N/A : désolée de poster plus tard que d'habitude, j'ai déménagé il y a une semaine et je suis toujours en train de finir de m'installer... et pour être honnête, j'ai un poil oublié que j'avais un chapitre à préparer jusqu'à il y a deux heures. Woopsie. Toutes mes excuses ^^'

Résumé du chapitre précédent :

Harry assiste à son premier cours de Runes et piège Malfoy. Croûtard disparait et Ron blâme Pattenrond, mais Harry, Neville et Hermione défendent le chat-Fléreur et Harry rappelle à tout le monde qu'il est capable de se montrer dangereux. Au cours de Soins aux Créatures Magiques, Hagrid présente des salamandres pour lesquelles les élèves allument un bûcher. Après une remarque moqueuse de Draco, les salamandres surgissent du brasier mais Harry s'interpose, et subit les brûlures à la place du Serpentard.


Environ une heure avant le lever du soleil, Harry fut réveillé par une présence inquiète au fond de son esprit, et entreprit la difficile action d'ouvrir les yeux. Lorsqu'il distingua enfin son environnement, même l'absence de ses lunettes s'avéra insuffisante pour louper la présence d'une tête de serpent géante au-dessus de son lit.

Encore fatigué, il trouva malgré tout le moyen d'adresser un sourire à son familier.

- Artémis.

- Maître Harry, que s'est-il passé ? J'ai senti de la panique, puis une grande douleur.

Le brun essaya de se redresser, mais grimaça à la première ébauche de mouvement et opta donc pour l'immobilité temporaire. À la place, il commença à trier ses pensées pour comprendre ce qui lui était arrivé. Lorsqu'il retrouva ses derniers souvenirs, il prit le temps de respirer profondément avant de se lancer.

- On regardait des salamandres jouer dans le feu, et quelqu'un m'a insulté. J'ai vu qu'elles allaient lui sauter dessus et je me suis interposé.

La basilisk siffla de surprise et de colère.

- Je ne punirai pas les salamandres, elles ont réagi de façon juste en voulant te venger. Mais pourquoi as-tu pris les blessures à sa place ?

- Quand je vois quelqu'un en danger,répondit Harry en haussant les épaules, mon corps agit tout seul. Et pourquoi tu dis que les salamandres voulaient me venger ?

Artémis pencha légèrement sa tête sur le côté, comme pour montrer qu'elle ne comprenait pas l'intérêt d'expliquer quelque chose d'évident.

- Les salamandres et les reptiles sont comme une famille éloignée. Et les salamandres qui font parties d'une espèce magique reconnaissent tout de suite un membre de leur famille, même quand le lien entre les deux espèces est faible ou difficile à repérer.

Le Griffondor réfléchit quelques instants à la signification des paroles d'Artémis. D'après elle, les petits lézards auraient réussi à sentir la présence d'une basilisk à travers le lien de familier et auraient reconnu et respecté Harry pour cette raison. Le raisonnement se tenait, mais le jeune sorcier n'aimait pas l'idée que son lien avec Artémis mette quelqu'un en danger, même si le quelqu'un en question était Malfoy.

Harry allait ajouter quelque chose, lorsque la Reine des Serpents tourna vivement la tête vers la porte de l'infirmerie et darda sa langue à une ou deux reprises pour goûter l'air.

- Quelqu'un vient.

- Alors repars vite, je ne veux pas que tu sois vue. Et... merci d'être passée, Artémis, ajouta Harry avec un regard reconnaissant.

Son familier lui envoya des vagues de réconfort et d'affection à travers leur lien, puis glissa sans un bruit pour disparaitre dans les ombres. Harry reposa aussitôt la tête sur l'oreiller pour retourner dans sa position initiale et faire semblant de dormir. Dès qu'il toucha le coussin blanc, le Griffondor réalisa qu'il était réellement fatigué et qu'il serait capable de se rendormir pour de vrai si la personne qui entrait lui en laissait le temps. Il s'agissait très certainement de Pomfrey, et la Guérisseuse concluerait à un cauchemar avant de s'en aller pour le laisser dormir.

