A/N : Je suis en vacaaaaaaances pour une semaine ! Bon mon adorée et adorable Artémis me force à me lever aussi tôt que quand je vais bosser, mais c'est pas la question. Profitez des vacances ou jours fériés pour celleux qui en ont, et bon courage pour les autres !

Résumé du chapitre précédent :

Les examens de fin d'année ont lieu. Ron propose des idées (stupides) pour libérer Buck avant son exécution et elles sont refusées par les trois autres. Neville confronte Harry sur certains détails de sa vie familiale et propose de l'aider. Après l'examen de Divination de Harry, Trelawney fait une prophétie qui inquiète le Griffondor. Draco insulte Buck après le dîner et Ron insulte Harry (mauvaise idée) qui s'énerve. McGonagall intervient de justesse. Harry et Neville sortent du château et vont se poser en haut des escalier qui mènent à la cabane de Hagrid, Ron et Hermione les rejoignent. Après un échange d'excuses, tout se calme, mais Ron aperçoit Croutard courir depuis le Saule Cogneur.


Les trois autres Griffondors regardèrent dans la direction vers laquelle se précipitait Ron avec un temps de retard, celui-ci ayant commencé à courir avant même qu'ils réalisent ce qui se passait. A leur surprise, Hermione, Neville et Harry constatèrent que le gros rat de leur ami était en effet en train de courir vers eux comme s'il avait la mort aux trousses. Avant qu'il ait parcouru la moitié du chemin cependant, les cris de joie de Ron se muèrent en cris de frayeur. Un énorme chien noir surgit des racines du Saule Cogneur, et se rua vers le rongeur.

- Croutard, dépêche-toi ! l'exhorta Ron.

Derrière lui, Harry, Hermione et Neville restèrent figés quelques secondes devant la scène improbable qui avait lieu devant eux. Ils sortirent de leur stupéfaction lorsque Ron attrapa son rat juste avant que le chien l'atteigne. L'animal sembla refuser de voir sa proie lui échapper, et mordit le sorcier par la cheville pour le trainer derrière lui et le ramener vers le Saule sous le regard stupéfait des trois sorciers.

- RON ! s'écrièrent-ils en choeur.

Les trois Griffondors descendirent les escaliers à toute vitesse, mais n'eurent pas le temps de rejoindre le sorcier roux avant qu'il disparaisse dans les racines. Lorsqu'ils arrivèrent devant le Saule Cogneur – qui s'était calmé pour laisser passer le chien et son chargement – ils furent bloqués par une tempête de branches et de feuilles qui fouettaient l'air dans tous les sens.

- Immobilus ! tenta Hermione.

Malheureusement, le sort servit à peine à ralentir l'arbre pendant quelques secondes. Harry était tout aussi impuissant. Aucun de ses entraînements avec Tom ou Lupin ne l'avait préparé à affronter un arbre en colère. Alors que le Golden Boy essayait de trouver une solution à toute vitesse, Neville plongea vers le sol en leur donnant des instructions.

- Il doit y avoir une racine qui le calme si on appuie dessus ! cria-t-il. Il faut la trouver le plus vite possible !

Harry et Hermione échangèrent un regard, puis imitèrent leur ami et se jetèrent au sol. Au moins, la majeure partie des branches n'arrivait plus à les atteindre tant qu'ils étaient en train de ramper. Il leur fallut plusieurs minutes pour la localiser, mais lorsque ce fut chose faite, le Saule Cogneur s'immobilisa dans la seconde, dévoilant au passage une entrée dissimulée parmi ses racines.

Sans hésiter, les trois Griffondors se glissèrent à l'intérieur et lancèrent chacun un Lumos pour observer leur environnement.

- Un passage secret, murmura Harry en voyant le couloir devant eux.

Les deux autres acquiescèrent en silence, et suivirent le garçon à la cicatrice dans le couloir grossièrement creusé. Au bout de quelques minutes de marche, Hermione se risqua à murmurer une observation.

- Je ne sais pas où on va, mais ce qui est sûr, c'est qu'on s'éloigne de Poudlard.

Les deux bruns hochèrent la tête pour marquer leur approbation, et continuèrent à marcher en silence.

Le Golden Boy était en tête, et Neville comme Hermione lui en étaient reconnaissant. Ils savaient que d'eux trois, seul Harry pouvait marcher vers l'inconnu sans flancher, et réagir assez vite en cas d'urgence. Le garçon à la cicatrice leur donnait aussi le courage de continuer à avancer, sans céder à la peur de ce qui les attendait au bout du tunnel.

Inconscient des pensées de ses amis, Harry concentrait toute son attention sur le passage. Il n'arrivait pas à déterminer dans quelle direction ils marchaient ni où le tunnel secret allait déboucher, mais compensait en éveillant tous ses sens au maximum. L'héritier de Salazar était tenté d'utiliser le fourchelangue pour demander de l'aide aux serpents environnants, mais ne voulait pas prendre le risque d'effrayer ses amis plus qu'ils ne l'étaient déjà.

