A/N : Chapitre écrit sous le signe du clash, ou pas loin x) Le POV alterne quelques fois, j'espère que ça ne gênera pas trop la lecture.

Résumé du chapitre précédent :

Rita Skeeter sort un article sur la relation entre Hermione et Harry, qui ne s'embêtent pas à le démentir officiellement mais confirme à leurs amis que c'est faux. Pendant une séance à la bibliothèque, Hermione avoue à Harry être plus intéressée par les filles que les garçons (et Harry la soutient totalement). Ils sont vus par Blaise et Daphné, qui font un récapitulatif au reste des Serpentards. Tous les Serpentards sauf Daphné pensent désormais que la rumeur qu'ils ont lancée est en fait fondée. Les vacances de Noël approchent, et entre Dumbledore, la Gazette, les attaques de son rival et ses cours (officiels et officieux), Harry est un peu débordé.


La veille du départ du Poudlard Express, Harry consacra sa journée à trouver un moyen de transmettre le journal de Tom à Malfoy sans éveiller les soupçons. Au fur et à mesure de la journée, il envisagea et renonça à appliquer plusieurs idées. En sortant de son dernier cours, le Griffondor réalisa toutefois qu'il ne faisait que repousser le moment où il se séparerait du seul moyen qui lui permettait de communiquer avec son mentor et ami.

Ce fut finalement après le diner, en sortant de la Grande Salle, que l'occasion parfaite se présenta. Harry savait qu'il s'était comporté de façon nerveuse toute la journée, et sans grande surprise, Hermione l'avait remarqué.

- Harry, tu es sûr que ça va ? s'inquiéta-t-elle.

Le brun n'eut pas le temps de répondre qu'une voix s'éleva derrière eux.

- Pitié Granger, j'aimerais éviter de vomir en sortant de table. Allez étaler votre guimauve écoeurante en privé.

Harry pivota immédiatement et ses yeux se fixèrent dans ceux, moqueurs, de son rival. Après avoir passé les dernières heures à sentir l'inquiétude et le stress monter, il n'avait pas la patience de retenir son agacement face au Serpentard.

- Malfoy, gronda-t-il.

- Qu'est-ce qu'il y a Potter, tu es incapable de supporter l'idée d'être privé de ta Sang-de-bourbe pendant les vacances ?

Quelques exclamations choquées retentirent parmi le cercle qui s'était formé autour d'eux. Harry fusilla son rival du regard, les poings serrés, et sentit soudainement ses amis faire un pas en arrière pour lui laisser de l'espace. Le Griffondor comprit en une seconde qu'il était en train de perdre le contrôle de sa magie, et inspira profondément pour se calmer.

- Malfoy, répéta le Griffondor. Je crois que toi et moi on devrait avoir une petite discussion en privé.

- Peur de se faire humilier en public, Potter ? répliqua le Serpentard.

- Peur de se retrouver seul face à moi, Malfoy ? contra Harry. De la part de quelqu'un qui n'ose jamais m'insulter sans au moins deux personnes derrière lui, j'imagine que j'aurais dû m'y attendre.

Les yeux du blond passèrent instantanément au gris orage.

- Passe devant, Potter, siffla-t-il.

Harry faillit faire une remarque comme quoi il n'était pas assez stupide pour lui montrer son dos, mais se retint de justesse en pensant au message qu'il devait transmettre. Un regard vers ses amis lui confirma que même s'ils désapprouvaient plus ou moins sa décision, ils lui faisaient confiance, et Harry se dirigea vers les escaliers les plus proches. Il ne prit même pas la peine de vérifier si Malfoy le suivait. La fierté du Serpentard l'y forçait, et Malfoy ne pouvait pas embarquer ses gardes du corps avec lui alors que la moitié de l'école les observait.

Le Golden Boy sourit en entendant les pas d'une seule personne derrière lui et monta jusqu'à la tour d'Astronomie. L'effort lui permit d'expulser une partie de sa colère, et c'est presque calmement qu'il ouvrit la porte pour entrer dans la salle. Il attendit que son rival entre à son tour pour refermer la porte et la verrouiller, sans prononcer un seul mot et sans sortir sa baguette.

Harry laissa un sourire satisfait s'installer sur ses lèvres lorsque Malfoy entendit le bruit de la serrure et réaliser le type de magie qui avait été employée.

