Disclaimer : Le scénario est la seule chose qui m'appartient. Les personnages font partis de l'univers Marvel ( comics, films et séries )
Note de l'auteure : Hello ! C'est partie pour le chapitre 3 ! Merci de lire cette fiction et j'espère qu'elle vous plait ! Enjoy !
The Salem Centrer – Westchester – États-Unis – 31 Mai 2012
Un calme rassurant régnait dans la chambre. Cela ne dura, cependant, que l'espace de quelques heures. Jean se réveilla avec l'étrange impression de mouvement autour d'elle. Elle ouvrit les yeux difficilement et les écarquillèrent de surprise. La magie de Wanda avait complètement embaumé la chambre et c'était à cause de celle-ci qu'elle s'était réveillée. La magie rouge appelant la sienne. Elle remarqua l'agitation de son amie et n'hésita pas à la rejoindre.
Cependant, un bouclier semblait protéger Wanda et l'empêchait de la rejoindre. Elle posa sa main dessus, ferma les yeux et se concentra sur sa volonté de l'aider. Une brèche se créa dans le bouclier et dans un sourire rassuré, elle put le franchir. Elle s'assit sur le lit et posa une main sur le front de la jeune femme.
Elle fronça des sourcils sous sa chaleur inhabituelle avant de la prendre dans ses bras, se concentrant afin de la réveiller. Elle murmura son prénom à son oreille plusieurs fois et sa magie enveloppa la rousse avec attention et tendresse. Les effluves de la magie rouge s'amenuisèrent et elle s'éveilla d'un long cauchemar.
Tout me paraissait à la fois familier et étranger. Je sursaute lorsque je sens une présence à mes côtés et il me faut un certain temps pour me souvenir que je suis dans la chambre de Jean. J'ai entendu sa voix dans mon cauchemar. Elle était lointaine, mais bel et bien présente. J'ai réussi à m'en sortir grâce à elle. Sans lutter, je me laisse aller dans ses bras et enfouis mon visage dans son cou.
Mon cœur bat à tout rompre, mais ce n'est pas à cause de notre proximité. Je me sens encore terrifiée. Son odeur occulte celle de mort et de chair brûlé présente dans mes souvenirs. J'attrape sa main et viens la poser sur mon cœur tandis que l'autre récupère le bord de sa chemise.
Je me sens mal à l'aise et elle réussit à me rassurer, déposant des baisers légers sur ma chevelure tout en s'allongeant sur le matelas. Elle me force à l'accompagner et je me recroqueville sur la partie droite de son corps. Ma tête n'a pas bougé de place et mon visage se trouve toujours dans son cou.
Sans m'en rendre compte, j'enveloppe ses jambes des miennes et prends d'immenses bouffés de son odeur. Je rougis violemment lorsqu'un gémissement sort de ma gorge par inadvertance, surtout lorsqu'elle ricane d'amusement. J'enfonce mon visage un peu plus dans son cou pour cacher ma gêne et me concentre sur l'effet qu'elle produit sur mon corps. Bien que mon esprit soit embrumé et pétrifié dans mes souvenirs, mon cœur bat normalement. Une envie de l'embrasser me prend aux tripes et je me fais violence pour ne pas la combler.
— J'ai mal, murmurais-je sans m'en rendre compte.
C'était vrai, la douleur psychologique était insoutenable. Des larmes obstruent ma vision et viennent s'écraser dans le creux de son cou. Avec une certaine tendresse, presque amoureusement, elle vient embrasser mon front. Elle libère sa main de mon emprise pour venir la poser sur ma joue.
J'ouvre les yeux sous cet élan plaisant et la lune me permet de voir son visage comme en plein jour. Elle m'offre un sourire rassuré et je me perds dans l'intensité de son regard. J'ai envie de l'embrasser et je suis sur le point de céder à la tentation lorsque mon besoin, de lui montrer mon passé, devient trop fort.
