Salut à tous ! :)

Je suis heureuse de vous retrouver pour ce nouveau chapitre !

Je remercie tout particulièrement MaraCapucin d'avoir accepté d'être ma bêta et de relire tous mes chapitres pour que la lecture vous soit plus agréable.

Quelque mot sur ce chapitre : Vous êtes près à traquer les dragons ?

Les personnages de la série The 100 ne m'appartient pas, seule l'histoire est à moi.

Je vous souhaite une bonne lecture et je vous retrouve en bas ! :)


Ne me regarde pas

Partie n° 1 : La Carte Du temps

I just need the key J'ai juste besoin de la clef,

I'm trying to get out of here J'essaie de sortir d'ici

I know that it's a bad deal Je sais que c'est une mauvaise affaire

And disappointed you must feel Et vous devez vous sentir déçu

But please help me to escape Mais s'il-vous-plaît aidez moi à m'enfuir

Dark Sarah ft Jp Leppäluoto – Dance with the Dragon

Chapitre 8 : Dette

La lumière représente bien les choses, métaphoriquement parlant, de l'espoir en passant par la paix, sans oublier la savoir. Mais ces trois là peuvent vous éclater à la figure à tout moment. Ce sont des concepts infiniment fragiles qu'il faut manier avec soin.

Pour un regard jeune, même la plus faible des lumières est aveuglante et pourtant très vite même un enfant peut être attirer par cette lueur.
La plupart du temps, cela se fini avec une brûlure superficielle mais parfois, les séquelles sont bien plus inattendues. Pourtant une lueur faiblarde à peine comparable à une pauvre étincelle avait été capable il y a bien longtemps de réanimer l'humanité même.


Je place ma main face au soleil comme une gamine, j'imagine pouvoir le toucher. Pour accentuer ce sentiment, je ferme les yeux quelques secondes. Oui, si je refermais les doigts, l'astre si majestueux se retrouverait dans le creux de ma main. Mon premier souvenir est emplit d'un bain de lumière incandescente. Mon corps n'était rien d'autre qu'un long tissus de douleur mais cette douce chaleur sur ma peau a su me donner assez de force pour tenir un jour de plus, juste un jour de plus.

- Anya ?

Je cligne des paupières à plusieurs reprises. Il me faut du temps pour m'ancrer de nouveau à la réalité. Je n'aime pas ce sentiment. C'est bien trop brutal. Je me tourne lentement vers Raven qui m'observe étrangement.

- Mais qu'est-ce que tu fais encore plantée là ? Me demande-t-elle. J'ai besoin de tes bras. Allez bouge !

Je n'ai même pas le temps de prononcer une réponse qu'elle se tourne déjà. Elle est de nouveau prête à franchir la porte.
Le carillon sonne. Je lève les yeux avant de soupirer. La porte claque mais je ne bouge pas d'un pouce.

Je l'entends continuer à me parler. Elle énumère tout ce dont elle a besoin. Je souris en réalisant qu'elle est persuadée que je suis juste dans son dos. À travers le vitrage, je la vois se retourner et se décomposer en découvrant qu'elle est seule. Ni une, ni deux elle revient vers moi telle une furie. Je grimace. Tous le monde sait qu'il ne faut pas énerver ce genre de créature. Je suis mal…

- Bon, ça suffit ! Bouge et je te suis.

- Je ne peux pas, je finis par avouer.

- Je ne vois pas ce qui t'en empêche.

- Les accords Raven.

Je vois bien qu'elle était prête à répondre mais à la fin de ma phrase, ses mots meurent sur ses lèvres. Raven écarquille les yeux avant de se retourner une nouvelle fois vers la boutique. Je souris avant de lui dire amuser :

- Utilise la bonne vieille méthode : le chariot ou le panier ça marche à tous les coups.

- C'est ridicule, vocifère-t-elle. Pourquoi tu ne peux pas entrer ?

- Ce sont les règles. Polis n'a pas de sorcières, juste quelques sorcelleures et potioneures. Et ils n'ont pas de Cercle.

La compréhension marque le regard de Raven mais malheureusement ça ne dure pas plus d'une seconde. Elle affirme encore le ridicule de la situation avant d'entrer de nouveau dans la boutique avec un peu trop d'entrain. J'espère qu'elle ne va pas s'attirer d'ennuis. J'ai promis à Lexa de veiller sur elle et au-delà de ça, je suis maintenant sa gardienne. Alors, je serai physiquement incapable de rester impassible si elle était face au danger. J'espère juste qu'elle ne va rien provoquer de tel.

Je la perds de vu alors qu'elle fonce tête baissée sur sa gauche. Je tente de me mettre sur la pointe des pieds pour la suivre un peu plus longtemps. Mais c'est peine perdue. Je jure entre mes dents avant de me concentrer sur mes autres sens de façon bien plus efficace.

Mon odorat reconnaît avec aisance sa magie qui est en train de me devenir familière.
Je souris alors que des senteurs de lavande et de vanille viennent me chatouiller le nez. Je me sens encore mieux alors qu'au milieu des chuchotements de la clientèle, des chants des oiseaux qui m'entourent, je perçois les battements de son cœur. Je m'accroupis avant d'aplatir complètement ma main droite sur le sol graveleux, je sens chaque craquelure, chaque écho et je cherche quelque chose de bien particulier, un pas légèrement maladroit, un pied gauche un peu plus appuyé.

Voilà. C'est bien mieux que de la voir. Rien de ce qui l'entoure ne m'échappe. Si elle court le moindre danger, je serai à ses côtés en un battement de cils. Qu'importe les traités !

- Que puis-je pour vous ? Demande la voix d'un homme marqué par le temps et la surconsommation de cigarettes.

- M'expliquer pour quelle foutue raison mon amie ne peut pas m'accompagner.

- Votre amie est la bienvenue si elle le souhaite, madame.

- Elle me dit le contraire.

- Je ne comprends pas. Tout être touché par la magie est toujours la bienvenue entre ces murs, je vous l'assure.

- Et bien c'est parfait. Je vais donc l'inviter à entrer puisque la malédiction du loup a été initié par un sort raté. Tous les métamorphes ont été touché par la magie, nous sommes responsable de leurs conditions.

- Vous ne pouvez pas, tente le veille homme.

- Vous reviendrez sur votre parole ? S'il le faut, je me porte garante pour elle. Je vous assure qu'elle a toute ma confiance et j'ai besoin d'elle.

Un rire moqueur s'échappe presque de mes lèvres. Elle a besoin de moi, vraiment ? Je trouve qu'elle en fait beaucoup pour seulement me voir porter ses paquets. Ou alors… une information primordiale m'échappe.

Je renforce ma concentration. Il est hors de question que je la perde maintenant. Mon corps commence à faiblir. Il n'est pas fait pour subir un tel traitement même lui pourrait avoir du mal à tout gérer. Pour le bien de Raven, je lui laisse un peu plus de place, juste un peu. Je sais qu'il tient tout autant que moi à sauvegarder la sorcière. Il n'en profitera pas pour grappiller plus de place qu'il n'en a le droit.

- Je ne peux pas, tente de nouveau le vendeur.

- Non mais c'est pas vrai ! Puisque je vous dis que je me porte garante pour elle, espèce de Uglylevna !

