Salut à tous ! :)
Je suis fière de vous présenter le premier chapitre de ma nouvelle Fanfiction qui sera principalement Ranya mais il y aura aussi du Clexa ! Merci beaucoup pour l'accueil avec le prologue.
Je remercie tout particulièrement MaraCapucin qui a accepté d'être ma bêta et de relire tous mes futurs chapitres pour que la lecture vous soit plus agréable.
Quelques mots sur cette fiction : La guerre est finie depuis 8 ans, mais il reste des traces et des stigmates. La paix demande des efforts et des sacrifices. Les échanges entre la meute Trikru et le Cercle de Lumière ont commencé en même temps que l'Armistice, mais celui-ci est différent. Raven Reyes est trop puissante et Anya doit tout faire pour la protéger. Normalement, en tant qu'Alpha se serait Lexa qui devrait s'en occuper, mais elle est bien trop occuper par l'arrivée d'un semi-démon qui répond au nom de Clarke, seule chance de sauvegarder la paix entre la meute et le Clamp Skykru.
Cette fanfiction est un AU fantastique, dystopique et post-apocalyptique. Vous allez croiser des lycanthropes, des sorcières, des démons, des vampires et quelques humains ! C'est avant tout un Ranya mais il y aura évidemment aussi du Clexa, seulement plus tardivement.
Les personnages de la série The 100 ne m'appartiennent pas, seule l'histoire est à moi.
Je vous souhaite une bonne lecture et je vous retrouve en bas ! :)
Ne me regarde pas
Partie n° 1 : La Carte Du Temps
Just 'cause I predicted this Juste parce que j'ai prédit ceci
Doesn't make it any easier to live with Ne fait pas que ce soit plus facile de vivre avec
And what's the point of knowin' it Et quel est l'intérêt de le savoir
If you can't change it ? Si on ne peut le changer ?
You can't change, can't change it Tu ne peux pas changer, tu ne peux le changer.
To be human Être humain
Sia ft Labrinth – To Be Human
Chapitre 1 : Obligation.
La sensation de ne plus pouvoir respirer. La morsure du froid qui vient piquer chaques millimètres de votre corps. Des paumes qui s'abattent sur une paroi bien trop solide pour être brisée. L'eau qui commence à remplir dangereusement les poumons. La suffocation.
Une douleur innommable se propage de la peau qui brûle, à un coeur qui bat trop vite. Si vite, que si c'était possible, l'arracher semblerait être la seule solution pour arrêter ce supplice. Une sensation horrible qui semble éternelle et que l'on espère faire, en vint, disparaître. Une seule pensée habite un esprit embrumé. Celle qu'on nous laisse en paix. Mais, espérer n'est que perte de temps.
Je n'aurais pas dû fermer les yeux. Je le sais pourtant que dès que je laisse mes cils se baisser, c'est la même histoire. Je suis ramenée des années auparavant à mon pire cauchemar, ou devrais-je dire, mon pire souvenir. Je passe une main sur ma nuque en essayant d'enfouir les images au plus profond. Je ne dois pas repenser à ça et surtout pas maintenant. Je souffle alors que je commence à le sentir s'agiter. Il est à l'étroit. Mon enveloppe est trop restreinte pour lui. Je me concentre pour le chasser le plus loin possible. Je l'enchaîne dans un coin de mon être où il ne pourra blesser personne.
Lorsque j'ouvre de nouveau les paupières, tout est redevenu calme. Je suis soulagée. Pour moi, tout commence toujours par les yeux. C'est dans cet infime partie de mon âme que l'on voit croître le monstre en moi. Je ne pourrai jamais avoir une vie normale. Ce n'est pas ce qui m'empêche d'essayer. Pour que plus aucune personne ne puisse m'atteindre et surtout lui, j'ai établis plusieurs règles.
Pour commencer pas d'attache ou tout du moins, réduites au minimum.
Par moment, j'arrive même à oublier que je ne suis rien d'autre qu'une anomalie. Après tout, ce n'est pas si grave. Nous sommes nombreux dans ce cas. Le monde est loin de n'être peuplé que d'humains. Il y a des créatures de l'ombre à chaque recoins de cette foutue planète. Et justement, j'en attends une. Je regarde le cadran de ma montre pour ce qui me semble être la centième fois. La patience n'a jamais été une de mes qualités mais être enfermée dans une gare pleine de monde, entourée d'êtres aussi chétifs et fragiles n'arrange vraiment pas les choses.
Loin de la meute, il pourrait prendre le dessus à tout moment. Je n'aime pas ça. Je suis du genre à toujours avoir le contrôle sur tout et surtout sur lui. Mes doigts bougent frénétiquement sur ma cuisse au rythme de la musique que j'écoute. Du classique. C'est le seule genre capable de m'apaiser. J'enfonce un peu plus les écouteurs dans mes oreilles et j'essaye de m'imaginer à la maison. Je voudrais entendre le léger craquement que l'aiguille de la platine provoque lorsqu'elle passe sur le vinyle. Le son est légèrement déformé, mais j'apprécie particulièrement cette petite imperfection.
