Voilà la suite.

Bonne lecture !

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Chapitre 11

Balín avait fait prévenir Dwalín et Kíli en premier. Comme c'étaient eux qui avaient ramené Bilbo à la montagne, Thorín et lui avaient estimé qu'ils avaient le droit de savoir ce qui allait se passer. Ori était aussi présent en tant que scribe royal. Oín était absent, préférant rester auprès de son patient et Nori n'avait pas encore montré le bout de son nez. Mais Balín était sûr qu'il serait là.

Thorín était assis en bout de table et avait les mains croisées devant lui. C'était la première fois qu'une réunion de ce genre se déroulait dans ces murs et il se demandait s'ils allaient prendre la bonne décision en ce qui concernait le hobbit. Il regarda Balín et inclina légèrement la tête, indiquant de cette façon à son conseiller qu'il pouvait commencer.

Balín se leva et se racla un peu la gorge avant de parler et juste à ce moment, la porte s'ouvrit et Nori entra.

-J'ai loupé quelque chose ? Demanda-t-il en s'asseyant, très décontracté.

-Non mon gars, tu es juste à l'heure. Bon, alors vous êtes tous ici parce que nous avons eu des informations concernant l'agression du hobbit...

-C'est pas un nain en tout cas... Murmura Nori.

-... et effectivement, ce n'est pas un nain. Mais comment sais-tu ça ? S'étonna Balín.

-J'ai des yeux et des oreilles... et le hobbit n'a pas eu d'réaction très violente quand l'doc s'est occupé d'lui...

-Mais Oín nous a fait sortir de l'infirmerie avant de le soigner et tu n'étais pas là ! Le coupa Kíli.

-J'viens d'dire que j'ai des yeux et des oreilles... donc, si ça avait été un nain qui l'avait agressé, il en aurait pas laissé un l'soigner... ça peut pas être un elfe non plus. Les elfes sont pareils que les nains pour ce genre de chose et j'imagine pas Thranduil laisser un membre de son royaume s'en sortir sans rien faire. Il est bien trop fier pour ça... les orcs ne s'intéressent pas aux autres sauf s'ils peuvent leur servir d'esclaves. Y' reste plus qu'les hommes sur la liste.. Finit l'espion d'un air suffisant.

Les nains avaient regardé Nori tout le temps de son explication et ils n'en revenaient pas. Ils savaient tous qu'avant de rejoindre la compagnie qui avait accompagnée Thorín lors de son retour à la Montagne Solitaire, il avait eu une vie plutôt dissolue, entrecoupée de menus larcins et d'autres choses encore moins convenables.

Thorín n'avait pas été très enthousiaste à l'idée d'avoir un nain avec un aussi lourd passé proche de lui, mais le cousin d'Ori voulait se racheter et s'était proposé comme nain à tout faire. Activité qui s'était rapidement transformée en espionnage quand Balín avait découvert que dès qu'il y avait quelque chose à faire qui nécessitait une discrétion absolue, il était le seul qui pouvait s'en charger sans que personne ne le voie jamais. Ce qui était un atout non négligeable.

-Euh... donc le hobbit s'appelle Bilbo et il a... Mahal c'est pas vrai... Murmura Balín en portant une main à sa bouche.

-Il a quoi ? Demanda Thorín.

-Il a... seulement trente-trois ans...

-Mais c'est... c'est un bébé ! S'exclama Kíli.

Thorín se redressa en inspirant fort. C'était pire que ce qu'il avait imaginé...

Dwalín ne dit rien, mais la plume qui avait eu le malheur d'être devant lui finit en miette sur la table. Ori grimaça en le voyant faire mais il préféra laisser le grand guerrier passer ses nerfs sur une pauvre plume plutôt que sur n'importe quoi d'autre.

-En fait non... Dit-il alors.

Toutes les têtes se tournèrent vers le scribe qui se gratta la joue, étalant un peu l'encre qui tachait son doigt, avant de continuer.

-Les hobbits sont différents des nains, en tout point différents. La taille déjà. Adultes, ils ne mesurent environ qu'un mètre, un mètre dix et s'ils ont une espérance de vie d'environ cent ou cent-dix ans, ils ne sont majeurs qu'à trente-trois ans. Ça ne change pas le fait qu'il soit jeune, mais non Kíli, il n'est pas un bébé. En fait, on pourrait considérer que vous avez presque le même âge tous les deux...

-Merci Ori. Tu as déjà étudié le sujet on dirait... bon, pour en revenir à celui de cette réunion, Bilbo a parlé avec Oín et nous savons maintenant que c'est un homme nommé Ruppert qui l'a... agressé. Annonça Balín à l'assemblée. Et nous allons devoir nous adresser au roi Bard pour savoir si ce Ruppert est un homme de Dale ou pas, mais tant qu'il a besoin de soin, il me semble judicieux qu'il reste à l'infirmerie dans la montagne, où Oín veillera sur lui, Thorín, es-tu d'accord avec ça ?

