A Nevermind555 pour achever ce délire qui me tenait à coeur depuis un moment...

Cette fic découle principalement de l'univers de Nevermind555 et de sa fanfic "The Hadès Team".

Les personnages de Saint Seiya (Juges et Valentine) appartiennent à Masami Kuramada, Lévi appartient à Nevermind555, Crevan alias Undertaker appartient à Yana Toboso. Le reste n'est que pure délire de ma part.

Ce texte inclus un OC spécialement taillé pour cette fic. Par pitié, ne tenez pas trop rigueur des clichés XXD cet OS est surtout un gros texte-délire à prendre avec beaucoup de recul...!


Nom de l'animal en question : Aurore De Verley (appelé aussi Horreur par Minos et Aiacos)

Date de naissance : 8 septembre 19XX

Age : 24 ans

Signe astrologique : Vierge (mais ne l'est plus depuis bien longtemps ….)

Groupe sanguin : AB

Née à : Paris (évidemment attends !) et ses vacances dans la résidence secondaire de papa et maman à la Baule !

Taille : 1m78 (a tapé une crise quand elle a su qu'elle ne pourrait jamais faire de mannequinat)

Poids : 56 kg (mange Bio, scanne tous ses aliments sur son application PerfectBooty, fait du sport 3 fois par semaine entre musculation, zumba, et escalade) (Majorité du temps passé au sport consiste à se prendre en selfies) (sur un coup de colère est capable de manger un mcdo menu XXXXL)

Aime : Sa petite personne, elle et encore elle, aller à la chasse à cours avec son petit papa et ses amis ultra friqués, se prendre en selfie 22H/24H, faire du shopping, les émissions de télé-réalités, aller sur Tinder, l'escalade, faire de la photographie, les réseaux sociaux, draguer les hommes, Paris, l'été, la plage, les cocktails Mojito fraise et Sex on The Beach, les talons hauts, les vêtements ultra chics et sexy, j'ai déjà dit qu'elle s'aimait ? Bien sûr aller en boite et pécho des mecs, sans oublier de se faire offrir des cadeaux tous plus chers les uns que les autres par ses petits copains passagers.

N'aime pas : Les provinciaux, se faire pirater son Instagram, qu'une fille soit plus jolie et soit plus populaire qu'elle, qu'on la fasse attendre, les animaux, écouter les autres se plaindre et raconter leurs vies, les ballerines, les jeans troués, les hommes faibles et sans revenus, méprise son petit frère, Thibault, qui a coupé les ponts avec sa famille et est devenu un simple employé de banque, quand sa mère lui dit qu'elle a pris du poids.

Son pseudo Instagram : AuroraLaParisienne

Couleur cheveux : Blonde cheveux bouclés arrivant aux épaules

Couleur yeux : Bleu-vert en fonction du temps parait-il….

Ses parfums préférés : La vie est belle – Lancôme et Aqua Allegoria - Guerlain

A propos d'elle : jolie et agréable à regarder, elle devient vite insupportable à vivre quand on connait ses petits travers….


Paris, au mois de mars.

Journée claire avec peu de nuages. Un temps plutôt agréable pour la saison !

Les juges sont sur Terre pour un mois. Leur job à la start-up est chronophage à souhait et ils ont finalement peu de temps pour les loisirs. Au grand dam de Minos et Aiacos…

Quant à Rhadamanthe, il vivait bien cette situation. Le travail ne l'a jamais dérangé outre mesure. C'était un véritable monstre au bureau prêt à amasser des tonnes de dossier sans sourciller.

Quel monstre de labeur était-il donc ? Parfois les deux rapaces se sentaient si étranger de leur frère…

Minos et Aiacos en parlaient régulièrement autour d'un café au cours d'une pause bien méritée mais trop régulière selon le dragon…

Ce jour-là ne faisant pas exception, les juges aux longs cheveux trainaient autour d'une table haute, installée exprès pour eux, près de la machine à café. Minos avait posé son gobelet sur ladite table, réajustant sa veste de costume grise. Aiacos, prenant appui sur la machine de son avant-bras, la tasse dans l'autre main, était en chemise blanches, manches remontées. Ses fameux bracelets de force toujours aux poignets lui donnaient un aspect des plus virils.

Les deux frangins faisaient durer la pause le plus longtemps possible. La réunion de ce matin avait été des plus longues… ! Et sans Lévi, partie aux vacances au Japon, la charge de travail était plus lourde.

Mia donnait un coup de main en son absence avec Valentine et heureusement…

Minos avait tenté, habilement, de subtiliser Valentine mais le dragon n'avait pas été de cet avis !

Quant à Mia… par Hadès, il valait mieux ne pas tenter le reptile et lui donner une bonne raison de vous arracher les yeux !

Entre soupirs et bâillements à s'en décrocher la mâchoire, le norvégien et le népalais regardaient dans le vide, regard perdu.

C'est finalement le cadet qui décida de rompre le silence :

« Par Hadès ! Quelle journée de merde ! »

Minos acquiesça en haussant les sourcils, dans une grimace tout à fait éloquente :

« A qui le dis-tu… »

Minos en profita pour jeter un coup d'œil du coté des bureaux des employés. Ils avaient l'air encore paumés qu'eux ! Mais plus effrayés aussi… ! Avec un bourreau du travail comme Rhadamanthe à leur fessier, il ne pouvait que les comprendre…

« Où sont Valentine et Mia ? Je ne les ai pas vu après la réunion de ce matin. »

Aiacos essaye de se remémorer le souvenir de la Harpie et su Simurgh ensemble :

« Ils sont partis ensemble à la boulangerie du coin et ont déjeuné avec Rhada dans le bureau. Et après, j'en sais foutre rien… attends, y en a bien un parmi ces pauvres idiots qui doit savoir… Eh ! Antoine ! Tu as vu Valentine et Mia ? »

Le dénommé Antoine, un grand échalas à la touffe blonde et aux yeux bruns, regarda Aiacos ahuri, comme si le Garuda venait de le tirer d'un sommeil profond. Il était à la photocopieuse non loin d'eux :

« Euh… tu veux parler du gars tout fin et de la brunette ? Ils sont partis il y a une heure déjà. »

Il finit de prendre ses photocopies avant de regagner son bureau l'air toujours aussi hagard…

Minos eut un regard dédaigneux devant son look des plus négligés… Sweet ample à capuche et jeans à la couleur délavée. Mouais… pas terrible ce look… ! Il allait devoir lui apprendre ce qu'était le style…

Aiacos, qui intercepta ce regard lourd de conséquences sourit de manière moqueuse :

« Je sais ce que ce regard signifie, Minos.

- Et alors ? Tu n'es pas d'accord avec moi ? On est au travail ici, pas au pauvre cyber-café du coin ! Certains humains s'habillent vraiment comme des pouilleux, et ça me donne un de ces envies de les faire gesticuler…

- Tu vas lui faire la leçon façon méchant Griffon… ? Tu me laisses un bon angle de vue pour que je puisse assister à la scène ? »

L'argenté but son café d'une traite avant d'étirer ses doigts. Un geste anodin qui s'annonçait très révélateur chez lui :

« Fais-toi plaisir. Je vais le renvoyer se rhabiller chez sa mère en moins de deux… ! »

La sentence tombée fit éclater de rire Aiacos :

« J'ai hâte de voir le carnage… mais ne l'abime pas trop psychologiquement. N'oublie pas qu'on est en effectif réduit en ce moment. Je n'ai pas envie que Wyverne nous tombe dessus.

- Pas de soucis de ce côté-là, on aura qu'à l'enfermer avec Mia dans la salle de réunion. En ayant pris soin, au préalable, de lui avoir administrer un puissant aphrodisiaque, dans son café par exemple… »

L'idée éclaira le regard perçant du népalais :

« Hahaha ! Tu es en forme toi, aujourd'hui, malgré les apparences ! La pauvre Mia va finir en fauteuil roulant !

- Elle sait encaisser, ne t'inquiète pas. La preuve, elle en redemande toujours. Quant à Léviathan, à son retour, je lui filerais les pires stagiaires. Et je ne compte pas m'arrêter là… »

Mentionner Léviathan était rare chez Minos depuis quelques temps. S'il le faisait c'est qu'il était en manque de victimes… Aiacos secoua la tête, sans se défaire de son terrible sourire :

« Lâche l'affaire, Minos. C'est ce qu'elle a fait depuis bien longtemps. A l'heure qu'il est, elle doit être à Tokyo, en train de s'envoyer en l'air avec un inconnu.

- Je ne peux pas lâcher l'affaire comme tu dis. Cette débauchée ne peut pas se taper tous les hurluberlus qu'elle veut et se prétendre encore spectre ! Se prétendre encore des nôtres !

- Bien sur que si elle le peut. Je fais quoi moi ?

