J'ai appris hier, comme le monde entier d'ailleurs, que la reine Elisabeth II était décédée.
Je tiens à exprimer mes sincères condoléances aux éventuels lecteurs Anglais, qui doivent faire face à une perte tragique. Ça fait bizarre de se dire qu'on ne la "verra" plus.
Qu'on l'aime ou pas, qu'on la respecte ou pas, c'était un pilier de la monarchie et une très grande dame.
Qu'elle repose en paix.
oOoOo
Mais revenons à mon histoire. La rencontre tant attendue entre Bilbo et Thorín est enfin là !
Bonne lecture à tous et j'attends avec impatience vos commentaires.
oOoOo
Chapitre 13
Assit sur le lit et les jambes pendantes, Bilbo mangeait de bon appétit. Il avait déjà eu un premier petit déjeuner composé d'un thé parfumé et accompagné de plusieurs petits gâteaux au miel et maintenant, il goûtait une espèce de brioche aux épices qui lui ravissait les papilles.
Le docteur avait tenu parole et il mangeait plusieurs petits repas par jour. Jamais dans toute sa vie, il n'avait pensé qu'un jour il mangerait à sa faim et quelque fois, il n'arrivait même pas à finir son plateau. Ça ne faisait que quelques jours qu'il était dans la montagne mais les plaies de son dos guérissaient et n'étaient plus autant sensibles.
Sa jambe ne lui faisait presque plus mal, mais comme Oín lui avait interdit de poser le pied au sol, il ne pouvait pas marcher sans aide et n'avait pas essayé.
Il était toujours angoissé à l'idée d'aller aux toilettes, mais le docteur ne s'était plus servit de son appareil. Par contre, il n'avait pas échappé à un examen minutieux qui l'avait mis mal à l'aise comme jamais, même si Oín avait été très doux et lui avait expliqué en détail tout ce qu'il allait faire.
Et pour faciliter le travail de ses intestins sans risquer de forcer sur ses déchirures, il buvait un thé spécial deux fois par jour. En bref, tout allait pour le mieux. Pour le moment...
Bilbo s'inquiétait de savoir ce qu'il allait devenir quand les nains qui l'avaient accueilli lui demanderait de rentrer chez lui. Mais c'était où chez lui ?
Il n'avait plus aucun souvenir de sa vie d'avant les frères. Que ferait-il s'il devait quitter la montagne ?
A part voler et mendier, il ne savait rien faire !
Il savait lire et écrire, mais qui aurait besoin d'un hobbit ne sachant faire que ça ?
Il connaissait un peu les plantes et leurs vertus. Peut-être que le docteur et Ulvàr auraient besoin d'une sorte de secrétaire ?
Oui, il allait leur proposer ça afin de rembourser une petite partie de la dette qu'il avait envers eux. Ce peuple l'avait sauvé d'une mort certaine et c'était la seule chose qui lui venait à l'esprit pour le moment.
-Bonjour Bilbo ! Comment vas-tu ? S'exclama Ulvàr.
-Bonjour ! J'vais bien, merci. Cette brioche est super bonne, j'en avais jamais mangé avant, c'est quoi ?
Depuis qu'il avait remarqué que personne ne s'approchait de lui et ne le touchait sans sa permission, Bilbo était beaucoup plus jovial. Il parlait plus facilement et souriait souvent, ce qui ravissait Oín et Ulvàr. Sans parler de Kolya qui appréciait beaucoup le petit homme.
-Oh la... il faudra demander à Bombur pour ça. Moi, je me contente de prendre les plateaux qu'il fait préparer à ton intention.
-Faudra lui dire merci d'ma part alors, j'ai jamais rien mangé d'aussi bon depuis un bail. Vous voulez goûter un morceau ?
-Je ne pense pas que le docteur soit d'accord avec le fait que je mange les plats des patients...
-Mais y'en a trop... et j'veux pas gâcher...
-Oh ! Ne t'en fait donc pas pour ça ! Rien n'est gaspillé ici. Les nains ont une réputation de gros mangeur... et tes restes, s'il y en a, finiront dans l'auge des cochons. Faut bien qu'ils mangent aussi !
-J'me rappelle de vos histoires sur la vie avant Erebor. C'était pas facile pour vous non plus...
-Nous ne sommes pas les plus à plaindre. Quand Laketown a pris feu, non seulement ses habitants ont tout perdu, mais ils ont dû réparer quasiment toutes les maisons de Dale alors que nous n'avons eu qu'à réinvestir des murs. Se contenter de changer la décoration ou fabriquer de nouveaux meubles est beaucoup plus facile... enfin bref ! Alors comme ça, tu auras la visite du roi cet après-midi ?
-C'est c'que l'docteur a dit hier...
-Toi, tu angoisses pour rien. Tu vas voir, il est très gentil !
-J'y peux rien... vous avez dit qu'il était impressionnant. Vous êtes déjà tous plus grands qu'moi alors...
-Ecoute, tu ne seras pas seul avec lui. Et tu as Kolya comme garde du corps !