Harry fit une halte après qu'ils aient remonté une dernière pente. Il se retourna et posa un doigt sur ses lèvres pour faire signe à Neville et Hermione de garder le silence, puis leur indiqua une porte en bois entrouverte. Aussitôt, les trois amis diminuèrent la lumière qui émanait de leurs baguettes pour éviter de se faire repérer. En s'approchant davantage, Harry grimaça en constatant la présence de sang sur la partie basse de la porte. Apparemment, le chien avait planté ses canines dans le mollet de Ron assez profondément pour le faire saigner.

Harry envoya une image mentale à Artémis pour lui expliquer brièvement la situation, et parvint à lui demander de ne pas se montrer tant que ses amis seraient présents. La basilisk lui répondit par un mélange d'émotions et d'images indiquant qu'elle s'apprêtait à quitter la Chambre. En cas de besoin, elle pourrait intervenir rapidement et Harry en fut rassuré. Il gardait toutefois l'intervention de son familier comme un dernier recours. En partie pour garder son existence secrète, en partie pour ne pas mettre les autres en danger.

Harry prit une lente, silencieuse et profonde respiration, avant d'ouvrir la porte et de regarder immédiatement autour de lui à la recherche d'un danger potentiel. Il n'en trouva aucun et grimaça en découvrant ce qui l'entourait. C'était une vieille bâtisse en bois à moitié en ruines, et les fenêtres de la pièce étaient condamnées par des planches clouées depuis l'extérieur. Ce fut le courant d'air et l'état délabré de ce qui avait dû être un salon qui permit au Golden Boy de comprendre où ils étaient.

- La Cabane Hurlante, souffla-t-il.

Hermione et Neville l'entendirent malgré avoir murmuré la phrase, et perdirent quelques couleurs. Le garçon à la cicatrice les regarda l'un après l'autre, et s'assura que son regard véhiculait toute l'assurance et la détermination possible. Les deux Griffondors parurent un peu plus assurés, et hochèrent la tête en silence.

Harry était en train de réfléchir à la meilleure piste d'exploration lorsqu'un grincement sinistre et un couinement apeuré résonnèrent depuis l'étage supérieur.

Sans plus hésiter, les trois amis se précipitèrent dans les escaliers, et le héros de Griffondor grimaça en entendant les grincements du bois trop vieux. Si jamais il y avait quelqu'un là-haut, ou même si l'énorme chien qui avait attaqué Ron était toujours là, ils pouvaient être certains de l'avoir alerté.

Lorsqu'ils arrivèrent en haut des escaliers, ils se trouvèrent face à une porte derrière laquelle quelqu'un était en train de balbutier en tremblant de peur. Sans hésiter, Harry poussa la porte d'une main et entra dans la foulée, Hermione et Neville sur ses talons. Son attention fut immédiatement accaparée par Ron, assis sur ce qui devait autrefois être un somptueux lit à baldaquins, son rat dans les bras. Le rouquin avait le bas droit du pantalon maculé de sang, les yeux agrandis par la peur, et Harry ne se souvenait pas l'avoir vu à ce point terrorisé depuis le nid d'acromentules en deuxième année.

- Ron ! s'exclama-t-il. Tu vas bien ? Qu'est-ce que...

- HARRY ! hurla le roux. C'est un piège, c'est un animagus !

En parlant, il désigna l'entrée de la pièce d'un doigt tremblant, son autre main toujours occupée à serrer Croûtard contre lui. Dans un même ensemble, les trois Griffondors se retournèrent juste à temps pour voir la porte être refermée par l'homme qui s'était tenu derrière.

Harry prit inconsciemment le temps de noter une foule de détails. L'uniforme de bagnard sale et déchiré, à peine couvert par un long imperméable en piteux état. La pâleur et la maigreur, qui donnaient l'impression que l'homme n'avait que la peau sur les os. Une barbe courte et des cheveux bruns sales qui lui arrivaient aux épaules. Mais ce fut l'expression de son visage qui retint l'attention du héros de Griffondor le plus longtemps. Il y avait un tel maëlstrom d'émotions dans les yeux gris du prisonnier qu'Harry était perdu sur la façon de les interpréter. Souffrance, joie, peur, espoir et d'autres se bousculaient dans son regard et sur son visage.

Un visage qu'Harry avait vu au moins une fois par semaine dans la Gazette depuis le début de l'année, et qu'il reconnut au premier coup d'oeil. Sans s'en rendre compte, il murmura le nom de l'homme en face de lui.

- Sirius Black...