Harry ferma les yeux, et sentit une immense torpeur s'emparer de lui. Lorsque le visiteur mystère arriva à son lit, le Griffondor dormait de nouveau à poings fermés.

-o-oOo-o-

Harry sortit de l'infirmerie au bout de trois jours seulement, et après de très longues négociations avec Pomfrey. Seule sa récupération exceptionnelle lui avait permis de faire plier l'implacable Guérisseuse. Le Griffondor dut toutefois promettre qu'il garderait des bandages légers sur son torse et ses avants-bras, et qu'il viendrait chaque matin et chaque soir pour les faire changer. Harry s'estimait heureux que ses mains soient déjà pratiquement guéries.

Le plus gros désaccord, sans grande surprise, avait concerné le Quidditch. Après presque une demi-heure de pourparlers intensifs, Pomfrey avait accepté de le laisser participer au match contre Serdaigle à la condition que l'Attrapeur ne fasse que le dernier échauffement avant celui-ci et qu'il modère ses ardeurs. Harry avait grommelé, mais accepté en comprenant qu'il n'obtiendrait pas de meilleur compromis.

À son arrivée au petit-déjeuner du samedi matin, Harry fut accueilli par une salve d'applaudissements de la table de Griffondor. La démonstration le laissa affreusement embarrassé, en particulier après que la moitié de sa maison le bombarde de questions sur son état. Hermione finit par intervenir en martelant qu'il était toujours en récupération, et que la première personne qui essaierait de le toucher ou de l'approcher de trop près finirait dans le lac. Son regard furieux et la certitude qu'elle passerait à l'acte sans hésiter dissuadèrent les élèves trop enthousiastes. Lorsque le bruit se fut un peu calmé, Harry adressa un regard reconnaissant et empli de gratitude à sa meilleure amie, auquel elle répondit par un sourire.

Les bavardages reprirent dans la salle, et Harry était content de retrouver l'ambiance à laquelle il était habitué. Du moins jusqu'à ce que Ron s'adresse à lui avec un air ravi.

- C'est génial que tu reviennes juste samedi matin ! On a été calmes avec les perfides serpents pendant les trois derniers jours, mais maintenant que tu es là, on va pouvoir leur faire payer comme il faut !

Harry reposa le pichet qu'il tenait dans la main avec une telle force que le bruit résonna dans toute la Grande Salle. Il se leva lentement, les yeux fermés, et s'exhorta au calme en posant ses mains à plat sur la table. Lorsqu'il fut certain qu'il n'allait pas exploser, il rouvrit les yeux et constata que tout le monde le regardait dans un silence absolu. Pour une fois, sa réputation allait lui être utile.

- J'aimerais avoir votre attention à tous pendant quelques instants, déclara-t-il pour la forme. Je suis persuadé que vous êtes tous au courant de ce qui s'est passé pendant mon dernier cours de Soins aux Créatures Magiques, mais au cas où, je vais faire un rappel. Des salamandres ont bondi d'un feu de joie vers Draco Malfoy et, en digne Griffondor que je suis, ajouta-t-il ironiquement, j'ai agi sans réfléchir et je me suis interposé.

Même les professeurs demeuraient silencieux, curieux de voir ce que la vedette de Poudlard avait l'intention de faire par la suite. Dumbledore, Rogue et Lupin en particulier attendaient de voir comment le héros de Griffondor allait gérer la situation. De ses prochains mots pourraient dépendre des mois de harcèlement pour un quart des élèves de l'école.

- Je vais mettre une chose au clair, asséna Harry avec un regard noir. J'aimerais éviter d'avoir à m'interposer de nouveau pour sauver quelqu'un. Plus précisément, j'aimerais éviter d'avoir à m'interposer pour sauver n'importe quel élève de n'importe quel type d'attaque.

Rogue écarquilla légèrement les yeux en comprenant où le fils de James allait en venir. Lupin eut un air à la fois surpris et admiratif, qui fut imité par la plupart des autres professeurs. McGonagall l'observait avec ce qui ressemblait à de la fierté. Harry nota ces petits détails comme des encouragements et l'assurance qu'il prenait la bonne décision.

