Disclaimer : Life is Strange 2 est l'oeuvre de DONTNOD.

Résumé : Sean est sur le point de craquer et de se résigner à voler. Les principes, c'est bien, mais c'est mieux quand on a le ventre plein... [LIS 2]

Note de l'auteur : Cet écrit répond au défi d'écriture n°167 de la page Facebook « Bibliothèque de Fictions ». Les conditions étaient : Cent mots minimum, votre personnage doit voler quelque chose. Quoi ? pourquoi ? va-t-il réussir ? A vous de nous le dire !

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Au bord du crime

Son ventre gargouille et il a l'impression qu'il n'a pas mangé depuis des années. Sean supporte pourtant le tout avec courage. Parce que cela signifie que Daniel mange. Peut-être pas toujours à sa faim mais son estomac n'est pas vide. Sauf que là, la nourriture manque. Puerto Lobos et la frontière du Mexique sont encore loin. Comment arriver là-bas sans aucune force ? Le souci, c'est que l'argent aussi manque. Il n'a même pas de quoi acheter un pauvre sandwich déjà préparé et trop sec qu'il aurait partagé avec son petit frère.

Daniel, lui, en attendant, commence à souffrir de cette situation.

L'adolescent observe les étals, le cœur serré, l'âme en peine. Il s'est toujours refusé à faire la manche ou à voler. Il est la seule famille qu'il reste à son cadet, c'est lui qui doit l'élever et ce n'est pas parce que leurs vies sont devenues merdiques depuis la mort de leur père, et les fausses accusations envers eux à propos de ce connard à la gâchette légère parce qu'ils ont le malheur de ne pas être assez blancs, qu'il a le droit de se laisser aller. Au contraire. Il a un devoir envers leur papa, envers lui-même : il doit faire de Daniel un homme honnête, droit.

Mais les beaux principes, c'est bien quand on a le ventre plein.

C'est bien quand on n'a pas faim, quand on n'a pas soif, quand on n'est pas obligés de marcher toute la journée pour fuir la police alors qu'on n'a rien fait.

Daniel a faim, il manque de force, il va tomber malade.

Et le rôle primaire d'un parent, c'est de fournir les nécessités humaines à son enfant.

Le jeune homme se déteste déjà pour ce qu'il doit faire, même avec les meilleures raisons du monde. C'est mal, c'est très mal, c'est risqué. S'il se fait prendre, Daniel tombe avec lui et il n'ose pas imaginer la suite.

- Tu as faim, n'est-ce pas ?

Il sursaute et se retourne. Derrière lui, une dame entre deux âges aux cheveux blonds parsemés de fils d'argent. Son visage, sur lequel le temps commence à exercer son emprise, respire la bonté. Il se méfie. Des gens bons, qu'ils ont cru bons, ils en ont croisés et cela s'est retourné contre eux.

- Des garçons comme toi, j'en vois régulièrement ici. Explique-t-elle. Tu es ici avec le petit qui t'attend près du kiosque ?

- Oui, Madame...

Elle observe son frère puis lui.

- Combien te manque-t-il pour ton sandwich ?

- Un dollar et cinquante cents.

Elle prend le repas, le met dans son panier.

- Maintenant, tu vas faire le tour du magasin avec moi, tu prends ce qu'il te faut, un peu plus même et je vous l'offre.

Les yeux de Sean s'écarquillent et il bafouille des paroles incompréhensibles.

- Je suis une mère. Explique sa sauveuse. Je vais devenir grand-mère bientôt. Ton frère et toi, vous avez faim. Et moi vivante, je refuse de laisser des enfants avoir faim si je peux leur venir en aide, même à mon modeste niveau.

- Je ne peux pas vous rembourser tout de suite...

- Ce n'est pas grave !

Sean ressort du magasin un peu plus tard avec des provisions pour les jours à venir. La bonne samaritaine a également tenu à leur donner un peu d'argent, leur souhaitant bonne chance, peu importe leur but. La faim est désormais un souvenir lointain. En revanche, le goût de la gentillesse humaine, lui, reste. L'être humain peut se montrer aussi merveilleux qu'ignoble. Et alors qu'il n'a jamais été très croyant, l'aîné des Diaz se demande si l'intervention de cette étrangère n'est pas un signe divin pour l'empêcher de dévier trop du droit chemin.

En attendant, celui vers Puerto Lobos reste inchangé et chaque pas effectué est un pas de plus vers un ciel sans cette épée de Damoclès permanente au-dessus de la tête.

Il est temps de partir.

FIN