Salut à tous ! :)

Je suis heureuse de vous retrouver pour ce nouveau chapitre ! Un grand merci pour vos mises en follow, favori et pour les reviews ! Je n'ai pas eu le temps de répondre à ces dernières à cause de mes migraines mais elles m'ont vraiment fait super plaisir ! :)

Pour la Guest qui l'a demander, je publie une fois par semaine, tous les vendredi. En revanche, il n'y a pas d'horaire fixe puisque je travail en trois-huit. Si pour une raison ou une autre je ne publie pas, je préviendrai toujours sur Facebook. Et si tu veux plus d'information, mon profil est souvent mit à jour.

Quelque mot sur ce chapitre : Ce chapitre va recommencer chez les Griffin pas de point de vu pour Clarke pour le moment mais vous allez retrouver Anya. À votre avis, comment se sent-elle loin de Raven ? Elle gère ça plutôt bien ou non ?

Les personnages de la série The 100 ne m'appartient pas, seule l'histoire est à moi.

Je vous souhaite une bonne lecture et je vous retrouve en bas ! :)


Ne me regarde pas

Partie n° 1 : La Carte Du temps

It's only lies that I'm living Ce ne sont que des mensonges que je vis

It's only tears that I'm crying Ce ne sont que des larmes que je pleure

It's only you that I'm losing Ce n'est que toi que je perds

Guess I'm doing fine J'imagine que je vais bien

Beck – Guess I'm doing fine

Chapitre 6 : (In)compréhension

Un regard paniqué, presque fou, cherche le danger partout où il se pose mais, par mégarde, il s'arrête sur un regard avenant et un doux sourire. Alors la peur s'efface lentement. La confiance est loin d'être gagnée, mais maintenant c'est de l'apaisement que l'on peut lire dans ce bel iris noisette.

Une main gigantesque se pose avec amour sur le haut d'une tête et fait des va et vient en riant. C'est le genre de son qui finit d'apaiser un cœur. Puis les murmures, toujours plus rassurant, se fraient un chemin jusqu'aux oreilles pour se glisser jusqu'à une âme blessée qui a appris à se renforcer à chacun des mots que cette voix prononce.


Je me suis installée sur la terrasse il y a quelques minutes. Le chef du clan de Skaikru est parti et j'ai pensé qu'il faudrait laisser Lexa seule avec les Griffin. J'observe avec une certaine tristesse le soleil se coucher. Je ne sais pas d'où me vient cette mélancolie. Sûrement au fait que je sais que je ne rentrerais pas chez moi ce soir. Je m'inquiète pour Marcus et je me demande qui va penser à nourrir Blue. Je ne me fais pas d'illusion, si je ne suis pas rentrée, mon père va rester au poste toute la nuit.

Je baisse les yeux. J'espère que Raven ne va rien détruire chez Indra. C'est devenu presque une constance. Au moins une fois par jour, elle perd le contrôle et tout implose. Je me souviens douloureusement de la fois où j'étais tranquillement dans la salle de bain à essayer de dompter mes cheveux. Elle a débarqué sans frapper avec mon chat. Elle me la fourré dans les bras avant de littéralement me jeter de chez moi. Cinq secondes plus tard ma maison à exploser dans un amas de magie écarlate.

J'ai retrouvé la sorcière à genoux au milieu des débris, la respiration filante et la magie qui continuait de crépiter autour d'elle. Si elle ne m'avait pas sortit de la maison, je serai morte ou pire encore. Je me suis mise à sa hauteur. J'ai à peine eu le temps de plonger mes yeux dans les siens qu'elle a murmuré des excuses avant de réciter une formule en latin pour reconstruire ma maison. Elle a à peine eu le temps de finir son incantation qu'elle s'est évanouie dans mes bras. Son corps était de nouveau secoué par un froid irréel.

Je ne sais pas comment l'aider et ça me contrarie. La lune bleu se finit dans quelques jours. Je ne peux clairement pas la laisser repartir au manoir principal dans cet état. Je crois que je vais demander l'autorisation à Lexa de continuer à être sa gardienne pour qu'elle puisse continuer à vivre chez moi au moins jusqu'à ce que nous trouvions une solution.

Nous… Je soupire. Ce genre de lapsus m'arrive de plus en plus fréquemment. Je suis angoissée parce que, pour une raison qui m'échappe, je semble de plus en plus proche de la sorcière.
Quand elle se réveille après ses pertes de contrôle, encore transite de froid, je lui propose toujours une étreinte. Elle ne refuse jamais mais pour une raison qui m'échappe, elle précise toujours avec un regard noir : "ne touche pas mes mains". Je trouve ça stupide, d'autant qu'elle finit toujours par soulever mon haut pour coller les dites mains dans mon dos. À chaque fois, je frissonne et je ne sais pas si c'est à cause du froid ou du geste.

Je n'arrive pas à comprendre pour quelle raison j'ai cet instinct de protection envers elle. Ce n'est pas normal. Il me faut normalement des mois pour avoir confiance et puis, je ne protège pas n'importe qui. C'est simple, il y a Marcus et Blue pour des raisons évidentes, Lexa parce qu'elle est ma sœur et Gaïa mais là c'est purement instinctif après ce qu'il lui est arrivé, c'est normal. Et je suis la seule en qui la jeune femme ait confiance, hormis sa mère. J'ai du mal à concevoir la présence de Raven au milieu de ces personnes. Il y a un problème dans l'équation, quelque chose qui m'échappe.

D'autant que maintenant, je sais que c'est une descendante directe de Morgane. Rien que pour ce fait, je devrais la haïr. Sans raison, juste parce qu'elle a le même sang que cette… terroriste ! Je soupire en croisant mes mains derrière ma tête. Je devrais détester Raven mais plus je passe de temps avec elle, plus je souhaite que jamais rien ne puisse l'atteindre. Je veux la sauvegarder de tout et de tout le monde, même de la magie. C'est insensé, j'en ai conscience. Mais pourtant, je n'arrive pas à m'en détacher.

J'attrape mon téléphone portable et le pose sur ma cuisse en le fixant. Je suis au beau milieu d'un conflit intérieur. J'ai ce… besoin de savoir comment elle va. Je pourrais juste appeler Indra et faire mine de demander de ses nouvelles comme si de rien était tout en lui annonçant que Lexa et moi rentrerons plus tard que prévu. Mais connaissant la louve, elle comprendrait qu'il y a quelque chose qui cloche chez moi et essayerait d'en savoir plus. Quelle autre solution j'ai ? J'ai bien une autre idée mais ça me plaît encore moins. Je soupire.

Je sursaute en percevant la baie vitrée comme prise en faute, je range rapidement mon portable avant de me redresser un peu, mal à l'aise. Je croise mes bras sous ma poitrine, me tortille avant de finalement glisser mes mains dans les poches de mon jeans. Par toutes les lunes ! Que se passera-t-il si elle n'arrive pas à réchauffer ses mains à temps ? Je suis quelque peu piégée dans cette optique des plus angoissante lorsque la voix d'Abby me ramène à la réalité :

- Tout va bien ?

