A/N : It's Halloween month, baby ! Profitez donc d'un chapitre qui n'a rien à voir avec Halloween, à part peut-être l'apparition d'une personne supposément décédée...
Etourneau : Ravie de savoir que tu as aimé ce chapitre ^^ En effet, on ne provoque pas Harry sans en assumer les conséquences... Concernant l'héritage de Harry, je ne peux rien confirmer ou infirmer :p Par contre je confirme qu'il ne se rend absolument pas compte qu'il a au moins la moitié de l'école à ses pieds (ce qui rend la chose encore plus drôle). J'espère que tu profites de l'Irlande, et que ce chapitre te plaira aussi ^^
Résumé du dernier chapitre :
Après le départ de Harry et ses amis pour l'infirmerie, Pansy et Daphné jouent un tour à Draco en complimentant son rival (Blaise manque de s'étouffer de rire mais survit au cours de Potions). Harry, Hermione et Neville parviennent à fuir l'infirmerie, mais Ron est rattrapé par Pomfrey. Les trois Griffondors libres lancent une contre-attaque avrilesque à l'aide de Fred, George et Myrtille, et se posent dans la Grande Salle pour se constituer un alibi. Leur plan est un succès, Draco est furieux mais sans preuve, et Harry en profite pour se moquer un peu... sans réaliser que la moitié de l'école se pâme devant sa nouvelle coupe de cheveux.
Plusieurs heures plus tard, lorsqu'il se glissa finalement dans son lit, Draco referma les rideaux et fut tenté de laisser échapper un cri de frustration.
Il avait réfléchi aux potions à utiliser pendant plusieurs jours, la plupart avaient fait exactement ce qu'elles étaient supposées faire, et tout s'était déroulé selon ses plans. Jusqu'à ce que Potter riposte comme un Serpentard.
Le Prince de Glace laissa échapper un long soupir, et s'allongea sous ses draps en essayant de trouver une position confortable dans laquelle il pourrait s'endormir. Ou du moins, dans laquelle il pourrait s'endormir si son cerveau voulait bien arrêter de tourner en boucle sur tout ce que Potter lui avait fait subir pendant la journée, sa nouvelle apparence, et leur altercation avant le diner.
Draco grinça des dents au souvenir. Potter n'avait absolument pas réagi comme il aurait dû le faire. En parfait Griffondor, Potter aurait dû s'énerver, essayer de l'attaquer pendant le cours et être sanctionné. Par conséquent, son rival avait encore décidé de ne pas réagir comme Draco l'avait anticipé. Le Golden Boy s'était forgé un alibi inattaquable, et avait envoyé d'autres personnes se charger de faire vivre un enfer à Draco tout au long de la journée. Et pendant ce temps-là, la moitié de l'école s'était pâmée devant la nouvelle apparence de la mascotte de Griffondor.
Comme s'ils n'avaient tous attendu que la nouvelle coupe de cheveux de Potter pour remarquer ses qualités physiques.
À la seconde où il acheva la pensée, Draco nia en bloc ce qu'elle sous-entendait. Potter n'avait même pas vraiment de qualité physique digne de ce nom, à part peut-être la couleur de ses yeux, ou son hâle naturel qu'il arrivait à conserver même en hiver. Soit, Potter était dans une forme convenable, mais Draco était bien placé pour savoir qu'il ne s'agissait que du résultat de l'entrainement nécessaire pour rester Attrapeur. Et puis de toute façon, le Griffondor avait un tel mauvais goût vestimentaire que même en ayant conscience de ses avantages physiques, il serait incapable de jamais les mettre en valeur.
Lorsqu'il réalisa qu'il était bel et bien en train de détailler le corps de son rival en réfléchissant aux couleurs qui lui iraient le mieux, Draco se gifla mentalement. Il était hors de question qu'il se laisse entrainer dans ce genre de réflexions. Les absurdités que Daphné et Pansy avaient proféré toute la journée étaient sans doute en train de lui monter à la tête.