-Je n'y vois aucun inconvénient.

-Mais ça nous concerne plus, si c'est un homme qu'a blessé l'gamin, non ? Demanda Dwalín.

-Comme c'est toi et Kíli qui l'avez trouvé, vous seuls allez pouvoir donner des renseignements sur l'endroit où il était.

-On était à la lisière de la forêt de Greenwood, à côté de la rivière Anduin. Je voulais chasser un loup et après lui avoir tiré dessus, je me suis approché et j'ai vu le hobbit, avec une jambe prise dans un piège. Il était effrayé, sale et... et...

-J'l'ai libéré, continua Dwalín en voyant que le prince aurait du mal à poursuivre, on l'a mis dans notre chariot pour que Oín regarde sa jambe et ensuite, il a eu une forte fièvre. Vous connaissez la suite autant qu'nous.

-Tu as le nom de l'homme et l'endroit où a été trouvé le hobbit. Tu penses pouvoir le trouver ? Demanda Balín à Nori.

-C'est comme si c'était fait... Déclara l'espion.

-Ramène-le vivant, il doit être jugé pour son crime. Rajouta Thorín.

-Est-ce qu'il ne devrait pas plutôt l'être par les hommes ou même les hobbits ? S'étonna Ori.

-Il est vrai que mis à part l'avoir sauvé, nous n'avons pas vraiment notre mot à dire... Approuva Balín.

-Tant qu'il est dans ma montagne, il est sous notre protection. Et justement, comme nous n'avons rien à voir, nous serons plus impartiaux pour le juger. Déclara Thorín.

-Nori, tu... mais où il est ? S'exclama Balín en regardant tout autour de lui.

-Il fait toujours ça ! C'est assez agaçant... Marmonna Ori tout en continuant d'écrire.

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Nori, fidèle à ses habitudes était sorti tranquillement de la salle avec un petit sourire en coin. Le roi avait dit vivant, mais il n'avait pas précisé qu'il devait être en bon état...

Les hobbits étaient des petites personnes qui ne vivaient que pour leur terre, leurs maisons creusées dans les collines et la nourriture. Pour lui, s'attaquer à des personnes qui ne connaissaient pas la violence était déjà un crime et celui qu'avait subi le petit homme était le pire de tous. Il avait un bon point de départ en connaissant le nom de l'homme. Maintenant, il n'avait plus qu'à s'armer de patience et trainer un peu partout.

Ça lui rappellerait le bon vieux temps, même si la raison pour laquelle il le faisait n'était pas des plus joyeuses...

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-Il va de soi que toute cette malheureuse affaire doit rester entre nous. Il ne faut surtout pas que Bilbo se fasse plus de soucis qu'il n'en a déjà. Thorín, as-tu quelque chose à ajouter ? Demanda Balín.

-Dwalín, est-ce qu'il y a quelqu'un de confiance que tu pourrais assigner à la protection du hobbit ?

-Une protection ? Pourquoi faire ? S'étonna Balín. Il y a déjà deux gardes en permanence devant l'infirmerie, pourquoi en mettre un autre ?

-Tant que cet homme sera dans la nature, je ne veux prendre aucun risque. Personne ne pourra dire qu'il n'est pas en sécurité dans ma montagne. Assena Thorín en se tournant vers son ami.

-Kolya est une jeune recrue mais il est assez prometteur. Il f'ra l'affaire. Dit alors Dwalín.

-Bien, prend des dispositions dans ce sens. Je pense que tout est dit maintenant, la réunion est terminée...

Dwalín et Kíli se levèrent en même temps et sortirent.

-Balín, tu peux nous laisser et ferme la porte derrière toi. Ori, tu restes.

Etonné, le conseiller fit ce qui lui était demandé alors qu'Ori se tordait les doigts nerveusement, se demandant ce qu'il avait fait.

-Votre majesté ? Y'a-t-il quelque chose que je peux faire pour vous ?

-Oui... je voudrais que tu m'en dises plus sur cette histoire de One...

-Oh... c'est donc ça... Souffla le scribe, soulagé. Et que voulez-vous savoir exactement ?

-Comment est-ce que je vais savoir... comment je saurais...

Thorín se leva et tourna le dos à Ori. Il n'avait pas pour habitude de bafouiller, il trouvait toujours ses mots mais là, toute cette histoire le perturbait.

-Quand vous verrez cette personne, vous le saurez tout de suite ! Il est écrit que vous ressentirez une attraction envers votre âme-sœur dès que vous serez face à face.

-Et si c'est un "il" ?

-C'est possible...

-Est-ce que je serais obligé de l'accepter ?

-Vous n'aurez pas le choix, ni l'un ni l'autre.

-Comment ça ?

-Vos âmes sont déjà liées l'une à l'autre. L'apparition de votre tatouage est le signe que votre One n'est pas loin.