Par toutes les lunes ! Cette fois, je perds le lien. Ça en est presque violent. Je suis comme projetée loin d'elle. Je peine à me relever entre autre parce que mon cœur bat bien trop vite. Raven vient d'insulter cet homme de la pire des manières. Un Uglylevna est une personne qui n'est pas de sang pure. Une personne que les sorcières n'estiment même pas digne d'user de la magie. Nous avons tous notre jargon bien à nous, chez les loups garous ça serait un Bittlan.
Imaginez, il y a l'alpha, les bêtas, les omégas, quelques deltas et puis en dessous il y a les Bittlan. C'est presque pire que d'être un Canis, c'est dire.

Ce qui me perturbe c'est que je sais que ce n'est pas dans la nature de Raven d'insulter gratuitement un pauvre homme. Enfin, je crois le savoir. Est-ce que j'ai manqué quelque chose chez elle ? Une espèce de noirceur, une méchanceté bien cachée ? Non. Ça me paraît peu probable.

Il est rare pour moi de me planter sur la personnalité d'une personne. Je sursaute alors que le carillon me fait presque saigner les tympans. Je grimace en fixant la sorcière. Elle a le visage fermé mais je remarque tout de même une fêlure dans son regard. C'est infime mais pourtant c'est bien présent.

- C'est réglé tu peux entrer.

- Qu'est-ce que tu as fait ? Je demande alors que je sens sa magie qui nous entoure comme si elle alourdissait l'air.

- J'ai simplement remis les points sur les i.

- Raven…

- Entre maintenant, ordonne-t-elle d'une voix à peine audible alors que la fêlure se transforme carrément en cratère, s'il te plaît.

Je ne sais pas ce qu'il vient de se passer dans cette échoppe mais foi de lycan, si un seul lui a fait du mal, je lui arrache la tête.

J'entre à sa suite et je me fige immédiatement. Une magie dense, lourde et physiquement visible se balade entre les clients transi de peur. L'apparition semble presque avoir sa propre conscience. Elle se déplace tranquillement et s'arrête devant chaque personne osant la fixer un peu trop longtemps. C'est quoi cette chose ?

Ça pourrait être semblable à une fumée animée roussâtre ou alors à des flammes, sauf que ça n'émet aucune chaleur. L'apparition ondule, prenant parfois une forme presque humanoïde avant de disparaître à nouveau pour se fondre sous le plancher, se dissoudre et reprendre des traits irréels. Elle s'écrase de nouveau formant un flaque semblable à une mare de sang. J'écarquille les yeux lorsque, ressemblant à un jeune homme, il se poste devant moi. Son visage disparaît par intermittence, mais j'ai le temps de remarquer qu'il est jeune, tout autant que Raven. Alors que seul son regard se stabilise, je remarque la grande ressemblance avec la sorcière. Je fais un pas en arrière alors qu'il me sourit. Je sais au plus profond de moi avec ce simple échange que cette chose n'est pas du bon côté, c'est mauvais au-delà de l'imaginable.

- Euh… Raven.

- Ne fais pas attention à lui et vient m'aider. Nous avons besoin d'une écaille de polymorphe, cette chose pèse une tonne.

- Mais Raven…

- Quoi, me demande-t-elle en se tournant vers moi. Un problème ?

Raven penche légèrement la tête sur le côté. Elle observe la scène avec calme. Puis elle approche avec une lenteur clairement voulue. Elle observe la chose avec douceur, presque amour avant de poser sa main à l'endroit où devrait être son épaule s'il devait en avoir une. Les yeux de l'apparition viennent la fixer et elle lui sourit de tout son cœur. J'en suis presque jalouse. Elle n'a jamais eu ce genre d'attention pour moi.

Soudain, l'amas écarlate se stabilise et prend définitivement forme humaine. Il me faut moins d'une seconde pour réaliser la puissance de cette chose, c'est colossale. C'est… je n'arrive pas à le retenir. Il se réveille face à cette menace. Je le sens grappiller un peu plus de place. Il prend un peu trop ses aises à mon sens mais je ne me sens vraiment pas en sécurité.

- Anya, tu as déjà entendu parler des Tandem Towfold ?

Je secoue la tête pour répondre de façon négative. Je suis dans l'incapacité de répondre. Je suis sur le qui vive. Je me sens réellement en danger. Je ne suis pas assez naïve pour croire que je pourrai survivre à une attaque de cette chose, qu'importe que se soit Raven qui l'ai créé.

La sorcière porte toujours le même sourire radieux lorsqu'elle m'accorde de nouveau son attention. L'échange dure une éternité, à peine une seconde en réalité. Sans me quitter des yeux, elle se penche légèrement à l'oreille de la créature et murmure quelques mots en latin mais pour une raison qui m'échappe, je suis incapable de comprendre ce qu'elle lui dit.

Raven a à peine le temps de finir sa phrase que l'homme se dissout en des millions de fragments. Une lumière rouge irréelle nous entoure. Elle fend l'air à une vitesse folle pour former comme des runes avant de se figer en cette arabesque que je ne connais que trop bien, celui qui prend de temps en temps vit sur le bras de la sorcière. C'est alors que je remarque que sa peau est nue, désertée par les sceaux qui maintiennent plus ou moins bien la magie dans son corps.

- Tant pis, j'imagine que tu le sauras un jour ou l'autre Anya.

Mon prénom est prononcé avec une telle douceur que je suis presque en état de choc. Le sceau se précipite avec violence sur le bras de Raven. Elle accuse le coup non sans une grimace avant de me faire un clin d'œil. Et alors qu'elle repart tranquillement pour récupérer ses ingrédients, je me demande pour quelle raison elle a eu besoin de faire une telle démonstration de force. Parce que c'est bien de cela qu'il s'agit. Elle a souhaité faire peur à toutes ces personnes : des sorcelleurs et des potioneurs. Les membres de sa propre espèce. Je n'arrive vraiment pas à comprendre.

Je me précipite pour ne pas la perdre de vue. La boutique semble minuscule vu de l'extérieur mais les sortilèges rendent l'endroit infiniment plus grand que la normal. Je pourrai forcément me perdre et il est absolument hors de question que je sois seule avec tout ces magiciens qui me fusillent du regard. Je ne suis pas stupide et je sais pertinemment que je ne suis pas à ma place.

- Raven, je l'interpelle une fois à sa hauteur, je peux savoir pourquoi tu as fais… ça ?

- Je déteste quand de vulgaires potioneurs sont habités par le complexe de dieu.

- Il voulait juste appliquer les accords. Cet homme n'a rien fait de mal.

- Tu crois ?

Je ne suis pas dupe, ce n'est pas une question. Enfin, pas vraiment. Depuis que j'ai appris à la connaître, jamais avant aujourd'hui il ne m'était venu à l'esprit que Raven pourrait être réellement un danger pour qui que ce soit. Elle semble toujours vouloir se maîtriser et elle évite de blesser mais ce qu'elle vient de faire, détonne complètement avec la personne que je connais.

- Sais-tu pourquoi ceux qui ont été choisi par la magie sont divisés en trois grands groupes : les sorciers, les sorcelleurs et les potioneurs ?

Raven me pose cette question en me lançant un bocal rempli de grenouilles vénéneuses rouges séchées. Je grimace mais c'était avant qu'elle ne m'en lance un autre avec un liquide verdâtre visqueux. J'écarquille les yeux alors qu'elle s'apprête à en faire de même avec ce qui ressemble à une racine de mandragore.

- Arrête de faire ça ! Je suis sûre que la moitié de ces trucs sont super dangereux !

- Évidemment qu'ils sont dangereux, nous traquons un harem de dragons, pas un groupe de chatons. Je croyais que tu avais de bons réflexes.

- J'ai de bons réflexes, je bougonne.

