N/A : bien le bonjour en ce weekend de Pâques au croisement du ramadan, d'une pleine lune et de Pessa'h ! (visiblement on a un méga crossover religieux cette année).
Résumé du chapitre précédent :
Les élèves passent la nuit dans la Grande Salle mais Sirius Black n'est pas retrouvé. Harry et ses amis se font la remarque qu'il est étrange que Black ait essayé d'entrer dans le dortoir à l'heure du dîner. Le match Griffondor-Poufsouffle arrive, et Harry se fait attaquer par les Détraqueurs. Il se réveille à l'infirmerie ou il apprend qu'ils ont perdu le match et que son Nimbus 2000 est détruit. Pour éviter Dumbledore et ses questions, Harry demande à Lupin de lui apprendre à se défendre contre les Détraqueurs, ce que Remus accepte de faire dans quelques semaines. Halloween arrive et sert de mini-guerre entre Griffondor et Serpentard, et Harry en profite pour aller voir Myrtille. Le jour de visite à Pré-Au-Lard revient, et Harry en profite pour aller voir Artémis. En sortant de la Chambre des Secrets, il tombe sur Fred et George qui lui posent quelques questions...
- Artémis est mon familier.
Fred et George demeurèrent bouche bée pendant deux solides secondes, avant que des sourires extatiques et enthousiastes se déploient sur leur visage.
- Un familier ?
- Mais c'est génial !
- Quand est-ce que tu l'as eu ?
- Tu as vraiment un tatouage qui le représente ?
- Stop ! fit Harry en riant. Une question à la fois !
Les jumeaux s'interrompirent un instant, puis Fred reprit, des étoiles dans les yeux à l'idée de toutes les possibilités qui s'offraient à eux avec ce nouvel allié.
- C'est quoi comme créature ?
- Ça, c'est quelque chose que je ne peux pas vous dire pour l'instant, fit Harry avec une grimace d'excuse. Je vous le dirai un jour, promis, mais pas maintenant.
- On compte bien la rencontrer un jour, le prévint George. Un rituel de familier donne vraiment un tatouage ?
Le brun hocha la tête, et se concentra pour que le tatouage en question reste caché. Il n'avait pas besoin qu'il se dévoile maintenant et informe ses interlocuteurs de l'espèce exacte de son familier.
- Oui, et il est la copie crachée d'Artémis, mais en version tatouée magique qui se déplace à volonté. Elle a reçu une marque aussi, elle a la forme de ma cicatrice.
- Fred, tu penses à ce que je pense ?
- Je pense exactement à ce que tu penses, George.
Harry fronça légèrement les sourcils, perplexe, mais eut un sourire en voyant l'étincelle de malice aux fond des prunelles marron de ses amis. Il soupira, devinant où Fred et George voulaient – pas réellement, mais juste pour plaisanter – en venir.
- Vous ne trouverez jamais une seule acromentule qui acceptera de réaliser le rituel pour terroriser Ron.
Les moues faussement dépitées des jumeaux le firent rire, mais ils le joignirent dans son hilarité sans hésiter. Au bout de quelques secondes, lorsque les trois sorciers se furent calmés, Harry nota l'air curieux des jumeaux et se douta qu'ils allaient l'interroger à propos de la seconde incongruité qu'ils avaient remarqué.
- Deuxième vraie question, comment tu fais pour disparaitre ?
- Et réapparaitre, un peu partout dans le château ?
Le brun les regarda un instant avec un air impassible, puis s'assit confortablement sur une chaise et leur adressa un grand sourire.
- La Chambre des Secrets.
Pour la deuxième fois de la conversation, ses amis le dévisagèrent avec des yeux ronds. En son for intérieur, Harry n'était pas peu fier d'un tel exploit. Vu l'inventivité dont Fred et George étaient capables de faire preuve, il était difficile de les mettre face à une situation ou une information qui les prendrait sincèrement au dépourvu.
- Tu veux dire que tu es retourné dans la Chambre après ce qui s'y est passé l'an dernier ? demanda Fred d'un air incrédule.
- On croyait que le passage des toilettes était bouché et que ce n'était pas possible de rouvrir celui de la salle commune de Serpentard ? ajouta George.
Harry regarda ailleurs en tentant de prendre un air innocent qui n'était destiné à convaincre personne. Encore moins les sorciers les plus farceurs que Poudlard ait connu depuis plusieurs décennies.
- Techniquement, répondit Harry en regardant attentivement un mur, on ne peut pas rouvrir celui de la salle commune de Serpentard. Pas sans parler fourchelangue, en tout cas. Et il n'est pas complètement impossible qu'il y ait d'autres passages un peu partout dans Poudlard qui permettent d'accéder à la Chambre des Secrets.