- Si jamais j'apprends que qui que ce soit a attaqué un Serpentard pour une vengeance en mon nom, je promets de lui faire personnellement vivre un enfer.

- Mais Harry ! s'écria Ron.

Un regard glacial le cloua sur sa chaise et le Golden Boy reprit.

- Pour ceux qui auraient du mal à comprendre, sachez que je ne suis toujours pas ami avec les Serpentards et que Draco Malfoy est toujours mon rival. Mais si vous me respectez un tant soit peu, laissez-moi mener mes propres batailles contre eux et ne vous en mêlez pas. Je ne sauve pas les gens pour qu'ils se fassent attaquer. Et je ne les considère pas responsables de ce qui m'est arrivé mardi. Alors ne m'utilisez pas comme prétexte pour laisser libre cours à votre mesquinerie.

Après un dernier regard furieux destiné à toute la Grande Salle, Harry se rassit et commença le plus naturellement du monde à découper une pomme en quartiers.

Il fallut plusieurs secondes à l'ensemble des élèves pour se remettre de sa déclaration, mais une fois que la stupeur fut passée, le volume sonore de la Grande Salle s'éleva jusqu'à être deux fois supérieur à la normale. Harry laissa tout le monde parler et enregistrer son discours, qui ne souffrait pas deux interprétations.

Le Griffondor jeta un coup d'oeil furtif à la table des professeurs, où Lupin lui fit un grand sourire et un hochement de tête approbateur, auxquels Harry répondit par un petit sourire. Il vit des réactions identiques chez McGonagall, un clin d'oeil chez Dumbledore, et globalement des expressions positives chez tous les professeurs. Seul Rogue le regardait d'un air curieux en fronçant les sourcils, comme si Harry était une potion qui venait de virer au vert au lieu du rouge.

- Harry, c'était très courageux de ta part, déclara Neville d'un air solennel.

- Je trouve aussi, approuva Hermione avec un sourire, et je suis très fière de toi. C'était la bonne décision.

Le héros de Griffondor regarda ses amis en souriant. Il était content de pouvoir compter sur eux et sur leur soutien quand il doutait de ses actions.

- Harry, dis-moi que tu n'étais pas sérieux ! s'exclama Ron avec un air incrédule. Tu vas vraiment les laisser s'en sortir comme ça ?

Le brun soupira lourdement, mais répondit néanmoins entre deux tranches de fruit en laissant un soupçon d'exaspération transparaitre dans sa voix.

- Je suis on ne peut plus sérieux, Ron. J'aimerais éviter d'avoir récupéré des brûlures à la place de Malfoy pour le voir atterrir à l'infirmerie trois jours après. J'aurais un peu l'impression d'avoir souffert pour rien.

Sa réplique coupa définitivement toute tentative d'argumentation à la table des Griffondors, et Harry put terminer son petit-déjeuner en paix.

-o-oOo-o-

Harry passa la matinée à la bibliothèque avec Neville et Hermione pour rattraper les cours qu'il avait manqué pendant les trois derniers jours. Pour une fois, ils avaient choisi un endroit différent afin d'éviter d'être interrompus par une horde d'élèves qui voudraient parler au Golden Boy. En entrant, madame Pince leur avait indiqué discrètement une table à l'abri des regards, assez éloignée de leur choix habituel. Les trois Griffondors l'avaient chaleureusement remerciée avant de commencer à travailler.

Vers onze heure cependant, une personne parvint à les trouver et s'approcha jusqu'à être à portée de voix sans avoir à parler trop fort. En entendant les pas, Neville fut le premier à relever la tête, et signala aux deux autres qu'ils avaient un visiteur. Hermione adressa aussitôt un regard noir au visiteur en question, et ouvrit la bouche pour parler.

- Une minute, Granger, fit Blaise en levant une main. J'ai juste quelques mots à dire à Potter.

Le Golden Boy haussa un sourcil, mais se sentit plus perplexe et curieux qu'agacé. Après un échange de regard avec sa meilleure amie, celle-ci pinça les lèvres mais fit signe au Serpentard de continuer.