- Dans ce cas, je ne vois pas où est le problème. Donc, reprend t-elle en me lançant ce qui ressemble à un œuf, les sorciers, j'attrape son projectile le plus délicatement possible, sont les seuls capables d'utiliser la magie d'eux même. C'est pour cette raison que nous sommes aussi attachés à nos mains.

Je soupire en levant les yeux au ciel en réalisant qu'elle ne va pas arrêter de me balancer des trucs au petit bonheur la chance. J'attrape rapidement un panier et dispose délicatement tout ce que j'avais dans les bras. Je tiens le panier de la main droite ce qui me laisse la main avec laquelle je suis la plus agile pour continuer à jouer les attrapeuses.

- Les sorcelleurs, elle agrippe une branche étrange qui semble danser avant de la reposer, sont obligés d'utiliser un artefact comme une baguette pour faire apparaître leur magie et les potioneurs, elle prend un flacon avec du sang avant de me le lancer, n'y arrive tout simplement plus. Ils n'ont plus aucune manifestation de pouvoir dans leur corps. Ils sont à peine capable de la créer avec des charmes et des confections. Tous ceux qui ne sont pas sorciers, elle choisit des plumes vert pâles, ont été rétrogradés. En partie parce que ce sont eux qui ont créés les métamorphes, souligne-t-elle en me regardant dans les yeux pour déposer plus délicatement sa nouvelle trouvaille. Ils ne peuvent pas vous traiter de monstre, avoir le complexe de dieu alors que tout est de leurs faute. Je ne peux pas accepter ça.

Il y avait des légendes sur l'apparition des premiers métamorphes. J'étais persuadée que ce n'était rien d'autre que des histoires mais que ces mots soient prononcés par les lèvres de Raven leurs donnent une plus grande véracité. Je me demande donc naturellement si les trois sorcières de Jade ont vraiment existées ou si leur collaboration n'est qu'une histoire.

J'ai instinctivement des centaines de questions qui se forment dans mon esprit puis je la vois poser sa main sur son bras droit en grimaçant. Je fais un pas en avant en demandant :

- Tu vas bien ?

Je n'attends pas sa réponse et agrippe son coude pour analyser moi-même sa peau. Le sceau glisse sur sa peau, il serpente. Je réalise alors qu'il n'est pas du tout stable.

- Il ne peut pas me faire de mal, ça serait contre productif.

- Alors c'est cette chose qui est incontrôlable, pas ta magie.

- Tu n'as pas compris. Cette chose, comme tu l'appelles, c'est, elle insiste sur ce mot, une très grande partie de ma magie.

- Je n'ai jamais rien vu de tel…

- J'espère bien. Nous sommes très peu à contrôler ce genre de magie et la plupart ont basculé après la première manifestation.

- C'est parce que tu es une sorcière de sang ?

Raven recule brusquement, s'éloignant de mon contacte. Je la vois me fusiller du regard. J'esquisse un sourire timide avant de baisser les yeux.

- Je te rappelle que j'ai vu la manifestation dans le ciel.

- Je ne…

- Ne me mens pas s'il te plaît, je demande avec une certaine fragilité. Je crois que je ne le supporterai pas. Tu n'es pas obligée de m'en parler mais ne me mens pas. Oh, je reprends pour changer de sujet, je crois que je vois ta fameuse écaille.

Je passe au plus près d'elle sans la toucher, je n'ose plus la regarder. Je m'éloigne tant que c'est possible. Je ne sais pas ce qui se passe mais depuis cette fameuse nuit et la vision écarlate, je suis comme déchirée. Je suis hantée par les images que j'ai vu. Les dragons tuaient Raven et maintenant, ils sont là. Je ne laisserai pas cela arriver, jamais.

Plutôt mourir que de devoir la regarder périr sans rien faire. Je commence à croire qu'il n'y a pas de hasard dans notre rencontre. D'une certaine façon, nous étions toutes les deux terriblement perdues et… je le vois chez Raven aussi bien que chez moi, la présence de l'autre nous fait renaître. Je me souviens avoir lu quelque part que les rencontres ont lieu quand nous en avons le plus besoin, lorsque nous avons atteint nos limites que nous avons besoin de mourir pour renaître. En somme, les rencontres attendent toujours le bon moment. Ce moment, au milieu de cette gare aurait pu être insignifiante, vite oubliable mais c'est comme si elle avait été préparée durant de longues années par nos âmes avant même notre premier regard. C'est déstabilisant.

Je fixe l'écaille sans vraiment la voir. Je suis fatiguée. Je n'arrive plus à dormir convenablement depuis quelque temps et il est de plus en plus difficile de le repousser constamment. Je sens que je m'affaiblis de jour en jour et il en profiter. J'ai tellement peur de perdre le contrôle. Le truc, c'est que si je me laisse aller et que je lui laisse du temps, je ne suis pas certaine de revenir. Je ne veux pas perdre mon humanité encore moins maintenant qu'avant. La raison ? Raven. Encore et toujours Raven. Je sais que je devrais être effrayée, la détester même et pourtant j'ai cette sensation étrange que si elle devait mourir, je perdrais la meilleure partie de moi. Peut-être justement cette petite flamme si fragile qu'est mon humanité.

Je me suis déjà perdue. Je ne lui survivrai pas de nouveau. Je le sais. Si je perds contre lui se sera définitif. Je deviendrais un "Canis Latrans". Je suis une vraie bombe à retardement.

- Ce n'est pas une écaille de polymorphe.

- Ah…

- Tu as déjà rencontré un polymorphe ?

- Je ne suis pas très familière avec notre monde.

- Pourtant, tu es capable de voir et d'analyser une magie avec une facilité déconcertante.

- J'ai appris de la meilleure, je souris tristement.

Je tends la main vers l'écaille non polymorphe. Je la trouve magnifique. Raven arrête mon geste en plein vole. Elle semble effrayée. Je la vois prête à imploser avant de froncer les sourcils. D'un geste lent, elle vient relever la manche de ma veste. Je n'ai pas besoin de baisser les yeux pour savoir que ma peau scintille légèrement.

- C'est celle d'une gorgone, n'est-ce pas ? Je demande.

- Comment… tu n'aurais pas dû survivre à… ça ?

- Je n'aurai pas dû survivre à bien des choses.

- Qu'est-ce que… qu'a-t-on utiliser d'autre pour sauver tes bras ?

- Oh, je baisse les yeux et me concentre sur la main de Raven toujours refermée sur mon poignet, ça, une aile d'un aigle Caucase, le sang d'une vraie sirène, un œuf de paly… pary… pyaly… cette horrible chose à tête de python.

- Pyalthonsson.

- Ouais, c'est ça. La voix d'une harpie. Et puis tu sais, les choses habituelles… Mandragore, poudre de carotte, huile d'anis, lavandes, mimosas, roses.

- Tu l'as appris par cœur.

Elle souffle cette phrase avant de réfléchir. J'imagine qu'elle doit assimiler ces ingrédients ensemble. Je l'observe avoir lentement la même constatation que moi. Je vois d'abord de la contrariété puis du dégoût sur son visage. Puis ses yeux s'arrêtent sur le commencement de mes cicatrices avant qu'elle ne crache avec véhémence :

- Celui qui t'as fais ça, ne t'as pas sauvé mais torturé !

- Je suis au courant…

- Je peux peut-être…

- Ce n'est pas pour te vexer, je la coupe, mais je ne laisserai plus personne utiliser la magie sur moi, jamais.

- Qui a cru bon de te faire souffrir de la sorte ? Demande-t-elle accablé.