- Pardon ?

- Vous semblez soucieuse.

- Rien d'important, je souris pour faire bonne figure.

- Nous allons dîner, je me suis dis que vous voudriez nous rejoindre bien que vous ayez déjà manger pour six ce matin.

- Oh… avec plaisir ! J'ai toujours faim.

Je suis docilement Abby en me frottant instinctivement la clavicule gauche. Je ressers mes doigts alors que mon cœur me fait terriblement mal. Rien d'important… j'ai dit que Raven n'était rien d'important. Je ne l'ai pas pensé et pourtant, c'est horriblement douloureux.

Je me reprends alors que je perçois plusieurs voix dont celle de Lexa. J'inspire profondément et entre dans la cuisine et je remarque que la table est déjà dressée. Abby s'installe directement à côté de son mari qui pose amoureusement sa main sur la sienne. Je hausse un sourcil en remarquant que mon assiette contient un énorme morceau de viande rouge cru. J'ai un haut de cœur. Je relève les yeux vers Lexa et la toise d'un regard noir. Elle soutient ce dernier à peine deux secondes avant d'éclater de rire.

Nos convives ne comprennent certainement pas cet échange entre nous. J'imagine que c'est normal et leur attention était bonne mais je n'ai aucune envie de manger cette chose et Lexa aurait pu leur dire que je me nourrissais normalement, enfin comme une humaine. Je sais qu'elle a fait exprès de ne rien leur préciser juste pour voir ma réaction. Je serre la mâchoire avant de m'installer. Je la fusille un peu plus du regard en attaquant :

- T'es vraiment une emmerdeuse.

- Non mais cette tête, elle rit de plus belle, ça vaut vraiment le détour.

- Va te faire voir, je soupire.

- Oh… mais ne boude pas. Je vais prendre ta part, ça ne me dérange pas, elle se penche pour saisir mon morceau de viande et le mettre dans son assiette. Tu vois, il n'y a plus de problème.

- Carnivore, j'attaque.

- Végétarienne, suit-elle.

- Sérieusement, il y a tellement de sang qu'on pourrait croire avoir à faire à un vampire.

- Petite nature !

Les regards des trois Griffin sont de plus en plus surpris. J'essaye de ne pas trop y faire attention. Je passe mon regard sur les différents plat. Je prends une forte inspiration avant de fixer Abby et de demander le plus poliment possible :

- Est-ce que je peux avoir le plat de haricots verts, s'il vous plaît.

Lexa ne fait que rire de plus belle. Elle peut vraiment être détestable par moment. Abby ne perd pas de temps pour me passer le récipient et je me serre avec un main un peu lourde. Je commence à manger tranquillement alors qu'une silence de mort entour la table. Je finis par faire claquer mes couverts sur la table en explosant :

- Quoi ?

- Disons, commence Jack, qu'il est surprenant d'être attabler avec une lycanthrope qui refuse de manger de la viande.

- Je ne refuse pas de manger de la viande, je souligne.

- À partir du moment où elle est bien cuite, préparer pendant des heures ou dans un burger, se moque Lexa.

- Je ne vois pas où est le problème.

- Vous êtes une lycanthrope, répète Jack comme pour me rappeler ma nature.

- Ouais et alors ?

- Vous êtes, il fait une pause, sensée être carnivore.

- Et bien, moi, je suis omnivore.

- Manger des haricots vert au dîner, s'amuse Lexa, ça c'est la patte de Marcus il n'y a pas de doute. Ne me dis pas qu'il t'arrive de ne manger qu'une simple soupe le soir.

- Tout dépend de la quantité, je souris.

- Il n'y a pas a dire, cet humain t'a "cassé".

- Je ne comprends pas, intervient Clarke pour la première fois.

- Anya a été élevé par un humain, pas par une meute. Elle a pris beaucoup d'habitudes de son père.

Un nouveau silence lourd de sens s'installe entre la petite famille, Lexa et puis moi. Je lève les yeux au ciel et me contente de manger tranquillement. Dès que j'ai fini mon assiette, j'attrape un bout de pain que j'avale à vitesse grand V avant de jeter mon dévolu sur la corbeille de fruits en y prenant plusieurs fraises, une pêche et trois ou quatre prunes.

- Je n'ose imaginer le nombre de calories que vous devez avaler en une journée pour compenser le manque, la voix de Jack est presque blanche.

- Je ne m'amuse pas à compter.

- Pourquoi ne pas essayer de changer ? Vous êtes dans une meute maintenant et…

- Anya, le coupe Lexa, n'appartient pas à ma meute. Elle est mon invitée. Et… je doute que vous seriez capable de changer vos propres habitudes. Vous semblez bien humain pour un démon, peut-être trop humain…

Okay, l'ambiance devient de plus en plus lourde ici. Je hausse un sourcil en fixant Lexa. Elle hoche alors les épaules. Je souris en réalisant qu'elle a agit sans réfléchir, juste pour me protéger. Je jette ensuite un œil à Clarke qui nous observe d'une étrange façon. Ce n'est pas un loup. Elle n'a pas dû sentir le lien se former comme pour Lexa tout à l'heure mais l'empreinte doit commencer à la marquer doucement, et cette étincelle de jalousie dans ses yeux en est le premier signe.

Je m'apprête à répliquer, j'allais vraiment le faire mais… quelque chose que je n'arrive pas ni à identifier, ni à contrôle me submerge. Si je ne me connaissais pas aussi bien, je dirai qu'il prend ma place mais c'est absolument impossible. Je suis catégorique. Il est bien endormi au plus profond de mon être, je peux le sentir.

Mon cœur s'emballe, mes mains tremblent et je peine à prendre une première inspiration. Mais qu'est-ce que c'est que ce bordel ? J'ai la sensation qu'un monstre, un terrible fléau, quelque chose pire que lui est entrain de me déchirer le corps. Je suis… angoissée ? Non mais sérieusement, c'est impossible.

- Anya, la voix de Lexa est clairement marquée par l'inquiétude, qu'est-ce qu'il t'arrive ?

Je n'arrive pas à répondre et de toute façon, qu'est-ce que je dirais ? Concrètement, je ne sais pas ce qu'y est en train de m'arriver. Je… je fixe mes mains. Est-ce que… ? J'ai… non. Je relève mes yeux sur Lexa mon regard doit-être bien différent de mon habitude parce qu'elle a un infime mouvement de recule. Je suis de plus en plus perdue. Je me redresse faisant crier les pieds de la chaise sur le parquet.