- Draco ne viendra jamais te remercier lui-même, déclara l'italien avec un petit sourire, et il aura ma peau s'il sait que je suis venu te voir. Mais au nom de tous les autres, je te remercie. Pour tes actes de mardi, et pour ta déclaration de ce matin.

Le héros de Griffondor leva les yeux au ciel, et se leva pour être à la hauteur de son interlocuteur.

- J'accepte les remerciements pour ce qui s'est passé mardi, mais en ce qui concerne ce matin, c'était juste un rappel de bon sens pour tout le monde.

- Pour toi, peut-être, admit Blaise. Mais pour les Serpentards, c'était bien plus.

Harry haussa les épaules, indiquant que la différence de point de vue ne lui importait pas particulièrement.

- Si tu le dis, concéda le Griffondor. Je veux juste que Poudlard soit un endroit où tout le monde se sent bien et en sécurité, comme c'est le cas pour moi.

- Même avec un basilisk qui te prend pour cible ou un meurtrier évadé aux trousses ? répliqua l'italien avec amusement.

À sa surprise, le rival de Draco lui fit un sourire et un clin d'oeil complice.

- Ça, ce sont juste des bonus pour éviter que je m'ennuie pendant l'année.

Blaise eut un petit rire discret, et se trouva à regretter que Potter ait fini chez les lions. Il aurait probablement été à sa place à Serpentard. L'italien hésita un instant et songea à quel point l'héritier Malfoy allait le tuer s'il apprenait ce qu'il avait l'intention de faire. Mais encore une fois, Draco essaierait probablement de le tuer quoi qu'il arrive s'il apprenait qu'il avait parlé à son rival, alors...

Blaise s'approcha et tendit sa main droite vers le Griffondor, enregistrant au passage les hoquets choqués de Granger et Londubat. Son attention était toutefois focalisée sur le Golden Boy, pour s'assurer que ses paroles seraient parfaitement comprises.

- Je ne te propose pas une amitié ou même une trêve, Potter, déclara Blaise. Mais j'apprécie ce que tu as fait pour ma maison et mon ami. À défaut de mieux, je te promets de ne plus t'attaquer sur des sujets... sensibles.

Personne ne bougea pendant un instant. Les deux autres Griffondors avaient toujours l'air choqués par la scène sous leurs yeux, et attendaient manifestement de voir la réaction de leur ami et leader. Celui-ci sembla hésiter quelques instants, puis prit sa décision avec un sourire ironique.

- J'imagine que je n'ai rien à perdre à accepter ce genre d'offre.

Et sa main rejoignit celle de l'italien pour la serrer brièvement. Lorsqu'ils se séparèrent, les deux avaient un sourire entendu et l'air vaguement étonné que leur rencontre se soit si bien passée.

- Un plaisir de t'avoir vu, Potter. Londubat, Granger, salua Blaise.

Et il repartit tranquillement, laissant trois Griffondors perplexes derrière lui.

- Qu'on soit bien d'accords sur ce qui vient de se passer, résuma Neville d'un ton eberlué. Blaise Zabini est venu te voir pour te remercier de ce que tu as fait et te promettre de ne plus se moquer de toi sur des sujets potentiellement blessants ?

- Je crois, oui, répondit Harry. Vous n'auriez pas quelque chose à me dire à ce sujet, tous les deux ? Sa proposition était un peu trop spécifique pour sortir de nulle part.

Hermione sentit ses joues s'enflammer, et tourna ses yeux vers ses livres.

- C'est ma faute. Quand je t'ai vu tomber dans la neige, avec les blessures que tu avais, après que Malfoy t'ait insulté, j'ai un peu... comment dire ?

- Craqué et hurlé sur les Serpentards ? compléta Neville.

Au vu de l'air curieux et interrogatif de leur ami, ils lui répétèrent ce qui s'était dit le plus fidèlement possible. À la fin, Harry regardait sa meilleure amie avec un mélange d'amusement et d'admiration.

- Alors là 'Mione, chapeau bas. Je n'arrive pas à croire que j'ai loupé une scène pareille, ajouta Harry avec un petit rire.