— Promets-moi de ne jamais me voir comme un monstre, la suppliais-je, mon regard ancré dans le sien.
— Jamais, Wanda, m'assura-t-elle d'un air totalement sérieux.
Un fin sourire résigné s'installe sur mes lèvres. Je pose mon front contre le sien et me concentre sur mes souvenirs de Lagos. Je me retiens de hurler tant, cet effort me fait mal. À la place, je serre de toutes mes forces sa main, jusqu'à enfoncer mes ongles dans sa chair sans le faire exprès.
Je vais la retirer, coupable, mais elle la récupère avec détermination. Dans ce geste, elle me fait comprendre que je peux me remettre à elle pour supporter ma douleur et mon cœur ne fait que s'accélérer à cette constatation. Je soupire et malgré la douleur, nous entrons dans le monde fermé de mes songes où une certaine Scarlet Witch a imposé son règne.
Lagos – Nigeria – Afrique – 31 Octobre 2013
— Pourquoi est-ce que tu ne veux pas m'écouter pour une fois ? Cria-t-il à en perdre haleine. Utilise tes pouvoirs ! Montre-leur que nous ne sommes pas sans défense ! Continua-t-il en me prenant les mains violemment.
— Je te l'ai déjà dit. Je refuse de faire du mal à autrui. Même à des soldats venus pour exterminer les personnes comme nous ! M'imposais-je, une lueur rouge et dangereuse dans le regard. Ils ne font que ce qu'on leur demande, ajoutais-je en baissant les yeux.
— Tu penses que maman et papa voudraient qu'on se fasse tuer sans même répliquer ? Tu le penses vraiment, Wanda ? Grinça-t-il, le regard plein de rage.
— Ne mêle pas nos parents dans cette histoire. Ils ne sont plus de ce monde, grinçais-je des dents.
— Tu es tombée bien bas, frangine, mais un jour, tes décisions se retourneront contre toi, finit-il, déçu, avant de se sauver en courant.
— Il fuit toujours lorsqu'on se dispute, murmurais-je, la tête basse et les larmes roulant sur mes joues.
Je me laissai tomber sur mon lit de fortune et me pris la tête entre les mains. Je savais qu'il avait raison, que ces gens étaient venus pour nous tuer à cause de notre fuite d'Hydra, mais je ne peux me résoudre à abattre une personne de sang-froid. Pietro ne le pouvait pas non plus, c'est pour ça qu'il avait essayé de me pousser à bout, pour que je réagisse, que je me bats pour nous deux, mais bien que je sois la plus puissante, je ne souhaitai pas donner raison à nos poursuivants.
Une explosion en plein centre de Lagos, proche de notre repère, me fit sursauter et mon cœur s'accéléra par simple peur. J'écarquillai les yeux et me lançai à la poursuite de Pietro, espérant qu'il ne soit pas l'auteur de cette explosion ou pire, qu'il n'en soit pas la victime. Lorsque j'arrivai sur place, une odeur âcre se dégageait de l'endroit et une fumée épaisse ne me laissait pas voir l'étendue des dégâts. J'utilisai ma magie pour l'atténuer et atterri en plein centre du carnage. Il y avait plusieurs cadavres. D'innocents habitants de Lagos. Des soldats d'Hydra. J'eus l'impression que l'on m'arrachait le cœur lorsque je découvris mon frère, allongé sur le sol, paraissant inerte.
Cette vision cassa quelque chose en moi. Un verrou. Celui de ma réelle identité. Sa magie s'insinua à travers tous mon être et une voix me répétait sans cesse de tous les massacrer. Je hurlai de douleur, et de peine mélangée, jusqu'à faire exploser ma magie. Ma conscience s'envola en même temps que mes sentiments et elle prit ma place. Rire fut la première chose qu'elle accomplit et celui-ci resterait à jamais gravé dans ma mémoire. C'était juste avant qu'elle ne massacre l'intégralité des habitants innocents de la ville.
