N/A : Bon, moins de clash et un chouille plus d'angst. Et on alterne un peu les points de vue sur la fin, mais ça ne devrait pas trop gêner la lecture (j'espère)
Etourneau, je suis ravie de savoir que cette fic te plait ^^ Concernant la demande en mariage, c'est gentil de me prévenir à l'avance XD
Résumé du chapitre précédent :
Harry et Draco vont *discuter* dans la tour d'Astronomie. Harry donne le carnet à Draco, explique que Hermione n'est pas sa petite-amie, et demande à son rival d'arrêter d'insulter les gens sur leur statut de sang. Le Poudlard Express part pour les vacances de Noël, et une fois à King's Cross, Neville assiste à une joute verbale entre sa grand-mère et Narcissa Malfoy.
Narcissa et Draco transplanèrent jusqu'au manoir Malfoy, et à peine rentrés, la première demanda qu'un thé soit servi dans son salon préféré. Draco interrogea sa mère du regard, et celle-ci lui indiqua d'un signe de la main qu'il pouvait l'accompagner.
Ils venaient de s'asseoir lorsqu'un elfe de maison apparut dans la pièce, apportant avec lui un plateau et un message.
- Maître Lucius vient de rentrer, Maîtresse Narcissa.
- Dis-lui qu'il peut nous rejoindre s'il le souhaite.
L'elfe s'inclina et disparut après avoir installé le service à thé et quelques biscuits légers. Le Poudlard Express était arrivé à Londres en fin d'après-midi, et il n'était donc pas envisageable de manger quoi que ce soit de trop lourd avant le dîner.
Narcissa servit le thé elle-même avec une précision experte. Les gestes familiers lui permirent de retrouver un semblant de calme après l'altercation à King's Cross. Elle finit de remplir la troisième tasse juste avant que Lucius entre dans le salon. Lord Malfoy s'assit dans le fauteuil principal, situé dans la pièce de façon à ce que tous les autres convives regardent dans sa direction. La sorcière blonde fit délicatement léviter les trois tasses jusque dans les mains de leurs destinataires, et ils dégustèrent quelques gorgées de l'excellent breuvage en silence.
- Comment s'est passé ton voyage, Draco ? s'enquit Lucius.
- Bien, Père.
Le jeune Serpentard allait ajouter quelque chose, mais regarda sa mère, qui soupira de façon discrète avant de répondre elle-même à la question informulée.
- Nous avons croisé Augusta Londubat et son petit-fils à King's Cross. Elle a toujours une répartie aussi... acérée.
L'ex-Mangemort laissa une petite grimace contrariée apparaitre brièvement sur son visage. Lorsqu'ils étaient en famille, les trois aristocrates avaient pris l'habitude de se comporter de manière moins contrôlée. Lucius et Narcissa avaient tous deux été élevés selon une étiquette très stricte, et souhaitaient que leur fils ait un peu plus de liberté pour exprimer ses émotions. Ils s'appliquaient donc à être moins formels lorsqu'ils étaient en privé.
- Tant qu'elle ne nous attaque pas directement, mieux vaut demeurer courtois, déclara Lucius. Tout le monde sait qu'elle n'a plus de réel pouvoir ou d'influence depuis ce qui est arrivé à son fils et sa belle-fille.
À la mention de Frank et Alice Londubat, Narcissa se raidit légèrement et Draco fronça les sourcils, curieux. Il ne s'était jamais interrogé sur les parents du pathétique Griffondor, et la réaction de sa mère était inattendue. De son côté, la blonde chassa les souvenirs désagréables qui étaient remontés à la surface de sa mémoire. Un silence s'installa pendant quelques secondes avant que Narcissa reprenne la parole sur un ton poli, avec une volonté évidente de changer de sujet.
- Qu'est-ce que Fudge te voulait ?
Lucius leva les yeux au ciel et ne fit aucun effort pour cacher ce qu'il pensait du ministre.