Le Prince de Glace poussa un long soupir, et passa lentement sa main sur son visage. C'était à croire qu'il ne pourrait jamais avoir un moment de répit lorsque Potter était impliqué dans ses réflexions.
Un faible sifflement sur sa gauche l'intrigua et Draco releva la tête pour trouver un petit serpent sur ses draps. Draco aurait sans doute eu le réflexe de paniquer s'il n'avait pas appris à ne pas faire de mouvement brusque en face d'un reptile, et si celui-ci n'avait pas une lettre dans sa gueule.
- C'est pour moi ? demanda-t-il.
Le petit serpent hocha une fois la tête et laissa tomber le morceau de parchemin plié à côté de sa main, avant d'onduler hors de son lit. Tandis qu'il attrapait sa baguette, le Serpentard grimaça en réalisant qu'il s'agissait très probablement d'un message de Potter. Il n'y avait pas cinquante personnes dans Poudlard susceptibles d'utiliser ce genre de moyens pour transmettre un message. Si le Golden Boy lui demandait encore de le retrouver pour transmettre un message à son père, Draco sentait qu'il allait bel et bien se mettre à hurler.
De préférence sur Potter.
Avant de l'envoyer dire bonjour au calamar géant.
En s'exhortant au calme, le Prince de Glace lança un Lumos et déplia le parchemin pour commencer à lire les pattes de mouches de son rival.
Malfoy,
Je sais que cette journée a été longue pour toi aussi, et qu'une lettre de ma part est probablement la dernière chose que tu as envie de lire. Mais j'ai deux choses importantes à te dire.
La première, c'est que tes "blagues" envers mes amis n'avaient rien de drôle. Elles étaient cruelles et blessantes. Ce que Fred, George et Myrtille t'ont fait subir tout l'après-midi était peut-être difficile à vivre, mais aucune de leurs farces n'avait pour but de te faire souffrir ou de t'humilier. En tout cas pas plus qu'en te forçant à porter les couleurs de Griffondor.
Ce qui m'amène à la deuxième chose que j'ai à te dire. Je sais qu'après ce qui s'est passé aujourd'hui, tu vas vouloir te venger. Question d'orgueil, je suppose. Je te mets donc au défi de trouver des blagues ou des insultes aussi créatives et inoffensives que celles que tu as subies aujourd'hui. Tant que c'est moi seul qui en serai la cible, je ne riposterai pas.
De cette manière, tu auras ta vengeance, et mes amis ne seront pas blessés. Chacun de nous aura ce qu'il désire.
H.P.
PS : j'ai dit au serpent de ne pas attendre une réponse, mais au cas où, je te fais confiance pour trouver un moyen de me contacter.
Draco dut relire trois fois la lettre pour être sûr de bien comprendre ce que son rival lui proposait. À la fin de la troisième lecture, il commença à se demander si la fatigue ne lui jouait pas des tours. Harry Potter était-il réellement en train de lui donner carte blanche pour le piéger et l'insulter ? L'hypothèse n'avait aucun sens, et le Serpentard était perdu quant à la réaction qu'il était supposé avoir. Prêt à relever le défi ? Satisfait que Potter reconnaisse sa supériorité ? Indigné que Potter ait pitié de lui au point de lui proposer un tel compromis ?
À sa grande surprise, une autre émotion se fraya un chemin parmi la myriade qui se bousculait dans son esprit. Une légère sensation de honte pointa le bout de son nez en lui rappelant que oui, Draco avait effectivement choisi ses attaques pour blesser et humilier son rival et ses amis. Le blond écrasa impitoyablement l'émotion dès qu'il la reconnut, et se focalisa à la place sur le reste pour essayer de trouver une réponse digne de ce nom. Au final, sa compétitivité et son indignation prirent le dessus.
Au bout d'un long moment de réflexion, Draco décida de dormir et de prendre une décision définitive le lendemain. Ou plus tard. Après tout, Potter n'avait pas inclu de date d'expiration à sa proposition. Et ses réactions seraient d'autant plus satisfaisantes à observer s'il ne s'y attendait pas. Une ébauche de sourire effleura les lèvres du Prince de Glace de Serpentard, et il finit par s'endormir.
