Disclaimer : Downton Abbey est l'oeuvre de Julian Fellowes.

Résumé : Même si elle est heureuse, les fantômes de sa première maternité la hantent encore. Alors, comme pour soigner tout dans sa vie, Edith écrit. [Women's March 2022]

Note de l'auteur: Cet écrit fait partie d'un recueil pour répondre au défi du Women's March crée par Fleur d'Epine et ayant pour but de célébrer les femmes en mars. Un jour = un prompt !

Jour 18: « Il n'y a pas pire agonie qu'une histoire non dite » – Maya Angelou

Liste des dettes du Discord « Défis Galactiques » : 50 nuances de Downton Abbey + Edith Crawley (Alphabets) + Prénom 55 : Edith

Ecrire pour guérir

Il n'y a pas pire agonie qu'une histoire non dite. Les mots qui veulent hurlés sont contraints au silence dans une souffrance incroyable. Cela, Edith en sait quelque chose. Combien de fois aurait-elle aimé s'ouvrir à sa mère, à son père, pour pouvoir épancher son cœur et trouver en eux du réconfort ? Dieu soit béni, elle a eu sa tante Rosamund pour l'épauler. Alors que dire des femmes qui, quant à elles, n'ont pas cette chance ? Elle, malgré sa fin heureuse, elle sent encore les picotements de cette douleur quand son esprit aime la ramener à cette période sombre de sa vie.

Son histoire, un jour, Marigold en héritera car elle mérite de connaître ses origines.

Mais aujourd'hui, Edith veut guérir et comme pour beaucoup de choses dans son existence, c'est l'écriture qui la soigne. Au lieu de faire couler son sang vermeil, c'est l'encore noire se gravant dans le papier qui lui permet de vider son corps de ses humeurs changeantes.

Alors, c'est ce qu'elle fait.

Elle écrit.

Sous le regard bienveillant de Bertie qui est son lecteur attitré, qui accueille son projet avec autant d'enthousiasme que s'il était le sien, elle écrit son histoire.

Romancée, évidemment.

Les temps ne lui permettent pas encore de s'afficher ouvertement comme mère d'une bâtarde.

Alors, elle invente, dans les contrées profondes de la Flandre que Matthew a pu lui décrire de son vivant, l'histoire d'une jeune femme qui s'appelle Yolande, qui s'éprend d'un homme, leur histoire d'amour aussi tragique que belle, la grossesse, ses péripéties aux côtés d'une femme de sa famille l'aimant peut-être plus que ses propres parents, son combat pour accueillir son bébé et l'élever, pour finir sur une fin heureuse : un homme qui l'accepte toute entière et reconnaît la petite comme la sienne pour sauver leur honneur. C'est une biographie déguisée que seuls les Crawley pourront décoder. Pour l'instant, égoïstement, c'est elle qu'elle soulage mais on ne peut aider les autres sans s'aider soi-même en premier lieu, même si elle a l'espoir que ses lectrices, ou lecteurs, retrouvent grâce à elle un peu d'espoir dans cette fable qu'elle brode avec les fils de son propre traumatisme.

-Marigold écrira peut-être votre biographie, mon amour. Plaisante son mari

Elle, elle ne le prend pas à la légère.

Marigold, quand elle atteindra l'âge où elle-même est devenue mère, vivra dans un monde plus juste, plus beau et plus féministe que celui dans lequel elles vivent actuellement. Du moins, elle l'espère. Et, elle parle d'expérience, il y a des combats qui ne se gagnent qu'à la pointe de la plume.

En cela, Edith est une parfaite épéiste.

FIN