A/N : Pour celleux qui se demanderaient si le titre est une référence au film The Nightmare Before Christmas, oui c'en est une x)

Résumé du chapitre 6:

Discussion entre Harry et Lupin pendant la première sortie à Pré-Au-Lard. Harry va voir Artémis, puis trouve un passage reliant la Chambre des Secrets aux cuisines (et se fait ensevelir de nourriture par les elfes). Confrontation entre Ron et les Serpentards après le dîner (victoire des Serpentards par KO) sur les goûts alimentaires de Harry. Ron tente de passer sa colère sur Harry (victoire de Harry par KO aussi). Sirius Black tente de forcer l'entrée du dortoir de Griffondor, sans succès, et tous les élèves passent la nuit dans la Grande Salle. Harry surprend une conversation entre un Rogue suspicieux et un Dumbledore absolument pas inquiet.


Au petit matin, Dumbledore leur annonça dès le réveil qu'après avoir fouillé l'école de fond en comble, les professeurs n'avaient pas trouvé trace de Sirius Black. Par conséquent, il déclara que les élèves étaient libres de retourner dans leurs dortoirs respectifs avant le petit-déjeuner. Harry avait retenu de justesse un sourire moqueur en entendant la conclusion du directeur. Si Poudlard avait vraiment été fouillée de fond en comble, les professeurs auraient dû croiser un serpent de plus de quinze mètres au regard mortel.

Harry bâilla avant de s'étirer, et sortit de la Grande Salle sans marquer la moindre hésitation. Son action sembla inciter la plupart des autres élèves à l'imiter. Apparemment, le fait qu'Harry Potter sorte sans se faire attaquer était une preuve suffisante que l'école était de nouveau sûre pour tous.

Le dimanche s'annonçait plus long que ce que Harry avait envisagé, et il s'en rendit compte dès que Ron alla s'asseoir loin de lui à la table du petit-déjeuner. Le Golden Boy soupira, mais décida fermement de ne pas s'excuser. Peu importe ce que Ron ou n'importe qui d'autre pouvait en penser, Harry savait qu'il n'était pas en tort dans leur altercation. Neville et Hermione semblaient être du même avis, et restèrent à leur place habituelle.

Le visage du garçon à la cicatrice s'éclaira d'un coup en voyant un plateau sur la table, et il attrapa une poignée de biscuits pour les poser dans son assiette, à côté de la salade de fruits pour laquelle il avait opté.

- Harry ? osa Neville. Tu...

- Je les ai découvert en prenant le thé avec Lupin hier après-midi, expliqua Harry. J'ai fait un tour par les cuisines, et les elfes de maison ont accepté d'en faire de temps en temps pour le petit-déjeuner.

- Je peux en goûter un ? demanda Hermione avec un sourire.

Sans un mot, le brun lui passa le plateau avec un regard encourageant. La jeune sorcière croqua dans l'un d'entre eux, et parut en apprécier le goût.

- Ils sont délicieux ! Chocolat et... cannelle, c'est ça ?

Curieux, Neville en attrapa un aussi, et bientôt les trois Griffondors s'accordèrent sur le fait qu'il s'agissait de leur nouveau biscuit préféré. En rigolant, Harry suggéra d'en proposer à McGonagall avant de leur raconter la façon dont les elfes de maison avaient réagi en le voyant débarquer dans leur domaine. Lorsqu'il leur expliqua – le plus sérieusement du monde – comment il avait failli finir noyé sous la nourriture et les questions, Hermione et Neville se mirent à rire aux éclats.

Une fois remis de leurs émotions, Hermione, qui tournait le dos au reste des tables, leur fit un clin d'oeil.

- En attendant, je suis prête à parier qu'il y a un certain Serpentard qui doit être extrêmement contrarié de te voir manger un produit sucré.

Les deux garçons regardèrent aussitôt vers la table des vert et argent. Harry repéra Malfoy en quelques secondes, et nota l'air agacé de son rival. Avec un grand sourire, le Griffondor posa ses coudes sur la table avant de croquer dans son troisième petit biscuit chocolat-canelle. Leur goût était agréable, mais savoir que les manger allait énerver Malfoy ajoutait une saveur supplémentaire.

Et si le froncement de sourcils discret en était une quelconque indication, le Prince de Glace était on ne peut plus agacé que son rival démontre ostensiblement que son affirmation de la veille était erronée. Harry se permit même un clin d'oeil pour faire bonne mesure, avant de retourner vers Hermione pour faire semblant de poursuivre leur conversation.

En réalité, Hermione et Neville avaient le plus grand mal à rester sérieux. Quand le second brun confirma qu'il y avait de l'agitation chez les Serpentards, et plus précisément autour de Malfoy, les trois Griffondors laissèrent tomber les apparences et éclatèrent de rire.