- Cet incompétent s'était persuadé que Black avait soudoyé un Détraqueur et envisageait de les interroger à ce sujet. Il m'a fallu presque une demi-heure pour le convaincre qu'il s'agissait d'une idée stupide.
- Il n'y a vraiment aucune piste qui permette de le retrouver ? demanda Draco.
- Pour l'instant, aucune, confirma son père. Il s'est comme volatilisé. La seule certitude que nous ayons, c'est qu'il doit toujours être autour de Poudlard.
Devant le regard curieux de son fils, l'aristocrate soupesa un instant les options qui s'offraient à lui. Il avait volontairement évité le sujet dans ses lettres, plus par absence de confiance envers la capacité de Dumbledore à respecter la privacité du courrier de ses élèves que pour toute autre raison. Mais au vu de la relation qui existait entre Draco et la personne concernée par la raison pour laquelle Black voulait s'introduire dans l'école... Après quelques instants à hésiter, Lucius opta finalement pour la vérité.
- Black veut Potter, expliqua-t-il. Probablement pour le tuer au nom du Seigneur des Ténèbres. Il va de soi que cette information est confidentielle, je crois que le garçon lui-même n'est pas au courant.
Draco perdit quelques couleurs et reposa sa tasse sur la table devant lui. Potter était la cible de Black. Il n'arrivait pas à croire que son rival avait encore trouvé le moyen d'être en danger de mort cette année. Après ce qui s'était passé dans les cachots en première année et un basilisk durant la deuxième, Potter avait désormais un meurtrier fou évadé d'Azkaban à ses trousses. C'était à croire qu'il avait reçu une malédiction attirant tous les dangers mortels vers sa personne.
Penser à son rival lui rappela d'un coup leur discussion de la veille, et le paquet que le Griffondor lui avait confié.
- Tilly ! fit-il en claquant des doigts.
- Maître Draco, répondit-elle en apparaissant à côté de lui.
- Dans mes affaires, il y a un paquet enveloppé dans du papier brun, apporte-le ici.
- Tilly s'en occupe tout de suite, Maître Draco, fit l'elfe en s'inclinant.
Le jeune Serpentard releva la tête vers ses parents, qui le regardaient avec un air de vague curiosité. Draco réalisa que sa demande n'avait aucun rapport avec la conversation et leur offrit une brève explication.
- Potter m'a donné quelque chose pour Père hier soir. Il a beaucoup insisté pour que je le remette en main propre.
Lucius se redressa aussitôt dans son fauteuil. Il n'avait pas voulu prendre le risque de contacter le garçon et avait donc attendu patiemment que celui-ci le joigne en premier.
- Est-ce qu'il a ajouté un message ?
Draco réfléchit un instant pour se remémorer les mots exacts de son rival, et secoua la tête.
- Non. Mais il avait l'air inquiet en me le donnant.
Lord Malfoy fronça les sourcils pendant une fraction de seconde, perturbé par le terme employé par son fils. Les quelques occasions où il avait pu rencontrer Potter ne lui avaient pas laissé l'impression d'un garçon nerveux ou inquiet. Quoi qu'il ait à lui transmettre, il devait s'agir de quelque chose de particulièrement important. Lucius reposa sa tasse sur la table à son tour, prêt à réceptionner ce que le jeune Griffondor lui avait envoyé.
Tilly réapparut avec le paquet mentionné par Draco et le lui tendit avant de disparaitre. Une fois le paquet dans ses mains, le jeune Serpentard hésita quelques instants avant de regarder son père dans les yeux et de le lui donner.
Lucius prit le paquet avec prudence, et l'observa un instant d'un air perplexe, avant qu'une réalisation soudaine lui fasse écarquiller les yeux. L'aristocrate défit le papier à la hâte après avoir écarté l'enveloppe, et pâlit en reconnaissant le carnet à la couverture noire.
- Père ?
- Tout va bien, Draco, murmura-t-il.