Le temps sembla s'étirer pendant quelques secondes, pendant lesquelles personne ne bougea. Puis dans un même ensemble, Hermione et Neville pointèrent leur baguette sur l'évadé, pendant qu'Harry baissait la sienne et que Ron restait à trembler sur le lit. En face d'eux, l'homme finit par parler d'une voix fatiguée mais empreinte d'émotion.

- Harry... ça fait si longtemps.

Le héros de Griffondor resta sans réagir, attendant de voir ce que l'ancien prisonnier allait faire ou dire. Il avait confiance en ses amis pour réagir en cas d'attaque surprise, et laissa sa baguette baissée à côté de sa jambe. Hermione reprit la parole la première, sa nervosité et sa peur prenant le dessus face à l'aspect un peu effrayant de leur adversaire.

- Qu'est-ce que vous voulez à Harry ?

L'évadé sembla prendre conscience des deux autres personnes présentes aux côtés de son filleul, et leva lentement les mains devant lui.

- Je veux juste parler.

Harry sentit son calme revenir petit à petit. Black était nerveux, mais de toute évidence, plus par peur de ne pas pouvoir s'exprimer ou de ne pas être cru que parce qu'il s'apprêtait à attaquer. Harry hocha la tête une fois, sans quitter l'homme du regard.

- Harry, commença Black, je sais ce que racontent les journaux et ce que Dumbledore a pu te dire, mais je te jure que ce n'est pas moi qui ai trahi tes parents cette nuit-là !

Sa voix avait un accent si désespéré que le garçon à la cicatrice ne se focalisa pas tout de suite sur les mots en eux-même. Lorsque ce fut le cas une seconde plus tard, il écarquilla les yeux. Avant qu'il puisse demander plus d'explications toutefois, Ron se mit à crier.

- Menteur ! Ne l'écoute pas Harry, il essaie de te manipuler ! Tout le monde sait que c'est un fou et un meurtrier à la solde de Tu-Sais-Qui !

- NON ! hurla Sirius avec un regard désespéré. Harry je t'en prie, écoute-moi, ce n'est pas ce qu-

Pendant l'intervention de Ron, Harry avait sentit un regain d'énervement monter en lui. Le sorcier roux ne les avait pas accompagnés à la bibliothèque, n'avait pas participé à leurs réflexions, et était un peu trop prompt à croire Dumbledore ou les rumeurs aveuglément. Harry réfléchit, et repensa à un des enchantements utiles que Tom lui avait appris pendant l'été pour s'assurer que les Dursley ne s'en prendraient pas à lui pendant la nuit. Il n'avait pas vraiment eu l'occasion de le tester sans baguette jusque-là, mais à circonstances exceptionnelles...

À côté de lui, Hermione et Neville virent leur ami se tourner de façon à ce que Ron entre dans son champ de vision pendant que Black parlait. Cette action sembla partiellement rassurer le sorcier roux, et inquiéter l'évadé. L'incantation du Golden Boy passa inaperçue au milieu de la tirade de Black, et la main qui tenait sa baguette resta immobile.

- Altus Somnum, murmura Harry en fixant Ron.

Le Griffondor roux cligna des yeux une ou deux fois, puis tomba en arrière sur le lit, profondément endormi et son rat toujours serré contre lui. Harry se détendit, soulagé que son sort ait fonctionné du premier coup, puis se retourna vers Black, qui s'était tu et le regardait désormais avec des yeux écarquillés.

- Je l'ai juste endormi pour qu'il n'interrompe pas notre discussion, déclara Harry en haussant les épaules.

- Tu... Harry... bégaya Sirius.

Le héros de Griffondor jeta un bref coup d'oeil à ses amis, qui hochèrent la tête et baissèrent leurs baguettes. Neville reprit la parole le premier pour expliquer la situation, pas surpris outre mesure que son ami préfère écarter Ron de la conversation à venir.

- Harry a des doutes sur votre culpabilité depuis le début de l'année, commença-t-il.

- Et on a fait des recherches à la bibliothèque, ajouta Hermione. Pas de procès, pas de Veritaserum, un envoi direct à Azkaban en moins de vingt-quatre heures... c'était bizarre.

- Plus le fait que la première intrusion à Poudlard a eu lieu à l'heure où j'étais le moins susceptible d'être au dortoir, compléta Harry. Disons qu'au minimum, j'ai envie d'avoir votr... d'avoir ta version de l'histoire.

Sirius regarda le jeune adolescent en face de lui, nota sa détermination, la sincérité qui brillait dans ses yeux, et la chance honnête qu'il lui accordait. Après douze années à être enfermé dans le plus monstrueux endroit du monde et une année de cavale solitaire, se voir offrir une telle preuve d'humanité de la part du fils de son meilleur ami était plus qu'il aurait osé espérer. Sirius sentit les émotions déborder sous forme de larmes, et tomba à genoux, le visage dans les mains.

Avant qu'Harry, surpris par la réaction, puisse faire quoi que ce soit, la porte s'ouvrit avec fracas et un nouvel arrivant entra dans la pièce.