-o-oOo-o-

Les trois amis passèrent le reste de la matinée à la bibliothèque, puis l'après-midi dans la salle commune. En fin de journée, Ron revint vers eux et présenta de vagues excuses à Harry pour s'être emporté la veille. Le garçon à la cicatrice lui pardonna, ne serait-ce que pour éviter de vivre dans un climat tendu pendant le reste de l'année. Si manger quelques biscuits au petit-déjeuner avait suffisamment agacé Malfoy pour que Ron se sente mieux, Harry n'avait pas grand-chose à objecter.

Au cours de la journée, Harry avait fait en sorte de communiquer avec Artémis une ou deux fois via son tatouage. La frustration de la basilisk avait transparu avec clarté, signe que l'émotion d'origine était forte, et le Griffondor en déduisit que son familier n'avait pas trouvé Black non plus. Selon toutes probabilités, l'évadé avait dû ressortir de l'école dès qu'il s'était rendu compte qu'il ne pourrait pas forcer l'entrée du dortoir de Griffondor.

Un détail de la soirée chiffonnait d'ailleurs Harry au sujet de cette intrusion. Tout le monde - à part Tom - partait désormais du principe que Black voulait le tuer, mais si c'était le cas... pourquoi avoir choisi de s'introduire dans le château à l'heure du diner, quand tous les élèves étaient dans la Grande Salle ? Black aurait eu bien plus de chances de le trouver en s'infiltrant une fois la nuit tombée.

Le Griffondor résolut de demander l'avis de son mentor sur la question dès qu'il en aurait la possibilité. Après une longue réflexion, Harry arrêta son choix sur les deux seules options plausibles qui pouvaient expliquer cette incohérence. Ou bien Sirius Black n'avait pas eu le choix de l'heure à laquelle il pouvait rentrer dans Poudlard, ou bien il avait sciemment décidé d'y entrer à une heure où Harry ne serait pas au dortoir. Et vu à quel point l'évadé semblait être doué pour entrer et sortir des lieux réputés inviolables, le jeune sorcier penchait plutôt pour la seconde option.

- Harry, tout va bien ? lui demanda Neville après le diner. Tu es resté perdu dans tes pensées toute la journée.

- Mmh ? Oh, désolé. Je me demandais juste pourquoi Black avait essayé d'entrer dans le dortoir à l'heure du diner si son but était de me tuer.

Hermione leva aussitôt la tête de son livre et fronça les sourcils, son expression habituelle lorsqu'elle se trouvait face à une situation illogique.

- Maintenant que tu le dis, c'est vrai que c'est étrange, admit-elle. Surtout qu'il a étudié à Poudlard, et que l'heure du diner n'a pas changé depuis quatre siècles.

- Peut-être qu'il voulait attendre que tu reviennes dans le dortoir pour t'attaquer ? proposa Ron.

- Et prendre le risque de se retrouver à cinq contre un ou que la mauvaise personne entre en premier et donne l'alerte ? contra Harry. Non, s'il a été assez intelligent pour s'échapper d'Azkaban, il ne ferait certainement pas quelque chose d'aussi stupide et risqué.

- Peut-être qu'il cherchait autre chose ? suggéra Neville. Comme quand Gi... Comme quand notre chambre a été mise sans dessus dessous l'an dernier pour trouver le journal de Jedusor.

Les quatre Griffondors devinrent silencieux un moment. L'explication de Neville était celle qui avait le plus de sens, mais Harry n'avait pas la moindre idée de ce que Sirius Black pouvait bien espérer trouver dans leur dortoir. Personne à Poudlard n'était au courant que le journal de Tom était toujours en sa possession, et personne en dehors de Dumbledore et de ses amis proches ne connaissait l'existence de la cape d'invisibilité de son père.

Finalement, il alla se coucher sans plus de réponse, et renonça à communiquer avec Tom en voyant Neville et Ron être un peu trop attentifs à lui. Il n'allait pas prendre le risque d'éveiller les soupçons maintenant.

-o-oOo-o-

Le lundi matin, l'ambiance dans Poudlard était encore un peu tendue, mais puisque Sirius Black demeurait introuvable, les cours reprirent de façon normale. Le tableau de la grosse dame fut remplacé par un chevalier excessivement bavard qui tenait à changer de mot de passe tous les deux jours. Aucune protestation ne put faire fléchir le tableau, ou même le directeur, et les Griffondors se résignèrent à devoir apprendre par coeur une nouvelle liste de mots de passe chaque semaine.