-Ouais, mais c'est un d'ces gardes...
-Tu n'as pas tort... Admit Ulvàr en secouant un peu la tête. Mais ne te fais pas de mouron avant l'heure, ça ne sert à rien. Tu as fini ?
Bilbo regarda son plateau et s'aperçut qu'il avait mangé toute la brioche sans s'en rendre compte.
-Oui... suis-je bête, il n'y a plus rien dessus. Ça tombe bien, j'ai apporté ça.
Ulvàr posa l'assiette vide sur la table à côté du lit et la remplaça par une boite qu'il ouvrit.
-Tu aimes jouer ?
-J'sais pas... j'ai jamais eu l'occasion...
-Et bien il y a toujours un commencement à tout. Ça s'appelle les dominos, les hommes de Dale jouent souvent à ça dans les tavernes. Remarque, les nains aussi. Bon, je t'explique...
Bilbo écouta, ravi, les règles du jeu qu'avait amené Ulvàr. C'était la première fois qu'il avait l'occasion de s'amuser sans penser à rien d'autre qu'à savoir quelle pièce il allait mettre et après avoir gagné plusieurs parties, il se rendit compte qu'il aimait beaucoup les jeux de réflexion...
Le temps passa vite et midi arriva, ainsi que le repas que Kolya apporta. Et Bilbo ouvrit grands les yeux en voyant la quantité incroyable de nourriture qu'il y avait.
-Mais jamais j'pourrais manger tout ça !
-En fait, l'aide cuisinier de Bombur a dit qu'il y en avait assez pour vous, le docteur et son infirmier et moi... si ça ne vous dérange pas que je mange à vos côtés... Expliqua Kolya.
-Et si on se faisait un pique-nique ? Lança Ulvàr en se levant et en prenant le plateau.
-C'est quoi un pique-nique ? Demanda Bilbo.
-Tu ne connais pas ? C'est un repas que l'on fait quand on se balade. On pose toute la nourriture par terre et on s'assoit autour. Tout le monde mange ce qu'il veut et quand il veut. On se raconte aussi des histoires, on peut faire des jeux, c'est sympa et ça permet de se détendre. Ça te dit ?
Bilbo avait les yeux qui pétillaient d'envie. Manger par terre, il connaissait. Mais la plupart du temps, c'était en silence et rapidement parce qu'il ne fallait pas s'attarder trop longtemps au même endroit. Là, il allait pouvoir prendre son temps et profiter de la compagnie de personnes qu'il appréciait beaucoup.
-Ouais, ça m'plairait assez...
-Mais comme tu n'as pas le droit de poser ton pied par terre, je vais mettre des couvertures sur le sol et Kolya te posera dessus. Est-ce que c'est bon pour toi ? Demanda Ulvàr.
Bilbo regarda Kolya qui était debout, les bras le long du corps, en attendant de savoir ce qu'il devait faire. Sans rien dire mais avec un grand sourire, il tendit les bras, paumes levées. Son garde du corps s'approcha doucement et fit très attention en le prenant.
Personne ne lui avait dit pourquoi il devait le protéger, ni pourquoi il était à l'infirmerie, mais il avait bien vu qu'une des jambes du hobbit était blessée assez gravement pour qu'il n'ait pas le droit de marcher. Oín entra au moment où Bilbo était posé sur un tas de couvertures qui lui faisait un matelas très confortable et sourit en voyant qu'il semblait beaucoup plus à l'aise et se laissait toucher.
-Et bien et bien... qu'est-ce que vous faites ?
-On va pique-niquer, docteur ! Vous nous accompagnez ? Bombur a fait un super plateau repas pour nous tous ! Et c'est le premier de notre patient...
-Pourquoi pas ? Après tout, c'est bien la première fois qu'c'est aussi calme ici...
Sans plus de façon, il s'assit à côté de Bilbo et piocha dans un plat. Comme si les autres n'attendaient que ça, ils se servirent et mangèrent tout en discutant et en rigolant. Bilbo ne parla pas beaucoup mais regardait les nains tout en grignotant une petite tarte aux légumes fondants.
Ses amis parlaient fort, s'envoyaient de grands coups de coude dans les côtes et Ulvàr tomba même à la renverse quand Oín le tapa sur l'épaule tout en rigolant à une anecdote qu'avait raconté Kolya. Ils mâchaient plutôt bruyamment et quand ils riaient, des morceaux de nourriture jaillissaient parfois de leurs bouches et atterrissaient au petit bonheur la chance.
Mais c'était le plus merveilleux de tous les repas qu'il avait fait jusqu'à maintenant...
oOoOo
Thorín avait quitté la salle d'entrainement et comme il n'avait pas vu Kíli au petit déjeuner ni au déjeuner, il supposait qu'il était encore dans sa chambre. Avec la fête de la veille, il ne doutait pas de l'état dans lequel il allait trouver son neveu mais il prit quand même le temps de se laver et de se changer avant d'aller le voir.