Je ne demande pas mon reste et me retourne sans plus de cérémonie. Je sais que c'est impoli mais qu'est-ce que je pourrai faire d'autre alors que je me sens au bord de l'implosion. Je sors le plus vite possible mon portable de la poche de mon jeans. Il me faut un temps fou pour composer un simple numéro de téléphone. Mes mains tremblent et peinent à faire un simple geste alors qu'elles sont… putain mais pourquoi j'ai aussi froid ?

Je colle mon oreille sur la haut parleur en sortant de la maison des Griffin et j'ai un haut le cœur à chaque nouvelle tonalité. Pourquoi elle ne réponds pas ? Pourquoi je suis à ce point effrayée ? Mes jambes deviennent cotonneuses enfin surtout la gauche, c'est comme si elle était subitement incapable de me porter et pourtant, je suis bien debout sur mes deux jambes qui me maintiennent sans difficultées. Mon cœur manque un nouveau battement alors que la quatrième tonalités raisonne, plus qu'une et je tombe sur la messagerie. Par toutes les lunes, décroche ce putain de téléphone !

- Allô, je pourrai être soulagée mais ce n'est pas la voix que j'attendais.

- Gaïa, où est ta mère ?

- La nuit tombe, elle est partie courir pour faire sa ronde.

Merde, merde, merde… merde !

- Et Raven, où est Raven ?

- Bah… dans la chambre d'ami j'imagine. Tu veux que j'aille la voir ?

- Non, je hurle presque, non, je reprends calmement, surtout pas. Tu… tu sens de la magie ?

Je l'entends humer l'air un bon coup. Je fais mon possible pour être le plus patiente possible. Je sais que Gaïa est encore en apprentissage mais là je suis entrain de mourir à petit feu.

- Non, finit-elle par dire.

- Génial, je souffle soulagée.

- Il n'y a plus son odeur du tout.

Quoi ? Mais… que… quoi ? C'est quoi ce putain de bordel ? Comment ça il n'y a plus son odeur du tout ? Et pourquoi je suis à ce point paniquer ? Je me laisse tomber sur… ah c'est le capot de la voiture de Lexa, c'est mieux que le sol.

- Qu'est-ce que, je peine à prononcer, qu'est-ce que tu veux dire ?

- La sorcière n'est plus à la maison. Tu veux que j'aille la chercher.

- Surtout pas.

Il ne manquerait plus que Gaïa se mette en danger. Je ferme les yeux. J'ai besoin de réfléchir. Ce froid dans mes mains et ce… cette chose qui semble vouloir sortir de moi, ne m'aide pas à avoir les idées claire. Pendant une seconde, je pense même à le réveiller pour la retrouver.

- Anya qu'est-ce qui se passe ? Tu m'inquiète…

- Je… je n'en suis pas sûre. Tu peux… est-ce que tu sais comment rappeler un loup ? Tu pourrai essayer de le faire avec ta mère ?

- Je doute que ça fonctionne, ma mère est bien plus forte que moi.

Je soupire. Oui, je le sais. Il y a peu de lycanthropes capable de contraindre l'un des siens à redevenir humain ou pire à l'invité à écouter une voix qui n'est ni la sienne, ni celle de son loup et de plier ses deux volontés au profit de cette seule voix. Mais il y a une solution, il faut faire en sorte que cet écho ne soit pas perçu comme une capture et une perdition. Je ne suis pas sensé savoir comment faire mais je le sais.

- Écoute Gaïa, c'est important. Je ne te demande pas de l'obliger à faire quoi que ce soit mais à lui faire comprendre que tu as besoin d'elle. Tu es de son sang.

- Je ne suis pas sûre…

- La meute pourrait être en danger.

D'accord, je n'ai peut-être pas choisi les bons mots. Je perçois le souffle de Gaïa se couper, je peux presque la sentir trembler. Sans compter que Lexa devait écouter depuis le début ma conversation même d'une oreille discrète mais elle n'a pas manqué ces quelques mots. La porte d'entrée claque et je n'ai besoin que d'une seconde pour remarquer son regard presque fou. Insinuer qu'une meute pourrait être en danger avec son alpha aux alentours n'était clairement pas la meilleure de mes idées.

- Je t'écoute, fini par dire Gaïa.

- Moi aussi, grogne Lexa.

- Calme toi Lexa, je prononce le plus posément possible, j'ai dit "pourrait". Je n'arriverai pas à me concentrer et à guider Gaïa si je dois en plus te gérer. D'accord ?

Elle acquiesce mais garde des traits durcis. Je la vois entamer des pas nerveux entre l'entrée et sa voiture. Elle a tout d'un lion en cage, même si dans ce contexte il serait plus juste de dire loup. Je peux le sentir, elle est prête à le laisser sortir. J'attends qu'elle passe de nouveau près de moi et je saisi son poignet, elle doit absolument se reprendre. Si elle devait se transformer chez un démon du clan Skaikru, ça serait une catastrophe.

Je l'oblige à s'installer près de moi. Elle me fixe durement presque avec haine, c'est bien là le regard d'un alpha. Il n'y a pas de doute à avoir. Je lui souffle une nouvelle fois de se calmer. Si j'avais osé insister sur ce point avec n'importe quel autre alpha, il y a de grande chance que je sois maintenant rien de plus qu'une poupée désarticulée à tâcher le sol de mon sang. Mais Lexa est différente. C'est moi qui lui ai apprit à maîtriser son loup et je sais qu'elle peut le garder enfermé dans son corps bien mieux que des alphas centenaire.

Je peux voir son regard s'adoucir, ce n'est pas grand-chose mais ça me suffit. Je tente un minuscule sourire et elle hoche la tête. Je sais qu'elle ne causera pas de problème, du moins, pour le moment. Il est temps que je me concentre de nouveau sur Gaïa et sans oublier mes propre angoisse au sujet de Raven.

- Pourquoi tes mains sont si froides, me demande Lexa d'une toute petite voix.

- Pas maintenant Lexa, je murmure. Gaïa, tu es toujours là ?

- Oui.

Très bien. Je ferme les yeux. Je prends une forte inspiration. Je sens encore cette chose bouillonner en moi, me faire mal et prendre entièrement ma place. J'ai la désagréable sensation de ne plus exister. Je sens une larme m'échapper. Il n'y a pas à dire, c'est pire que mon loup. Je ne sais pas pour quelle raison ça me touche à ce point. Foutaise… c'est Raven. Tous ce que je ressens en ce moment, appartient à Raven. Et ça fait mal… très mal.

- Je veux que tu te concentres sur ta mère, seulement les souvenirs et les sentiments positifs. Tu peux faire ça ?

- Évidemment.

- Et tu peux le faire à travers ton loup ?

Il n'y a pas de réponse. Je n'en attends pas vraiment. Je sais qu'elle est en train de s'exécuter. J'ai conscience que ce que je lui demande est très difficile, encore plus pour une lycanthrope qui est capable de se transformer depuis si peu de temps. Je suis vraiment en train de faire n'importe quoi… Gaïa pourrait souffrir. Et tout ça pour quoi ? Raven. Encore et toujours Raven. Ça n'a aucun sens.

