A/N : désolée de poster un poil plus tard que d'habitude, la semaine a été... longue.


Au petit-déjeuner suivant, Harry remarqua la présence d'un plateau de pâtisseries au chocolat, et après un instant d'hésitation, en saisit une pour la poser dans son assiette. Il n'en avala toutefois que deux bouchées avant d'être écoeuré par la dose de sucre qu'il sentait à l'intérieur. Ron s'empressa d'attraper le reste du gâteau dès que Harry hocha la tête en guise d'accord tacite, et Neville lui lança un regard surpris.

Harry se rappela qu'il s'était promis d'être un peu plus ouvert avec Neville, particulièrement après le cadeau d'anniversaire qu'il lui avait envoyé – pour lequel il l'avait d'ailleurs chaleureusement remercié. Harry força un sourire avant de répondre à la question informulée de la manière la plus naturelle possible.

- J'ai du mal avec les choses trop sucrées. L'habitude de ne pas en manger en grandissant, ajouta-t-il en haussant les épaules.

Neville retint de justesse sa mâchoire avant qu'elle se décroche. C'était la première fois qu'Harry évoquait volontairement ses habitudes alimentaires et sa vie en dehors de l'école. Quand bien même il ne s'agissait que d'une phrase vague, le Griffondor la reconnut pour la marque de confiance qu'elle était et le risque que son ami acceptait de prendre.

Neville avait passé son enfance a scruter les états d'âme de ses grands-parents, et était parfaitement capable de distinguer la tension dans les épaules du Golden Boy. Le jeune Griffondor se doutait que sa réponse déterminerait la possibilité que Harry aborde de nouveau le sujet dans le futur.

- Les goûts changent au fil du temps, fit-il du même ton faussement détaché. Peut-être que des desserts aux fruits passeraient mieux pour commencer ?

Hermione tourna la tête à ce moment-là, et fut surprise de voir les deux bruns échanger un regard bien plus sérieux que les deux phrases qu'elle venait d'entendre. Elle allait intervenir, mais s'interrompit en voyant Harry hocher la tête et faire un petit sourire timide avant de retourner à son assiette, visiblement plus détendu. Neville sembla relâcher la nervosité qui l'animait également, et alla attraper le pichet de jus de fruits à sa gauche. La tension qui avait existé pendant un instant disparut, et l'ambiance simple et légère du petit-déjeuner revint en force à la table des rouge et or.

La jeune sorcière secoua la tête, et en conclut qu'elle avait certainement sur-interprété leur interaction. Son regard se posa sur Ron, qui engloutissait une énorme platrée d'oeufs au bacon, et elle soupira avant de détourner les yeux. Son année allait déjà être assez intense pour qu'elle ne s'encombre pas d'intrigues supplémentaires entre les trois garçons de leur groupe.

La matinée consacrée à l'Herbologie se passa sans difficulté notoire, Neville osant même lever la main à plusieurs reprises pour répondre et poser des questions sur l'espèce qu'ils étudiaient ce jour-là. Il semblait de plus en plus évident que le Griffondor avaient des facilités pour tout ce qui concernait la botanique, et un réel intérêt pour les plantes.

L'après-midi était consacrée à leur premier cours de Soins aux Créatures Magiques, et en marchant vers la cabane d'Hagrid, Harry et les autres Griffondors plaisantèrent sur ce que le demi-géant allait bien pouvoir leur apprendre. Leur sourire disparut en constatant qu'ils partageraient ce cours avec les Serpentards.

Dès qu'il remarqua la coiffure blonde particulièrement reconnaissable de Malfoy, Harry s'exhorta au calme. Malgré l'attitude décevante de Malfoy à l'arrivée du train, Harry ne laisserait pas son rival gâcher un cours qu'il avait sincèrement envie de suivre.

Les Griffondors avancèrent jusqu'à être devant l'enclos à côté duquel Hagrid se tenait. Le gardien de Poudlard était en pleine discussion avec Dean et Seamus sur la possibilité de revoir des Scroutts à pétard cette année, et d'après la moue boudeuse de l'irlandais, la réponse était négative. Les quatre amis se détendirent un peu, et sortirent tranquillement leur Monstrueux livre des Monstres.

- Des Détraqueurs ! cria soudainement quelqu'un.

Harry lâcha son livre et se retourna immédiatement, le visage livide sous l'effet de la terreur.

Il fit face à l'air goguenard d'un Serpentard blond, qui était apparemment très satisfait de sa blague.

Autour de Draco, Crabbe et Goyle se mirent à ricaner, pendant que Pansy, Daphné, Blaise et Théo arboraient un sourire moqueur. Leur air amusé s'effaça progressivement lorsque le brun commença à s'avancer vers eux avec un regard noir.

Blaise eut un mouvement de recul incontrôlé en sentant l'aura magique furieuse qui commençait à émaner du Griffondor, et n'eut pas besoin de regarder autour de lui pour savoir que ses amis avaient eu la même réaction.