-o-oOo-o-
Durant les quelques semaines qui suivirent, le leader des Serpentards profita de l'offre de son rival pour mettre en pratique une partie des idées qu'il avait eu durant les deux dernières années. Le héros de Griffondor passa une journée dans un uniforme vert et argent, ce qui manqua de peu de faire s'évanouir Weasley. Une autre fois, il se retrouva à ne pouvoir parler qu'à l'envers pendant plusieurs heures.
Et à chaque fois, Potter se contenta d'une légère grimace avant de jeter un oeil vers son rival et de hocher la tête dans un mouvement bref, mais impossible à interpréter de travers. Apparemment, le Griffondor avait l'intention de tenir parole.
De son côté, Harry avait expliqué à Neville et Hermione, ainsi qu'à Fred et George, l'accord qu'il avait passé avec son rival. Contrairement à Ron, il leur faisait confiance pour être capables de voir la logique derrière son raisonnement, et l'expérience lui donna raison. Les jumeaux Weasley lui signalèrent néanmoins que sa décision n'allait pas les empêcher de continuer à faire des farces à tout le monde, Malfoy compris.
-o-oOo-o-
Au mois de mai, Harry commença à en avoir assez de se faire surprendre au moins une fois par semaine, et décida de prendre l'habitude de surveiller son rival avec la carte du Maraudeur après le couvre-feu. Malfoy semblait avoir décidé que les blagues les plus amusantes consistaient à piéger un endroit du château où Harry devrait passer le lendemain.
Le Golden Boy avait hésité un instant, puis avait souri de façon machiavélique en se rappelant qu'il avait promis de ne pas riposter. Sa promesse n'incluait pas le fait de s'engager à marcher dans tous les pièges la tête la première. Sans compter que surveiller Malfoy donnait à Harry l'occasion de se familiariser davantage avec la carte du Maraudeur. Jusqu'à présent, le Griffondor ne s'en était servi que pour pouvoir entrer et sortir de Poudlard et de la Chambre des Secrets sans se faire repérer, ou pour éviter Dumbledore.
Tranquillement installé dans son lit, Harry profita des rideaux pour lancer un Lumos sans baguette et observer la carte en grignotant les biscuits de Dully. L'elfe de maison avait pris l'habitude de lui en offrir une boîte dès qu'il passait dans les cuisines, et le brun prenait toujours autant de plaisir à en manger quelques-uns de temps en temps.
Confortablement installé, Harry observa Poudlard passer de l'activité bourdonnante du jour au calme de la nuit. Bientôt, il n'y eut plus que les préfets qui faisaient leurs rondes, et quelques professeurs qui patrouillaient dans les couloirs. Comme il s'agissait d'un vendredi soir, le risque que des élèves sortent de leurs dortoirs était plus élevé qu'en semaine.
Harry s'amusa à voir Rogue intercepter Malfoy au détour d'un couloir, puis le ramener à la salle commune de Serpentard. Il vit également miss Teigne mettre la patte sur deux élèves de septième année dans une salle de classe, et leur souhaita mentalement bonne chance pour s'en sortir.
En souriant, le héros de Griffondor regarda la carte dans son ensemble, curieux de voir si d'autres élèves étaient de sortie, lorsque son regard fut attiré par un nom dans un couloir du troisième étage.
Peter Pettigrew
Harry fronça les sourcils, et se frotta les yeux pendant quelques instants pour vérifier qu'il avait bien lu. C'était le cas, et il fut immédiatement intrigué par cet étonnant et imprévu petit mystère. Sans même y réfléchir, Harry annula son Lumos, écarta les rideaux et sortit de son lit sans réveiller les autres. Le plus silencieusement possible, il enfila ses chaussures et attrapa sa baguette avant de sortir de la chambre. Le Griffondor aurait bien aimé prendre sa cape d'invisibilité avec lui, mais ouvrir sa malle aurait probablement réveillé au moins un des autres Griffondors.