- Tu sais ce que je veux dire, ne rends la discussion encore plus compliquée…

- C'est toi qui as amené le sujet, je te rappelle ! Accepte qu'elle et toi avez vécu une belle relation mais que maintenant c'est fini.

- Je l'ai initié, je l'ai pris sous mon aile… je ne fais pas ça avec n'importe qui, Aiacos. Je me sens trahi et sali.

- Elle a pris sa décision. Je voudrais bien que tu te la sortes enfin de la tête. Tu vas encore te faire des cheveux blancs…enfin façon de dire… »

Très fier de sa blague, pour le moins pourrie, Aiacos éclata de rire tout seul en ne lâchant pas des yeux la longue chevelure blanche de son ainé. Hilare et riant aux éclats, il se fichait totalement des autres employés et du bruit qu'il faisait. La fatigue et l'ennui lui faisait vraiment dire n'importe quoi !

Minos haussa un sourcil, lèvres pincées :

« Et ça se dit juge des enfers… c'était vraiment nul. »

Le concerné faillit s'étouffer avec son café ! Il se frappa sur la poitrine d'un coup sec, larmes aux yeux ! Le voilà qu'il en pleurait, ce con !

« Tu sais ce que disent les insectes d'ici ? Les cheveux blancs sont tous les mauvais coups qu'on a eus au lit !

- Pfffff… n'importe quoi ! Je sais que je suis difficile sur le physique mais quand même… Tu insinues que je suis un mauvais coup, Garuda ?

- Pas toi, mais tes conquêtes ! Et pour ma part, je peux t'assurer que je ne m'en suis jamais plains… !

- Trop aimable. Bon, allons discuter avec ce grand escogriffe. »

Aiacos, reprit son souffle après cette franche partie de rigolade en solitaire :

« En douceur, Minos, comme tu sais y faire.

- J'ai un doigté de fée, Aiacos ! Tu sais bien ! Lévi est peut-être une trainée mais au moins elle a du style ! »

Le Griffon partit, décidé, vers le bureau d'Antoine :

« Antoine, tu peux venir dans mon bureau. »

Le ton employé ne laissait aucun doute au motif… il ne laissait aucun choix de se rétracter ou de décliner la proposition. C'était un ordre en bonne et due forme !

Le grand blond, aux cheveux décoiffés, le suivit, pas franchement paniqué. Pauvre fou que tu es…

Le dos vouté et le pas trainant… le combo de choc pour énerver Minos… Quand on sait qu'aux enfers, ses soldats avait pour obligation de se tenir droit en sa présence… Oui à Tolomea, on était un peu comme au Bolchoï… !

« Ravi de t'avoir connu, Antoine…ou pas. » Murmura Aiacos en finissant son café

Minos prit soin de laisser son bureau entrouvert pour son diabolique et voyeur de frère…

Aiacos se préparait à savourer la mise à mort… au même moment son rabat-joie d'autre frère, parla à son encontre depuis son bureau, avec sa grosse voix :

« Encore à la machine à café ? Ça fait combien de fois aujourd'hui ?

- Quatre avec celle-ci ! »

Aiacos écourta la conversation imposée pour pouvoir se concentrer sur Minos et sa proie… mais Rhadamanthe, pas vraiment heureux de cette réponse, sortit :

« Si tu ne veux pas finir avec une sonde urinaire dans le slip je te conseille vivement de regagner ton bureau ! »

Aiacos lui intima de baisser d'une note, et murmura :

« Tais-toi ! J'essaies d'écouter… »

La Wyverne, resta interdite, le temps de vite comprendre en glissant son terrible regard doré dans le vaste local. Les employés baissèrent la tête, replongeant dans leur dossier…

Quand ses yeux se posèrent sur le bureau de sire Griffon, un grognement lui échappa :

« Encore en train d'épier ton frère comme un vilain corbeau ? Quel âge tu as ?

- Physiquement 22, mais mentalement plusieurs siècles. Tu ne veux pas assister à un beau spectacle ? Griffon va recadrer l'épouvantail que tu as embauché. Tu nous l'as déniché où celui-là ? Chez le maraicher ?

- L'épouvantail est certes peu convainquant mais au moins, il fait le job. Quant à vous deux, je ne suis pas vraiment sûr que vous fassiez votre part…

- Les ressources humaines sont décidemment pleines d'humour. Quel fléau ces filles ! Je devrais aller incendier leurs bureaux !

- Et qui nous enverrais les jolies petites stagiaires que tu aimes tant reluquer… ?

- Je peux me charger du recrutement si tu veux…

- Hors de question. On n'est pas chez Playboy ici.

- Toujours aussi tendu, Rhada… où est donc passé Mia ? Elle t'a soulagé aujourd'hui ou elle est partie avant ? »

Le muscle sous l'œil de Wyverne tressaillit et ses traits se durcirent davantage. Quel renfrogné !

« Détends-toi, plus que quelques heures avant de lui faire sa fête !

- Tu vas sur un terrain qui ne me plait pas du tout, Garuda. »

Aiacos leva les yeux au ciel. Son grognon de frère était vraiment chiant quand il s'y mettait !

« Oh allez ! Souris un peu ! Tu fais peur à voir, on dirait un huissier ! Je suis sure qu'elle te l'a déjà dit… j'ai raison ?

- Je refuse de nourrir encore plus longuement ton imagination déjà lubrique… tu t'ennuies ? Ça tombe bien, la nouvelle va arriver dans peu de temps. »

Les pupilles mauves d'Aiacos brillèrent d'un éclat tout nouveau :

« Tu aurais pu le dire plus tôt ! Elle est comment ? »

Rhadamanthe croisa les bras sur sa poitrine, soupirant :

« Je ne sais pas. Je ne l'ai pas vu. Je l'ai juste eu au téléphone pour son entretien. Elle peut avoir 20 ans comme elle peut en avoir 52…. Je connais le timbre de sa voix mais rien ne me force à te le dire… Tu vas devoir le découvrir par toi-même ! Elle est en période d'essai pour deux semaines. »

Aiacos fit la moue, imaginant déjà une femme au physique ingrat et au nom aussi excitant qu'une panoplie de casseroles…

« Super… on se marre dans cette boite… »

Le grand blond retourna dans son bureau :

« Je te laisse l'accueillir. Interdiction de lui faire peur, compris ? On ne peut pas se permettre de perdre de la main d'œuvre. »

Aiacos marmonna dans sa barbe, une fois son frère loin de lui :

« Ça… je ne peux pas te le garantir… ce sera selon mon bon vouloir… »

Quelques minutes plus tard, les deux juges tire-au-flanc, avaient reprit le travail, chacun dans son bureau. Quant au pauvre Antoine, il était rentré chez lui illico et avait reçu pour consigne de revenir le lendemain vêtu décemment ! Les collègues l'avaient vu partir étrangement pale et inquiet…

Minos avait fait forte impression sur cette chiffe molle. Garuda avait loupé cela mais pour le moment, il avait autre chose en tête :

Aiacos ne sentait pas cette nouvelle recrue… Il faut dire qu'il avait une intuition assez développée et qu'elle lui faisait rarement défaut ! Il sentait que cette nouvelle employée, peut-être passagère comme bon nombre de ses conquêtes, allait poser un problème…

Il avait cette drôle de sensation. Une impression que quelque chose n'allait pas. Comme un caillou dans une chaussure, comme un burger avec une minuscule tranche de fromage et un pauvre steak raplati, comme une feuille coincée dans la photocopieuse, comme une mèche rebelle qui refuse de tenir… !

Bref, Garuda avait un mauvais pressentiment. Les dernières fois que ça lui avait fait cela, ils avaient eu des employés…disons…en tête de liste pour un meurtre collectif façon juge des enfers !

Inquiet, il envoya un mail à Minos :

Objet : Nouvelle recrue !

Nos…

Tu es au courant pour la nouvelle ?

Son correspondant ne mit pas longtemps à répondre…

Objet : Nouvelle recrue

Oui, je l'ai appris il y a peu. Un peu de sang neuf va faire le plus grand bien. Je vais analyser son sens du style de très, très près !

Cordialement

Aiacos tripota son collier. Devait-il faire part à son frère de ses impressions… ? Il pianota sur le clavier en quelques secondes pour lui confier son inquiétude :

Objet : Nouvelle recrue !

Si je te disais que j'ai un mauvais pressentiment sur cette pauvre créature que nous allons accueillir, tu me réponds…

Moment d'attente… la réponse vint à lui soudainement :

Objet : Nouvelle recrue !

Que j'ai peur tout à coup… ! Tu me dis ça à chaque fois qu'on a des larves peu reluisantes…

Qu'allons-nous avoir cette fois-ci ? On ouvre les paris ?

Aiacos sourit. Un pari ? Avec grand plaisir !

Objet : Nouvelle recrue !

Hahaha ! Tu vas perdre ! On parie quoi ?