Le mardi, Harry resta un moment avec Hagrid pour discuter avec lui. Après ce qui s'était passé avec Buck et Malfoy, le demi-géant semblait nettement moins sûr de lui pendant ses cours. Le Griffondor passa un long moment à écouter son ami s'inquiéter pour l'hypogriffe, et le rassura comme il put. Les trois autres étaient rentrés après le cours, mais Harry avait tenu à montrer son soutien à Hagrid, et avait même fini par aller nourrir Buck avec lui. La créature hybride avait aussitôt reconnu le jeune sorcier et l'avait laissé une nouvelle fois voler sur son dos.

Cette fois, ils avaient fait le tour du château et la créature semblait avoir voulu s'assurer que tout le monde les verrait. Harry avait fait de grands signes de la main aux élèves en riant, et ils lui avaient pratiquement tous répondu en agitant la main et en poussant des cris d'admiration.

Naturellement, dès le mercredi matin, la Gazette du Sorcier avait sorti un article sur "l'extraordinaire exploit" du Garçon-qui-a-Survécu, son talent inné avec les créatures magiques, et tout un charabia du même genre. Le héros de Griffondor ne s'en préoccupa pas spécialement. Pour une fois qu'il n'était pas insulté ou accusé, il n'allait pas se plaindre. Si un article pouvait aider à démontrer que Buck ne méritait pas de mourir parce que Malfoy s'était comporté comme un imbécile, Harry n'allait pas se priver de cette aide.

L'article était illustré par une photo que Colin Crivey avait prise et montrée à Harry le soir précédent. On y voyait le sorcier brun sur l'hypogriffe, en train de voler à côté de la tour d'Astronomie. Harry avait une main sur le dos de Buck, et l'autre s'agitait en direction de l'appareil. C'était une photo réussie et il n'avait pas eu d'objection à ce que Colin la rende publique.

D'autant plus que le résultat dans la presse avait eu l'air de contrarier Malfoy au moins autant que lorsque le Griffondor avait mangé des biscuits le dimanche matin.

-o-oOo-o-

Personne n'entendit parler de Black pendant deux semaines après ça, et le match de Quidditch contre Poufsouffle arriva.

En temps normal, l'équipe de Griffondor aurait probablement dû gagner haut la main assez rapidement, mais en temps normal, la météo n'aurait pas consisté en une pluie diluvienne. Hermione avait beau avoir enchanté ses lunettes pour que la pluie n'y adhère pas, les trombes d'eau formaient un rideau qui empêchait Harry de voir à plus de quelques mètres devant lui. Même les gradins étaient flous, et l'Attrapeur grimaça en réalisant pour la vingtième fois que repérer le Vif d'Or dans des conditions pareilles allait être presque impossible.

Mais Harry n'aimait pas le mot impossible. Et il n'avait jamais reculé devant un challenge en vol. Sans compter que l'Attrapeur de Poufsouffle, Cédric Diggory, était au moins aussi désavantagé que lui par les conditions météorologiques.

Le Griffondor retourna à sa position préférée, en hauteur au-dessus du milieu de terrain, et tenta d'appliquer sa méthode habituelle. Inconsciemment, il se fit la remarque que les professeurs avaient dû lancer un puissant Impervius sur les tribunes, pour qu'il y ait encore autant de monde présent.

Un mouvement brusque à la périphérie de sa vision lui fit tourner la tête, et il fonça aussitôt vers la petite balle dorée. Au milieu des trombes d'eau, ses mouvements irréguliers étaient plus reconnaissables que sa couleur.

Apparemment, le commentateur avait remarqué son action et le reste du public se mit à crier des encouragements. Lorsqu'Harry prenait le Vif d'Or en chasse, il était rare qu'il ne l'attrape pas dans les minutes suivantes.

Mais la petite balle dorée avait choisi de jouer vicieusement ce jour-là, et se mit à monter en ligne droite vers les nuages. Le Griffondor grogna, mais la suivit en mettant son balai presque à la verticale. Il allait finir ce match et retourner au chaud dans sa salle commune, et ce n'était pas un Vif d'Or récalcitrant qui allait l'en empêcher !

Complètement concentré sur sa cible, Harry ne vit pas la tempête se calmer autour de lui et ne perçut pas la chute drastique et soudaine de la température.

En revanche, il sentit son sang se glacer en entendant une série de râles étouffés autour de lui. Le jeune sorcier risqua un coup d'oeil pour observer son environnement et s'arrêta en plein vol en voyant la dizaine de créatures qui l'entourait.

Des Détraqueurs.

Il était au milieu d'un cercle de Détraqueurs.

Harry reconnut immédiatement la sensation du sang qui désertait son visage, et son rythme cardiaque accéléra jusqu'à lui donner l'impression que sa cage thoracique allait exploser.