Le Golden Boy sortit de la salle commune en ignorant royalement les provocations en duel de la part de Sir Catogan, et rouvrit la carte pour vérifier si le nom de Pettigrew s'y trouvait toujours. C'était le cas, et il semblait toujours se promener au troisième étage. Harry invoqua de nouveau un Lumos informulé, et fit attention à ne pas croiser le chemin d'un préfet ou d'un professeur.
En quelques minutes, il se retrouva dans le couloir adjacent à celui où était censé marcher un homme mort depuis douze ans. Harry sentit une forme d'appréhension monter en lui. S'il croisait Peter Pettigrew, qu'est-ce qu'il allait faire ? Soudainement nerveux, Harry s'immobilisa en voyant que le nom inscrit sur la carte s'approchait de son emplacement.
Instinctivement, le Griffondor augmenta la portée de son sort en ignorant les plaintes des tableaux autour de lui. Ses yeux alternaient frénétiquement entre la carte et le couloir. Ahuri et stupéfait, il vit le nom de Pettigrew arriver en face de lui, puis le dépasser, sans qu'aucun être humain n'apparaisse dans son champ de vision. Harry sentit son rythme cardiaque décroître en voyant le nom disparaitre dans les couloirs, et s'appuya contre un mur pour souffler.
Quelques instants plus tard, il jura en voyant le nom de Rogue se rapprocher de lui sur la carte, et comprit en un éclair que le professeur devait avoir vu la lumière de son sort. Harry annula son Lumos en espérant passer inaperçu malgré tout, avant de pointer sa baguette vers la carte pour murmurer "méfait accompli".
Moins d'une seconde plus tard, la lumière illuminait de nouveau le couloir et provoquait une vague de mécontentement chez les tableaux.
- Potter.
Le professeur de Potions ne parut même pas surpris de le voir, et le héros de Griffondor se demanda si sa réaction avait un rapport avec le fait d'avoir intercepté Malfoy un peu plus tôt dans la soirée.
- Professeur Rogue, répondit Harry.
- Puis-je savoir ce que vous faites dans les couloirs au beau milieu de la nuit ?
Rien qu'au ton de l'enseignant, le Griffondor comprit qu'aucune réponse ne serait considérée comme valable. Par conséquent, il prit son air le plus innocent et fit une proposition à la limite de l'irrespect.
- Du somnambulisme, professeur.
- Toujours aussi insolent, Potter. Videz vos poches.
Harry crispa légèrement la mâchoire. Il n'avait aucune envie de se séparer de la carte du Maraudeur, mais se doutait que le directeur de Serpentard ne le laisserait pas repartir avec. Sans un mot, il sortit sa baguette et la carte, désormais dénuée de toute trace d'encre.
- Qu'est-ce que c'est que ça ? demanda l'enseignant.
- Ma baguette et un bout de parchemin vierge.
Rogue ne fut clairement pas dupe et approcha sa propre baguette pour en poser la pointe sur la carte.
- Révèle tes secrets, décréta Rogue d'un ton sec.
En voyant des mots se former, Harry se mit intérieurement à paniquer, et s'efforça de conserver son calme, jusqu'à ce qu'il lise les phrases en question. Il ne put retenir un hoquet de surprise, et dut se mordre les lèvres pour empêcher un sourire hilare d'étirer ses lèvres.
- Lisez, lui ordonna l'enseignant.
Harry inspira pour se donner la force de conserver une voix neutre, et s'exécuta.
- Monsieur Lunard présente ses respects au professeur Rogue et lui demande de bien vouloir cesser de mettre son énorme nez dans les affaires d'autrui. Monsieur Cornedrue approuve monsieur Lunard et voudrait ajouter que le professeur Rogue est un horrible crétin. Monsieur Patmol voudrait faire part de son ébahissement à la pensée qu'un tel imbécile ait pu devenir professeur. Monsieur Queudver souhaite le bonjour au professeur Rogue et lui conseille de se laver les cheveux, s'il veut cesser de ressembler à un tas d'ordures.