Fred et George le regardèrent sans rien dire pendant une dizaine de secondes, puis explosèrent de rire avant de presque tomber sur les chaises les plus proches.
- Merlin Harry, quand je pense que tout le monde !
- Absolument tout le monde!
- Est persuadé que tu as été traumatisé !
Le garçon à la cicatrice leur fit un sourire complice et un clin d'oeil.
- Autant que tout le monde continue à le croire, ça m'arrange. À votre tour maintenant, comment vous savez qu'Artémis et moi on était dans la tour d'Astronomie ce matin ?
L'hilarité de Fred et George se dissipa aussitôt, et les jumeaux arborèrent une expression solennelle.
- Ça Harry, c'est le secret derrière notre succès.
- Et surtout derrière notre capacité à éviter Rusard, précisa George.
Sans un mot, Fred sortit de sous son uniforme un morceau de parchemin vierge qu'il tendit à Harry.
- Un vieux parchemin miteux ? fit le brun d'une voix dubitative.
- Seulement aux yeux d'un néophyte, déclara Fred avec un clin d'oeil.
- Ça nous fend le coeur de nous en séparer, ajouta George.
- Mais on pense que tu en as plus besoin que nous.
Le garçon à la cicatrice continua à dévisager sans ses amis comprendre. Avec un sourire, George sortit sa baguette et en posa l'extrémité sur le papier.
- Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises.
Sans un bruit, des lettres se formèrent sur le parchemin au-dessus d'un dessin de Poudlard. Harry écarquilla les yeux et lut la phrase qui était apparue.
- Messieurs Lunard, Queudver, Patmol et Cornedrue, spécialistes en assistance aux maniganceurs de mauvais coups, sont fiers de vous présenter la Carte du Maraudeur. Du Maraudeur ? demanda Harry en relevant les yeux.
- On leur doit beaucoup, admit Fred.
Le brun ouvrit le parchemin, et constata avec surprise qu'il s'agissait d'un plan détaillé de Poudlard, sur lequel des petites traces de pas se déplaçaient un peu partout, accompagnées de symboles de parchemin avec des noms inscrits dessus.
- Incroyable, souffla-t-il en fixant un point. Est-ce que c'est vraiment...
- Dumbledore, confirma Fred en suivant son regard.
- Dans son bureau, ajouta George.
- En train de faire les cent pas.
- Ça lui arrive souvent.
Harry les regarda de nouveau, incrédule.
- Donc si je comprends bien, cette carte montre...
- Tout le monde !
- Tout le temps !
- Où ils vont !
- Ce qu'ils font !
- Chaque minute !
- Chaque jour !
Par manque de mots, le plus jeune ouvrit et ferma la bouche plusieurs fois. Cette carte était probablement l'outil le plus pratique qui soit à Poudlard, et les personnes qui l'avaient créée devaient être brillantes.
- Où est-ce que vous l'avez eue ? demanda-t-il finalement.
- On l'a fauchée dans le bureau de Rusard en première année.
- Et elle montre tous les passages secrets de l'école.
- Tu comprends maintenant pourquoi ça nous paraissait impossible ?
- On se devait de trouver une explication.
Les trois Griffondors se sourirent d'un air entendu, et les jumeaux reprirent en indiquant un point de la carte à Harry.
- Pour aller à Pré-Au-Lard, on te conseille d'emprunter ce passage-là, indiqua Fred.
- C'est celui de la sorcière borgne, précisa George. Il conduit directement à Honeydukes.
- Et quand tu as fini de t'en servir, n'oublie pas de donner un coup de baguette.
- En disant Méfait Accompli.
Joignant le geste à la parole, George avait reposé sa baguette sur la carte et toute trace d'encre disparut, retransformant celle-ci en un simple parchemin vierge.
- Wow... Fred, George, merci, les remercia le sorcier brun.
- De rien Harry, répondirent-ils en choeur.
- On espère qu'un jour tu nous emmèneras dans la Chambre, pas vrai ?
- Quand il n'y aura plus de cadavre de basilisk pourrissant, bien sûr.
Le garçon à la cicatrice sourit, promit de la leur faire découvrir un jour, et les trois Griffondors sortirent de la salle. Harry était déjà sous sa cape d'invisibilité avec la ferme intention d'aller enfin visiter Pré-Au-Lard.
Il fit de son mieux pour transmettre à Artémis ce qu'il allait faire pour qu'elle ne s'inquiète pas. Il ne pouvait pas encore lui envoyer d'images ou lui parler, mais ils avaient désormais accès à des émotions suffisamment précises pour se comprendre. Lorsqu'il reçut une sensation rassurante et encourageante, il sourit et se dirigea sans plus attendre vers le passage secret que Fred et George lui avaient indiqué.