Je n'arrive pas à comprendre ce que je fais là et encore moins la raison qui m'a poussé à accepter cette mission. En aucun cas, c'est à moi de faire ça. Je ne devrais pas être au milieu de tous ces humains à attendre une stupide sorcière. En plus, je les détestes. Je suis franchement, absolument pas le bon choix pour récupérer "l'envoyer de l'échange" avec le Cercle de Lumière. D'où Lexa à pu imaginer un seule instant que l'idée saugrenue de vouloir protéger cette jeteuse de sort me traverserait l'esprit ?
Elle sait que je refuse de m'impliquer dans une quelconque bataille. Et si par malheur celle que j'attends, plus ou moins patiemment, devait être la cible d'un vampire, d'un démon, d'un fantôme, d'une fée ou que sais-je encore, je promets que je ne lèverai pas le petit doigt pour empêcher cela.
Ce n'est pas que je m'en désintéresse, pas vraiment. C'est juste que ce serait trop dangereux. Je pourrai perdre le contrôle, m'effacer et lui laisser toute la place. Je sais que cette fille que j'attends est importante mais elle ne le sera jamais plus que mon humanité. Jamais. Si Lexa voulait un vrai garde du corps, elle aurait du envoyer un de ces stupides bêta pleins de muscles et sans cervelle qui n'ont pas peur de se transformer. D'accord, j'exagère peut-être un peu. Les loups de la meute de Lexa sont un peu différents. Elle les choisit bien. La plupart sont plus humains que bestiaux, une des raison pour laquelle elle a été mon premier choix quand je ne pouvais plus supporter d'être loin des miens.
C'est un des plus grands désavantage à être un lycanthrope. Nous ne pouvons jamais évoluer seul. Nous avons besoin d'une meute. J'ai réussi à vivre loin de tout ça pendant presque deux ans, plus précisément vingts mois et dix jours mais je l'ai senti prendre un peu plus de place chaque jour. Si je m'étais obstinée, j'aurai perdu le contrôle. Il aurait définitivement gagné. Je serai devenue un de ces stupides "Canis Latrans", incapable de reprendre forme humaine et ça c'est absolument hors de question. Je ne suis pas une bête !
Lexa et moi nous nous connaissons bien, nous nous respectons et je savais que jamais elle ne me demanderait de me soumettre, de devenir un de ses loups. Je vis au milieu de sa meute depuis cinq ans. Je la conseil, je l'aide à s'améliorer et à mieux combattre. C'est une grande alpha. Elle est capable de se remettre en question et elle respecte tous les membres de son groupe. Elle n'a pas hérité de cet horrible trait de caractère qui abîme la plupart de nos alphas. Elle n'est pas égoïste, imbue de sa personne, ni complètement autoritaire. En fait, avant aujourd'hui, jamais elle ne m'avait demander un service. Jamais.
Un grognement plus animal qu'humain m'échappe alors que je réalise que c'est sûrement pour cette raison que j'ai accepté. Elle m'énerve. Lexa est la seule raison de ma présence et le fait qu'elle croit que je protégerai cette sorcière m'agace encore plus. Elle sait pertinemment que pour elle, je le ferai. Je protégerai cette stupide enveloppe humaine imprégnée de magie. Je suis sûre qu'elle va me demander de jouer les garde du corps pendant l'année entière et je serai incapable de lui refuser. Elle n'est pas mon alpha mais je lui suis très reconnaissante pour lui refuser quoi que ce soit. De plus, je la sais occupée.
Je plisse le nez en sentant l'odeur de la magie. Je passe le dos de ma main droit sous mes narines pour essayer de chasser ces effluves. C'est carrément intenable, totalement répugnant. J'écarquille les yeux. Il y a beaucoup trop de magie. Je me redresse, retire presque violemment les écouteurs de mes oreilles. Je suis sur le qui-vive. J'utilise tous mes sens afin de trouver au plus vite la menace. Je ne pensais pas que le Cercle de Lumière serait assez stupide pour venir en groupe. La meute va prendre ça pour une déclaration de guerre. C'est mauvais !