- Bien, déclara le Griffondor, maintenant qu'on est tranquilles, on va pouvoir passer aux choses sérieuses.

En voyant le Serpentard sortir sa baguette, Harry leva les yeux au ciel.

- Par Godric, Malfoy, range ça, je ne vais pas t'attaquer.

- Oh vraiment, tu m'as fait monter jusqu'ici pour prendre un thé en admirant les étoiles ?

Harry ne put s'empêcher de sourire de façon plus amusée face à la réplique chargée d'ironie. Pour montrer qu'il n'avait pas d'intentions hostiles, il s'installa sur un des bureaux disponibles, les mains en évidence sur la table. La pièce était uniquement éclairée par les multiples fenêtres qui laissaient passer le clair de lune, celle-ci étant temporairement hors des nuages.

- Si tu étais un peu plus attentif, tu aurais remarqué que j'ai évoqué une discussion privée et pas un duel. D'ailleurs, je ne suis pas sûr qu'un thé juste après le diner soit vraiment le bienvenu.

Draco observa son rival pendant quelques instant, et sentit la curiosité prendre le dessus sur la méfiance. Malgré sa petite démonstration de force en entrant, Potter était détendu et semblait plus enclin à bavarder qu'à se battre. Un rayon de lune tombait pile sur ses cheveux en bataille, et Draco dut se retenir de lever les yeux au ciel. C'était à croire que Potter était incapable de se servir d'un peigne. Le Serpentard s'arracha toutefois à ses réflexions capillaires pour répondre.

- Et de quoi veux-tu discuter, Potter ? Si c'est simplement pour me dire de ne plus m'approcher de ta petite-amie, tu aurais pu le faire en bas et nous éviter le détour.

Le Griffondor leva une nouvelle fois les yeux au ciel, mais ignora sa remarque pour sortir un petit paquet emballé de papier marron sur lequel était attaché une enveloppe. Après un instant d'hésitation, Potter descendit du bureau et tendit l'ensemble à Draco.

- J'ai besoin que tu transmettes ça à ton père.

- Formidable, grinça Draco. J'ai dû monter la moitié des escaliers de Poudlard pour m'entendre dire de servir de hibou. Tu as une chouette, Potter, sers-t'en.

Le Griffondor fixa Draco d'un regard si intense que celui-ci faillit reculer d'un pas par pur réflexe. Lorsque Potter s'exprima de nouveau, sa voix était lente, mais chaque mot était investi d'une solennité inhabituelle pour le chouchou du directeur.

- Ce qu'il y a dans ce paquet doit impérativement être remis en main propre à Lucius Malfoy, et il n'y a qu'à toi que je peux le donner pour être sûr qu'il lui parviendra.

Draco fut incapable de réagir pendant deux secondes, puis tendit la main pour attraper le paquet et le glisser sous son uniforme. Pendant un instant, il cru voir passer un flash d'inquiétude sur le visage de son rival, puis Potter se retourna pour marcher jusqu'à la fenêtre la plus proche. Le Griffondor posa ses mains sur le rebord et parut observer les nuages qui obscurcissait de nouveau le ciel nocturne.

- Tu as de la chance que mon père m'ait déjà prévenu que tu aurais des messages pour lui, déclara Draco. Sur ce, j'ai des choses plus intéressantes qui m'attendent.

Le Serpentard était en train de se diriger vers la porte lorsque la voix de son rival l'interrompit.

- Une minute, Malfoy. Tu penses vraiment que c'est la seule raison pour laquelle je voulais te parler ?

- J'avoue être déjà surpris que tu aies réussi à monter jusqu'ici sans oublier ce que tu était venu y faire, répliqua Draco.

Le Griffondor sembla amusé par sa répartie, si le petit sourire au coin de ses lèvres en était une quelconque indication, mais son regard demeura sérieux.

- Je voudrais mettre deux ou trois petites choses au clair entre nous.

- Seulement deux ou trois ? Salazar, si j'avais su, j'aurais vraiment demandé à un elfe de maison d'apporter du thé.

- Très amusant, Malfoy, mais je suis sérieux.

Draco haussa un sourcil, histoire de bien faire comprendre au Golden Boy de Griffondor qu'il avait intérêt à se dépêcher.

Harry, pour sa part, se contenta de fixer son rival jusqu'à le mettre mal à l'aise. Lorsqu'il remarqua, après presque une minute de silence parfait, que celui-ci passa son poids d'un pied sur l'autre dans un mouvement discret, le Griffondor avança et commença à parler d'une voix trop douce pour ne pas être dangereuse.