Je ferme les yeux. Je cherche à exécuter exactement la même chose mais pas avec Indra. Je cherche la sorcière avec son aide. Je sais qu'il y a peu de chance pour que ça fonction. Raven n'est pas… elle n'appartient pas… enfin, ce n'est pas un loup. Et pourtant, pendant ces longues seconde d'attente. Je revis, toutes ces fois où elle était dans mes bras. Alors que mon cœur raisonne bien trop fort dans ma poitrine et que ses mains s'attardent sur ma peau, alors qu'elles sont de nouveau chaudes, elle souffle un simple mais presque destructeur : merci.

Je suis surprise au moment où je la sens. J'ouvre brusquement les yeux. Je ne devrais pas être capable de… et pourtant, je suis juste à côté d'elle. Je vois à travers ses yeux. Raven est recroquevillée sur elle même. Elle maintient ses genoux, elle pleure, elle murmure des mots que je reconnais parfaitement, elle essaye de se contrôler. Cette image me déchire le cœur et sans que je ne puisse le contrôler de nouvelles larmes m'échappe. J'aimerai tellement la prendre dans mes bras, essayer de la libérer de tout ce mal qui la ronge. Simplement l'aider. Je me reprends pour essayer de savoir où elle se trouve. Je suis surprise en reconnaissant mon grenier. Pour quelle raison a-t-elle choisie de se réfugier chez moi ?

- Anya, la voix de Lexa est de plus en plus inquiète, tu es vraiment gelée.

- Je la vois, je vois ma mère, explose Gaïa. C'est super intense ! Je… c'est incroyable ! C'est comme si j'étais elle… Wow ! Comment tu sais faire ça Anya ? Et… mais c'est… magique !

- Gaïa, calme toi, je parviens à prononcer alors que je suis toujours piéger dans le corps de Raven. Tu… Il te reste à lui demander de rentrer à la maison. Il faut que… n'utilise pas la parole à proprement parler. Il faut que ça vienne du cœur. Concentre toi sur le lien que tu viens de créer, elle, ta mère ne le sens pas encore. Souffle à son loup que tu es là et que tu as besoin d'elle. D'accord ? Tu t'en sens capable ?

Elle répond positivement et je sais que ça peut être long. Ce n'est clairement pas quelque chose de facile que je lui demande. Je me mordille la lèvre inférieur alors que mon lien avec Raven se renforce. Je n'arrive pas à m'en détacher. Je commence à perdre la notion de la réalité. Je me confonds. Je ne sais plus vraiment si je suis elle ou moi. Je ressers mes doigts sur le poignet de Lexa qui grimace. Je m'accroche à ma sœur de cœur comme une ancre qui me rattache à la réalité.

Je ferme les yeux. Je me concentre. Il faut que… je frissonne en sachant pertinemment que je n'ai jamais réussis à faire ce que je m'apprête à essayer d'exécuter. Je souffle. Je dois être folle. Ce n'est pas possible autrement. Je me renforce en puisant dans son énergie. J'ai besoin de lui. Pour la première fois en cinq ans, je n'ai pas peur de lui parce que je sais qu'il peut m'aider à atteindre Raven. J'expire et grâce à une force psychologique colossale, j'arrive à m'extraire de son corps. Je suis en face d'elle alors qu'au même instant, je suis près de Lexa. Je tends la main vers Raven, la même qui enserre le poignet de Lexa. Je dépose mes doigts sur la joue de la sorcière, alors que j'agrippe un peu plus la peau de l'alpha. Des yeux surpris se dresse sur moi au même moment un grognement me pousse à revenir à la réalité. Mais j'ai besoin… j'ai besoin… je me perds dans les yeux sombre et écarlate de Raven, je pleure un peu plus et je murmure seulement pour elle un simple : "je suis là".

- J'ai réussis, hurle Gaïa dans le téléphone, elle arrive !

- Très bien, je peine à dire alors que j'ai perdu le lien avec Raven. Dis lui de me rappeler dès qu'elle le peut. Je… je crois savoir où est Raven et… et… elle se contrôle. Ça devrait aller. Gaïa, tu as été génial. Tu es définitivement une très grande louve, tu peux… qu'est-ce que je dis, tu dois être fière de toi.

- Merci Anya.

Je raccroche, le cœur battant, le corps tremblant et le souffle haletant. Je sens le regard de Lexa sur moi. Je lâche difficilement son poignet. Je sens l'odeur du sang immédiatement, je n'y suis pas allée de main morte. Je murmure des excuses. J'essaye de me redresser mais je retombe immédiatement sur le capot de la Chevrolet. Merde… je suis super affaiblie et j'ai toujours aussi froid.

- Dis-moi tout de suite ce qu'il vient de se passer, exige Lexa.

- J'en sais rien, je réponds honnêtement.

- On rentre immédiatement, grogne t-elle. Je n'arrive pas à croire que cette sorcière ait pu mettre ma meute en danger.

Elle se redresse vivement, je fixe alors son poignet gauche encore ensanglanté. Je sais que ce n'est qu'une question de minutes avant que la plaie ne se referme pourtant, je ressens un profond sentiment de culpabilité. Alors qu'elle allait atteindre le flanc gauche de sa voiture et donc incessamment sous peu la portière. Je me redresse avec une force que je ne suis plus sensée avoir et fait barrière. Je suis obligée de me maintenir à la carrosserie. Je ne me souviens pas la dernière fois que je me suis sentie aussi faible.

Je lâche une longue inspiration. Je n'ai pas encore osé affronter son regard et là je sais que j'ai largement dépassé les limites, Lexa va être folle de rage et elle en aura toutes les raisons. Je fixe ma main sur le métal, elle semble enfin ne plus être transi de froid. Je vois ceci comme un signe que Raven se sent un peu mieux et cette conclusion me rassure de la plus belle des manières. Encore quelques secondes pour me fondre dans ce sentiment de bien être et je relève les yeux. Clairement, si je n'étais pas si importante pour Lexa, si je n'étais pas aussi puissante, je serai en danger de mort.

- Lexa, je murmure, ralentit.

- Ne me dis pas de ralentir, implose t-elle en agrippant violemment mon tee-shirt. Il s'agit de ma meute, tu ne sais pas… tu… Écarte toi !

- Non. Je ne le ferai pas et tu le sais. Je me dresserai entre toi et Raven tant que tu seras animé par la colère. Tu m'as demandé de la protéger et c'est ce que je fais.

- Je manque de temps, ma meute…

- Tout va bien. Concentre toi sur le lien qui t'unit à elle et tu le sentiras. Je t'assure que Raven n'est pas un danger.

