N/A : De retour en un seul morceau, ladies and gentlemen ! J'espère que vous avez tous et toutes profité de votre été, et bonne rentrée scolaire à toutes les personnes concernées !
N/A 2 : la référence du dernier chapitre était "une confrérie burlesque de demeurés radoteurs" qui est une réplique de La Planète Au Trésor, un excellent Disney que je recommande chaudement !
Réponse à Etourneau : Heureuse de savoir que le chapitre a égayé ta journée ;) Pour ma part j'apprécie toujours autant tes compliments, mais je me sens obligée de signaler que les zigotos susmentionnés ont encore du chemin à parcourir... Et merci pour le fou rire que ton excuse de retard ferroviaire m'a valu XD
Résumé du chapitre précédent :
Blaise, Daphné et Théo en viennent aux même conclusions que Hermione et Neville concernant les yeux roses de Harry, mais seul Blaise y croit réellement. Hagrid reçoit la lettre qui annonce la condamnation à mort de Buck, Draco fait une remarque déplaisante, et Hermione retient Harry avant de balancer une beigne sur le Serpentard. Blaise retrouve Harry discrètement après la scène et lui transmet une lettre de la part de Lucius, dans laquelle Lord Malfoy annonce qu'il épargnera Buck si personne d'autre n'apprend la vérité. Le premier avril arrive, Fred et George sont à fond mais épargnent Harry car il a négocié son immunité (comme un pro). Draco s'en prend au quatre Griffondors pendant le cours de Potions, et Harry s'énerve en voyant la cruauté de la "blague" destinée à Hermione.
La porte de la salle de Potions se referma dans un bruit sec, et Draco sentit la tension dans ses épaules se relâcher, sans disparaître entièrement. Il aurait préféré que Potter s'énerve, hurle ou tente de lui jeter un sort. Proférer une menace d'une voix froide et calme ne correspondait pas au tempérament explosif des Griffondors, ce qui rendait la chose bien plus inquiétante. Pas assez pour faire perdre sa contenance au Prince de Glace de Serpentard devant les autres élèves de leurs maisons, mais assez pour le rendre nerveux.
- Il me semble que vous avez tous une potion à faire, rappela Rogue d'une voix tranchante. À moins que vous pensiez que ce contretemps vous dispense de mon cours ?
L'avertissement sous-jacent eut le mérite de rappeler à toute la classe qu'ils étaient en pleine leçon.
Draco et Blaise, qui étaient partenaires pour cette session, se mirent au travail avec leur efficacité habituelle. Les potions étaient réellement la matière préférée du blond, et constituaient la vraie raison pour laquelle il était l'élève préféré du professeur. Draco était doué dans cette matière, et il le savait aussi bien que son parrain.
Derrière eux, Pansy et Daphné étaient également partenaires, et en profitèrent pour analyser la scène qui avait eu lieu en chuchotant.
- Potter ne va pas en rester là, commenta Daphné. Je te parie qu'il va riposter avant la fin de la journée.
- Ça me parait évident, répliqua Pansy. Tu as vu la réaction de Granger ? Elle s'est pratiquement effondrée avant de quitter la classe, et Granger ne part jamais d'un cours autrement que sur un brancard. Et encore.
Daphné hocha la tête pour marquer son accord avec le raisonnement. S'il n'y avait eu que Londubat, Weasley et Potter, le Golden Boy aurait été agacé, mais sans plus. Avec sa meilleure amie blessée et humiliée, Potter allait à coup sûr en faire une affaire personnelle. Daphné prit le temps de se remémorer l'air décidé du Griffondor, et prit d'un coup un air rêveur.
- N'empêche, qui aurait cru que les cheveux longs lui iraient si bien ?
- À Potter ? demanda Pansy.
- Oui. Franchement, ajouta la blonde d'un air entendu, ce petit effet de mouvement, et ces longues mèches noires jusqu'à la taille...
Pansy pencha légèrement la tête sur le côté, et visualisa un instant la scène où le Griffondor s'était arrêté devant Draco. Un sourire malicieux se dessina sur ses lèvres, et d'un mouvement de menton, elle indiqua le blond juste devant elle avant de faire un clin d'oeil à son amie. Le Prince de Glace venait de se raidir, signe qu'il était plus attentif à leur conversation que ce qu'il prétendait.