- Professeur Lupin ? s'exclama Neville d'une voix incrédule.

L'enseignant ne leur accorda pas la moindre attention et se tourna aussitôt vers l'homme à genoux pour le prendre dans ses bras.

- Sirius ! fit-il d'une voix étranglée. Espèce d'idiot, prendre un risque pareil alors que les Détraqueurs sont toujours autour de Poudlard !

- Remus, murmura-t-il, tu ne comprends pas, il était... il était là, je n'avais pas le choix...

Sidéré, les trois Griffondors observèrent la scène sans comprendre. Leur professeur de Défense était en train de consoler un évadé de prison comme si c'était la chose la plus naturelle du monde, et semblait bouleversé.

- Hum... professeur ? tenta Harry.

Les deux sorciers finirent par se relever, et avaient l'air d'avoir retrouvé un semblant de calme. Du moins, autant que faire se pouvait au vu des circonstances. Alors que l'enseignant se tournait vers ses élèves, Hermione se mit à paniquer et leva sa baguette vers lui.

- Ne vous approchez pas d'Harry !

- Hermione ? fit le concerné d'une voix incrédule.

- Il est dangereux, Harry, c'est un loup-garou ! s'écria-t-elle.

Les épaules de Lupin s'affaissèrent, et son visage afficha une expression résignée. Il soupçonnait sa plus brillante élève d'avoir fait le lien depuis le cours sur les créatures nocturnes, mais avait espéré pouvoir conserver son secret un peu plus longtemps.

À côté d'Hermione, Harry écarquilla les yeux et la myriade d'indices qu'il avait remarqué tout au long de l'année trouvèrent d'un coup un sens. L'épouvantard qui prenait la forme d'une pleine lune, la maladie soudaine au milieu du mois, la potion apportée par Rogue pendant certaines de leurs leçons, la suggestion de la "balade au clair de lune" sur un ton ironique, tout concordait. Dans un flash, Harry revit également le malaise de Tom lorsqu'il avait admis être coupable de quelque chose à l'encontre de son professeur de Défense. Lord Voldemort avait probablement ordonné à un loup-garou de mordre Lupin.

D'une certaine manière, Harry était satisfait d'avoir enfin la réponse à cette énigme qui était restée au fond de son esprit pendant une bonne partie de l'année. L'information titilla un autre détail, comme s'il avait une pièce supplémentaire dans un autre puzzle. Poussant cette réflexion à l'arrière-plan, Harry regarda son professeur de Défense pendant deux secondes avant de hausser les épaules.

- Ça explique un certain nombre de choses. Mais si ça ne vous dérange pas, j'aimerais bien qu'on retourne au sujet précédent.

Toutes les personnes dans la pièce – à l'exception de Ron qui dormait – le dévisagèrent sans comprendre, jusqu'à ce que Sirius se mette à rire de façon incontrôlable.

- Exactement comme James, finit-il par hoqueter entre deux éclats.

- Comme mon père ? répéta Harry.

L'enseignant finit par sortir de son choc, et prit le relais pour offrir une explication avec un sourire à la fois affectueux et mélancolique.

- Je n'ai pas pu me résoudre à avouer ma condition à James et Sirius avant ma deuxième année à Poudlard, déclara-t-il. Votr- Ton père est resté silencieux pendant trois secondes, puis a répondu très exactement que ça expliquait un certain nombre de choses.

- Et après ça, Remus est resté choqué que sa lycanthropie ne le dérange pas plus que ça, compléta Sirius en souriant.

La remarque fit sourire Harry, et l'explication lui réchauffa le coeur. Savoir que son père et lui avaient réagi de la même manière était réconfortant, même s'il ne voyait pas bien où était le problème. Il commença à comprendre en voyant Hermione et Neville le regarder comme s'il était devenu fou.

- Harry, fit prudemment Neville, tu te rends compte de ce que ça veut dire s'il est un loup-garou ?

Le héros de Griffondor leva un sourcil, perplexe quant à l'intérêt de la question.

- Ça veut dire qu'à chaque pleine lune, il se transforme en loup, récita Harry. S'il a pris une potion Tue-Loup dans les vingt-quatre heures qui précèdent la pleine lune, il a à peu près le contrôle de sa forme animale, et si ce n'est pas le cas, la transformation dure plus longtemps et ses instincts prennent le dessus. Et puis après, il y a toute cette histoire de sens renforcés même sous forme humaine. D'ailleurs, comprit-il en se tournant, c'est pour ça que vous saviez quand je mentais !

Une nouvelle fois, tout le monde le regarda en étant bouche bée, jusqu'à ce que Lupin acquiesce au ralenti, de toute évidence choqué par la réaction anormalement calme de son élève.