Lucius n'osa pas toucher le journal de façon plus directe, et le laissa sur ses genoux, pour saisir la lettre à la place. Ses yeux gris parcoururent la missive avec une rapide efficacité, et il eut besoin de prendre une grande inspiration lorsqu'il arriva à la fin. Il réfréna un léger tremblement pour ne pas inquiéter sa femme et son fils, et replia le parchemin avec précaution avant de le reposer sur le carnet, qu'il regardait désormais avec un mélange de crainte et de respect.
- Lucius ? demanda doucement Narcissa.
- Il s'agit d'une affaire plus pressante que ce que j'avais anticipé. Dobby !
L'elfe de maison apparut, et regarda son maître d'un air inquiet.
- Je dinerai dans mon bureau ce soir, ordonna-t-il.
- Bien, Maître Lucius, Dobby apportera le repas de maître Lucius dans son bureau quand il sera prêt.
Lorsqu'il disparut de nouveau, le patriarche de la famille Malfoy se tourna vers son fils, une pointe de regret dans les yeux.
- Je suis désolé de ne pas rester pour le diner, mon dragon. Nous discuterons davantage demain, je te le promets.
- Et Lucius se leva pour sortir de la pièce à grands pas, en emportant le journal et la lettre avec lui.
Une fois que son mari fut sorti, Narcissa se tourna vers son fils. Elle avait une assez bonne idée de ce qui se passait et de la raison pour laquelle Lucius ne dinerait pas avec eux ce soir. En revanche, ce n'était pas le cas de Draco, et il avait l'air de prendre assez mal le fait que son père ne passe pas plus de temps avec lui à son retour. Elle adressa un sourire rassurant à son fils et se pencha pour poser une main sur celle de Draco.
- Ton père tient à toi, tu le sais ? S'il agit ainsi, c'est qu'il s'agit réellement d'une urgence qu'il ne peut pas repousser.
- Un vieux carnet et une lettre de ma némésis ? répliqua-t-il en évitant son regard.
- Draco, il y a encore beaucoup de choses que tu ignores et que tu n'es pas prêt à entendre, soupira-t-elle. En attendant que ce jour vienne, fais-nous confiance. Ton père et moi avons toujours tes intérêts à coeur.
Le jeune Serpentard récupéra sa main et se leva pour se diriger vers la porte, toujours en évitant le regard de sa mère.
- J'ai surtout l'impression que Père est plus intéressé par Potter que par son propre fils, murmura Draco avant de sortir.
Il n'était pas sûr que sa mère l'ait entendu, et il ne voulait pas rester pour s'en assurer. Il marcha jusqu'à sa chambre sans s'arrêter et referma la porte derrière lui, avant de laisser couler les larmes qui menaçaient de sortir depuis le regard que son père avait eu lorsqu'il avait mentionné Potter.
Le jeune Serpentard enleva ses chaussures et son pull avant d'arriver à son lit, et se laissa presque tomber sur les draps en soie verte. La couleur lui rappela les yeux de son rival et il sentit la colère prendre le dessus sans interrompre ses larmes, qu'il essuya rageusement avec la paume de ses mains avant de s'asseoir en ramenant ses genoux contre son torse.
Même au manoir, même chez lui, même dans sa propre chambre, Potter trouvait le moyen de lui gâcher la vie. Draco rentrait après quatre mois sans voir ses parents, et il suffisait d'une lettre du Griffondor pour que son père consacre immédiatement son temps au Golden Boy.
Draco sentit les larmes rouler sur ses joues, et laissa tomber l'idée de les essuyer de nouveau. Ce n'était pas comme si qui que ce soit remarquerait qu'il avait pleuré. Un mélange d'émotions qui ressemblait à de la jalousie désespérée – et avec lequel il était devenu familier depuis le temps – se logea dans sa poitrine. Quoi qu'il fasse, Potter trouvait toujours un moyen de faire mieux que lui d'une manière ou d'une autre.
Draco utilisait un balai plus puissant au Quidditch ? L'Attrapeur de Griffondor sortait une figure irréalisable pour capturer le Vif d'Or en premier. Draco était meilleur dans presque toutes les matières ? Granger était toujours major de promotion et Potter était simplement inatteignable en Défense. Et le Serpentard était bien placé pour savoir que les échecs de son rival en Potions était largement dus à des interventions extérieures. Le Golden Boy de Griffondor était adulé par la moitié de Poudlard et au minimum respecté par l'autre. Et lorsque Draco l'insultait ou le rabaissait, Potter répliquait avec une verve équivalente.