Je trouve enfin d'où provient tout ce pouvoir. Je perçois deux pas, un léger et l'autre plus lourd avec un espèce de cliquetis étrange. Il y a aussi les roulements irréguliers d'une valise qu'on tire et qui a une odeur que je qualifierais de nauséabonde. Je me redresse pour chercher à voir ce que j'entends. Je n'arrive pas à comprendre. Il ne peuvent pas être seulement deux. Il y a trop de magie, beaucoup trop. Je me mets sur la pointe des pieds et je reconnais le visage de Finn un sorcier qui a fait l'échange avec la meute, l'année où Lexa m'a accueillit. À ses côtés se trouve une jeune fille, oui fille, elle doit à peine avoir dix-huit ans, typé hispanique. J'inspire profondément. Je peine à croire ce que mes sens me révèle plus de 80% de la magie que j'ai ressentie provient entièrement de la fille. Je n'ai jamais rencontré quelqu'un d'aussi puissant.
Je suis comme figée. Je détaille avec plus d'application la sorcière qui va, de toute évidence, passer les 12 prochains mois dans la meute. Elle a de longs cheveux bruns qui sont attachés en queue de cheval haute, ils sentent la menthe et le citron. Ses vêtements, de sa veste rouge, à son tee-shirt blanc, en passant par son jean noir jusqu'à ses veille basket roussâtre, tous est imprégné de magie. Son visage est magnifique, bien qu'encore un peu enfantin et il serait bien plus avenant si elle ne paraissait pas aussi en colère. Je peux entendre son rythme cardiaque et sa respiration qui s'affole, elle est ample et rapide. Ses mains sont serrées avec force, l'une en poing, l'autre sur la anse de sa valise. Elle est tellement contractée que tout ses membres supérieurs tremblent.
Je déglutis alors que je commence à sentir sa magie crépiter autour d'elle. Je ne suis pas certaine que ce soit une bonne idée qu'une personne aussi puissante qu'elle se laisse aller à un tel état de fureur. Sérieusement, qu'est-ce qui lui prend ? Elle ne voit pas qu'elle est entourée de tout un tas d'humains ? Je sais comment fonctionne la colère, c'est une sentiment que je connais bien, presque une vieille amie. Je sais qu'elle est généralement de courte durée et qu'elle se dissipe lorsque l'attention se concentre sur un sujet neutre. Je manque de tomber de toute ma hauteur lorsque je réalise que je suis ce sujet neutre. Je jure entre mes dents. Lexa va vraiment me le payer.
Je souffle alors que je le sens de nouveau pointer son nez. Il est excité par cette absence de contrôle, enragé à l'idée de s'approcher d'un tel amas de magie. Je l'entends presque grogner et claquer sa mâchoire avec rage. Ce n'est pas le moment.
J'agrippe le tissus de mon débardeur juste en dessous de mon coeur. Il faut que je le calme, ça devient urgent. Le combat qui règne en moi semble attirer l'attention de la sorcière. Elle arrête subitement de hurler pour poser deux magnifiques iris marrons interrogateur sur moi.
Elle lâche sa valise et passe derrière comme si cette petite chose pouvait la protéger. Après la colère, la terreur. Je fronce les sourcils en comprenant qu'elle a peur de moi. Comment une fille aussi puissante peut-être effrayer par quoi que ce soit. Finn semble remarquer le changement de comportement chez sa compère. Il suit son regard et ses yeux tombent sur moi. Il semble surpris. Il avance d'un pas en tendant un bras devant la sorcière comme s'il cherchait à la protéger. Par contre, lui, il devrait avoir moins confiance en lui-même. Je doute qu'il soit assez puissant pour m'arrêter si je devais me transformer. Par respect et pour éviter de déclencher une bataille que je ne souhaite pas, je m'arrête à bonne distance. Je les salue tous les deux d'un léger signe de tête auquel la fille répond timidement mais Finn, lui, n'est pas du genre poli.
- Où est Lexa ? C'est elle que nous attendions.
- Bonjour à toi aussi, je dis avec une pointe d'agacement. Elle a eu un empêchement de dernière minute.
- Et c'est toi, il crache ce mot presque avec dédain, qu'elle a envoyé ? Je ne laisserai pas Raven à une simple oméga.
Je hausse un sourcil avec amusement avant de sourire. Je retire tout ce que j'ai pu dire sur lui. Après réflexion, je le trouve distrayant. C'est pas vraiment le fait qu'il puisse penser que je suis en bas de la chaîne alimentaire de la meute qui pourrait être considéré comme une insulte mais bien le fait qu'il puisse réellement croire que Lexa donnerait une mission aussi importante à quelqu'un en qui elle n'a pas confiance.
Il a beau avoir passé une année au milieu de la meute, il n'en a toujours pas comprit le fonctionnement. S'en est affligeant !
- Je n'ai rien d'une oméga, je le contredis avec une voix doucereuse.
- Te fous pas de…
- Elle n'a rien d'une oméga, intervient Raven en agrippant le bras de Finn. Mais, reprend-elle en s'adressant cette fois à moi, vous n'en restez tout de même rien de plus qu'une bête. Vous n'y pouvez rien mais c'est ce que vous êtes.
