Me revoila sur Genshin avec un petit Beiguang. Je n'ai pas fait leur évent, donc j'espère que mes personnages restent IC quand même. Ce texte m'a été inspiré d'un fanart que j'ai vu passer. Enjoy \o


L'univers de Genshin Impact ainsi que ses personnages ne m'appartiennent pas.

Il s'agit ici d'une Fanfiction.

Zakuro Ruby Kagame
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Seulement un Nom

Le ciel de Liyue était dénué de tout nuage même lorsque la pluie ne tardait à répandre ses larmes sur les terres de Teyvat, ainsi que sa foudre parfois. J'aimais y admirer ses nombreuses étoiles qui, chaque fois, faisaient écho au rôle que je tenais ici : celui de Tianquan. Ces lumières se reflétaient sur la mer que je fixais du haut de ma Chambre de Jade, comme si elles étaient une continuité de celles du port. Dans ces moments là, Liyue ne trouvait plus aucune limite et je lui offrais alors cette part de fragilité que je ne pouvais montrer à personne. La Chambre de Jade en était pourtant sa parfaite image et représentation. Elle était tout ce que je possédais, ce que j'avais de plus précieux. C'était du moins ce dont j'aimais me convaincre.

Du haut de l'esplanade, mes yeux observaient le reflet des éclats étoilés bercés par la tranquillité du remous des vagues. Je n'avais bien évidemment pas manqué le navire amarré au quai que je connaissais bien même s'il n'était qu'un petit point dans la lueur du port, et le vent portait la soudaine agitation de la ville jusqu'à mes oreilles malgré la distance. Une agitation que je connaissais très bien, là encore.

Etait-ce bien l'horizon, que mon regard carmin braquait en permanence, ainsi que la valse lumineuse qui s'y jouait ? Si la lumière, guide des marins, se trouvait à terre, la mienne se trouvait définitivement tournée vers la mer en toute circonstance.

—Eh bien, c'est sans surprise que je vous trouve ici, Dame Ningguang.

Bien-sûr, cette agitation portait un nom.

—La mienne est bien de ne pas vous savoir en bas, à boire maintes bouteilles d'alcool de piètre qualité en compagnie de votre équipage.

Je m'étais trompée en pensant que la hauteur séparant le port de la nouvelle Chambre de Jade suffirait pour rester à distance de futurs maux de tête. Mais cela était de toute évidence sans compter sur le caractère indocile de cette brune dont le regard pourpre semblait déjà brûler ma peau pour y laisser d'invisibles traces.

—Capitaine Beidou.

—La Chambre de Jade est bien plus raffinée pour savourer un verre, ainsi que la personne qui y loge.

—J'ose espérer que vous êtes ici pour régler vos dettes, cette fois.

Elle se contenta de sourire avec cette expression espiègle, indélébile, puis m'approcha. Son attention se reporta ensuite sur la tranquillité de la mer – une expression qu'elle ne connaissait pas, j'aimais penser. Son silence me dévoilait cependant cette fascination qu'elle portait à l'océan puisqu'il n'y avait que dans ces moments là que je la trouvais calme. Quand sa vie prendrait fin, ce serait en son cœur et nulle part ailleurs. Si la Chambre de Jade était ce que j'avais de plus précieux, cette infinité sombre était à elle son pareil.

Je l'entendis lassement soupirer, puis son regard se posa sur moi au moment où ses lèvres s'étirèrent avec malice. Malice ? Il y avait bien plus encore dans sa seule façon de m'observer.

—Ningguang, lâcha-t-elle après avoir jeté un œil à la ronde. Pourquoi ne pas donner congé à tes secrétaires et assistantes ?

—C'est toi qui devrais prendre congé, Beidou.

Elle se contenta cette fois de rire tandis que mes bras se croisèrent sur ma poitrine. Des deux, c'était bien la seule que cette situation amusait. Comme toujours.