- J'imagine que tu n'as pas tort, reconnut Pansy. D'ailleurs, avec les yeux émeraudes qu'il a et l'assurance qu'il dégageait, on aurait presque dit un Elfe Noir.
- Mais oui ! s'exclama doucement Daphné en rentrant aussitôt dans son jeu. Je me demande s'il n'en a pas un parmi ses ancêtres. Il a la même prestance et la puissance, en tout cas.
- Doucement Daphné, ou on va croire que tu es intéressée par un Griffondor.
Les deux sorcières se mordaient les lèvres pour s'empêcher de rire, et ne loupaient aucune des réactions des deux sorciers devant elles. Les deux amies connaissaient suffisamment bien leurs camarades de maison pour savoir que Draco était en train de bouillir et que Blaise tentait de retenir un fou rire. Daphné poussa un soupir énamouré parfaitement maîtrisé, et baissa la voix pour imiter un ton de confidence, tout en restant assez fort pour être entendu par les garçons.
- Pour être honnête avec toi, ça ne me dérange pas d'admettre que Potter est craquant.
Devant elles, Draco se figea totalement et les deux amies échangèrent un regard de triomphe ou dansait une hilarité à peine retenue. La cerise sur le gâteau était que tant qu'ils seraient tous en cours, Draco ne pourrait absolument rien faire. Une fois sorties, elles n'auraient qu'à prétendre n'avoir pas réalisé qu'elles parlaient assez fort pour être entendues. Lorsque l'héritier Malfoy recommença à bouger, Pansy ne put s'empêcher de pouffer devant la raideur de ses mouvements. Heureusement pour leur plan, sa réaction pouvait être interprétée d'une tout autre manière.
- J'imagine qu'il faut toujours une exception pour confirmer la règle, déclara Pansy d'une voix songeuse. Et je dois bien admettre que s'il y a un Griffondor qui remonte le niveau de tout le reste de leur stupide maison, c'est Potter.
- Si sa mère n'était pas Né-moldue, il ferait même un parti plus que convenable, soupira Daphné.
Au rang devant le leur, Blaise eut soudainement une fausse quinte de toux assez bruyante, qu'il cacha dans son poing avant de s'éloigner pour ne pas perturber le philtre qu'ils étaient en train de préparer. En son for intérieur, il songeait que si Pansy et Daphné continuaient de la sorte, leur petite pièce de théâtre combinée à la tête que tirait Draco allait provoquer son fou rire et le faire tuer avant la fin du cours.
L'allure impassible de Draco était démentie par une foule de détails qui ne pouvaient pas échapper à quelqu'un qui le connaissait depuis l'enfance. Et à cet instant précis, le Prince de Glace était sur le point d'exploser en étant forcé d'écouter les commentaires admiratifs et faussement énamourés de Pansy et Daphné. Le fait qu'elles soient en train d'exprimer exactement ce qu'il ressentait sans oser l'admettre devait être en train de le rendre fou.
Blaise parvint à retrouver son calme juste avant que Finnegan et Thomas reviennent, apportant avec eux avec une liasse de mots d'excuses et d'absences signés par Pomfrey. Rogue leur accorda à peine un regard et leur fit signe de se mettre au travail.
- Mais professeur, on n'aura jamais le temps d-
- J'ai dit au travail, Finnegan.
L'irlandais retourna s'installer à sa place, rejoint presque aussitôt par son meilleur ami. Les deux parurent abandonner très vite l'idée de réussir le philtre de Confusion demandé. À la place, ils semblaient décidés à passer le temps en discutant et en faisant à peu près n'importe quoi jusqu'à ce que Finnegan fasse exploser leur chaudron.
- N'empêche, ça lui va bien les cheveux longs à Harry, non ? lança l'irlandais.
Au même instant, Blaise, Pansy et Daphné se mirent à simuler une crise de toux pour étouffer leur fou rire, et Draco leur lança un regard meurtrier. Les deux Griffondors dévisagèrent les Serpentards comme s'ils étaient devenus fous, puis haussèrent les épaules et retournèrent à leur chaudron et leur discussion.