- N'en rajoute pas, Harry, grommela la sorcière en rougissant.

- Ceci dit, c'est vrai que c'était grandiose, sourit Neville.

Hermione le regarda avec un air de reproche, mais le mal était déjà fait et les deux bruns continuèrent à taquiner gentiment leur amie avant de retourner à leurs devoirs.

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Les semaines suivantes passèrent dans un calme somme toute surprenant pour Poudlard. Les Serpentards semblaient s'être calmés envers Harry et celui-ci ne s'en plaignait pas. Le célèbre Griffondor restait toutefois attentif aux bruits de couloir, au cas où quelqu'un essaierait de mettre sa déclaration à l'épreuve. Fred et George lui avaient garanti qu'ils se feraient une joie de tester leurs idées sur un cobaye, si jamais le brun avait un nom à leur suggérer. Le fait qu'ils fassent ce commentaire à voix haute dans la Grande Salle dès le samedi soir avait sans doute aidé à ce que la décision du héros de Griffondor soit respectée.

Même le cours de Potions était plus supportable, et Rogue lui-même semblait être un tout petit peu moins enclin à leur enlever des points au moindre éternuement. Les autres professeurs étaient restés prudents sur les exercices physiques qu'ils demandaient au Griffondor, probablement sous la menace de Pomfrey. Le garçon à la cicatrice était retourné consciencieusement à l'infirmerie chaque matin et chaque soir pendant trois jours supplémentaires, jusqu'à ce que Pomfrey accepte de retirer les bandages.

Mais elle n'avait pas cédé sur le Quidditch, et Harry s'était donc contenté d'assister aux entrainements sans y participer, à sa grande frustration. En revanche, il avait laissé le reste de l'équipe essayer son Eclair de Feu, et ils en avaient tous été ravis. Angelina avait même plaisanté en se plaignant qu'elle n'aurait pas le temps de marquer un but avant qu'Harry attrape le Vif d'Or sur un balai pareil.

-o-oOo-o-

Le jour du match était le dernier samedi de janvier, et l'Attrapeur était un peu nerveux. En partie à cause de la nouvelle pression qu'il avait sur les épaules pour capturer le Vif d'Or encore plus vite que d'habitude, et en partie à cause des souvenirs des Détraqueurs lors de son dernier match. Heureusement, cette fois, le ciel était simplement couvert. Pas d'averse, pas de tempête, pas de nuages bas dans lesquels les Gardiens d'Azkaban pourraient se cacher.

Avant de sortir sur le terrain, l'Attrapeuse de Serdaigle, Cho Chang, lui souhaita bonne chance avec un petit sourire. Harry lui sourit aussi, et l'encouragea également. Il savait qu'elle était en quatrième année, et qu'elle avait un bon niveau sur un balai. Même avec un Eclair de Feu, il ne prendrait pas le risque de penser que la victoire était jouée d'avance. C'était exactement le genre de comportement qui mènerait son équipe à la défaite, et Olivier l'avait suffisamment répété pendant les derniers entrainements.

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Moins d'une demi-heure plus tard, Harry avait attrapé le Vif d'Or derrière les buts adverses. Il avait dû sortir une pirouette pour éviter de justesse le Souaffle lancé par Angelina à travers l'anneau central au même moment.

Il retourna au sol sous un tonnerre d'applaudissements, et envoya un sourire d'excuse à Cho, qui avait atterri à côté de lui.

- Ne t'en fais pas, lui dit-elle gentiment, je me doutais que je n'avais aucune chance.

- Parce que j'ai un l'Eclair de Feu ?

- En partie, fit-elle en riant, mais surtout parce que tu es le meilleur Attrapeur de l'école.

- Tu te débrouilles bien aussi, fit le brun en rougissant au compliment.

- Merci Harry.

Avant qu'ils puissent échanger davantage, le Griffondor se fit entourer par le reste de son équipe pour des félicitations. La victoire du jour leur permettait d'amplement rattraper la défaite contre Poufsouffle, et avec la victoire contre Serpentard en début d'année, ils étaient certains d'être en finale. Et à entendre le reste de leur maison descendre des gradins, celle-ci était déjà gagnée.

