-t-il d'un ton ironique, même si mes souvenirs des derniers jours avant Halloween sont plutôt flous.

- Mais alors... pourquoi est-ce qu'il a tué tous ces gens ? Et pourquoi il s'est évadé ?

Le Serpentard haussa les épaules.

- Je n'en ai aucune idée. Mais je doute qu'il ait réellement l'intention de te tuer. Te retrouver, c'est probable, mais te tuer, ça m'étonnerait beaucoup.

Dans un soupir exaspéré, Harry s'allongea complètement sur le rocher et laissa ses mains plonger dans l'eau fraîche, ses yeux fixés sur les cristaux bleus qui luisaient doucement depuis le plafond de la grotte.

- Donc la seule solution que j'ai, ironisa Harry, c'est de le laisser me trouver pour lui poser la question en espérant que les Détraqueurs autour de Poudlard ne l'attrapent pas avant ?

- Les Détraqueurs !? s'exclama Tom en se redressant immédiatement. Ils ont laissé des Détraqueurs venir dans l'école ?

- Pas dans l'école, mais tout autour, répondit Harry. Il y en a un qui m'a attaqué dans le train, mais le nouveau professeur de Défense l'a repoussé.

- Ils ont... Salazar.

L'ancien mage noir inspira profondément pour calmer sa colère, une main entre ses paupières closes. Une aura glaciale entourait sa silhouette, et Harry se souvint brutalement qu'il faisait face à un sorcier qui avait si profondément marqué les esprits que les gens avaient encore peur de prononcer son nom. Lorsque Tom rouvrit les yeux, il était toujours hors de lui et s'exprima d'une voix plus tranchante que l'acier.

- Harry, ne t'approche jamais, sous aucun prétexte, de ces créatures. Ils t'attaqueront toujours en priorité, même si tu es entouré d'autres élèves.

- Comment ça se fait ? demanda le Griffondor en s'asseyant.

- Parce que tu as vécu des expériences bien plus horribles que tous les enfants de ton âge, et ça les attire, expliqua Tom. Les Détraqueurs te forcent à revivre tes pires souvenirs, tes pires expériences, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus que ça dans ton esprit. C'est pour ça qu'ils sont utilisés pour garder Azkaban, pour torturer psychologiquement les prisonniers et leur enlever tout espoir d'en sortir un jour.

Harry blêmit. Il n'avait pas compris dans quelle mesure exacte la créature qui l'avait attaquée était ignoble. Et songer qu'il y avait des gens, même s'ils avaient commis des actes atroces, qui devaient vivre avec les Détraqueurs au quotidien, le rendit malade.

- Mais c'est... c'est horrible ! s'indigna-t-il.

- Oui, confirma Tom d'une voix sombre. Horrible et cruel, même pour des criminels. Seul un dégénéré les laisserait en présence d'une école remplie d'enfants. Je n'arrive pas à croire que Fudge et Dumbledore aient pu cautionner une telle décision, soupira-t-il.

Les deux descendants de Salazar restèrent silencieux quelques instants. Harry songea qu'il devrait aller prévenir Artémis de la nouvelle menace, et lui dire d'être prudente lorsqu'elle sortirait du château. Il ne voulait pas que la jolie basilisk se fasse attaquer par les Détraqueurs.

De son côté, Tom se perdit dans un méandre de pensées. Il lui fallait réfléchir au meilleur moyen de protéger Harry des Détraqueurs et de Dumbledore, tout en prenant en compte le cas étrange de Sirius Black. Sans compter que si une telle situation se produisait alors que Harry débutait tout juste sa troisième année, il lui faudrait sans doute revenir plus rapidement que prévu dans le monde sorcier. Aussi chanceux et talentueux qu'il soit, Harry demeurait un enfant.

- Au fait, finit par dire Harry, pendant mon cours de Métamorphose aujourd'hui, McGonagall nous a parlé des animagi.