- Harry, ils ont raison, je suis dangereux, et-

- Non, le coupa Harry. Vous n'êtes pas dangereux, vous êtes le meilleur professeur de Défense que j'ai eu jusqu'à maintenant, et vous avez juste besoin d'un endroit où vous isoler à chaque pleine lune. Franchement, en dehors d'une nuit par mois, maximum deux, vous n'êtes pas plus dangereux qu'un autre sorcier qui sait se servir de sa baguette.

Hermione, Neville et même Remus ouvrirent la bouche pour répliquer, mais se rendirent compte qu'aucun argument valable ne pouvait contrer la logique du raisonnement. Harry eut un sourire triomphant, et trouva une paire d'yeux gris brillants d'admiration.

- Bien parlé, Harry, approuva Sirius. Même si je tiens à dire que Lunard est bien plus doué avec sa baguette que la plupart des sorc-.

La fin de la phrase fut interrompue par une claque qu'il reçut à l'arrière de la tête, et les trois jeunes Griffondors décidèrent sagement d'ignorer le sous-entendu. La soirée était déjà assez compliquée comme ça. Toutefois, le nom employé interpella Harry, et il regarda le professeur d'un air ahuri en se rappelant où il l'avait vu.

- Lunard ? Comme sur la carte ? Vous étiez un des Maraudeurs ?

Sirius siffla de surprise et se tourna vers Remus pour demander une explication, mais l'enseignant le devança.

- Harry a mis la main sur notre carte, fit-il à l'attention du premier. Et en effet, j'en faisais partie, avec Sirius, James et Peter.

À la mention du dernier nom, les visages des deux adultes s'assombrirent et Harry sentit une dizaine de questions se bousculer dans son esprit. Mais avant qu'il puisse en poser une seule, la porte s'ouvrit une fois de plus sur un nouvel arrivant.

- Professeur Rogue ? s'exclama Hermione.

Le Maître des Potions pointa aussitôt sa baguette sur Sirius Black, gardant Lupin dans sa ligne de mire par la même occasion. Ses yeux lançaient des éclairs noirs vers l'évadé, et il semblait à un rien de lui jeter un sort qu'il ne regretterait probablement pas.

- Servilus, quel déplaisir de te revoir, ironisa Sirius en levant les mains. Je constate que tu n'as toujours pas trouvé le moyen de fabriquer du shampoing.

- Severus, plaida Remus, il y a une explica-

- Hors de mon chemin, Lupin, siffla Rogue. J'ai attendu trop longtemps ma vengeance contre Black pour en être privé. Et je pense que les Détraqueurs seront tout aussi ravis que moi d'enfin avoir leur proie, ajouta-t-il avec un sourire sinistre.

Harry vit le professeur de Défense et l'homme qui était son parrain devenir livides, et son sang ne fit qu'un tour. Sans même y réfléchir, il leva sa baguette vers le professeur de Potions.

- Expelliarmus !

La baguette s'échappa de la main de Rogue, et Sirius la rattrapa au vol, inversant les rôles. Dans le même instant, Hermione émit une exclamation horrifiée, Neville se figea de peur, et Rogue parut réaliser la présence de quatre élèves dans la pièce, dont un endormi. Serrant les dents, il se mit à fusiller du regard le fils de son ancien rival.

- Potter ! Avez-vous la moindre idée de ce que vous venez de faire, espèce d'imbécile ?

À peine eut-il achevé sa phrase qu'il se trouva projeté contre le mur le plus proche par un sortilège de Sirius, dont les yeux s'étaient enflammés.

- Tu n'insulteras pas Harry en ma présence ! cria-t-il.

Rogue grimaça, mais se releva rapidement et s'adressa à son agresseur avec une voix chargée de haine et de venin.

- De bien belles paroles pour l'homme responsable de la mort de ses parents, Black.

La phrase porta son coup, et son interlocuteur blêmit. Remus se précipita aussitôt auprès de lui, et Harry commença à sentir son tempérament s'enflammer. Avant que qui que ce soit puisse dire quelque chose, il s'avança pour se mettre au milieu des trois adultes, et écarta les bras.

- Je vous rappelle que je suis toujours là ! cria-t-il. Alors à moins que le reste de Poudlard ait décidé de débarquer, j'aimerais bien avoir des réponses à mes questions et écouter ce que Sirius a à dire !

- Harry, commença Remus.

- Non Lunard, il a raison, murmura l'autre Maraudeur.

Le garçon à la cicatrice souffla un bon coup, et tourna son regard vers le directeur de Serpentard, qui avait toujours l'air furieux.

- Professeur, je ne sais pas exactement pourquoi vous lui en voulez autant, mais je veux entendre sa version, et sans interruption. S'il vous plait, ajouta-t-il pour faire bonne mesure.

Le professeur de Potions le fusilla du regard quelques instants, mais finit par soupirer et croisa les bras sur sa poitrine, ce qui permit à son élève de se détendre.