Potter n'avait même pas sorti sa baguette, mais un halo d'énergie menaçante brouillait presque l'air autour de lui et l'italien se demanda d'un coup si l'idée de Draco était vraiment si bonne que ça.

Draco, pour sa part, était figé, incapable de bouger en voyant la fureur qui animait les yeux verts en face de lui, et retint de justesse un soupir de soulagement lorsque Granger et Londubat attrapèrent chacun une manche de Potter pour le retenir. Le Golden Boy s'arrêta un instant, et prit quelques respirations profondes en fermant les yeux. Lorsqu'il les rouvrit, l'aura magique autour de lui s'était calmée et il sembla prendre conscience que tout le monde le fixait avec ahurissement.

Harry attendit d'avoir regagné un semblant de calme pour lever les yeux sur son rival, et un coin de ses lèvres se releva dans un début de sourire menaçant. La tension était palpable lorsqu'il ouvrit la bouche pour s'adresser au Serpentard.

- Apprends ce que sont la Peur et la Mort avant de te moquer des autres, Malfoy.

En entendant les sifflements reconnaissables du fourchelangue, presque tous les témoins de la scène bondirent en arrière en criant de peur, Serpentards compris. La combinaison de la nervosité ambiante et de l'allure menaçante de Harry leur avait toutefois momentanément fait oublier qu'ils se trouvaient dans un terrain en pente. Avant qu'ils comprennent ce qui se passaient, tous les élèves vert et argent tombèrent par terre les uns sur les autres dans un improbable tas de bras et de jambes, Malfoy sur le dessus.

Harry eut un sourire sadique mais satisfait, et se retourna pour se rapprocher de l'enclos et des autres Griffondors. Ron, les soeurs Patil et Lavande Brown semblaient encore un peu choqués par les sifflements, mais Dean et Seamus étaient pliés de rire en voyant le tas de Serpentards qui essayaient de se relever sans perdre leur dignité. Hermione prit une grande inspiration avant de simplement sourire à son ami en secouant la tête, et Neville lui adressa un grand sourire amusé.

Hagrid avait l'air un peu perdu quant à ce qui venait de se passer, mais se racla la gorge une ou deux fois avant de parler pour tenter de ramener un peu de calme dans sa classe.

- Allons, approchez ! Et ouvrez vos livres au chapitre sur les créatures volantes hybrides !

- Comment on fait pour l'ouvrir sans qu'il nous morde ? demanda Dean.

Visiblement, tous les élèves avaient utilisé le système de la ceinture – ou un équivalent – pour forcer le livre à ne pas les agresser. Hagrid eut l'air surpris, mais répondit tout de même.

- Vous lui caressez la tranche, tout simplement, expliqua-t-il comme si l'explication tombait sous le sens.

Pendant que tout le monde observait avec étonnement les livres se calmer dès qu'ils passaient la main sur la partie mentionnée, le demi-géant s'éloigna de l'autre côté de la maison. La plupart des élèves venaient d'arriver à la bonne page lorsqu'Hagrid revint avec une créature superbe.

- Je vous présente Buck, s'exclama-t-il fièrement. C'est un hypogriffe, et c'est lui, enfin son espèce, qu'on va étudier aujourd'hui. Qui veut dire ce qu'il sait sur les hypogriffes ? Hermione ?

Théo était prêt à jurer qu'il avait entendu Draco murmurer quelque chose comme "il est complètement fou" en voyant le garde-chasse revenir avec la créature mi-cheval mi-aigle. Toutefois, le discret Serpentard s'abstint sagement de faire la moindre remarque. Tant qu'il pouvait rester assez éloigné pour ne pas se faire attaquer, il était content d'observer l'élégant animal gris et d'écouter Granger faire cours à la place du demi-géant bourru.

- Les hypogriffes sont des créatures hybrides qui possèdent le même genre de caractéristique que les pégases, expliqua-t-elle, mais dont la partie oiseau est davantage présente. Toute la partie avant de leur corps est celle d'un aigle. Leurs serres et leur bec sont leurs armes principales. Leurs ailes leur permettent de voler sur de très longues distances, c'est pourquoi on en trouve dans le monde entier.

- Bravo Hermione, dix points pour Griffondor !

La jeune sorcière voulut faire remarquer qu'elle n'avait pas terminé son explication, et s'était seulement interrompue pour respirer. Elle sentit toutefois la main de Harry sur son bras, et renonça à poursuivre lorsqu'il lui fit un sourire en désignant discrètement Hagrid du regard. Le demi-géant avait vraiment envie de transmettre sa passion pour les créatures en tout genre, et elle ne l'aiderait pas en expliquant tout le cours à sa place. Avec un soupir frustré mais compréhensif, elle resta silencieuse pour laisser leur ami faire son cours.