Même son père lui accordait son attention en priorité. Draco passait après le héros de Griffondor, encore une fois. Il était tenu à l'écart de ce qui s'échangeait entre ses parents et son rival, alors qu'ils étaient censés se détester. Mais évidemment, le fameux Harry Potter pouvait faire la paix avec tout le monde, c'était probablement dans la description du rôle.
Saint Potter. Courageux jusqu'à la stupidité et loyal jusqu'à la faute. Attentionné avec ses amis et aimable avec tout le monde. Déjà plus puissant que la plupart des sorciers tout en étant un archétype d'humilité bafouillante au moindre compliment. Doté d'un sens de l'humour et de la répartie qui auraient été à leur place à Serpentard. Défini comme charmant par tous ceux qui avaient échangé plus de deux mots avec lui. Pratiquement déjà érigé en top-model par le public. À la fois héritier d'une des grandes familles d'Angleterre et fils d'une Né-moldue.
Le héros parfait du monde sorcier.
-o-oOo-o-
Harry eut l'impression que les premiers jours des vacances passèrent à toute vitesse. Il divisa son temps entre ses devoirs, plus d'exploration avec Artémis, le terrain de Quidditch et de longues discussions avec Myrtille et Hagrid. Il était content de voir que son niveau en Runes s'améliorait plus vite qu'il ne l'avait espéré - sans doute l'effet des conseils combinés d'Hermione et Tom - et pensa sérieusement à demander à rejoindre la classe pour la rentrée. Si c'était compatible avec son emploi du temps, Harry était presque sûr que McGonagall accepterait de le laisser faire, surtout avec Hermione pour l'aider à rattraper le peu de retard qui lui restait.
Le Griffondor s'amusa beaucoup à rédiger son devoir de Divination, et l'acheva par la prédiction qu'il allait périr dans d'atroces souffrances avant la fin du mois de juin. Les autres rédactions et exercices que les professeurs avaient donné ne lui prirent pas plus de temps que prévu, surtout en ayant toujours accès à la bibliothèque. Madame Pince avait presque paru heureuse de le voir, et Harry réfléchit à la possibilité d'échanger une ou deux phrases avec elle avant la reprise des cours.
Il s'obligea à passer au moins une heure par jour à voler sur les vieux balais de l'école – souvent en compagnie d'Hedwige – et à faire de l'exercice physique, puisqu'il en avait désormais le temps. Être dehors lui faisait un bien fou et Harry tenait absolument à améliorer ses capacités d'Attrapeur sous la pluie après le match contre Poufsouffle.
En dehors des avantages pour le Quidditch, le Griffondor avait conscience d'être un peu trop maigre, et plus petit que la moyenne. D'après Tom, il s'agissait de symptômes de malnutrition classiques, ce qui était cohérent avec la façon dont les Dursleys l'avaient traité toute son enfance. Le mage noir lui avait garanti qu'il existait des potions pour en inverser les effets, mais préparer son corps au mieux pendant l'année scolaire aiderait à diminuer les dommages et faciliter une guérison complète.
Harry suivit aussi rigoureusement que possible le planning d'Occlumancie que Tom lui avait laissé, et s'efforça même de prendre de l'avance sur tous les exercices au cas où il manquerait de temps après les vacances. Il était désormais capable de créer des murs protecteurs autour de son esprit et de les maintenir pendant plus d'une heure. Il avait également protégé ses souvenirs de Tom et ses réflexions sur Dumbledore dans des zones dissimulées par des illusions. Si le directeur voulait accéder à sa mémoire, il risquait désormais de se retrouver perdu dans un labyrinthe mental.
