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Chapitre 36

Ça faisait longtemps que Nori n'était pas allé voir Black-Pearl et il s'en voulait. En une semaine, il n'y était allé que deux fois, alors que le type qui était hébergé dans les cachots avait eu le plaisir (tout relatif, cela va sans dire) de le voir plus souvent. C'est pour ça qu'il avait décidé d'aller lui tenir compagnie ce soir.

-Hello ma belle !

Elle avait dû le sentir venir parce qu'elle s'était mise à piaffer dans son box et les palefreniers en charge des animaux n'avaient pas osé s'approcher d'elle pour voir ce qu'elle avait. La taille de la jument noire comme le charbon les avaient impressionnés dès qu'elle était arrivée et depuis, même si elle n'avait jamais posé le moindre problème, ils n'étaient pas vraiment rassurés...

Elle n'était pas la seule d'ailleurs, Hasufel leur faisait le même effet. En fait, il n'y avait que le cheval acheté en cours de route pour servir de monture à Ruppert qui ne leur faisait pas peur. Peut-être parce qu'il était un cheval "normal" à leurs yeux, et pas un animal elfique sûrement dressé pour faire du mal aux nains...

Nori sortit une friandise de sa poche et tendit sa main à Black-Pearl qui renifla avant de la saisir délicatement entre ses dents et de la croquer bruyamment.

-C'est bon ?

Black-Pearl hennit avant de baisser sa tête et de frotter ses naseaux doucement contre la main de Nori qui la gratouillait. Les deux nains qui s'occupaient des écuries regardaient le spectacle avec la bouche grande ouverte. Jamais il n'avait vu un cheval se comporter de la sorte et encore moins avec un nain !

Même si celui qui était à côté d'eux était en mission pour le compte du roi Thorín Oakenshield, ils connaissaient sa réputation et elle n'était pas spécialement bonne. Mais ils n'avaient certainement pas envie de lui faire la moindre remarque. Les rumeurs disaient que des personnes mal intentionnées ou qui s'en étaient prise à des proches avaient mystérieusement disparues.

Et Mahal savait qu'il n'y avait pas de fumée sans feu...

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Bilbo était toujours assit, les mains sur ses cuisses et la tête baissée.

-Alors ? Qu'est-ce que je ne dois pas savoir ? Répéta Thorín, un peu agacé.

Kíli tentait désespérément d'attirer l'attention de Oín et de lui faire comprendre de ne pas trahir Bilbo, mais le docteur était apparemment réfractaire aux mimiques du prince et le regardait d'un air dubitatif.

-Tu sais ce qu'est la vision périphérique, Kíli ? S'exclama Thorín sans pour autant regarder son neveu.

-Moi je sais ! Lui répondit Bilbo en levant le doigt.

Si la situation n'avait pas été si bizarre, les trois nains auraient presque pu rire en voyant le hobbit, assit sur une chaise et trépignant d'impatience en ayant le bras levé, comme s'il attendait qu'un éventuel professeur l'autorise à donner la réponse. Mais en voyant l'air pincé de Thorín et celui fataliste de Kíli, Bilbo se mit à rougir en se rendant compte de l'image qu'il devait donner et qui était fort peu digne de son nouveau statut.

Et puis il éternua une fois, puis deux.

-Tu es malade ? S'inquiéta Thorín en s'approchant vivement de lui.

-Non ! Lui répondit-il en reniflant peu élégamment.

-Et tu penses vraiment que je vais te croire ? Oín, fait quelque chose ! Ordonna-t-il au docteur rudement.

-J't'ai pas attendu, mais faut qu'ça fasse effet. Rétorqua celui-ci.

Thorín grimaça sous le reproche à peine dissimulé et ça le démangeait fortement de répliquer, mais il se retint. Il savait que depuis qu'il avait accepté le fait d'avoir un One, il était un peu irrationnel dès que celui-ci était concerné, mais ce n'était pas demain la veille qu'il l'avouerait...

-J'ai juste éternué, ça arrive à tout l'monde ! S'exclama Bilbo.

Bon d'accord, ce n'était pas la première fois, et vu comme son nez le démangeait, ça ne serait pas non plus la dernière. Il avait de plus en plus chaud et quand il baissa la tête, il vit qu'il était toujours habillé avec ses vêtements d'extérieurs. Il soupira de soulagement en se disant que ça irait certainement bien mieux s'il n'était pas couvert autant, alors il retira son bonnet, son écharpe avant de s'attaquer aux boutons de son manteau fourré.

Mais pourquoi ses doigts étaient engourdis ?
Et pourquoi il avait une soudaine et énorme envie de dormir ?

-C'est quoi le truc que vous m'avez donné ? Demanda-t-il suspicieusement à Oín.

-Du thym et de la fleur de camomille, pourquoi ?

-Pour rien...

Bilbo n'avait aucune envie de subir la surprotection du roi alors il n'avoua pas son irrésistible envie d'aller se coucher. Ça devait être la digestion. Il avait apparemment un peu trop abusé du thé et des brioches et... et il ne put retenir un bâillement qu'il tenta vainement de cacher en mettant sa main devant sa bouche.