- Mais tu as pensé qu'elle pourrait l'être, hurle-t-elle.

- Oui, je ne peux clairement pas lui mentir, mais je me suis trompée.

- Écarte toi Anya, la menace est de plus en plus présente dans sa voix, ne m'oblige pas à te faire du mal.

- Ne, j'insiste sur ce mot, m'oblige pas moi, j'insiste de nouveau, à te faire du mal. Je te préviens, si tu m'attaques, je te brise une jambe. Il faut deux bonnes heures pour ressouder un os, un temps que j'espère tu mettras à profit pour reprendre le-dessus sur tes émotions.

- Tu n'oserais pas, souffle t-elle. Tu n'oserais pas, n'est-ce pas ?

- Tout dépend de toi Lexa, je murmure en posant avec douceur mes mains sur les siennes qui sont toujours fermement accrocher à mon haut, le jour où tu m'as retrouvé, celui où tu m'as demandé de rejoindre ta meute, tu avais une autre demande, je lui souris avec douceur, tu t'en souviens ? Ce n'est pas seulement Raven que je protège et tu le sais bien.

- "Ne me laisse pas devenir comme mon père", peine-t-elle à prononcer. Tu trouves que je lui ressemble ? Demande-t-elle les larmes aux yeux.

D'un geste peu assuré, presque hésitant, je tends ma main vers sa joue. Lexa sursaute. Je glisse cette même main derrière sa nuque et je l'oblige à faire quelque pas pour la coller contre moi. Je referme mon second bras dans son dos. J'ai conscience que cette étreinte pourrait me coûter la vie. Je n'oserai jamais effectuer un tel geste si nous étions à la maison mais ce n'est pas le cas et je veux être certaine qu'elle entende ce que j'ai à dire. Lexa me voit comme une grande soeur, ça a toujours été le cas et aujourd'hui, je vais me servir de ce lien si précieux, unique presque improbable qu'il existe entre nous.

- Non Lexa, tu ne lui ressembles pas. Je t'assure. Mais tu sais que sa déchéance a commencé par des crises de rage sans nom. Tu m'as fait promettre de tout faire pour ne jamais te laisser devenir comme lui et je ne manque jamais à mes promesses.

Lentement d'un geste tremblant, elle finit par lâcher prise. Ses bras tombent le long de son corps. Ils restent ballant un très long moment avant de se refermer à leur tour dans mon dos. Je sens quelque larmes glisser sur ma peau. Je souris. C'est pour cette raison que Lexa est la seule alpha que j'ai accepté de rejoindre. Elle est capable d'accepter que son loup n'est pas qu'une force mais qu'il est aussi capable de la rendre terriblement faible.

- Dis-moi ce qui est entrain de se passer entre toi et cette sorcière, murmure t-elle.

- Honnêtement Lexa, je n'y comprends rien moi-même. Mais je t'assure que si elle représentait un danger pour la meute, tu serais la première à qui j'en parlerai.

- Promis, prononce t-elle avec fragilité.

- Sur ma vie, oui, je te le promets.

- D'accord.

Un long silence s'installe entre nous. Je laisse passer de longues secondes avant de la relâcher. Je viens essuyer ses larmes en lui offrant un de mes plus beau sourire. Je lui souffle de se reprendre et je me prends un coup gentillet dans le bras alors qu'elle rit doucement. Voilà. La Lexa que je connais est revenue. C'est elle qui a gagné et son loup a déclaré forfait.

Lexa ne dit rien mais je sais qu'elle ressent une certaine reconnaissance pour ce que j'ai osé faire. Une partie d'elle m'en veut aussi certainement, c'est normal. J'ai outrepassé mes droits. Prendre une alpha dans ses bras… Je dois vraiment vouloir mourir. Pourtant, je sais que j'arrive toujours à l'apaiser de cette façon. J'ai conscience que ça n'a rien de normal mais comme beaucoup d'autres choses qui me concernent.

Je tourne la tête vers la maison des Griffin alors que je suis envahie par un étrange sentiment. Je tombe alors sur Jack qui s'éloigne très vite de la fenêtre par laquelle il nous observait. J'ai eu le temps de lire sur ses traits toute son incompréhension. Je jure intérieurement. Il va être difficile d'expliquer ce qu'il vient de voir. Déjà qu'il me trouve bizarre… ça craint. Je soupire. Pour le moment, mieux vaut éviter d'en parler à Lexa.

- Tu devrais aller saluer nos convives. Nous prendrons la route après.

- Quoi ?

- Les Griffin, tu devrais les saluer et fixer un nouveau rendez-vous.

- Non, ça j'avais compris. Nous prenons la route ?

- Tu es calme, j'affirme en hochant les épaules.

- Génial !

Ses yeux brillent comme celui d'un enfant le jour de noël. Elle détale rapidement pour rejoindre la maison familial. J'attends d'entendre la porte claquer pour me laisser tomber au sol. Je suis vidée. Je ne me suis jamais sentie aussi… faible.

Mon corps est cotonneux, je peine même à me ressourcer dans son énergie. il semble si loin, presque hors d'atteinte. Le lien que j'ai créer avec Raven l'a presque effacé. Je me suis complètement surpassée. J'appuie ma tête contre la portière en levant les yeux vers le ciel.

Je suis là… Ses mots sont si simples et pourtant ils ont une vraie signification. Je le sens au plus profond de mon âme. Ils… ont un véritable sens. Je suis là. Je les ai déjà prononcé auparavant. Je n'arrive juste plus à me souvenir pour qui et dans quel contexte. Je suis là… Je ferme les yeux alors qu'une nouvelle larme m'échappe. Je ne comprends pas ce qui m'arrive. Je ne me suis jamais sentie aussi perdue que depuis que Raven est arrivée dans ma vie et en même temps… en même temps, c'est comme si elle m'était indispensable. Je suis là… Pourquoi ces mots en particulier ?

Les yeux toujours clos, je vois l'image de ma mère. Une boule colossale se forme dans ma gorge m'empêchant presque de respirer. Il ne manquait plus que ça pour gâcher ma journée un souvenir furtif mais parfaitement claire d'une mère que je préférerais oublier. Ce n'est pas un manque d'amour, je voudrais juste être capable d'avancer et me replier dans des souvenirs douloureux n'aide pas. Je commence à secouer la tête pour me tirer de cette rétrospective alors que je l'entends murmurer à mon oreille comme si elle était vraiment à côté de moi : "Ta vie ne sera plus jamais la même à partir d'aujourd'hui."

Pourquoi la première image qui me vient à l'esprit alors que je perçois de nouveau ces mot c'est le visage de Raven ? Je sens la marque d'une main sur mon épaule. Je panique et ouvre violemment les paupières. Putain de mer… elle est là devant moi. Merde ! Ma… ma mère morte se dresse devant moi. C'est impossible ! Elle me sourit avec douceur et compréhension. Non je refuse ! Je me redresse vivement, trébuche mais je fais tout pour m'éloigner de cette vision irréelle.