— Longue vie à la reine ! S'exclama-t-elle dans un rire fou, créant un trône à son effigie à l'aide de la centaine de cadavres qu'elle venait de créer.
Ce souvenir est le seul qui soit totalement net dans mon esprit. Le reste n'est que flash et extrait. Je reprends ma respiration, j'ai l'impression d'avoir fait de l'apnée pendant une heure. J'ose poser un regard sur Jean et ce que j'y vois me fait mal. Elle regarde le plafond d'un air vide et des larmes perlent sur ses joues.
Mon cœur semble se briser à cette vision et je suis sur le point de me lever pour fuir cette situation lorsqu'elle attrape mon poignet. D'un mouvement net, elle me rallonge à côté d'elle et vient s'asseoir à califourchon sur mon ventre. Ses deux mains sont posées aux deux extrémités de ma tête et ses cheveux de feu produisent un halo presque divin autour de nous.
Son regard est plongé dans le mien et je n'y vois aucune haine ou pitié, mais une immense tristesse. J'écarquille les yeux en me rendant compte de ça et mon envie de l'embrasser se fait de plus en plus violente. Elle ne dit rien pendant un moment, se contente de me fixer et de caresser ma joue.
— Tu n'es pas un monstre, Wanda Maximoff, affirma-t-elle en fronçant des sourcils. Tu n'es qu'un ange dont les ailes ont été brisées, ajouta-t-elle en s'approchant de plus en plus de mon visage.
Ses paroles me font énormément de bien et installent un baume de tendresse autour de mon cœur meurtri. Je lui souris légèrement avant de poser mes mains sur son cou et d'y exercer une pression. Sans hésiter, et commandée par mes envies les plus primaires, je pose mes lèvres sur les siennes.
Elle est d'abord surprise de ce revirement de situation, mais répond favorablement à cet échange. Le goût de ses lèvres est indescriptible et la sensation de l'embrasser allume un feu en moi. Cependant, une voix hurle dans ma tête. Une voix cherchant l'anéantissement et la mort.
C'est la première fois que je l'entends aussi net et je n'ai aucun doute sur son identité. Je sens ma magie s'éveiller et mon cœur se gonfle de peur subitement. Je casse notre échange et la fixe, la terreur est facilement lisible dans mon regard. Puisqu'elle est toujours sur moi, je ne peux pas m'enfuir et pourtant, ce n'est pas l'envie qui me manque.
Je gesticule en dessous d'elle pour essayer de me libérer et lorsque je suis sur le point d'y arriver, elle prend mes mains dans les siennes et les bloquent au-dessus de moi. Une lueur dorée illumine son regard, répondant à la flamme rouge présente dans le mien.
— Calme-toi, tu ne me feras pas de mal, essaya-t-elle de me rassurer d'une voix douce.
— Moi non, mais elle oui, répliquais-je au bord des larmes, ne pouvant pas soutenir son regard.
— Tu l'as entendu dans ta tête, comprit-elle en se redressant, libérant mes mains, mais elle resta assise sur mes hanches.
— Je l'entends systématiquement, mais là, c'est bien plus audible, lui avouais-je, presque honteuse.
— N'aie pas honte d'avoir peur, Wanda, me dit-elle en replaçant une mèche derrière mon oreille. Cela te permet de te rendre compte que tu es toi, m'assura-t-elle en glissant ses doigts sur mes lèvres avant de poser sa main sur ma joue.
— Je ne suis pas prête, lui avouais-je, détournant le regard.
— Pourtant, c'est toi qui t'es jeté sur moi, plaisanta-t-elle à demi-mot. Je le sais, m'assura-t-elle en glissant à mes côtés. Pour ce soir, repose-toi et on est parlera un autre jour, m'indiqua-t-elle en m'invitant à m'installer contre elle.