Je suis surprise, pas par ses propos. Il en faut beaucoup plus que ça pour me choquer, mais par le ressentiment que je peux percevoir dans sa voix. C'est troublant. Il est de notoriété publique que les lycans n'apprécie pas les sorcières mais en revanche, cette rancoeur est rarement partagée. Elles se méfient de nous sans jamais nous haïr. Décidément cette jeune sorcière paraît bien mal maîtriser ses émotions. Je la trouve plutôt intéressante et lentement l'obligation qu'elle représentait s'efface. Je souris un peu plus avant de demander :
- Autre chose ?
- Maîtrisez-vous ! Il serait désagréable pour moi de devoir effacer la mémoire de tous ces humains.
- Je ne peux que vous retourner votre propre conseil, je prononce avec le sourire. Votre magie était au bord de l'implosion.
- Absolument pas. Je me contrôlais parfaitement.
- Je peux vous assurez que c'était aussi mon cas.
Raven plonge son regard dans le mien comme pour jauger de la véracité de mes propos. Elle est décidément unique en son genre. Peu de personnes ont le courage de se plonger dans le regard d'un maudit, que se soit lycanthrope, métamorphe, vampire ou sirène pour la simple et bonne raison que c'est au milieu de nos iris que l'on peut voir toute l'étendu du monstre qui vit en nous.
- Vous êtes différente, murmure t-elle si bas que si je n'avais pas une ouïe aussi développée, je n'aurais rien entendu.
- Vous aussi, je réponds avec un sourire moqueur.
La sorcière semble surprise par ma réponse. Clairement, elle ne s'y attendait pas. Je la vois froncer légèrement les sourcils avant qu'elle écarquille les yeux et ne lâche le bras de Finn. Je l'observe avec incompréhension. Je n'ai absolument pas compris ce qui vient de se passer. Pendant une seconde, j'ai cette désagréable sensation qu'elle sait qui je suis. Mais ça, c'est absolument impossible. Il n'y a que deux personnes encore vivantes qui connaissent mon identité et jamais ils ne me trahiraient.
Par pure instinct, je recule d'un pas. Je n'arrive pas à le croire. Je suis sûre que s'il en était capable, il serait entrain de se marrer. Ce n'est pas mon genre de m'aplatir, je suis plus de ceux qui affronte la situation. Pourtant quelque chose me dit que ce n'est pas le moment d'être audacieuse. Ce que j'ai dit un peu plus tôt est terriblement vrai. Il y a quelque chose de différent chez cette fille, quelque chose d'intimidant… d'unique.
Cette sorcière, Raven, est décidément quelqu'un d'intrigant. Je vais peut-être m'amuser à essayer d'apprendre à la connaître. Sans que je ne puisse le contrôler, je sens un nouveau sourire étirer mes lèvres. Il est rare que ce genre d'apparition prenne place sur mon visage et encore plus qu'elle soit sincère. Je recule d'un pas supplémentaire avant de remettre les écouteurs dans mes oreilles.
- Je vous laisse vous dire au revoir. Je serai sous l'horloge.
L'endroit que j'ai choisi est stratégique. Je les ai toujours en visuel sans pour autant devoir être intrusive. Je baisse les yeux pour ne pas être tenté de lire sur leurs lèvres. Je me concentre sur la musique. Il y a pourtant quelque chose qui me titille. Oh ce n'est vraiment rien. Juste, un regard qui me brûle presque la peau. C'est un vrai combat intérieur pour ne pas céder et lui rendre son attention.
Je me sens oppressée et pourtant, pour une raison qui m'échappe totalement, il est calme. Je me surprends même à le chercher. À cet instant, il semble terriblement loin. Je relève les yeux discrètement, sans raison aucune, je me mets à fixer sa main droite. Je suis troublée alors que je découvre des arabesques représentant le feu d'une couleur aussi rouge que le sang. Je connais ces dessins. Je les reconnais. Ils me sont terriblement familiers. Je penche légèrement la tête et malgré sa veste, je peux distinguer que le tatouage continue bien plus loin que sa main. Raven enlace Finn ce qui remonte sa manche. Je découvre alors entre des lignes géométrique très bien dessiner trois mots : hér og nú.
De l'islandais. Pour quelle raison de l'islandais marquerait sa peau ? Est-ce que c'est un sortilège ? Peut-être un maléfice. Ou alors quelque chose de plus grave comme… je ne vois pas là tout de suite. Par la première Lune, c'est un sceau ! Mais pourquoi ? Brider ses pouvoirs ? En quoi un simple "Ici et maintenant" pourrait la retenir de faire quoi que ce soit ?
Alors ça me frappe violemment. Les pouvoirs de cette fille, aussi puissant soit-ils, appartiennent à quelqu'un.