Il frappa à la porte et attendit quelques instants avant de baisser la poignée et faire un pas dans la pièce. Il frissonna sous la simple tunique qu'il portait et remarqua que la cheminée était éteinte, mais comme il y avait encore des braises, il jeta des brindilles et attendit qu'elles brûlent avant de mettre des bûches dans le foyer.
Une fois fait, il se tourna vers le lit et sourit. Kíli était couché sur le ventre, un bras pendant à côté du matelas et ronflait, la bouche entrouverte. Un petit filet de bave coulait sur sa joue et une tache d'humidité auréolait le drap, preuve que ça faisait un bout de temps qu'il n'avait pas bougé. Ses cheveux étaient étalés sur l'oreiller et une mèche lui passait devant les yeux.
Et à chaque fois qu'il respirait, ça devait le chatouiller parce qu'il fronçait le nez. Il pensa demander à Ori d'immortaliser ce moment en le dessinant, quand il réalisa que le scribe était déjà sur place. En fait, il était couché à côté de Kíli et mâchouillait un bout de drap. Thorín ne put se retenir et éclata de rire, réveillant en sursaut les deux jeunes nains.
-J'ai rien fait Dori ! S'exclama Ori en se redressant brusquement.
-C'est Fíli qui m'a dit d'le faire ! S'exclama Kíli en tombant presque du lit.
-J'aimerai bien savoir ce que ton frère t'a demandé de faire... et étant donné qu'il est parti depuis presque une année maintenant, je doute qu'il soit le véritable responsable...
Kíli regarda son oncle qui se tenait au pied du lit et avait les bras croisés sur sa poitrine.
-Nous devons discuter... Ori, peux-tu nous laisser ?
-Bien sûr votre majesté !
Le scribe sauta presque du lit et ramassa ses chaussures avant de sortir de la pièce tout en s'inclinant une dernière fois devant son roi.
-Bonne journée votre majesté, ainsi qu'à vous, votre altesse...
-Ori, pas de ça ! S'exclama Kíli en grimaçant.
Mais son ami était déjà sorti.
-J'ai essayé, mais je crois qu'avec lui, ça ne marchera pas.
-Tu l'impressionnes...
-Toi aussi ? S'étonna Thorín.
-Je ne crois pas, mais comme tu étais là... Soupira Kíli. Alors comme ça on doit parler ?
-Oui. A propos de ton futur mariage.
-Si tu comptes me parler des fleurs et des abeilles, je sais déjà comment ça marche mon oncle.
-Des fleurs et des abeilles ? Mais de quoi tu parles ?
-Sexe. Je te parle de sexe... même si j'ai pas envie de parler de sexe avec mon oncle... Gémit Kíli.
Thorín ne s'était jamais demandé si ses neveux savaient comment se comporter au lit avec une naine, ou même un nain et il prit conscience que c'était quelque chose qu'il avait carrément ignoré. Fíli était marié et avant qu'il ne parte avec Sigrid voir sa mère dans les Montagnes Bleues, aucun des deux jeunes mariés n'avaient l'air embarrassé en présence de l'autre.
Est-ce qu'une autre personne avait pris en charge cette partie de l'éducation qui était quand même importante dans la vie d'un couple ?
-Qui... ?
-Balín...
Bien sûr. Son conseiller avait été le précepteur de ses neveux et il savait qu'il pouvait compter sur le vieux nain pour les mettre au courant de tout ce que lui, leur oncle, ne se sentait pas capable d'enseigner.
Encore une fois, la question de savoir s'il était un bon roi s'imposa à lui. S'il pouvait faire l'impasse sur un sujet qui l'embarrassait, pouvait-il s'occuper correctement des besoins de son peuple ?
-Mon oncle ? Qu'est-ce que tu as ? S'inquiéta Kíli.
Thorín se redressa et regarda son neveu.
-Je me demandais juste si je n'étais pas passé à côté de certaines choses dans votre éducation, à toi et ton frère...
-Oh non non non ! Tu n'vas pas remettre ça ! Tu as toujours été là pour nous, tu nous as soigné, tu as fait en sorte qu'on puisse vivre une vie presque normale et de toute façon, personne n'est parfait, pas même toi !
Impressionné par la répartie très réfléchie de son neveu, Thorín dut admettre qu'il avait raison.
-D'accord... mais en fait, ce n'était pas de ça dont je voulais te parler...
-Oh... alors je me suis ridiculisé pour rien ?
-Un peu... Ricana Thorín, mais à propos de ton union avec l'elfe, il y a des choses que tu dois savoir.
Kíli s'assit bien droit à la tête de son lit et angoissa un peu en attendant la suite. Son oncle avait toujours tenue parole jusqu'à présent, mais est-ce qu'il en était de même pour Thranduil ?
-Tu sais que j'ai donné le collier de Lasgalen à Thranduil comme une sorte de moyen de pression et j'espère que tu ne m'en veux pas de lui avoir parlé avant toi. Je sais que tu aurais sûrement préféré faire ta demande personnellement et que j'ai sans doute gâché un moment important dans ta vie et je m'en excuse.