/

La fumée qui se dégageait du kiseru délicatement posé entre mes lèvres enveloppait la pièce entière d'un agréable voile de tabac opaque. Malgré les rideaux aux odeurs subtiles qui me recouvraient, je n'arrivais définitivement pas à me concentrer sur mon travail. Mon bureau décoré de vases aux magnifiques céramiques était recouvert d'un tas de contrats et d'accords commerciaux que je devais étudier mais la présence de la Capitaine de l'Alcor m'indisposait maintenant que nous nous retrouvions seules. Pourquoi avais-je encore céder ? Je n'en comprenais jamais la raison. Cette femme qui m'agaçait au plus au point arrivait toujours à ses fins.

—Votre affrontement avec Beisht a encore causé de lourdes avaries à mon bâtiment.

Je repensai aussitôt à la « Vengeresse du vortex » et à la possibilité de devoir sacrifier une nouvelle fois ma Chambre de Jade pour protéger Liyue ainsi que tous ses habitants. Fort heureusement, la présence de la voyageuse et de Shenhe, fille des adeptes, m'avait permis de ne pas en arriver à faire ce choix drastique qui m'aurait causé un bien profond chagrin. Source d'inspiration pour mon peuple, je ne pouvais me montrer faible et blessée. Si cela avait été nécessaire, je n'aurais cependant pas hésité une seule seconde. Quoiqu'il en fût, j'ignorais le lien entre ce combat et la présence de la pirate dans mon bureau puisqu'elle s'était approchée pour me faire part de son histoire. Impossible de travailler avec cela.

—Je vais devoir rester quelques jours à terre.

Quelques jours qui risquaient d'être parfaitement épuisants, pensai-je avant de répondre.

—Concentre-toi sur les réparations de ton navire, ainsi que sur une façon de rembourser tes dettes, plutôt que de me causer davantage de problèmes.

Mon index et mon majeur rejoignirent mes tempes à ces mots, reflets des maux qu'elle me causait déjà. Bien qu'il m'arrivait parfois de me sentir lasse de toutes ces journées bien remplies, je n'avais guère le temps de passer derrière elle afin de « réparer » les dégâts. Elle me devait tellement d'argent que la somme de moras suffirait pour faire reconstruire la Chambre de Jade une troisième fois.

L'attitude de Beidou me causait bien des soucis, mais cette fatigue que je ressentais et les principaux maux de têtes qu'elle m'apportait étaient davantage dus au fait que j'avais beau critiquer ses actions, je les permettais pourtant chaque fois. Ce comportement irrationnel ne me ressemblait guère et elle était bien la seule avec qui j'étais ainsi. Où était donc passée mon implacabilité ? Sans doute derrière ce trouble qu'elle provoquait irrémédiablement en moi à sa seule présence, sans même parler de son absence.

Que suis-je, pour toi ?

Son rire berça mes oreilles malgré les notes indomptables qui s'échappaient d'entre ses lèvres qu'elle humidifiait encore. Combien de bouteilles avait-elle descendues ainsi ? J'aurais aimé pouvoir affirmer n'en avoir la moindre idée, mais même si mes yeux étaient rivés sur les piles de parchemins, je ne l'avais pas quitté du regard. Lorsque je ne contemplais pas la mer, c'était bien elle que j'observais.

Pourquoi ?

Les dernières bribes de ma concentration s'évaporèrent, recouvertes par l'alliance des odeurs du kiseru et de l'alcool. Malgré le fait que je n'appréciais guère ce dernier, les aromes se mêlaient étrangement. Presque en de parfaites notes. Comment deux choses si différentes pouvaient ainsi se marier ?

—Ah, tu avais raison concernant la voyageuse.

Ses paroles m'interpelèrent et je finis par lever les yeux des diverses feuilles de papier.

—Lumine est vraiment une personne incroyable.

Ce n'était pas peu dire, mais je ne relevai pas.

—Je ne suis toutefois pas surprise, tu es tellement difficile à satisfaire que lorsque tu fais les éloges de quelqu'un, ce sont vraiment des éloges.

Beidou s'approcha un peu plus et se trouva face à moi, séparée uniquement par la largeur de bois sur laquelle je tentais en vain de travailler.

—A l'heure qu'il est, elle doit se trouver à Inazuma.