La carte lui permit d'éviter Rusard sur le chemin, et de trouver la statue sans problème. Une fois derrière, Harry avança le long d'un chemin qui avait l'air d'être régulièrement emprunté, jusqu'à se trouver sous une trappe. Le jeune Griffondor soupira, mais conserva un sourire amusé. Il avait l'impression de passer un peu trop de temps dans les passages secrets en tout genre, ces derniers temps. Une fois certain qu'il n'y avait personne dans la pièce, Harry souleva doucement la dalle et remonta dans ce qui ressemblait à la cave d'un magasin.
Le Griffondor referma la trappe, vérifia que sa cape le couvrait totalement, et se dirigea vers une porte derrière laquelle il entendait des voix. Il l'ouvrit doucement et fut aussitôt assailli par un monde d'odeurs, de bruits et de couleurs en tout genre.
Il remarqua aussitôt les bocaux qui contenaient des bonbons magiques, les plumes en sucre disposées sur les comptoirs, les tonneaux remplies de dragées surprises de Bertie Crochue, et toutes les sortes de chocolats sur les étagères. Pas de doute possible, il était bien à Honeydukes. Toutefois, malgré la légère curiosité qu'il avait à l'idée d'essayer certains chocolats, la boutique était bien trop bondée à son goût et il en sortit dès qu'il le put.
Une fois à l'extérieur, Harry prit le temps d'observer le petit village de Pré-Au-Lard. L'allée principale était composée de magasins qui proposaient chacun des produits différents. Livres, balais, ingrédients pour potions, bijoux, vêtements, nourriture, farces et attrapes, il y avait de tout, et Harry regretta un instant ne pas pouvoir s'y balader librement pour en profiter avec ses amis.
Il envisagea de les chercher pendant un moment, mais renonça au profit d'une exploration de l'endroit et de plusieurs magasins. S'il tombait sur eux, il pourrait toujours leur faire signe et subir les remontrances d'Hermione à ce moment-là. Harry allait jeter son dévolu sur Zonko, lorsqu'il remarqua Flitwick, McGonagall et Fudge se diriger vers un pub du nom des Trois Balais. Curieux, il les suivit à l'intérieur, et ne prit même pas le temps d'apprécier le décor et la chaleur de l'endroit dans sa hâte de les suivre.
La tenancière les conduisit immédiatement dans une petite salle à part, plus discrète que le reste de l'établissement. Le Griffondor se posta à l'intérieur, juste à côté de la porte, en espérant très fort qu'aucun d'entre eux ne penserait à jeter un sort de détection.
Fort heureusement, aucun ne sembla y songer et la tenancière revint avec leurs commandes avant de s'asseoir quelques instants avec eux, à la demande du ministre.
- Alors, ma chère Rosmerta, comment vont les affaires ? demanda aimablement Fudge.
- Elles iraient beaucoup mieux si les Détraqueurs arrêtaient de fouiller mon auberge ! répliqua-t-elle en le menaçant de son torchon.
Bien que la scène soit plutôt ridicule, Fudge parut légèrement embarrassé et tenta de la calmer.
- Allons ma chère, soyez raisonnable, nous avons un tueur en liberté.
- J'imagine que c'est d'ailleurs pour ça que vous êtes là, monsieur le ministre ? demanda Flitwick.
- Tout à fait, je dois m'entretenir une nouvelle fois avec Dumbledore au sujet de l'infiltration de Black, mais il refuse de quitter l'école pour venir à Londres. Non pas que je le lui reproche, bien entendu, ajouta-t-il aussitôt avec un regard vers la professeure de Métamorphose.
McGonagall relâcha son air réprobateur et se tourna vers Rosmerta, qui venait de pousser un soupir à fendre l'âme.
- Vous savez, je n'arrive toujours pas à croire que Sirius Black ait pu si mal tourner... j'ai l'impression que c'était hier encore qu'il était à Poudlard avec James ! Ces deux-là étaient vraiment inséparables, vous savez ? On aurait dit des frères.
- C'est un fait, admit McGonagall avec un sourire triste. Sirius Black et James Potter, deux élèves brillants, mais constamment en train de chercher les ennuis. Même Fred et George Weasley ne me donnent pas autant de cheveux blancs.
- Les jumeaux Weasley ont encore quelques belles années devant eux pour leur ravir le titre, sourit Flitwick.
De son côté, Harry avait plaqué une main sur sa bouche sous le choc de ce qu'il venait d'entendre. Black était proche de son père ? Mais alors pourquoi aurait-il rejoint Voldemort ? Et pourquoi essaierait-il de le tuer maintenant ? Et pourquoi est-ce que personne ne le lui avait dit ?