-Mon oncle, jamais je ne pourrais t'en vouloir. C'est vrai que j'aurais bien aimé voir sa tête quand j'aurais demandé à Tauriel de s'unir avec moi, mais le fait qu'il ait accepté est le plus important.
-Je ne sais pas ce que font les elfes quand ils se marient. Vas-tu suivre la tradition de notre peuple ?
-J'ai pas vraiment réfléchi à ça... je pourrais mélanger les deux... qu'est-ce que tu en penses ?
-C'est un comportement très diplomatique et ça me plait. Ton frère à fait la même chose pour son mariage avec la fille de Bard.
-J'ai pensé à des perles de cuivre pour ses cheveux, comme premier cadeau de cour. Qu'en penses-tu ?
-La question est de savoir si ce cadeau est celui qui te fait penser à ta promise...
Kíli fit la grimace et secoua la tête.
-Non... c'est une guerrière et un archer fantastique... et je sais c'que j'vais lui faire ! S'exclama-t-il alors. Merci mon oncle, j'vais m'y mettre tout d'suite !
Kíli se leva de son lit en sautant et se précipita vers la porte.
-Je devrais peut-être me laver et me changer avant... Marmonna-t-il, la main devant la poignée.
-Bonne idée... Ironisa Thorín. Je vais voir le hobbit tout à l'heure, tu viens avec moi ?
-Oui ! Et je vais en profiter pour lui donner la fourrure du loup. J'espère que ça ne lui rappellera pas de mauvais souvenirs... bon, j'y vais !
Thorín le regarda se précipiter dans sa salle de bain et sortit de la chambre. Comment son neveu si enthousiaste, si naturel et si enjoué avait pu grandir et devenir ce merveilleux nain sans qu'il s'en rende compte ?
Il était vraiment très fier de lui...
oOoOo
Nori et Legolas avaient bien avancé et se tenaient au milieu d'une clairière. L'elfe était appuyé contre un arbre et regardait le nain marcher lentement dans l'herbe haute. Il savait qu'il pouvait l'aider mais il voulait voir comment il allait s'en sortir. Il était chasseur et un bon pisteur, mais le nain n'était pas mal non plus.
-Vous avez vu quelque chose ? Demanda-t-il en le voyant s'accroupir.
-Y'a du sang...
La curiosité l'emportant sur son ressentiment, Legolas s'approcha de son partenaire et se baissa également.
-J'sens l'odeur d'un loup, mais j'en suis pas sûr à cent pour cent...
-Donc on peut penser que c'est effectivement bien là que les vôtres ont trouvé le hobbit...
-Y'a des traces de chaussures qui viennent de cette direction. S'exclama Nori en regardant vers l'Ouest.
-Les hobbits ne portent pas de chaussures.
-Celui-là, si.
-Alors comment savoir si ces traces sont les siennes ou celles de quelqu'un d'autre ?
-Celles de Kíli et Dwalín viennent de l'Est. Celles-là sont très rapprochées, c'qui veut dire que la personne n'a pas de grandes jambes. Mais les traces sont grandes et les enfants des hommes ne sont pas grands et ont des petits pieds. Je suppose que c'est pareil pour les elfes ? Les nains ne sont pas grands non plus, mais ils sont lourds et leurs bottes font des empreintes beaucoup plus profondes. Il ne reste plus que le hobbit...
-Bonne déduction... Acquiesça Legolas.
-On va par là. Continua Nori en allant chercher son cheval.
Black-Pearl frotta son museau dans le cou du nain en soufflant doucement et Nori lui parla encore dans cette langue gutturale que l'elfe ne comprenait pas.
-Qu'est-ce que vous lui avez dit ?
-C'est du Khuzdul.
-Et ?
-C'est du Khuzdul...
Comprenant qu'il n'en saurait pas plus, Legolas prit les rênes de son cheval avant de sauter en selle. Et il soupira en voyant la fière jument plier ses antérieurs et attendre sagement que son petit cavalier grimpe sur elle. Jamais il n'avait vu aucun cheval se comporter de cette façon et encore moins avec les nains mais il appréciait que son compagnon de recherche prenne soin de sa monture.
Ils poussèrent leurs chevaux vers l'Ouest et très vite, ils sortirent de la forêt.
-Les traces se perdent dans les hautes herbes le long du fleuve, ça risque de nous retarder...
-Le hobbit a dit qu'ils venaient du Sud et qu'ils marchaient vers le Nord. En traversant le fleuve, on devrait trouver des traces.
-Et ils n'ont pas dû prendre la passe des Monts Brumeux. A cette époque ça devient difficile.
-Sauf s'ils veulent quitter c'coin au plus vite... Continua Nori. C'est c'que j'ferais à leur place.
-J'ai l'impression que vous ne m'avez pas tout dit à propos de ce hobbit...
-Vous savez c'que vous avez besoin d'savoir.
-Qu'est-ce que cet homme lui a fait ? Insista Legolas.