-o-oOo-o-
Après avoir claqué la porte de la salle de Potions, Harry ignora royalement les quelques élèves qui le fixèrent d'un air éberlué dans les couloirs et rattrapa Neville, Dean et Seamus sur le chemin de l'infirmerie. Une fois sur place, Pomfrey soupira en les voyant arriver. Une dizaine d'autres élèves victimes de farces étaient déjà sur les lits pour retrouver leur apparence ou attendre que les effets passent. Fred et George avaient beau être les champions toutes catégories des farces en tout genre, ça n'empêchait pas d'autres élèves de profiter du jour des fous.
- On a mangé les mêmes bonbons qu'Hermione et Ron, expliqua brièvement Harry. Neville a les jambes collées et mes cheveux sont... vous voyez.
- En effet Potter, je vois, soupira Pomfrey. Bon, puisque votre cas est visiblement le moins urgent du lot, allez vous installer à côté de vos amis pendant que je m'occupe d'eux.
La Guérisseuse fit léviter Neville pour le placer sur le lit à côté de celui d'Hermione, et le garçon à la cicatrice se plaça entre ses deux amis.
Elle prépara une volée de mots pour justifier leurs absences auprès de Rogue, et se tourna vers ses nouveaux patients. Son regard s'arrêta sur Granger, qui avait toujours les yeux rouges mais semblait aller un tout petit peu mieux depuis que Potter était là et la rassurait gentiment. À voir la façon dont il se comportait, l'infirmière pouvait prédire une belle carrière de Guérisseur au héros de Griffondor s'il s'investissait assez dans ses études. Elle songea quelques instants à encourager le jeune sorcier à prendre l'option lorsqu'il entrerait en sixième année.
La Guérisseuse sortit de ses pensées pour redevenir professionnelle, et s'approcha de sa patiente.
- Ne vous en faites pas, Miss Granger, fit-elle doucement. Ce qui vous est arrivé est facilement annulable, il me faut juste la taille normale de vos dents pour que je vous donne la bonne dose.
Harry entendit sa meilleure amie donner une réponse d'une toute petite voix, et ne marqua pas la moindre surprise en constatant qu'elle en profitait pour les raccourcir un tout petit peu. Juste assez pour correspondre à une longueur "normale". Le garçon à la cicatrice avait assez de tact pour ne pas faire la moindre remarque à ce sujet, Neville également, et Ron était – heureusement – toujours muet. Pomfrey demanda à Hermione d'ouvrir la bouche, et versa un nombre précis de gouttes jaunes pâles à l'aide d'une pipette.
Au bout de quelques secondes, les dents commencèrent à se résorber, et l'infirmière sourit avant de se tourner vers Neville.
- Les jambes collées l'une à l'autre, c'est cela ? Bien, ceci devrait faire l'affaire.
Elle lança un sort et demanda au brun d'essayer de les bouger séparément. Celui-ci y parvint, d'abord avec quelques difficultés, puis plus naturellement.
- Merci madame Pomfrey, fit Neville avec un regard reconnaissant.
L'infirmière n'eut pas le temps de répondre qu'Hermione la remerciait également, ses dents revenues à une taille conventionnelle. Pomfrey leur fit un signe de tête à chacun, et s'approcha de Ron. En face de lui, elle fronça les sourcils, et lança un sort de diagnostic qui entoura sa gorge d'une lumière bleue. Lorsqu'un parchemin apparut pour indiquer le résultat, la Guérisseuse haussa les sourcils.
- J'ignore qui vous a fait avaler cette potion, déclara-t-elle, mais il voulait vraiment vous empêcher de parler. Même si je force la réouverture de votre bouche, l'utilisation de votre voix pourrait causer des dommages permanents à vos cordes vocales. Vous allez rester ici en attendant que les effets disparaissent, ça ne devrait pas durer plus de quelques heures.
En voyant le sorcier roux s'agiter et avoir l'air inquiet sur son lit, l'infirmière leva les yeux au ciel et répondit à la question qu'elle devinait.
- Oui, vous allez devoir sauter le repas de ce midi, Weasley. Je vous promets que ça ne va pas vous tuer, alors ne prenez pas cet air de condamné à mort.
Harry dut se tourner vers Hermione et Neville pour s'empêcher d'afficher un air mi-moqueur, mi-exaspéré, et constata que les deux autres regardaient déjà ailleurs et se mordaient la lèvre pour retenir un sourire.
- Potter, à nous deux.
- Oui madame Pomfrey ?