-Je crois que quelqu'un va aller se coucher assez tôt ce soir... et ne discute pas avec moi, rajouta doucement Thorín alors qu'il se baissait pour se mettre à la hauteur des yeux de Bilbo qui avait commencé à ouvrir la bouche pour lui répondre, je t'ai vu t'amuser cet après-midi avec Kíli et si l'air vivifiant de l'hiver ravigote, il a aussi tendance à fatiguer quand on en abuse...

-Mais j'veux pas dormir... il est encore tôt !

-Alors juste une sieste, histoire que tu ne tombes pas d'épuisement le nez dans ton assiette ce soir ?

Thorín avait l'impression de retourner en arrière, quand il s'occupait de Fíli et Kíli, et qu'il devait trouver des arguments pour envoyer les deux garnements au lit.

Bilbo n'était pas son neveu et il n'était plus un enfant, même s'il était très jeune, mais son instinct protecteur avait refait surface en voyant le nez et les joues un peu rouge de son petit compagnon.

-Une sieste ? Mais je suis plus un bébé ! S'exclama Bilbo en se redressant.

-Et si je te tiens compagnie ? Lui susurra Thorín à l'oreille.

C'était un coup de poker. Soit Bilbo acceptait et afin que leur relation n'empire pas plus, il se contenterait de le tenir dans ses bras et en profiterait pour se reposer également, soit il refusait catégoriquement et il serait bon pour retourner passer ses nuits sur le canapé du salon. Quand ils récupéraient leurs appartements, parce que la chambre qu'ils occupaient en ce moment n'en avait pas...

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Sacré dilemme que Bilbo se demandait comment gérer. D'un côté, il avait vraiment envie de retourner dans sa chambre et dormir pendant des heures, mais de l'autre, il voulait profiter de la soirée et ne pas passer pour un bébé qui réclamait son lit dès qu'il avait un coup de fatigue.

La proposition de Thorín le tentait beaucoup, même s'il se demandait si le roi n'en profiterait pas pour réclamer un peu plus que ce qu'il lui avait accordé. Mais il savait qu'il avait tort de penser ça. Le nain avait prouvé à plusieurs reprises qu'il était digne de confiance et il n'avait jamais abusé de son statut royal pour exiger quelque chose qu'il ne se sentait pas encore en mesure de lui accorder...

Il savait ce qu'il avait, ce n'était pas la première fois qu'il avait ces symptômes, mais quand ça lui était arrivé alors qu'il était avec les frères, il n'avait jamais eu la chance de pouvoir dormir dans un lit douillet et chaud, bien au contraire. La vue d'un petit être maladif, maigre et boiteux inspirait la pitié auprès des personnes qu'ils croisaient. Et Ruppert en profitait largement...

Et puis, s'il se reposait, peut-être que son rhume l'embêterait moins ?

Il passa une main fébrile sur son front et le frotta un peu, comme s'il pouvait faire disparaitre la douleur sourde qui pulsait derrière ses yeux et qui n'avait pas cessé, malgré l'infusion que lui avait donnée Oín, mais il savait que ça ne partirait pas de sitôt. Alors il capitula. Après tout, il avait bien profité de sa journée et ne regrettait pas d'avoir suivi Kíli, même si au début, il s'était demandé s'il n'avait pas fait une énorme erreur.

-Je veux bien... Murmura-t-il en levant la tête et en regardant Thorín.

Le sourire qu'il vit sur le beau visage du nain lui fit battre le cœur un peu plus vite.

Oh Yavanna... comment un simple sourire peut-il le rendre si irrésistible ?

Il était injuste, il le savait. Thorín n'avait pas besoin de sourire pour être attirant, mais c'était si rare de voir le roi se laisser aller qu'à chaque fois, c'était un réel plaisir...

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Après avoir caressé longuement la robe noire lustrée de Black-Pearl tout en lui parlant, Nori avait refermé la porte de son box.

-J'reviens, fait pas d'bêtises, d'accord ?

La jument secoua la tête en hennissant bruyamment, comme si elle essayait de lui faire comprendre qu'il disait vraiment n'importe quoi...

Comme par hasard, les palefreniers avaient tous les deux eu quelque chose à faire non loin de la stalle ou le cheval elfique était hébergé et ils avaient suivi avec attention tout ce que le nain de la Montagne Solitaire avait fait avec elle. C'était toujours un spectacle sidérant de voir l'immense bête noire comme la nuit se comporter comme si elle prenait soin de son petit cavalier, comme si elle écraserait sous ses sabots ceux qui oseraient lui faire le moindre mal.

Ils en avaient un peu peur, mais ils ne pouvaient pas s'empêcher d'être admiratifs et puis Nori revint et, les mains dans le dos, il s'approcha d'elle.

-Est-ce que tu sais c'que j'ai ?

Black-Pearl hocha la tête en hennissant de plaisir. Son odora développé lui avait dit qu'elle allait avoir droit à une friandise qu'elle n'avait pas croquée depuis qu'elle avait quitté son confortable box à Greenwood, même si elle n'avait pas été négligée lors de son voyage.

Sortant des carottes d'un petit sac, il lui en donna une qu'elle avala presque en une bouchée. Etonné par ce comportement, Nori se tourna vers les employés des écuries.