En son for intérieur, Harry trouvait la dernière phrase assez méchante, mais les trois premières étaient hilarantes et il eut le plus grand mal à conserver son sérieux. Même en gardant ses yeux rivés sur le parchemin, le Griffondor avait trouvé le moyen de voir que Rogue était devenu un peu plus furieux à chaque phrase. Une minute complète passa dans le plus grand silence, jusqu'à ce que des pas se fassent entendre et qu'un nouvel arrivant se joigne à eux.
- Professeur Lupin, fit Harry.
Le Griffondor remercia mentalement Godric et Salazar pour ne pas l'avoir laissé plus longtemps seul dans cette situation. L'enseignant de Défense lui adressa un discret clin d'oeil et un sourire.
- Harry, n'est-il pas un peu tard pour se promener dans les couloirs ? Professeur Rogue, comment allez-vous en cette belle nuit ?
- Et vous Lupin, que faites-vous là ? répliqua le directeur de Serpentard. Une petite promenade au clair de lune, je suppose ?
Harry nota le ton ironique du professeur de Potions, et l'air fermé et tendu que prit immédiatement Lupin à la mention du clair de lune. Le Golden Boy fronça les sourcils, certain qu'il y avait un message caché qui lui échappait, et frustré de ne pas le comprendre. Le professeur de Défense remarqua le parchemin dans les mains du jeune Griffondor, et redirigea la conversation dessus.
- Qu'est-ce que c'est ?
Rogue arracha la carte, sur laquelle étaient toujours inscrites les phrases qu'Harry avait lues, et la montra à son collègue avec un regard furieux.
- Je viens de confisquer cet artefact, qui de toute évidence regorge de magie noire.
- Vous permettez que j'y jette un oeil ? fit Lupin en saisissant le parchemin à son tour.
Il lut rapidement les différents messages, et émit un petit rire.
- Et bien, il me semble qu'il s'agit simplement d'un parchemin enchanté pour insulter quiconque essaie de le lire. Je suppose que vos amis vous l'ont rapporté de chez Zonko, n'est-ce pas ?
Soulagé par la tournure que prenaient les évènements, Harry hocha la tête et allait approuver verbalement lorsque le professeur de Défense écarta la carte pour la maintenir hors de portée de Rogue, qui avait tendu la main pour la récupérer.
- Néanmoins, déclara Lupin, je vais tout de même le rapporter dans mon bureau pour l'examiner de plus près. Je suppose que vous n'y voyez pas d'inconvénient ?
- Pas le moindre, répondit Rogue.
Le Golden Boy nota que le directeur de Serpentard y voyait visiblement de nombreux inconvénients, et que Lupin avait un petit air malicieux sur le visage.
- Dans ce cas, l'affaire est réglée, sourit ce dernier. Je me charge de raccompagner monsieur Potter à son dortoir pour que vous puissiez continuer votre ronde. Venez, Harry.
Sans hésiter, le brun suivit l'enseignant en évitant le regard du Maitre de Potions.
Ils marchèrent dans un silence complet, sans qu'aucun des deux n'en ressente un quelconque malaise. Harry était soulagé de la tournure prise par les événements, et les quelques coups d'oeil qu'il jeta à l'enseignant lui indiquèrent que celui-ci était occupé par ses propres réflexions.
C'est pourquoi il fut surpris lorsque Lupin s'arrêta, un peu avant l'entrée de la salle commune, et se tourna vers lui en affichant un air à la fois inquiet et sévère.
- Harry, n'avez-vous donc aucun instinct de survie ? soupira-t-il.
Le héros de Griffondor hésita un instant à sortir une réplique ironique, mais l'air sincèrement préoccupé de son professeur le retint et il baissa la tête.
- Désolé, professeur.