- Tu vois, je me fiche complètement que tu te moques de moi ou que tu m'insultes. Je me fiche que tu te moques de Ron lorsqu'il agit de façon stupide, et je peux accepter que tu te moques des difficultés de Neville et du côté je-sais-tout d'Hermione.

À chaque phrase, il se rapprocha un peu plus du Serpentard, et eut la satisfaction de voir Malfoy reculer, jusqu'à se retrouver coincé contre le mur. Avant qu'il puisse réagir, le brun plaqua ses mains de chaque côté de la tête de son rival et amena ses yeux à moins de dix centimètres des siens. Une fois certain qu'il avait toute l'attention du Serpentard, il laissa toute sa colère apparaître dans son regard et sa voix devint glaciale.

- Mais il est absolument hors de question que tu continues à traiter Hermione de Sang-de-bourbe.

Harry sentit avec une pointe de satisfaction vengeresse que Malfoy était complètement immobile contre le mur, sans oser bouger d'un centimètre. Apparemment, sa posture menaçante était efficace.

- Personne ne mérite d'être insulté pour quelque chose qu'il n'a pas choisi, poursuivit-il lentement. Et on ne choisit pas la famille dans laquelle on nait. Par conséquent, tu vas immédiatement arrêter de l'appeler comme ça, elle et tous les autres Né-moldus de l'école. Je suis persuadé que tu as plein d'autres insultes en réserve qui n'impliquent pas leur statut de sang. Mais je ne veux plus entendre une seule fois le terme Sang-de-bourbe sortir de ta bouche. Suis-je bien clair ?

Draco resta sans voix pendant pluseurs dizaines de secondes. De toute évidence, son corps avait cessé de lui obéir. Les yeux verts plantés dans les siens le clouaient sur place avec plus d'efficacité que la moitié des sortilèges censés avoir ce genre d'effet. Une part de son cerveau remarqua inconsciemment que maintenant qu'il pouvait les voir d'assez près, même les lunettes ridicules de Potter ne pouvaient pas dissimuler que ses yeux étaient pile vert émeraude, et brillants d'intensité.

Étrangement, malgré la posture intimidante et le ton menaçant de son, Draco ne se sentait pas en danger. Seuls les battements de son coeur avaient décidé d'accélérer et devaient tambouriner assez fort dans sa poitrine pour que même le Griffondor puisse s'en rendre compte. Au bout de quelques secondes de silence occupées par le seul bruit de leurs respirations, le Serpentard finit par enregistrer ce qu'il venait d'entendre. Une colère sourde s'empara de lui lorsqu'il acheva de comprendre la tirade, et son corps se remit à fonctionner.

En un mouvement, il posa ses mains contre le torse du Griffondor et le repoussa à travers la pièce.

- Toujours inquiet pour ta petite-amie, Potter ? siffla Draco. C'est pour ça que tu voulais être seul avec moi ? Pour me menacer si je refuse de laisser Granger tranquille ?

En voyant son rival écarquiller les yeux de surprise, Draco réalisa qu'il avait perdu le contrôle de ses émotions. Il tenta aussitôt de retrouver son masque impassible, mais savait que Potter n'allait certainement pas oublier ce qui venait de se produire. Comme d'habitude, le Griffondor était capable de lui faire perdre son sang-froid et ses manières parfaitement étudiées. Il ne lui avait fallu que quelques minutes pour le faire sortir de ses gonds, et pire encore, Draco n'était pas certain de savoir pourquoi il avait eu une réaction aussi viscérale.

- Je voulais qu'on soit seuls pour avoir cette discussion parce que je savais que ça partirait en bataille rangée si on restait devant les autres ! répliqua Potter en serrant les poings. Et Hermione n'est pas ma petite-amie !

La déclaration figea le Serpentard sur place. Draco fut persuadé que son étonnement devait se lire sur son visage, mais Potter n'avait pas l'air de vouloir s'arrêter pour le remarquer.

- Par Merlin, je n'arrive pas à croire que même toi tu as fini par croire cette rumeur stupide ! s'énerva le Griffondor. Hermione est ma meilleure amie et rien de plus, tout le reste n'est qu'une série de mensonges inventés par Skeeter et une bande d'idiots qui ont vu ce qu'ils ont décidé de voir !