- C'est vrai, concéda McGonagall avec un sourire. D'autant qu'ils n'ont pas quelqu'un comme Remus Lupin pour les calmer.
- Oh oui, je me souviens bien de leur petite bande ! se rappela Rosmerta. Mais James et Sirius étaient véritablement les deux plus proches. Je vous le dis, jamais je n'aurais cru Sirius Black capable de trahir James Potter !
- Personne ne l'aurait cru, soupira Fudge. Dumbledore lui-même, lorsqu'il a conseillé aux Potter de se cacher de Vous-Savez-Qui, a suggéré que Black soit leur Gardien du Secret. Pas qu'ils aient eu besoin de son encouragement, Black avait déjà été témoin à leur mariage après tout.
- Et ce n'est pas le pire, murmura McGonagall.
- Pire ? fit Flitwick en fronçant les sourcils. Qu'est-ce qui pourrait être pire que ça, Minerva ?
Le professeur de Charmes semblait sincèrement perplexe, et Harry fut soulagé qu'il pose la question qui avait fusé dans son propre esprit.
- James et Lily avaient une confiance totale en Sirius, expliqua la professeure. Au point que le charger de veiller sur leur fils.
- Vous voulez dire... murmura Rosmerta en portant une main à sa bouche.
La directrice de Griffondor hocha la tête, son visage grave.
- Oui. Sirius Black demeure à ce jour le parrain de Harry Potter.
Harry se figea totalement et se sentit pâlir. Son parrain ? Il avait un parrain ? Quelqu'un chargé de veiller sur lui depuis sa naissance, et personne ne le lui avait dit ? D'accord, il était prisonnier à Azkaban, accusé d'avoir tué treize moldus, et visiblement d'avoir trahi ses parents, mais quand même, est-ce que c'était trop demander que de l'informer ? Le brun n'eut pas le temps de poursuivre ses réflexions, interrompu par la voix tremblante de la tenancière.
- Oh mon dieu, j'ignorais que... oh, pauvre enfant... Est-ce qu'il est au courant ?
- Non, répondit McGonagall. Le directeur estime qu'il vaut mieux lui épargner cette peine.
- On ne peut pas le lui reprocher, appuya Fudge. Je ne sais pas si vous vous souvenez, mais Black ne s'est pas contenté de trahir James et Lily Potter pour les vendre à Vous-Savez-Qui, il s'est également attaqué à Peter Pettigrew dans la même soirée !
- Peter ? Ce petit garçon peureux qui suivait toujours James, Sirius et Remus partout ?
- Tout à fait, Rosmerta. Le pauvre garçon était en admiration devant James, mais était probablement un des plus mauvais élèves que Poudlard ait jamais compté dans ses rangs, soupira la directrice de Griffondor. Il a voulu affronter Black tout seul après avoir appris ce qui s'était passé.
- Black est foncièrement mauvais, asséna le ministre. Il n'a pas tué Pettigrew, il l'a détruit. Un doigt, c'est tout ce qu'on a retrouvé de lui après l'explosion qui a tué les treize moldus au milieu desquels on a retrouvé Black, qui délirait en avouant avoir causé la mort des Potter.
Incapable d'écouter un mot de plus, Harry sortit aussi vite que possible de la salle et du pub tout en restant discret. Il se sentait complètement perdu et au bord des larmes. Il avait un parrain, accusé d'avoir trahi ses parents au profit de Voldemort. Mais Tom était persuadé que jamais Sirius Black n'aurait trahi ses amis, et apparemment tous ceux qui l'avaient connu étaient d'accord. Et Lupin ! McGonagall avait dit que Lupin les connaissait aussi. Est-ce que c'était pour ça que le professeur le regardait parfois comme s'il reconnaissait quelqu'un ? Parce qu'il ressemblait à ses parents ?
Perdu dans ses pensées, Harry finit par se rendre compte qu'il s'était éloigné du centre du village et était désormais devant une clôture barbelée. Il repoussa temporairement toutes les questions qui s'agitaient dans son cerveau pour se concentrer sur le paysage en face de lui. La clôture semblait entourer un large pan de terrain sans un seul arbre et un jardin à l'abandon. Au milieu se dressait une vieille maison à moitié en ruines, et dont toutes les portes et fenêtres étaient condamnées par des planches.
La bâtisse avait un air sinistre, et Harry se demanda ce qui avait bien pu se passer pour qu'elle soit aussi isolée et négligée. Il avança un peu le long de la barrière pour trouver une explication, et finit par tomber sur une barrière fermée à côté de laquelle se trouvait un écriteau.
- La Cabane Hurlante a la réputation méritée d'être la maison la plus hantée de Grande-Bretagne, lut-il dans un murmure. La nuit, on peut parfois entendre les hurlements des âmes qui sont restées prisonnières de ses murs.