- Ma mère. Bon, sérieusement, elle est où cette écaille ? Je sais que tu veux traquer les dragons à ta façon mais si c'est trop long, je vais…

- Juste là. Tu me l'attrapes ? Elle est bien trop lourde pour moi.

- Très bien.

Je lui place sans ménagement le panier dans les mains. Je dois me mettre sur la pointe des pieds pour atteindre l'écaille qui n'est pas plus grosse que mon pouce. Je soupire. Je suis certaine qu'elle a exagéré. Je la fais glisser dans ma main et manque de tomber à la renverse sous son poids.

- Fais attention, intervient immédiatement Raven, c'est très fragile.

- Non mais pourquoi c'est aussi lourd ce truc ?

- Tu n'as jamais vu de polymorphe, se moque t-elle. Peut-être qu'un jour tu comprendras.

Je fais claquer ma langue. Ce n'est vraiment pas ce que j'appelle une réponse. Je soupire alors qu'elle sourit. Je tique et fixe cet étirement. Depuis quelques jours, elle semble plus heureuse. C'est toujours très furtif mais ce genre de chose lui échappe de temps en temps. Je me demande si j'y suis pour quelque chose, rien qu'un peu, j'espère que oui.

Une fraction de secondes plus tard ce moment d'égarement s'efface complètement. Tout en elle se referme, jusqu'à son regard. C'est comme si elle n'était plus la même personne. Elle dépose tous les articles sur le comptoir devant un vieillard à la mine effrayée et au physique clairement repoussant. Le pauvre homme n'a rien pour lui. Un dos voûté, la peau bien trop fripée, des dents jaunies sûrement par le tabac, des cheveux poivre et sel salent et mal entretenu. À cet instant, je ne suis pas certaine que cet homme et eu une seule fois du charme.

Il scanne et entre sur une vieille machine de caisse chacun des articles de Raven le plus rapidement possible. Je le vois avoir des œillades effrayées aussi bien vers elle que vers moi. J'entends son petit cœur fragile battre bien trop fort. Je ferme les yeux, s'il continue sur cette voie, il va finir par claquer devant tout le monde. Ça serait une mort bien ridicule pour un être doté de magie. Je passe une main dans mes cheveux mal à l'aise. Je vois presque la scène se faire. Il va s'écrouler. Je n'ose imaginer l'âge qu'il a, il a certainement bien vécu mais je ne pourrai pas rester sans rien faire si son cœur cesse bêtement de battre. Est-ce qu'un massage cardiaque fonctionne sur un être empli de magie ? En tout cas, je ne lui fais pas de bouche à bouche, ça serait répugnant !

Et merde ! J'entends une inflation très distinguable, reconnaissable entre toutes. Il nous fait un putain d'infarctus. Je soupire une nouvelle fois. Je suis vraiment embêtée par cette situation. Je glisse l'écaille super bizarre et super lourde dans la poche de mon jean. J'attrape mon portable calé à côté de mon insigne et compose rapidement le service des urgences.

- Ici l'adjoint du shérif, j'ai besoin d'une ambulance au plus vite à la boutique d'antiquité derrière la quatrième rue. Un veille homme vient de s'effondrer. Oui, bien sûr je commence le massage mais ne tardé pas, j'aimerai qu'il évite de claquer sous ma surveillance, je relève les yeux à la seconde où l'homme s'agrippe la poitrine et s'effondre. Dépêchez-vous !

Je glisse mon portable dans la main de Raven qui reste interdite devant le spectacle. Je lui ordonne de rester en ligne tant que les secours arrivent. Je saute et passe aisément derrière le comptoir. Je vérifie une dernière fois qu'il n'a plus de poul. J'attache mes cheveux en chopant un élastique à mon poignet, j'arrache le tissu de sa chemise faisant sauter les bouton, dessers sa ceinture et commence le massage cardiaque. C'est un exercice difficile pour moi. On dit souvent qu'on y va jamais assez fort et qu'il vaut mieux une ou deux côtes cassées que le trépas mais… Je suis une lycanthrope, dotée d'une force sur-humaine. Si j'appuie trop fort, je peux littéralement le casser en deux.

Je me concentre sur chacun de mes point de pression. Je grimace à chaque fois que j'entends ses os se fissurer et je manque de me frapper quand deux des ses côtes finisse par céder. Je me tourne vers Raven pour lui demander de l'aide. Peut-être qu'il y a un truc magique qu'elle peut faire pour l'aider mais elle semble complètement étrangère à la situation. Elle a toujours mon téléphone dans sa main. Elle n'a pas bougé d'un millimètre.

Je suis rassurée lorsque j'entends enfin les sirènes de l'ambulance. Ils entrent vite dans la boutique et me remplace avant d'installer des électrode sur sa poitrine. Je me recule et tente de me reprendre. J'ai les mains tremblantes. J'ai vraiment une très mauvaise gestion de la mort, ça me dépasse complètement. Je sens comme un souffle froid dans mon dos. Je me tourne horrifiée vers Raven. Je n'arrive pas à le croire. Elle est entrain de perdre le contrôle. Maintenant ?

La mâchoire serrée, je jure autant que possible. Je balance quelques billets sur le comptoir, sûrement bien trop, prend tous nos articles avant de pousser Raven à avancer en agrippant ses épaules. Je la sors d'ici aussi vite que possible. Pour une raison qui m'échappe, elle se laisse faire docilement. Je déverrouille ma voiture avant d'ouvrir la portière côté passager et d'y installer la brune. Elle semble vraiment perdue. Je range rapidement nos achats dans le coffre avant de revenir vers elle. Je m'accroupis en posant mes mains sur ses genoux. Je cherche son regard mais il est fuyant.

- Raven… il faut que tu te contrôle, il y a des humains.

- Je me contrôle parfaitement, affirme-t-elle.

- Excuse-moi de te contredire, mais ce n'est pas le cas.

- Je n'arrive pas à croire que tu aies aidé ce… cet…

- Je n'allais pas le laisser mourir, je ne suis pas…

- Lui, il t'aurait laissé mourir sans un regard en arrière.

- Tu ne le connais pas Raven, je commence à hausser le ton.

- Je le connais très bien, hurle-t-elle à son tour, c'est un putain de Uglylevna !

Comme tout à l'heure, je suis choquée qu'elle puisse employer un tel mot. J'ai vraiment du mal à imaginer qu'elle puisse avoir de tel a priori. Je ne sais pas, ça ne lui ressemble pas. J'éloigne mes mains comme si elle m'avait brûlé. Je n'arrive pas à croire que je me suis trompée à ce point sur elle. Pour une raison qui m'échappe, ça me rend triste.

- Je n'arrive pas à le croire, continue-t-elle. D'abord cet homme s'en prend à toi sans te connaître. Nous n'acceptons pas les "monstres", dangereux et incapable de se contrôler. Non mais sérieusement pour qui il se prend ? Je ne vois pas en quoi l'animal qui dort chez les métamorphes peut être plus dangereux et incontrôlable que la magie, c'est n'importe quoi ! Pourquoi tu l'as aidé ? Pourquoi ? Insiste-t-elle avec véhémence.

- Je ne pensais pas que tu serais du genre xénophobe, je dis tristement. Je ne laisserai jamais un homme mourir sous mes yeux sans rien faire, quel qu'il soit. Uglylevna ou non, j'en ai rien à foutre.

Je me redresse de plus en plus énervée de m'être trompée sur Raven. Je me tourne en fermant les poings. Son comportement m'agace au plus haut point. Je fais un premier pas quand sa voix me stop net :

- Quoi ? Comment ça ? Je ne suis pas… oh… c'est à cause du Uglylevna. J'oublie toujours que c'est devenu une insulte. Je… je ne suis pas comme ça.