Je parie que c'est une vieille fille, au physique ingrat. Une de celle qui va finir dévorée par ses 13 chats. Une de celle qui ronge ses ongles et les laisse trainer partout. Cheveux gras et vêtement achetés au marché aux puces. Le genre de fille avec qui le mot fantasme est tout bonnement impossible !

Et toi ?

Aiacos entendit Minos rire depuis son bureau. Les hostilités étaient lancées…

Objet : Nouvelle recrue !

Si je gagne, tu m'offres un restau. Si tu gagnes, c'est moi qui régale. Vendu ?

Par Hadès… cette vision… j'en ai des frissons rien que d'y penser !

Je parie pour une jeune femme, tout droit sortie de l'université, les cheveux courts voire rasés, teints en bleu ou tout autre couleur criarde, piercings de partout. Qui fume des cigarettes et des substances illicites à longueur de journée, entre deux cours, et qui va te faire la leçon sur les bienfaits du véganisme et du féminisme. Les dents jaunies, bien évidemment et un style vestimentaire HORRIBLEMENT moche !

Ps : Je prendrais du foie gras et du caviar pour ce soir au restaurant 5 étoiles, tu seras un amour de spectre.

Aiacos pouffa ! Son frère était tellement semblable à lui ! Il aimait ces moments où il le retrouvait comme avant. Avant Lévi…

Il répondit de suite :

Objet : Nouvelle recrue !

Vendu !

Pouah ! La tienne est vraiment très imagée ! XD

Ça me donnerait presque envie d'aller me taper la machine à café !

Le gagnant aura bien évidemment le droit de tuer la malheureuse.

Pps : Tu es vraiment sûr de toi ! Passes déjà ma commande, veux-tu ?

Je veux un maxi menu Burger King avec mayo et double cheese, deux steaks et une maxi frite.

Tu me prends du Coca avec, et tu me paieras aussi un dessert !

Le ventre de Garuda se mit à gargouiller à l'idée d'une bonne junk food…

La réponse de Minos arriva aussi vite :

Objet : Nouvelle recrue !

Ça va être très amusant…

Cos… non, pas la machine à café. Prends plutôt la photocopieuse…

Oui j'ai vu nombre de ces filles à la sortie des campus. Un cauchemar pour mes yeux d'esthète !

Bien évidemment ! Mais tu peux déjà t'attendre à la voir écarteler par mes fils !

Ppps : Beurk ! Je ne remettrai plus jamais les pieds là-dedans ! La malbouffe est un facteur d'obésité, penses-y… je dis ça, je dis rien…

Aiacos eut du mal à contenir son excitation ! Il avait envie que cette fille arrive sur le champ pour qu'il puisse savourer sa victoire ! Pour ne pas laisser le dernier mot à Minos, il l'acheva d'un dernier mail :

Objet : Nouvelle recrue !

Tu fais la sortie des écoles maintenant, Minos ? Ce n'est pas digne d'un juge de sa Majesté.

Tu n'oublieras pas ton imper de vieux pervers, hein ! Histoire de montrer à ces glandeuses ce qu'elles loupent XD

Tu te trompes, elle finira en cendres… la femme de ménage va encore pester !

Pppppppps : Je suis beau comme un dieu et je me réincarnerai avec toujours autant de sex-appeal ! Et tout le sucre et les kébabs n'y changeront rien ! Ne fais pas ton grincheux, je te prends un menu enfant si tu veux, avec un jouet !

Réponse de Minos :

Objet : Nouvelle recrue !

T'es con, Garuda !

Va donc accueillir la demoiselle, j'ai cru entendre une voix féminine dans le hall d'entrée.

Quelle ouïe fine il avait, ce norvégien ! Le roi des cieux se leva de sa chaine immédiatement, comme s'il avait des épines au derrière ! Il traversa son bureau rapidement.

Verdict… Allait-il s'éclater la panse au MacDo ? Ou bien allait-il devoir payer un menu gastro, foutrement cher au passage, à son frère ?

Le moment de vérité…

En quelques enjambées, il était arrivé à la réception. C'est fou comme un mec d'1m86 pouvait marcher vite !

Ses yeux aiguisés cherchèrent une proie… et quelle surprise en apercevant une jolie fille au comptoir de la réception !

Mazette ! Quelle claque ! Il en restait sans voix… !

Se pouvait-il que… ?

La jeune femme parlait vite et d'une voix stridente. Elle avait un ton…autoritaire ?

« Tu vas vite déjanter, ma jolie. Ici, c'est moi qui donne le ton. »

Il s'approcha doucement, mains dans les poches, observant la blonde inconnue. Il ne put s'empêcher d'écouter la conversation entre elle et Catherine, qui était à l'accueil :

« J'ai eu un entretien avec un de vos boss ! Vérifier vos registres, je suis Mlle De Verley. Je devais arriver plus tôt mais peu importe… me voilà maintenant ! Alors, vous me retrouvez ou non ? »

Catherine consulta l'agenda et Garuda sentit son exaspération. Celui-ci devait être contagieux car il avait une de ces envies de tuer des humains !

Il décida d'intervenir :

« Catherine, un problème ? »

La femme, fut à la fois soulagée et inquiète de voir son patron débarqué ! La bouche entrouverte et les yeux écarquillés, elle reprit ses esprits :

« Monsieur ? Je…je m'excuse, cette personne dit qu'elle a eu un entretien avec Mr Walden mais je ne la retrouve pas dans le registre. Il doit s'agir d'une erreur… »

L'erreur en question, était un brin de femme blond, grande et très mince. Elle portait un t-shirt blanc large au col roulé et aux manches mi-longues et amples, rentré dans son jean taille haute, bleu marine. Chaussée de bottes noires à talons, elle avait tout d'une fille venant des quartiers chics de la ville ! Son petit sac à main noir vernis et de grande marque sur l'épaule. Son IPhone dernier cri en main, elle fusillait du regard Catherine. Elle n'avait pas l'air d'aimer attendre…

Le teint clair, les cheveux mi-longs, arrivant aux épaules et légèrement ondulés c'était la petite parisienne typique en apparence. Ses yeux clairs, accusateurs, étaient sur le point de sortir de leurs orbites ! Sa petite bouche pulpeuse et maquillé d'un rouge à lèvres mate la rendait encore plus sophistiquée.

Elle se tenait droite et levait fièrement le menton. Elle avait ce port de tête des reines d'autrefois. Ces femmes qui avaient l'habitude de vous prendre de haut pour obtenir ce qu'elles voulaient… Elle ajouta d'une voix encore plus aigüe :

« Une erreur !? Je suis Aurore de Verley ! Ce n'est pas ma faute si vous ne savez lire quand même ! Vérifiez à nouveau ! »

Garuda n'apprécia pas du tout le ton qu'elle prenait et décida de prendre les choses en main :

« On descend d'une tonalité, déjà… Personne n'est sourd ici, jusqu'à preuve du contraire. Vous dites avoir eu un entretien avec mon frère ? Vous êtes la nouvelle c'est ça ? »

La nouvelle glissa ses yeux sur la plastique, o combien, agréable du brun ! Son regard pétilla et un sourire faussement poli apparut soudainement sur ce visage trop lisse de poupée. D'une voix toute fluette, elle minauda :

« Ah, enfin quelqu'un qui est au courant de ma venue ! Enchanté je suis Aurore. Aurore de Verley et votre frère m'a demandé de venir pour une période d'essai de deux semaines. Je suis ravie d'être parmi vous. Et…vous êtes ? »

Elle lui tendit la main, s'attendant à ce qu'il la serre en retour. Le juge n'en fit rien. Trop occupé à songer à son pari qu'il venait de perdre… ! Enfin théoriquement, les deux venaient de perdre !

Ce n'est ni la vieille fille aux culottes mitées, ni même l'étudiante anarchiste mais bel et bien la petite bourge qui pète plus haut que son cul, qu'ils allaient devoir se coltiner ! Magnifique…

Son intuition ne l'ayant pas trompé, Aiacos eut une nouvelle fois envie de clamer à quel point il était génial, mais le regard séducteur de la femme le ramena sur Terre. Il se présenta à son tour, sans oublier d'omettre son prénom terrestre :

« Je suis l'un de vos patrons. Je suis Suikyo, le frère de Richard et Sindre. »

Il adressa un regard neutre à la réceptionniste :

« Je m'en occupe Catherine, vous pouvez reprendre votre travail.

- Bien, Monsieur. »

La jeune femme, vexée que son interlocuteur ne lui serre pas la main en retour, rangea cette dernière en serrant le poing bien fort. Très fort… Ses petits ongles parfaitement manucurés lui rentrant dans la paume.

« Suikyo, hein ? Quel drôle de nom ! C'est de quelle origine ?

- Népalaise. Je suis d'origine népalaise.