Les Détraqueurs se rapprochèrent, et Harry sentit la terreur et le désespoir l'envahir. Des dizaines de sensations s'agglutinèrent, jusqu'à former des ressentis si précis qu'il s'agissait d'accusations silencieuses.

Pathétique. Bon à rien.

Les souvenirs s'enchainaient, les horreurs se répétaient.

Coupable. Faible.

Harry prit sa tête dans ses mains en suppliant pour que la douleur cesse.

Monstre. Lâche.

Les Détraqueurs se rapprochèrent un peu plus.

Meurtrier.

Le même cri de femme perça la mémoire du Griffondor, mais cette fois, il l'identifia immédiatement.

La voix de sa mère lorsqu'elle avait été tuée.

Harry hurla.

Et tout devint noir.

-o-oOo-o-

Dans les gradins, Hermione, Neville et Ron observèrent Harry monter vers les nuages à toute vitesse.

- Merci Merlin, ce match va enfin s'arrêter, grommela la sorcière.

- J'espère qu'Harry réussira à attraper le Vif d'Or dans ces conditions, soupira Neville.

- Harry réussit toujours à attraper le Vif d'Or, renifla Ron. Au soleil ou en pleine tempête, ça ne change rien pour lui.

Hermione lui lança un air de reproche, mais se tut et observa soudainement le ciel d'un air inquiet.

- Vous ne trouvez pas qu'il y a quelque chose de bizarre avec ces nuages ?

- Qu'est-ce que tu veux dire ? demanda Ron.

Un instant plus tard, ils virent une silhouette ressortir des cieux gris, et s'apprêtaient à pousser des cris de joie lorsqu'ils comprirent ce qui arrivait à leur ami.

- Il n'est pas en train de voler... comprit Hermione.

- Il est en train de tomber ! cria Neville.

- Regardez ce qui le suit depuis les nuages !

Tous les élèves se mirent à hurler en voyant Harry tomber en chute libre vers le sol, poursuivi par plusieurs Détraqueurs. Au milieu du chaos, la voix de Dumbledore retentit comme un coup de tonnerre, rapidement suivie par celle de plusieurs autres professeurs.

- Arresto momentum !

- Expecto Patronum !

Le corps du Griffondor atterrit lentement au sol, comme s'il s'était posé sur un énorme coussin qui avait amorti sa chute avant l'impact final. L'instant suivant, une immense brume argentée illumina le terrain de Quidditch et repoussa les gardiens d'Azkaban, qui s'enfuirent dans des cris perçants. Presque tous les professeurs s'étaient levés et pointaient leur baguette vers l'endroit où les Détraqueurs avaient surgi.

Quelques rares élèves qui n'étaient pas aveuglés par la lumière soudaine crurent voir des animaux fantomatiques s'élancer au milieu du terrain.

-o-oOo-o-

Harry se réveilla à l'infirmerie et grimaça aussitôt. Un jour, il allait finir par prendre un abonnement ou avoir un lit réservé à son nom dans l'aile blanche. Il avait à peine ouvert les yeux qu'un concert d'exclamations soulagées retentit autour de lui.

- Ah Potter, enfin réveillé !

La voix de Pomfrey avait calmé le reste de l'attroupement. Quelqu'un lui passa ses lunettes, et Harry finit par reconnaître Neville, Hermione, Ron, le reste de l'équipe de Griffondor, McGonagall, Lupin et Dumbledore autour de son lit. Et naturellement, Pomfrey, qui était juste à côté de lui.

- Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda-t-il.

- Je suis navré, mon garçon, soupira Dumbledore. Il semble que les Détraqueurs n'aient pas pu résister à la tentation de s'approcher du château.

- Ils t'ont attaqué pendant que tu suivais le Vif d'Or et tu es tombé de ton balai, débita Hermione à toute vitesse. Le professeur Dumbledore a lancé un sort juste à temps pour ralentir ta chute.

- Tu nous as vraiment fait peur, Harry, ajouta Neville dans un souffle.

L'Attrapeur cligna des yeux quelques fois et fronça les sourcils, ignorant Pomfrey qui était en train de lire le résultat du sort de diagnostic qu'elle venait de lancer, et qui s'étalait sur un parchemin.

- Qu'est-ce qui s'est passé après ? Est-ce que les Détraqueurs ont attaqué quelqu'un d'autre ?

- Personne n'a été blessé, le rassura Lupin. Ils ont été repoussés dès que votre vie n'était plus en danger.

Harry soupira et se détendit immédiatement.

- Poufsouffle a gagné le match, l'informa Olivier. Et... Harry, on est désolés.

- Désolés ? répéta l'Attrapeur sans comprendre.