- Tu oublies ? Comment ça tu oublie ?

- Je… avant de devenir une insulte, les Uglylevna était un nom de famille. Des sorceleurs qui cherchaient à retrouver toute leur magie. Ils ont confectionné des filtres et des sortilèges interdits capable de faire déserter la magie du corps d'une sorcière. Ils ont… fait beaucoup de mal. Un jour, ils ont trouvé un moyen de… d'emprisonner la magie et de se la transférer dans leur propre corps… ce n'était pas des gens bien, vraiment pas. Crois-moi. Cet homme est un descendant de cette famille de fous. Je ne pouvais pas… non vraiment pas… s'il n'y avait eu que moi, je les aurais tué jusqu'aux derniers pour ce qu'ils ont osé faire mais les plus grands Cercles se sont réunis. Ils se sont contentés de les rétrograder. Ils sont devenus des potioneurs et leur nom est devenu un mot commun pour rappeler le mal qu'avait fait cette famille. Tout le monde à fini par oublier ce qu'ils avaient fait, mais pas moi. Je ne peux pas, jamais.

- Ils t'ont fait du mal ? Je demande avec colère en serrant les poings.

Je vois le vieillard sortir sur un brancard. J'entends son cœur battre de manière faiblarde. Je ne suis plus si certaine que son rétablissement soit un bon point. Je me demande comment cette histoire peut m'être inconnue alors que je connais si bien l'histoire des sorcières. Après tout, j'ai appris de la meilleur. Pourtant, les quelques informations que m'a donné Raven aujourd'hui m'étaient inconnues.

- Tu peux estimer que tous sorcelleurs, tous potioneurs quel qu'il soit m'ont fait du mal Anya. Même les sorciers… je n'ai jamais été en très bon terme avec mon propre clan.

- Comment ça ?

- Disons que si ma mère a décidé de me cacher au milieu d'une meute de lycanthropes lorsque j'étais enfant, ce n'était pas pour rien. Je note la tristesse dans sa voix. J'ai bien plus confiance en vous qu'en n'importe quel autre sorcier.

Je fronce les sourcils avant de desserrer mon poing. J'expire tout le surplus d'air de mes poumons avant de commencer à avancer vers l'ambulance. Sans me tourner vers elle, je dis à Raven :

- Je reviens tout de suite.

Je m'arrête devant l'ambulance et échange les banalités avec l'infirmier que je connais de vue. Je suis patiente. J'attends le bon moment pour faire ma demande. Je tourne autour de ce que j'attends habillement. Je lui demande comment va le patient, il me répond que je lui ai sauvé la vie. Parfait, c'est le moment. Je fais semblant de réfléchir un instant, baisse les yeux. C'est tout un art de manipuler de la sorte les émotions humaine et j'exprime mon envie avec une once d'hésitation dans la voix :

- Je peux le voir avant que vous l'emmeniez ?

- Euh… oui mais faites vite.

- Bien, merci.

J'entre dans l'ambulance et m'installe sur le siège à côté du brancard. Je vérifie les machines. Il n'y a plus rien d'anormal. Le danger est passé. Le vieillard a les yeux fermés. J'attire son attention en tapotant son épaule. Il retire son masque à oxygène sans pour autant ouvrir les paupières.

- Je croyais avoir répondu à toutes vos questions.

- Vous êtes bien arrogant pour quelqu'un qui a failli claquer il y a deux minutes.

- Que faites vous là ? Demande-t-il angoissé.

Les machines se mettent à bipper dans tous les sens. Une étirement mauvais vient se loger sur mes lèvres alors que j'éteins les ordinateurs de surveillance. Je le fixer alors qu'il a du mal à déglutir.

- Je peux hurler, affirme-t-il.

- Je n'en doute pas. Je viens de vous sauvez la vie. Je n'ai pas l'intention de vous faire du mal.

- Que faites vous là alors ?

Cette fois, c'est un sourire joueur qu'il y a sur mes lèvres. Je m'approche si près de son visage que s'il regarde bien, il peut le voir. Je sais qu'il est terrifié, je peux sentir sa peur. Il empeste.

- Je viens m'assurer qu'il n'y ai pas de dette entre nous.

- Que voulez vous dire ?

- Je viens de vous sauvez la vie. Vous me devez une vie.

- Je ne tuerais pas pour un mons… pour vous.

Un rire moqueur m'échappe. Je commence à comprendre le ressentiment de Raven à l'égard de cet homme. Je m'approche un peu plus près, si près que son cœur recommence à faire des siennes. Je souffle :

- Qui a parleé de mort ?

- Mais vous êtes…

- … un monstre, j'ai parfaitement compris, je réponds froidement. Je sais ce que vous êtes, qui vous êtes un Uglylevna, un vrai. Alors qui de nous deux est le monstre maintenant ? Dites-moi, je sors mon insigne, si je me rendais chez vous avec un mandat et mon amie, est-ce que je trouverais des vestiges de votre passé ?

La terreur marque son visage. Les angoisses passent furtivement dans ses yeux. À cet instant la crainte coule dans ses veines plus vite que son sang. Ses plus grandes appréhensions se révèlent. La terreur le fige sur place alors qu'une idée alarmante se fige dans son esprit. Il faut que je frappe maintenant pour que ses inquiétudes reste un long, très long moment à le hanter.

- Je n'ose imaginer ce que vous ferai subir les Cercles s'il découvrait ce qui semble vous faire trembler en ce moment.

- Vous n'oseriez pas.

- Si je ne le fais pas, j'imagine que vous contractez alors deux dettes de vie envers moi.

- Mais qu'est-ce que…

- Voilà ce que je vous propose. Vous allez passer le reste de votre existence misérable à vous plier aux volontés de Raven, s'il le faut, vous mourez pour elle.

- Je refuse ! Cette sale sorcière abrite un Tandem Towfold !

- Qui a dit que vous aviez le choix ?

Je me redresse alors que l'horreur se marque sur son visage. J'imagine qu'il vient de comprendre. Je viens de transférer sa dette qu'il avait pour moi sur Raven. D'une certaine façon, j'assure les arrières de celle que j'ai juré de protéger en devenant sa gardienne.

J'ai très bien senti son envie de tuer cet homme. C'était presque physique. Maintenant si elle suit ses pulsions ou n'arrive pas à contrôler sa magie face à cet individu elle sera protégée. Elle peut le tuer sans en subir les conséquences. Ainsi sont faites les dettes de vie.

Je me dirige vers la sortie lentement. Je rallume les écrans de contrôle. J'agis exprès avec lenteur. J'attends patiemment qu'il me rappelle.

- Attendez ! Et pour la seconde dette ?

- Disons que je la garde sous le coude.

Ainsi, le vieillard vivra le restant de sa vie avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Je pourrai lui demander de se débarrasser de ses recherches mais quelque chose me dit qu'il le fera lui même une fois rentré de l'hôpital.

- Au revoir Monsieur Uglylevna.

- Maintenant, c'est Wallace.

- Je ne suis pas prête d'oublier ce nom.

Une fois sortie de l'ambulance, j'inspire profondément. Je fais claquer la porte du véhicule un peu trop violemment. Je remercie l'infirmier avant de rejoindre Raven. Elle m'observe comme si j'étais devenu folle. Je lui fais un clin d'œil avant de caler mes mains dans les poches de ma veste. Je lui sourit avant de demander :

- Que dirais-tu de traquer ces dragons maintenant ?