Après une certaine hésitation et avec le feu aux joues, je viens me caler contre son côté droit. Ma tête se place sur son torse, à l'emplacement du cœur, et elle me prend la main avec la sienne de libre pendant que la deuxième caresse mes cheveux. Je me concentre sur les battements de son cœur qui deviennent de plus en plus bruyants au fur et à mesure que je me sens basculé dans le rêve. Ils deviennent tellement intenses qu'ils éclipsent absolument toute trace de cauchemar.
The Salem Centrer – Westchester – États-Unis – 20 Juin 2012
L'attaque sur l'école a eu lieu, il y a trois semaines de ça. Depuis, tous à changer. Les professeurs sont plus stricts et sur leur garde. Un bouclier de protection a été érigé autour de l'établissement pour prévenir d'éventuelles nouvelles attaques. Les élèves ne m'ont plus en horreur et me respectent, un peu trop selon moi. Tout paraît parfait, mais les couleurs de mon monde ne sont pas toutes revenus. Grâce à mon frère et au soutien de certains professeurs, j'arrive à reconnaître certaine nuance, mais il me manque quelque chose.
Comme à mon habitude, je suis allongée sous l'immense arbre en fleur gardant la fenêtre de notre chambre. La saison est parfaite pour profiter de la chaleur du soleil. J'ai les yeux fermés, mais lorsqu'une ombre vient obscurcir ce moment idyllique, je les ouvre, prête à déchaîner mes foudres en cas de besoin.
Évidemment, la seule personne qui peut interrompre ce moment n'est autre que la seule personne que j'évite depuis un mois. Jean est penché au-dessus de moi et me fixe sans dire un seul mot. J'aimerais me redresser pour ne pas me sentir vulnérable, mais je n'y arrive pas. Je suis hypnotisé par la lueur étrange présente dans ses iris.
Pourquoi est-ce que tu me fuis ?
Une question simple pour une pensée qui l'est tout autant. Elle fronce des sourcils et je réussis enfin à tourner la tête, fuyant son regard. Je triture mes doigts dans cette position inconfortable jusqu'à qu'elle soupire et me sourit, résignée. Elle se redresse et me tourne le dos pour s'en aller, mais cela me terrifie.
Je suis désolée. Je n'y arrive pas.
Elle stoppe sa marche et tourne la tête légèrement, m'indiquant qu'elle a intercepté ma pensée. Pour autant, elle continue son chemin sans même un regard pour ma personne. Son attitude, bien que justifié, me fait mal.
Je me rallonge dans la même position qu'avant son intervention et glisse sur le côté droit pour me recroqueviller sur moi-même. J'ai l'impression d'être un animal effrayé et dans un certain sens, c'est le cas. Je suis consciente qu'après ce que je viens de dire, couplée à notre premier baiser le mois dernier, je suis sur le point de la perdre.
A la fin de la journée, une certaine effervescence animait l'école. Pour je ne sais qu'elle raison, un regroupement d'élèves se forme au milieu du couloir principal. Pietro apparaît à côté de moi, il a l'air paniqué. Je fronce des sourcils alors qu'il essaie par tous les moyens que je n'approche pas le centre. Son comportement m'inquiète autant qu'il m'intrigue.
— C'est pas une bonne idée, frangine, s'interposa-t-il en faisant barrage de son corps.
J'utilise ma magie pour le dépasser et me rapprocher du cœur de ce rassemblement. Lorsque j'y suis, mon jumeau arrive à mes côtés et me fixe sans rien dire. Lorsque j'aperçois Scott, agenouillé devant Jean, je comprends ce qu'il avait voulu me dire.
— Il lui a demandé de sortir avec elle, me précisa-t-il avec un regard voilé de tristesse.
Jean semblait chercher quelqu'un dans la foule et je comprends que ce quelqu'un, c'était moi. Elle hésite quelques instants, posant un étrange regard sur ma personne, avant de reposer son attention sur le jeune homme. Mon cœur rate plusieurs battements lorsqu'elle lui accorde une chance. Le sol semble se dérober sous mes pieds en même temps que les hurlements de joies des élèves retentissent.