- Après que tu sois tombé, expliqua Angelina, ton balai a... foncé dans le Saule Cogneur.

Fred et George sortirent un morceau de tissu qui emballait quelques morceaux de bois brisés et ce qui restait de son Nimbus 2000. Harry sentit son coeur se serrer.

- Potter, vous êtes sain et sauf, intervint McGonagall. Croyez-moi, c'est bien plus important que l'état de votre balai.

Le Griffondor et sa directrice de maison échangèrent un long regard, et le brun finit par hocher lentement la tête avec un sourire triste. Le balai avait été un des tout premiers cadeaux qu'il avait reçu à Poudlard, et il y tenait vraiment. Entendre McGonagall lui assurer qu'elle ne lui en voulait pas lui permettait d'encaisser un tout petit mieux la nouvelle.

- Bien, déclara finalement Pomfrey, vous êtes un peu fatigué, alors pas de surmenage ce soir, Potter, vous m'entendez ? Un bon repas, et surtout, du repos !

- Oui madame Pomfrey, accepta Harry sans vraiment l'écouter.

L'infirmière soupira. Elle aurait préféré garder le Griffondor pour la nuit, mais connaissant Potter, il aurait trouvé le moyen de s'échapper pour aller vagabonder dans tout le château. Au moins, au milieu de son dortoir et avec des amis inquiets, il serait forcé de se reposer.

Au moment où Harry allait se lever, il remarqua que Dumbledore allait le retenir. Ne se sentant absolument pas en état d'affronter le directeur, il fit la première chose qui lui passa par la tête.

- Professeur Lupin, est-ce que je peux vous parler un moment ?

L'enseignant de Défense parut surpris par la demande, mais accepta d'un hochement de tête. Deux secondes plus tard, Pomfrey faisait sortir manu militari tous les autres de son domaine et retournait dans son bureau.

- Professeur, est-ce que vous pouvez m'apprendre à repousser les Détraqueurs ?

Lupin soupira et passa une main sur son visage, mais finit par sourire.

- Je peux, mais il s'agit d'un sortilège d'un niveau bien supérieur à ceux étudiés en troisième année.

- Ça fait deux fois qu'ils m'attaquent et que je ne peux pas me défendre, insista Harry. Je ne veux pas d'une troisième fois.

- Je comprends, Harry, le calma Lupin. Et j'accepte de vous aider, après les vacances de Noël. Il y a certaines choses que je dois régler avant.

- Merci professeur, répondit Harry.

Le garçon à la cicatrice lui adressa un sourire de gratitude sincère. Le jeune Griffondor n'avait pas prévu de poser cette question en particulier, mais elle était sortie avant même qu'il y réfléchisse et il s'était rendu compte qu'il voulait vraiment apprendre à se protéger des infâmes gardiens d'Azkaban. Même s'il devait attendre quelques mois pour avoir des cours particuliers sur le sujet.

-o-oOo-o-

En arrivant au diner, Harry eut la désagréable surprise de voir que toute l'école ou presque voulait vérifier comment il allait et avoir sa version de ce qui s'était passé.

Hermione enclencha aussitôt son mode protecteur pour tenir tout le monde à distance, et laissa tout juste passer Cédric Diggory quand celui-ci approcha. Le sixième année avait l'air embarrassé, et s'adressa à Harry rapidement avant que le reste des élèves l'empêche d'avancer.

- Harry, j'ai demandé à ce qu'on refasse le match, mais les professeurs ont refusé. Je suis vraiment désolé pour ça, tous les Poufsouffles savent qu'on n'a pas vraiment mérité de gagner vu la façon dont la partie s'est terminée.

Tous les membres de sa maison qui pouvaient l'entendre se mirent à hocher frénétiquement la tête et à regarder Harry avec un air d'excuse. Le Griffondor soupira, mais força un sourire.

- Ne t'en fais pas pour le match. Il en faudra plus pour empêcher Griffondor de gagner la coupe cette année.

- Parfait, intervint Ron, maintenant que c'est réglé, on peut aller manger ?

Cédric adressa un sourire soulagé à l'Attrapeur des rouge et or, et se dirigea vers sa propre table suivi du reste des Poufsouffles. Harry, Hermione, Neville et Ron en profitèrent pour se dépêcher jusqu'à leurs places habituelles et s'asseoir avant que le reste de leur propre maison s'agglutine autour du garçon à la cicatrice.

À la table des professeurs, Dumbledore avait un petit sourire amusé en voyant son Golden Boy se débattre au milieu de ses admirateurs.

- Albus, ne pensez-vous pas qu'il serait temps de dire aux élèves de laisser Potter respirer ? lui reprocha McGonagall.