- Je ne…

- Après, si tu le souhaites, nous pourrions traquer les Wallace ensemble. Nous ne sommes pas obliger de le dire à Lexa. Ça sera notre petit secret.

- Les Wallace ?

- Les héritiers des Uglylevna se nomme Wallace maintenant.

- Comment as-tu obtenu cette information ?

- C'est simple. Il a une dette envers moi.

- Une dette de vie, comprend immédiatement Raven. Tu le tuerais pour moi ?

- Pas avant que tu ne me révèles toute l'histoire.

Et une fois que j'en saurai plus, je pourrai lui dire qu'elle aura l'honneur et le privilège de supprimer cet individu comme bon lui semble. Elle se redresse en affirmant :

- Très bien dans ce cas, je vais me mettre en danger comme ça, tu seras obligée de le tuer.

- Raven, je grogne en agrippant son poignet, je t'interdis de faire ça.

- Je n'ai pas envie de parler de ça.

- Très bien, prends ton temps. De toute façon, je ne vois pas comment un homme allongé sur un brancard pourrait te mettre en danger.

- Je t'en dirai peut-être plus si tu me dis pour quelle raison tu n'aides pas les Blake.

Je lâche brusquement son bras comme si ses mots venaient de me brûler. Je baisse les yeux. J'imagine que je ne suis pas la seule à avoir réussi à faire des conclusions. Je me mure dans le silence quelques secondes. J'ai demandé à Raven de ne pas me mentir. Je pense que la moindre des choses c'est d'en faire de même. J'ai une pensée fugace pour Marcus. C'est la seul personne a réellement savoir ce qu'il s'est passé ce jour là.

- Ce qui a fonctionné pour moi… ne le sera pas avec leur fils.

- Tu ne le nies pas, réalise-t-elle.

- Je n'ai pas envie de te mentir.

- Ce que tu as réussis à faire est incroyable, aucun enfant n'a…

- C'est faux. Beaucoup d'autre avant moi ont réussi.

- Tu parles des pupilles de Luna ? Ce n'est pas pareil. Luna était spéciale, elle arrivait à toucher leur humanité.

- C'est ça le truc. Il faut trouver une raison de revenir. Pour moi, c'était juste ça, je tends la main et l'arrête à quelque millimètre de la joue de Raven, le toucher, je conclus en laissant mes doigts frôler sa peau à peine une seconde avant de plier mes doigts. Ce garçon doit se trouver seul.

- Tu étais seule toi ?

- Non. J'avais Marcus. Il a ses parents et son oncle. Ça sera suffisant.

- Comment tu peux dire ça ? Il pourrait rester un loup toute sa vie. Il est sous cette forme depuis des mois. Tu devrais l'aider !

Je fixe Raven avec douleur. Je ne comprends pas comment elle peut ignorer ma détresse vis-à-vis du problème. Se retrouver piégé dans le corps d'un louveteau alors que nous sommes sensé être un enfant est traumatisant. Le rapport conflictuel que j'ai avec lui est entièrement dû à ce que j'ai vécu.

Pendant une seconde, je suis ramenée dans mes souvenirs douloureux. Ceux, qui pour une raison troublante, sont en train de me revenir par à-coups. Comme si, plus le temps passait, plus la magie de Morgane me quittait petit à petit. Le fait que ses souvenirs jouent de plus en plus avec moi depuis l'apparition de Raven dans ma vie n'est qu'un hasard étrange.

Toujours est-il qu'en une seconde, je revois ma meute, ma famille, mes amis et ma mère se faire tuer les uns après les autres sous mes yeux. Je ressens de nouveau la terreur grandir en moi, se faufiler perfidement dans mon corps comme un poison. Je me souviens avoir commencé à sentir mes os se déchirer, mes muscles s'étirer à leurs maximum. Je n'avais que six ans et je savais déjà que si je me transformais, je ne redeviendrais jamais humaine. Qu'il n'y aurait plus que lui.

Et puis, il y a mon corps qui traverse violemment la glace. Je sens encore la frêle couche se craqueler sous mon dos et l'eau m'avaler tout entière. Je ne me souviens pas m'être débattue. Plus je coulais plus il s'éloignait. Nous mourrions et cela ne m'effrayait pas. Mais soudain, une main s'est refermée sur les lambeau que j'avais encore sur le corps et ma tirer loin de l'eau frigorifiante. Au moment où j'ai ouvert les yeux, c'est comme si il était mort et j'ai aperçu Marcus pour la première fois.

J'étais mourante. Marcus ne pouvait pas me laisser. Il m'a emmené le plus rapidement chez un médecin mais ça n'a pas suffit. Je ne sais pas comment il a rencontré Morgane, ni comment elle l'a convaincu d'utiliser la magie pour me sauver. Je me dis parfois qu'elle n'a pas demandé son autorisation. La douleur de l'intervention était si transcendante qu'il est revenu. D'abord comme une faible étincelle. Puis les sorts ont commencé à me charcuter, les sensations était insupportable. Il a été obligé de prendre ma place tel un destructeur feu de forêt. Il m'a effacé. Il a simplement voulu nous sauver.

Je me souviens du regard de Marcus quand il a découvert que je n'étais plus une petite fille. C'était un humain, il aurait dû être effrayé et prendre ses jambes à son cou mais il m'a pris dans ses bras et a promis de toujours me protéger. Il a aimé et protégé un animal sauvage durant de nombreuses années sans jamais oublier que derrière ce loup, se trouvait une petite fille. C'est comme ça que Marcus est devenu mon père, en m'aimant malgré les apparences. J'aurai à l'époque déjà tout fait pour lui.

Et puis, trois ans plus tard, il y a eu le déclic. Ce qui m'a donné envie de redevenir humaine. Un rencontre toute simple derrière une fenêtre. Sous la neige, il a croisé un regard aussi bleu que le saphir. Il a été intrigué. Il attendait ses visites tous les jours. Il l'observait avec intérêt et fascination.

Quand Marcus à ouvert la fenêtre pour faire entrer le chaton, il a fui de peur de lui faire du mal. La petite boule de poil a essayé de l'approcher à de nombreuses reprises, mais il ne le laissait jamais faire. Le félin a fini par être assez malin pour juste se coller à lui durant la nuit et un matin, je suis revenue, ma propre conscience c'est réanimée. J'ai eu envie de prendre la petite boule de poile noire dans mes bras, de la caresser. Alors comme un enfant attiré par le feu, j'ai tendu la patte qui est douloureusement devenu une main et j'ai glissé ma main dans les poils tout doux du chaton. J'ai beaucoup pleuré ce jour là. Je n'osais plus lâcher Blue de peur de lui succomber à nouveau.

- Le chemin pour retrouver son humanité est propre à chacun, je souffle. Je l'aide en n'intervenant pas. Il faut que ça soit son choix. C'est très important. Allons traquer maintenant.

Je me mets devant le volant et fait claquer ma portière. J'attends que Raven s'installe et s'attache. Je lui jette un regard avant de démarrer sur les chapeaux de roues. Je suis blessée par mes propres souvenirs. Je me sens de nouveau piégée. J'ai la sensation d'être à nouveau sa prisonnière. Il m'a fallu tellement de temps pour trouver la clef et me sortir de son emprise.

- Je suis désolée, murmure Raven. Je t'ai blessé.

Je ne réponds pas. J'imagine que d'une certaine façon, c'est la vérité. Que Raven puisse croire que je n'aiderai pas un enfant me dérange. C'est plus fort que moi, je me soucis de ce qu'elle pense. C'est fatiguant.