Le monde s'écroule autour de moi malgré son attention qui me dévore littéralement depuis son acceptation. Mes yeux me piquent soudainement et je demande à mon frère de m'emmener devant le grand arbre. Sans hésiter, il fait ce que je lui demande et nous nous retrouvons à l'endroit escompté.
Mes jambes n'arrivent plus à me soutenir et je m'écroule à genou devant l'arbre. J'ai envie de hurler, mais aucun son n'arrive à sortir de ma bouche. Pietro vient me prendre dans ses bras et ce n'est qu'à ce moment-là que je prends conscience que l'élément coloré qui manque à mon monde, c'est Jean.
Je ne voulais pas que tu l'apprennes comme ça.
À l'entente de sa pensée, un rire incontrôlé et faible s'extirpe de ma gorge. J'ai tellement de question, mais pour l'heure, il n'y a qu'une colère noire au fond de mon cœur. Pour autant, je n'arrive pas à la détester. Après tout, il est normal qu'elle essaie de passer à autre chose lorsque l'on sait que j'en suis la principale responsable. Je l'ai rejeté, deux fois. Cela me pendait au nez. Pour autant, cette vérité et cette réalité me font un mal de chien, mais pour une raison inconnue, je continue de rire. Rire jusqu'à en perdre ma voix. Rire jusqu'à en perdre ma raison.
The Salem Centrer – Westchester – États-Unis – 21 Juin 2012
— Alors, Maximoff, pas trop jalouse ? Me demanda-t-il avec orgueil.
— Jalouse de quoi ? De toi ? Répliquais-je dans un sourire dédaigneux. Certainement pas, Scott, ajoutais-je sans perdre mon sourire.
— Désolé de t'avoir piqué Jean, hein, mais premier servis, tu sais comment ça marche, reprit-il dans un rire.
— Je ne vois pas de quoi tu parles, Summers, tu ne m'as absolument rien volé, affirmais-je dans un sourire presque sadique, une lueur rouge dans le regard. Je l'ai prise la première, sache-le, ricanais-je d'une voix basse.
Il fronça des sourcils, se retourna en direction de Jean avant que son attention ne revienne sur moi. Il semblait énervé tandis que moi, sa réaction m'amusait. Mon coude reposant sur le bureau, mon menton dans ma main, je lui souris largement en fermant un seul œil, je lui tire la langue, le narguant volontairement.
— Tu as réussi à berner les autres, Wanda, mais je vois claire dans ton jeu, dit-il en serrant les dents.
— Quel jeu ? Je ne vois pas de quoi tu parles, Scott, me défendis-je sans perdre mon sourire narquois.
— Tu es exactement la même personne. Celle qui a dévasté Lagos, m'insulta-t-il, espérant me faire perdre mon sang-froid.
— Tu ne me le fais pas dire, Summers, lui donnais-je raison, intensifiant la lueur dans mon regard.
— Tu es un monstre ! S'écria-t-il en me désignant du doigt.
— Ça suffit, Scott ! Interviennent Jean et Pietro d'une même voix.
— Il n'a pas tort, vous savez, ricanais-je sans pour autant me redresser. Je suis véritablement un monstre, confirmais-je en plongeant mon regard dans celui de Jean. Maintenant que je n'ai plus rien pour me retenir, lui murmurais-je dans un sourire amusé.
Tu m'as encore. Ne crois pas que je vais la laisser reprendre le contrôle de ton corps.
Mon sourire s'élargit à l'entente de ses pensées. Je la défie du regard d'intervenir, mais la seule chose qu'elle fait est de prendre la main de son nouveau petit ami et de le forcer à venir s'asseoir. Elle lui donne une claque derrière le crâne et il commence à râler lorsque notre professeur entre dans la salle, le forçant à se taire.
Tu devrais le garder en laisses mieux que ça.