-o-oOo-o-

La fête dura jusque tard dans la tour de Griffondor, et tous les rouge et or se couchèrent épuisés. Harry avait pris le temps de faire ses exercices de méditation avant de dormir, autant par habitude que pour se détendre après le match et la fête.

Au milieu de la nuit cependant, tous les garçons du dortoir se réveillèrent en entendant un hurlement de panique dans leur chambre, qui venait d'un des lits.

- RON ! cria Harry.

Il écarta immédiatement les rideaux et sauta de son lit le plus vite possible, mais se prit les jambes dans les draps et fut retardé de quelques secondes. Le temps qu'il se redresse, les autres étaient debout aussi et les quatre se précipitèrent vers le lit de leur ami.

- Ron, qu'est-ce qui se passe ? s'exclama Neville.

- I-Il était l-là ! bégaya Ron. I-Il a e-essayé de m'a-m'attaquer !

- Qui ça ? demanda Seamus.

- Black ! J'ai v-vu son visage !

Choqué par la nouvelle, Harry remarqua finalement que les rideaux du baldaquin étaient déchirés et réduits en lambeaux, comme si un animal avait griffé pour essayer de les arracher. Il inspira un grand coup et réfléchit aux différentes options qu'il avait avant de prendre la situation en main.

- Dean, Seamus, ordonna Harry, vous et Ron vous allez prévenir tous les autres et vous les rassemblez dans la salle commune. Neville et moi on va prévenir McGonagall.

- Mais Harry, protesta Dean, si Black est dans le château, il va...

- S'il essaie de me tuer, fit Harry en enfilant ses chaussures, Neville aura le temps de rejoindre un professeur et je le retiendrai en attendant.

- Mais c'est...

- La seule option possible si on veut agir rapidement, le coupa le Golden Boy. Neville ?

- Je suis prêt, répondit celui-ci.

- Alors on y va. Dean, Ron, Seamus, évitez de paniquer les autres, d'accord ?

Sans attendre de confirmation, les deux bruns sortirent de la chambre et se précipitèrent hors de leur salle commune.

Neville attendit qu'ils soient sortis pour s'adresser à Harry sans même le regarder.

- Tu sais que si on tombe sur Black, je ne te laisse pas seul contre lui ?

- Oui. Mais tu sais que si on tombe sur lui, il y a peu de chances qu'il essaie de me tuer.

Avec un sourire admiratif, Neville continua à suivre le héros de Griffondor dans les couloirs. En à peine quelques secondes et sous pression, Harry avait élaboré une stratégie qui lui permettrait de mettre tout le monde en sécurité et de s'assurer que seules deux personnes prendraient le risque de croiser Black. Deux des trois seuls Griffondors qui ne paniqueraient pas en le voyant. Et à voir l'expression de Harry, il semblait presque espérer croiser l'évadé avant d'arriver aux quartiers de la directrice adjointe.

Toutefois, ses espoirs ne se réalisèrent pas et ils arrivèrent devant la porte sans croiser âme qui vive.

- Puis-je savoir ce qui vous prend, tous les deux ? leur reprocha McGonagall en ouvrant.

La directrice de Griffondor était en robe de chambre à damier écossais, et ses cheveux étaient décoiffés. Une fois passée le choc de voir la professeure de Métamorphose dans une tenue presque débraillée, Harry lui fit un résumé de ce qui s'était passé.

- Sirius Black a réussi à entrer dans le dortoir de Griffondor et il a déchiré les rideaux du lit de Ron, mais il est parti et tout le monde va bien.

- Et vous êtes venus seuls pour... Oh par Merlin, soupira-t-elle.

Elle invoqua immédiatement son patronus, qui prit la forme d'un chat.

- Message pour Albus, Severus et Remus, indiqua-t-elle. Black est entré et ressorti du dortoir de Griffondor. Pas de blessés, mais venez dès que possible.