- Ana, je t'en pris, arrête.

Et je me stoppe net, une illusion ne peut pas avoir cette emprise sur moi. Je déglutis avec une grande difficulté. Je suis incapable de bouger. Je… je suis sous son emprise. C'est… il n'y a qu'un seule pouvoir au monde capable de m'imposer quelque chose que je ne souhaite pas : la voix de l'alpha. Celle de mon alpha.

- Le lien ne durera pas longtemps, tu dois m'écouter.

- Tu es morte, j'accuse.

- Je sais mon ange, elle pose sa main sur mon épaule, mais il faut que tu m'écoutes, c'est important.

Son contacte. Je tremble. Ça me fait mal, terriblement mal. C'est comme une brûlure peut-être même pire. Je suis en colère et il se réveille brusquement. Il montre les crocs. Il grogne. Il refuse de se soumettre. Il m'envahit tel un parasite et je le laisse faire parce que je ne veux pas qu'elle me touche et surtout, je refuse qu'elle m'impose sa volonté. Elle a perdu ce droit en mourant !

- Ana, souffle t-elle en retirant vivement sa main, tu es…

- … exactement comme toi, j'attaque avec un regard noir, le genre d'alpha que tout le monde croit avoir disparu avec toi, une premium. Alors ne cherche pas à m'imposer ta volonté. Tu n'es pas mon alpha. Je suis mon propre alpha.

- Ana, je n'ai jamais pensé… tu sembles plus… ce n'est pas important. Je te l'ai dis : je n'ai pas beaucoup de temps et il faut que l'on parle de quelque chose d'important.

- Quelque chose d'important ? Tu es morte.

- Raven…

Un simple mot ou plutôt nom et je m'adoucis, même lui se calme. Je ne comprends pas. Comment ma mère morte il y a des années peut connaître Raven ? Ça n'a aucun sens. Je crois que je suis en état de choc. Je ne perçois plus aucun son. Je cligne des paupières à plusieurs reprises. A chaque fois que la lumière revient, je peux voir ses lèvres bouger sans que je ne puisses percevoir un seul mot.

- Ana, tu as entendu ?

Je sens de nouvelles larmes sur mes joues. Je sers les poings. Non, je n'ai rien entendu et il n'y a qu'une seule et unique explication à cela. Je suis tellement… La colère n'est pas ce qui me gangrène à cette seconde, ça s'apparente plus à de la haine. De la rancoeur à l'état pure.

- C'est encore à cause de Morgane, j'explose avec animosité.

- Morgane t'a sauvé la vie mon ange.

Elle prononce cette phrase en avançant de nouveau vers moi. Elle tend la main vers mon visage. Il ne faut qu'une seconde pour qu'il émerge de nouveau. Elle ne me touchera pas, je refuse.

C'est alors qu'une idée, une idée toute simple se fraye un chemin dans mon esprit. C'est si simple que je suis surprise de ne pas y avoir penser avant. J'observe ma mère avec horreur. Je n'arrive pas à croire que… non, elle n'aurait pas oser.

- C'est… c'est toi.

- Ana, s'il te plaît.

- C'est toi qui lui a demandé de me sauver, qu'importe le prix. C'est toi !

- Il faut que tu comprennes…

- Que je comprennes ? Que je comprennes ? Mais quoi ? Je souffre le martyre depuis… depuis… Tu n'as pas idée de ce que tu m'as fais subir ! Je suis complètement vide, j'explose en pointant ma poitrine au niveau de mon coeur.

Pour la seconde fois en très peu de temps, la porte d'entrée des Griffin claque. Cette fois, il n'y a pas seulement Lexa. Je sens aussi l'odeur de Jack et de sa fille. Je ne comprends pas, ça aurait dû effacer l'illusion. Sauf que ma mère est toujours là. Plus troublant encore, elle semble être visible pour les trois autres.

Je me tourne comme mortifier vers eux. Je me plonge dans le regard de Lexa qui est marqué par l'incompréhension. Je sais qu'elle l'a reconnu. Il ne peut pas en être autrement. Ma mère est un vraie légende. Heureusement, elle n'a aucun moyen de faire le lien entre nous. La réaction de Jack est plus surprenante. Il… je crois qu'il sait. Il sait qui je suis vraiment.

Je suis tellement absorbée par la réaction de ces deux là, enfin surtout Lexa. Je crois que j'en mourrais si je devais la perdre à cause de mon identité. Je suis à l'afflux de chacun de ses gestes. Il n'y a plus qu'elle qui compte à tel point que je ne sens pas ma mère s'approcher. Je n'en prends conscience que lorsqu'elle chuchote à mon oreille quelque mot en Islandais, ma langue natale :

- Tu ne peux plus être vide là, dit-elle, puisque tu as retrouvé Raven.

Puis elle s'évapore. Ne laissant derrière elle rien de plus que des questionnements et un reflux de magie nauséabond que je ne connais que trop bien. Morgane… Voilà pourquoi sa présence était aussi puissante et qu'elle a su être visible pour les autres. Cette journée est de plus en plus merdique.

Lexa s'approche de moi avec un léger froncement de sourcils. Je tente un sourire mais j'échoue lamentablement. J'aimerai faire croire que je vais bien après cette conversation avec ma mère mais je n'y arrive pas. Quoique j'en dise, chacune de ses apparitions me touche un peu plus à chaque fois. Ce n'est pas la première fois qu'elle parvient à me parler traversant ainsi le voile qui sépare les vivants des morts. Mais ne dit-on pas que tout est possible à partir du moment où la magie entre dans l'équation ?

Ce qui m'agace le plus c'est que j'ai très vite compris qu'elle savait… elle savait qu'elle était condamnée et elle n'a rien fait pour se sauver. Rien. Qu'elle puisse croire encore avoir le droit de me parler après ça c'est… du foutage de gueule, rien de plus. Sans oublier qu'après tout ce temps, pour moi, elle n'a plus rien d'une figure parentale. Ce rôle revient entièrement à Marcus et personne d'autre.

- Anya, prononce presque maladroitement Lexa.

- Je ne veux pas en parler. Jamais.

- Mais…

- Jamais Lexa, je répète alors que ma voix se brise. Nous pouvons rentrer maintenant ? Je… J'aimerai m'assurer que Raven va bien.

- Très bien, nous reviendrons voir les Griffin en fin de semaine prochaine. Merci pour l'accueil, précise-t-elle en me quittant des yeux pour les poser sur le père et la fille.

J'en profite pour m'installer côté passager. Je peux assister sans mal à l'échange de regard entre Lexa et Clarke un peu trop long pour qu'il reste inaperçu. La blonde sourit timidement avant de faire un signe de la main. Je suis certaine que Lexa sourit comme ce n'est pas permis. La porte claque et je jette un œil vers elle. Gagnez !