Elle se retourne et m'offre un regard noir avant de reprendre l'attention du cours. Un rictus triste vient évoluer sur mes lèvres. Elle ne m'a jamais regardé comme ça avant. Je ne la lâche pas des yeux pendant l'heure de cours et Pietro ne me lâche pas des siens. Il est inquiet, je peux le sentir, mais il n'a pas à l'être, je me sens extrêmement bien. Je me voile la face, je le sais très bien et Scott fait ressurgir mes pires instincts. Je le déteste et il le sait.
Lorsque le cours se termine, je suis la première à sortir. Je me dirige à travers les couloirs lorsque Scott me tombe dessus. Il me pousse violemment contre le mur et je peux voir toute la jalousie et la rage dansées dans son regard. Mon souffle se coupe à l'impact de mon dos contre le béton derrière moi. Je sens un goût de fer dans ma bouche et le lui crache au visage. Il semble dégoûté de se retrouver avec mon sang sur sa peau et j'en profite pour lui donner une droite bien placée. Il se retient au mur et me fixe avec haine.
Il se reprend et me pousse une nouvelle fois. Il me donne un coup-de-poing dans le visage, m'assommant à demi-mot et m'ouvrant la lèvre inférieure. Puis un autre dans le ventre. Je crache à nouveau du sang, par terre cette fois-ci, et il me redresse, maintenant fermement mes épaules contre le bitume. Sa visière s'illumine de rouge, m'indiquant qu'il est sur le point d'utiliser son pouvoir sans réfléchir. J'écarquille les yeux et j'ai le réflexe de dévier la trajectoire de son rayon au dernier instant, l'absorbant pour qu'il ne fasse pas de dégâts. Je le repousse à l'aide de mes jambes pour le faire s'encastrer dans le mur d'en face.
— Tu es complètement fou ! Tu cherches à détruire l'école ? Une fois, cela ne t'a pas suffi ? Lui hurlais-je dessus, la lueur rouge de mon pouvoir présente dans mon regard.
— Qu'est-ce que tu voulais dire par « je l'ai prise la première » ? Me demanda-t-il, reprenant étrangement son calme.
J'allais lui répondre au moment où Jean apparut à l'extrémité du couloir. Son expression est totalement fermée et intimidante. Je détourne le regard, honteuse, tandis qu'elle avance dans notre direction. Scott essaie de se justifier et de me mettre tout sur le dos. Je lève les yeux au ciel en serrant les dents, ouvrant encore plus la plaie à ma lèvre. Un goût de ferraille s'insinue dans ma bouche et je déteste ça. Lorsqu'elle arrive à notre hauteur, elle ne donne aucune considération à Scott, l'ignorant complètement. Elle pose sa main sur ma joue avant de glissé son doigt sur ma blessure, me faisant tressaillir.
— Je t'ai vu l'attaquer le premier, Scott, lui révéla-t-elle sans même se retourner.
— Pourquoi tu n'es pas intervenu ? Lui demanda-t-il en fronçant les sourcils.
— Je voulais voir si tu allais répliquer, avoua-t-elle en plongeant son regard dans le mien. Je vais l'emmener à l'infirmerie. Je compte sur toi pour réfléchir à tes actes, Scott, ajouta-t-elle avant de me prendre par la main.
Elle me tira à sa suite en liant nos doigts entre eux. Je rougis devant son geste et elle ne manque pas de rire à ma réaction. Je sens le regard haineux du jeune homme derrière nous et j'ai la mauvaise impression qu'il ne va pas en rester là. Néanmoins, pour l'heure, mon attention n'est concentrée que sur Jean. Lorsque nous arrivons à l'infirmerie, celle-ci est vide d'élèves comme de l'infirmière.
— Assis toi sur la chaise, je vais te soigner, m'ordonna-t-elle en ouvrant un placard rempli de médicaments, de pansements, de bandes et de produits désinfectant.