Avant que l'infirmière puisse répondre, Colin Crivey entra dans l'infirmerie et poussa une exclamation de surprise extatique en voyant le héros de Griffondor.
- HARRY ! Tu as l'air génial comme ça ! Je peux te prendre en photo ? S'il te plait, ce serait incroyable ! Oh par Merlin, est-ce que tes cheveux bougent tout seuls ?
Il enchaina les questions à une telle rapidité que Harry n'eut pas le temps de répondre à une seule, et se contenta de rire devant son enthousiasme débordant. En revanche, Pomfrey avait l'air très contrariée par l'apparition du jeune Griffondor.
- Monsieur Crivey, combien de fois aujourd'hui vous ai-je dit que vous n'étiez pas autorisé à entrer dans l'infirmerie sans un motif médical valable ?
- Mais madame Pomfrey, plaida-t-il, je fais un reportage sur le premier avril.
La Guérisseuse inspira profondément, et sembla invoquer toute la patience du monde en plus de l'oxygène. Elle n'eut cependant pas le loisir de répondre, car deux Serdaigles de sixième année entrèrent en même temps, collés l'un à l'autre au niveau de l'épaule, du coude et du poignet.
- Madame Pomfrey, occupez-vous d'eux en priorité, suggéra Harry. Ils ont plus besoin de votre aide que moi.
La Guérisseuse lui jeta un regard suspicieux, mais dut reconnaitre que le Griffondor avait raison et dirigea ses nouveaux patients vers un lit pour les faire s'asseoir et les décrocher. Pendant ce temps-là, Harry se tourna vers Colin et lui fit un gentil sourire.
- Comment tu vas, Colin ?
- Super bien ! fit-il d'une voix ravie. Harry c'est génial ce que Fred et George ont fait, j'ai plein de super photos souvenirs !
- Tu te souviens de ne pas les prendre, ou au minimum de ne pas les divulguer sans l'accord explicite de la personne qui est dessus ?
Le deuxième année hocha vivement la tête pour indiquer qu'il se souvenait de la leçon apprise l'année précédente. Il leva toutefois son appareil photo et regarda son idole d'un air suppliant.
- Est-ce que je peux te prendre en photo ? S'il te plait Harry, tu es trop classe comme ça, on dirait un Elfe Noir !
Le Griffondor cligna des yeux, perplexe face à la comparaison, mais Hermione vola à son secours moins de trois secondes plus tard.
- Les Elfes sont une espèce différente des sorciers, ils vivent en clans dans des endroits protégés par des barrières magiques et pratiquement inaccessibles, expliqua-t-elle. Ils se divisent en deux races majeures, les Haut-Elfes et les Elfes Noirs. Ils sont souvent puissants et toujours très respectés, même s'ils ne s'aventurent presque jamais en dehors de leurs territoires.
- Et les Elfes Noirs sont principalement appelés comme ça à cause de la couleur de leur cheveux, ajouta Neville. À l'époque où ils sortaient encore dans le monde magique, toutes les grandes familles de sorciers étaient prêtes à se damner pour qu'un de leurs membres épouse un Elfe.
Harry les regarda d'un air incrédule. Du peu qu'il en savait grâce au folklore moldu, les Elfes étaient censés être des créatures belles, élégantes, gracieuses, et tout un tas d'autres adjectifs qui ne s'appliquaient pas du tout à lui. Mais Colin le regardait avec tellement d'espoir qu'il ne se sentit pas le coeur de lui dire non.
- Je ne vois pas vraiment en quoi la longueur de mes cheveux suffit à me faire ressembler à un Elfe Noir, fit Harry en haussant les épaules. Mais si ça te fait plaisir, je veux bien te laisser prendre une ou deux photos.
Colin poussa un cri de joie et se mit à bondir partout afin de trouver le meilleur endroit pour prendre le plus beau cliché possible. Finalement, il traina Harry jusqu'à une fenêtre.
- Est-ce que tu peux juste croiser les bras et regarder à l'extérieur avant de tourner la tête vers la caméra ? demanda-t-il avec des étoiles dans les yeux.
Le héros de Griffondor soupira, mais s'exécuta de bonne grâce. Colin avait l'air trop heureux, et Harry devait admettre que le jeune photographe s'était nettement calmé depuis l'année précédente.