- Oh, donc je suppose que quand tu l'enlaces dans la bibliothèque ou que vous parlez de vos expériences physiques, c'est aussi une série de mensonges ?

Draco sentit une pointe de revanche satisfaite arriver dans son esprit en voyant son rival virer à l'écarlate.

- Qui a raconté qu'on parlait de... de ça ?

- Pas la peine de jouer les prudes, Potter, grinça le Serpentard. Je te montrerai ce que j'ai appris quand on ne sera pas dérangés, et avec plaisir, je dégagerai quelques heures pour ça cette semaine ? cita-t-il en exagérant les voix.

Pendant un instant, la tête ahurie et incrédule de Potter lui donna envie d'arborer un rictus victorieux, puis le Griffondor sembla avoir une épiphanie avant de froncer les sourcil.

- C'est... Je... Oh par Merlin, ce que les gens peuvent être stupides, grommela-t-il. Cette conversation n'avait rien à voir avec... avec... c'était complètement différent !

- Mais je te crois sur parole, répliqua Draco avec tout le sarcasme qu'il pouvait invoquer.

Le Golden Boy lui adressa un regard noir.

- Puisque ça a l'air de tellement t'intéresser, tu sauras qu'Hermione me proposait de m'enseigner les bases de l'Etude des Runes parce que je veux apprendre tout ce que je peux sur la magie de protection ! Et que oui, elle me donne des cours plusieurs fois par semaine sur le sujet pour que je puisse passer l'examen ou rejoindre l'option en cours d'année !

Draco ouvrit la bouche pour répliquer, mais s'aperçut à sa grande horreur qu'il n'avait rien à répondre. L'explication était tellement plus... logique, venant de Potter et Granger, et il n'y avait pas pensé une seconde. Le Serpentard inspira un grand coup et choisit malgré tout de continuer son interrogatoire.

- Admettons que j'accepte cette ridicule excuse comme étant vraie, tu passes quand même ton temps à la laisser te dicter ta conduite, c'est la seule fille que tu as l'air de supporter et tu l'as prise dans tes bras alors que tu détestes les contacts physiques !

Pendant un instant, le blond pensa avoir le dernier mot en voyant son rival devenir bouche bée. Jusqu'à ce que Potter ferme la bouche et réponde avec un air stupéfait.

- Comment... comment tu sais que je déteste qu'on me touche ?

Draco se contrôla juste à temps pour empêcher le sang de venir colorer ses joues sous l'effet de l'embarras. Évidemment, c'était le seul élément de son accusation que le fichu Griffondor avait retenu. Le sorcier blond s'obligea à hausser les épaules d'un air ennuyé.

- J'ai posé une question en premier.

En face de lui, le Golden Boy leva les yeux au ciel mais obtempéra. Il semblait s'être calmé également.

- Hermione est comme une soeur pour moi, et c'est la seule fille de Griffondor, voire de Poudlard, qui ose me dire non ou qui ne se met pas à glousser dès que je lui adresse la parole. Et je lui ai fait un câlin une fois parce qu'elle en avait besoin et que c'était de ma faute si elle était dans cet état. Content ?

Le blond le fusilla du regard, mais sentit un noeud se défaire dans son estomac, comme un soulagement dont il avait besoin depuis longtemps. L'effet dura juste le temps que Potter poursuive et fasse réapparaitre toute la tension qui venait de se dissiper.

- Et donc, comment tu sais que j'ai un... problème avec les contacts physiques ?

Draco renifla avec dédain et se mit à observer la fenêtre la plus proche dans une parfaite image du détachement ennuyé.

- N'importe qui doté d'un minimum de bon sens peut voir que tu ne laisses personne te toucher, Potter. C'est encore plus flagrant au milieu des autres idiots de Griffondor.

- Si tu le dis, fit le brun sans paraitre convaincu.

Sa déclaration déboucha sur un silence qui dura quelques instants, pendant lesquels les deux rivaux semblaient rassembler leurs pensées respectives. D'un coup, le Griffondor fronça les sourcils et se mit à dévisager son interlocuteur.

- Mais j'y pense, qu'est-ce que ça peut te faire qu'Hermione et moi on soit ensemble ou pas ?

Pris de court par la question, le blond eut le réflexe de lancer une réponse sèche.

- Je m'en fiche complètement.