- Ça alors ! J'ai toujours rêvé d'aller visiter ce pays ! L'Everest, Katmandou… ça doit être superbe ! Vous savez, les randonnées avec les amis, les pèlerinages… »

Bien…au moins elle connaissait sa géographie…

« Je vous conseille vivement d'y aller un de ces jours… »

Le ton était distant et froid, comme une menace… La pauvre fille, trop occupé mater le juge, ne remarqua rien. Garuda prit soin de laisser un silence s'installer. Aurore, hocha la tête, attendant la suite :

« … Bon, bienvenue à bord du navire ! Je vais vous faire visiter, suivez-moi.

- Avec plaisir ! »

Aiacos avait un ticket avec elle ! Le sourire qu'elle lui lança avait tout l'air d'une invitation ! Certes elle était belle mais il y avait un problème…

Elle avait l'air… INSUPPORTABLE !

Il guida Aurore dans les locaux, lui présentant brièvement les lieux ainsi que les membres de l'équipe. Certains humains lui étaient tellement insignifiants qu'il en oublia le nom de l'un d'entre eux :

« Au fond, vous avez Marc, avec le pull vert. »

Le dénommé « Marc » releva la tête, tout gêné. Il intervint d'une petite voix :

« C'est Mathias, Monsieur…

- Ah oui, depuis quand ? »

Préférant ne pas contrarier son supérieur connu pour ses manières cruelles, le pauvre Mathias, nouvellement rebaptisé « Marc », continua sa besogne sous les regards amusés et d'autres apeurés de ses collègues…

La scène fit rire Aurore ! Elle avait l'air d'aimer le pouvoir que le juge avait sur les autres employés…

« Eh bien ! Quelle autorité ! Ça doit filer doux avec vous ! »

Il se retourna vers elle, regard intense. Si seulement cette bécasse savait à quel point elle avait raison. Il lui sourit, d'un air étrange :

« Vous ne croyez pas si bien dire… on continue ?

- Bien sûr ! Je vous suis. »

Le regard qu'elle jeta à ses « collègues » en disait long. Elle méprisait les autres. Ceux qui n'étaient pas de son rang. Ça crevait les yeux. Et cela n'échappa guère à Aiacos.

« Dommage pour toi, princesse, tu vas vite redescendre de ta jolie tour d'ivoire… » pensa Aiacos, un sourire sadique sur les lèvres, que la jeune blonde ne pouvait pas voir. Et il valait mieux pour elle…

Minos sortit de son bureau. Sans doute pour voir si la victoire lui était sienne.

En voyant la jolie blonde, presque collée à Aiacos, il eut un instant d'arrêt. Le regard que lui jeta son frère lui indiquait le score : match nul !

Tant pis ! Minos gagnerait une prochaine fois ! En attendant, il en profita pour balader son regard du côté de la nouvelle. Un hochement de tête indiquait que le style vestimentaire lui était convenable, à son gout. Bref, niveau style, elle marquait un point !

Mais vu la mine de son frère, il y avait un problème… Le caractère ne devait pas coller. Ça devait être ça. En observant la posture et la gestuelle de la blonde, Minos comprit.

Il en avait jugé des milliers, des filles comme elle…

Une petite bourgeoise ! Une file à son papa ! Pas des plus agréables à côtoyer à en juger par le manque d'entrain de son cadet… !

Le Griffon se présenta à eux, regard inquisiteur et visage impassible :

« Suikyo, qui est donc cette jeune personne ? »

Garuda eut du mal à cacher son ennui… Il présenta brièvement :

« Sindre… voici Aurore…Aurore de… ? »

La nouvelle lui était tellement insipide, qu'il en avait oublié son prestigieux titre ! Aiacos, dit Suikyo pour les humains, se tourna vers Aurore pour qu'elle lui rappelle son nom de famille. Cette dernière, qui ne s'en offusqua guère, trop contente de rappeler aux autres d'où elle venait, tendit sa main à Minos :

« Ravie de faire votre connaissance ! Je suis Aurore de Verley. Je suis avec vous pour deux semaines d'essai et pour une durée indéterminée pour la suite. »

Minos, à l'inverse de son sauvageon de petit frère, prit la peine de lui serrer la main. Griffon était un être tactile de base et une bonne poignée de main était très révélatrice d'une personne…

Cette dernière était très vive et douce à la fois, mais manquant cruellement de franchise. Vive car la blonde avait envie d'impressionner son monde et douce car le contact avec Minos lui donnait des frissons…

L'argenté rattrapa la balle au vol, par rapport à la confiance que cette fille avait, concernant son futur chez eux… :

« Mademoiselle de Verley, vous paraissez bien sure de vous… ! Vous savez, travailler ici n'est pas de tout repos. Surtout avec des patrons comme nous…. N'est-ce pas Suikyo ? »

Garuda opina de la tête, regard vide. Bon sang, il cachait vraiment mal sa joie… ! Minos lui fit les gros yeux pour le forcer à se montrer plus vivace…

« En effet…, nous sommes exigeants dans le travail et nous attendons de nos employés qu'ils soient fidèles au poste, aptes, motivés et surtout… très rigoureux dans leur tâche. »

La grande perche blonde hocha la tête avec motivation, faisant rebondir ses boucles blondes. Elle faisait penser à Minos ces poupées de porcelaines de collection que sa mère collectionnait dans le temps :

« Je comprends ! Je ne vous décevrai pas, je suis très pointilleuse moi-même. Vous aurez des dossiers aux petits oignons avec moi, je peux vous le garantir ! Je suis pile ce qu'il vous faut. »

Aiacos leva les yeux au ciel dans le dos de la femme. Elle l'exaspérait… sa voix, qui montait dans des aigues jusqu'encore inconnues, lui était très désagréable. Elle pensait les séduire mais c'était tout le contraire !

Minos devait admettre que ce n'était pas la voix la plus agréable qui lui ait été donné d'entendre parmi les mortelles… Il garda une expression neutre, testant la nouvelle :

« Vraiment ? Vous m'en voyez ravi, Mlle de Verley. Si vous êtes exactement comme vous dites, il ne devrait pas y avoir de problèmes.

- Bien sur que je suis comme ça ! Pourquoi le dirais je si ce n'était pas le cas, uh ? »

Sa phrase terminée fut ponctuée par une notification sur son portable, suivi d'une dizaine d'autres… ! Le signal sonore reconnaissable cassa le calme des locaux.

Ça commençait mal…. Minos parla d'une voix monotone et sèche :

« Vous me ferez le plaisir d'éteindre votre portable. Nous ne voulons pas des employés scotchés à leur écran. La seule chose que vous devez regarder c'est votre ordinateur à votre bureau. »

La tige blonde tiqua. Elle n'aimait pas comment cet homme lui parlait. Elle tenta d'amadouer l'animal :

« Allons, ne soyez pas si tendu. Sindre ? Si vous me faisiez visiter votre bureau ? »

Aiacos profita de la perche pour laisser le boulet à son frère :

« Sindre, je te laisse. Je dois passer un coup de fil. »

Aurore le regarde partir en se mordant la lèvre inférieure. Laissant son regard s'attarder sur ce beau fessier népalais… ! Elle en ferait bien son diner de ce beau patron… !

Minos se jura de faire payer ce coup bas à Garuda… plus tard… aux enfers par exemple.

Il inspira un grand coup, pour se donner de la force :

« Mademoiselle ? Pour le moment je vais déjà vous montrer votre poste de travail. Je suppose que mon frère ne l'a pas fait… »

Elle se tourna vers l'argenté :

« Avec joie. Vous pouvez m'appeler Aurore, vous savez ? Ce sera moins rigide comme ça.

- Non. Je ne préfère pas.

- Ah….»

Vlan ! La pauvre fille n'eut pas le temps de comprendre ce qu'il venait de se passer… ce type venait de lui mettre un vent ! Elle rêvait ou quoi ? Un vent à elle ? La fille la plus convoité de Tinder ?

Se raclant la gorge pour ne pas perdre la face, elle changea de sujet :

« Très bien. Montrez-moi mon bureau.

- Venez avec moi. »

Elle le suivit d'un air tout contrarié. Si son aura pouvait parler, ce serait une complainte de caprices et de bouderies !

Minos sourit en sentant son énervement grimper en flèche… ! Il adorait jouer avec les humains et leurs émotions ! Ils étaient tellement susceptibles ! Si facile de les rendre en colère…

Cependant, elle ne lâchait pas le morceau :

« Sindre…Sindre… c'est un prénom Danois ? »

Minos secoua la tête :

« Raté ! Plus haut.

- Finlande ?

- Non plus. Je vous donne un indice, c'est le pays des vikings.

- Norvégien ? Pardonnez-moi mais vous ne faites pas du tout norvégien ! On s'attend à voir un Ragnar comme dans la série Vikings… ! Enfin un mec…plus… un mec peu plus musclé ! Je ne dis pas que vous êtes chétif, qu'on s'entende bien. Mais vous n'avez jamais songé à aller à la salle de sport ? On pourrait y aller ensemble si vous voulez ?