- À votre guise, mais ne venez pas me demander d'essuyer vos larmes quand vous comprendrez quel genre de personne est Black.

- Je n'oserais pas, professeur, répliqua Harry avec un sourire en coin.

Une fois que la trêve fut plus ou moins établie, une petite voix se fit entendre à côté du lit.

- Je... je crois que j'ai besoin de m'asseoir, déclara Neville.

- Moi aussi, ajouta Hermione en tombant presque sur le lit.

Le Golden Boy leur adressa une grimace d'excuse, et Rogue haussa un sourcil en remarquant une troisième silhouette, nettement plus immobile, sur le vieux matelas.

- Potter, j'espère que vous avez une bonne explication à la présence ronflante de Weasley.

- Oh, se rappela Harry.

Il passa une main dans ses cheveux, un peu embarrassé, et soupira en comprenant qu'il ferait mieux de faire un bref résumé de ce qui leur était arrivé.

- On était dehors tous les quatre quand Ron a vu son rat courir vers nous, il était poursuivi par un gros chien noir qui les a emmené tous les deux sous le Saule Cogneur. On les a suivi et on est arrivés ici, où on a trouvé Sirius. Et comme Ron a commencé à crier et paniquer quand Sirius a voulu me parler, je l'ai... hum... je l'ai endormi, expliqua Harry d'un air gêné.

Le professeur de Potions resta impassible, mais en son for intérieur, il était amusé par la réaction du garçon. Apparemment, Weasley avait fini par épuiser la patience de la mascotte de Griffondor.

- Après ça, poursuivit le Griffondor, le professeur Lupin est arrivé, on a appris qu'il était un loup-garou et qu'il faisait partie des Maraudeurs avec mon père, Sirius et Peter. Et vous êtes arrivé juste au moment où ils allaient recommencer leurs explications.

Cette fois, l'enseignant écarquilla légèrement les yeux devant la nonchalance avec laquelle le Griffondor admettait avoir appris qu'un de ses professeurs était un lycanthrope. Il était évident qu'il ne s'agissait pas pour Potter d'une révélation choquante ou effrayante, et le directeur de Serpentard se sentit impressionné malgré lui par la mentalité du fils de Lily.

- Dites-moi Lupin, interrogea-t-il à la place, qu'est-ce que vous faites ici exactement ?

- J'ai vu six noms disparaitre brusquement d'une carte un peu particulière dans un des passages secrets, expliqua Remus. Et vous-même ?

- Un certain professeur a stupidement oublié de prendre sa potion aujourd'hui, fit Severus en sortant une petite bouteille de sa poche. Et ce n'est pas très compliqué de suivre quelqu'un quand il laisse une carte ouverte sur son bureau.

Sans hésiter, le Serpentard la lança à son collègue, qui l'attrapa en jurant et se dépêcha d'en vider le contenu. Une fois que ce fut fait, le Griffondor secoua la tête une ou deux fois et la lui rendit.

- Bien, reprit Severus. Maintenant que nous savons tous comment nous sommes arrivés ici, je suggère qu'on passe au sujet principal, à moins que quelqu'un veuille un thé et des biscuits pour mieux profiter d'une si plaisante compagnie ?

Le sarcasme particulièrement mal placé lui valut trois regards réprobateurs. Sirius en particulier semblait sur le point de répliquer, mais un couinement venant du lit lui fit tourner la tête. Sans hésiter, il pointa la baguette de Rogue vers le lit en ignorant les exclamations effrayées des deux jeunes Griffondors.

- Decipulax !

Une sphère dorée entoura aussitôt Ron, dont le rat venait de se libérer et cherchait à s'enfuir. Il fut néanmoins retenu par la barrière lumineuse, et se mit à enchainer les couinements apeurés en essayant de forcer un passage.

Passé l'instant de surprise, tous les regards se tournèrent vers Sirius, à l'exception de Remus. Les deux avaient tourné un regard empli de haine vers le lit.

- Il y a treize ans, raconta Sirius d'une voix blanche, quand James et Lily ont appris qu'ils étaient en danger, ils m'ont demandé de devenir leur Gardien du Secret. Mais quelques jours avant de procéder au rituel, Dumbledore a appelé James et l'a convaincu que j'étais un choix trop évident, et qu'il valait mieux faire confiance à Peter Pettigrew.

Devant la réalisation de ce qu'impliquait cette nouvelle information, Harry se sentit pâlir, et remarqua du coin de l'oeil que le professeur de Potions semblait aussi choqué que lui. Et même s'il ne pouvait pas les voir puisqu'il leur avait tourné le dos quand Sirius s'était mis à parler, Harry avait l'intuition que Nevill et Hermione ne devaient pas avoir meilleure allure.

- Et ce lâche les a trahi pour rejoindre Voldemort.