-Et si je ne suis pas d'accord avec le choix qui m'a été imposé ?

-Vous ne pouvez pas... Murmura alors Ori en baissant les yeux.

-Explique-toi !

-Et bien... le lien est indéfectible... vous serez unis pour le reste de votre vie...

Thorín resta droit comme un "i" et fixa le pauvre Ori qui ne savait plus où se mettre.

-Que se passera-t-il si je refuse ce lien ?

-Euh... et bien...

-Et bien parle ! S'énerva Thorín en marchant de long en large.

-Votre... votre cœur vous poussera à l'accepter... votre corps aussi...

-Mon corps ?

Thorín pouvait maitriser son cœur. Il était assez fort pour refuser de tomber dans la niaiserie qu'était l'amour et si sa tête disait non, son corps suivrait. Il était suffisamment adulte pour le contrôler !

-D'après les écrits, le lien est ce qu'il y a de plus puissant. Vous ne pourrez pas lui résister, il vous poussera à... à...

-A quoi ? Mais parle !

-A consommer votre union... Murmura Ori en se tordant les mains.

Le roi se tourna vivement vers le jeune scribe en entendant ça. Non seulement il allait subir un conjoint dont il n'avait pas voulu, mais en plus, il serait obligé de coucher avec ?

-Laisse-moi...

Ori ne se le fit pas dire deux fois. Il ramassa ses plumes, les documents du compte-rendu de la réunion, son encrier et s'inclina avant de sortir.

Thorín regarda le plafond en soupirant. Quand est-ce que sa vie allait enfin lui appartenir ?

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Bofur était un peu inquiet et s'était dépêché d'aller à l'infirmerie. Heureusement pour lui, sa boutique était au même niveau et il n'avait pas eu beaucoup de chemin à faire. Il passa devant les gardes, qu'il salua brièvement avant d'entrer.

-Oín ? Bifur ? Y'a quelqu'un ?

Il entendit une chaise bouger et il vit le docteur s'approcher.

-Ah Bofur ! Tu es enfin là !

-Où est Bifur ? Comment il va ?

-Bifur ? J'en sais rien, pourquoi ?

-Le mot disait qu'il fallait que j'aille à l'infirmerie...

-Oui, j'ai besoin d'un service et j'ai pensé à toi. Par contre, il ne faudra parler à personne de c'que tu vas voir. Assieds-toi, j'vais te dire c'que j'veux.

Rassuré sur l'état de santé de son cousin, Bofur poussa un soupir de soulagement et s'assit.

-Tu excelles dans l'art du travail du bois, n'est-ce pas ?

-On peut dire ça...

-J'ai besoin d'une béquille.

-Tu es blessé ? S'inquiéta Bofur en se levant.

-Pas moi. C'est pour un patient... particulier... je suppose que tu vas avoir besoin d'le voir, mais avant, il faut que tu m'promettes de dire à personne qu'il est là.

-Un secret ? Oh oh... Oín... mais qui est-ce que tu caches ? Lui demanda Bofur en souriant.

-Tu vas attendre le temps que j'le prépare à ta visite. Ne rentre pas avant que je t'le dise, compris ?

-D'accord !

Le nain au curieux chapeau et qui souriait tout le temps regarda le docteur sortir et il fronça les sourcils. Qui était dans cette pièce qui demandait tant de discrétion ?

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Oín passa la porte qu'il referma soigneusement derrière lui. Il espérait que Bilbo n'aurait pas peur de voir une autre personne qui allait devoir s'approcher très près de lui...

En attendant, il était ravi de le voir sourire alors qu'il écoutait Ulvàr.

-... et tu devrais voir la salle du trône ! Elle est immense et elle est bordée des statues représentant les anciens monarques d'Erebor.

-J'vois que vous êtes en pleine discussion tous les deux ! S'exclama Oín en s'approchant d'eux.

-Docteur ! Vous êtes là depuis longtemps ?

-Non... par contre, je dois t'parler Bilbo...

-Je vous laisse alors.

-Tu peux rester Ulvàr, c'est pas un secret. Bilbo, j'ai fait venir Bofur, c'est un nain qu'est sculpteur sur bois et j'vais lui demander d'te faire des béquilles. Mais il faudra qu'il te voie pour prendre des mesures parce qu'elles doivent être à ta taille. T'es d'accord avec ça ?

Bilbo s'était raidi quand il entendit que quelqu'un d'inconnu allait le voir et le toucher.

-C'est obligé ?

-Pas du tout ! Mais si tu veux te déplacer, ça sera plus pratique. Parce que j'veux pas voir ce pied toucher le sol ! Ajouta alors Oín en pointant du doigt la jambe blessée.

-Bofur est très gentil, tu verras, il fait des merveilles avec un simple bout de bois. Dans sa boutique, il y a des jouets fantastiques. Je me rappelle avoir vu un dragon avec ses ailes et il a même mis un mécanisme qui les fait bouger ! S'exclama Ulvàr.