- Harry, regardez-moi, demanda Lupin. Vous devez comprendre qu'il y a, à l'extérieur de ces murs, un homme qui vous veut du mal et qui a déjà réussi à s'introduire à Poudlard par deux fois. S'il venait à tomber sur cette carte...
- Vous savez que c'est une carte ? s'exclama Harry.
Harry n'avait pas envisagé une seconde que l'ancien Griffondor puisse savoir ce que cachait réellement le parchemin. À sa grande surprise, il vit un petit sourire amusé flotter pendant un instant sur les lèvres de l'enseignant, avant d'être remplacé par une expression mélancolique.
- J'en sais plus que vous ne l'imaginez, mais malheureusement, ce n'est pas de mon ressort de vous en parler.
Harry pinça les lèvres, frustré qu'une fois de plus, une figure d'autorité estime qu'il valait mieux le maintenir dans l'ignorance pour son propre bien. Lupin soupira, et reprit d'un ton ferme.
- Harry, je veux juste que vous soyez un peu plus prudent. Par mesure de sécurité, je vais conserver cette carte afin d'éviter qu'elle tombe entre de mauvaises mains.
- D'accord, professeur, répondit le plus jeune.
L'enseignant leva un instant les yeux au ciel, comme s'il se doutait que cette simple remontrance n'allait vraisemblablement pas suffire pour empêcher le héros de Griffondor d'agir à sa guise. Lupin recommença à marcher vers le tableau, et tenta d'alléger l'ambiance en changeant le sujet.
- Simple curiosité, demanda-t-il, mais qu'est-ce qui vous a fait sortir de votre lit en premier lieu ?
Harry hésita quelques secondes. Le professeur de Défense connaissait déjà la carte, après tout. En haussant les épaules, il opta pour la vérité.
- J'ai remarqué un nom étrange se balader au troisième étage, alors je suis allé vérifier. Mais je n'ai vu personne dans le couloir, même quand nos deux noms étaient à côté sur la carte.
L'enseignant haussa les sourcils, intrigué par cette raison. Harry avait la sensation étrange que Lupin pouvait dire que Harry venait de lui dire la vérité, et en était assez étonné. Le professeur sembla poser la question suivante par curiosité plus que par politesse.
- Voilà qui est surprenant. Quel était le nom de cette personne mystère ?
- Peter Pettigrew.
Lupin se figea d'un coup et le sang déserta son visage. Sous le choc, ses mains se mirent même à trembler, ce qui surprit Harry.
- C'est impossible, murmura l'enseignant d'une voix blanche.
- Je vous dis ce que j'ai vu, répondit sincèrement Harry.
Mais le Griffondor comprit rapidement que le professeur se parlait plus à lui-même qu'autre chose, et opta pour ne rien dire de plus. Harry lui souhaita bonne nuit avant de disparaitre derrière le portrait, qui avait désormais l'air trop endormi pour défier qui que ce soit en duel.
De retour dans son lit, Harry réfléchit à ce qui venait de se passer au cours de la dernière heure, et tenta d'ordonner les différents faits. Rogue savait quelque chose sur Lupin, quelque chose de très sensible pour le professeur de Défense. Le Golden Boy était également prêt à parier que les deux enseignants en savaient davantage sur les Maraudeurs qu'ils ne voulaient bien l'admettre, du moins devant lui. Et pour finir, il y avait cet étrange détail concernant le nom qui était apparu sur la carte.
Puisqu'il n'avait vu personne dans le couloir, Harry était tenté de croire qu'il s'agissait simplement d'une erreur. Mais il y avait peu de chances qu'un objet aussi puissant, précis et jusque-là infaillible que la carte du Maraudeur se mette d'un coup à se tromper. Sans compter qu'il existait des moyens de se rendre invisible, Harry en avait une preuve dans sa valise. Mais si la carte ne s'était pas trompée, et que Peter Pettigrew était en vie...