— Pourquoi est-ce que tu t'occupes de moi ? Tu ne devrais pas faire ça à ton petit ami à la place ? Lui dis-je, faisant la moue.
— Ce n'est pas lui qui a une plaie sur la lèvre et une côte cassée, répliqua-t-elle avec une certaine colère dans la voix.
Je ne lui réponds pas, baissant la tête. Évidemment, elle la relève avec sa main après s'être installée entre mes jambes. Elle fait glisser son tabouret pour être au plus proche de moi et commence à appliquer le produit sur ma blessure. Je gémis de douleur aux picotements et retiens uns insulte de sortie d'entre mes lèvres. Elle sourit, amusée par mes réactions, et continue d'appliquer ses soins avec une certaine douceur.
— Je sais que tu considères Scott comme ton rival, mais arrête de le chercher, Wanda. Ce n'est pas une compétition, me dit-elle soudainement.
— De toute façon, il l'a déjà gagné, cette compétition. Il t'a toi alors que moi, j'ai tous fait foirer. Encore une fois, répliquais-je difficilement, ma gorge se nouant.
— Tu ne te défends même pas, releva-t-elle dans un sourire résilié. C'est lui qui est venu te voir, tu n'as fait que répliquer et tu ne te défends même pas lorsque je te dis le contraire, m'expliqua-t-elle en remarquant mon regard perdu.
— À quoi bon ? Souris-je tristement. Je ne peux qu'encaisser les coups maintenant, soufflais-je avec beaucoup de mal.
— Tu as du mal à respirer ? Me questionna-t-elle subitement.
Je hoche la tête positivement. J'ai mal aux côtes et aux poumons depuis le coup de Scott dans mon ventre, mais je ne l'ai pas relevé jusqu'ici. J'essaie de reprendre une respiration stable, prenant une grande bouffée d'air, mais cela m'est impossible et je tousse grassement. Lorsque j'éloigne ma main, des taches rouges parsèment ma peau.
— Je ne crois pas que ce soit normal ça, Jean, lui dis-je faiblement en la lui montrant.
J'ai la tête qui tourne subitement et je manque de tomber de ma chaise. Elle me rattrape in extremis et me prend dans ses bras comme une mariée avant de m'allonger sur le lit médical derrière nous. Elle récupère son téléphone et compose un message qu'elle envoie avant de poser sa main sur mon front. J'ai de plus en plus de mal à respirer et elle le remarque. Sans hésiter, elle fond sur mes lèvres et souffle dans ma bouche. Je récupère l'air qu'elle me donne et me concentre sur la sensation de ses lèvres sur les miennes. Mes poumons sont en feu, mais ma respiration redevient régulière malgré la toux prononcée qui me vrille la gorge.
— Je vais mourir ? Lui demandais-je en fixant le plafond, délirant complétement.
— Non, rit-elle en caressant mes cheveux avec tendresse. Je pense que ta côte gêne ton poumon, d'où ta toux et ton manque d'oxygène, m'expliqua-t-elle en déposant un baiser sur mon front.
— Parce que si je meurs sans avoir réussi à t'embrasser, je vais mal le prendre, continuais-je sans vraiment écouter ce qu'elle me dit.
— Tu oublies ce qu'il s'est passé dans ma chambre le mois dernier, me répondit-elle en haussant un sourcil.
— Tu n'as pas tort ! M'exclamais-je en riant pour rien. Pourquoi est-ce que tu lui as dit oui ? Osais-je enfin lui demander, détournant le regard, incapable de l'affronter.
Elle allait me répondre lorsque Pietro et Hank arrivèrent dans l'infirmerie. Mon frère se précipita à mon chevet et vint me caresser, lui aussi, les cheveux. Hank s'avança et Jean lui laissa un peu de place pour qu'il puisse m'ausculter. Il tâta mes côtes et ma poitrine, fronçant les sourcils.