Le moteur démarre et la voiture avalent les premiers kilomètre dans un silence parfait. L'habitacle n'est habité par aucun son, ni musique, ni parole, rien. Je perçois simplement les battements de coeur de Lexa qui sont calmes et apaisants. Je prie intérieurement pour qu'ils ne changent pas de rythme. Mais espérer se révèle souvent être une perte de temps.

Je perçois d'abord une faible inflation, une légère accélération de son palpitant puis se sont ses doigts qui se ressert un peu plus sur le volant et finalement plusieurs grandes inspirations prises. Je sais qu'elle veut parler de ce qu'elle a vu. J'ai conscience qu'elle a déjà dû élaborer quelques théories. Je me doute bien qu'elle n'a pas pu arriver à la bonne conclusion, c'est impossible. Par moment, même moi je doute de ma propre identité, ça ressemble plus à une blague qu'autre chose. J'ai passé presque l'entièreté de ma vie à tenter d'oublier qui j'étais. Pas que ce soit un exercice difficile en sachant que la magie de Morgane continue d'empoisonner mon esprit.

Morgane… je ressers mon poing en baissant les yeux. Il s'agite. C'est fou à quel point je peux la haïr même lui c'est finalement résigné à me suivre et à accepter ce sentiment. Mais… savoir que la sorcière n'a agit que pour accomplir la volonté de ma mère c'est… c'est bien pire encore. Comment une mère peut vouloir faire subir une telle épreuve à son enfant ? Je préférerais être morte.

- Anya, il faut…

- Je ne veux vraiment pas en parler, je la coupe immédiatement.

- Mais il faudra bien que…

- Je ne suis pas prête, j'affirme avec détermination. Je ne suis pas prête, je répète plus doucement, plus douloureusement. Je ne suis vraiment pas prête à te parler de ça. S'il te plaît… ne me pose pas tes questions.

- Très bien mais tu as conscience que je l'ai vu n'est-ce pas ?

- Oui.

- Je ne suis pas stupide Anya. Je sais ce que signifie ce genre d'apparition pour un lycanthrope.

Non… tu ne sais pas Lexa, parce que je ne suis pas n'importe quel lycanthrope. J'aimerai être capable de prononcer ces mots mais ils restent coincés dans ma gorge. Je n'arrive pas à les dire. Rien que de les penser me fait mal.

J'humecte mes lèvres. J'ai cette sensation désagréable de porter des pierres dans mon estomac. Je me tourne vers Lexa qui est concentrée sur sa conduite. Je sais qu'il est injuste de ne pas lui dire la vérité. Mais je n'y arrive pas, je ne peux pas… même moi je n'y crois pas.

- Je te promets que, je commence difficilement, je t'en parlerais. Je te le promets et tu sais que je tiens toujours mes promesse.

- Très bien Anya.

- Tu es en colère ?

- Simplement… je ne pensais pas qu'il puisse exister de secrets entre nous. À part pour… enfin, tu sais et je respecte ça parce que je me doute que… perdre sa meute c'est… je n'ose imaginer.

- J'avais six ans.

- Pardon, s'exclame-t-elle en quittant la route des yeux.

- Quand… Le jour où… Celui où j'ai perdu ma meute, j'avais six ans. Je… je n'étais pas encore enfin j'avais six ans quoi. La première fois que je me suis transformée, c'était sous les yeux de Marcus. Tu imagines tout ce qu'il aurait pu me faire subir ? Mais il ne l'a pas fait. Il m'a aimé. Il… C'est Marcus ma meute et qu'importe qu'il soit humain.

- Tu ne m'avais jamais dis que tu étais si jeune.

- Je sais.

- Pourquoi tu m'en parles aujourd'hui ? Je… C'est à cause de ce que j'ai vu ?

- Entre autre, mais c'est surtout que… tu peux avoir confiance en moi Lexa, tu le sais n'est-ce pas ?

- Je n'ai jamais eu le moindre doute sur ce point. Tu es la personne à qui je confierai ma vie en fermant les yeux.

- Je suis rassurée.

Je peux la voir sourire avant d'appuyer un peu plus sur l'accélérateur. Lexa est la vitesse… je ris doucement. Bien que je n'apprécie en générale pas vraiment sa musique, j'allume son poste de radio pile au moment ou Sting hurle l'indémodable Roxanne. Je souris un peu plus, Lexa adore cette chanson. Elle fait glisser ses lunettes de soleil sur son nez et ouvre les fenêtre en faisant glisser sa main gauche sur l'air. Elle semble de plus en plus heureuse et je m'en félicite.

- Tu veux qu'on parle de Clarke ?

- Tu veux qu'on parle de Raven ?

D'accord, c'était de bonne guerre. Sauf que j'avais sentie le lien se faire entre la blonde et Lexa et qu'il n'existait rien de tel entre la sorcière et moi. Rien. Je peine de plus en plus à y croire. Rien… je suis de plus en plus attachée à Raven.

- Tu m'autoriserais à devenir sa gardienne officiel ?

- Pardon ?! Lexa manque de s'étouffer.

- Tu me laisserais devenir la gardienne officiel de Raven ?

- J'avais compris mais… tu… toi ? Pourquoi ?

- Je l'aime bien, je dis simplement en hochant les épaules. Et je crois que je peux lui apporter mon aide. Tu sais mieux que personne que j'ai une certaine tendance à vouloir réparer ce qui semble irréparable.

- Ce n'est pas un loup An'.

- Je l'aurai fais avec toi même si tu n'en avais pas été un.

- An'… tu… tu es sûre de toi ? Je veux dire… c'est une sorcière. Toi et les sorcières ça n'a jamais fait bon ménage.

- Je suis sûre de moi.

- Bon… dans ce cas, je ne vois aucune raison de m'y opposer.

- Merci Lexa.

- Je ne suis pas certaine que ça soit le meilleur choix pour moi, commence-t-elle sérieusement. Après tout, je perçois son sourire, tu n'étais que sa gardienne par intérim et tu as voulu me casser la jambe pour la protéger.

- Au contraire, c'est un très bon choix. Le fait que je sois prête à faire un tel excès avec toi prouve qu'il n'arrivera rien à cette sorcière tant qu'elle sera dans la meute.

- Que feras-tu si elle te demande de rester sa gardienne à la fin de l'échange ? Tu partiras avec elle ?

Je n'avais pas réfléchis à ce point. Je suis surprise que Lexa y pense. C'est encore un truc de loup. Nous sommes très protecteur et en général lorsque nous choisissons de garantir la sécurité de quelqu'un ça peut être pour la vie.

- Je ne te laisserai pas Lexa.