Curieux, il pencha la tête pour observer la maison une nouvelle fois. À part avoir l'air affreusement inconfortable et infestée de courants d'air, le Griffondor ne la trouvait pas si effrayante. Il songea un instant à aller l'explorer, et eut aussitôt la vision d'Hermione qui lui passait le savon du siècle à son retour. Avec une grimace, Harry renonça à l'idée.
Par ailleurs, il était probablement temps pour lui de retourner à Poudlard. Le sorcier brun hésita un moment entre repasser par le passage secret et suivre les autres élèves qui retournaient au château, et opta finalement pour la deuxième possibilité. Le Griffondor revint au centre de Pré-Au-Lard, et tomba rapidement sur une horde d'élèves qui se regroupaient dans l'allée principale.
Harry venait de repérer ses trois amis lorsqu'un mouvement de l'autre côté de la rue le fit changer d'avis. Malfoy paradait au milieu des autres Serpentards, en parlant assez fort pour que tout le monde l'entende.
- C'est étonnant qu'ils laissent tout le monde sortir, surtout quand on sait que certains n'ont pas leur place dans les endroits réservés aux vrais sorciers ou n'ont pas les moyens d'acheter quoi que ce soit.
Harry jeta un coup d'oeil vers ses amis, juste à temps pour voir Neville froncer les sourcils et Hermione retenir Ron par le bras. Le roux jeta un regard furieux au Serpentard, qui lui renvoya un sourire suffisant.
- C'est ça Weasley, écoute ta petite amie. Tu devrais être content que Potter l'ait rejetée, au moins ça te donne une chance de trouver une partenaire à ton niveau. Une Sang-de-bourbe et un Traître à son Sang sont faits pour aller ensemble.
De leur côté, Ron était furieux, Hermione était livide et Neville serrait les poings, frustré de ne rien pouvoir faire. Sans Harry et en infériorité numérique, Neville avait conscience qu'affronter les Serpentards en public était une idée stupide. Et il refusait de s'abaisser à leur niveau pour les insulter sur les allégeances de leurs parents pendant la dernière guerre.
Mais selon toutes vraisemblances, Ron ne partageait pas son avis et il se dirigea droit vers Malfoy, le visage rouge.
- Malfoy ! Espèce de...
Il n'eut pas le temps d'achever sa phrase que le leader des Serpentards tombait par terre, comme si quelqu'un venait de lui faire un croche-pied. Un instant après, le pantalon de Crabbe se baissa tout seul, puis l'écharpe verte de Goyle se dressa dans les airs pour le faire trébucher sur Malfoy. Crabbe sembla finalement perdre l'équilibre à son tour et tomba sur les deux autres.
Pendant un instant, le temps parut se figer, puis Blaise et Théo commencèrent immédiatement à aider les trois à se relever – Draco en priorité – pendant que les trois Griffondors et tous les élèves qui avaient assisté à la scène explosaient de rire.
-o-oOo-o-
Hermione, Neville et Ron souriaient toujours lorsqu'ils arrivèrent dans leur salle commune, où ils trouvèrent Harry confortablement installé dans un fauteuil. Il releva la tête à leur arrivée et leur sourit.
- Harry ! Tu as loupé le plus beau moment de ma vie ! s'exclama Ron.
- Tu as eu une réduction chez Honeydukes ?
Hermione remarqua en un clin d'oeil l'attitude un peu trop réjouie et le grand sourire qui s'étalait sur les lèvres de son meilleur ami, et prit un air entendu.
- Malfoy et ses sbires ont eu une sorte... d'accident après nous avoir insulté à Pré-Au-Lard, expliqua-t-elle. On aurait vraiment dit que quelqu'un les attaquait de nulle part.
- Presque comme si leur assaillant était invisible, ajouta Neville qui avait suivi le raisonnement.
Le héros de Griffondor cligna plusieurs fois des yeux dans son meilleur air innocent, mais renonça au bout de quelques secondes et se mit à rire.
- Vous n'allez pas me le reprocher quand même ! fit-il finalement.
- Te le reprocher ? Attends, c'est toi qui les a fait tomber ? s'exclama Ron.
Pour toute réponse, Harry lui adressa un clin d'oeil complice et le roux explosa de rire à son tour.
- Merlin, c'était brillant !
Après que les quatre amis se soient remis de leur hilarité, le garçon à la cicatrice attendit qu'ils aillent déposer leurs affaires et le rejoignent devant la cheminée. Il s'était entretemps assis par terre pour être plus près du feu. Neville s'assit à sa droite, et les deux bruns utilisèrent le canapé comme dossier. Ron s'affala sur un pouf à leur gauche, un paquet de plumes en sucre à la main, et Hermione se lova dans le fauteuil à leur droite, Pattenrond sur ses genoux.