"Ici et maintenant"… Je sens un noeud se former dans mon estomac. J'ai entendu parler des sorcières comme elle. Du moins, dans les légendes. Je ne suis pas assez stupide pour ne pas avoir peur d'elle. Raven est définitivement trop puissante pour participer à cet échange. Le Cercle de Lumière souhaite nous avertir qu'ils ont de nouvelles pièces. À cet instant, c'est comme si la meute essayait de gagner un partie d'échec alors que l'adversaire possédait deux reines. C'est une mise en garde. Avec cette fille dans leurs rangs, les Trikru ne feraient pas long feu.
Ma respiration devient irrégulière. Je commence à douter. Je ne suis pas certaine que je doives la ramener. Mais en même temps, qui à part moi serait capable de faire ces conclusions ? Personne très certainement. La brune s'avance vers moi. Je sens mon coeur qui s'emballe et en exacte opposer, lui, semble bêtement remuer de la queue. Merde… il la reconnu lui aussi. Du moins, il a fait les mêmes conclusions que moi. Je retire mes écouteurs alors qu'elle s'arrête devant moi.
- Je suis prête.
Bam-bam. Bam-bam. Bam-bam. Mon coeur fait un vacarme infernal. Je ne pensais pas rencontrer quelqu'un de son espèce un jour. Je pensais qu'elles étaient toutes irréelles ou alors mortes en même temps que… je ne fini pas ma pensée car je l'entends presque couiner et je chasse mon idée. Je n'ai pas le courage de trouver les bons mots alors je me contente d'acquiescer en lui faisant signe de me suivre.
Je réfléchis à toute vitesse. Si je l'ai reconnu, elle aussi doit en être capable. Non. Tant que je garde ma forme humaine, ça ne posera pas de problème. Ou peut-être… Oui, peut-être que je me trompe sur toute la ligne. C'est forcément ça, je suis entrain de me monter la tête toute seule. Elles sont toutes mortes. Il n'existe plus aucune Sorcière de Sang. Aucune.
- Ne me dites pas que vous avez voler une voiture de flic pour venir me chercher ?
- Hein ? Je prononce en sursautant.
- Vous êtes venue me chercher avec une voiture de flic.
- Euh…
- Vous l'avez volé ?
Non mais c'est quoi ce ton et cette accusation ? Je n'apprécie pas du tout ! Et puis bordel, où est passé mon franc parler ? Il faut que j'oublie ce que je crois savoir !
J'ouvre la portière arrière côté conducteur pour attraper ma veste, mon insigne, mon flingue et mes lunettes de soleil. Je glisse ces dernières sur mon nez. Je peux voir la surprise sur le visage de Raven. Je lui souris avec une pointe de suffisance avant d'affirmer d'un ton quelque peu impérieux :
- Je n'ai rien volé du tout. Je suis flic et c'est ma voiture.
Elle semble clairement porter un jugement à mon égard. En même temps, je ne peux pas l'en blâmer, pas vraiment. Les loups garou sont en général bien trop "sentimentaux" pour s'impliquer dans un métier humain normal. Plus précisément, ils prennent tout à coeur et sortent un peu trop vite les crocs. Vous imaginez le malaise si un pauvre homme aboyait des ordres à son comptable et qu'il devenait subitement tout poilu devant lui ? Et, je ne parle même pas de la dentition...
La plupart d'entre nous trouvent un travail en communion avec la nature. Certains deviennent enseignants grâce à notre fibre pédagogique unique et les plus puissant, en sommes les alphas, arrivent à s'impliquer dans la politique ou dans la justice.
À ma connaissance, il n'y a pas d'autre membre de mon espèce qui ai choisit la carrière très controversée de flic. Même Lexa a essayé de m'en dissuader. Je ne peux pas lui en vouloir. Je dois être la seule assez folle pour provoquer continuellement mon loup.
Les lycanthropes ont une notion de la justice bien à eux : le sang appelle le sang. En d'autres mots, tout acte accompli dans le but de blesser ou de façon néfaste demande réparation. Mais je suis différente ! Et… lui aussi.
Je m'installe devant le volant en claquant ma portière. Je fais ensuite un geste extravagant en lui demandant si elle compte monter. Elle met quelques secondes avant de réagir mais finalement, elle s'assoit à mes côtés. Elle s'attache avec lenteur alors que je démarre le moteur. Elle fixe la route alors que je m'engage sur la chaussée avant de souffler :
- Choix de carrière intéressant.
Je hoche presque négligemment les épaules. J'active la climatisation, il fait horriblement chaud. Je n'aurai pas dû remettre ma veste. C'est de la pur provocation qui a guidé mes gestes. Par moment, j'ai vraiment un caractère de merde, et je n'évoque même pas cette foutue fierté.
Le trajet est long, bien plus long qu'à l'aller. Je sens une tension entre nous. En même temps, je n'ai pas cherché à l'alléger. Il faut dire que j'ai un peu mal pris le fait qu'elle ait pu croire que j'étais une voleuse. Très franchement, plus rancunier qu'un lycanthrope, tu meurs.