- Je ne pense pas en avoir besoin.

- Ah…si vous le dites…et sinon vous connaissez la série Vikings ? Vous pourriez venir chez moi si vous voulez vous refaire une culture…

- Non. Du tout. Et je n'en ai aucune envie.

- Eh bien ! Vous êtes aussi glacial que de là où vous venez, vous ! Votre copine arrive à vous suivre ?

- Ma copine… ma copine. Oui, on peut appeler cela comme vous dites…J'en ai eu une, pendant longtemps. Une fille très légère qui a préféré notre voisin de la rue d'en face.

- Han ! Je ne peux pas le croire, elle vous a trompé ? Mon pauvre ! C'est si dur de se faire trahir, je sais ce que c'est…

- Je doute que vous sachiez vraiment, mademoiselle…

- Mais enfin… arrêter de me repousser ! J'essaie d'être gentille avec vous, moi ! Pas étonnant qu'elle soit partie voir un autre votre nana ! »

Saisissant l'insinuation de cette effrontée, il se planta net au milieu du couloir, laissant Aurore se cogner dans son dos ! Elle fut surprise et mécontente :

« Vous auriez pu faire attention ! C'est quoi ces manières de vous arrêter d'un coup ? »

Le regard qu'il lui lança la cloua sur place. Un regard froid et joueur à la fois. Loin de se laisser démonter, elle lui rendit son regard avec hargne. Minos s'en amusa :

« Vous savez. Là d'où je viens véritablement, les femmes évitent de me regarder dans les yeux. J'ai une certaine tendance à…briser les gens quand l'envie m'en prend. Alors, un conseil… »

Il s'approcha d'elle, vous venir lui murmura à l'oreille, se penchant vers elle :

« Evitez de jouer avec mes nerfs, Aurore de Verley. J'ai HORREUR de cela… »

La vois douce contrastait violement avec ses propos. Aurore en frissonna de peur !

Il lui adressa un petit sourire fin et mesquin. Elle fut sans voix ! Jamais un homme ne lui avait parlé comme cette espèce d'albinos venait de le faire ! Elle secoua la tête avec véhémence avant de lever le menton, ses poings serrés sur ses hanches :

« Vous croyez me faire peur, c'est ça ? Je ne laisse aucun mec me parler de la sorte ! Maintenant si vous voulez qu'on ait ce genre de relations au travail, très bien ! Dommage pour vous, mais vous ne savez pas à coté de quoi vous passez ! Je suis un avion de chasse, moi ! Compris ? »

Nouvelle notification de son portable. Minos s'amusa follement à la rendre chèvre ! Mais ce portable commençait à l'agacer ! Il tira ses fils loin du regard de la blonde pour saisir le portable de cette dernière et le réduire en pièces, sous le cri strident et l'expression mi-furieuse, mi-choquée d'Aurore ! Le pauvre smartphone finit en mille morceaux dans un fruit sec et métallique.

« Mon Portable ! Mon Dieu, nan, nan, pas ça ! Qu'est ce qui s'est passé ? C'est vous qui avez fait ça ? Espèce de dérangé ! Allez donc vous faire une cure de vitamines D, ça vous aiderait ! Ça va se payer, je ne vais pas laisser cela impuni ! Vous allez me rembourser immédiatement !

- Hahaha ! Moi ? Je n'ai rien fait. Vous êtes sûre que vous allez bien ? On est dans le monde réel ici, on n'est pas dans une de vos séries. Vous devriez vous calmer et aller vous rafraichir aux toilettes. Et pourquoi ne pas vous repoudrez le nez ? Vous brillez à force de vous énerver.

- Comment !? »

Inquiète, elle sortit un petit miroir Chanel de son sac pour regarder son visage d'ange ! Elle courut aux toilettes dans la direction que Griffon lui indiqua. Elle lui lança un dernier regard furibond :

« Vous êtes vraiment un maroufle de la pire espèce !

- Seulement avec les écervelées dans votre genre ! »

Elle s'offusqua à nouveau, prise d'une furieuse envie de le gifler ! Minos n'attendait que cela… pousser sa victime à bout. Elle le menaça du doigt :

« Vous ne savez pas à qui vous parlez… »

Ce doigt accusateur, pointé sous le nez de Minos le fit rire fortement. Un rire cristallin qui se mua en un rire hystérique :

« Vous non plus, apparemment. Mais continuez donc, plus vous vous énervez, plus je m'amuse ! »

La pauvre fille n'eut pas l'envie de continuer ce dialogue plus longtemps… la peur que lui inspirait ce type était trop forte ! Elle partit s'isoler dans les cabinets pour femmes sans un regard !

Minos, ravi de sa victoire, reparti vers son bureau en sifflant un air norvégien ! Mains dans les poches, l'air léger, il avait envie de s'amuser !

Il arriva au bureau de Garuda, l'air malicieux :

« Je crois que je viens de trouver un nouveau jouet ! »

Aiacos, sourit, lâchant un rire sardonique :

« Je te la laisse mon frère ! Elle n'a rien d'intéressant, et puis c'est toi l'étoile de la noblesse ! Tu peux lui montrer ce qu'est un vrai aristocrate des terres du nord…

- Tu lis dans mes pensées ! Je compte bien lui faire péter un plomb avant la fin de la journée ! Ensuite je vais l'écarteler tout doucement… Je suis sure qu'elle peut pousser la chansonnette très forte si je la pousse à bout…Ou bien, je pourrais la suspendre en l'air pendant des heures…mmmh… j'hésite…

- Je suis sure qu'elle peut faire exploser le verre avec sa voix ! Si cette grande perche était à bord de mon navire, je l'aurais jeté en pâture à mes esclaves depuis bien longtemps…

- Il faut laisser monter la tension, Cos ! C'est plus drôle ! Elle sera morte avant ce soir, je l'ai décidé. »

Aiacos fit tourner son stylo dans sa main, plantant son regard mauve dans celui de son frère, l'air sérieux :

« Et Wyverne ? Il va s'en rendre compte… Elle est tellement aguicheuse qu'elle va surement essayer de se le mettre entre les cuisses…

- J'en suis persuadé aussi… et c'est justement là où ça pourrait devenir intéressant… »

Aiacos cligna :

« Tu peux développer… ? »

Minos ferma la porte d'Aiacos, un air fripon sur son visage lisse. Il s'approcha de son frère, mains sur le plateau de son bureau :

« Je vais la pousser à bout si fort, qu'elle n'aura d'autre choix que d'aller pleurer dans les bras de celui qui l'a engagé…

- Et ? Rhadamanthe ne se laissera pas attendrir par ses larmes. Déjà qu'un chaton le laisse de marbre… Moi aussi d'ailleurs…

- Attends, attends… ! Laisse-moi finir ! Je compte la pousser tellement au bord de la crise de nerfs qu'elle sera aussi fragile et désarmée qu'à sa naissance. Et tu ne sais pas la meilleure ? Ce n'est même pas moi qui vais lui donner le coup de grâce… »

Le népalais haussa un sourcil. Attention captée. Sourire carnassier :

« Tu excites ma curiosité… tu veux la pousser au suicide ?

- Mieux ! Tu vas comprendre… »

Minos saisit son portable, appelant quelqu'un, sans quitter Aiacos des yeux, sourire jusqu'aux oreilles :

« Mia ? C'est moi, Minos. Navré de te priver de ton après-midi, mais je crains que Rhadamanthe ait besoin de toi. Oui, une paire de bras en plus ne serait pas de trop. Valentine peut rester tranquille… Oui, bien sûr ! Je compte sur toi, Simurgh ! »

Aiacos comprit de suite ! Son frère était un véritable Lucifer ! Il rit à gorge déployée, se levant de sa chaise, mains sur la tête, ayant du mal à y croire :

« Par Hadès ! Minos ! Tu vas vraiment le faire ? »

Le concerné hocha la tête, très fier de lui :

« Exactement ! Je vais pousser cette petite idiote dans les bras de Wyverne au moment même où Mia débarquera au bureau. Ça va être du grand spectacle ! Ce sera une exécution de toute beauté ! J'en piaffe d'impatience ! »

Le brun descendit aussi tôt, voulant saisir toutes les étapes :

« Et les autres employés ? Ils seront encore présents ?

- Nan, pas de soucis avec ça… ! Je les renverrai plus tôt chez eux.

- Evidemment… et sur quel motif ?

- La journée a été harassante pour tout le monde… ils ne vont pas chercher à demander pourquoi.

- Tu es vraiment le spectre le plus vicieux des enfers, Griffon ! Tu fais honneur à notre rang, et je dois dire que ton imagination est aussi fertile que la mienne ! Wyverne va être prit entre la fureur et la flatterie… Mia qui tue une rivale sous ses yeux… J'aurais l'impression de regarder un documentaire animalier ! Je devrais commander des popcorns…

- Quel flatteur ! Regarde mes mains ! J'en tremble tellement je suis agité ! En attendant, je fais mon possible pour rendre Horreur de Verley aussi déprimée qu'une ado après son premier chagrin d'amour.