-Vous la nourrissez correctement, j'espère ? Leur demanda-t-il d'un air peu amène.

Les deux nains hochèrent vigoureusement la tête.

-C'est pas l'impression qu'elle donne...

-Elle a droit à deux portions d'avoine et de la paille fraiche tous les jours ! Lui assura l'un des nains.

-Quand elle nous laisse entrer... Rajouta l'autre tout bas.

-Quoi ? Vous voulez dire qu'elle mange pas tous les jours ? S'emporta Nori.

-Non ! Non c'est pas c'que j'ai voulu dire ! J'ai dit ça juste pour la paille ! Elle a ses seaux d'avoine tous les jours ! Mais elle a son caractère et nous laisse pas toujours nettoyer par terre. C'est qu'j'ai pas envie d'me prendre un coup d'sabot !

Nori faisait face aux nains et les regardait d'un air qui leur faisait froid dans le dos. Puis il se tourna vers la jument.

-A partir de maintenant, tu vas les laisser nettoyer sans discuter ! Lui dit-il en croisant les bras.

Black-Pearl s'ébroua et hennit, mais Nori ne bougea pas d'un pouce.

-Bon, tu fais comme tu veux Dushin-Mizim, mais si tu veux d'autres carottes, tu sais c'qui t'reste à faire... moi qui voulais passer la nuit avec toi pour t'tenir compagnie, tu m'déçois... j'm'en vais...

Nori ne fit qu'un pas avant de se sentir tirer en arrière. Black-Pearl avait saisi délicatement un bout de sa veste entre ses dents et l'empêchait ainsi de partir.

-Bon d'accord, je reste, mais j'te préviens, à la moindre entourloupe, j'm'en vais !

Sans se soucier des deux nains qui n'avaient pas pris soin de la jument autant qu'il l'aurait voulu, Nori prit une couverture et attendit qu'elle se couche avant de s'installer. Puis il sortit un de ses nombreux couteaux et s'employa à l'aiguiser.

Il aimait ses amis et sa famille et il aimait passer du temps avec eux, mais sa vie avait changé depuis qu'il avait suivi celui qui était devenu le roi des nains, Thorín Oakenshield. Et même si parler avec eux du temps où il n'était pas sûr de survivre pour voir la journée du lendemain lui rappelait presque autant de bons que de mauvais souvenirs, il aimait la tranquillité.

Rester avec Black-Pearl l'apaisait et il décida qu'à partir de maintenant, il passerait la voir au moins une fois par jour...

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Comme Kíli s'était fait prendre, Bilbo n'avait pas sa canne et il peinait à suivre Thorín, qui pourtant, marchait lentement. Et même si le roi n'avait rien dit contre lui ou son neveu, il ne pouvait pas s'empêcher de se demander si le jeune prince n'allait pas avoir droit à un sermon carabiné.

-Est-ce si stressant de marcher à mes côtés ? Tu n'as pas à avoir peur, tu sais, tu n'as rien fait de mal.

-Kíli non plus ! Rétorqua Bilbo. C'est moi qui suis allé le chercher parce que maitre Balín m'a dit que comme il avait neigé, il croyait que j'voulais en profiter et il m'a dit que les cours étaient finis ! Moi, j'voulais juste lire mon livre, mais il a dit que j'pouvais faire de la luge et des batailles de boules de neige ! J'savais même pas qu'on pouvait faire ça ! Et la luge, j'en avais jamais fait ! Tu savais qu'on pouvait faire un nain de neige en s'couchant et en remuant les bras et les jambes ? Moi j'savais pas ! S'emballa le hobbit.

Thorín souriait en le regardant faire de grands gestes avec ses mains. Il ne l'avait jamais vu si enthousiaste et ça lui réchauffait le cœur, même si ce n'était pas lui la cause de sa bonne humeur.

-Et puis on a glissé sur la rivière gelée ! Heureusement qu'j'avais des bottes parce que sinon, j'aurais pas pu l'faire, même si au début, j'avais un peu peur, mais c'est trop drôle ! Kíli est tombé plusieurs fois sur les fesses, mais j'suis sûr qu'il a fait exprès... et... et... atchoum !

Thorín, qui jusqu'ici avait le sourire aux lèvres le perdit rapidement en entendant Bilbo éternuer. Le hobbit avait raison, ce n'était pas grave et ça ne durerait probablement pas plus qu'une journée, le temps qu'il se change et se réchauffe, mais il était quand même inquiet.

Son One avait été grandement affaiblit après toutes ces années de mauvais traitements et même si maintenant, il paraissait bien mieux, il faudrait encore du temps avant qu'il recouvre une santé complète et satisfaisante.

-Je crois qu'un bon bain chaud s'impose... Dit-il alors.

-Ouais... ça m'blairait bien... désolé, j'ai l'dé bouché... Rajouta-t-il en voyant les sourcils froncés du nain.

Ils avaient encore du chemin avant d'arriver à l'étage réservé aux membres de la famille royale et plus ça allait, plus Bilbo marchait difficilement. Et pour une fois qu'il n'aurait pas dit non, Thorín ne lui avait pas proposé de l'aider. C'est en soufflant et en boitant encore plus qu'il s'appuya quelques secondes contre le mur, à côté de la porte de leur chambre, en attendant que le nain l'ouvre.