En face d'elle, les deux troisième années la regardèrent avec un air admiratif tandis que le chat disparaissait dans les couloirs. Harry était très surpris que le sort puisse aussi faire office de messager, Lupin ne le lui avait pas mentionné pendant leurs leçons. Probablement parce que ce n'était pas un usage indispensable pour se défendre des Détraqueurs, et parce que le garçon à la cicatrice n'arrivait pas encore à produire une forme animale. Mais en même temps qu'il enregistrait l'information, il remarqua un détail et en fit la remarque à voix haute sans réfléchir.

- Votre patronus ressemble à votre forme animagus.

- Exact, Potter. Maintenant, nous allons immédiatement retourner à la salle commune et vous allez me raconter très exactement ce qui s'est passé.

Les trois Griffondors refirent le chemin inverse, pendant lequel les élèves racontèrent ce qu'ils savaient alors que leur directrice de maison rectifiait son apparence pour avoir l'air un minimum présentable. Le temps qu'ils arrivent à leur destination, la directrice adjointe réalisa un détail et s'arrêta devant le tableau. En la voyant fixer le chevalier avec un air de reproche et un regard furieux, Harry fronça les sourcils avant de comprendre.

- Ma Lady ! s'exclama le portrait. Bien le bonsoir, ou plutôt la bonne nuit, gente dame. Avez-vous enfin besoin d'un preux chevalier pour porter haut vos couleurs dans un duel de braves ?

- Laissons les formalités de côté, Sir Catogan, répliqua-t-elle sèchement. Avez-vous ouvert le passage à Sirius Black ?

- Mais bien sûr ! confirma le portrait. Le jeune homme avait une quête de la plus haute importance, voyez-vous, il devait occire un malandrin qui mettait en péril la-

- Et puis-je savoir pour quelle raison vous l'avez laissé passer sans le mot de passe ?

Derrière la professeure, Neville et Harry restaient sagement en retrait. McGonagall était parfaitement droite et distinguée, mais ils s'attendaient presque à la voir fumer de colère.

- Mais il avait le mot de passe, ma Lady !

Les trois Griffondors se retrouvèrent bouche bée devant l'information. Sirius Black qui avait obtenu le mot de passe de la salle commune de Griffondor, c'était pratiquement la preuve que quelqu'un l'avait aidé à s'introduire dans l'école. Et ça réduisait les complices potentiels aux élèves de Griffondors et aux professeurs. Cependant, le chevalier poursuivit son explication, heureux de voir qu'il n'était pas interrompu.

- Il avait même tous ceux de la semaine, inscrits sur un bout de papier. Un valeureux et prévoyant sorcier, que j'aurais aimé affronter en duel ! Si vous le croisez, soyez sûre de lui transmettre ma demande, car comme je l'expliquais à Lady Rosaline l'autre jour, entre homm-

- Cette histoire peut attendre, Sir Catogan, le coupa l'enseignante. Pour l'heure, Fortis Leo.

- Mais entrez donc, ma Lady !

La directrice de Griffondor entra dans la salle commune en conservant un maximum de calme, mais il était clair pour tous ses élèves dès qu'ils la virent qu'elle était de très, très mauvaise humeur. Une fois à l'intérieur, Neville et Harry allèrent rejoindre Dean, Seamus et Hermione qui entouraient un Ron toujours pâle. Après un rapide coup d'oeil dans la salle pour avoir la confirmation visuelle qu'aucun de ses lions n'était blessé, McGonagall se rasséréna un peu mais conserva son air sévère.

Moins d'une minute plus tard, Lupin, Rogue et Dumbledore entraient à leur tour, baguette à la main et l'air prêt à se battre. Le directeur avait une robe de chambre jaune canari passée à la va-vite sur des robes de nuit vert pomme à pois bleus, et l'ensemble hideux fit grimacer Harry. Certaines choses étaient immuables à Poudlard, et le mauvais goût vestimentaire de Dumbledore en faisait définitivement partie.

- Minerva, que se passe-t-il ici ? demanda Albus.

- Black est parvenu à entrer dans les dortoirs de Griffondor et a attaqué les rideaux du lit de Weasley, répondit-elle.

- Et comment Black aurait-il fait pour passer le tableau qui garde cette tour ? ironisa Rogue. Weasley a de toute évidence fait un cauchemar.