- Minos ! Tu es un génie ! Cette journée était chiante au possible, tu vas nous la rendre inoubliable. Vas-y, harcèle-la jusqu'à ce qu'elle nous fasse une crise…

- Compte sur moi… j'ai 20 bonnes minutes devant moi avant que Mia ne se pointe. C'est parti ! »

Aurore sortit des toilettes, toute pimpante et parfumée. Elle s'était refait une beauté et avait aspergé son pull de sa petite bouteille de Guerlain. Ses joues étaient rouges et chauffaient. Elle ne devait pas perdre la face, même si ce Sindre était vraiment dérangé ! Il ne savait pas à qui il s'adressait ! Elle allait lui rendre la vie impossible. Elle donnerait son nom à son père. Ce dernier, très influent, connaissait du beau monde et il allait lui fermer de nombreuses portes… il allait s'en mordre ses jolis doigts ! Parole de Verley !

Elle fit à peine deux pas en sortant que la voix claire de démon fait bel homme la fit sursauter :

« Vous avez retrouvé apparence humaine ? On va pouvoir y aller ? »

Comment ? Quel goujat !

« Je.. je suis toujours impeccable, vous entendez ? Je ne laisse jamais rien au hasard ! Rien ! »

Bien, la pression montait tout doucement :

« Si vous le dites… On y va ?

- Nan ! Pas vous ! Je veux que vous partiez de mon champ de vision ! Je vais parler de ce pas avec Mr Walden ! Lui, sera sans doute plus sympa que vous.

- Navré de vous décevoir, Horreur De Verley, mais Richard est occupé. Mais vous aurez tout le loisir de le voir dans quelques minutes. »

Outrée par ce surnom, Aurore ouvrit grand la bouche dans une mimique très drôle à voir ! On aurait dit un poisson en manque d'air ! Ses yeux lançaient des éclairs et sa poitrine se soulevait très vite…

« C'est AURORE DE VERLEY ! Comment osez-vous ? Vous n'avez donc aucune mémoire ? Quel genre de patron êtes-vous !?

- Le genre de supérieur qui prend les choses en main… votre supérieur jusqu'à ce soir. Ensuite je vous laisserai entre les mains d'une autre personne.

- Ah oui ? Qui donc ? Suikyo ?

- Vous verrez. En attendant, on va se dépêcher, je n'ai pas de temps à perdre à vous entendre vous plaindre. Plus vite on sera à votre poste, plus vite vous pourrez vous mettre au travail. Et Dieu, sait que nous en avons !

- Vous n'avez pas le droit de me parler ainsi, c'est du harcèlement ! Je vais en parler à mon père ! Patrick de Verley est le patron de la société de cosmétiques Verley ! Vous ne payez rien pour attendre ! Dans quelques heures pour pourrez dire adieu à votre emploi, mon vieux !

- Certes. Votre père…un homme corrompu et amoral… grand amateur des femmes…surtout des petites filles, il me semble… Un penchant certain pour les mineurs et un pervers sous toutes les formes. Capable de licencier des honnêtes gens pour le seul plaisir de les faire souffrir. Aucun scrupule à voler les plus pauvres que lui et à s'approprier les êtres et les choses. De nombreuses agressions sexuelles sur les employées féminins… Toutes renvoyées dans les mois qui ont suivi la plainte à son encontre…un saint homme votre père ! Un de ceux que j'aime le plus juger… un cas intéressant et tellement commun de narcissisme et de dépravation. Un humain qu'on accueille aux enfers les bras ouverts ! »

La tirade de Minos frappa Aurore en plein cœur ! Les phrases assassines couplées avec cette voix calme et sans émotions. Un flot d'informations qu'elle eut du mal à encaisser ! Une vérité qu'elle refusait d'admettre ! Elle en tremblait de peur, pour la première fois de sa vie… mais le norvégien ne comptait pas s'en arrêter là :

« Quant à vous, Horreur, vous êtes le résultat naturel de ce qu'on appelle une union pour le profit. Elevée dans la richesse et l'opulence, vous n'avez jamais connu la faim, le froid et la difficulté quelle qu'elle soit. Vous êtes la princesse de votre pédophile de père et la projection de votre frustrée de mère. Tournée entièrement vers vous, votre petit monde est fait de bijoux, de produits de luxe et de vide affectif. Enfant pourrie gâtée et capricieuse, il vous suffisait de claquer des doigts pour obtenir ce que vous vouliez. Une gamine égoïste et insupportable. Voilà ce que vous êtes. Complètement déphasée de la réalité et méprisant vos semblables, vous êtes un insecte des plus répugnants ! Une mante religieuse qui prend plaisir, comme son paternel, à jouer avec les personnes du sexe opposé et à user de ses charmes sur eux. La luxure à l'état pur dans ce qu'elle a de plus perfide. Votre frère a eu raison de quitter ce monde de la bourgeoisie. Il en est sorti plus grand et plus fort, tout votre contraire en somme… »

Le discours de Minos heurta Aurore de plein fouet ! Comment ce type pouvait parler d'elle avec autant de familiarité et autant de détails… Comment pouvait il savoir pour son frère, Thibault ? C'était un sujet qu'elle n'abordait jamais ! Les larmes aux yeux, elle cria :

« Comment vous savez ça !? C'est un concurrent de mon père qui vous a vendu ses infos ? Répondez ! »

Minos sourit davantage, les pupilles dilatées :

« Pauvre chose… je n'ai pas besoin des connaissances de ton pourri de paternel ! Je sais tout de toi. De l'attention constante et malsaine que ton père te porte depuis ta plus tendre enfance, à la pression folle que ta mère te fait porter pour que tu sois à son image. Une manière pour elle de vivre sa vie à travers toi ! Je sais tout sur tes addictions aux réseaux sociaux, tes crises de nerfs concernant le concours de mannequin que tu as raté à 10 ans. De cette portée de chiots que tu as jeté, en riant, dans la Seine à 8 ans. De cette élève que tu as harcelé, avec tes larbins, au lycée privé où tu étais. Je sais tout… »

Il approchait de plus en plus près d'elle. Elle recula, effrayée au possible, son cœur s'emballant :

« Co…comment ? Vous êtes qui au juste ? Comment vous savez tout ça ?

- Je suis un être au-dessus de toi. Bien supérieur à ta triste condition. Tu vas maintenant te taire et me suivre bien gentiment si tu ne veux pas que je divulgue à ta petite communauté virtuelle la garce que tu es vraiment ! »

Elle en transpirait de culpabilité… elle était comme mise à nue devant cet inconnu qui lisait en elle comme dans un livre ouvert. Comme un ange de la mort…

« Vous n'oseriez pas…

- Parler de ta petite publicité mensongère qui a amassé de l'argent en quantité phénoménale sur le dos de tes abonnés ? Tu veux parier ? Je suis certes très vieux mais j'ai vite appris à me servir de ces applications sociales qui sont un vrai dépotoir…

- Vous êtes un monstre… vous voulez quoi ? De l'argent ? J'en ai… je peux vous faire un bon prix… »

Il tendit l'oreille, faisant mine de ne pas avoir entendu :

« Comment ? Tu veux m'acheter ? C'est inutile… L'argent n'est qu'une valeur insignifiante pour nous, spectres.

- Je… je ferais ce que vous voulez…tout ce vous voudrez… »

Un silence significatif s'installa entre eux… elle était prête à offrir son corps au juge. Si seulement il en avait envie…

« Je veux que tu me suives jusqu'à ton bureau et que tu sois aussi muette qu'une morte. C'est compris ?

- …Oui…d'accord…tout ce que vous voulez…

- Je t'ai dit de te taire, il me semble. »

Aurore baissa la tête, honteuse et humiliée d'être traitée ainsi…Comme une gamine sans défenses… Habituellement c'était elle qui parlait aux autres de cette façon… Le fait de se retrouver à la place de ses victimes était une chose particulièrement désagréable. Et tellement dégradante.

Sans un bruit, elle le suivit à son nouveau poste de travail.

Minos, très content de son petit effet sur elle, jubilait ! Aiacos, qui marchait vers eux, eut un sourire encore plus terrible :

« La première manche est un succès, on dirait… ! J'ai hâte de voir la suite, mon frère.

- Tu ne seras pas déçue, Cos. »

Aurore comprit tout de suite qu'ils parlaient d'elles ! Elle se sentait prise au piège dans un jeu sadique qui la dépassait complètement ! Elle voulut répliquer mais le regard d'Aiacos la rendit encore nerveuse. Ses yeux brillaient étrangement… Celui qu'elle trouvait si beau quelques minutes auparavant avait tout d'un cauchemar ambulant à ce moment ! Qui étaient donc ces hommes ?