Hagrid avait annoncé à la sorcière que son chat avait très probablement un peu de sang de Kneazle dans les veines, et qu'il était donc susceptible d'être plus fidèle et protecteur qu'un chat domestique normal. Les Kneazles faisaient partie des créatures qui s'attachaient le plus facilement aux sorciers, et avaient la réputation de pouvoir repérer avec certitude les personnes peu fréquentables ou suspectes. Personne n'avait pris le risque de rappeler que Pattenrond était toujours agressif envers Ron et Croûtard. À l'inverse, il avait en un rien de temps adopté Neville et Harry, et il n'était pas rare de le voir sur les genoux d'un des deux bruns lorsque les quatre amis étaient réunis.
Une fois qu'ils furent tous installés de façon confortable, Hermione planta son regard sur Harry avec l'attitude qu'elle avait lorsqu'elle était déterminée à obtenir une réponse.
- Maintenant Harry, si tu nous expliquait comment tu as fait pour aller à Pré-Au-Lard ?
- Oh, j'ai simplement demandé à Rogue de m'accorder une dérogation et il a accepté en me souhaitant une bonne après-midi.
Ron et Neville le regardèrent avec des yeux ronds, et le garçon à la cicatrice recommença à rire.
- Si vous pouviez voir vos têtes ! fit-il entre deux éclats.
- Très drôle Harry, grommela Ron. Ne me fais plus jamais imaginer Rogue aimable. C'est... pas naturel.
Le héros de Griffondor sentit un frisson parcourir Neville, assis à côté de lui, et tourna les yeux juste à temps pour le voir grimacer. Pour une fois, Neville semblait parfaitement d'accord avec Ron. Après ça, le Golden Boy croisa les yeux d'Hermione, et si sa meilleure amie avait souri à sa blague, elle n'en avait pas moins l'air décidée à obtenir la vérité. En souriant, Harry rendit les armes.
- Fred et George m'ont montré un passage secret pour y aller depuis Poudlard sans me faire voir. Et pour le reste, j'avais ma cape d'invisibilité.
- Harry, tu sais que tu n'as pas le droit de sortir sans autorisation, le fustigea-t-elle, encore moins avec Black en liberté !
- Mon oncle et ma tante ne me l'auraient jamais donnée, répliqua sèchement le garçon à la cicatrice. Et j'ai de plus en plus de raisons de croire que Black ne veut pas me tuer.
Les trois autres élèves se turent à sa déclaration. Hermione avait remarqué que les yeux d'Harry s'étaient durcis à la seconde où il avait mentionné sa famille et elle avait aussitôt regretté ses mots. Neville, qui était installé entre elle et Harry, l'avait remarqué également et était resté choqué par le ton que celui-ci avait employé. Même Ron nota la tension qui était tombée sur leur groupe comme une chape de plomb.
- Comment ça, tu penses que Black ne veut pas te tuer ? demanda finalement le roux.
- J'ai surpris une discussion aux Trois Balais, entre Fudge et McGonagall. Il y avait Flitwick et la tenancière aussi.
- Madame Rosmerta ? compléta Ron.
- C'est ça, fit Harry en reconnaissant le nom. Fudge devait aller voir Dumbledore à propos de Black et des Détraqueurs.
Hermione se mordit les lèvres, hésitante entre la nécessité de reprocher à Harry d'avoir écouté une conversation privée entre le Ministre de la Magie et des professeurs, et l'envie d'écouter son histoire. D'autant qu'elle lui avait déjà reproché d'être sorti sans autorisation, et qu'elle préférait éviter d'énerver Harry une nouvelle fois. Sa curiosité prit le dessus et elle l'encouragea à poursuivre avec un petit mouvement de tête.
Harry lui rendit son sourire, et plongea son regard émeraude dans les flammes. Celles-ci se reflétèrent dans ses lunettes, et il attendit quelques instants avant de continuer.
- D'après McGonagall et Rosmerta, Black était le meilleur ami de mon père quand ils étaient à Poudlard. Il a aussi été témoin à son mariage avec ma mère. Apparemment, il était même leur Gardien du Secret. D'ailleurs, qu'est-ce que c'est qu'un Gardien du Secret ?
Ses trois interlocuteurs eurent un hoquet de surprise et se retrouvèrent bouche bée en apprenant les différentes nouvelles. Neville referma la bouche en premier et déglutit avant d'expliquer à Harry ce dont il s'agissait.
- Un Gardien du Secret, c'est une personne qui garde un secret, souvent une adresse, sous l'emprise du sortilège de Fidelitas. C'est une méthode très répandue chez les Sang-purs et les grandes familles, expliqua-t-il.