Le Griffondor s'entraîna en parallèle à augmenter petit à petit la difficulté des sorts qu'il lançait sans baguette ou sans incantation. L'ancien mage noir lui avait expliqué que même si sa magie était puissante, sa capacité à l'utiliser dépendait en partie de sa santé physique. Tant que les dommages corporels infligés par les Dursley ne seraient pas totalement guéris, Harry devrait se montrer prudent. Par exemple, tenter de faire léviter Artémis était hors de question, indépendamment du fait que la basilisk était plus que réfractaire à l'idée.
Harry avait boudé pendant deux bonnes minutes quand son familier et son mentor avaient refusé de céder sur ce point.
À la place, il avait profité de son temps libre pour explorer davantage de passages avec la Reine des Serpents, et il savait désormais où débouchait chaque tête sculptée. Ce qui, une fois couplé à la carte du Maraudeur, lui était extrêmement utile pour se déplacer comme il le souhaitait tout en évitant les personnes qu'il ne voulait pas croiser.
-o-oOo-o-
Le jour de Noël, Harry sauta le petit-déjeuner pour rester dans la salle commune de Griffondor et ouvrir ses cadeaux. Ron et Hermione lui avaient tous les deux offert un livre, le premier sur l'équipe des Canons de Chudley, et la seconde sur les Runes et leurs applications. Neville lui avait envoyé un cadre dans lequel était peint un petit arbre généalogique des Potter, avec les motifs traditionnels du monde sorcier et les portraits qu'il avait pu dénicher. Même s'il ne contenait que les quelques noms que son ami avait trouvés l'année précédente, Harry sentit sa gorge se serrer en contemplant la preuve qu'il faisait bien partie d'une famille.
Les autres présents qu'il avait reçu furent rapidement déballés, et Harry se fit une liste mentale de toutes les personnes à qui il devrait envoyer une carte de remerciement. Hedwige allait avoir du chemin à parcourir.
Alors qu'il allait remonter dans le dortoir pour ranger ses cadeaux et commencer à lire le livre qu'Hermione lui avait offert, un dernier paquet attira son attention. Il s'agissait d'une toute petite boîte rectangulaire enveloppé d'un papier doré, avec son seul nom inscrit dessus en caractères d'imprimerie, et Harry le prit dans ses mains avec curiosité. Avant même qu'il puisse l'ouvrir, le cadeau se mit à trembler et s'agrandit soudainement.
Stupéfait, Harry écarquilla les yeux devant le paquet désormais énorme qui gisait sur le sol. Il n'y avait pas de carte, rien qui puisse indiquer une quelconque origine, et le Griffondor en fut surpris. Toutefois, la curiosité prit le dessus et il défit le papier avant d'ouvrir la boîte, et sentit sa mâchoire se décrocher en découvrant le contenu.
Sous ses yeux se tenait un Eclair de Feu, le tout dernier balai produit, qui était réputé pour être le plus rapide du monde et créé selon un tout nouveau concept. Lorsqu'il était sorti au début de l'année scolaire, il avait fait la une de tous les magazines de Quidditch, et même les équipes professionnelles n'avaient pas toutes été capables de s'en procurer tant son prix était élevé. Ron en avait parlé pendant des soirées entières, mais Harry avait jusque-là été pleinement satisfait de son Nimbus 2000 et n'avait pas accordé plus d'intérêt que ça à la nouvelle.
Qui avait bien pu lui faire un cadeau pareil ? Ses amis et la plupart des Griffondors étaient hors de la liste, la plupart n'en ayant probablement pas les moyens ou lui ayant déjà offert quelque chose. Un autre élève de l'école aurait au moins laissé une carte pour indiquer son identité. Dumbledore et McGonagall, les deux seules personnes à lui avoir jamais envoyé des présents anonymes, ne lui auraient sûrement pas offert un balai aussi coûteux.
Harry était perplexe, lorsqu'une dernière possibilité, un peu folle, lui vint en tête.
- Sirius Black, murmura-t-il.