Nori stoppa son cheval et fit face à l'elfe. Il l'observa quelques instants et vit qu'il n'y avait pas de malice, juste une envie de connaitre la vérité. Si ça avait été un nain qui avait été blessé, il n'aurait rien dit, connaissant l'inimitié entre leur peuple, mais Bilbo était un hobbit. Un peuple qui n'avait de problème avec personne.
-Il l'a sauvagement battu et violé.
-On prend la passe et on rattrape ce salopard... Grogna Legolas.
-Il est à moi... Lui rappela Nori.
-Je pourrais quand même m'amuser un peu ?
-Ça peut s'faire... Lui répondit Nori avec un sourire mauvais.
Les deux cavaliers tournèrent leurs chevaux et galopèrent vers la Grande Route de l'Est...
oOoOo
Avec tous les bons petits plats préparés par Bombur, Bilbo se refaisait une santé. Il n'avait pas encore l'anatomie habituelle des hobbits, à savoir une bouille bien ronde et un estomac plutôt proéminent, mais il n'avait plus les joues creuses et les cernes violets qui assombrissaient ses beaux yeux verts.
Après le repas de midi, lui et Ulvàr avaient encore joué aux dominos, mais en voyant son patient bailler plusieurs fois, Oín avait décidé qu'il devait faire une sieste et qu'ainsi, il oublierait peut-être que le roi devait venir lui rendre visite. Il rangeait quelques bocaux quand il entendit frapper à la porte et il n'attendit pas longtemps avant de voir Bofur qui tenait à la main la fameuse canne qui lui avait demandé.
-Quel superbe travail ! S'extasia-t-il en la prenant dans sa main. Ça sert à quoi ça ?
-C'est quelque chose qui lui maintiendra le bras quand il marchera. De cette façon, il ne risquera pas de basculer. Et quand il ira mieux, je remplacerais la poignée par un pommeau beaucoup plus distingué.
-Les sculptures sont magnifiques, tu t'es vraiment surpassé Bofur !
-J'espère qu'ça lui plaira...
-Il faudrait qu'il soit bien difficile et j'crois pas qu'il soit comme ça.
-J'peux aller lui donner ?
-Il fait la sieste. Attend un peu, j'vais voir...
Oín s'approcha de la pièce où se trouvait Bilbo et salua Kolya qui lui répondit par un sourire. Il entrebâilla la porte doucement et regarda avant de l'ouvrir franchement.
-Tu dors pas ? Ça va ?
-J'vais bien. Enfin, sauf...
-Sauf quoi ? Ta jambe ? Ton dos ?
-Non... en fait, j'ai mal... aux fesses... Murmura Bilbo.
-Oh... c'est embêtant ça... je croyais qu'tu avais cicatrisé correctement...
-Oh non, c'est pas ça ! J'ai mal parce que j'pense que j'suis allongé depuis trop longtemps...
-Alors Bofur tombe à pic. J'le fais entrer, il a quelque chose pour toi.
Bilbo attendait avec impatience de voir le nain au chapeau bizarre et ce qu'il avait bien pu lui amener. Il savait que ça serait un objet qui lui permettrait de se déplacer, mais il n'imaginait pas voir une œuvre d'art quand le nain lui donna la canne.
-Elle... c'est... wouah... Bafouilla Bilbo en la regardant sous toutes les coutures.
-Belle description... j'ai pas fait mieux... Avoua Oín en rigolant. Et si tu l'essayais ?
-J'peux ?
-C'est fait pour. Et comme ça, j'verrais s'il faut que je fasse des modifications. Dit alors Bofur.
Bilbo s'approcha du bord du lit et descendit avec l'aide d'Ulvàr et de Oín. Bofur lui tendit la canne qu'il attrapa un peu maladroitement et le sculpteur lui indiqua comment il devait s'en servir.
-Tu poses ta main là, sur l'espèce de poignée et ton bras sera maintenu par les deux anneaux en cuivre. J'ai cousu du cuir autour pour que ça soit plus agréable, mais si ça t'fait mal, j'peux essayer autre chose...
-J'peux marcher ? Demanda Bilbo au docteur avec un regard suppliant.
-Oui, tu peux, mais Kolya va t'accompagner. Ulvàr et moi, il faut qu'on fasse un peu d'rangement...
Bilbo fit un pas, puis deux, et, prenant de l'assurance, il se dirigea vers la porte.
-Tu n'as pas trop mal aux mains ? S'inquiéta Ulvàr en regardant les cicatrices encore rouges.
Le hobbit regarda ses doigts qui étaient bien abîmés, mais la perspective de bouger était bien trop alléchante.
-Non, ça ira. Et si j'ai trop mal, j'rentrerais... alors ? J'peux ?
-Oui mon gars, tu peux... mais pas de folie !
-J'y veillerais docteur, vous pouvez compter sur moi. Affirma Kolya.
-Je sais. Et tu peux compter sur moi pour parler avec Dwalín au cas où... Le menaça gentiment Oín.