Il adressa un regard d'excuse à Hermione, qui lui signala d'un geste de la main qu'elle ne se sentait pas insultée. Elle le connaissait suffisamment à présent pour savoir qu'il ne l'attaquerait jamais sur son statut de sang et ne chercherait jamais à la rabaisser sur ce sujet. Toutefois, le fait qu'il y pense et prenne le temps de s'excuser réchauffa le coeur de la sorcière. C'était agréable de se rappeler de temps en temps que toutes les familles de Sang-purs ne méprisaient pas les Né-moldus et les Sang-mêlés.
- Tant que cette personne ne dévoile pas volontairement le secret qu'elle garde, poursuivit Neville, c'est impossible de le découvrir. Par exemple, si c'est une maison, tu ne pourras pas la trouver tant que le Gardien ne t'aura pas lui-même donné l'adresse ou t'y aura emmené. Tu pourrais même faire toutes les maisons de la rue une par une sans la trouver.
- Mon père est le Gardien du Secret de la maison de ma tante Muriel, intervint Ron. C'est une des plus grandes marques de confiance qui existent entre sorciers, ajouta-t-il solennellement.
Neville hocha la tête dans une approbation silencieuse. Confier à quelqu'un le rôle de Gardien du Secret était un immense honneur et une preuve de confiance presque absolue. La plupart du temps, le Gardien était un membre de la famille, voire un des occupants de la maison elle-même. Si James Potter avait vraiment fait confiance à Sirius Black au point d'en faire son Gardien du Secret, alors il était encore plus improbable que celui-ci ait rejoint le Seigneur des Ténèbres.
Et à voir la tête pensive que faisait Harry, il avait suivi le même raisonnement que lui. Mais les yeux du Golden Boy étaient encore tournés vers les flammes, et semblaient trop perdus pour qu'il n'y ait que ce point qui ait renforcé ses doutes.
- Harry, il y a plus que ça, pas vrai ? demanda Neville.
Le héros de Griffondor hocha lentement la tête.
- Il n'était pas juste le meilleur ami de mon père et le Gardien du Secret de mes parents. D'après McGonagall, Sirius Black est aussi mon parrain.
Il avait achevé sa phrase dans un souffle, et Hermione dut se pencher pour être sûre de l'entendre. Elle porta immédiatement sa main à ses lèvres, incapable de croire ce qu'elle venait d'entendre.
- C'est... c'est impossible, bégaya Ron. Tu veux dire que ton parrain essaie de te tuer après avoir vendu tes parents à Tu-Sais-Qui ?
Deux paires d'yeux agacés se tournèrent vers lui. Hermione reprit la première, sa voix de nouveau assurée et contenant une pointe d'exaspération.
- Ron, si Harry nous a dit tout ça, c'est justement pour expliquer à quel point ça parait de plus en plus étrange que Black soit coupable de ce dont on l'accuse !
- Et pour expliquer à quel point ce serait étrange qu'il cherche à tuer son filleul, ajouta Neville sur le même ton.
- Mais c'est un criminel ! protesta le roux. Il a tué treize moldus et un autre sorcier qui voulait venger les parents d'Harry !
Le garçon à la cicatrice fronça les sourcils et se rappela des paroles du ministre.
- Fudge a dit que Sirius Black avait détruit Pettigrew, et que tout ce qu'on a retrouvé de lui, c'était un doigt.
Hermione et Neville froncèrent aussitôt les sourcils, clairement chiffonnés par l'information.
- C'est bizarre. Un mage noir se serait contenté d'un sortilège de la mort, réfléchit la sorcière.
- Black est fou, c'est tout ! conclut Ron. Il a paniqué et a préféré rejoindre Vous-Savez-Qui plutôt que se faire torturer, et après il a perdu les pédales et a tout fait sauter.
Harry grimaça. L'explication de Ron était bancale, et laissait beaucoup de points de côté. Sans compter que Voldemort lui-même, ou du moins son horcruxe, était persuadé que Black n'avait pas trahi ses parents. Harry réalisa au passage qu'il ferait sans doute bien de partager ces nouvelles informations avec Tom.
Il allait expliquer patiemment à Ron que sa théorie laissait à désirer, lorsqu'il remarqua son air buté. C'était la même attitude qu'il avait eue lorsqu'il s'était persuadé que Malfoy était l'héritier de Serpentard, et Harry comprit que tous les arguments du monde ne serviraient à rien et ne le feraient pas changer d'avis. Un rapide coup d'oeil vers Hermione et Neville lui fit comprendre qu'ils pensaient exactement la même chose.
Et au vu du regard entendu qu'ils lui adressèrent, une séance intensive de révision de Potions à la bibliothèque allait sans doute être au programme pour occuper leur dimanche. Harry adapta sa stratégie en un battement de cils, et haussa les épaules.