Sa route était encore longue, c'était certain. Je me demandai cependant pourquoi la pirate me parlait soudainement de la voyageuse. Cette soudaine attention que je ne pouvais feindre la poussa à m'apporter des réponses avant même que je n'eus besoin de poser la question. Question que je n'aurais posée, mon silence était suffisamment éloquent.

—J'ai entendu parler de votre récente escapade. Tout le monde t'observe de très près, ici.

—Cela n'est pas surprenant, je suis la Megrez de Liyue, je me contentai de répondre.

—Il parait que vous vous êtes toutes les deux aventurées sur les plaines Guili.

—En effet. Mais je doute que cela ne te concerne d'une quelconque manière.

—Des rumeurs courent également quant à la relation spéciale, que vous deux entretenez.

Je ne manquai pas ce changement de ton lorsqu'elle prononça les mots « relation spéciale » qui révélait plus que ce qu'elle se contentait de me raconter. Les rumeurs étaient toutefois vraies, j'avais une profonde admiration envers Lumine, en tant que membre des Sept Etoile mais aussi sur le plan personnel. Cependant, et comme je le lui avais indiqué, cela ne la regardait pas. Ces « rumeurs », elle aussi, en m'en faisant part, les colportait.

—Pour une femme particulièrement occupée, je ne pensais pas entendre que tu avais passé une journée entière à parcourir Teyvat.

—Il s'agissait d'un simple retour aux sources, et d'un caprice de ma part. Une façon pour moi de ne pas oublier d'où je viens et surtout comment j'en suis arrivée là.

Les cheveux de la brune se soulevèrent lorsqu'elle fit le tour du bureau afin de m'approcher, sourire étiré sur les lèvres.

—Je pensais que cela ne me concernait pas, chuchota-t-elle.

Beidou me fit aussitôt regretter de lui avoir répondu, mais ne s'arrêta pas là.

—Je ne suis pas une femme jalouse, elle ajouta sur un ton plus confidentiel, d'autant plus que la très occupée Megrez trouve toujours du temps pour moi…

Ca aussi, je le regrettais déjà. Mais c'était vrai. Malgré mes occupations et mes responsabilités, lorsque Beidou était à quai, je lui consacrais toujours plusieurs heures de mon temps. Pourquoi ? Encore une question qui ne cessait de me hanter. Ces paroles me laissèrent cependant particulièrement amère, mais, cette femme était une pirate, après tout.

Pourquoi ? Alors que tout chez elle m'agaçait, pourquoi ne pouvais-je m'empêcher de regarder vers la mer ?

La femme avala une énième gorgée avant de me tendre la bouteille que je refusai alors, peu d'humeur à cela ce soir.

—Tu es toujours comme ça, à faire comme ci ma présence te dérangeait mais on finit toujours pas se rencarder.

Se rencarder ? m'interrogeai-je silencieusement. J'étais la Megrez, pour qui me prenait-elle ? L'une de ses conquêtes qu'elle pouvait en mer se targuer d'avoir faite ? Je replaçai cette implacabilité indélébile sur mon visage et me levai. Cette femme ne m'inspirait qu'agacement et contrariété. J'avais besoin d'air, mais sa main me reteint telle une brûlure sur mon bras.

—Où vas-tu ? demanda-t-elle à demi-mot. Ta nouvelle Chambre de Jade nous laisse maintenant plus d'intimité.

Je ne répondis point mot et me contenta de l'observer sévèrement avant de me dégager de cette soudaine emprise. Elle ne me touchait plus, mais je sentais encore sa présence invisible sur ma peau comme si elle y avait été gravée au fer blanc.

—Hey, Ningguang !

Quelques jours à quai ? C'était certainement là la pire nouvelle de la journée.

/

Je rêvais d'un monde où je ne serais pas seulement un nom. Un simple nom. Surtout pour une personne en particulier qui était toujours ailleurs sauf à mes côtés. Peu importait agacement, contrariété et tout ce qui m'insupportait, je ne pouvais m'empêcher de penser à elle et d'y courir après. Cet océan que je contemplais et que pourtant, j'admirais, était tel un écueil que je ne pouvais franchir qui se dressait entre illusions et réalité. Ses vagues semblaient calmes, mais d'un moment à l'autre elles pouvaient s'abattre et frapper.

Seulement un nom ?