- Allons Minerva, Harry a simplement des amis qui s'inquiètent à son sujet, voilà tout.

- Il a quand même l'air à deux doigts d'étouffer, là, appuya Hagrid avec un regard inquiet.

Avec plus ou moins de discrétion, tous les enseignants jetèrent un coup d'oeil à la vedette de l'école, qui tentait de se débarrasser d'un deuxième année particulièrement larmoyant, pendant que Granger et Londubat tenaient les autres élèves à distance.

- Par Merlin, JE VAIS BIEN ! finit par crier Harry. Est-ce que je peux manger en paix maintenant ?

- Mais Harry, tu es tombé de ton balai et...

- Et j'en suis sorti indemne, Colin ! Mais si vous voulez absolument m'aider, il y a une chose que vous pouvez faire.

Immédiatement, une nuée de regards brillants se tournèrent vers le héros de Griffondor, qui avait les poings serrés et semblait à un rien de perdre le peu de self-control qui lui restait.

- On fera tout ce qu'on peut pour t'aider, Harry !

- Pomfrey a dit que j'avais besoin de calme et de repos. Donc si vraiment vous voulez m'aider, laissez-moi tranquille, d'accord ?

Progressivement, les élèves refluèrent vers leurs places initiales et le garçon à la cicatrice put enfin souffler. Il finit par poser ses coudes sur la table et se prendre la tête dans les mains, visage tourné vers son assiette. Hermione lui lança un regard et un sourire compatissant, et Neville posa sa main sur son épaule pendant quelques secondes en guise de réconfort. En face de lui, Ron lui tendit le plat le plus proche et lui suggéra de manger un peu.

Dumbledore approuva en silence. Même si le tempérament un peu trop explosif du garçon devrait être canalisé, il parvenait à s'imposer comme leader s'il y était... encouragé. Le directeur eut un petit sourire satisfait, et retourna à son assiette et ses réflexions précédentes concernant les Détraqueurs et la réunion qu'il allait avoir avec Fudge à leur sujet.

-o-oOo-o-

Halloween arriva dans une ambiance somme toute détendue. La journée fut toutefois majoritairement utilisée pour une guerre ouverte entre Serpentards et Griffondors. Fred et George s'en donnèrent à coeur joie, légèrement aidés par Harry pour certaines de leurs farces reptiliennes. Presque l'entièreté des donjons avaient été transformés en une gigantesque fosse remplie des animaux qui représentaient les phobies les plus courantes.

Les Serpentards avaient vite compris qu'il s'agissait d'une illusion, mais lorsqu'il s'était avéré que certains des serpents et araignées étaient réels, les hurlements avaient été entendus jusque dans les tours.

De leur côté, les vert et argent avaient répliqué avec des explosions noires, qui laissaient la victime indemne, mais incapable de voir pendant une heure.

Harry avait dû guider Neville pendant l'intercours lorsque celui-ci n'avait pas pu esquiver à temps, et avait fusillé Malfoy des yeux. Un peu plus tard, une petite couleuvre était tombée du plafond directement sur les épaules du blond avant de se glisser dans son uniforme.

Les affrontements indirects durèrent jusqu'au diner, pendant lequel Harry eut un avantage certain. Presque tous les élèves tombèrent sur des bonbons aux effets surprenants ou effrayants à un moment ou à un autre, sauf le héros de Griffondor. Les elfes de maison avaient insisté pour savoir ce qui lui ferait plaisir pour l'occasion, et à sa grande surprise, il avait eu un plat et un dessert à part. Harry avait donc mangé sans hésiter et s'était délecté du regard suspicieux que Malfoy lançait à chaque aliment devant lui.

En sortant de table, il annonça à ses amis qu'il avait l'intention d'aller passer un peu de temps avec Mimi Geignarde. Il n'avait pas beaucoup parlé avec le fantôme depuis le début de l'année, et voulait profiter d'All Hallows'Eve pour passer un peu de temps avec son amie spectrale sans attirer l'attention.

C'était dans ce genre de situation que la cape d'invisibilité de son père lui était le plus pratique.

En se dirigeant vers les toilettes, il eut la surprise de croiser Crabbe et Goyle en embuscade dans un couloir. Les deux gardes du corps de Malfoy étaient tout seuls, et semblaient vouloir terroriser trois première années de Poufsouffle à l'aide d'une de leurs explosions noires. Avec un sourire machiavélique, Harry se plaça juste derrière eux, et se mit à siffler en fourchelangue de la manière la plus menaçante qui soit.

Les deux Serpentards firent un bond en hurlant lorsque la voix résonna dans le couloir vide, et prirent leurs jambes à leur cou sous les yeux incrédules des trois Poufsouffles. Harry parvint à se retenir juste assez longtemps pour rejoindre les toilettes de Mimi, où il finit par enlever la cape et éclater de rire.