- Il y a beaucoup de choses qui restent floues à propos de Black. On en saura sûrement plus lorsqu'il sera attrapé.
- Je pense aussi, approuva Neville. Autant arrêter de se poser des questions auxquelles on n'a pas de réponses.
- J'imagine, soupira Hermione. Mais j'essaierai de voir si je peux trouver un résumé de son procès à la bibliothèque, ça nous en apprendra peut-être davantage.
Harry sourit en voyant le regard déterminé de son amie. À tous les coups, elle allait se plonger dans les archives juridiques dès le lendemain. Il se tourna de nouveau vers Ron et désigna d'un coup de tête la plume en sucre qu'il était en train de grignoter.
- Sinon, je vois que vous êtes passés à Honeydukes.
- Tu as pu y aller ? fit le roux en s'éclairant. C'est le meilleur magasin du monde ! Il faut absolument que tu y ailles Harry, tous leurs bonbons sont géniaux, à part peut-être les nids de cafards et les sucettes au sang.
Le brun haussa les sourcils, et Ron devint immédiatement rouge.
- Merlin, désolé, j'ai oublié que le sucre et toi...
- La prochaine fois, on pourra essayer de te rapporter quelques-uns de leurs chocolats, proposa Neville.
- Pourquoi pas, sourit Harry. Je n'ai pas pu voir grand-chose de toute façon, quand je suis sorti des Trois Balais, j'ai marché sans réfléchir jusqu'à la Cabane Hurlante et...
- La Cabane Hurlante ? l'interrompit Hermione. Oh, il faut absolument que j'aille la voir la prochaine fois, je n'ai toujours pas eu le temps de le faire et il parait que c'est la maison la plus hantée de Grande-Bretagne ! À quoi elle ressemble ?
Le garçon à la cicatrice était un peu surpris par le soudain intérêt de son amie, mais fit de son mieux pour lui répondre en passant une main dans ses cheveux.
- Franchement, c'est juste une maison en ruines au milieu d'un grand jardin abandonné et entouré d'une clôture barbelée. Rien de plus. J'ai failli essayer d'entrer à l'intérieur...
Il remarqua aussitôt l'air choqué de Ron et Neville, et les yeux furieux de sa meilleure amie. Instinctivement, Harry sut qu'il lui restait trois secondes maximum pour désamorcer une situation de crise, et il acheva sa phrase en une seule respiration.
- ... mais je me suis dit que c'était irresponsable surtout tout seul et j'ai fait demi-tour pour rejoindre le centre de Pré-Au-Lard !
Il y eut un silence tendu pendant quelques secondes, puis Pattenrond miaula avant de se retourner pour se rouler en boule sur les genoux d'Hermione. Ses ronronnements parurent calmer la sorcière, qui se contenta de soupirer et de lancer un regard d'avertissement à son meilleur ami.
- Harry, ne t'avise surtout pas de faire quelque chose d'aussi stupide, d'accord ?
- Je ne fais jamais rien de stupide, maugréa-t-il en ramenant ses genoux contre sa poitrine.
- Première année, rappela Ron. Quand tu as voulu entrer au troisième étage, ça a fini par un parcours d'épreuves mortelles et tu as terminé en affrontant Tu-Sais-Qui tout seul.
- Deuxième année, enchaina Neville. Tu as voulu trouver l'entrée de la Chambre des Secrets, et tu as fini par affronter Tu-Sais-Qui ET un basilisk tout seul.
- Par conséquent, acheva Hermione, il est hors de question que tu entres tout seul dans un lieu inconnu en troisième année.
Harry eut un air indigné pendant environ deux secondes, puis observa leurs visages déterminés et commença à rire. Bientôt, les trois autres se mirent à sourire, puis à rire avec lui. Le reste des Griffondors dans la salle commune les regardèrent comme s'ils étaient devenus fous, mais se contentèrent de secouer la tête avant de retourner à leurs affaires.
Commentaire de la bêta : J'avoue, j'adore le trio que forment Harry et les jumeaux. Beaucoup trop de potentiel... les réflexions avancent, l'histoire aussi, alors n'oubliez pas de partager vos ressentis avec Nellana !
N/A bis : petite explication pratique x) La carte du Maraudeur ne montre pas l'intérieur des murs ou la Chambre des Secrets, donc Fred et George ne peuvent voir Artémis que si elle est hors de ces lieux-là. De plus, la carte ne montre pas les créatures (vous imaginez le bazar autrement ?), donc ils ont seulement commencé à la voir après que Harry se soit lié à elle par un pacte de familier, c'est ce lien à un sorcier qui la rend visible sur la carte.