- Nous verrons…

Nous franchissons enfin la propriété. Je suis surprise en voyant une lumière écarlate éclairer la nuit. Merde ! J'étais persuadée que Raven était parvenu à se maîtriser. Je ne sentais plus… enfin ce lien bizarre entre nous. J'entends Lexa jurer avant d'accélérer. Sa voiture de collection se faufile entre les arbres à une vitesse folle. Elle pile juste devant ma maison où s'est attroupé un bon nombre de la meute.

Je sors rapidement de la voiture. La manifestation magique n'a rien à voir avec ce que j'ai pu voir jusque là. Ce n'est pas hors de contrôle. Plusieurs lycanthropes essaye de franchir le seuil de ma maison, ils sont tous repoussés par Indra. Je ne doute pas de sa capacité à protéger Raven alors je fixe de nouveau le ciel. C'est semblable à des aurores boréales. C'est magnifique.

Sauf que si nous regardons bien, nous sommes capables de distinguer quelques images, certes floues, mais tout de même. Je sens que Lexa est au bord de l'implosion à mes côtés, je penche la tête et je distingue un peu mieux ce qui se déroule au milieu de ce court-métrage éphémère. J'écarquille les yeux.

Comment j'ai pu mettre de côté ma première supposition sur Raven à la poubelle ? Une sorcière de sang. Une descendante de Morgane. Par toutes les putain de lunes ! C'est… c'est…

Je quitte le ciel des yeux pour voir Lexa prête à franchir ma porte et certainement en découdre avec la sorcière. Je me précipite. Je n'arrive pas à croire que j'ai pu oublier de me faire confiance. C'est pour cette raison que Raven est aussi puissante ! Pour cette raison qu'elle peine tant à se contrôler. C'est une sorcière de sang !

- Lexa attends !

- Je suis désolée Anya mais là je dois régler ça !

- Tu ne comprends pas, c'est un avertissement. Raven ne contrôle pas ces manifestations.

- J'en ai rien à foutre qu'elle ne se contrôle pas, elle…

- Lexa, je gronde, regarde, je pointe le ciel du doigt, tu savais qu'ils étaient de retour mais tu ne te doutaient pas qu'ils allaient attaquer. Maintenant tu le sais, grâce à Raven.

- Comment, prononce t-elle en écarquillant les yeux.

- Je n'en suis pas certaine mais… laisse-moi le découvrir, s'il te plaît.

- Mais…

- Tu me fais confiance ? Je demande en lui tendant le bras.

Lexa baisse les yeux sur mon avant bras tendu. Elle me regarde presque avec horreur. Elle déteste encore plus que moi que je lui offre un tel respect. Elle s'estime à peine le droit d'un tel geste. Avec moi, elle n'a rien d'un Alpha. Je la vois balayer la scène d'un regard presque fou puis elle comprend.

Nous sommes observées, nous ne sommes plus seules dans notre bulle. Elle doit de nouveau agir en tant que alpha. Sa meute est presque entièrement agglutinée autour de chez moi. Elle soupire avant de me saisir l'avant bras non sans un regard noir.

- Je te fais confiance.

- Alors laisse moi régler ça.

- Très bien.

- Merci.

Je ne perds pas plus de temps. Je franchis alors ma porte. Il y a encore plus de manifestation de magie à l'intérieur. J'ai le coeur qui bat alors que je me précipite jusqu'à la trappe qui mène au grenier. Je lève la main pour saisir l'échelle et ma peau brûle au contacte du métal. C'est de l'argent, j'ai conçu le grenier de tel sorte qu'aucun loup ne puisse y pénétrer. Ça ne va pas être une partie de plaisir.

Je grimpe rapidement, douloureusement même l'odeur de ma peau devient répugnante. J'entre enfin dans le grenier. L'air est presque irrespirable. J'ai disposé une ancienne pellicule d'argent dans toute la pièce. Je sais qu'une exposition trop longue pourrait m'être fatale. Je repère facilement Raven tout au fond de la pièce, recroquevillée sur elle même. Je repère aussi Blue qui l'observe non sans une certaine détresse.

Je m'avance. Chaque pas est une véritable torture. Une fois à sa hauteur, je me laisse presque tomber devant elle. Non mais quelle idée j'ai eu de parler de cette pièce à Raven… je suis stupide, évidemment qu'elle allait s'en servir un de ces jours. Je souffle avant de me mettre difficilement à genoux. Je tends ma main vers elle d'un geste hésitant.

- Raven, je prononce difficilement.

- Tu ne peux pas être là. Tu ne peux pas. C'est impossible. Tu ne peux pas.

- Crois ce que tu veux, je prononce avec douceur en faufilant ma main sur sa joue. Pourtant, je suis bien là.

Le regard de Raven m'est enfin révélé. Dire qu'elle est surprise est un euphémisme. Je tente un sourire. C'est difficile, je souffre de plus en plus. Il a vraiment trop d'argent dans cette pièce. J'appuie un peu plus ma paume contre sa joue et je prononce de nouveau ces fameux mots : "je suis là".

C'est infime mais la sorcière semble reprendre son calme et avant que je ne puisse comprendre ce qu'il se passe, elle se glisse pour me prendre dans ses bras. Je sens alors plus que je vois sa magie revenir dans son corps. Ce qui est étrange c'est qu'elle semble aussi traverser le miens ce qui me procure un certain bien être.

D'un geste hésitant, je viens caresser ses cheveux. J'espère que ça la rassure, l'apaise et l'aide. Son souffle dans mon cou est froid alors je la serre un peu plus pour la rapprocher de ma chaleur. Je n'ai plus beaucoup de force mais qu'importe. Je serai toujours là pour elle.

Toujours ? Oui. Ce n'est pas une question mais bien une évidence.

Une évidence qui se renforce encore plus alors que je sens ses mains glacées se frayer un chemin sur mon dos. Elles glissent sur ma colonne, me faisant frissonner et cette fois, je le sais. C'est le geste qui me procure toute ces piqûres de bien être. Je l'entends murmurer des remerciements et je sens ses larmes s'écraser sur ma peau.

- Je serai toujours là pour toi.

Les mots claquent dans l'air, révélant enfin une vérité pas si dérangeante. Toujours… je n'ai pas le moindre doute. Toujours… telle une promesse. Toujours… comme un écho lointain. Toujours… un infini qui ne me fait pas peur.


Voilà pour le nouveau chapitre de cette fiction. J'espère qu'il vous a inspiré et qu'il vous a plû ! J'ai hâte de savoir ce que vous pensez. Beaucoup, beaucoup de retournements dans ce chapitre. J'espère pour le coup que ce n'était pas trop… mais tout était dans le titre c'est un mélange d'incompréhension et de compréhension aussi bien pour les personnages que pour vous.

Je suis évidemment ouverte à toute les critiques, qu'elles soit positives ou négatives, à condition que le commentaire soit constructif.

En espérant vous retrouvez pour le prochain chapitre !

GeekGirlG.