Le Garuda renifla le parfum capiteux de la grande blonde avant d'afficher une expression faussement troublée :

« Ouah ! Horreur de Verley, vous reniflez à des kilomètres ! Même le formol que ce crétin de Crevan utilise est respirable à coté de ce que vous portez… ! Minos, tu connaissais cette senteur ?

- Oui, un parfum très courant chez les jeunes femmes arrogantes et superficielles. Je le nommerai simplement et en toute sobriété : Venin de Vipère.

- Griffon… ! Tu es décidemment très créatif ! Qu'attends-tu pour lancer ta propre marque ? Je vois bien un défilé avec des cadavres pendus au plafond par des cordages, aussi tordus que des poupées vaudous ! Une couleur sombre dominera, une odeur de sang englobera le tout… ! Je vois déjà la scène !

- Quel sens de l'esthétique, Cos ! Tu es vraiment doué ! Tu as le sens du spectacle, rien d'étonnant après tout pour le roi de Karura. Le capitaine du Garuda Ship est aussi très fort pour les mises en scènes… !

- Ooooh, comme tu as raison… ! Bon allez, je te laisse encore quelques minutes avec cette pauvre larve. Je dois préparer mon casse-croute ! Horreur de Verley, il vaut mieux pour toi que je ne vois pas aux enfers !

- Ça vaudrait mieux pour vous, en effet… Cet oiseau de malheur fait très vite grimper la température mais pas dans le sens que vous auriez souhaité !»

Les longues, très longues minutes qui suivirent furent un véritable calvaire pour Aurore…

Minos l'avait placé sur un poste, isolé des autres, loin de tout ! Elle avait l'impression d'être une enfant punie au coin ! Son petit bureau misérable était bancal et sa chaise de bureau grinçait horriblement ! Le griffon avait pris soin de lui donner un ordinateur aussi rapide qu'une grand-mère traversant un passage piéton. Il n'avait pas attendu qu'elle pose son petit derrière rebondi sur la chaise qu'il lui avait donné un énorme dossier ! Elle regarda, médusée, ce monticule de papiers !

Minos poursuivi d'une voix sibylline :

« Vous allez me vérifier les chiffres de l'année dernière. Il faut que ce dossier fasse l'objet d'une vérification avant envoi à notre larve comptable. Mais avant… »

Il prit une feuille vierge :

« Je dois inviter un client très important à déjeuner la semaine prochaine. Vous allez me rédiger un brouillon que je validerai, ou non. Le client s'appelle Mr Eickzecker et je dois le voir le 14 Mars à midi. »

Aurore pâlit… on ne lui avait jamais dit qu'elle ferait un pauvre travail de secrétaire… ! C'était pour les autres gueux, par pour elle !

« …Vous...vous voulez que je rédige une lettre comme une…employée en bas de l'échelle ? »

Minos sourit, se penchant sur elle, la dominant de sa hauteur :

« N'est-ce pas ce que vous êtes, Horreur ? »

Elle cru défaillir devant l'expression dénouée d'émotions de son patron ! Il était dangereux et elle en avait peur ! Elle prit le papier et commença sa besogne…

« Bien…sage décision… Quand vous aurez fini, venez me voir, je serais à la machine à café ! »

Et il partit comme un prince ! Laissant la pauvre fille à sa tâche ingrate…

Celle-ci fit son possible pour écrire une lettre en langage soutenue et très bien travaillé. Comme ses profs particuliers lui avaient appris.

Quand elle eut fini, elle alla voir l'argenté, tranquillement posé avec son café. Les autres employés étaient déjà tous partis sur les ordres de Minos. L'ambiance était encore plus sombre sans la présence des collègues…. Elle arriva à son démon de boss et lui présenta son travail. Ce dernier ne prit même pas la peine de lire son écrit il déchira la feuille en deux sous ses yeux !

Elle en poussa un petit cri de frustration :

« Mais !? Vous n'avez même pas lu mon travail !

- En effet. Recommencez !

- Puis-je, au moins savoir, pourquoi ?

- Votre travail n'est pas de poser des questions mais d'exécuter les ordres. Votre vie durant vous n'avez jamais connu cela. Je vous donne une occasion de vivre une toute nouvelle expérience. Recommencez. Et ne me faites pas me répéter. »

Le ton doucereux et menaçant était très persuasif ! Elle tourna les talons au plus vite pour retourner à son bureau…quand le norvégien la stoppa :

« Je veux cette lettre rédigée et envoyée dans 5 minutes. Et vous devez vite vérifier les chiffres après cela. »

La blonde commit une faute en ouvrant la bouche, une fois de trop :

« Pourquoi vous embêtez à envoyer des lettres ? On a les mails aujourd'hui… »

Minos s'agaça de cette prise de parole. Il lâcha un fil cosmique sur elle, tranchant comme une lame de rasoir, qui vint lui entailler la joue ! Un petit filet de sang glissa le long de son visage, avant qu'une goutte ne vint s'échouer sur le pull blanc. Sacrilège ! Son pull Yves Saint Laurent !

Comment avait-il fait cela ? Comme avec son portable ? Ce type avait des couteaux sur lui ? Elle tremblait comme une crème renversée avant de toucher sa joue meurtrie. Plaçant sa main en sang sous ses yeux, elle fit un effort monstre pour ne pas hurler…

« Quel maladroit je suis ! Mon poignet a eu un léger sursaut ! La prochaine fois, ce sera votre bras. »

En guise d'ultime menace, il pointa l'horloge de son long doigt fin :

« L'heure tourne. »

Elle ne se fit pas prier ! Elle retourna en courant à son bureau et rédigea une autre lettre. Moins soutenue, moins avenante. Elle opta pour un style plus neutre et simple.

Elle présenta sa nouvelle lettre au Griffon d'un main tremblante, les larmes aux yeux…

Minos prit le temps de lire avant de ricaner. Puis déchira la feuille à nouveau !

Aurore ne savait pas quoi faire ! Quel genre de lettre écrire !? Elle repartit en écrire une autre, formelle et très détaché, le tout sous forme d'un carton d'invitation. Au point où elle en était, elle ne savait plus quoi faire… !

Rebelote ! Minos n'en voulait pas et déchira la feuille sous les yeux médusées de la femme…

« Toutes ces écoles privées, tous ces cours du soir pour ça ? J'avoue que suis déçu… Il n'y a aucune imagination dans votre travail, Horreur. C'est vide, sans ce petit truc qui pourrait vous démarquer du reste de l'humanité… En somme, à votre image. Recommencez. »

Dépitée, elle ne sut pas quoi faire… la tête sur le point d'exploser et les yeux embués de larmes, elle retourna, la mort dans l'âme, à son travail.

Elle revint une minute après, une lettre semblable à la première. Mais moins sophistiquée.

Elle tendit cette dernière au juge, attendant la sentence. Ce dernier se mit à rire, doucement :

« Ça fera l'affaire. Envoyez lui donc un mail finalement. Ce sera plus rapide. Ses coordonnées sur votre bureau. »

Tout ça pour ça ? Quel tyran ! Il prenait beaucoup de plaisir à lui faire faire toutes ses taches ! Il avait envie de l'humilier et de lui rappeler sa place. Elle eut soudainement très envie de prendre la fuite et de ne jamais revenir ici… Après tout, il ne lui restait que cette option !

Elle opéra vite un demi-tour et courut vers la réception comme si sa vie en dépendait ! Le juge ne laissa pas le temps de s'enfuir car attrapa la malheureuse dans ses fils. La proie happée, tel un poisson fraichement pêché, se débattit comme une folle avant de se rendre compte qu'elle souffrait de cette veine tentative ! Les liens lui rentraient dans la chair, lui entaillant la peau de manière lente… ! Elle vivait un vrai cauchemar ! Allait il la tuer ?

« Pitié ! Laissez moi partir ! Je m'excuse pour tout ce que j'ai dit, mais laissez moi la vie sauve ! Je suis trop jeune pour mourir ! »

La réponse fut sans appel :

« Il n'y a pas d'âge pour trépasser. Votre journée n'est pas encore finie. Retournez à votre bureau. »

Elle sanglotait violemment, son petit corps prit de spasmes violents :

« Mais pourquoi ? Pourquoi vous faites cela ? Je vous ai fait quoi ?

- A part me casser les oreilles et m'énerver, pas grand-chose. Mais vous allez me divertir très bientôt… »

Minos jeta un coup d'œil à l'horloge fixée au mur. Plus que quelques minutes avant le bain de sang…

« Je ne veux pas y retourner… ! Vous me faites mal, lâchez-moi, s'il vous plait ! »

Elle implora, pria, sanglotait comme une enfant… Mais rien ne saurait émouvoir les juges. Combien d'humains avant elle les avaient suppliés de remettre à plus tard leur jugement et de les renvoyer sur Terre ?