-Déshabille-toi pendant que je fais couler ton bain. Lui dit le roi avant de le laisser entrer.

Trop fatigué pour le remercier, Bilbo se traina jusqu'au lit sur lequel il se laissa tomber en soupirant. Il ferma les yeux, se les frotta avec ses mains serrées en poing et renifla une fois encore. Son nez bouché le gênait pour respirer, il avait du coton plein la tête et sa gorge commençait sérieusement à lui faire mal à chaque fois qu'il avalait.

-Bon sang... j'en tiens une bonne... Marmonna-t-il.

-J'ai cru remarquer...

Bilbo n'ouvrit même pas les yeux. Il se doutait que la tête que faisait le roi ne serait pas des plus avenantes en constatant son état.

-Ça pass'ra...

-Veux-tu que je t'aide ?

-A quoi faire ?

-A retirer tes vêtements... à moins que tu ne veuilles en profiter pour les laver ? Mais dans ce cas, je ne suis pas sûr que le personnel qui s'occupe de la lingerie soit ravi que tu leur ôtes leur travail...

-J'ai la flemme...

-Alors laisse-moi t'aider, tu veux bien ? Le pria Thorín en s'approchant, mais sans le toucher.

Bilbo inspira profondément avant de tousser et il se mit sur le côté alors qu'il peinait à retrouver son souffle.

Thorín devait se retenir de toutes ses forces pour ne pas le ramener aussi sec à l'infirmerie, mais il n'avait pas vraiment envie de le laisser dans une pièce toute simple et avec un confort minimaliste. Dans leur chambre, il serait bien plus à l'aise et s'il le fallait, Oín pouvait toujours venir l'ausculter ici.

-J'en ai marre... Ronchonna Bilbo qui venait d'éternuer.

-Bilbo... Ronchonna Thorín qui n'appréciait plus vraiment l'entendre parler de cette façon.

-Ouais je sais... tu peux m'enlever mes bottes, s'il te plait ? Je crois que je vais avoir du mal à le faire...

Thorín se mit à genoux aussitôt et détacha les lacets avant de tirer doucement. Il ne savait pas trop quoi penser du gémissement de soulagement que lâcha Bilbo et il continua en lui retirant également ses chaussettes.

-Je vois que tu es bien chaussé...

-C'est Kíli... il a dit qu'on devait aller chez le cordonnier et il m'a même choisi des chaussettes toutes douces. J'en avais jamais eu des comme ça...

Thorín pensa aussitôt qu'il devrait remercier son neveu. Non seulement il avait eu la présence d'esprit de lui faire confectionner des bottes à sa taille mais il avait également réussi à faire rire Bilbo. Et son choix de chaussettes était judicieux, parce qu'elles étaient fines et de bonne qualité, même si les pieds de Bilbo étaient un peu rouges.

-Lève un peu tes fesses, je vais te retirer ton pantalon...

Bilbo s'exécuta puis il se tortilla un instant sur le matelas avant de lever les bras, tout en gardant les yeux fermés. Thorín lui prit doucement les mains et l'aida à s'assoir avant de lui retirer son pull, puis sa chemise et enfin son maillot de corps. En culotte, Bilbo se laissa descendre du lit, mais dès que sa mauvaise jambe toucha le sol, elle plia sous son poids.

S'attendant plus ou moins à quelque chose comme ça, vu l'état de fatigue évidente de son compagnon, Thorín le saisit sous les bras et le porta.

-Tu n'avais qu'à le dire, tu sais ?

-Quoi ? Marmonna Bilbo à moitié endormi.

-Que tu voulais que je te porte...

-J'attendais qu'tu l'proposes...

-Ça me démangeait de le faire, mais je voulais que tu fasses le premier pas.

-Tu vas rester à côté de moi ?

Se demandant de quoi il parlait, Thorín le regarda en plissant un peu les yeux.

-Quand je prendrais mon bain... Lui expliqua alors Bilbo.

-Tu veux ?

-J'en sais rien...

-Je vais rester. Tu as l'air de pouvoir t'évanouir d'épuisement et je ne voudrais pas que tu te noies.

-Mmm... ok...

Thorín poussa la porte de la salle de bain avec son pied et le posa près de la baignoire.

-Il faudrait que tu retires ton sous-vêtement...

A moitié chancelant, à la fois par la fièvre et par la fatigue, Bilbo passa ses pouces sous l'élastique de sa culotte et la baissa jusqu'à ses cuisses, puis, il s'accrocha aux bras de Thorín et bougea jusqu'à ce qu'elle tombe par terre toute seule.

-A y est...

Sans attendre, Thorín le saisit doucement sous les bras et le posa à l'intérieur de la baignoire.

La différence de température entre l'air et l'eau chaude fit violement frissonner Bilbo qui couina en se laissant glisser jusqu'à ce que l'eau atteigne ses épaules.

-J'crois bien que j'vais rester ici, j'suis bien... Marmonna-t-il en penchant la tête en arrière.

-Tu seras mieux sur le lit pour dormir. Allez, fait un effort pour te laver et après tu pourras te reposer.