Le Golden Boy haussa un sourcil, clairement dubitatif. Il pencha la tête sur le côté, et paraissait plus curieux qu'énervé.

- Tu viens de me hurler dessus pour savoir si c'était vrai ou pas et exiger des explications à mon comportement avec elle. Ça ne ressemble pas à l'attitude de quelqu'un qui s'en fiche.

- Potter, je ne suis pas un membre de ton pathétique fan-club, ma vie ne tourne pas autour de toi.

- Attends une minute... réalisa le Griffondor en claquant des doigt. Tu as commencé à être insupportable après la parution de cet article et la rumeur que j'avais fait un câlin à Hermione à la bibliothèque !

Draco resta silencieux. Il n'aimait pas du tout l'étincelle qui s'était mise à danser dans les yeux de la mascotte de Griffondor. Et le sourire malicieux qui était en train de s'installer sur ses lèvres ne lui disait rien qui vaille.

- Il fallait me dire que tu étais jaloux, je t'aurais rassuré tout de suite.

- Jaloux ? Tu délires, Potter !

- Oh vraiment ? fit-il innocemment. Alors j'ai sûrement imaginé que tu t'es calmé dès que tu as eu la confirmation que je n'étais pas en couple avec ma meilleure amie.

Le Serpentard était à deux doigts de s'étouffer devant l'accusation, lorsque son rival explosa de rire et se dirigea vers la porte. En passant à côté de lui, le Golden Boy leva la main pour frôler son bras et lui adresser un clin d'oeil.

- Ne t'inquiète pas, ça restera entre nous. Ton père n'en entendra pas parler.

Et avant que Draco puisse répliquer quoi que ce soit ou même se remettre de son choc, le Griffondor déverrouilla la porte d'un simple mouvement de main et s'échappa dans les escaliers en riant.

Resté seul, le Prince de Glace eut besoin de presque une minute pour refermer la bouche et forcer ses joues à reprendre leur couleur normale. Furieux et atrocement gêné, il finit par sortir à son tour, en ayant conscience qu'il était – malheureusement – trop tard pour rattraper Potter et le jeter dans le lac.

-o-oOo-o-

Harry retourna dans les dortoirs de Griffondor avec un air satisfait et un sourire amusé. Il n'avait pas pensé que Malfoy serait incapable de répondre à sa dernière pique. Le garçon à la cicatrice étouffa un petit rire au milieu des escaliers en se remémorant la scène. Prendre son rival de court avec une suggestion absurde avait été une bonne idée. Comme si Malfoy pouvait avoir une raison de jalouser Hermione si elle était réellement en couple avec lui ! L'idée était tellement ridicule qu'il fit tout le trajet avec un sourire hilare, et arriva à la salle commune d'excellente humeur.

- Harry ? s'inquiéta aussitôt Neville.

- Tout va bien, on a juste discuté, le rassura-t-il. Je pense qu'il a compris.

- Juste discuté ? s'enquit Hermione en fronçant les sourcils.

- Je n'ai pas sorti ma baguette une seule fois, 'Mione, parole de Griffondor. Et avant que tu demandes, on ne s'est pas frappés non plus, je n'ai pas une égratignure.

La sorcière aux cheveux bouclés le regarda aussitôt d'un air encore plus soupçonneux.

- Tu veux me faire croire que Malfoy et toi avez disparu on ne sait où pendant presque une heure sans vous affronter d'une façon ou d'une autre ?

- On est allés dans la tour d'Astronomie pour se crier dessus, avoua Harry.

Un air de compréhension apparut aussitôt sur tous les visages qui avaient pu l'entendre, et fut rapidement suivi par des expressions qui allaient de compréhensives à approbatrices.

- Je me disais aussi, admit Hermione en secouant la tête.

- Et alors, tu lui as dit quoi ? le pressa Ron.

- Globalement, d'arrêter d'insulter mes amis, fit le brun en haussant les épaules.

Harry enchaina aussitôt par un bâillement, étira ses bras, puis se dirigea vers la chambre.

- Je vais me coucher, à demain tout le monde !

- Bonne nuit Harry !

Hermione et Neville avaient un air affectueux sur le visage en voyant leur ami tomber à moitié de sommeil dans les escaliers, et ne tardèrent pas à l'imiter.

-o-oOo-o-

Le Prince de Glace arriva dans sa salle commune avec un air furieux. Le mélange d'émotions qui bouillonnait en lui avait à peine diminué avec tous les escaliers qu'il avait eu à descendre pour retourner dans les donjons.