D'après Neville, qui avait petit à petit commencé à faire découvrir à Harry et Hermione le monde de l'aristocratie sorcière, les Black étaient une famille très ancienne et une des plus riches de Grande-Bretagne. Son parrain pourrait être la personne mystère derrière ce cadeau extraordinaire, mais une telle action signifierait une prise de risque incroyable pour l'acheter et le lui transmettre.
En un clin d'oeil, Harry comprit que s'il avait fait le rapprochement, d'autres personnes – notamment ses professeurs – le feraient aussi. Et la suite logique serait de lui confisquer l'Eclair de Feu pour vérifier qu'il n'était pas maudit, enchanté, trafiqué, ou quoi que ce soit du même genre. Le Golden Boy hésita un instant, soupesa ses options pendant quelques minutes, et résolut d'aller voir McGonagall le plus tôt possible. Si le balai était ensorcelé, elle saurait régler le problème, et s'il ne l'était pas... Harry aurait une preuve supplémentaire que Black ne cherchait pas à le tuer.
Il remonta poser ses autres cadeaux dans sa chambre, s'habilla à la hâte, vérifia sur la carte du Maraudeur où était sa directrice de maison, et sortit de la salle commune en saluant le chevalier avec son Eclair de Feu dans les mains.
L'idée que McGonagall était dans son bureau le jour de Noël était assez surprenante, mais Harry ne s'interrogea pas plus que ça sur la question. Plusieurs professeurs étaient restés à Poudlard pendant les vacances au cas où Black tenterait de s'infiltrer pendant cette période.
Il toqua à la porte, reçut l'autorisation d'entrer et se dirigea vers la directrice adjointe juste avant de s'interrompre.
- Bonjour professeur McGonagall, joyeux Noël, est-ce que... Bonjour professeur Rogue.
- Joyeux Noël, Potter, déclara-t-elle avec un sourire.
- Potter, fit le professeur de Potions.
Harry s'immobilisa. Il n'avait pas prévu que Rogue viendrait voir sa directrice de maison dans le peu de temps qu'il lui avait fallu pour se rendre à son bureau.
- Je ne vous dérange pas ? demanda-t-il tout de même.
- Pas le moins du monde, répondit McGonagall. Severus était simplement venu discuter.
Rien qu'à voir la tête de Rogue, le Griffondor était persuadé que la discussion en question était loin d'être agréable.
- En fait, j'ai reçu un Eclair de Feu parmi mes cadeaux, expliqua Harry en le montrant, mais il n'y avait aucune carte avec et je n'ai aucune idée de la personne qui me l'a envoyé. Je me suis dit qu'il valait mieux que je vous l'apporte.
Le professeur de Potions haussa aussitôt un sourcil. Il observait le chouchou de Dumbledore depuis la fin de l'année dernière, et c'était la première fois qu'il détectait un mensonge délibéré. De toute évidence, Potter savait parfaitement qui était derrière un cadeau pareil, ou en était presque certain. Il observa avec un certain amusement sa collègue se lever et récupérer le balai pour l'observer.
- C'est une décision très responsable de votre part, Potter déclara l'enseignante de Métamorphose, et qui me surprend un peu, je dois l'admettre. Vous pouvez me le laisser pour quelques jours, le temps que je vérifie s'il n'a pas subi des modifications qui rendraient son utilisation risquée.
- S'il est sans danger, est-ce que...
- Soyez sans crainte, répondit-elle d'un ton rassurant. Vous le récupèrerez avant la reprise des cours, et suffisamment en avance pour pouvoir l'utiliser dans le match contre Serdaigle.
Severus nota la façon dont le visage de Potter s'illumina à l'idée, et se força à retenir une remarque désobligeante. Comme si le rejeton de James avait besoin de plus d'encouragements pour exhiber son aisance sur son nouveau jouet hors de prix.
- Merci professeur ! s'exclama-t-il.
L'enseignante de Métamorphose posa le balai sur son bureau avec l'intention manifeste de commencer à l'étudier dès que possible. Le directeur de Serpentard s'attendait à ce que le chouchou du directeur reparte aussitôt, et fut surpris de le voir rester avec un air embarrassé.