- C'est Marcus ? C'est lui que tu as eu envie de toucher ?

- Non.

- Qui alors ? Tu ne connaissais pas encore Lexa donc je doute que ça soit elle. Je n'arrive pas à savoir. Je… Tu me le dirais ?

- Blue, je souffle le cœur battant.

Je n'ai pas besoin de le voir pour sentir son regard. Il me brûle presque la peau. J'imagine qu'elle doit avoir encore plus de questions maintenant. Mais je n'y répondrais pas. J'en ai déjà trop dis. Elle en sait même plus que Lexa et c'est… je ne sais pas, dérangeant.

Un long silence s'installe entre nous. Il est lourd de sens. Je ressers mes doigts sur le volant. Je me sens mal. J'ai envie de vomir. J'en ai trop dit. Je suis mal à l'aise. Je ne supporterai pas que Raven me regarde comme une petite chose fragile.

- Je crois qu'il serait juste que, commence-t-elle, que…

- Je n'attends rien de toi.

- C'est faux.

- Tu ne me connais pas, je grogne.

- J'imagine que c'est vrai, mais j'aimerai vraiment apprendre à te connaître. Après tout, tu es ma gardienne. Je sais ce que ça signifie pour un lycanthrope, elle soupire longuement. Commençons par quelque chose de facile. Je déteste Bellamy Black parce que c'est à cause de lui que j'ai perdu ma jambe. Cet idiot a foncé tête baissée contre une fée noir. J'ai été obligé d'intervenir rapidement pour le sauver. Je me suis fais mordre par l'animalis de la fée.

- Tu aurais pu…

- … mourir, ouais. Le venin d'un animalis est souvent fatale. Mais j'ai agit vite et comme si je m'étais amputée la jambe pour survivre à la morsure d'un zombie dans ses séries tv humaine, j'ai coupé toute magie, toute vie dans ma jambe. Ensuite, j'ai laissé agir ma magie. Elle a implosé. Je ne sais pas ce qu'est devenue la fée. Je me suis réveillée à l'hôpital deux semaines plus tard. Blake était en vie mais durant ma convalescence je… je me suis confiée. Je lui ai parlé de certaines choses de mon passé que je préfère oublier. Je le déteste parce qu'il est la personne qui en sait le plus sur moi alors que je ne le considère même pas comme un ami.

- Qu'est-ce qu'il sait ?

- Lyssa, prononce t-elle avec tristesse. Il sait pour Lyssa.

J'aimerai poser plus de questions mais je ne suis pas certaine que ce soit une bonne idée. Raven semble si triste à cet instant. Je me stationne devant un immeuble moderne à cinq étages. Je descends de la voiture en m'étirant.

Je vais chercher nos achats rapidement avant d'attendre que la sorcière sorte de la voiture. Raven ouvre finalement la portière avant de m'interroger du regard. Je me suis dis que ça serait plus simple pour elle d'utiliser la magie loin de la meute.

- Où sommes nous ?

- Dans un endroit où tu peux utiliser la magie sans problème.

Je l'invite à me suivre et entre dans un appartement du rez-de-chaussée complètement vide. J'ouvre les volets avant de poser le sac au milieu de la pièce principale. Je me déplace ensuite jusqu'à une grande baie vitré pour aérer et ne plus sentir cette odeur de renfermé.

- Tu auras assez de place ?

- Je pense que oui.

Alors que Raven commence à s'affairer, je tourne le dos. Je sais que les sorcières sont assez secrètes sur leurs façon d'user de la magie. Je ne veux pas être impolie. Je fronce les sourcils alors que je ne perçois plus aucun son, hormis ceux de l'appartement. J'imagine qu'elle a érigé un mur de silence. Je perçois les premières incantations, des successions de mots en latin qui riment parfois et filent sur ses lèvres comme de la poésie.

Je croise les bras en fixant les arbres se mouvoir à l'extérieur. La curiosité commence à me ronger mais je n'aimerai pas que Raven assiste à une de mes transformations. Donc, je reste patiente. Je le sens s'agiter alors que la magie devient de plus en plus puissante. J'essaie de le calmer en lui rappelant intérieurement que c'est juste Raven mais il ne semble pas convaincu par l'argument. Il peut être tellement têtu par moment.

- Anya, sa voix est différente, tu as gardé l'écaille ?

- Hum…

- L'écaille de polymorphe.

- Ah oui ! Je l'ai.

Je plonge ma main dans la poche de mon jean et la saisi. Je ferme les yeux avant de me tourner. Les apparition autour de Raven sont magnifiques. Une couleur rouge irradie autour d'elle. Bien que ce n'est pas la première fois que je la vois, je reste surprise par cette teinte, normalement la magie choisi des couleurs plus pastelle comme le bleu ou le vert.

Je tends la main pour passer l'ingrédient à la brune. Elle me sourit comme jamais elle ne l'a fait auparavant. Pendant une seconde, j'ai la sensation de tout voir, tout savoir d'elle.

- Tu peux l'effriter au-dessus du cercle représentant la terre s'il te plaît ?

- Le cercle de la terre, hum hum, évidemment.

- Le plus près de toi, à ta gauche, sourit-elle.

- D'accord. Je l'effrite.

- Oui. Pas de pitié, je ne veux rien d'autre que de la poussière.

J'acquiesce avant de resserrer mon poing sur l'écaille. Je suis surprise en la sentant se briser si facilement. C'est étrange que cette chose aussi lourd puisse être à ce point fragile. J'accentue un peu plus la pression de mes doigts avant de tout relâcher au-dessus de l'endroit indiquer par Raven. Je retire rapidement ma main alors que la réaction est presque immédiate.

La magie de Raven tourne autour d'elle en suivant les traits noirs charbon qu'elle avait préalablement tracés. Elle murmure une nouvelle incantation, ses paupières sont fermées et son front légèrement plissé sous l'effet de la concentration. L'arabesque sur son bras commence à danser, à s'éloigner de sa peau pour complètement s'en détacher. Le dessin agit librement il fonce rapidement vers le plafond mais est stoppé net, il s'écrase contre un mur invisible. Il semble devenir fou, essaye de sortir du cercle mais à chaque fois s'écrase violemment contre une barrière que je ne peux voir. Je recule d'un pas au moment où il fonce vers moi. C'est après cette énième tentative qu'il semble se résigner.

La créature prend une forme instable qui me fait un peu penser au déplacement de Venom. Je grimace. Ce n'est clairement pas quelque chose que je croyais voir un jour. La forme écarlate se positionne sagement à côté de Raven. Il semble attendre quelque chose. Je n'arrive pas à détacher mes yeux de cette chose étrange. Lentement, il reprend une forme humanoïde. Il lui manque un bout de visage qui semble disparaître comme la fumer dans le vent. Pour le reste il a tout d'un petit garçon boudeur, jambes croisées en tailleur et menton posé dans les paumes de ses mains. Je penche légèrement la tête sur le côté. Il y a vraiment une ressemblance avec la brune.

Raven ouvre subitement les yeux, ils sont devenu aussi rouge que le sang. Je sens ma mâchoire tomber devant une telle beauté. Elle ne ressemble plus à une "gamine" d'à peine 18 ans. C'est une femme. En soit, elle n'est pas très différente mais en même temps c'est énorme comme changement. Sous mes yeux, je la vois attraper une dague de sa main droite pour entailler sa paume. Les mots s'enchaînent un peu plus vite. Elle semble de plus en plus loin, complètement possédée par sa transe. Elle applique violemment son poing gauche contre le parquet, elle laisse ses doigt s'ouvrir et le sang jaillit.