Après plus d'une demi-heure d'un lourd silence, je passe le panneaux de Polis. Je me sens immédiatement plus apaisée. Il n'y a pas a dire, je me suis habituée au confort de vivre près des miens. Je le sens tout de suite beaucoup moins agité. Je le domine de nouveau dans son entièreté. Sans m'en rendre compte un soupire de soulagement m'échappe avant que j'annonce :
- Ce n'est plus qu'une question d'une dizaine de minutes.
Je passe devant le poste. Imperceptiblement, je ralentis. Je suis soulagée en remarquant que la voiture du shérif n'est pas garée à sa place. Pour une fois qu'il daigne m'écouter. Ce jour est à marquer d'une pierre blanche.
- Vous avez faim ? Je demande en réalisant qu'il est un peu plus de dix-neuf heure.
- Pas vraiment merci.
- Comme vous voudrez, ce n'est pas moi qui vais devoir m'asseoir devant le Conseil durant des heures, à subir toutes les questions de la meute.
- Vous ne serez pas présente ? Demande t-elle surprise.
- Je suis allée vous chercher, c'est bien suffisant.
- Je croyais que cette entrevue était obligatoire pour tous le monde.
- Vous croyez mal. Donc, je vous le redemande : avez-vous faim ?
- J'imagine que je ne serai pas contre un en cas.
Je fais donc un léger détour vers le fast food où je commande au drive. Raven s'étouffe presque en m'entendant lister presque la moitié de la carte. En attendant nos sachets plein de mal bouffe, je me tourne vers elle pour lui faire un clin d'œil. Elle soupire avant de demander :
- Même pour quelqu'un comme vous, ce n'est pas un peu trop ?
- Non, absolument pas.
La tête qu'elle fait à cet instant est absolument hilarante. Rien que pour ça, je ne vais pas me décider à lui dire qu'en réalité je ne viens pas de passer commande seulement pour moi. Une dame dans la cinquantaine et un peu grassouillette me tend nos sacs que je passe à Raven avant de reprendre notre route jusqu'à la meute.
Je franchis un premier chemin de terre quand je lui conseille de manger dans la voiture. Étrangement, elle s'exécute sans rien dire. Je suis obligée de sortir de la caisse pour lever manuellement une barrière, ensuite seulement nous nous enfonçons dans la forêt. La voiture tangue sous la route, plus ou moins, praticable.
Raven cesse de manger au moment où elle commence à distinguer la tour gigantesque qui se dresse au milieu des arbres. Elle secoue la tête avant d'avaler rapidement le reste de son sandwich. Elle finit avant que nous ne distinguions le manoir de Lexa. La bâtisse blanche est gigantesque, elle possède trois étages et un sous-sol mais ce qui la rend vraiment atypique c'est le nombre de baie vitrée. La maison est faite pour qu'à tout moment ceux qui vivent entre ces murs puissent se transformer et aillent courir au milieu des arbres.
Je gare ma voiture de fonction au plus près, éteins le moteur, sors avant de me poser paumes sur le capot pour attendre Lexa. L'alpha des Trikru ne met pas longtemps à me rejoindre. Je savais qu'elle avait repéré le moteur de mon véhicule au moment même où j'avais franchis son territoire. Par respect, je me redresse et incline très légèrement la tête. Elle me sourit clairement amusée avant de s'approcher en me tendant le bras. Je le saisis jusqu'à la pliure de son coude.
Ce geste peut vous paraître normal, beaucoup de lycanthropes l'effectue. Mais jamais par quelqu'un d'aussi haut placé dans la meute. Ou du moins, ce n'est jamais l'alpha qui initie le geste. Avec cet acte, Lexa vient de me retourner son respect peut être bien plus grand que celui que je lui ai accordé en baissant la tête un peu plus tôt.
Quand ils nous voient faire, la plupart de ses loups commencent à grogner de mécontentement. Lexa est alors obligée de les fusiller du regard un à un pour les faire taire. Je pense que jamais elle ne leurs expliquera ce qui nous lit et encore moins pour quelle raison elle ressent, pour moi, ce respect à toutes épreuves. Et puis, il serait très impoli de ma part de ne pas répondre à ce geste.
- Tout c'est bien passé ? Voulu savoir Lexa.
Je parviens très bien à lire entre les ligne. Lexa n'est peut être pas capable de sentir la magie avec la même facilité que moi, mais même elle sait que Raven est particulièrement puissante. Je jette un regard rapide vers la sorcière qui est toujours dans ma voiture. J'acquiesce pour Lexa et sourit pour Raven.
- Oui. Tout c'est bien passé.
- C'est une provocation, souligne Lexa.