Ignorant la réaction outrée de son élève, McGonagall répondit d'une voix froide en fixant ses élèves du regard, la désapprobation claire dans sa voix et ses yeux.

- Il semblerait que Black soit tombé sur une liste qui contenait tous les mots de passe de la semaine. L'un ou l'une d'entre vous aurait-il une explication à cela ?

Lavande Brown émit un glapissement qui se transforma en sanglots, et s'effondra sous le regard intransigeant de sa directrice de maison.

- Je suis désolée ! Il y en avait trop, c'était trop compliqué de tout retenir !

- Miss Brown, déclara Rogue avec mépris, vous venez de gagner un mois de retenue pour mise en danger d'autres élèves par votre stupidité. Et cinquante points de moins pour Griffondor.

- Mais professeur ! cria-t-elle. Je n'ai pas fait exprès de la perdre !

Vu la façon dont les enseignants la regardèrent, il était clair qu'aucun d'entre eux n'allait être plus clément avec ce genre d'arguments. Dumbledore prit finalement la parole afin de désamorcer la situation de crise et la panique qui s'instaurait.

- Allons, que tout le monde garde son calme. Tous les élèves vont retourner dans leurs dortoirs, sauf vous cinq. Severus, Remus et moi allons examiner votre chambre pendant que Minerva assurera votre sécurité dans la salle commune. Et pour plus de sécurité, nous allons réveiller les autres professeurs pour fouiller le château.

À la fin de son petit discours, tous les Griffondors semblèrent un peu plus apaisés et retournèrent se coucher sans trop protester. Hermione fut la dernière à rejoindre sa chambre, après s'être assurée que ses amis allaient bien et n'avaient pas besoin d'elle. Minerva invoqua une fois de plus son patronus, et l'envoya prévenir les autres professeurs avec un résumé de la situation.

Elle se tourna ensuite vers ses élèves, et nota avec une pointe de curiosité la façon dont ils se tenaient. Même s'ils étaient tous assis autour de Weasley, les trois autres semblaient davantage graviter autour de Potter. Que ce soit Londubat, Finnegan ou Thomas, ils jetaient tous de fréquents coups d'oeil au garçon à la cicatrice. Selon toute probabilité, ils adaptaient leur attitude en fonction de la sienne et suivaient ses directives. L'enseignante se demanda un instant à quel point son célèbre élève avait conscience de l'influence qu'il avait sur ses pairs. Puis elle reprit son rôle de directrice de maison, et alla vérifier comment allait Weasley.

-o-oOo-o-

Sans surprise, aucune preuve d'utilisation de magie ne fut trouvée dans la chambre des garçons, et aucun professeur ne trouva la moindre trace de Black dans toute l'école.

L'information circula comme une trainée de poudre le lendemain matin durant le petit-déjeuner, et l'ensemble des élèves fut un peu plus à cran qu'à l'accoutumée. Apprendre que Black s'était de nouveau manifesté après plusieurs mois d'absence n'était pas un bon signe. Apprendre que Black était parvenu à s'introduire jusque dans la chambre où dormait Harry Potter, même s'il n'avait pas été attaqué, était un très mauvais signe.

Toutefois, et à la surprise de tous, le principal intéressé avait l'air complètement indifférent à la gravité de la situation. Lorsqu'il fut interrogé par un groupe de première années, il répondit avec un haussement d'épaules que s'inquiéter ne lui servirait absolument à rien et qu'il préférait utiliser son énergie et son temps pour autre chose. Harry fut complètement aveugle aux étoiles d'admiration qui brillaient dans les yeux de ses interlocuteurs à sa réponse.

Le Golden Boy avait de bonnes raisons de ne pas s'inquiéter pour Black, mais surtout, il avait une autre très bonne - et bien plus sérieuse - raison d'être inquiet. Dans deux semaines, il arriverait à une des dates de l'année qu'il redoutait le plus. Dans une petite quinzaine de jours, la Saint-Valentin serait là.

Et au vu des regards machiavéliques que lui lançaient Fred et George, Harry avait l'intuition qu'il allait beaucoup moins l'apprécier que l'année précédente.