- Draky-chou ! s'exclama Pansy en le voyant entrer.

- La ferme, Parkinson.

Tous les Serpentards s'écartèrent aussitôt de son chemin. En voyant que l'héritier Malfoy se dirigeait droit vers leur chambre, Blaise se leva pour lui emboîter le pas, un sourire machiavélique planté sur le visage.

- Alors, ce rendez-vous en tête-à-tête avec Potter, c'était comment ?

- Un mot de plus et tu passeras tes vacances à l'infirmerie, Zabini.

- Tu pourrais au moins nous dire si sa petite-amie a des raisons d'être jalouse !

Le blond retint la porte un instant dans sa main, et ajouta une dernière phrase sans se retourner.

- Pour votre information, Potter et Granger ne sont PAS ensemble.

Draco claqua la porte juste après avoir prononcé le dernier mot. L'italien se mit à rire et frappa quelques coups contre le bois.

- Tu es au courant que c'est aussi ma chambre et que je peux rentrer si j'en ai envie ?

- Blaise, laisse-le tranquille un moment, le morigéna Daphné.

Sans cesser de rire, l'italien accepta toutefois la requête et retourna s'asseoir dans le fauteuil en face de celui de Draco. Le regard triomphant de la blonde finit cependant par le calmer, et il se rappela ce que l'héritier Malfoy avait dit avant de lui claquer la porte au nez.

- Alors, qui avait raison depuis le début ? commença Daphné avec un sourire carnassier.

Tous les autres Serpentards qui avaient fini par approuver verbalement l'idée que les deux vedettes de Griffondor étaient bel et bien dans une relation romantique grimacèrent de concert. La blonde avait de toute évidence l'intention de savourer son triomphe dans les règles de l'art, et les prochaines minutes s'annonçaient longues.

-o-oOo-o-

Le matin du départ, Harry observa Hermione stresser tous les Griffondors pour être prêts à temps avec un certain amusement. Cette année encore, ses amis lui avaient proposé de venir passer les vacances avec eux, et cette année encore, il avait refusé poliment. Puis avait passé des jours à leur assurer que tout irait bien pour lui, qu'il ne se sentirait pas seul dans l'école, et surtout qu'il n'en profiterait pas pour aller explorer des endroits dangereux en leur absence. La sorcière aux cheveux bouclés lui demanda tout de même de le lui re-promettre encore une fois avant le départ pour le train.

- Hermione, pour la vingtième fois, je te promets que je n'irai pas dans la Cabane Hurlante sans vous. Ni dans la Forêt Interdite.

- 'Mione, sourit Neville, on peut faire confiance à Harry. Tu sais qu'il tient ses promesses.

- Je sais, admit-elle en se mordant les lèvres, mais...

Elle s'interrompit et le garçon à la cicatrice lui sourit gentiment.

- C'est gentil de t'inquiéter pour moi, 'Mione, mais tout ira bien, je te le promets. Ça va me faire du bien de respirer un peu, et puis j'ai de quoi m'occuper. Profite de tes vacances.

Sa meilleure amie soupira, mais rendit finalement les armes et lui lança un regard affectueux dans lequel brillait une pointe de sérieux.

- Je compte sur toi pour progresser en Runes d'ici mon retour, d'accord ?

- Je vais faire de mon mieux, répondit le brun en riant doucement.

L'heure finit toutefois par les rattraper, et le Golden Boy de Griffondor dit au revoir à ses camarades avant de regarder le train s'éloigner depuis une des fenêtres du château.

Il y resta plusieurs minutes, et savoura le silence et le calme qui s'étaient installés. Pour les deux semaines à venir, Poudlard allait devenir un véritable havre de paix et de tranquillité dont il comptait bien profiter.

-o-oOo-o-

En arrivant à King's Cross, Neville, Hermione et Ron furent récupérés par leurs familles respectives et se souhaitèrent de bonnes vacances et de joyeuses fêtes. Neville constata en souriant qu'Arthur Weasley était dans une discussion animée avec les parents d'Hermione. Apparemment, les échanges d'informations entre coutumes moldues et sorcières semblaient les passionner.