Il laissa Colin prendre deux autres photos dans des poses différentes, puis lui signala que Pomfrey avait fini de s'occuper des Serdaigles et qu'il ferait mieux de partir avant qu'elle s'énerve. Le plus jeune pouffa de rire avant de remercier Harry et de sortir joyeusement.
- Vous avez enfin fini de jouer les top-models, Potter ? se moqua l'infirmière.
Harry rougit d'embarras et détourna le regard en marmonnant des excuses, loupant ainsi le regard affectueux de la Guérisseuse. Il retourna près du lit de Ron, autour duquel étaient toujours installés Neville et Hermione.
- Alors, concernant vos cheveux... on dirait que c'est un mélange de deux potions qui leur a donné cette longueur et cet effet de mouvement permanent.
Pomfrey lança un sort de diagnostic, et fit une petite grimace exaspérée.
- Les dosages n'ont pas été parfaitement respectés, fit-elle d'une voix agacée. Dans l'état actuel des choses, toute tentative de correction pourrait résulter en une perte totale des cheveux.
Harry se sentit blêmir. Il était hors de question qu'il se retrouve sans ses cheveux, peu importe pour combien de temps.
- Toutefois, reprit l'infirmière, aucune des deux potions n'est censée agir plus de quelques heures. Dans la mesure où leur effet est inoffensif, je suggère qu'à l'instar de votre ami, vous attendiez que les effets se dissipent d'eux-mêmes.
- Ça me va très bien, madame Pomfrey, se hâta-t-il de répondre.
- Dans ce cas, installez-vous, je vais vous garder en observation au cas où la situation dégénèrerait.
Le Golden Boy hocha la tête et lui adressa son plus beau sourire innocent avant de s'installer sur un lit. Hermione, Ron et Neville lui lancèrent un regard dubitatif, auxquels il répondit par un clin d'oeil.
Dès que l'infirmière eut le dos tourné, les quatre Griffondors s'éclipsèrent de l'infirmerie. Cependant, Ron trébucha et se fit rattraper, puis attacher au lit par un sortilège pour le forcer à rester allongé.
Une fois dehors, les trois Griffondors grimacèrent en songeant au sort qui attendait le roux, mais aucun ne fit mine de vouloir retourner le chercher à l'intérieur de l'infirmerie. Affronter Voldemort était une chose, affronter le dragon de l'infirmerie après s'être échappé de son domaine en était une autre.
- Trouvez Fred et George, indiqua Harry, racontez-leur ce qui s'est passé et dites-leur de ma part qu'ils ont carte blanche pour la journée en ce qui concerne mon cher rival.
Hermione et Neville échangèrent un regard surpris, mais hochèrent la tête d'un air déterminé.
- Et toi, qu'est-ce que tu vas faire ? demanda la sorcière.
- Moi, je vais aller voir Myrtille, répondit Harry avec un sourire machiavélique.
Les deux Griffondors hochèrent la tête et se mirent en quête des jumeaux sans plus attendre. Lorsqu'ils furent certains que le héros de Griffondor ne pouvait plus les entendre, ils se tournèrent l'un vers l'autre.
- J'ai l'impression qu'Harry est vraiment énervé.
- Je crois aussi.
Neville eut un petit sourire amusé en anticipant la suite de la journée.
- Malfoy va vivre un enfer pendant les prochaines heures.
- Ce n'est pas moi qui vais le plaindre, maugréa Hermione.
Avec un dernier regard complice, les deux amis se dirigèrent vers leur salle commune en espérant y trouver les frères de Ron.
De son côté, le Golden Boy marcha rapidement vers les toilettes pour filles de Mimi Geignarde, et y entra sans hésiter. Il se doutait qu'elles seraient désertes et qu'aucun piège n'y serait posé.
- Myrtille ? appela-t-il.
Moins d'une minute plus tard, le fantôme sortait d'une canalisation et accueillait le Griffondor avec un grand sourire.
- Harry ! Oh, j'adore ta nouvelle coupe de cheveux !
- Merci, c'est une blague qui n'a pas tourné comme le responsable l'espérait.
- Quelqu'un a voulu te faire une farce ?
Myrtille avait aussitôt froncé les sourcils, agacée à l'idée que quelqu'un s'en soit pris à un de ses rares amis.
