J'aime bien faire des duos atypiques et j'ai décidé de commencer par Kanon et Seiya un duo que j'aurais aimé voir dans Saint Seiya. De ce fait, j'ai imaginé ce petit texte.

Je remercie les personnes qui laissent des reviews. Je suis contente de voir que mon travail vous plait.


Il n'y avait décidément plus de saisons.

C'était la réflexion que se faisait Kanon, debout sur le parvis de la troisième maison. C'était l'hiver mais pas la moindre trace de neige. Certes, le temps était un peu frisquet mais rien de dérangeant. Non, vraiment. On se croirait être en début d'automne.

Soupirant, le frère de Saga descendu les marches pour se rendre à la plage non loin de là.

Cet endroit était son refuge. Il adorait y être et observer l'océan qui s'écraser, dans un fracas assourdissant d'eau et d'écume, sur les rochers polis par des siècles d'allées et venus de l'élément liquide sur eux.

Alors qu'il s'installait à même le sable, un cosmos familier se fit sentir.

- Tu fais quoi ici, Kanon ? lui demanda Seiya.

- T'occupe.

- Quelle gentillesse.

- Parce que tu croyais que j'allais t'inviter à boire un verre peut-être et taper la discussion ?

- Déjà, je suis mineur alors l'alcool est impossible. Et deuxièmement, je n'attends rien de particulier venant de toi. Et si je te pose cette question, c'est parce que je fais ma patrouille.

- Je ne ferais rien de mal si tel est le sous-entendu derrière ta question.

- Je me méfie, comme tout le monde. Après tout, tu n'es pas digne de confiance vu ce que tu as fais.

Au regard noir que lui lança Kanon, le chevalier de bronze comprit qu'il était allé trop loin. Mais dans son regard, il n'avait pas vu de la colère mais plutôt une profonde tristesse.

- K-kanon ?

- Laisse-moi !

Il l'avait blessé. Seiya en était conscient et avait, une fois de plus, parlé trop vite et sans réfléchir. Oui, Kanon avait été un traître doublé d'un ennemi mais sa participation lors de la guerre sainte contre Hadès avait grandement racheté ses fautes. Mais le mal avait été fait : la confiance que ses pairs lui accordait était inexistante chez certains et très faibles pour beaucoup. Les seuls qui le considérait comme étant un chevalier d'or était Milo et Saga. Et ce malgré que Athéna ait pardonné ses actes.

Visiblement, ce pardon avait du mal à passer. Et Seiya venait d'en rajouter une couche.

- Désolé, s'excusa-t-il. C'est sortit sans réflexion de ma part.

- T'excuser de quoi ? C'est la vérité.

Il avait mérité qu'on le considère comme un ennemi malgré tout ce qu'il avait fait. C'était là sa punition et il l'acceptait pleinement. Il sentit alors que Seiya s'installait près de lui.

- T'as pas une patrouille à faire ? demanda-t-il.

- Elle peut attendre quelques minutes.

L'homme aux cheveux bleus le regarda, surpris. L'adolescent continua.

- Je ne voulais pas te blesser avec mes paroles. Je sais que tu souffre de la situation.

- Situation que j'ai bien cherché.

- Et que tu as plus ou moins épongée avec ta participation à la guerre contre Hadès. C'est vrai que tu es très différents des autres chevaliers, mais honnêtement, si un jour je devais te confier la vie de Saori, je le ferais.

- Tu n'aurais pas peur que je la tue ?

- Non. Je sais que tu es de notre côté. Même si je me méfie pour certaines choses te concernant.

- Comme ?

- Le fait que tu choisisse à nouveau Poséïdon. Pas par envie mais parce que le comportement des autres te poussera à partir.

Seiya n'était vraiment pas la première personne à laquelle Kanon aurait discuté. Mais il devait admettre que les paroles de l'adolescent le réconfortait un peu.

- Je ne retournerai pas ma veste, Seiya. Et puis, je doute que le dieu des océans souhaite m'avoir à nouveau à ses côtés.

- Je te l'accorde. Et je te crois.

Un silence se fit avant que le jumeau de Saga ne le brise.

- J'aime bien regarder l'océan.

- Ah oui ?

- Ça m'apaise.

- En effet, c'est plutôt joli et agréable.

Un nouveau silence s'installa avant que Seiya ne se lève et épousseta son armure.

- Faut que j'y aille sinon Marin va me passer un savon.

- Va y.

Avec un sourire, le chevalier de Pégase s'éloigna en le saluant de la main. Une fois qu'il fit partit, Kanon sourit. Finalement, il l'aimait bien.