Le garçon à la cicatrice perçut le choc comme une balle dans la poitrine, et sa respiration devint hachée et irrégulière. Sirius... son parrain n'avait aucun moyen de le savoir, mais son récit collait parfaitement avec les quelques souvenirs que Tom avait partagé avec lui. Le fait que les Maraudeurs lui évoquent quelque chose, sa certitude que Sirius Black n'aurait pas trahi ses parents, tout concordait si Peter Pettigrew était celui qui l'avait mené à leur maison.

- La nuit d'Halloween, poursuivit Sirius, j'ai eu un mauvais pressentiment. Quand je suis allé chez Peter et que je ne l'ai pas trouvé, sans qu'il y ait la moindre preuve d'enlèvement, j'ai paniqué. Mais le temps que j'arrive à Godric's Hollow...

- Il était trop tard, compléta Harry dans un murmure.

Sirius hocha la tête, les yeux brillants de larmes qu'il retenait de justesse. Il avait beau avoir déjà pleuré ses amis plus que de raison pendant la dernière décennie, les souvenirs étaient toujours aussi déchirants.

- Il n'y avait plus que toi dans ton berceau, confirma Sirius avec un sourire triste. J'étais prêt à t'emmener avec moi pour te mettre en sécurité, mais Hagrid est arrivé et a insisté pour que je te laisse avec lui. Je n'aurais jamais dû accepter, mais je voulais venger mes amis et tuer Peter, admit-il.

Derrière lui, Remus posa une main sur son épaule pour l'aider à achever son histoire sans s'effondrer. Des années de prisons avec les Détraqueurs, puis des mois de fuite, de faim et d'épuisement étaient en train de pousser Sirius à l'extrême limite de ce qu'il pouvait endurer.

- Quand j'ai retrouvé ce traître, il s'est mis à hurler que j'avais tué James et Lily avant de faire exploser la rue.

Malgré l'afflux d'informations et le surplus d'émotions qui menaçait de déborder, Harry ne put empêcher une question de supplanter toutes ses réflexions.

- Mais il est mort pendant cette explosion non ? Le ministre a dit que tout ce qu'on a retrouvé de Peter Pettigrow, c'était-

- Un doigt ! cria Sirius. Ce sale lâche s'est coupé un doigt pour faire croire à sa mort avant de se transformer et s'enfuir !

- Se transformer ? reprit Harry.

Cette fois, ce fut Remus qui répondit.

- Sirius, James et Peter sont devenus des Animagus pour m'aider à Poudlard.

Les hoquets stupéfaits de Neville et Hermione passèrent inaperçus pour Harry, qui comprit finalement pourquoi le surnom du professeur de Défense et la forme animagus de Sirius l'avaient intrigué.

- Lunard, Patmol, Cornedrue et Queudver, récita Harry dans un murmure. Un loup-garou, un chien, et si... si le patronus de mon père était un cerf, alors...

- C'était aussi sa forme animagus, confirma l'enseignant. Quant au dernier d'entre nous...

Il fixa de nouveau son regard et sa baguette dans la direction du sorcier roux, dont le rat tentait toujours désespérément de s'échapper.

Ce fut Hermione qui fit le lien le plus vite, et écarquilla les yeux.

- Croûtard ? s'exclama-t-elle. Mais c'est impossible, il est dans la famille de Ron depuis au moins… au moins…

- Douze ans ! compléta Sirius d'une voix chargée de colère. Une durée de vie étonnamment longue pour un rat des champs, pas vrai ?

- Oh par Circé... c'est pour ça que Pattenrond se méfiait de lui, comprit la sorcière dans un murmure.

Neville et Harry échangèrent un regard qui suffit à véhiculer leur approbation de cette analyse. Finalement, ce fut le premier qui prit la parole après quelques secondes de silence.

- Harry ? demanda Neville avec douceur.

Le Golden Boy avait fixé son regard sur le plancher, plongé dans son esprit pour tenter de mettre en ordre ce qu'il savait, tous ses doutes pendant l'année, toutes ses idées, ses pensées, et ce qu'il venait d'apprendre. Et il devait admettre que tout se mettait en place avec les explications qu'il venait d'avoir. Le garçon à la cicatrice prit une grande inspiration un peu tremblante, et releva la tête.

- Je pense qu'il dit la vérité. Et puis s'il avait menti, il y a au moins deux personnes dans cette pièce qui s'en seraient rendu compte, fit Harry avec une ombre de sourire. Pas vrai professeurs ?

- Exact, Potter, confirma Rogue. Mais je crois que vous et moi allons avoir une petite discussion à ce sujet quand tout ceci sera terminé.

- Servilus, gronda Sirius, je t'interdis de t'en prendre à mon filleul !

- Sirius ! s'exclama Remus. Harry n'était pas au courant !

Avant que l'enseignant puisse poursuivre un sermon inutile, Harry intervint avec un sourire un peu plus sincère.