Thorín lui donna une éponge de bain et du savon avant de se tourner, afin de lui laisser une certaine intimité. Il l'avait déjà vu nu, il avait même fait plus que le voir nu, mais l'instant présent n'était pas du tout propice à ce genre d'activité. Thorín grimaça en pensant que de toute façon, vu l'état dans lequel il était, ce n'était pas près de se renouveler...

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Bilbo avait du mal à garder les yeux ouverts. Il faisait confiance au docteur et il savait qu'il ne lui aurait rien donné d'autre que ce qu'il lui avait dit. Mais alors pourquoi était-il aussi fatigué ?

Il avait passé plus de la moitié de sa vie au grand air, sans avoir plus qu'un pantalon, une chemise et une vieille veste. Vêtements qu'il avait eus lors de sa dernière "adoption", qui étaient plus qu'usés et qui devaient même être à la poubelle à présent.

Sans chaussettes, avec des bottes pas du tout adaptées à ses pieds, il avait souffert du froid, de la faim et de la torture à la fois mentale et physique. Mais depuis qu'il était à la Montagne Solitaire, il était au chaud, il avait à manger autant qu'il voulait et il dormait dans un lit extrêmement confortable.

Autant dire qu'il s'était considérablement ramolli. Et si en plus il rajoutait le fait qu'en une quinzaine de jours, c'était la première fois qu'il prenait l'air, finalement, c'était normal qu'il soit fatigué...

Thorín était toujours dans la salle de bain, mais il lui tournait le dos pour plier des serviettes qui n'en avaient absolument pas besoin et Bilbo se mit à sourire en le voyant faire. Le plus majestueux, le plus royal et le plus magnifique des nains qu'il ait jamais rencontré essayait de le protéger tout en préservant son intimité.

-Je crois pas que les personnes qui s'occupent du linge apprécieront que tu fasses leur boulot...

Thorín se retourna et quand il vit le petit sourire narquois du hobbit, il se moqua de lui-même et reposa la serviette avant de s'approcher de la baignoire.

-As-tu fini ?

-Je crois que si j'reste un peu plus longtemps, mes doigts vont ressembler à des saucissons...

-Alors il est temps que tu sortes. Je t'aide ? Proposa Thorín.

-J'veux bien... Lui répondit Bilbo en tendant les bras.

Mais le roi s'éloigna et prit une immense serviette sur une étagère avant de revenir près de lui et de la poser sur une chaise tout près puis il remonta un peu les manches de sa tunique avant de se pencher et de saisir son compagnon sous les bras.

-Tu peux tenir debout le temps que je prenne la serviette ? Lui demanda-t-il doucement.

-Ouu... ou... oui... Balbutia Bilbo en claquant presque des dents.

Il faisait bon dans la salle de bain, même très bon, mais Bilbo fut pris d'un terrible frisson alors qu'il avait ses doigts crispés sur le bras de Thorín. Le nain serra les dents en l'entendant et se dépêcha de l'envelopper et de le sortir de la baignoire.

En temps normal, il aurait fait attention à ne pas ruiner le travail du personnel qui faisait le ménage, mais là, il s'en fichait complètement. Pour lui, la santé de son compagnon primait et les traces d'eau qu'il laissait alors qu'il se dirigeait vers le lit ne l'inquiétèrent pas.

-Je reviens... Lui dit-il après l'avoir posé sur le matelas.

Bilbo s'emmitoufla dans la serviette et ferma les yeux. Il aurait pu s'endormir si seulement il n'avait pas eu si froid et si les gouttes qui tombaient de ses cheveux encore mouillés et qui lui dégoulinaient dans le dos ne le faisait pas trembler.

Bon, là c'était sûr, il avait chopé une bonne crève...

-Zut...

-Pourquoi tu dis ça ? S'étonna Thorín.

-J'ai la crève... Ronchonna Bilbo juste avant d'éternuer. Un rhume si tu préfères, rajouta-t-il en voyant l'air interrogateur du nain.

-On est en hiver, ça peut arriver. Même si les nains ne sont pas sujets à cette maladie, on sait que les hommes peuvent l'avoir. Et apparemment, toi aussi...

Thorín le voyait frissonner et lui frotta le dos avant de retirer la serviette humide, le laissant nu sur le lit.

-Glisse-toi sous les draps...

Sans plus réfléchir, de toute façon son cerveau avait décidé de faire une pause, Bilbo obéit et remonta la couette jusque sous son nez. Ses cheveux humides lui donnaient froid, mais il n'avait plus la force de bouger. Tant pis pour les draps. Et il avait déjà chopé un bon rhume, ça ne pouvait pas être pire...

Mais Thorín était revenu avec une autre serviette et lui leva la tête avant de frotter les boucles dorées.

-Ça sera mieux comme ça... voilà...

Le nain reposa doucement la tête de Bilbo qui soupira de plaisir en se recouvrit presque entièrement avec les draps. Mais une petite main sortit soudainement et tâtonna jusqu'à ce que les doigts touchent la fourrure du loup avant de la tirer le plus haut possible.