Il suivit sa grand-mère, qui lui demanda des nouvelles de l'école. Pas dupe sur ce que celle-ci voulait réellement savoir, Neville prit soin d'intégrer Harry dans toutes les histoires qu'il lui raconta. De toute façon, la plupart des choses intéressantes qui se passaient à Poudlard impliquaient Harry. Alors qu'il était occupé à raconter comment Harry et Hermione l'aidaient petit à petit à améliorer son niveau en Potions malgré la terreur que Rogue lui inspirait, les deux se retrouvèrent presque nez-à-nez avec Narcissa et Draco Malfoy. Sa grand-mère se raidit aussitôt.

- Lady Malfoy, salua-t-elle néanmoins en serrant les dents.

- Lady Londubat, répondit celle-ci.

L'air entre les deux était chargé d'électricité, et Neville se sentit vite mal à l'aise. En face de lui, le rival de Harry était parfaitement impassible, mais le Griffondor était prêt à parier que ce n'était qu'une façade.

- Votre mari était trop occupé pour venir chercher son fils ? reprit Augusta.

- Ma foi, quand le Ministre de la Magie appelle à l'aide pour une question urgente, il est difficile de refuser, répondit Narcissa avec élégance. Une piste potentielle concernant un meurtrier en fuite n'est pas à prendre à la légère.

- J'imagine bien. Après tout, Lucius a dû avoir l'occasion de croiser Sirius Black régulièrement avant la chute du Seigneur des Ténèbres, puisqu'ils avaient les mêmes allégeances.

Les yeux de Lady Malfoy se durcirent légèrement, mais ce fut la seule trace d'émotion qu'elle laissa transparaître. En face d'elle, Augusta la fusillait du regard et se tenait très droite.

- Je peux vous assurer, ma chère Augusta, que nul n'est plus impliqué que mon mari dans la recherche d'un évadé d'Azkaban.

- Oh mais je n'en doute pas. Après que votre cousin se soit introduit dans l'école où son unique héritier étudie, il aurait été surprenant que Lord Malfoy reste sans réagir.

Neville faillit s'étrangler devant la réplique. Sa grand-mère avait trouvé le moyen de rappeler à Narcissa Malfoy qu'elle avait un meurtrier évadé de prison pour cousin et de suggérer que Lucius Malfoy n'aurait rien fait si son fils n'avait pas été directement en danger. Le tout en une seule phrase.

Mais Augusta Londubat n'avait pas terminé et enchaina sans laisser le temps à son interlocutrice de répliquer.

- Même si je me suis laissée dire que le jeune Draco semblait plus susceptible de succomber à sa propre négligence plutôt qu'aux sorts de Black. Insulter un hypogriffe, vraiment ? Et après les avertissements de son professeur, qui plus est ?

Neville vit le Serpentard en face de lui lancer un regard noir à sa grand-mère, et se mordit la lèvre pour ne pas rire. Si Malfoy comptait intimider sa grand-mère avec ça, il se trompait de personne. Lady Augusta Londubat n'était pas connue pour être facilement impressionnable.

- Amener une telle créature dans un cours destiné à des sorciers de troisième année est la preuve que leur... professeur ne se souciait guère de la sécurité de ses élèves, répliqua Narcissa. Un accident était inévitable. Et soyez assurée que Lucius, en tant que gouverneur de Poudlard, a à coeur la sécurité de tous les jeunes gens qui s'y trouvent. Nous ne pouvons qu'espérer que mon cousin sera attrapé avant que ses anciennes amitiés se manifestent pour mettre qui que ce soit en danger, acheva-t-elle d'un ton suave.

Les deux femmes se fixèrent du regard pendant quelques instants, puis échangèrent un sourire de convenance teinté d'acidité avant de se tourner vers les garçons. Draco et Neville étaient restés silencieux, peu enclins à participer à une joute verbale entre les deux redoutables Lady.

Un dernier échange de salutations polies fut fait dans une certaine froideur, et ils s'éloignèrent chacun de leur côté. Dès qu'ils furent hors de portée de voix, Neville se tourna vers sa grand-mère avec un regard admiratif. Celle-ci le remarqua, et lui sourit d'un air entendu avant de lui faire un clin d'oeil complice. Parfois, dans de rares moments comme celui-ci, Neville était fier d'avoir une telle personne dans sa famille.


Commentaire de la bêta : L'un des chapitres que j'ai préféré relire ! Entre la réplique épique de Harry, et toutes les petites interactions... C'est juste savoureux. N'oubliez pas de remercier Nellana pour cette histoire !