- Harry ?

- Salut Myrtille, fit le brun en essuyant les larmes au coin de ses yeux. Comment tu vas ?

- Bien, j'ai passé la journée à effrayer les élèves en changeant de toilettes, fit-elle en riant. C'était très amusant d'entendre leurs cris quand j'arrivais depuis un mur.

Le Griffondor se mit à rire de plus belle, et regretta de ne pas avoir pensé à demander son aide au spectre pour effrayer Malfoy. Il garda toutefois l'idée de côté pour le prochain Halloween, voire plus tôt au cas où le Serpentard se montrerait vraiment insupportable.

- Ça devait être drôle, déclara-t-il finalement.

- Et toi, pourquoi tu riais en arrivant ? Tu as fait peur à quelqu'un aussi ? pouffa-t-elle.

- Il se peut que j'ai voulu vérifier si certains Serpentards supportaient d'entendre du fourchelangue à un moment où ils ne s'y attendent pas, fit Harry avec un sourire innocent.

Myrtille se mit à rire, et les deux continuèrent à raconter les blagues qu'ils avaient faites ou vues toute la journée. Lorsqu'Harry eut terminé avec le couloir et les animaux, ils prirent quelques instants pour reprendre leur souffle.

- Oh ça me fait penser, s'exclama-t-elle soudainement en flottant sous le plafond, tu n'aurais pas croisé un gros chien noir ? J'en ai vu un dans le château il y a quelques semaines.

- Un gros chien noir ? fit Harry d'un air surpris. Non, ça ne me dit rien... quoique, c'était peut-être le fameux Sinistros que Trelawney a vu dans ma tasse de thé au début de l'année.

- Tu as eu un Sinistros en Divination ? s'étonna Mimi.

- Oui, fit Harry en souriant. Apparemment, j'ai encore un présage de mort qui plane sur ma tête cette année.

Le fantôme lui sourit également, et enchaina en grisant légèrement au niveau des joues sans oser le regarder.

- Si cette fois tu meurs pour de bon, on pourra hanter Poudlard ensemble.

- Si je meurs à Poudlard, sois certaine que je viendrai vers toi pour te demander des conseils, répondit le brun. Mais tu me connais, à tous les coups je vais encore trouver le moyen de m'en sortir.

Myrtille pouffa, et ils discutèrent encore quelques minutes avant qu'Harry reparte pour la tour de Griffondor.

-o-oOo-o-

Le deuxième weekend de Novembre était celui de la sortie suivante pour aller à Pré-Au-Lard, et Harry ne tenta pas de négocier avec McGonagall une seconde fois. Il laissa partir Neville, Hermione et Ron en leur assurant qu'il pourrait très bien s'occuper tout seul.

En réalité, dès que ses amis furent partis, le Griffondor se dirigea vers la Chambre des Secrets grâce au passage de la bibliothèque. Il avait la ferme intention de profiter de cette journée pour explorer au moins deux autres passages.

Artémis était dans la salle avant même qu'il sorte de la tête de serpent, et Harry lui sourit.

- J'ai envie de voir où ces passages mènent, tu crois que tu peux me suivre en utilisant tes tunnels en même temps ?

- Naturellement, maître Harry.

Ils passèrent ainsi le reste de la matinée à explorer deux des passages qu'Harry n'avait pas encore essayé.

L'un d'entre eux s'avéra conduire à l'infirmerie, plus précisément juste en-dessous du lit le plus éloigné de la porte d'entrée, et s'ouvrait grâce à une dalle qui faisait office de trappe. Heureusement, Pomfrey était dans son bureau à ce moment-là et ne remarqua rien.

Un autre fit gravir tellement de marches à Harry qu'il était en sueur en arrivant à la porte finale, et se demandait sérieusement s'il menait à son dortoir ou à la salle commune de Serdaigle. Lorsqu'il eut la confirmation que la pièce était déserte, il ouvrit le mur pour se rendre compte qu'il était dans la tour d'Astronomie. Le passage était dissimulé derrière une des plus anciennes tapisseries – en parfait état grâce aux sorts de conservation – qui représentaient le ciel étoilé, plus précisément derrière celle qui représentait la constellation du Serpent. Harry sourit et secoua la tête devant le sens de l'humour particulier de son ancêtre. Il semblait que Salazar Serpentard ait décidé de laisser des indices particulièrement évidents dans certains cas. Tellement évidents que personne n'avait pensé à les relever.