Un "mummm" parfaitement audible fit légèrement sourire Thorín qui secoua la tête de dépit deux secondes après. Depuis que le hobbit était dans la montagne et surtout, depuis qu'il l'avait reconnu comme son One, il n'avait jamais connu autant de haut et de bas dans sa vie.

Le devoir d'un roi n'était pas distrayant, il était le plus souvent ennuyeux et rébarbatif. Mais il devait avouer que depuis qu'il était là, aucune de ses journées n'avaient été calme. Et ce n'était pas du tout un reproche...

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Kíli était allé dans sa chambre afin de se changer lui aussi. Il ne regrettait pas d'avoir emmené Bilbo dehors, mais il aurait dû faire plus attention. Il savait que le hobbit était encore faible, que sa jambe, même si elle paraissait guérie, en aurait encore pour un bon bout de temps avant de recouvrer une totale mobilité.

Mais il se mit à sourire, il avait de la chance, son oncle ne l'avait pas tué sur place !

... Pour se renfrogner aussitôt en pensant que s'il ne l'avait pas fait, c'était parce qu'il avait été plus préoccupé par la santé du hobbit. Ce court répit ne le rassura pas, même si lui et Fíli n'avaient pas été souvent puni par leur oncle qui croyait plus en une explication qu'à la punition corporelle.

Bon, s'il était franc, ils avaient quand eu droit à une bonne fessée quand ils étaient jeunes. Et Thorín leur avait donné à chaque fois devant leur mère qui n'avait jamais rien fait d'autre que de croiser les bras et le regarder faire sans montrer aucune objection.

L'humiliation d'être cul-nu sur les genoux de leur oncle aurait dû les retenir de faire d'autres bêtises mais même s'ils regrettaient leurs exactions, la tentation était à chaque fois plus forte que tout. Depuis qu'il était adulte, Kíli n'avait plus jamais rien fait qui méritait une fessée. La pensée de se retrouver les fesses à l'air sur les genoux du roi le fit sourire et en même temps grimacer. Il avait largement passé l'âge d'être dans cette position !

Un frisson lui rappela qu'il était là pour changer de vêtements et il se déshabilla rapidement avant d'aller dans la salle de bain. Il avait toujours préféré les bains publics, mais là, il n'avait pas le temps de descendre. Il voulait avoir des nouvelles de Bilbo et il se dépêcha de se faire couler un bon bain.

Vingt minutes plus tard, il ressortait de sa chambre et prit la direction des appartements de son oncle...

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Ça ne faisait qu'une semaine qu'ils étaient aux Montagnes Bleues, mais il avait l'impression que ça faisait des jours et des jours. Passés les premiers temps et l'exaltation d'avoir réussi à capturer un violeur, Legolas s'ennuyait ferme. Et dire qu'il devrait rester encore des mois avant de reprendre la route !

Mais pourquoi avait-il dit oui à Nori ?

Parce que le nain avait eu raison quand il avait dit qu'il s'ennuyait. Etre l'unique héritier du roi des elfes n'était pas quelque chose de distrayant mais fort heureusement, son père était loin de vouloir partir vers les terres immortelles et il avait donc le temps de se faire à l'idée qu'un jour, il s'assoirait sur le majestueux trône et porterait une couronne.

Legolas grimaça en s'imaginant porter ce truc fait de brindilles ou de fleurs sur la tête. Mais il soupira en pensant que de toute façon son destin tout tracé ne lui laissait pas le choix...

Il était tard et il n'était pas sorti chasser comme à son habitude. Le cuisinier l'avait remercié à chaque fois qu'il avait ramené du gibier, mais Dís lui avait gentiment demandé de ne plus le faire. Les réserves de nourriture ne souffriraient pas trop en ayant trois bouches de plus à nourrir et elle lui avait dit de laisser les animaux tranquilles.

Sigrid avait souri en regardant sa belle-mère et l'avait approuvé en baissant légèrement la tête. Les nains étaient tous des gros mangeurs de viande mais ils prenaient soin de la nature et s'ils ne manquaient de rien, ils savaient économiser la nourriture. Pas comme ceux du royaume de la Montagne Solitaire qui, s'ils ne gaspillaient pas, ne faisaient pas vraiment attention...

Il ne savait pas où était Nori mais il le suspectait d'être descendu aux écuries pour tenir compagnie à Black-Pearl. Du coup, il se fustigea de ne jamais être allé voir Hasufel et de ne même pas s'être inquiété de son bien-être. Pour un elfe, c'était limite un crime de ne pas prendre soin de sa monture et il voulait se rendre compte par lui-même si son cheval était aussi bien traité que lui.

La soirée était douce au coin du feu et le repas avait été léger mais de qualité. La jeune princesse humaine avait pris soin de prévenir les cuisines qu'il fallait plus de légumes à table, et il avait été rassasié. Une petite balade aux écuries ne lui ferait donc pas de mal.

-Je vais vous laisser, j'aimerais aller voir mon cheval. Pourriez-vous m'indiquer le chemin ?

-Je vais vous accompagner, il est facile de se perdre dans tous ses couloirs. Ça ne te dérange pas ? Demanda Fíli en regardant Sigrid.

-Pas du tout !