-Un dragon ? Oh... j'aimerais bien voir ça...

-T'auras qu'à lui demander, il est dans la pièce à côté. J'peux lui dire de venir ? Lui dit Oín.

Bilbo se mordilla la lèvre inférieure, hésitant encore un peu à l'idée que quelqu'un l'approche. Mais il se dit qu'il n'allait pas passer le reste de sa vie à éviter des gens et ici, il se sentait de plus en plus à l'aise.

-Vous serez là ?

-Bien sûr !

-Alors c'est d'accord... Finit par dire Bilbo.

-Ulvàr...

-Je vais chercher Bofur docteur !

L'infirmier ne mit pas longtemps à revenir avec un nain qui portait le chapeau le plus drôle qu'ait jamais vu le hobbit.

-Bonjour ! Alors comme ça tu as besoin de moi ? Je suis Bofur, à ton service... Déclara le nain en se courbant.

-J'suis Bilbo... Baggins...

Ça faisait tellement longtemps qu'il n'avait pas prononcé son nom de famille que ça lui fit tout bizarre. C'était la seule chose qu'il se rappelait de son passé. Le visage de ses parents avait disparu de sa mémoire il y avait des années maintenant. Par contre, il n'avait pas oublié leur abandon qui restait comme une plaie béante dans son cœur. Il secoua la tête en soufflant fort, ce n'était pas le moment d'avoir ce genre d'état d'âme.

-Ça n'ira pas... Déclara alors Bofur en le regardant tout en mettant une main devant sa bouche.

-Qu'est-ce qui n'ira pas ? S'inquiéta Bilbo en reprenant ses esprits.

-C'est pas des béquilles qu'il te faut, tu es très menu et tu auras très vite mal sous les bras. Une canne à pommeau serait plus indiquée... et bien plus distinguée !

-Mais pas très stable. J'veux pas qu'il pose son pied par terre. Ajouta Oín.

-Ah... alors je peux... oui... je vois...

-Quoi ?

-Je sais c'que j'vais faire ! Mais il faut que tu sois debout. C'est possible ? Demanda Bofur à Oín.

-Ulvàr et moi on va l'tenir. Rapproche-toi du bord mon gars...

Le hobbit fit ce qu'on lui demandait et, maintenu par les deux nains, il s'appuya sur le matelas pendant que Bofur griffonnait des chiffres sur un bout de papier après avoir sorti une ficelle de sa poche pour prendre les mesures qu'il avait besoin.

-C'est noté ! Tu as de la chance, j'ai un beau bout de bois doré qui vient de la forêt de Greenwood. Presque de la même couleur que tes cheveux ! C'est rare cette couleur par chez nous, c'est très joli...

Bofur approcha sa main pour toucher les cheveux de Bilbo, mais il la retira très vite quand il vit le mouvement de recul du petit homme.

-Bon... je vais me mettre au travail. Je vous amène ça dès que j'ai fini. Mes respects...

Une fois le nain partit, Bilbo soupira fortement. Il ne s'était même pas rendu compte qu'il avait retenu sa respiration tout le temps qu'avait été présent le sculpteur. Mais s'il lui fallait une autre preuve qu'il pouvait faire confiance aux nains, il venait de l'avoir. Le nain chapeauté avait retiré sa main et était sorti sans dire quoi que ce soit sur son comportement plutôt méfiant.

-Et si on demandait à Bombur de nous monter une soupe ? Déclara alors Oín. Tu dois avoir faim ?

Bilbo sourit en entendant ça, juste avant de rougir furieusement quand son estomac gronda.

-Pas besoin d'répondre mon gars, ton ventre vient d'parler pour toi !

Ulvàr rigola et ouvrit la porte pour se retrouver nez à nez avec un soldat qu'il ne connaissait pas.

-Vous êtes blessé ? Asseyez-vous, je préviens le docteur !

-Non, je vais bien. Le capitaine Dwalín m'a assigné à la protection d'un certain Bilbo. Où se trouve-t-il ?

Etonné, Ulvàr regarda le nain habillé comme s'il allait à une parade.

Pour quelle raison Bilbo allait avoir un garde assigné à sa personne ?

Il n'avait aucune raison à s'opposer à ça et de toute façon, son avis ne comptait pas quand il s'agissait de la sécurité de la montagne. Et peut-être que Bilbo se sentirait plus rassuré en sachant qu'il ne craignait vraiment rien. Mais ce soldat avait l'air tellement jeune...

-Ah ? Attendez ici, s'il vous plait. Dit-il en refermant la porte derrière lui.

Bilbo s'était rassit sur le lit et Oín regardait sa jambe.

-C'est parfait ! Ulvàr ? Tu ne devais pas aller chercher à manger ?

-Si, mais y'a un soldat dehors qui dit qu'il est envoyé par le capitaine Dwalín et qu'il est le garde du corps de Bilbo, vous êtes au courant ?