-On y va ? S'impatienta Bilbo.
-Tu devrais peut-être enfiler un pantalon avant, tu crois pas ? S'esclaffa Oín. Il me semble qu'Ulvàr a fait nettoyer tes vêtements. Ils devraient être dans l'armoire, bouge-pas, j'te les donne...
Bilbo se regarda et se mordit la lèvre en rougissant. Il aurait vraiment eu l'air bête en sortant avec juste une chemise sur le dos. Même si elle descendait assez bas sur ses jambes...
Kolya se tourna le temps qu'il s'habille puis ils sortirent de l'infirmerie...
oOoOo
Thorín était en train d'écrire dans son bureau quand Dwalín se présenta devant lui.
-T'es prêt ?
-A quoi... Marmonna le roi en continuant de gratter sa plume sur le parchemin.
Le grand guerrier croisa les bras en souriant.
-T'as oublié ?
Le bruit de la porte qui s'ouvrait à nouveau fit pousser un léger soupir de reconnaissance à Thorín qui espérait que la personne qui venait de s'introduire dans son bureau ait un besoin urgent de sa présence.
-Thorín... Dwalín ? Que fais-tu là ? S'exclama Balín.
-Je viens chercher notre roi afin qu'il assiste à un goûter !
-Tu vas bien mon frère ? S'inquiéta Balín en s'approchant des deux nains.
-Sa majesté Thorín Oakenshield est attendue à l'infirmerie afin de participer à un goûter organisé pour le patient de Oín. Et il m'a gentiment ordonné de l'accompagner. Lui expliqua Dwalín d'un ton très emprunté.
-Alors comme ça tu vas enfin rencontrer le hobbit. Bien... je vous accompagne. On y va ?
Thorín poussa un soupir bruyant et s'adossa à sa chaise. Non seulement son ami n'avait pas oublié l'ordre qu'il lui avait donné mais en plus, son frère enfonçait le clou en s'invitant. Ce n'était pas le fait d'aller voir le hobbit qui l'embêtait, c'était juste l'histoire du goûter.
Prendre un encas en plein après-midi comme un enfant n'était pas vraiment digne d'un roi.
Mais il finit par se lever en se disant qu'un moment de détente ne devrait pas lui faire de mal...
oOoOo
Bilbo était excité comme une puce. Sans ses bottes, qu'il n'aurait de toute façon pas supportées à cause de sa blessure, il avançait doucement, prenant bien soin de faire attention où il posait son pied et la canne, mais il n'oubliait pas de regarder partout.
Les nains vivaient dans une montagne dans laquelle ils avaient creusés leurs habitations, mais ce n'était pas sombre, loin de là. Il y avait des torches ou des lanternes partout où les couloirs et autres endroits ne pouvaient pas être éclairés par des ouvertures ressemblant à des puits et qui donnaient sur l'extérieur.
Outre la fonction d'éclairage naturel, ça faisait également office de ventilation, ce qui faisait que l'air n'était pas lourd ni pesant. La roche qui composait les murs n'était pas grise comme il s'y attendait. Il y avait des veines de couleurs comme le vert, l'ocre, le rouge et il vit même un pan de roche qui brillait comme s'il y avait des millions de petits éclats de diamants incrustés.
C'était magnifique et Bilbo ne pouvait croire à la chance qu'il avait de pouvoir visiter un endroit pareil.
-Vous habitez ici aussi ? Demanda-t-il à son garde.
-Non, ma famille et moi sommes arrivés il y a peu de temps des Montagnes Bleues. Pour l'instant, on est logé dans des tentes à l'extérieur, mais le roi nous a promis que dès que ça sera possible, on aura droit à des appartements.
-Vous préférez vivre dedans plutôt que dehors ? S'étonna Bilbo.
-Je suis un nain, je suis fait pour vivre près de la pierre. Même si j'apprécie le grand air...
-Je sais pas si j'pourrais... j'ai toujours vécu dehors. J'aurais l'impression d'être emprisonné...
-Vous êtes un hobbit, un être de la nature, c'est normal que vous pensiez comme ça.
-Vous connaissez des gens comme moi ? S'étonna Bilbo.
-Quand nous avons traversé la Terre du Milieu, nous sommes passés par la Comté, vous connaissez ?
Bilbo fronça les sourcils en entendant ce nom qui lui disait vaguement quelque chose. Il supposait qu'effectivement, il devait venir de là, avant son abandon par ses parents. Mais il n'en avait aucun souvenir...
-Peut-être... j'suis pas sûr...
Ils marchèrent encore un peu mais Bilbo commençait à fatiguer et sa main qui tenait la canne lui faisait mal.
-Je pense qu'on devrait faire demi-tour. Vous avez l'air épuisé... Remarqua Kolya gentiment.
-C'est vrai... j'suis désolé...
-De quoi ? On recommencera un peu tous les jours et demain je vous emmène dans le hall du grand marché. Mais là, on va rentrer. Ça ira ? Vos mains ne vous font pas trop souffrir ?