Après un rapide baiser sur la joue de sa jeune épouse, Fíli sortit du salon en invitant l'elfe à le suivre. Ils descendirent bon nombre de marches et passèrent une lourde porte en bois bardée de fer. Le nain en armure qui la gardait s'inclina avant de prendre une énorme clef dont la complexité laissa Legolas perplexe.

-Vous avez peur qu'on vous vole vos montures ? S'étonna-t-il.

-Avant d'être des écuries, ces salles étaient des cachots...

-Vous aviez tant d'ennemis que ça ?

-Ils existaient bien avant qu'on arrive ici, je ne peux donc pas vous en dire plus. Et les salles n'avaient pas besoin de travaux pour devenir de parfaites stalles pour nos poneys, donc, ils vivent ici.

-Les cachots n'ont pas de fenêtres en principe, ça veut dire que vous les laissez dans le noir ? S'inquiéta Legolas.

-Vous serez surpris de voir comment nous traitons nos prisonniers... Ironisa Fíli en le regardant de travers.

L'elfe grimaça en se rappelant la façon dont son père avait traité les nains quand ils avaient traversé leur forêt, après avoir quitté la Montagne Solitaire. Et il ne pouvait pas leur en vouloir de ressentir de la colère envers ceux de son peuple.

-Je ne suis pas mon père...

-Nous avons la réputation d'avoir le sang chaud, mais nous ne sommes pas rancuniers. Enfin, pas tous... Rajouta-t-il en pensant à son oncle.

Ils étaient arrivés au bout d'un couloir et ayant déjà visité la Montagne Solitaire, Legolas connaissait le goût des nains pour tout ce qui était très grand. Il ne fut donc pas surpris quand ils entrèrent enfin dans une immense caverne très haute de plafond, dont le sol était recouvert de sable.

Des poteaux de bois entouraient le manège et on pouvait nettement voir les traces de pas des animaux. Bizarrement, il y avait des plantes et des arbustes et Legolas se demanda comment cette verdure pouvait vivre ici, quand il leva les yeux et vit plusieurs trous qui lui faisaient penser à des cheminées.

Il se mit alors sous une des ouvertures, mais il ne vit rien et il allait demander à Fíli à quoi ils servaient quand il aperçut de toutes petites lumières blanches. Il devina sans mal que s'étaient les étoiles qu'il voyait.

-Astucieux...

-Et il y en a également dans le couloir des box. Rassuré ? Lui demanda Fíli en souriant.

-Tout à fait. Mais même si nous n'avons pas été toujours en bon terme, je ne vous crois pas capable de priver de lumière vos prisonniers. Et encore moins vos poneys...

-Nous serions effectivement plus enclin à maltraiter ceux qui sont au cachot que nos bêtes qui elles, n'ont pas demandé à vivre ici. ?

-Et donc, vos cellules...

-Sont deux niveaux plus bas. Endroit bien moins agréable à vivre, vous vous en doutez.

Alors qu'il admirait le reste des installations, il entendit un hennissement et bientôt, un palefrenier entra, tirant un cheval gris immense. Legolas sourit quand il remarqua qu'Hasufel était en plutôt bon état, sa belle robe grise était lustrée et il n'avait pas l'air d'avoir manqué de nourriture. Dès que le cheval sentit l'odeur de son cavalier, il se mit à piaffer et le nain qui l'avait amené avait un peu de mal à le tenir.

-Aiya nîn vanima... Sut naa lle sina re ? (1)Lui dit Legolas en s'approchant de lui.

Les nains avaient vu la jument elfique se comporter comme un animal de compagnie quand Nori venait la voir, mais c'était la première fois qu'il voyait le mâle faire la même chose. Et étonnamment, les deux chevaux répondaient à leurs cavaliers alors qu'ils parlaient deux langues différentes.

Après l'avoir caressé, Legolas grimpa sur son dos et lui fit faire quelques tours de manège au trot puis au galop avant de revenir près de Fíli et de descendre de sa monture.

-Il est en parfaite santé. Je vois que vous vous en êtes bien occupé. Merci ! Dit Legolas au palefrenier.

-De rien ! Il est plus agréable qu'l'autre, même si ça va mieux depuis qu'Nori lui a parlé...

-Nori est là ? Leur demanda Fíli.

-Oui votre altesse, il est avec elle, le box au fond à droite.

Les deux princes se dirigèrent vers l'endroit indiqué par le nain et, Legolas tenant toujours la bride d'Hasufel, ils s'approchèrent du box et virent la jument couchée, les jambes repliées sous elle et Nori qui se tenait sur son flanc.

-Vous avez enfin décidé d'vous occuper d'votre bête ? Ricana Nori sans lever la tête.

Legolas grogna en entendant le reproche et ne pouvait pas nier qu'il avait raison, mais il n'allait certainement pas se laisser remonter les bretelles par un nain, même si celui-ci avait été un compagnon de voyage plutôt agréable.

-Je suis un prince en visite dans un autre royaume. J'ai des obligations... Répliqua-t-il alors.

Nori renifla tout en continuant de nettoyer son couteau. Fíli reconnaissait bien là le caractère plutôt solitaire de l'espion de son oncle, mais avait toujours du mal à s'y faire.