-Non, mais j'pense que Thorín a décidé que ça devait être pour le mieux en attendant que... enfin tu sais...

-Ah... oui, bien sûr. Je le fais entrer ?

-Bilbo, je sais qu'ça fait beaucoup, mais quand Thorín a décidé quelque chose, y'a rarement moyen d'le faire changer d'avis. Et même moi, j'pense que là, il m'écoutera pas...

-Un garde du corps ? Mais pourquoi j'aurais besoin d'un garde du corps ? S'étonna Bilbo.

-Aucune idée ! Mais j'compte bien lui demander. A ce propos, quand t'es arrivé il voulait te voir, mais j'ai refusé parce que tu avais besoin de soins. Mais maintenant, j'pense que tu peux recevoir des visites.

-Le roi veut me voir ?

-Il se souci beaucoup des habitants de la montagne et tu en fais partie.

-Je ne suis pas un nain, juste un hobbit...

-Ça change rien. J'te laisse réfléchir, mais demain, il faudra que t'acceptes de l'voir, sinon, il risque fort de casser la porte et de rentrer d'force...

-Il est violent ? S'affola Bilbo.

-Qui, le roi ? S'esclaffa Ulvàr. Il est impressionnant, impitoyable envers ses ennemis et dur si tu as fait quelque chose de mal, mais sinon, c'est la gentillesse incarnée !

Oín le regarda avec insistance et l'infirmier toussota un peu.

-Bon, je vais chercher à manger... euh, je fais entrer le garde ?

Le docteur hocha la tête et se tourna vers Bilbo, attendant de voir sa réaction à la venue d'un soldat. Et il ne fut pas déçu. Le hobbit ouvrit grand les yeux en voyant le jeune nain entrer, mais ne montra aucun signe de peur. Plutôt de la curiosité et un certain intérêt pour sa tenue.

Il faut dire que celui-ci était particulièrement bien mis et portait même une armure qui brillait de mille feux. C'était peut-être un peu trop à son goût, mais il n'avait jamais vraiment fait attention aux us et coutumes des guerriers de la montagne. Sauf quand il devait les soigner, et là, il devait avouer que les déshabiller demandait beaucoup de patience.

Plusieurs fois, il avait été tenté de demander à ce qu'on lui fabrique une sorte de grand ciseau pour découper le métal, ce qui serait plus rapide que de retirer les multiples attaches et cordons qui tenaient une armure en place.

-Je suis Kolya, à votre service maitre Bilbo.

-Quoi... maitre ? Moi ? Non ! J'suis juste Bilbo !

-Alors comme ça, c'est Dwalín qui vous envoie ? Lui demanda Oín.

-Oui docteur. Le capitaine m'a offert ce grand honneur de protéger le maitre hobbit.

-Peut-on savoir pourquoi ?

-Je suis désolé, mais je ne saurais y répondre. J'ai reçu un ordre et j'y obéi. Mais j'avoue que c'est vraiment un plaisir, bien plus qu'un devoir...

-Vraiment ? Insista Oín.

-Oui, je n'ai jamais eu l'occasion de rencontrer un membre de votre peuple, maitre Bilbo, expliqua-t-il en se tournant vers son nouveau protégé, alors je m'excuse par avance si je suis trop curieux et n'hésitez pas à me remettre à ma place si je prends trop de liberté. Maintenant, je vais rester à la porte, je ne vous gênerais pas. Je suis ravi d'être à votre service, maitre Bilbo. Déclara le nain en s'inclinant.

-S'il vous plait, j'suis juste Bilbo, pas de maitre... Supplia presque le hobbit en se triturant les mains.

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Le jeune nain ne sut comment se comporter. Il était réellement content de s'occuper de la sécurité du petit homme parce que ça signifiait que malgré sa jeunesse et sa quasi inexpérience, son chef lui faisait suffisamment confiance pour lui confier cette tâche. Et ça valait toutes les promotions qu'il pourrait avoir.

En voyant le hobbit, si petit sur le lit, il sentit que ça ne serait pas une contrainte de prendre soin de lui. Il y avait quelque chose dans la petite silhouette qui lui donnait envie de tuer celui qui pourrait lui faire du mal.

Il était un soldat, en formation peut-être, mais ça ne changeait rien au fait qu'il avait choisi cette voie parce qu'il voulait défendre les plus faibles et il devrait penser à remercier son capitaine pour cette mission qu'il avait la ferme intention de remplir le mieux possible !

Avec un grand sourire, caché en partie par une petite barbe brune soigneusement taillée, il regarda Bilbo.

-Je ferais comme vous le désirez, Bilbo. Et vous m'appellerez Kolya dans ce cas.

Le sourire qu'il reçut en réponse le gonfla de fierté et après un dernier salut, il sortit en refermant doucement la porte.