— Elle a deux côtes fracturées et l'une d'entre elle gêne le poumon droit, mais ça, tu le savais déjà, hein, Jean ? Analysa-t-il en plongeant son regard dans celui de la rousse.
— Oui, Hank. Il faut que tu me dises ce que je dois faire pour la lui remettre sans aggraver son état, lui expliqua-t-elle.
Il accepta et me demanda la permission d'ouvrir ma chemise. Je la lui donne et je me retrouve en sous-vêtements devant Pietro, mais également, et surtout, devant Jean. Mes joues prennent directement une couleur rouge intense sous le regard amusé du Fauve. De son côté, Jean n'est pas en reste et je vois, dans son regard et sa façon de se tenir, qu'elle utilise un énorme self-control pour ne pas lorgner sur ma poitrine. Je me retiens de rire à cette constatation et attends simplement qu'ils commencent.
Hank lui expliqua la manière dont elle devra utiliser son don de télékinésie afin de replacer ma côte sans me faire plus de mal. Lorsqu'il eut fini, elle posa l'une de ses mains sur mon ventre découvert et l'autre sur mon front. Je plonge un regard assuré dans le sien et lui sourit faiblement, l'encourageant. Elle hoche la tête avant de commencer. La sensation est étrange, mais ça fait un mal de chien. Je me retiens de hurler de douleur et la seule chose qui me permet de tenir est l'encouragement caché au fond de ses pupilles. Ce traitement ne dure que quelques minutes et dès que ma respiration se fait plus rapide, je comprends qu'elle a réussi.
Hank la félicite et vient vérifier que mes côtes soient de nouveau en place. Lorsqu'il le confirma, il m'indiqua de rester au calme le plus souvent possible et de ne pas bouger plus que nécessaire. Après m'avoir tendu un petit pot trouvé dans l'armoire à pharmacie, il m'indiqua d'appliquer ce baume trois fois par jour jusqu'à que l'hématome disparaisse. Il m'accorda un sourire avant de féliciter Jean et de sortie de l'infirmerie.
— Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Nous demandâmes mon frère.
— Scott m'est tombé dessus en sortant du cours, lui expliquais-je rapidement, soudainement fatiguée.
— Il faut que tu tiennes en laisse ton petit ami, Jean, lui reprocha-t-il en la fixant méchamment.
— Laisse-la tranquille, Pietro. Ce n'est pas de sa faute, affirmais-je dans un sourire.
— C'est totalement de sa faute. Tout est de sa faute depuis le début, me contredit-il avec colère.
— Pietro, retournes en cours. Jean va m'emmener dans notre chambre où je vais me reposer, lui imposais-je.
— Même pas en rêve, frangine, refusa-t-il dans un sourire.
Il me prit dans ses bras à l'instar de Jean tout à l'heure et après l'avoir gratifié d'un énième regard noir, il entama sa marche pour sortir de la salle. Je lui demande, cependant, de s'arrêter et de me poser par terre. Après plusieurs secondes de lutte, il fait ce que je lui demande et en ignorant la douleur de mes côtes, je me précipite sur Jean pour poser mes lèvres sur les siennes dans un baiser envieux, mais pressé.
— Je t'attendrai toute ma vie s'il le faut, lui avouais-je à l'oreille.
Elle pose ses doigts sur ses lèvres, les larmes dévalant ses joues. Je lui souris gaiement avant de revenir vers mon frère. Il grogne de mécontentement et m'aide à marcher jusqu'à notre chambre. Il n'y a personne dans les couloirs, ils sont tous en cours. Lorsque nous arrivons, il me dépose avec précaution sur mon lit et me borde, comme lorsque nous étions enfants. Je lui souris, amusé, et m'endors rapidement après qu'il ait déposé un baiser sur mon front.
Voilà voilà ! J'espère que vous avez aimer ce nouveau chapitre ! A Lundi prochain pour la suite !
Jours de publications : un chapitre tous les Lundi.
Des bisous !