-Vous devriez aller l'brosser, il est en nage...

Legolas inspira lentement et profondément, se demandant ce qu'il risquait s'il lui prenait l'envie soudaine d'étrangler le nain. Mais il se retint. Même si son père n'appréciait pas ce peuple, il serait très mal vu de se le mettre à dos, surtout depuis que le nouveau roi se montrait plus conciliant que son prédécesseur.

-J'vais m'en occuper si vous voulez ! Déclara alors un employé qui se tenait près de la porte.

-Oui, merci.

Quelques secondes passèrent dans un silence plutôt inconfortable que Nori décida d'abréger.

-Tu passeras l'bonsoir à Sigrid d'ma part...

-Je le ferais, bonsoir Nori. Lui répondit Fíli avant de se retourner.

Legolas se redressa brusquement en entendant la grossièreté avec laquelle il venait de congédier son prince. Il l'aurait bien remis à sa place, mais comme Fíli n'avait rien dit, il le suivit sans rien dire quand il s'éloigna.

Ils refirent le chemin en sens inverse et l'elfe fronça les sourcils alors qu'il regardait tout autour de lui.

-Mais par où les chevaux sont arrivés ? S'étonna-t-il.

Aucune porte n'était visible et ça l'intriguait.

-Ça fait partie des petits secrets que les nains aiment avoir. Vous me pardonnerez de ne pas vous le divulguer... Lui répondit Fíli.

L'elfe comprenait que la montagne devait rester sécurisée. Tout comme son propre royaume était protégé par les illusions que son père maintenait dans la forêt qui entourait l'immense caverne et dans laquelle son peuple habitait. Ils retournèrent à leurs appartements respectifs et Legolas se prépara à passer une autre nuit solitaire.

Pas que ça le changeait, mais la perspective d'un lendemain aussi calme et ennuyeux que tous les jours précédents commençait à lui peser... Mais pourquoi avait-il accepté de suivre le nain ?

**Parce que vous vous ennuyez, votre altesse**

La pensée qu'à la sortie de l'hiver il pourrait reprendre sa "mission" lui remonta un peu le moral. Puis il se prépara et s'allongea sur son lit.

Au moins, les nains lui avaient donné une chambre avec du mobilier à sa taille, c'était déjà ça...

oOoOo

Thorín se demandait s'il allait laisser dormir Bilbo ou s'il allait le réveiller pour qu'il mange. Cela faisait déjà presque deux heures qu'il était couché et il était toujours complètement sous la couette. Il ne connaissait pas les symptômes liés à un rhume parce que les nains n'étaient pas sujets à cette maladie.

D'après Oín, et même Bilbo, ce n'était pas bien méchant, mais la respiration légèrement sifflante l'inquiétait un peu et sa gorge devait vraiment lui faire mal parce qu'il gémissait doucement après chaque quinte de toux. Serrant les poings, il s'éloigna du lit et allait pour sortir et faire mander le docteur quand il se retint.

Oín lui avait dit qu'il devait attendre que ce qu'il lui avait donné fasse effet. Mais deux heures après, ça ne devrait pas être le cas ?
Une autre quinte de toux décida pour lui.

-Allez chercher Oín ! Ordonna-t-il à Kolya qui était de faction à côté de la porte.

-Oui votre majesté.

Sans plus attendre, le garde fila et Thorín allait refermer la porte quand il entendit des pas rapides.

-Mon oncle ! S'exclama Kíli.

Thorín attendit qu'il entre avant de refermer derrière lui.

-Comment va...

La toux sèche qu'il entendit lui fit faire la grimace. Son petit oncle devait souffrir et c'était de sa faute.

-Non Kíli, tu n'y es pour rien. Lui dit alors Thorín doucement, sachant parfaitement ce qu'était en train de penser son neveu.

Etonné, le prince leva la tête et le regarda, n'en croyant pas ses oreilles.

-J'ai entendu Bilbo rire cet après-midi. Et même s'il est malade maintenant, je ne peux pas te reprocher d'être sortit avec lui. Pendant un instant, il a certainement oublié son ancienne vie et il avait besoin de ça...

-Mais j'aurais dû rentrer plus tôt... Marmonna Kíli en baissant la tête.

Thorín lui leva le menton doucement et attendit qu'il le regarde avant de continuer.

-Je ne pense pas que ça aurait changé quelque chose et quand il sera remis, je suis sûr qu'il voudra recommencer.

-J'suis pas sûr de vouloir l'accompagner ce jour-là... Grogna Kíli.

-Et moi je suis sûr du contraire. Tu as pris soin de lui procurer tout ce dont il avait besoin pour passer l'après-midi dehors et tu as géré cette sortie avec brio. Je ne peux pas imaginer un seul instant que tu lui fasses volontairement du mal. Tu as toute ma confiance, Kíli...

Thorín esquissa un sourire avant de s'approcher de Kíli et de passer sa main sur sa nuque, puis il pencha la tête et leurs fronts se touchèrent.

Kíli sentit des larmes lui monter aux yeux...

oOoOo

A suivre...

oOoOo

(1) : bonjour mon beau, comment vas-tu aujourd'hui ?

oOoOo

Et merci de me lire

Ticoeur