Il y avait bien des mots pour me définir, et au moins autant de titres, mais je restais une femme. Impassible, certes, en apparence du moins. J'étais devenu le masque que je m'efforçais de porter. Un masque que la capitaine de l'Alcor avait toutefois su ôter et ce, à bien des reprises. Cette femme… qui approchait. Pourquoi ? Si je n'étais pas capable de le faire, pourquoi continuait-elle de me courir après ?

—Ningguang ! l'entendis-je répéter tandis qu'elle me rejoignait d'un pas rapide sur l'esplanade devant l'entrée de la Chambre de Jade. C'est quoi ton problème ?

—Je ne suis pas d'humeur à supporter ton petit jeu ce soir.

Un excès de franchise qu'elle me forçait. Il me suffisait de croiser son regard pour être plus transparente que je ne l'avais jamais été avec quiconque. Elle provoquait en moi une tempête plus violente que celles capables d'engloutir une flotte entière de navires.

Que suis-je ? Que suis-je pour toi ? Un titre, un nom ? Une étoile que tu ne peux atteindre, une distraction ? Un moyen d'échapper à tes dettes ou bien, un défi, peut-être ? Une assurance, une femme pour qui tu ne nourris aucune méfiance ? Un trésor supplémentaire dans ta vie de pirate ? Un coffre que tu te targues d'avoir pu ouvrir sur les terres de Teyvat ?

Si j'étais toutes ces choses, je n'étais rien. Alors, pourquoi cédais-je ? Pourquoi capitulais-je ? Elle n'était qu'une illusion que je continuais d'entretenir puisque chaque fois, revenait à moi. Mais comme tout moment éphémère, rien ne durait.

—Ningguang !

—Tu devrais retourner auprès de ton équipage, Capitaine Beidou.

J'eus l'impression que son regard pourpre m'incendia lorsqu'elle fronça les yeux, et cette femme désobéissante s'approcha. Encore. J'eus ce réflexe de faire un pas en arrière – cela ne me ressemblait guère – mais elle m'attrapa le bras. Encore.

Encore.

Car tout recommençait. Un schéma qui ne faisait que se répéter, inlassablement.

Son regard était plus profond que l'océan qu'elle passait sa vie à explorer et j'aurais probablement pu m'y noyer si je ne l'avais pas déjà fait. Il était telle la tempête, prête à frapper, et pourtant elle restait aussi calme que les murmures de la nuit qui se reflétaient à sa surface. Que rien ne semblait pouvoir venir perturber. Aussi calmes que les chuchotements de l'eau qui derrière nous, ruisselait.

—Tu es insupportable quand tu t'y mets.

Laquelle de nous deux l'était ? Elle passait son temps à me provoquer et à en tirer une satisfaction aussi étrange que j'étais incapable de comprendre en plus de m'agacer. Tout ça n'était qu'un jeu pour elle. Une aventure de plus pour rythmer sa vie faite de danger. Elle n'était ici que pour s'attirer mes faveurs. Alors pourquoi ? Si je le savais.

Pourquoi céder ?

—Je ne partirai pas avant que tu ne daignes m'expliquer, Ningguang.

—Il n'y a rien à expliquer, je suis fatiguée ce soir et tu m'empêches de me concentrer. Je suis la Megrez, j'ai nombre de tâches à remplir.

—Cesse d'employer ce titre comme s'il pouvait tout justifier.

—C'est pourtant bien ce que je suis.

—Pas à mes yeux.

Ses paroles firent écho cette fois non dans ma tête mais dans ma poitrine où je sentis mon cœur accélérer. Je savais toutefois qu'il en était chaque fois de même. Il suffisait qu'elle se tienne là, à mes côtés. Cela ne signifiait rien.

—Ningguang.

Sa paume enveloppa ma joue mais je restai impassible, armée d'une indifférence que je n'avais à feindre cette fois. Je n'avais jamais été dupe. Les mots, les gestes… Parfois cela ne signifiait rien. Il était trop facile d'agir comme cela pour obtenir ce que l'on souhaitait. Son comportement avec moi n'était pas différent d'un quelconque accord commercial qu'il fallait négocier.