- Oui, confirma Harry. Il s'en est aussi pris à Neville en lui collant les jambes, et à Hermione en allongeant ses dents, ce qui l'a fait pleurer.
Myrtille eut une exclamation outrée. Hermione lui avait confié son complexe pour l'aider à aller mieux quand le fantôme lui avait raconté que les gens se moquaient de ses lunettes. Elle se rapprocha d'Harry et le regarda droit dans les yeux, l'air déterminé à faire payer le coupable.
- Qui a fait ça !? tonna-t-elle.
- Draco Malfoy.
- Malfoy ? Ce Serpentard blond et prétentieux qui prend tout le monde de haut sous prétexte qu'il vient d'une bonne famille ?
- C'est probablement la meilleure description de lui que j'ai pu entendre jusqu'à maintenant, sourit le Griffondor.
Myrtille pouffa un instant, puis redevint sérieuse et eut un sourire sadique en voyant l'expression du garçon à la cicatrice.
- Je suppose que tu me dis ça pour que j'aille le punir ?
- Disons que l'idée m'a effleuré l'esprit, concéda Harry avec un clin d'oeil. Rien de trop méchant bien sûr, mais puisqu'il va bien devoir aller aux toilettes ou prendre une douche à un moment de la journée...
Le sourire du fantôme s'élargit un peu plus, et se teinta d'amusement en comprenant le sous-entendu.
- Je vais me faire un plaisir de l'effrayer, gloussa-t-elle. C'est gentil de ta part de me prévenir.
- Je m'en serais voulu de te priver d'une telle possibilité pour le premier avril, répliqua le brun. Tu as le droit de t'amuser autant que nous, et puis il y a des choses que tu es la seule à pouvoir réussir.
Les joues de Myrtille se grisèrent un peu plus, et elle pouffa avant de le traiter de flatteur. Puis elle repartit dans la tuyauterie avec la ferme intention de faire regretter au Serpentard de s'en être pris à ses amis.
-o-oOo-o-
Au repas de midi, Harry observa Malfoy avoir la désagréable surprise de voir ses vêtements se transformer pour prendre les couleurs de Griffondor, et rester incapable de leur rendre leur aspect normal. En quittant la salle, le blond remarqua qu'il semait derrière lui des confettis en forme de tête de lion à chaque pas qu'il faisait. Il lança un regard furieux à son rival, et Harry se contenta de lever son verre dans sa direction pour le saluer avec un grand sourire.
Après une rapide discussion, les trois Griffondors décidèrent de passer l'après-midi dans la Grande Salle, où tout le monde pourrait les voir. Ils se forgeraient ainsi un alibi parfait et personne ne pourrait les accuser de quoi que ce soit qui arriverait au Prince de Glace.
Assez tôt dans l'après-midi, un petit groupe de Serdaigles, parmi lesquels Cho, s'approcha des trois amis.
- Salut Harry, fit l'Attrapeuse. Ça vous dérange si on se pose à côté de vous pour travailler ?
Le Golden Boy consulta rapidement ses amis du regard, et répondit avec un sourire.
- Pas de problème. Qu'est-ce qui t'est arrivé, au fait ?
- Oh, ça, répondit Cho d'un air gêné.
Neuf queues de renard blanches dépassaient de son uniforme, et deux petites oreilles blanches et rouges du même animal sortaient de ses cheveux noirs.
- Une des blagues des jumeaux, je crois, mais madame Pomfrey dit que ça disparaitra tout seul. Je suis censée ressembler à un kitsune.
- C'est plutôt joli, sourit-il.
Les joues de la Serdaigle rosirent légèrement pendant qu'elle s'installait en face de lui, et elle lui retourna le compliment en sortant ses affaires.
- Ta créature est très élégante. Un Elfe Noir, c'est ça ?
- Juste Malfoy qui n'a pas complètement réussi son mélange de potions, fit Harry en grimaçant.
- Oh, désolée, s'excusa-t-elle. En tout cas, ça te va bien.
- Merci, sourit-il d'un air gêné.
Hermione et Neville lui donnèrent chacun et sans se concerter un léger coup de coude dans les côtes, et il les fusilla discrètement du regard en retenant un grognement.