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Oín était ravi. Non seulement Bilbo n'avait pas été rebuté par la venue d'un nain qu'il n'avait jamais vu, mais il avait été apparemment très intéressé par lui. Le jeune soldat s'était particulièrement bien comporté et n'avait jamais fait mine de s'approcher ni de toucher le hobbit et il lui en était reconnaissant. Ces deux-là devraient bien s'entendre.

Et c'était tant mieux parce qu'il ne se voyait pas aller expliquer à Thorín qu'il pouvait reprendre son garde...

-J'ai faim...

Oín sursauta en entendant Bilbo.

-Ah mais c'est vrai ça ! Ulvàr ne devrait pas tarder à revenir.

Et juste à ce moment, l'infirmier entra par la porte que lui avait ouvert Kolya.

-J'ai ramené de quoi faire un goûter, il y a de la compote de fruits, de la confiture, du jus d'orange, plusieurs petites brioches moelleuses, un grand pot de thé et un de lait. Ça tente quelqu'un ?

-J'vois que Bombur s'est surpassé... qu'en est-il de la soupe de légumes ?

-Bombur m'a certifié que ce goûter passerait aussi bien et serait bien plus agréable au palais. La soupe sera pour ce soir. Est-ce que j'ai eu tort ? S'inquiéta Ulvàr en salivant presque devant son plateau.

Oín allait lui répondre que Bombur était cuisinier et pas docteur, mais quand il vit le regard de pure gourmandise sur le visage de son patient, il abandonna l'idée de lui refuser ce plaisir. La nourriture qui était sur le plateau pouvait tout à fait convenir à son organisme encore fragile. Mis à part le lait qui serait un peu lourd à digérer...

-Tu remercieras Bombur. Bilbo, nous allons faire honneur à son goûter, ses brioches sont fantastiques, tu peux m'croire !

Avec un appétit qu'il ne soupçonnait pas avoir, le hobbit dévora à pleine dents une brioche qui fondit dans sa bouche. Il émit un petit son de contentement ravit et ferma les yeux de bonheur. Il ne se rappelait pas avoir mangé quelque chose d'aussi bon depuis une éternité...

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Bofur marchait vers sa boutique, l'air ailleurs. D'habitude, quand il sculptait un jouet, l'inspiration lui venait au fur et à mesure, mais bizarrement, pour la demande que venait de lui faire Oín, il pensait à des tas de choses qu'il pourrait faire et il ne regardait pas du tout où il marchait.

Heureusement pour lui, tous les nains qu'il croisa le firent pour lui et s'écartèrent à son passage. Ses pieds le menèrent devant la porte de sa boutique qu'il poussa et il se dirigea vers la remise où il prit le bout de bois rouge-doré pour le mesurer.

Rassuré sur sa longueur, qui était parfaite, il commença à débiter le plus gros à la hache jusqu'à ce qu'il ne lui reste qu'un bâton qu'il jugea suffisamment gros pour en faire ce qu'il avait en tête. Avec un sourire, il prit son ciseau à bois et commença...

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Ori était parti, laissant seul Thorín qui réfléchissait encore au coup de sort qui lui tombait dessus. Il n'était pas en colère, il était juste désabusé. Il était déjà à plus de la moitié de sa vie et il avait fini par se faire à l'idée de la finir seul. Il avait eu peu d'amants, même après avoir découvert que la gent féminine ne l'intéressait pas. Soit parce que la personne ne s'intéressait qu'à son statut, soit parce qu'il avait fini par découvrir que finalement, il voulait autre chose qu'une simple partie de jambe en l'air. Etait-ce parce que quelque part, une personne qui lui était destiné attendait le bon moment pour se faire connaitre ?

Ses parents avaient été unis à cause (ou grâce ?) de ce lien et ils avaient vécu une vie heureuse, couronnée par la naissance de trois enfants. Il ne se rappelait pas d'une journée où il aurait pu les voir sans être l'un à côté de l'autre.

Et quand sa mère mourut en mettant au monde sa petite sœur Dís, il avait fallu que son grand-père sorte son père pratiquement de force de la crypte où désormais, elle reposait aux côtés de leurs ancêtres. Thraín avait mis du temps à se remettre de cette perte, seule la présence de ses enfants l'avait empêché de perdre la tête.

Il éprouva soudainement l'envie d'aller se recueillir sur la tombe de sa mère, se rendant compte qu'il n'y était pas allé depuis près de cent ans. Il ressentit de la honte à cette constatation et machinalement, il rajusta sa tenue avant de sortir. Les gardes se redressèrent avant de s'incliner puis ils refermèrent la porte en regardant leur roi s'éloigner.

C'était bien la première fois qu'il ne les saluait pas...

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Kíli marchait la tête basse et ne se sentait pas très bien. Après avoir appris que l'âge du hobbit correspondait au sien, il ne pouvait plus se sortir de la tête que majeur ou pas, c'était une épreuve qui marquerait quelqu'un pour la vie. Il n'osait même pas imaginer ce que le petit homme avait dû ressentir quand l'homme avait abusé de lui.