- Hum, en fait... je sais que Sirius est mon parrain depuis les premières sorties à Pré-Au-Lard, avoua-t-il. C'est comme ça que j'ai commencé à avoir des doutes.

Sa déclaration laissa les deux Maraudeurs bouche bée et Rogue surpris. Cependant, le garçon à la cicatrice se rappela du sujet qui restait à aborder et perdit son sourire avant que quelqu'un réponde.

- Vous êtes sûrs que Croûtard est Peter Pettigrew ?

- Il y a un moyen très simple de s'en assurer, affirma Rogue avec mépris. Lupin, faites léviter ce rat pour qu'il ne s'échappe pas. Black, fait disparaitre cette fichue cage et rends-moi ma baguette !

- Je ne reçois pas d'ordre d'u-eoumphf ! Remus !

Le professeur de Défense avait envoyé un léger coup de coude dans les côtes de l'Animagus pour l'empêcher de finir sa phrase. Apparemment, le regard qu'ils échangèrent suffirent à calmer Sirius et à lui faire accepter la décision du directeur de Serpentard. En grommelant, l'évadé attendit que le rongeur soit en l'air pour annuler son sort, et lança la baguette au professeur. Remus amena le rat – qui couinait toujours – devant Rogue pour qu'il puisse lancer le sort sans que l'animal s'échappe.

- Reverte Animagus !

Sous les yeux écarquillés des trois élèves, le rat se mit à enfler dans un tourbillon de magie, jusqu 'à se transformer en un petit homme replet au regard paniqué, qui sauta en direction de la porte. Remus lui bloqua toutefois le passage et l'envoya valser au centre de la pièce, où l'animagus dirigea un regard fou tout autour de lui jusqu'à apercevoir le garçon à la cicatrice.

- Harry ! le pressa-t-il en se précipitant vers lui. Tu ne vas pas les laisser me tuer, pas vrai ? J'étais un ami de ton père, James ne voudrait pas qu-

- COMMENT OSES-TU !? hurla Sirius.

Abasourdi, Harry vit son parrain attraper Pettigrew avant que celui-ci le touche et le jeter au sol avec une force insoupçonnée. Apparemment, même sans baguette et affaibli physiquement, Sirius Black n'était pas quelqu'un qu'il fallait sous-estimer.

- Comment oses-tu prononcer le nom de James devant Harry !? Comment oses-tu même lui parler ou t'approcher de lui après ce que tu as fait !?

- Je ne voulais pas les trahir, gémit Peter en se recroquevillant. Mais le Seigneur des Ténèbres m'a menacé, tu ne sais pas quels pouvoirs il a... qu'est-ce que tu aurais fait à ma place ?

Severus observait la scène avec un dégoût profond. Sa rancune envers Black pour leurs années à Poudlard n'avait pas diminué d'un iota, même en le voyant dans un état aussi misérable. Toutefois, apprendre que ce n'était pas lui qui était responsable de l'assassinat de Lily avait fait disparaitre son désir de lui faire connaître un sort pire que la mort. Ou plutôt l'avait redirigé vers Pettigrew. Et le Serpentard n'avait pas l'intention d'empêcher Black ou Lupin de tuer le misérable lâche si tel était leur plan.

Une mort rapide était très certainement le sort qui attendait l'imbécile s'il continuait à débiter ce genre de phrase stupide. Suggérer une telle chose à un pur Griffondor tel que Sirius Black ne pouvait mener qu'à une seule – et prévisible – réponse.

- J'aurais préféré mourir ! rugit Sirius. Mourir plutôt que trahir mes amis !

À côté du lit, mais toujours dos à ses amis, Harry regardait ce qui se passait sous ses yeux. Du peu qu'il avait compris du caractère de son parrain et de l'état dans lequel il était, le Golden Boy était presque certain qu'il allait tuer Pettigrew. Les yeux émeraudes se posèrent sur l'homme en question.

Un petit homme grassouillet à face de rat et aux vêtements marrons sales, qui exsudait la fausseté et la lâcheté par tous les pores de sa peau. Le genre de personne qui ferait toujours passer sa propre survie avant celle des autres, qui n'hésiterait pas à sacrifier ses amis pour se sauver, et qui se cacherait toujours derrière plus puissant que lui pour justifier ses actes.

Son regard se posa ensuite sur Rogue, qui avait l'air parfaitement à l'aise avec l'idée de ne pas intervenir. Puis sur Lupin, qui semblait prêt à faire payer le responsable de la mort de ses amis. Et enfin sur Sirius, dont l'air déterminé ne laissait pas la place au doute sur son intention de tuer Pettigrew. En un éclair, Harry prit sa décision.

- Ne le tuez pas, annonça-t-il clairement.


N/A bis : est-ce que ça compte comme un cliffhanger ? Meh, dans le doute, la suite arrivera dans deux semaines, donc vous allez de voir faire avec :p