—Je ne partirai pas, elle répéta une nouvelle fois.

Bien-sûr que non. Cette femme n'en faisait qu'à sa tête et se contentait seulement de prendre. Obtenir. Elle faisait tout pour me pousser dans mes retranchements, pour me faire sortir de ma zone de confort. C'était ainsi que se négociait une affaire. Elle, ne le faisait cependant pas avec de l'argent.

Son souffle se mêla lentement au mien, mais je restai sans bouger. Comme chaque fois. J'étais encore celle qui cédais. Et lorsque ses lèvres effleurèrent délicatement les miennes, ce fut comme abdiquer. Encore une fois. Ce geste n'était pas son premier. Seulement un contrat de plus qu'elle et moi, l'on passait. Ce baiser était telle une signature invisible qu'aucune encre ne viendrait authentifier. Car aussitôt partie, ce cachet s'envolerait.

—Que t'avais-je dit ? fis-je en posant le plat de ma main entre sa respiration et la mienne. Je ne suis pas d'humeur à supporter ton jeu ce soir.

—Mon jeu ?!

Elle plaça une distance qui me permit d'enfin respirer. Malgré la fraicheur de la nuit, mes pensées se consumaient les unes après les autres. S'il m'était impossible de me concentrer afin de travailler, en sa présence je ne pouvais guère davantage réfléchir.

Toutefois, je ne comprenais pas son regard qui mêlait surprise et contrariété. Elle ne s'était pourtant jamais cachée de ses intentions quand elle me rendait visite. D'éphémères mais agréables moment passés avec moi. Elle aimait s'amuser, passer son temps ainsi lorsqu'elle était amarrée.

—Ne prend pas cet air agacé.

—Pour la meilleure femme d'affaire de Liyue et au-delà, tu ne comprends vraiment rien.

Elle soupira. J'eus l'impression qu'elle était maintenant blasée. Puis son sourire s'étira, estampilla mes pénibles pensées.

Elle se rapprocha d'un pas pour combler cette distance qu'elle avait elle-même creusé et bien que je ne reculai point, je sentis mes jambes trembler lorsque sa présence se colla presque à moi. Son bras passa autour de ma taille et sa tête bascula légèrement sur le côté, soulevant ses longueurs brunes. Elle m'observait, me jaugeait peut-être aussi, et moi, je du faire face de nouveau à cet océan pourpre qui m'engloutissait chaque fois. Il me privait d'oxygène alors que les vagues m'emportaient. J'étais tel un navire à la dérive prêt à sombrer au fin fond de la mer pour fatalement ne pouvoir qu'en admirer sa surface de ses tréfonds. Peut-être était-ce pour cette raison, que la Chambre de Jade dominait Liyue tout entière. Afin de ne pas disparaitre. Mais il était déjà trop tard, et ses lèvres de nouveau, approchèrent.

Ce baiser fut cette fois, doué d'une sincérité que murmuraient ses lèvres.

—Tout Capitaine a besoin d'un phare dans la nuit.

Les échos provoqués par les battements de mon cœur glissèrent jusqu'à ma tête pour engloutirent mon esprit. Sa présence n'était plus, mais la chaleur laissée derrière elle continuait de se diffuser dans tout mon être. Aussi agréable que cela en restait toutefois pénible. Et pourtant, je me sentais étrangement apaisée. Elle faisait taire doutes et soucis.

—Tu es cette lumière capable de me sortir des plus violentes tempêtes.

Une tempête de sentiments mitigés qui se livraient maintenant un duel. Que fallait-il penser ? Les illusions berçaient après tout la réalité. Je n'étais pourtant pas naïve, le contraire était certainement plus vrai. Ma vie était régit par les contrats et accords que je signais de mon nom et des quelques lignes qui les définissaient. Les craintes, les doutes, la peur, n'y étaient pas permis. Mais elle… Elle, me donnait envie de croire. Ses mots étaient encrés de l'espoir de n'être seulement qu'un nom. Mais plus.

Alors je cédai. Encore. J'acceptai de me perdre. Que pouvais-je faire ? Elle était l'océan, le reflet des étoiles, une lumière capable de m'entraîner jusqu'au plus profond de la nuit.