Le garçon à la cicatrice sentit les idées se bousculer entre elles et ses pensées s'embrouiller sous l'effet de cette nouvelle information. Il grogna de frustration, puis se retourna dans son lit et s'efforça de dormir en repoussant les réflexions à plus tard. Il serait toujours temps de réunir les pièces de ce trop grand puzzle le lendemain, voire les jours suivants.
-o-oOo-o-
Au final, Harry renonça à trop y réfléchir avant la fin de l'année. Les examens approchaient doucement mais sûrement, ce qui faisait qu'Hermione était redevenue nerveuse. Le Griffondor était également occupé à louvoyer dans les couloirs et la Grande Salle pour esquiver les pièges de son rival. Sans compter qu'il essayait de passer plus de temps avec Artémis avant la fin des cours, sans pour autant éveiller les soupçons.
Une performance qui était devenue délicate depuis que Lupin était en possession de la carte du Maraudeur et s'en servait régulièrement. Lors d'une de leurs dernières leçons, le professeur l'avait retenu à la fin pour lui demander où il disparaissait de manière aussi fréquente, et Harry avait dû improviser une réponse. Après coup, il était certain que l'enseignant ne l'avait pas cru une seule seconde.
De plus, Harry tentait de continuer à pratiquer l'Occlumancie, les sorts informulés et sans baguette, ainsi que le renforcement de son lien de familier avec la basilisk. Les deux étaient désormais capables d'envoyer des images couplées à des émotions, et pouvaient échanger des conversations un peu plus complexes grâce à ça. Lors d'une séance à la bibliothèque, elle lui avait d'ailleurs envoyé l'image d'un rat – qui ressemblait beaucoup à Croûtard –s'enfuyant à toute vitesse dans un minuscule tuyau. Le sentiment de frustration qui l'avait accompagné était tel qu'Harry avait failli exploser de rire au milieu de ce qui était censé être des révisions d'Histoire de la Magie.
Vers le début du mois de juin, Malfoy sembla se lasser de ses pièges – que Harry évitait désormais plus de deux fois sur trois – et commença à se concentrer sur ses révisions. Surprenamment, il ne fut rapidement plus rare de trouver Serpentards, Griffondors, Serdaigles et Poufsouffles à des tables proches à la bibliothèque, sans que le moindre incident soit à déplorer. L'absence de Ron parmi le petit groupe de Griffondors en était probablement la raison principale, mais personne n'en fit la remarque ou ne fit mine de s'en plaindre.
Sans surprise, Hermione et Malfoy étaient les deux plus assidus et les deux seuls candidats à la place de major de promotion pour leur année. Harry et Neville avaient des objectifs bien moins élevés, et avaient admis sans problème qu'ils souhaitaient simplement valider un maximum de matières, si possible avec quelques notes au-dessus d'Acceptable. Le garçon à la cicatrice avait même assuré à son ami qu'il avait largement le niveau pour décrocher un Optimal en Herbologie. Les deux bruns avaient toutefois reconnut en riant que leur plus gros défi serait de réussir l'examen de Potions de Rogue.
-o-oOo-o-
La veille du premier jour des épreuves finales, Harry resta à la bibliothèque avec Hermione après le diner, autant pour ne pas la laisser seule que pour se remettre en mémoire les dernières leçons de Métamorphose. Lorsqu'ils en repartirent, Harry vit un collier avec une sorte de sablier sortir de l'uniforme de sa meilleure amie alors qu'elle se penchait pour ramasser son sac.
- Je croyais que tu ne portais jamais de bijoux ? s'étonna Harry.
La sorcière aux cheveux bouclés suivit son regard et se dépêcha de remettre la chaîne sous ses robes. Elle hésita quelques instants et vérifia qu'ils étaient seuls avant de lui répondre.
- Ce n'est pas un bijou mais un retourneur de temps. McGonagall me l'a donné au début de l'année, c'est comme ça que j'ai pu suivre tous mes cours.
Le garçon à la cicatrice écarquilla les yeux devant les pouvoirs d'un tel objet. Il ignorait que la magie permettait même de tricher avec le temps.