Kíli était jeune et s'il aimait une elfe, et que c'était réciproque, il n'était jamais allé plus loin que quelques baisers volés quand elle venait à la montagne. En tant que capitaine de la garde du roi Thranduil, elle l'accompagnait quand Thorín et lui devaient se voir, ou alors quand ils allaient à Dale.

Ce qui, malheureusement pour lui, était tellement rare qu'ils ne s'étaient vu qu'une dizaine de fois en deux ans. Sigrid avait eu pitié son jeune beau-frère et avait pris l'initiative d'organiser de temps en temps, des petites soirées "privées" dont lui et Tauriel étaient à chaque fois les seuls participants.

Heureusement pour eux, ils n'avaient jamais été pris en flagrant délit parce que son oncle ne lui aurait sans doute jamais pardonné son comportement qu'il aurait qualifié de honteux et inapproprié. Et il remerciait à chaque fois son frère qui faisait comme s'il n'était pas du tout au courant des manigances de sa femme.

Kíli se mit à sourire en se disant que tel qu'il connaissait les jeunes mariés, il y avait fort à parier qu'ils devaient certainement, l'un comme l'autre, trouver une façon de se faire pardonner ce manquement aux convenances. Mais rien que d'imaginer la façon dont ils pourraient le faire le faisait frissonner. Il devait absolument ôter cette image de sa tête, sinon, il ne pourrait plus jamais les regarder dans les yeux...

Pour éviter à ses pensées de dériver un peu trop, en attendant l'heure du diner, il redescendit à la réserve pour s'occuper du dernier bain de la peau du loup. Une fois rincée puis séchée, la fourrure était superbe, les poils épais étaient brillants et doux au toucher. Il l'étala sur une table, s'assit sur le banc et, posant son menton sur ses poings, il l'admira.

Il avait finalement choisi de la laisser comme ça en pensant qu'elle serait vraiment magnifique en servant de couvre-lit. Maintenant, il ne restait plus qu'à avoir l'autorisation de Oín pour aller la donner à son nouveau propriétaire. Il avait hâte de voir comment allait le hobbit après avoir subi tous ces malheurs et il espérait juste qu'il ne ferait pas de bourde.

Il avait beau vouloir prouver à tout le monde qu'il était adulte, il lui arrivait encore de parler avant de réfléchir et si jusqu'à présent, personne ne lui en avait tenu rigueur, il voulait désespérément que ce trait de caractère qui lui était propre, ne fasse pas de dégât quand il serait en face du petit homme.

Il gratta sa barbe inexistante puis remis sa tresse derrière son oreille et sourit. Il avait réussi à tresser quelques mèches de cheveux, même si c'était nettement plus facile à faire sur la tête de Fíli plutôt que sur la sienne. Mais il ne désespérait pas et il prit la décision qu'à partir de maintenant, il le ferait tous les jours.

De plus, lorsqu'il s'entrainerait au tir à l'arc, ça devrait être moins gênant. Et il ferait enfin honneur au cadeau de majorité de son frère...

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Thorín revenait de la crypte et digérait encore les nouvelles informations qu'Ori lui avait données avec beaucoup de mal. Comment un lien pouvait donner l'envie d'être proche d'une personne au point de ne pas pouvoir s'empêcher d'avoir des relations sexuelles avec elle ? Ridicule, c'était tout bonnement ridicule !

Il devait prendre l'air, s'aérer la tête et ne plus penser tout ça, mais il n'avait pas envie de voir du monde pour l'instant alors il se dirigea vers son appartement. Situé au dernier étage, il bénéficiait d'un balcon, ce qui pour lui, était un luxe appréciable. Il pouvait donc profiter de la vue sur la vallée et du grand air seul.

Ses appartements étaient privés et personne ni entrait. S'il y avait un problème quelconque, les gardes avaient l'ordre de laisser le message sur la table dans l'entrée et seul Balín ou Dwalín pouvait frapper à la porte de son salon si quelque chose d'urgent requérait sa présence. Il eut de la chance en ne croisant personne et s'accouda au muret en fermant les yeux. Enfin un peu de paix et de tranquillité.

Jamais il n'aurait imaginé que gouverner un royaume pouvait être aussi prenant mais il aimait ça.

Le bruit d'un galop lui fit ouvrir les yeux et il vit un cavalier s'approcher des portes de la montagne. A la couleur des vêtements du nain, il sut que c'était un des coursiers de la montagne et un sourire éclaira son visage, persuadé que c'était la réponse qu'il attendait. Mais devait-il descendre ou attendre qu'un garde lui annonce la nouvelle ?

Mais il n'était pas patient alors il se retourna et essayant de contrôler sa démarche, il sortit de sa chambre. Il allait atteindre le palier du premier étage quand il vit Balín qui montait.

-Je crois que j'ai la réponse que tu attendais tant dans ma main...