La tentative évidente de changer la conversation vers un sujet plus léger était un peu forcée, mais l'ancien préfet ne s'en offusqua pas. Le Griffondor qu'il considérait comme son protégé n'avait après tout que treize ans, et venait tout juste de recommencer une année scolaire. Il avait le droit, il aurait dû, n'avoir que ce genre de pensées en tête, plutôt que des situations potentiellement mortelles et des complots. Tom força un sourire encourageant et repoussa temporairement ses propres réflexions au fond de son esprit.

- Et j'imagine que tu as décidé d'en devenir un ?

- J'aimerais bien, mais elle avait l'air de dire que c'était vraiment difficile et qu'elle ne formait presque personne.

- Naturellement, répliqua Tom d'un air entendu. Devenir un animagus n'est pas donné à n'importe quel sorcier.

- Tu en es un ? s'étonna Harry.

Le Serpentard se mit à rire doucement devant la surprise et l'admiration évidente du plus jeune.

- Non, répondit-il honnêtement. Je n'en ai jamais vu l'intérêt pour moi-même, et j'avais d'autres projets qui occupaient la majeure partie de mon temps libre. Pourquoi est-ce que tu voudrais en devenir un ?

- Pour l'instant, juste parce que ça a l'air vraiment cool de pouvoir se transformer en animal à volonté. Et puis je suis curieux de savoir quel animal je serais.

- Des raisons dignes d'un troisième année, se moqua Tom. Plus sérieusement, je pense que tu auras largement le talent nécessaire. Et puis si ta professeure refuse, tu n'auras qu'à trouver une autre option.

Tom accompagna sa dernière phrase d'un sourire entendu, et l'expression vaguement coupable de son jeune protégé lui confirma qu'il s'était déà fait la même réflexion. Le Griffondor tenta tout de même de jouer la carte du comportement raisonnable et exemplaire, ce qui était d'autant plus divertissant que sa prestation n'était qu'à moitié sérieuse.

- McGonagall a dit qu'il fallait obligatoirement apprendre avec un autre animagus, et qu'il n'y en avait qu'une trentaine dans toute la Grande-Bretagne.

- Il n'y en a qu'une trentaine enregistrés par le Ministère, nuança le Serpentard. Et je suis persuadé qu'avec les bons conseils et un peu d'entrainement, il n'est pas impossible pour... disons, un sorcier motivé... de devenir un animagus sans que personne ne soit au courant.

Harry fit de son mieux pour afficher un air innocent, mais le sourire hilare qui pointait au coin de ses lèvres les fit rire tous les deux pendant un moment.

Ils continuèrent à discuter de choses sans importance pendant quelques minutes, puis définirent comment ils se contacteraient cette année. Ils partirent du principe qu'Harry utiliserait le journal une fois par semaine, sauf en cas d'urgence ou d'évènement inattendu. Tom en profita pour lui donner un premier planning d'exercices afin qu'il continue à pratiquer régulièrement les domaines qu'il avait commencé à étudier cet été. Le Griffondor prévoyait également d'aller dans la Chambre des Secrets au moins une fois par mois pour passer du temps avec Artémis, et décida qu'il pourrait utiliser la pièce cachée pour s'entrainer à l'insu des regards.

Lorsqu'Harry sortit de son esprit pour revenir dans son lit, il se sentait un peu mieux. Tom avait calmé ses inquiétudes concernant Sirius Black, et il était désormais simplement curieux d'en savoir plus sur cet homme. Son intuition lui disait que l'histoire qui se cachait derrière ce mystérieux individu était nettement moins simple que ce que la Gazette et le Ministère présentaient.

Le garçon à la cicatrice finit par repousser toutes ses interrogations pour plus tard, et se concentra sur ses exercices de méditation. Tom avait beau être encourageant, il pouvait être aussi intransigeant que McGonagall ou Rogue concernant les exercices qu'il lui donnait.

Ce qui n'empêcha pas Harry de s'endormir avant d'achever le troisième.


Commentaire de la bêta : Ce moment où Remus n'est qu'un inconnu dans le train alors qu'il aurait dû être Oncle Moony... Pardonnez-moi quelques minutes, je vais aller pleurer dans mon coin... Comment avez-vous trouvé ce chapitre sinon ? C'est une année qui s'annonce intéressante non ? À la prochaine !