- C'est pour ça que tu donnais l'impression de sortir de nulle part en Divination et dans d'autres cours, comprit-il d'un coup.
Hermione hocha la tête.
- C'est un privilège accordé aux majors de promotion à partir de la troisième année, s'ils suivent trop d'options pour que leur emploi du temps puisse être équilibré, expliqua-t-elle. Mais je n'en aurai pas besoin l'an prochain, je vais laisser tomber la Divination et continuer à présenter Etude des Moldus en candidat libre.
- Je n'étais même pas sûr que tu tiendrais toute l'année en Divination, sourit Harry.
- J'ai vraiment hésité à arrêter vers Pâques, avoua-t-elle. Mais je tiens à aller au bout de ce que j'ai commencé.
Le Golden Boy lui adressa un sourire et un clin d'oeil malicieux.
- C'est à ça qu'on reconnait un Griffondor, on est butés même dans l'adversité.
La sorcière rit à sa blague, et ils continuèrent à marcher dans les couloirs presque déserts.
- Je pense arrêter la Divination aussi l'an prochain, admit Harry. Même si c'est amusant, je commence à en avoir assez de prédire ma mort dans d'atroces souffrances toutes les semaines.
- Il n'y a que Lavande et les soeurs Patil pour s'extasier sur cette matière, soupira Hermione. Et encore.
- À propos d'elles, tout va bien dans le dortoir des filles de Griffondor ? s'enquit poliment Harry.
- Plus ou moins, répondit la sorcière. J'aide Padma à comprendre les coutumes moldues de temps en temps, et j'arrive à discuter avec Parvati si le sujet porte sur autre chose que Trelawney. Par contre, Lavande...
Elle interrompit sa phrase pour grimacer, et le Golden Boy ne comprit que trop bien ce que sa meilleure amie voulait dire par là. Lavande n'était pas foncièrement méchante, mais très superficielle et bruyante, pas du tout le genre de caractère susceptible de s'accorder avec celui, autoritaire et studieux, d'Hermione. Soucieux d'éviter un sujet au potentiel délicat, le Golden Boy revint à la discussion précédente avec la première question qui lui vint à l'esprit.
- McGonagall laisse les élèves avoir leur retourneur de temps pendant les examens ?
Il sut qu'il avait fait le bon choix en voyant l'air soulagé de sa meilleure amie, et celle-ci expliqua volontiers le fonctionnement de ce système un peu particulier.
- Les professeurs sont au courant qu'on en possède, et on doit les leur remettre avant le début de chaque épreuve. Et puis, ajouta-t-elle fièrement, comme ça concerne seulement les majors de promotion de certaines années, ils nous font confiance pour être responsables.
- Et on sait tous que responsable aurait dû être ton deuxième prénom, pas vrai ?
Hermione le rabroua gentiment, et acheva son explication.
- Je dois le rendre à McGonagall la veille du départ. C'est une sorte de tradition apparemment, on le récupère au premier jour de l'année, et on le rend au dernier.
- Poudlard et ses traditions, fit Harry en levant les yeux au ciel.
- En parlant de ça, j'ai lu dans l'Histoire de Poudlard qu'il existait tout un tas de traditions et de rituels assez incroyables. Par exemple, est-ce que tu savais qu'il était possible pour certains élèves de...
Ils finirent le chemin jusqu'à leur salle commune ainsi, Hermione racontant des passages entiers de son livre préféré et Harry écoutant poliment, avec une pointe d'intérêt. Le Golden Boy savait que c'était une des manières qu'avait son amie pour relâcher la pression. Montrer qu'elle en savait long sur son école et le monde sorcier la rassurait toujours lorsqu'elle était stressée, en particulier en période d'examens.
Sans compter qu'en un millénaire d'existence, Poudlard avait vraiment accumulé un nombre de règles, traditions et rituels tous plus improbables les uns que les autres.
A/N bis : je suis incapable de me rappeler si je l'avais précisé ou non, mais le tome 3 comportera un total de 25 chapitres. La fin se rapproche ! ;)