- Maintenant, fit Hagrid, ce que vous devez absolument savoir concernant les hypogriffes, c'est que ce sont des créatures très fières qui accordent beaucoup d'importance à la politesse. N'insultez jamais un hypogriffe, ça pourrait bien être la dernière chose que vous feriez dans votre vie.

Lavande émit un petit couinement apeuré lorsque Buck se redressa légèrement sur ses pattes arrières avant de trotter tranquillement dans l'enclos.

- Pour s'en approcher, il faut d'abord s'incliner profondément, et attendre qu'il s'incline à son tour. Et il faut absolument le regarder dans les yeux, c'est indispensable si vous voulez qu'il vous rende votre salut.

Hagrid lança une pièce de viande à Buck, qui s'approcha pour l'attraper au vol et l'engloutit en quelques coups de bec. Avec un grand sourire, le garde-chasse se tourna vers ses élèves.

- Bien, qui veut tenter l'expérience en premier ?

Dans un même mouvement, absolument tous les troisième années reculèrent d'un grand pas. Tous, sauf Harry, qui continuait à regarder l'hypogriffe d'un air fasciné.

- Bravo Harry, je savais que tu serais partant.

Chez les Serpentards, les sourires étaient de retour, et se transformèrent rapidement en rires étouffés lorsque Potter se retourna vers ses amis et constata que tout le monde avait reculé. Sa tête véhiculait parfaitement le mélange d'incrédulité et de résignation qu'il semblait ressentir, et Daphné était certaine qu'il était à deux doigts de dire quelque chose comme "Sérieusement ?" à ses amis.

De son côté, Neville adressa un sourire d'excuse à son ami, Hermione l'encouragea du regard, et Ron évita de croiser ses yeux. Harry soupira et retourna la tête vers Hagrid et l'hypogriffe. Il y avait tellement d'espoir dans les yeux du demi-géant qu'il ne se sentait pas le droit de le décourager et de se dégonfler. D'autant plus que Buck était vraiment magnifique, avec ses grandes ailes gris-argent et ses yeux oranges. Il avait l'élégance d'un cheval de race, et le regard fier des plus grands rapaces.

Sans hésiter, Harry posa son livre au sol et rejoignit Hagrid là où il était afin de recevoir ses consignes. L'hypogriffe était à trois mètres du garde-chasse, et l'observa se rapprocher avec curiosité.

- Bon alors Harry, tu t'approche lentement jusqu'à ce qu'il ouvre ses ailes, et surtout tu le regardes bien dans les yeux.

Le garçon à la cicatrice avança doucement sur l'herbe, et était à un mètre de Buck lorsque celui-ci se cabra et ouvrit ses ailes en grand. Harry s'immobilisa immédiatement sans rompre le contact visuel, et l'hypogriffe se calma. Quelques secondes plus tard, la créature avait l'air plus intriguée qu'agressive.

- Excellent Harry, maintenant, tu t'inclines profondément.

Encore une fois, le brun fit ce qui lui était demandé et abaissa le buste progressivement, en gardant autant que possible ses yeux fixés dans les prunelles oranges de l'animal. À sa grande surprise, Buck fit un pas vers lui et sembla renifler l'air dans sa direction. Harry s'inclina un peu plus bas, juste au cas où, et dut baisser la tête vers le sol pour ne pas se faire mal à la nuque.

Derrière lui, il entendit un concert d'exclamations surprises et un hoquet de stupeur incrédule de la part d'Hagrid. Lorsqu'il osa se redresser partiellement, il écarquilla les yeux.

Buck s'était profondément incliné, au point qu'une de ses pattes avant était fléchie, l'autre tendue devant lui, et sa tête touchait l'herbe. Ses ailes étaient déployées dans toute leur longueur, dirigées vers le sol.

Instinctivement, Harry redirigea ses yeux vers ceux de l'hypogriffe, et constata que celui-ci semblait le regarder avec calme et... respect. Sans prendre le temps d'y réfléchir, il tendit doucement la main vers sa tête, et Buck se redressa juste assez pour que leurs yeux soient au même niveau lorsqu'Harry toucha ses plumes.

Le Griffondor sourit en constatant leur douceur, et se mit à les caresser lentement. La créature parut apprécier le traitement et se mit à émettre un petit bruit de contentement, à mi-chemin entre le ronronnement et le roucoulement. Quelques secondes passèrent avant que Hagrid se remette de sa surprise.

- Incroyable, Harry ! Vingt points pour Griffondor ! s'exclama-t-il. Maintenant je pense qu'il va même te laisser monter sur son dos !

Comme s'il n'avait attendu que sa suggestion, l'hypogriffe se redressa complètement et se tourna pour qu'Harry puisse accéder à son dos, juste derrière ses ailes désormais relevées. Sans réfléchir davantage, le Griffondor fit un grand sourire et s'appuya pour lancer sa jambe et s'installer sur la créature hybride. Il hésita un instant sur la façon de se tenir, mais opta finalement pour poser ses mains entre ses ailes.