- Est-ce qu'il y a autre chose dont vous vouliez me parler, Potter ? demanda la directrice de Griffondor.
- En fait... oui, professeur, admit-il en passant une main dans ses cheveux. Je me demandais si... enfin si c'est possible, avec les emplois du temps, de...
- Par Salazar, Potter, le coupa sèchement Severus, si vous avez quelque chose à dire, dites-le !
Le Griffondor sursauta et prit une expression gênée, pendant que l'enseignante lançait un discret regard de désapprobation dans la direction de son collègue. Le Golden Boy sembla cependant se calmer, et se redressa un peu avant de reprendre la parole.
- Je voudrais rejoindre le cours d'Etude des Runes après les vacances.
Les deux professeurs furent pris de court par la demande. La directrice de Griffondor était agréablement surprise, mais doutait de la faisabilité de la chose. Severus demeura impassible, mais en son for intérieur, il hésitait entre incrédulité et indignation. Incrédulité à l'idée que la mascotte de Griffondor puisse avoir un quelconque intérêt pour cette matière, et indignation en constatant qu'une fois de plus, Potter pensait qu'il lui suffisait de demander quelque chose pour l'obtenir.
- Voilà qui est inattendu, finit par admettre Minerva.
- Voilà qui est présomptueux, surtout, la coupa Severus. Avez-vous conscience, Potter, du sérieux requis pour l'étude de cette matière, du retard que vous auriez à rattraper, et du poids que vous constitueriez pour les élèves qui suivent cette option depuis le début de l'année ?
Le Maître des Potions fut presque étonné de voir le garçon demeurer inflexible après sa réplique. Le rejeton de James se tourna directement vers lui et le regarda droit dans les yeux avec un mélange d'assurance et de respect auquel le directeur de Serpentard n'était pas habitué de la part du Griffondor.
- Je ne l'aurais pas demandé si je ne m'en sentais pas capable, professeur. J'ai commencé à m'intéresser aux Runes quelques semaines après la rentrée, quand Hermione m'a expliqué qu'elles étaient utilisées pour des formes de Magie Protectrice. Et elle m'a aidé à rattraper mon retard pour que je puisse rejoindre la classe sans ralentir les autres.
- J'imagine que Miss Granger peut attester de tout cela ? demanda la directrice de Griffondor.
Le garçon à la cicatrice hocha la tête.
- Vous pouvez lui demander, elle m'a donné des cours deux à trois fois par semaine pendant les deux derniers mois. Et je peux aussi faire un test pour que le professeur vérifie que mon niveau est suffisant, ajouta-t-il.
- Ma foi, voilà qui me parait être une excellente idée, admit la professeure de Métamorphose. Je demanderai au professeur Babbling de vous évaluer, et c'est à elle que reviendra la décision finale de vous accepter ou non dans son cours à la rentrée.
- Merci professeur, fit-il avec un grand sourire.
- Y a-t-il encore autre chose ou est-ce la fin des surprises que vous avez pour le jour de Noël ? demanda-t-elle.
Le Golden Boy sentit la gêne colorer ses joues devant le ton mi-accusateur mi-amusé de sa directrice de maison, et eut un air d'excuse.
- Non professeur, c'était tout. Joyeux Noël à vous, et à vous aussi, professeur Rogue.
D'un geste de la main, la professeure de Métamorphose lui fit signe qu'il pouvait partir, et attendit qu'il ferme la porte pour laisser un sourire affectueux – qu'elle retenait depuis déjà plusieurs minutes – s'épanouir sur son visage. Le jeune élève un peu rebelle était en passe de devenir un modèle de maturité, et semblait suivre davantage les traces de sa mère que celles de son père.
De son côté, Severus était encore sous le choc d'entendre Potter lui souhaiter un joyeux Noël sans animosité ou sarcasme. Comme si sa tirade pour justifier sa demande de rejoindre le cours de Runes n'avait pas déjà été assez surprenante. Pendant quelques instants, il avait eu l'impression de retrouver davantage de Lily que de James dans son attitude. Et songer qu'il avait étudié de son côté jusqu'à avoir un niveau suffisant pour rejoindre la classe, au lieu de simplement exiger d'y être admis, était inattendu.