-Ça ira, merci. Lui répondit Bilbo en souriant.
Ils firent demi-tour et le hobbit sourit tout le long du trajet. Les nains étaient vraiment gentils...
oOoOo
Thorín, Balín et Dwalín marchaient vers l'infirmerie et si le premier avait un air un peu renfrogné, les deux autres avaient du mal à cacher leur sourire. L'idée de voir leur roi si fier et intraitable en train de goûter avec un hobbit était une situation qui n'était pas prête de se renouveler alors ils ne voulaient surtout pas risquer de louper une occasion de se moquer gentiment de leur ami.
En chemin, ils croisèrent Kíli qui portait un paquet assez volumineux et ensemble, ils prirent la direction de l'antre de Oín. Le silence entre eux était inhabituel, surtout de la part du jeune prince qui était naturellement très expansif. Mais là, même s'il était impatient de revoir le petit être qu'il avait sauvé des crocs du loup, il repensait à son cadeau de cour. Il devait être parfait, tout comme la personne à qui il était destiné.
-On y est. T'es prêt à affronter le terrible hobbit ?
-Dwalín... Gronda Thorín.
-J'ai pas mes haches mais j'prendrais tous les risques qu'il faut pour t'sauver d'ses griffes, ne t'inquiète pas !
-Mais qu'est-ce que vous avez tous les deux ? Mon oncle ? Ça ne va pas ?
-Tout va bien Kíli, mais j'en connais un qui va passer un mauvais moment s'il continue comme ça...
Thorín se recomposa un visage serein avant de pousser la porte. Normalement, les deux soldats de garde l'auraient fait, mais en entendant leur chef et leur souverain se parler de cette façon, ils s'étaient écartés afin de leur laisser un peu d'intimité. Oín leva la tête en entendant la porte s'ouvrir et s'avança vers eux.
-Ah vous voilà ! Très bien. Bombur a déjà fait livrer le plateau, il nous attend dans la chambre de Bilbo.
Ils entrèrent tous les cinq pour trouver une pièce vide.
-Où est-il ? Demanda Thorín d'un ton agacé.
-Il est parti faire un tour avec son garde pour essayer la canne que lui a fabriquée Bofur mais ils devraient pas tarder. Je doute que Bilbo puisse marcher très longtemps et en attendant, on va s'assoir et discuter de c'qui va s'passer par la suite.
Kíli posa le paquet au pied du lit sur lequel il s'assit et Thorín et les deux frères s'assirent sur les chaises disposées devant le lit.
-Comment va-t-il ? Demanda Kíli. Sa jambe va bien ? Et son dos ?
-Il va bien. Enfin, il va mieux, lui répondit Oín qui était debout devant eux. Il mange, il reprend des forces et il parle de plus en plus.
-Et pour le reste ? Ajouta Thorín.
-Le dernier examen m'a montré que tout allait bien.
-C'était génial, il faudra qu'on remette ça, enfin, si ça vous va...
-Je vous ai dit qu'il n'y avait pas de problème. Je suis là pour vous aider et vous accompagner partout où vous voulez aller !
-Ah ! J'entends leurs voix, vous allez vous rendre compte par vous-même de son état ! S'exclama Oín en ouvrant la porte.
Le docteur se poussa un peu et laissa passer Bilbo et Kolya...
oOoOo
Kíli était descendu du lit et avait presque poussé son oncle pour être le premier à voir le hobbit. Il le trouva en bien meilleure forme que quand il l'avait vu la première fois et fut ravi de voir que les soins de Oín avaient fait merveille. Le hobbit souriait et son petit nez était retroussé, laissant voir des dents blanches et deux fossettes.
Ses cheveux étaient plus courts qu'il s'en rappelait mais ils étaient propres et les boucles mordorées étaient souples et brillantes.
-Bilbo, je suis ravi de te revoir ! S'exclama-t-il en souriant, tu te rappelles de moi ? Je suis Kíli...
-Oui... vous êtes celui qu'a tué le loup et j'ai pas eu l'occasion d'vous dire merci, j'suis désolé votre altesse... S'excusa Bilbo en baissant la tête.
-Je t'en prie, Kíli suffira... alors là, il y a Dwalín, il était avec moi le jour ou... bref, y'a aussi Balín, son frère et Thorín, mon oncle. Lui dit le jeune prince en tendant le bras vers les personnes en les désignant.
-Kíli... je peux me présenter moi-même, si ça ne te dérange pas bien sûr... Ironisa Thorín.
Bilbo salua Balín et Dwalín en inclinant légèrement la tête, mais il resta figé en voyant le nain le plus beau, le plus majestueux et le plus royal qu'il n'ait jamais vu. Il était grand, beaucoup plus que lui et il ressentit une soudaine et irrésistible envie de passer ses doigts dans les longues mèches noires et ondulées dont deux tresses encadraient un visage fier.
Sa barbe était courte, mais elle avait l'air d'être aussi douce que du velours, mais le pire, c'étaient ses yeux. Ils étaient bleus comme l'océan et il se noyait dedans...