- Et pas une petite si tu veux mon avis. Mais d'après ce que j'ai vu, cette fille n'était pas d'accord pour faire l'échange.
- Qu'est-ce que ça fait d'elle ?
- Honnêtement, j'en sais rien. Je n'ai pas rencontré de sorcières aussi puissante depuis, je réfléchis, je ne suis même pas certaine d'avoir déjà rencontré une personne qui possède autant de magie.
- Ce n'est pas très rassurant. D'après toi, comment je dois prendre les choses ?
- Ce n'est pas à moi de te dire comment agir mais… tu devrais éviter de la bousculer. Elle a peur de nous.
- Peur de nous, répète Lexa surprise. C'est une blague ?
- Absolument pas. Et ici, ça c'est bien passé ?
- Je n'ai tué personne.
- C'est une bonne nouvelle, je souligne avec amusement.
- Et comme promis, j'ai fait en sorte que personne ne s'approche de chez toi.
- Merci Lexa.
- C'est normal. Tu rentres, n'est-ce pas ? Et rien de ce que je pourrai dire te fera changer d'avis.
- Je n'ai pas le droit d'y participer. Cette réunion est réservée à cette sorcière et à la meute.
- Je t'ai invitée et je suis l'alpha.
- Lexa, je soupire. Arrête. Tu vas vraiment finir par contrarier ceux qui te sont le plus proches et dévoués. Et puis, tu sais que tout ces trucs de meute, ce n'est pas mon dada.
Lexa soupire en baissant les yeux. Je sais qu'elle ne comprend pas mon détachement vis-à-vis de l'institution la plus importante des lycanthropes. Je m'avance en prenant garde à ne pas trop entrer dans son espace personnel. Je me racle doucement la gorge pour attirer son attention. Une fois que ses iris émeraude sont fixés sur moi je dis doucement :
- Tu sais pertinemment que je ne suis pas comme ça.
- Je sais, grogne t-elle.
- Lexa…
- Je refuse juste de te voir souffrir. La dernière fois… j'ai bien failli te perdre. Tu sais très bien que si… si tu t'effaçais je ne pourrais pas te tuer pour deux raisons : je tiens à toi et nous savons toutes les deux que tu es bien plus forte.
- Lexa, ça n'arrivera pas. Je n'ai plus de crises depuis que je vis ici.
- Tu ne te transforme plus non plus.
- Je vais bien, je soupire.
- C'est faux et nous en savons toutes les deux la cause.
- Tu as plus important à gérer.
- Il te faut une vraie meute Anya.
Le ton de sa voix… il me fait presque trembler. Lexa est en colère. Elle n'est pas du genre à perdre le contrôle. Mais j'ai une certaine tendance à réussir à la faire sortir de ses gonds. Je sais que je ne devrais pas en être fière et pourtant c'est par l'existence de ces accès de colère que je suis certaine qu'elle tient véritablement à moi.
Une meute. J'y ai longuement réfléchis. J'ai même penser créer la mienne mais là vérité c'est que malgré le fait que je sois une alpha, je n'ai pas les épaules pour aider et guider d'autres lycanthropes. J'ai déjà du mal à m'occuper de moi-même.
Je me permets un geste d'affection. Je pose avec douceur ma main sur mon épaule. Automatiquement, je peux sentir une tension dans tout son corps. J'ai conscience que si une autre personne que moi s'était permise une telle proximité, il n'aurait plus de bras.
- Nous en reparlerons plus tard. Tu as encore beaucoup à faire. Je te le répète, soit gentille avec la sorcière.
- D'elle dépend la paix.
Je secoue la tête. Je sais que Lexa a du mal à être gentille avec qui que ce soit. Ce n'est pas sa faute. C'est un truc d'alpha. Il faut qu'elle garde ses distances avec tout le monde. Notre relation est une exception.
Évidemment, il y a des loups avec qui elle s'entend bien mais en réalité personne ne la connaît vraiment. C'est une des autres raisons pour laquelle assumer mon rôle d'alpha est hors de question. Je ne suis pas douée pour faire semblant.
Je retourne vers ma voiture, j'ouvre la portière à Raven. Je la présente succinctement à Lexa et je me place de nouveau devant le volant. Je n'avais pas remarqué que j'avais baissé les yeux jusqu'au moment où mon regard se fait prisonnier d'iris marron presque noir. Je déglutis avec difficulté. Mais qu'est-ce qu'elle a cette sorcière à me regarder de la sorte ? C'est flippant a la fin !
Ça me prend un temps fou mais finalement, je parviens à me défaire de cette entrave visuel. Ni une, ni deux, je me retourne pour faire une marche arrière. Il est vraiment temps que je rentre chez moi. Même si Lexa m'a assuré que personne ne s'était approché, je ressens le besoin de vérifier qu'ils vont bien et puis… m'éloigner de Raven n'est qu'un privilège de plus.