Le professeur de Potions se sentit perturbé par cette nouvelle version de Potter. Une attitude responsable et respectueuse de sa part était déjà surprenante en soi, mais envisager qu'il avait étudié une matière complexe par ses propres moyens était déconcertant. Sans compter le petit mensonge concernant le balai. Severus était presque certain qu'il s'agissait d'un cadeau de Black, et presque aussi certain que Potter avait dû parvenir à la même conclusion.
À sa grande surprise, il se trouva curieux de ce que le fils de Lily pouvait bien encore cacher sous ses airs de Griffondor pur et dur. Par chance, Severus avait prévu d'aller rendre visite aux Malfoy pour un thé dans l'après-midi. Narcissa l'avait plus ou moins menacé s'il ne venait pas voir son filleul pour le jour de Noël, et le Maître des Potions avait accepté. Severus se fit la note mentale de demander à Lucius si celui-ci avait reçu des nouvelles de Potter, ou à Draco s'il avait remarqué quelque chose de particulier chez son rival.
- Severus, vous ne voyez pas d'inconvénient à examiner ce balai avec moi, je suppose ?
La voix de la professeure de Métamorphose le sortit de ses pensées, et il tourna la tête vers elle en se rappelant de la raison pour laquelle il était venu la voir en premier lieu.
- Vous pensez qu'il s'agit d'un cadeau de Black ? demanda-t-il à la place.
- En effet. Et puisque vous êtes plus familier que moi avec certaines formes de Magie, je pense que votre... expertise ne serait pas de trop.
- Dites plutôt que vous craignez pour la sécurité de votre élève préféré et que vous n'êtes pas certaine de repérer tous les maléfices qui pourraient avoir été installés.
Les sourcils de Minerva se fronçèrent légèrement, mais elle répondit avec un ton parfaitement égal.
- Vous devriez savoir que mon éthique m'empêche d'avoir des favoris parmi mes élèves, Severus. Et puisque je m'en voudrais de vous imposer du travail supplémentaire, j'attendrai donc que Remus revienne pour lui demander son avis. Après tout, en tant que professeur de Défense, il est notre principal expert en la matière.
Le directeur de Serpentard fusilla sa collègue du regard pendant un instant. Elle savait pertinemment qu'il s'agissait d'un coup bas et qu'il ne pourrait pas reculer après une provocation pareille.
- Autant que je l'examine moi-même, maugréa-t-il. Ce balai nous permettra peut-être d'obtenir des informations sur Black, alors mieux vaut ne pas perdre de temps.
Minerva hocha la tête, et le professeur de Potions en déduit qu'elle en était arrivée aux mêmes conclusions. Il sortit sa baguette et lança une première salve de sorts de détection sur le balai, avant de poursuivre.
- Concernant Black, je pense d'ailleurs qu'il est plus que temps d'informer Potter.
- Severus, Albus a été très clair sur le sujet, lui rappela-t-elle. Mieux vaut ne pas inquiéter le garçon et le laisser avoir une année normale, il doit déjà être assez préoccupé à l'idée qu'un meurtrier ait essayé d'entrer dans la tour de Griffondor.
- Puis-je vous rappeler que nous parlons d'un élève qui a cherché, et trouvé, l'entrée de la Chambre des Secrets en deuxième année ? rappela le directeur de Serpentard. Vu son dossier, il est davantage surprenant que Potter ne soit pas encore lancé à la recherche de Black.
Minerva soupira, et commença à lancer des sorts à son tour pour relever des anomalies sur le balai. Si Severus continuait à être aussi obstiné, elle allait finir par demander à Remus de vérifier ce balai à la place du Serpentard et envoyer le professeur de Potions exprimer ses objections directement à Albus.
Commentaire de la bêta : Je suis presque déçue que la tirade de Minerva ne se termine pas sur un "Na." bien senti, mais à part ça, quel chapitre !