Il porta sa main libre à son cœur et haleta.
Oh douce Yavanna... il est magnifique...
oOoOo
Thorín écoutait le discours de son neveu et attendit qu'il se pousse pour enfin voir celui qui avait tant fait parler de lui ces derniers jours. Il devait vraiment être petit parce qu'il était complètement caché par son neveu.
-Kíli... je peux me présenter moi-même, si ça ne te dérange pas bien sûr... Ironisa Thorín.
Kíli se poussa, laissant le hobbit saluer ses amis et quand enfin le petit homme leva ses yeux sur lui, Thorín
en eut le souffle coupé. La petite créature avait les plus beaux yeux qu'il ait jamais vus. Ils étaient immenses et de la couleur d'une prairie après la pluie, ses cheveux étaient comme une rivière d'or fondu et il avait un petit nez retroussé. Quand il avait souri, il avait aperçu deux fossettes et un petit bout d'oreille pointu qui lui donna envie de glisser une main dans les boucles et de les passer derrière cette petite coquille adorable.
Mahal... il est vraiment magnifique...
oOoOo
-Bien. Maintenant qu'vous avez fait connaissance, on va pouvoir parler... Thorín ?
Oín pencha la tête en regardant le roi qui était figé devant le hobbit.
-Hey mon gars, qu'est-ce qui t'arrive ? S'inquiéta le docteur.
Balín et Dwalín étaient aussi inquiet que Oín en voyant que leur ami ne bougeait pas.
-Thorín... ça va ? Demanda Balín à son tour.
Kolya n'était pas moins inquiet que les autres, mais il resta à sa place, à côté de la porte.
-Mon oncle ? Mais qu'est-ce qu'il a ? Oín ?
Quand le roi leva enfin une main, ils poussèrent un soupir de soulagement. Mais à la surprise de tous, ils le virent s'approcher du hobbit et la poser sur sa joue. Ils entendirent un petit gémissement et virent Bilbo qui pencha la tête et se laissa caresser.
-Par Mahal... alors la couronne et la colline, c'était donc ça ? Murmura alors Oín.
-De quoi tu parles ? Lui demanda Balín.
-Leurs tatouages... une couronne pour un roi, une colline pour un hobbit...
-Bilbo et Thorín... ça alors... alors finalement, son One était à Erebor ! S'exclama Balín.
-Qui donc ? Demanda Kíli.
-Son One... Bilbo est le compagnon d'âme de Thorín...
-Aye... il manquait plus qu'ça... Ronchonna Dwalín.
oOoOo
Thorín avait devant lui la plus belle créature qu'il ait eu la chance de rencontrer. Il n'avait jamais pensé qu'un jour, il serait attiré par une personne qui ne ressemblait absolument pas à un nain. Un être qui était petit, sans muscle et sans poils. Mais la peau qu'il caressait était douce et le soupir qu'il venait d'entendre lui enflamma les sens.
Il s'approcha encore, jusqu'à ce que son corps puissant touche presque celui du hobbit et, ses deux mains tenant le visage glabre, il pencha la tête et embrassa doucement la bouche du petit homme. Son cœur battait à tout rompre et sa tête était plus légère que jamais. C'était le baiser le plus doux et le plus sensuel qu'il ait jamais donné...
oOoOo
Bilbo était tétanisé. Il voyait le grand nain se pencher sur lui et il ferma les yeux, juste avant de sentir des lèvres se poser sur les siennes. Les mains qui encadraient ses joues glissèrent légèrement et des doigts caressèrent doucement la pointe de ses oreilles.
Un feu inconnu lui brûla les reins et il poussa un gémissement de pur plaisir. Un grognement sourd se fit entendre et presque aussitôt, il sentit quelque chose de doux et humide caresser ses lèvres. Etonné, il entrouvrit la bouche et la langue du nain se fraya un passage afin de rencontrer la sienne.
C'était le premier baiser de Bilbo et loin d'être effarouché, il répondit avec passion tout en penchant un peu la tête afin de s'ajuster...
oOoOo
-Je crois qu'on peut être rassuré sur le fait qu'effectivement, les One s'entendent plutôt bien... Remarqua Balín.
-Bilbo est le One de mon oncle ? S'étonna Kíli.
-Tu crois qu'ton oncle embrass'rait quelqu'un d'vant tout l'monde comme ça ? Ricana Dwalín.
-Et dire que tout à l'heure, je croyais qu'il voulait me parler des fleurs et des abeilles...
-J'pense qu'ils vont vite dépasser ce stade...
-Pitié ! Me parle pas de la vie sexuelle de mon oncle ! Couina Kíli en plaquant ses mains sur ses oreilles.
-Tu vas t'marier mon gars, toi aussi, tu vas dépasser ça ! Remarque, p'tète pas aussi vite que ces deux-là par contre... Ricana Dwalín.
oOoOo
A suivre...
oOoOo
Et merci de me lire,
Ticoeur