Une odeur épaisse me fait plisser le nez. Le sang de Raven n'est pas normal. C'est comme se retrouver face à face avec un prédateur. Je fais un pas en arrière. Je me sens presque faible face à elle, même lui semble bien assagit tout à coup. Sa main glisse sur le bois gris laissant son sang imprégner un peu plus la pièce. J'ai déjà rencontré cette odeur, je n'arrive juste pas à me souvenir d'où. Ses gestes s'arrêtent subitement et je découvre qu'elle a dessiné un dragon. Elle se tourne vers l'apparition et lui dit :

- Trouve, marque et revient. Ne tue personne.

La chose reprend une informité étrange et fonce vers la seule sortie présente : la baie vitré. Je le vois foncer sur moi et je ne peux rien faire. Je ferme les yeux me préparant à l'impacte mais il se contente de me traverser. Je regarde autour de moi mais je suis forcée de constater que je suis indemne.

Raven se relève et en un battement de cils, toute la tension magique disparaît. Les seuls vestiges qu'il reste de son sortilège, c'est son sang sur le sol. La brune cale sa main droite sur sa nuque et force légèrement comme pour faire passer une douleur. Puis comme si elle se souvenait de ma présence, elle pose ses yeux sur moi. Son regard est presque surpris. Je m'apprête à m'excuser pour avoir observer toute la fin de son sortilège mais elle semble avoir un moment de faiblesse.

Je suis toujours attentive aux plus petits détails et encore une fois, je ne me suis pas trompée. J'ai tous juste le temps de faire un pas en avant que la brune s'effondre. Je tends le bras et la rattrape in-extremis avant qu'elle ne rencontre violemment le sol. Je soupire de soulagement une fois que nous sommes toutes deux stable. Je passe mon bras sous ses genoux, place le second dans le milieu de son dos et je la porte jusqu'au mur le plus proche. Je la garde dans mes bras quelques secondes. Elle a de nouveau des traits légèrement enfantin et à bien y regarder, je les préfère. Je souris en rougissant légèrement alors que la pensée qu'elle est vraiment magnifique me traverse l'esprit.

Je m'appuie contre le mur et me laisse glissée. Pour une fois, je vénère ma force surhumaine et j'arrive à placer Raven convenablement. Je place sa tête sur mes jambes dépliées. Mon regard passe de son visage à ses mains. Pour l'instant, ces dernières ne semblent pas en danger. Heureusement. Je n'aurai pas su quoi faire dans le cas contraire. Je n'oserai plus jamais toucher ses mains sans son autorisation.

Je ne sais pas combien de temps il s'écoule avant qu'elle n'ouvre difficilement les paupières. Je fais en sorte que mes bras soit un peu en hauteur pour lui faire comprendre que je n'ai pas profité de la situation pour la toucher. Je vois un petit sourire satisfait se dessiner sur ses lèvres avant qu'elle ne se replie légèrement sur elle-même et ne referme les yeux.

- Euh… Raven.

- Encore une minute, prononce-t-elle la voix marquée par la fatigue.

Je ne suis même pas étonnée lorsque je perçois sa respiration être plus régulière. Elle s'est endormie. J'imagine que ça va durer plus d'une minute. Je ne peux m'empêcher de m'interroger sur la situation. Il semble de plus en plus difficile pour Raven d'utiliser sa magie, ça en devient même dangereux. À chaque fois, elle semble complètement vidée. Est-ce que c'est normal ? Toutes les sorcières sont pareilles ? Ou est-ce que Raven en fait trop ?

Alors que je me pose encore et toujours plus de questions sur la jeune sorcière. La chose réapparaît subitement. J'ai un léger sursaut. La créature m'observe avec un certain intérêt. Il s'approche et je sens une tension naître dans tout mon corps. Je ne sais pas ce que c'est mais une chose est certaine, une grande partie de la puissance de la sorcière provient de lui. Il semble appartenir à un autre monde. C'est… Je fixe soudainement le sang de Raven un peu plus loin. C'est donc ça, cette odeur. Le corps de Raven est une entrave pour une entité immortelle.

Qui a bien pu penser que de mettre un tel monstre dans le corps d'une sorcière serait une bonne idée ? Que se passera t-il le jour où elle mourra ? Ou si elle ne parvient plus à le retenir ?

- Tu lui ressembles.

Sa voix n'est en rien humain. D'ailleurs, ce n'est même pas une voix à proprement parler. Après tout, il n'a pas de lèvres. Quelque soit sa façon de communiquer, c'est sifflant, grave et irréel. Il se penche vers moi, j'aimerai pouvoir reculer. Je ne me sens pas du tout en sécurité mais je suis piéger. Ses yeux ou du moins ce qui y ressemblent me fixe. Il s'approche un peu plus, je suis absolument certaine qu'il est bien trop présent dans mon espace personnelle.

- Je n'aimais pas Lyssa. Elle nous rendait faible. Tu es différente.

Mais putain de merde de quoi il me parle ? Je commence à trembler. Et je peux savoir où il est quand j'ai besoin de lui ? Mon cœur cogne contre ma cage thoracique bien trop violemment. Une main se forme auprès de ma joue droite. Elle avance lentement. J'écarquille les yeux. Je crois que je suis prête à hurler comme une enfant face à un cauchemar. Mais Raven se réveille brusquement et attrape cette main métaphysique au vole.

- Si tu les as trouvé, rentre tout de suite.

La chose grogne avant de s'exécuter. Instantanément, je vois Raven reprendre des couleurs. C'est comme si pendant quelques minutes un organe vital lui avait manqué. Un soupire d'aise lui échappe alors que les dessins sur ses bras se stabilisent. Mon regard glisse jusqu'à ses mains. Je n'ai pas le temps de poser ma question qu'elle répond :

- Je vais bien. J'ai trouvé les dragons, sourit-elle.

- Tu les as trouvé ?

- Hum hum… les sorcières sont de bien meilleures traqueur que vous chasseurs.

- Où sont-il ?

- La réponse ne va pas te plaire.

En effet, la réponse n'allait vraiment pas me plaire. Et encore, je n'étais pas Lexa. J'en viendrais presque à me plaindre moi-même de devoir annoncer la nouvelle à l'alpha. J'allais passer un sale quart d'heure. Bien sûr ce n'était en rien ma faute, mais j'étais certaine qu'il lui faudrait un bouc émissaire. On dit souvent de ne pas tuer le messager… il faudrait que je lui rappelle avant d'initier la conversation.

Le second problème était que si les dragons avaient osés se positionner à cet endroit précis, c'est qu'ils avaient une confiance presque insolente envers leurs forces. Ils croyaient vraiment pouvoir subtiliser le territoire de Lexa. Quelque chose m'échappait et j'espérais juste que ce quelque chose n'allait pas déclencher une nouvelle guerre.


Voilà pour le nouveau chapitre de cette fiction. J'espère qu'il vous a inspiré et qu'il vous a plû ! J'ai hâte de savoir ce que vous en pensez. J'espère que les quelques moments de magie vous ont plû et que les révélations ont été à la hauteur de vos attentes ! La différence entre Sorciers, Sorcelleurs et Potioneurs est révélée. L'apparition des Wallace. Le lien entre Anya et le petit Thomas. Et maintenant vous connaissez toute l'importance de Blue. Il a été le déclic à l'humanité d'Anya.

Je suis évidemment ouverte à toute les critiques, qu'elles soit positives ou négatives, à condition que le commentaire soit constructif.

En espérant vous retrouvez pour le prochain chapitre !

GeekGirlG.