Une fois installé, Buck avança de quelques pas en trottant et Harry tourna enfin son regard vers Hagrid et les autres élèves. Le demi-géant avait l'air absolument ravi, et tous les autres semblaient choqués par ce qu'ils voyaient. Ses amis étaient bouche bée, les autres Griffondors le regardaient avec admiration, et les Serpentards avaient apparemment du mal à croire ce qu'ils étaient en train de voir.

- Et maintenant, demanda Harry, qu'est-ce que j...

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase que Buck se mit à galoper droit devant lui en battant des ailes. Harry s'accrocha comme il pouvait à l'hypogriffe en entourant son cou de ses bras, et sentit rapidement qu'ils avaient quitté le sol et étaient en train de voler.

Il entendit à peine les exclamations en-dessous de lui, immédiatement captivé par l'ivresse de la liberté que le ciel lui offrait. Lorsque Buck stabilisa son vol au-dessus du lac, Harry ouvrit les bras et se tint uniquement avec ses jambes, en laissant échapper un rire heureux et sauvage. Buck tourna légèrement la tête vers lui, et sembla approuver son attitude d'un regard brillant de joie, avant d'émettre un cri puissant et fier.

Ils volèrent pendant quelques minutes avant de revenir vers la cabane d'Hagrid. Buck se posa devant l'enclos, et Harry sauta de son dos en un mouvement souple. Il refit immédiatement face à l'hypogriffe, un sourire extatique sur le visage, et s'inclina une nouvelle fois devant lui. Buck lui rendit son salut, avant de s'éloigner d'un pas tranquille pour retourner près du petit tas de morceaux de viande qu'Hagrid avait arrangé pendant leur vol.

- PAR MERLIN HARRY C'ETAIT GENIAL ! hurla Ron dans son dos.

Harry se retourna pour rejoindre ses amis, son sourire radieux toujours scotché au visage, et ses cheveux encore plus en bataille que d'habitude.

Hermione et Neville arrivèrent pour le féliciter juste après, et semblaient ravis pour lui. Harry pouvait presque sentir les étoiles briller dans ses yeux et le bonheur irradier par chaque pore de sa peau. Hagrid arriva à son tour et lui assena une tape sur l'épaule qui l'envoya presque par terre.

- Harry, je suis si fier de toi ! Vingt points de plus pour Griffondor pour ton attitude exemplaire avec Buck, tu as l'étoffe d'un dresseur d'hypogriffes de première classe !

Harry adressa un grand sourire au demi-géant, touché par la remarque et l'admiration sincère qu'il avait sentie dans la voix de son ami.

- Seuls certains sorciers spécialisés se risquent à dresser des hypogriffes, expliqua Neville. Et même pour un expert, ça peut prendre des mois avant qu'ils acceptent de le faire voler sur leur dos.

- Et d'après ce que j'ai lu, un hypogriffe ne s'incline jamais aussi bas la première fois qu'il salue un inconnu, ajouta Hermione.

- Les gars, on parle d'Harry ! s'exclama Seamus en riant. Depuis quand il est concerné par les règles ou la normalité ?

Le reste des Griffondors et Hagrid rirent de bon coeur à la plaisanterie, et Harry se sentit profondément heureux pendant quelques instants. Voler sur le dos de Buck était une expérience totalement différente du vol sur balai, et il avait adoré sentir tous les muscles en action. Le manque de contrôle ne l'avait pas dérangé un seul instant pendant leur escapade, et il se demanda s'il pourrait renouveler l'expérience pendant l'année. Il allait poser la question à Hagrid lorsqu'il remarqua un mouvement à la périphérie de son regard.

Trop occupés à célébrer son retour, aucun des Griffondors n'avait prêté attention aux Serpentards, et Malfoy était en train de foncer vers Buck.

L'hypogriffe s'interrompit dans son repas et tourna immédiatement un regard suspicieux sur l'inconnu qui se dirigeait vers lui. Ignorant Hagrid qui lui disait de s'arrêter et de faire demi-tour, le blond leva une main vers l'hypogriffe avant de s'adresser à lui d'une voix particulièrement condescendante.

- Pour une créature censée être fière, ça n'a pas l'air compliqué de s'approcher de cette grosse bestiole.

Immédiatement, l'hypogriffe se cabra avec un cri furieux et se mit à agiter ses serres dans la direction du Serpentard, qui poussa un cri de douleur avant de tomber par terre.

Hagrid et Harry se précipitèrent aussi vite que possible vers la scène dès qu'ils entendirent Malfoy crier. Le Griffondor s'interposa immédiatement entre le blond et l'hypogriffe, pendant qu'Hagrid attrapait l'élève pour l'éloigner.