Sa réflexion sur le sujet amusa Artémis, qui l'avait accompagné et était même entrée dans la pièce avec lui pour observer la vue. La basilisk n'avait pas souvent l'occasion de voir autre chose que l'intérieur du château et la Forêt Interdite, et Harry l'avait laissée contempler le paysage un moment. Il resta juste assez attentif pour s'assurer qu'elle se tenait assez loin de la fenêtre, afin de ne pas être vue si quelqu'un levait les yeux.

Ils retournèrent dans la Chambre un peu avant midi, et Harry s'éclipsa par le passage des cuisines pour saluer les elfes de maison. Une question en amenant une autre, il finit par manger sur place en leur compagnie et discuta avec eux de leurs conditions de vie, qui semblait les satisfaire pleinement. Poudlard était un établissement pour lequel tous les elfes de maison étaient fiers de travailler, apprit-il.

Le Griffondor sortit une heure plus tard, avec l'intention d'aller aux toilettes puis de retourner explorer la Chambre. Toutefois, alors qu'il commençait à se laver les mains, il eut la surprise de voir les jumeaux Weasley arriver, un sourire aux lèvres.

- Harry, notre cher petit frère d'adoption !

- Nous ferais-tu l'honneur d'une petite discussion ?

Harry n'hésita pas longtemps, même si l'étincelle de malice curieuse qui brillait dans leurs yeux le mit vaguement en alerte. Après les avoir suivi dans une salle de classe inoccupée, les jumeaux le regardèrent intensément, et George prit la parole.

- Qui est Artémis ?

Harry se sentit pâlir immédiatement avant de tenter de recomposer une attitude neutre. Mais à voir la tête des jumeaux, ils avaient eu le temps de remarquer son trouble et il se mordit les lèvres pour trouver quelque chose à dire.

- Artémis est... une amie, finit-il par admettre.

Fred leva un sourcil, visiblement curieux.

- Une amie qui n'est jamais apparue nulle part et qui est sortie d'un coup au même endroit que toi ?

- Et qui ne figure pas parmi les élèves de Poudlard ? ajouta George.

- Alors que tu passes certaines journées à apparaître et disparaître du château ?

- Comme ce matin dans la tour d'Astronomie ?

Après la rapide série de questions, le garçon à la cicatrice sentit qu'il était piégé et ne pourrait pas s'en tirer sans mentir ou refuser de dire la vérité. Il était en train de réfléchir à un moyen de s'en sortir quand il réalisa un détail qui aurait dû lui sauter aux yeux.

- Comment vous savez tout ça ?

Fred et George échangèrent un regard, et semblèrent parvenir à un accord silencieux avant de chacun tendre une main vers le brun.

- Que dirais-tu d'un échange ?

- On te dit comment on sait pour Artémis et tes disparitions.

- Et toi tu nous dit qui elle est et comment tu fais pour disparaitre.

Harry les regarda, hésita un instant, et prit sa décision. Il serra tour à tour chacune des mains, et regarda ses deux amis dans les yeux, parfaitement sérieux.

- Je veux votre parole à tous les deux que vous n'en parlerez à personne. C'est un secret que je tiens à garder encore un moment.

Fred et George hochèrent la tête en choeur, ayant compris que celui qu'ils considéraient comme leur petit frère adoptif était réellement inquiet à l'idée de partager ces informations.

- Tu as notre parole, Harry.

- Tes secrets sont en sécurité avec nous.

- Comme les nôtres sont en sécurité avec toi.

Le garçon à la cicatrice inspira profondément. Il savait qu'il pouvait faire confiance aux jumeaux. Sous leurs airs insouciants et blagueurs, Fred et George étaient honnêtes et travailleurs. Harry savait qu'ils étaient capables de faire preuve du même acharnement et du même sérieux qu'Hermione, la seule différence étant qu'ils avaient choisi de l'appliquer à un tout autre domaine que les études. Et depuis qu'il les avait rencontrés, ils l'avaient toujours considéré comme un membre de leur famille.

Le jeune Griffondor savait que les jumeaux garderaient ses secrets s'il le leur demandait, et était prêt à leur faire confiance, mais n'était pas sûr de leur réaction s'ils apprenaient la totalité de la vérité. Pas après la version officielle de ce qui s'était passé avec Ginny à la fin de l'année précédente. Et il n'était pas sûr que Dumbledore n'irait pas chercher dans leurs esprits lorsque le directeur se rendrait compte qu'il n'avait plus accès au sien.

Sa décision prise, Harry regarda les jumeaux avec un petit sourire.

- Artémis est mon familier, répondit-il.


Commentaire de la bêta : à la place des jumeaux, comment auriez-vous réagi ? En tout cas, plein de petits détails commencent à orienter la réflexion de bébé Harry... En attendant les révélations finales !