Au final, ils passèrent un bon moment. Les autres Serdaigles étaient calmes, et effectivement plus intéressés par leurs devoirs que par l'assommer de questions. Hermione et Neville remarquèrent les regards intéressés que les amis de Cho posaient sur leur ami, mais celui-ci ne s'en rendit absolument pas compte.
Quand l'heure du diner finit par approcher, ils se levèrent tous pour aller déposer leurs affaires dans leurs dortoirs avant de revenir manger. Pendant qu'ils se dirigeaient tranquillement vers la sortie de la Grande Salle, quelques Poufsouffles et d'autres Griffondors s'approchèrent pour observer Harry et le complimenter sur sa nouvelle apparence. Le Golden Boy les remercia d'un air gêné, mal à l'aise de la soudaine attention qu'une simple coupe de cheveux lui apportait.
Il venait juste de franchir les portes de la Grande Salle et s'apprêtait à prendre le chemin de sa salle commune lorsque son nom retentit depuis un couloir.
- POTTER !
Retenant de justesse un sourire machiavélique pour composer un visage innocent, Harry se retourna afin de faire face à son rival. Le Serpentard avait l'air hors de lui, mais son aura menaçante était sérieusement amoindrie par son uniforme aux couleurs de Griffondor et les petites paillettes à têtes de lion qu'il semait sur son chemin.
- Malfoy, s'enquit poliment Harry, tout va bien ?
- Je sais que c'est toi qui est derrière tout ça !
- Derrière quoi, Malfoy ? demanda-t-il d'un ton suave. Je n'ai pas bougé de la Grande Salle.
Au moment où le Serpentard allait répliquer, il prit conscience de la petite foule qui s'était attroupée autour de la mascotte de Griffondor et son regard se posa sur Cho, qui était la plus proche d'Harry. Celle-ci serra son sac contre elle, mais s'exprima d'une voix claire.
- C'est vrai, on a révisé avec eux tout l'après-midi.
Derrière elle, ses neufs queues s'agitèrent nerveusement et tous ceux qui pouvaient les voir eurent des exclamations attendries. En constatant que les Serdaigles hochaient tous la tête pour confirmer les dires de l'Attrapeuse, Malfoy serra les dents.
- Peu importe où tu étais, siffla-t-il, je sais que c'est toi le responsable.
- Le responsable de quoi exactement ?
Harry avait penché sa tête sur le côté, image même de la curiosité perplexe, mais son allure innocente était démentie par l'étincelle malicieuse qui brillait dans ses yeux. En parallèle, ses cheveux trop longs continuaient à se balancer doucement derrière lui et sur les côtés pour accentuer leur mouvement naturel.
- Un fantôme qui surgit à chaque fois que je vais aux toilettes, énuméra finalement Malfoy, mes cours qui se transforment en créatures volantes et s'enfuient, les illusions d'animaux qui me foncent dessus dans les couloirs, et les armures qui me poursuivent en hurlant des ballades du seizième siècle !
Harry resta impassible pendant la majeure partie de sa tirade, sans le quitter des yeux pour autant. Lorsqu'il eut fini, le Golden Boy sourit de manière extrêmement satisfaite et s'approcha de son rival, sans prêter attention aux autres Serpentards ou au reste de l'attroupement qui s'était formé. Lorsqu'il fut à moins d'un mètre du blond, il attrapa au vol une des petites têtes de lion et la regarda intensément.
- Et bien, on dirait que certaines personnes savent faire des blagues plus évoluées que de basses attaques sur le physique, déclara-t-il d'une voix neutre.
Sa réplique figea le Serpentard, et une série d'exclamations stupéfaites retentit autour d'eux. Le brun en profita pour faire un pas supplémentaire et pencher brièvement sa tête au-dessus de l'épaule de Malfoy, afin de lui glisser une phrase à l'oreille.
- Je t'avais dit que tu n'aurais dû t'en prendre qu'à moi, murmura-t-il.
Après ça, il s'écarta de nouveau, et laissa un sourire fugace véhiculer toute la satisfaction revancharde qu'il éprouvait. L'expression ne dura qu'une seconde, et il retrouva une attitude charmante avant de se retourner vers ses amis et le reste des élèves.
- Potter ! s'exclama le blond. Je n'en ai pas terminé avec toi !
- Malfoy, crois-moi, soupira Harry sans se retourner, je suis au courant que tu n'en as pas terminé avec moi depuis le premier jour qu'on a passé à Poudlard.