« Rédigez ce mail et envoyez-le. Compris ? Ensuite vous allez me vérifier la comptabilité. Si vous vous dépêchez, vous serez rentré chez vous avant minuit »

Aurore était désespérée… Rien ne marchait. Ni les mots, ni la force, ni la ruse… elle était mise à nue devant lui et rien ne pourrait le faire basculer. Le diable en personne !

Elle s'avoua vaincue, d'une petite voix :

« D'accord…d'accord, je vais faire ce que vous me demandez…libérez-moi, je vous en supplie, ça me fait un mal de chien ! »

Minos pencha la tête sur le coté avant de libérer la petite chose fragile ? Les fils avaient déchiré une partie de ses vêtements dans sa tentative de se libérer…

« Voilà qui est raisonnable. Allons, ne perdez pas de temps. »

Elle s'écroula par terre, laissant les larmes glisser, les épaules tremblantes… Les liens lui avaient coupé la circulation sanguine et les fourmillements étaient douloureux… ! Elle se releva avec peine avant de marcher vers sa prison…

Minos fut tout sourire ! Son frère, Aiacos, arriva vers lui, un paquet de chips dans les mains. Il en prit une grosse poignée avant de l'avaler goulûment ! Griffon eut une petite grimace devant ce spectacle :

« Tu pourrais prendre quelque chose de moins salé. »

Mais la remarque du norvégien n'atteint pas le cadet. Il s'en fichait ! En revanche, la scène qu'il venait d'épier était un spectacle remarquable :

« C'était beau à voir tout cela ! La pauvre fille, j'ai cru qu'elle allait se jeter par la fenêtre !

- Non. Ce genre de personne aime trop son physique pour songer à une mort aussi brutale. Les femmes préfèrent les fins qui n'abiment pas trop leur corps en général. Surtout quand elles sont comme Horreur. La pendaison et l'empoisonnement sont des choix de prédilection.

- Bien vu ! Mais vu la vie qu'elle mène, elle ne pensera au suicide qu'en cas de force majeure. Ce qui fut le cas, d'après ce que j'ai vu…

- En effet, j'ai pris soin de bien la sonder avant. Bon… Plus pour très longtemps avant que Mia n'arrive… pourvue qu'elle ne soit pas en retard.

- Avec un mec comme Rhada, tu penses vraiment qu'elle prendrait le risque ? »

La suite se passa très rapidement… Minos lui fit encore davantage peur en lui faisant la morale de manière paternaliste et particulièrement sadique. La pauvre fille en eut assez et pleura encore plus fort, se laissa tomber à genoux devant Minos et Aiacos.

Le brun n'y allait pas de main morte non plus avec ses piques acerbes!

Le sanglot de la jeune femme attira Rhadamanthe hors de son bureau, portable encore à la main, l'air furieux :

« C'est quoi ce bordel !? Je ne peux passer un coup de fil sans qu'on entende vos conneries ? Damn it ! »

La vue de ce grand blond à l'air sauvage et agressif acheva Aurore. Était-ce lui Mr Walden ? Elle reconnu sa grosse voix rauque… Elle pensait qu'il aurait dans la cinquantaine ! Mais en le voyant il était jeune ! Elle hoqueta :

« Mo…monsieur Walden ? Je vous en prie… appelez la police… ces hommes sont dangereux… »

La Wyverne adressa un regard noir à ses frères :

« Vous deux… vous avez encore bien merdé ! »

Il poussa un grognement sourd de bête sauvage, crocs apparents :

« Vous n'allez donc jamais grandir… Vous m'emmerdez avec vos jeux de gamins… Vous allez immédiatement m'arranger ça. »

« Ça », ou plutôt Aurore, ou Horreur pour les intimes, s'affola, comprenant ce qu'il voulait dire. Elle réalisa que son employeur était comme ses deux autres patrons…

« Si…si vous me tuez…mon père engagera les meilleurs détectives pour découvrir ce qui s'est passé ! »

L'anglais lui jeta un regard méprisant et perçant :

« Tu penses vraiment que ça me fait peur ? Tu ferais mieux de préserver ta langue avant que Minos ne te la coupe… »

Il fulminait, lassé par le comportement de ses frères…

« Vous allez me nettoyer ce merdier, compris ? THE FUCK ! Je ne peux pas vous laisser seul 5 minutes ! »

Minos et Aiacos ne sentaient même pas coupable… pour tout dire, ils attendaient Mia…

Aiacos décida de pimenter encore davantage le jeu :

« Rhada… tu serais d'accord pour épargner cette larve ? Elle pourrait être utile… physiquement j'entends… »

La lueur d'espoir dans les yeux, Aurore se traina aux pieds de Wyverne, attrapant les plis de son pantalon, à genoux devant lui, elle supplia à nouveau, visage ravagé par les larmes et son maquillage quasiment enlevé :

« Pitié ! Je vous en supplie, je ferais ce que vous voudrez ! Mr Walden, s'il vous plait, faites de moi ce que vous voudrez !

- Assez ! Tu aggraves ton cas, insecte ! Retire tes sales pattes immédiatement…

- Pitié… je peux… je peux vous faire du bien… beaucoup de bien… je serais tout ce que vous voudrez que je sois… vous pouvez me faire ce que vous voulez, mais épargnez-moi je vous en conjure… vous pouvez me prendre comme vous voulez… »

La pauvre fille déblatéra ses vaines supplications sous le regard foudroyant du blond. Minos et Aiacos ne pouvait plus tenir ! Mia vite !

Au même moment ! Miracle, la porte du bureau s'ouvrit et la voix claire de Simurgh raisonna :

« C'est moi ! »

Rhadamanthe ouvrit ses yeux, ronds et implacables en direction de l'entrée ! Mia ? Ici ?

Il tourna la tête vers ses frères qui avaient un grand sourire sur leur visage… bien sur… qui d'autres… ?

« Vous… vous allez me le payer… »

Aiacos pouffa :

« Oui, oui en attendant… »

Il pointa du doigt Mia qui était à quelques mètres d'eux ! La scène sous ses yeux lui fit l'effet d'une aiguille, chauffée à blanc, qu'on aurait enfoncé petit à petit dans son cœur…

Voir une humaine, plutôt belle, malgré les larmes et le mascara dégoulinants sous ses yeux clairs, à genou devant son homme lui fit voir rouge ! De plus, son juge ne l'avait pas vraiment repoussé…

Elle avait entendu une phrase qui résonna encore dans son esprit : « Vous pouvez me prendre comme vous voulez. »

Il n'en fallut pas plus pour que la brune fasse le rapprochement. Si son juge voulait s'envoyer en l'air avec une autre, elle n'allait pas lui rendre la tache aussi facile !

« C'est qui celle-là ? Tu vas la prendre comment Rhad' dis-moi ? »

Le ton était froid et colérique. Parfait, les deux instigateurs s'en frottaient les mains ! Aiacos sortit le paquet de chips au curry ! Rhadamanthe crut exploser !

Aurore resta sans voix devant cette jeune femme :

« Pitié…pitié… »

Mia aboya :

« Pitié de quoi ? Hein ? Pitié prends moi comme la chienne que je suis, c'est ça ? Tu te prends pour qui espèce de sale… »

Simurgh se prépara à foncer sur elle pour la massacrer ! La battre à mort, la prendre par les cheveux et la faire souffrir !

Mais Wyverne changea les règles du jeu ! D'une main ferme, il saisit Aurore par la tignasse avant de lui briser la nuque d'un coup sec et rapide ! Le corps sans vie de la femme s'effondra lourdement sur le sol.

Minos et Aiacos protestèrent :

« Mais pourquoi ? On allait avoir un combat de femmes !

- Tu sais le temps que j'ai mis avant de la rendre dans cet état ? »

Mia qui ne comprenait pas y alla de ses revendications, visage déformée par la jalousie :

« Alors comme ça tu veux en baiser une autre ? Au bureau en plus ! Bravo ! Très classe, je n'aurais jamais cru ça de toi ! Tu n'es vraim…

- SHUT UP ! »

La voix forte raisonna dans le bureau. Tout le monde se tut. Enfin un peu de silence !

L'anglais se passa la main sur le front avant de prendre ses affaires dans son bureau et de quitter les locaux :

« Je rentre. Vous m'avez tous énervé. Mia, renseigne-toi d'abord auprès de mes idiots de frères. Pour ma part, je n'ai pas de comptes à te rendre. Quant à vous deux, rangez votre merdier et débarrassez-nous du corps de cette fille. Et VITE ! »

Il claqua fort la porte, faisant trembler les lieux ! Peut-être avaient-ils été trop loin ? Tant pis… au moins, ils auront essayé ! Et nul doute que si leur frère n'avait pas tué Horreur, ils auraient assisté à une belle scène de ménage !

Finalement cette journée aura été merdique jusqu'au bout pour Minos et Aiacos. Et c'était loin d'être fini car Mia, corps tendu au possible et yeux noirs, exigeait des explications !

Et elles allaient être très longues…