- Buck ! cria Harry. Regarde-moi !

Derrière lui, tous les élèves étaient médusés par la scène d'un troisième année face à un hypogriffe en colère. Hagrid prit juste le temps de déposer Malfoy à une distance de sécurité satisfaisante avant de se retourner vers Harry et s'immobilisa dans son mouvement.

Buck était toujours agité, mais avait reposé ses pattes au sol et se contentait de bouger frénétiquement ses ailes et sa tête d'un air énervé. Harry était en face de lui, très droit, et son regard était planté dans celui de l'hypogriffe.

- Buck, calme-toi, déclara-t-il d'une voix posée. Tu es une créature magnifique et noble, tout le monde ici en a conscience. J'ai été honoré de pouvoir voler sur ton dos et je te remercie de m'en avoir offert la possibilité.

Il continua à parler jusqu'à ce que la créature hybride se calme complètement, et le laisse caresser les plumes de son poitrail. Après ça, l'hypogriffe se retourna et s'éloigna du groupe d'élèves.

Harry attendit quelques instants pour être certain que Buck était assez loin, et se retourna en soufflant un bon coup. Il s'immobilisa en voyant toute sa classe muette et figée sur place. Même Malfoy le fixait d'un regard incrédule, malgré son bras ensanglanté.

- Erm... Tout va bien ? demanda-t-il en passant une main dans ses cheveux.

Sa question sembla relancer les fonctions motrices des spectateurs involontaires, et tous les élèves ainsi que Hagrid se mirent à parler en même temps.

- Harry ! Comment tu as fait ça ?

- Merlin Harry, tu es complètement fou !?

- Harry, c'était totalement irresponsable !

- Qu'est-ce qui t'a pris de te mettre entre eux ?

La cacophonie dura un bon moment, jusqu'à ce qu'Hagrid se rappelle qu'il avait un élève blessé et crie à tous ses élèves de se taire et de se calmer.

- Je vais emmener le jeune Malfoy à l'infirmerie. Pour tous les autres, le cours est terminé.

- Cette horreur m'a blessé ! s'indigna le Serpentard. Mon père en entendra parler !

Pendant que Hagrid emmenait le blond vers le château, suivi par tous les autres élèves de sa maison, les Griffondors ramassèrent leurs affaires en discutant du cours assez incroyable qu'ils venaient d'avoir. Mais seul Neville, qui était le plus proche d'Harry, avait entendu le brun murmurer une phrase tandis que les Serpentards s'éloignaient.

- Il n'y a pas que ton père qui en entendra parler, crois-moi...

La phrase le laissa curieux, mais comme Harry s'était visiblement plus parlé à lui-même qu'autre chose, Neville ne releva pas. Son ami faisait probablement référence à Dumbledore ou McGonagall de toute façon.

-o-oOo-o-

Au diner, Malfoy était déjà de retour et prenait visiblement un plaisir certain à être au centre de toutes les attentions de sa maison. En revanche, à toutes les autres tables, on ne parlait que de l'exploit d'Harry et de la façon dont il avait pu voler à dos d'hypogriffe dès son premier cours, et le calmer sans être blessé ou attaqué quelques minutes plus tard.

Ce fut Dean, qui avait entendu par Lavande qui le tenait d'une Poufsouffle dont une amie avait entendu un Serdaigle discuter avec sa soeur qui était à Serpentard, qui informa les autres de ce qui s'était passé à l'infirmerie.

- Apparemment, Malfoy exige que Buck soit mis à mort pour l'avoir blessé et qu'Hagrid soit renvoyé pour l'avoir mis en danger.

- Quoi !? s'exclama Harry.

Seamus grimaça.

- Harry, son père est au conseil d'administration de l'école, alors...

- Parce qu'il compte encore se cacher derrière son père pour obtenir ce qu'il veut ? Cette fois c'en est trop, je vais le...

- Harry !

Hermione s'était levée en même temps que Harry, et les deux Griffondors étaient désormais en train de s'affronter du regard, inconscients que le reste de la Grande Salle devenait progressivement silencieux pour écouter leur altercation. Le fait qu'ils soient chacun d'un côté de la table renforçait l'impression d'affrontement. Harry avait le mur dans son dos, mais n'avait pas vraiment conscience de la présence des tables derrière Hermione et était juste en train de laisser sa colère prendre le dessus.

- Tu restes à cette table, lui ordonna-t-elle. Il est hors de question que tu l'attaques !

- Hermione, Malfoy a été blessé parce qu'il s'est comporté comme un crétin arrogant et a ignoré toutes les consignes de sécurité d'Hagrid ! Il a insulté un hypogriffe en étant à moins d'un mètre de lui, par Merlin ! cria Harry.

- Ce n'est pas la question ! répliqua-t-elle sur le même ton.