Et le héros de Griffondor disparut dans les escaliers, le reste de sa maison à sa suite. Derrière eux, presque tous les élèves observèrent Harry avec un regard admiratif... voire subjugué dans certains cas. Furieux, Draco prit la direction des donjons, suivi par son propre groupe, en écartant sans ménagement tous les idiots sur son chemin.
Blaise réussit à retenir sa curiosité jusqu'à ce qu'ils soient dans leur salle commune, mais pas davantage.
- Qu'est-ce que Potter avait à te dire de si secret ?
- Après avoir eu le culot de jouer les innocents devant tout le monde, gronda Draco, cet imbécile a avoué qu'il était le responsable sans que personne ne l'entende !
- Vraiment ? s'étonna Daphné.
Le blond grommela quelques instants en essayant pour la vingtième fois de se débarrasser de l'immonde couleur de son uniforme. Lorsqu'il échoua de nouveau, provoquant une pluie de confettis autour de lui, il s'affala sur son fauteuil préféré en laissant Crabbe et Goyle se charger de ranger ses affaires.
- Saint Potter, en bon martyr qu'il est, m'a dit que je n'aurais dû m'en prendre qu'à lui.
Théo eut l'air surpris, et jeta un coup d'oeil aux autres avant de formuler leur pensée commune à voix haute.
- Il t'a répété ce qu'il t'a dit ce matin avant de partir de Potions ?
Le regard noir que le Prince de Glace lui envoya fut une réponse suffisante, et il n'insista pas.
- C'était à prévoir, admit Blaise en haussant les épaules. Potter se fiche de ce qui lui arrive, mais il ne supporte pas qu'on s'en prenne à ses amis. Encore qu'il n'avait pas l'air trop dérangé par ce que tu as fait à Weasley, ricana-t-il.
- En même temps, remarqua Pansy d'un air dédaigneux, ça a dû lui faire des vacances à lui aussi. C'était vraiment une excellente idée, Draky-chou.
- Parkinson, arrête avec ce surnom.
La brune eut une petite moue boudeuse, mais n'insista pas. Lorsqu'ils eurent tous déposé leurs affaires, ils retournèrent vers la Grande Salle pour le diner.
- J'ai vraiment l'impression que Potter a eu un succès fou avec sa nouvelle coupe de cheveux, remarqua innocemment Daphné pendant qu'ils marchaient. Vous avez vu comment les autres le regardaient ?
- Tu devrais proposer la recette de ton mélange à une marque de cosmétiques, Draco, suggéra Théo. La Serdaigle avec les queues de renard avait l'air très intéressée par la chevelure de Potter.
- J'aurais plutôt dit ses fesses que sa chevelure, plaisanta Blaise, mais j'imagine qu'elle a pu admirer les deux. Dommage que les uniformes soient trop amples pour permettre de voir grand-chose.
Il se prit un bel ensemble de regards désapprobateurs, qui eurent pour seul effet de le faire rire.
- Dommage que Potter soit du genre aveugle, surtout, intervint Pansy. Il n'a clairement pas conscience de tous les idiots qui soupirent bêtement en le voyant passer.
Ils continuèrent sur le même thème jusqu'à arriver à la table de Serpentard, où Draco leur fit comprendre sèchement qu'ils feraient mieux de trouver un autre sujet de conversation.
Le problème qui se posa rapidement fut que toutes les discussions parmi les élèves tournaient autour de deux thèmes ce soir-là. Les différentes blagues des jumeaux Weasley, et la nouvelle apparence de Potter, couplée à sa confrontation avec son rival.
Ce fut au moment du dessert que le héros de Griffondor retrouva sa coupe de cheveux habituelle, et en fut apparemment ravi et soulagé. Weasley était revenu pour le diner en ayant retrouvé l'usage de sa bouche, et il s'en servait pour s'empiffrer à n'en plus finir.
Les effets des blagues provoquées par les jumeaux Weasley disparurent durant le repas, et Draco soupira de soulagement en retrouvant une apparence normale. Il aurait probablement craqué s'il avait été obligé de conserver les couleurs des rouge et or plus longtemps. En dehors du fait qu'elles manquaient cruellement d'élégance, les tons trop vifs de sa maison rivale juraient avec son teint.