Je n'aime pas trop l'idée qu'une personne aussi puissante puisse s'intéresser à moi. Il faudra que je pense à demander à Lexa quel genre de sorcière elle est. Elle sera bien obligée de lui dire à un moment où à un autre.
Maintenant que je suis assez loin, je me rends compte à quel point mon comportement à été étrange à ses côtés. J'étais presque lunatique, un coup joyeuse, l'autre terrifiée, boudeuse puis attentive sans oublier protectrice mais ça, j'y peux rien. C'est un truc de loup. Je n'étais pas moi-même. Ou peut être que justement c'était tout l'inverse.
17 minutes et plus de 20 hectares. C'est ce qui sépare ma maison de la meute. Je suis assez près pour qu'il soit satisfait et ne grignote plus mon humanité et assez loin pour qu'on me foute la paix. Avec l'accord de Lexa, j'ai construit ma maison moi-même. Elle est toute en bois, elle comporte sept pièces et d'après beaucoup elle est bien trop étroite pour quelqu'un comme moi. Sauf que je m'y sens bien.
Je passe la porte d'entrée et je suis immédiatement accueilli par des miaulements et des ronronnements. Je souris en me penchant pour récupérer mon chat. Une fois dans mes bras, je le caresse avant de le déposer sur le plan de travail. La boule de poile noir de la tête à la queue et au yeux d'un bleu cristallin fait le beau et tape gentiment mon torse pour me pousser à lui donner de nouvelles caresses.
- Alors dis-moi Blue, comment c'est passé ta journée ?
- Ton chat a passé toute sa journée à m'embêter, intervient une voix que j'aime plus que tout.
- Ça c'est seulement parce que tu as encore essayé de toucher à ma moto, je dis avec un vrai sourire, Blue ne fait que protéger ce que j'aime.
- Cette moto va finir par te tuer.
- Il y a beaucoup de choses capable de me tuer et cette moto n'en fais pas partie.
- Tellement agaçante, soupire t-il. Alors comment ça c'est passé ?
- La nouvelle fille de l'échange est arrivée saine et sauve, je dis avec un détachement plus ou moins crédible. Et pour toi, rien à signaler ?
- Comme tu peux le voir, je vais bien.
- Ce n'est pas parce que tu vas bien qu'il ne s'est rien passé.
Son rire emplit la pièce. Il s'avance avant de poser avec affection sa main sur le haut de mon crâne. Je peux voir un éclat de fierté dans ses yeux et aussi tout son amour pour moi. Il me prend dans ses bras. Je m'y sens tellement bien. C'est comme cette seconde où rien n'a d'importance au réveil. Je suis de nouveau une petite fille. Mais il est aussi cruel… il casse ma bulle de bien être à coup de massue avec une seule phrase :
- Et on en parle de ce faux air de détachement quand tu as parlé de cette fille ?
J'écarquille les yeux avant de me sentir rougir. Sérieusement, je suis entrain de rougir comme une vrais gamine ! Il n'y a que lui pour me mettre dans des états pareil. Je grogne en le repoussant. Je croise les bras comme pour me protéger de ses allusions avant d'affirmer :
- Je ne vois pas de quoi tu parle.
- Cette fille, il plisse les yeux, elle t'a intrigué.
- Pas du tout !
Là c'est un horrible mensonge. Je déteste lui mentir. Je soupire avant de reprendre :
- Oui peut être, mais juste un peu.
- Et bien… et bien… c'est intéressant.
- Marcus, je grogne.
- Tu comptes la revoir ?
- Je ne vois pas pourquoi. C'est l'invitée de Lexa, pas la mienne.
Il y a quelque chose dans le regard de Marcus qui m'irrite, comme s'il savait quelque chose de plus que moi. Je claque ma langue contre mon palet avant de l'ignorer. Sans un mot, je sors notre repas comme diversion. Nous nous installons devant la télévision et au fil des minutes, je parviens à me fabriquer cette conviction : je ne reverrai plus cette Raven.
À cet instant, je ne pouvais pas savoir à quel point je me trompais. Et si j'allais réussir à merveilleusement bien l'éviter durant les deux premières semaines, le reste de son échange allait réellement changer ma vie.
Voilà pour le premier chapitre de cette fiction. J'espère qu'il vous a inspiré et qu'il vous a plu ! La première rencontre entre Anya et Raven n'est le résultat que d'une obligation mutuelle, reste à savoir comment leurs échanges vont évoluer ! ;)
Je suis évidemment ouverte à toute les critiques, qu'elles soit positives ou négatives, à condition que le commentaire soit constructif.
En espérant vous retrouvez pour le prochain chapitre ! Je pense poster un chapitre par semaine, le vendredi. Est-ce que ça vous convient ?
GeekGirlG.