- Oh vraiment ? Alors peut-être que la question, c'est de savoir à quel point il faut être lâche pour aller se réfugier derrière son père et exiger la mort d'une créature innocente et le renvoi d'un professeur compétent !

- Malfoy s'est comporté comme un imbécile prétentieux et on le sait tous les deux, mais tu ne résoudras rien en l'attaquant maintenant !

- Et quand est-ce qu'il faut que je l'attaque pour résoudre le problème alors !?

- Potter ! Granger !

Les deux Griffondors s'interrompirent en entendant la voix impérieuse de leur directrice de maison juste à côté d'eux. Obnubilés par leur échange et leurs cris respectifs, ils ne s'étaient même pas rendus compte qu'elle s'était approchée.

- Professeur McGonagall, commença Hermione, je...

Mais celle-ci leva la main pour lui intimer le silence.

- J'ai cru comprendre que vous aviez un différend, mais ce n'est ni le lieu ni l'heure pour en discuter.

D'un coup, Harry prit conscience que tout le reste de la Grande Salle avait les yeux rivés sur Hermione et lui. Ses yeux se dirigèrent instinctivement vers Malfoy et il lui lança un regard noir. Sans même répondre à McGonagall, il s'éloigna de la table de Griffondor et sortit de la Grande Salle en furie, ignorant royalement son nom appelé derrière lui. Il se dirigea immédiatement vers le dortoir, attrapa sa cape d'invisibilité et le journal de Tom, et ressortit aussi rapidement pour aller utiliser le passage secret dans la bibliothèque.

Il se retrouva dans la Chambre en moins de quinze minutes, et hurla un grand coup pour expulser une partie de sa colère.

- Maître Harry ?

Le Griffondor se retourna juste à temps pour voir Artémis sortir de la bouche de Salazar. Sans un mot, il se précipita vers elle et entoura son corps avec ses bras dans le câlin le plus efficace qu'il pouvait prodiguer à un serpent géant. Il sentit la surprise de son familier, mais bientôt la tête du serpent vint se frotter doucement contre son dos.

- Désolé Artémis, j'étais vraiment en colère.

- Je l'ai senti. Dois-je tuer la personne qui en est la cause ?

Harry eut un petit rire.

- C'est tentant, mais non. Malfoy est juste un imbécile lâche et prétentieux.

- S'il t'a mis en colère...

- Artémis, je ne veux pas que tu tues des gens en mon nom. Pas maintenant, pas plus tard. Tuer ne permettrait pas de régler le problème, de toute façon, soupira-t-il.

- Quel est le problème alors, maître Harry ?

Le sorcier brun lui fit un rapide récapitulatif du cours de Soins aux Créatures Magiques, et sentit une pointe de jalousie chez Artémis lorsqu'il évoqua le vol sur le dos de Buck. Une fois qu'il eut terminé, il posa sa main sur la marque en forme d'éclair entre ses yeux.

- Artémis, j'ai aimé voler sur son dos, mais c'est tout. Aucune créature ne prendra la place que tu occupes dans ma vie, je te le promets.

La déclaration sembla la rassurer, mais elle préféra faire comme si elle n'avait pas considéré l'hypogriffe comme une menace de toute façon. Harry comprit rapidement que selon elle, ces créatures volantes étaient stupidement fières sans véritable raison, contrairement aux basilisks qui étaient - toujours selon elle - bien plus puissants.

Une fois tous les deux apaisés, ils discutèrent de leur été. Artémis trembla d'une fureur meurtrière à la seule mention des Dursleys, et Harry attendit qu'elle se soit calmée pour lui parler des Détraqueurs.

- Ils vont patrouiller tout autour de Poudlard jusqu'à attraper Sirius Black, et je suis inquiet pour toi si tu sors.

- Je ne risque rien, maître Harry. Ces créatures ne perçoivent pas la présence des animaux et des créatures, seulement celle des humains. Mais je pourrais attraper ce Sirius Black pour les faire partir, proposa-t-elle.

Harry hésita. Sa discussion de la veille avec Tom l'avait fait réfléchir, et il en avait conclu qu'il y avait trop de questions sans réponses autour de cet homme.

- En fait... j'aimerais lui parler. Si jamais tu le trouves, est-ce que tu pourrais l'amener ici sans le tuer ?

- Naturellement, maître Harry. Mais comme je n'ai jamais goûté son odeur, je ne peux pas promettre de le trouver facilement.

- Je ne t'ordonne pas de le trouver, Artémis ! C'est juste... au cas où tu le croiserais.

- Je comprends. Si je le vois, je le garderai en vie pour l'amener ici et je te préviendrai aussitôt.

Harry lui fit un grand sourire.

- Merci Artémis, tu es la meilleure.

La Reine des Serpent redressa la tête et émit un sifflement fier et hautain, mais en étant aussi proche d'elle, le Griffondor pouvait sentir grâce au tatouage que le compliment l'avait touchée.