-Donne-la-moi !

Sans être rebuté par le ton plutôt rude de son ami, Balín lui donna le rouleau qu'il ouvrit avec impatience.

Le conseiller examina avec attention le visage de Thorín qui, comme il s'y attendait, ne trahit pas la moindre émotion. Jusqu'à ce qu'il roule le document et qu'il lève la tête en souriant.

-Bonne nouvelle ? Demanda-t-il.

-Fait prévenir tous les nains qui faisaient partie de la compagnie et dit à Bombur de préparer un festin...

Balín n'eut pas besoin d'en savoir plus, il avait deviné qu'un nain serait très heureux ce soir...

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Ils étaient tous assis autour de la grande table de la salle à manger privée des appartements royaux, se demandant pour quelle raison le roi les avaient invités. Ils étaient vraiment impressionnés, enfin, ceux qui ne faisaient pas parti de son entourage proche. Thorín était en bout de table, Kíli à sa gauche et Balín à droite avec Dwalín à côté de lui.

Les autres avaient pris place et se tenaient exceptionnellement tous droit. Seul Nori et Bombur manquaient à l'appel, mais l'espion devait déjà être parti en chasse et le cuisinier ne devait pas tarder à venir. Le silence qui régnait était assez inconfortable et Thorín regarda Kíli qui jouait distraitement avec une de ses tresses, l'air d'un profond ennui inscrit sur son visage, quand il entendit un léger coup sur la porte.

Presque aussitôt après, le volumineux cuisinier fit son entrée, suivit par deux aides qui déposèrent des plats garnis de viande et entourés de quelques légumes, qui, pour une fois avaient l'air très appétissant aux yeux des nains qui les appréciaient peu en temps normal.

-Votre majesté... Dit-il en s'inclinant devant Thorín, votre altesse... Continua-t-il en faisant un clin d'œil à Kíli.

-Ça sent divinement bon ! S'exclama le jeune nain, qu'est-ce que c'est ?

-Devinez ! J'pense que je m'en suis pas trop mal sortit. Vous m'direz c'que vous en pensez ?

-Bombur, assit-toi avec nous. J'ai une annonce à faire.

Les deux aides s'inclinèrent et sortirent après avoir souhaité un bon appétit à l'assemblée.

-Mon oncle ? Qu'est-ce que tu as à nous dire ? S'impatienta Kíli.

-J'ai écrit à Thranduil ce matin.

-Hein ? Mais pourquoi ?

-Parce que j'avais une offre à lui faire et j'ai reçu sa réponse tout à l'heure. Il ne l'a pas refusé...

-Une offre, toi ? S'étonna Kíli.

-Oui, moi. Est-ce si improbable ?

-Franchement, oui... Marmonna Dwalín.

-Tu m'ôtes les mots de la bouche, mon frère. Alors Thorín, qu'as-tu offert à Thranduil ?

Balín savait de quoi il retournait, mais il voulait vraiment voir comment son ami allait annoncer la nouvelle.

-Il a apprécié le collier, j'espère... Grogna Gloín.

-Quel collier ? Demanda Kíli,

Il n'osait penser que son oncle parlait DU collier, celui qui était responsable de son malheur.

-Le collier de gemmes de Lasgalen... celui qui a détruit les relations entre notre peuple et celui des elfes des bois, celui que j'ai redonné à Thranduil en échange d'une chose. Expliqua Thorín.

Kíli posa une main sur sa poitrine, inspirant plusieurs fois profondément.

-Laquelle ? Demanda-t-il finalement d'une petite voix.

Thorín recula sa chaise, se mit debout et regarda son neveu droit dans les yeux.

-Kíli, Thranduil et moi sommes d'accord, tu peux courtiser sa capitaine de la garde, l'elfe Tauriel. Si tu le souhaites toujours bien entendu...

Kíli expira lourdement, la main toujours crispée sur son cœur qui battait la chamade. Son oncle lui donnait la permission de fréquenter celle qu'il aimait ?

Il baissa la tête, se demandant s'il allait retrouver une respiration normale quand un concert de "hourra" jaillit de la bouche de tous les convives. Les larmes aux yeux, Kíli se leva si vite que sa chaise bascula en arrière, mais il n'y fit pas attention.

-Je... je sais pas quoi dire... Balbutia Kíli en faisant face à son oncle.

Thorín lui sourit et attendit un peu. Son neveu avait toujours été très tactile et il savait, enfin il se doutait, de ce qui allait suivre.

Et il ne fut pas surprit...

Kíli se jeta à son cou et une litanie de "merci" sortit sans discontinuer de sa bouche. Il le serra dans ses bras, se fichant de l'image qu'il donnait. C'était un tout petit prix à payer pour avoir la chance de voir la joie sur le visage de son neveu.

Et ça valait toutes les richesses de la montagne...

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A suivre...

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Et merci de me lire,
Ticoeur