Il passa encore un peu de temps à la câliner, et finit par s'asseoir contre elle pour sortir le journal de Tom. En quelques instants, il se retrouva dans une autre de ses forteresses mentales, une grotte ouverte au sommet d'une montagne avec une vue imprenable sur une vallée en contrebas.

- Changement de décor, aujourd'hui ? fit une voix moqueuse depuis l'intérieur.

Harry se retourna avec un sourire et ne prit pas la peine de relever la légère trace d'humour moqueur. Tom s'avança pour le rejoindre au bord du gouffre, et les deux s'assirent avec les jambes qui se balançaient dans le vide. Ayant l'avantage d'être dans son propre esprit, le garçon à la cicatrice pouvait s'assurer qu'aucun coup de vent malvenu ne les ferait tomber.

- Qu'est-ce qui s'est passé de si urgent pour que tu me contactes avec six jours d'avance ? demanda Tom.

Le Griffondor sentit sa temporaire bonne humeur s'éloigner.

- Malfoy, grinça-t-il. Voilà ce qui s'est passé.

- Draco t'a enfin fait une déclaration convenable pour répondre à la Saint-Valentin de l'an dernier ? Et bien, mieux vaut tard que jamais j'imagine...

- Il a insulté un hypogriffe en cours de Soins et exige qu'il soit mis à mort pour l'avoir blessé et qu'Hagrid soit renvoyé.

L'ancien préfet resta sans voix pendant trois secondes, puis regarda Harry d'un air à la fois incrédule et consterné.

- Le fils de Lucius a insulté un hypogriffe ? répéta-t-il lentement.

Le garçon à la cicatrice hocha la tête, puis soupira.

- Je n'ai pas vraiment envie d'expliquer tout ce qui s'est passé une fois de plus. Tu peux directement aller voir mon souvenir pour la version détaillée.

- Merci. Je reviens dans une minute.

L'image du Serpentard disparut dans un volute de fumée et Harry resta à regarder le paysage devant lui. C'était le genre de moment où il avait le plus envie d'avoir son balai et de passer des heures en vol, pour jouer avec les courants et tout oublier tant qu'il était dans les airs. Cette fois-ci, il s'imagina être à dos d'hypogriffe, et la pensée le fit sourire. Quelques instants plus tard, Tom réapparut à côté de lui, et il arborait une mine partagée entre le sourire amusé et la consternation profonde. Un étrange mélange sur le visage d'un adolescent de quinze ans qui abritait l'esprit d'un homme qui en avait plus de soixante.

- Draco est le portrait craché de son père et son grand-père, finit-il par dire avec un petit sourire en coin.

Harry le regarda sans comprendre.

- Sérieusement, tu n'as pas compris pourquoi il a réagi de cette façon après ta démonstration ? D'ailleurs, ajouta-t-il, mes félicitations pour avoir séduit un hypogriffe aussi facilement, ajouta le Serpentard, Salazar sait à quel point ces créatures peuvent être butées...

- Merci, mais... pourquoi D-Malfoy a fait ça ? C'était stupide de sa part et franchement, à part montrer qu'il est prétentieux, ça ne lui apportait rien !

Tom le regarda attentivement pendant quelques secondes, mais finit par secouer la tête en riant doucement.

- J'abandonne, tu es trop innocent pour ce monde.

- Tom, je suis sérieux !

- Je sais Harry, l'apaisa l'ancien préfet. Hagrid ne sera pas renvoyé, pas alors qu'il a fait exactement ce qui était attendu d'un professeur devant autant de témoins. Pour Buck en revanche... il a blessé Draco, et Lucius n'est pas du genre à laisser passer ça.

- Mais Buck a juste réagi instinctivement ! s'énerva le plus jeune.

Tom regarda le jeune sorcier brun à côté de lui, et la flamme qui brûlait dans ses yeux. Son regard se fit calculateur et prudent, et il prit le temps de choisir ses mots avant de répondre.

- Il y a peut-être un moyen de régler ce problème en même temps qu'un autre.

Harry ne répondit pas mais fronça les sourcils. Tomn soupira, conscient que les rares fois où Harry l'avait regardé de cette façon étaient lorsque le Serpentard préparait le terrain pour une conversation que son protégé n'allait définitivement pas apprécier.

- Tu te souviens de notre discussion de cet été ? Quand on a discuté de la nécessité de rassembler les autres horcruxes ?

- Oui, fit Harry en hochant la tête après quelques secondes. Quel est le rapport avec Buck ?

- Et bien... De là où tu es, tu n'as pas accès à beaucoup d'informations pour pouvoir les récupérer, poursuivit prudemment Tom. En revanche, Lucius n'est pas surveillé par Dumbledore, et dispose de moyens nettement plus conséquents.

Harry continua à le fixer en attendant la suite, mais le Serpentard attendit patiemment que son jeune protégé comprenne la fin de son raisonnement tout seul. Après quelques instants, Harry écarquilla les yeux, et la panique envahit son regard en une seconde.

- Tu veux que je lui rende ton journal, fit-il d'une voix tremblante.

- Harry, ce ne serait pas tout de suite, et je ne t'abandonne pas, le rassura immédiatement l'ancien préfet. Tu sais que je te considère comme un membre de ma famille, et je ne suggèrerais pas l'idée si je n'étais pas persuadé que tu pouvais t'en sortir parfaitement sans mon aide.

- Tu...

L'ancien mage noir observa quelques instants le visage décomposé de son protégé, et finit par envoyer ses hésitations au placard pour l'entrainer dans une étreinte réconfortante. Ni Harry ni lui n'étaient à l'aise avec les démonstrations d'affection, mais il était évident que le jeune Griffondor avait besoin d'être rassuré. Après que tous les adultes dans sa vie l'aient abandonné, blessé ou trahi, réussir à faire confiance au meurtrier de ses parents lui avaient probablement coûté les derniers espoirs qu'il acceptait de placer dans une quelconque forme de figure parentale.

Etant tous les deux assis au bord d'une falaise, ils s'étaient simplement tournés l'un vers l'autre et Harry avait enfoui son visage dans l'uniforme de Tom, ses mains crispée dans les plis de la robe noire de l'ancien élève pendant que celui-ci l'entourait de ses bras. Pour une fois, Tom regrettait presque de n'avoir aucune expérience préalable avec des enfants afin de savoir comment calmer une crise d'angoisse. À défaut, il se mit à parler d'une voix calme et posée, en espérant réussir à calmer le plus jeune.

- Harry, je ne t'abandonne pas. Tu peux compter sur moi, et sur Artémis. Mais si je veux pouvoir t'aider, et aider le reste du monde sorcier, il va falloir que je retrouve les autres morceaux de mon âme et le moyen de les réunir. Et pour ça, il me faut l'aide de Lucius Malfoy. Tu portes déjà beaucoup de choses sur tes épaules pour un sorcier de treize ans, je n'ajouterai pas un fardeau supplémentaire si je peux l'éviter. Ce serait simplement pour quelques mois.

Petit à petit, la respiration et les sanglots du Griffondor se calmèrent, et les deux descendants de Salazar se séparèrent, un peu mal à l'aise mais chacun avec une ombre de sourire sur les lèvres.

- Désolé d'avoir réagi comme ça, c'était stupide, murmura Harry.

- Ce n'était pas stupide, fit doucement Tom. Tout le monde a besoin de quelqu'un sur qui s'appuyer de temps en temps, ou au moins de pouvoir relâcher un trop-plein d'émotions.

Harry tourna son regard vers le paysage, et prit le temps de complètement calmer sa respiration avant de formuler un remerciement dans un souffle. Toujours sans regarder le Serpentard, il inspira un grand coup et prit la parole d'un ton posé.

- Comment on organise le transfert ?

- Le plus efficace serait sans doute de transmettre mon journal à Draco avec une lettre pour Lucius, déclara Tom dans un accord tacite de mettre toute forme de sentimentalité de côté. J'imagine que ton rival rentrera chez ses parents pour Noël, ce sera sans doute la meilleure occasion à notre disposition.

- Je pense aussi, aquiesça Harry. J'ai confiance en Hedwige, mais pas en Dumbledore. Mieux vaut limiter les risques.

L'ancien mage noir hocha la tête.

- Pour plus de précautions, poursuivit-il, je pense que...

- Que le mieux serait d'attendre la veille du départ du train pour lui donner ton journal et la lettre, de préférence en simulant une altercation pour s'isoler et ne pas éveiller les soupçons ?

Tom regarda le Griffondor avec une légère surprise, puis se mit à rire. Le plus jeune avait un sourire satisfait scotché sur le visage, et semblait très fier de lui.

- Et tes amis pensent toujours que ta place est à Griffondor ? plaisanta-t-il finalement.

- Personne n'imagine que je puisse aller ailleurs, répliqua Harry avec un clin d'oeil. Il paraît que ça va de pair avec le fait d'être le Garçon qui a Survécu.

Les deux poursuivirent une conversation légère, et Tom rassura une dernière fois Harry qu'il ne comptait pas l'abandonner avant que celui-ci ne rompe la communication.

Le Griffondor rouvrit les yeux pour constater qu'il était au milieu d'un enchevêtrement reptilien, Artémis s'étant visiblement enroulée autour de lui pendant qu'il était en conversation avec Tom. Elle se réveilla en le sentant revenir à lui, et le Griffondor lui fit un dernier câlin avant de repartir en lui souhaitant une bonne nuit.


Commentaire de la bêta : Harry est bien trop innocent, Draco bien trop stupide et Artémis bien trop protectrice ! Heureusement que Neville est bien trop parfait...