Salut à tous ! :)
Je suis heureuse de vous retrouver pour ce nouveau chapitre !
Je remercie tout particulièrement MaraCapucin d'avoir accepté d'être ma bêta et de relire tous mes chapitres pour que la lecture vous soit plus agréable.
Quelques mots sur ce chapitre : Il se passe juste après le précédent. Nous allons retrouver les filles prêtes (plus ou moins en tout cas) à parler à Lexa. Alors où se trouve les dragons ? Comment va réagir Lexa ? Et pour quelle raison Anya appréhende sa réactions ?
Les personnages de la série The 100 ne m'appartiennent pas, seulement l'histoire est à moi.
Je vous souhaite une bonne lecture et je vous retrouve en bas ! :)
Ne me regarde pas
Partie n° 1 : La Carte Du temps
You said I had one life and a true heart Tu as dit, que j'avais une vie et un un cœur sincère
I tried my best and I came so far J'ai fait de mon mieux et je suis arrivé si loin
But you will never know Mais tu ne le sauras jamais
'Cause you let me walk this road alone Parce-que tu m'as laissé marcher tout seul sur ce chemin
Michael Schulte - You Let Me Walk Alone
Chapitre 9 : (Dés)illusion
Parfois il nous arrive de nous réveiller avec un horrible pressentiment, comme si la journée qui était sur le point de commencer n'allait rien faire d'autre que d'enchaîner catastrophes sur catastrophes. Mais parfois, ce genre de sensation vient titiller un immortel ou un maudit et le moins que l'on puisse dire c'est qu'ils ont tendance à faire des choses extrêmes.
Il y a de cela bien longtemps, pour le plus grand bien de tous, une mère aimante avait choisi de sacrifier sa fille. Mais voilà il est dangereux de jouer avec le destin. Il y a toujours un prix à payer. Le revers de la médaille avait été terrible parce que la fatalité frappe toujours là où on s'y attend le moins.
J'observe Anya faire les cents pas devant le bureau de Lexa en se tordant les doigts. Je vois bien que ma révélation sur la position des dragons est en train de la bouffer de l'intérieur. Elle semble vraiment sur les nerfs et à cet instant, je n'arrive pas à savoir si elle va réussir à contenir son loup bien longtemps en restant dans cet état.
Et pourtant, en total opposition avec ce que je peux voir. Il n'y a aucune inflation au niveau de sa magie. Tout semble absolument sous contrôle.
Je repense immédiatement à l'interrogation d'Octavia Blake à son sujet : "lui arrive-t-il de perdre le contrôle ?" Lexa a répondu : "jamais". J'aurai pu croire que cette réponse était exagérée mais encore une fois, je suis forcée de constater que c'est la vérité. J'en ai la preuve sous les yeux.
Anya contrôle parfaitement ses émotions. Et c'est là que résulte la plus grande différence entre elle et Lyssa.
Lyssa… était colérique, jalouse, presque narcissique par moment. Elle savait qu'elle était surpuissante et même en étant très jeune, elle savait très bien le montrer. Pire, elle jouait avec ça. Elle défiait quiconque prétendait être plus puissant qu'elle. Pour une gamine ça pourrait passer pour des actes anodins, mais il y avait quelque chose de mauvais derrière tout ça, une part d'ombre.
Il y avait peut être une empreinte entre nous mais je ne me souviens pas avoir pensé une seule fois que c'était une belle personne. Je n'ai jamais souhaité l'aimer. De toute façon, par moment, elle me faisait bien trop peur pour un tel sentiment.
Anya est tellement plus douce. Ses sourires sont capables d'illuminer ma journée. Et même si par moment elle m'agace, je ne peux pas m'empêcher de me dire qu'il doit être merveilleux d'être aimé d'elle.
J'imagine qu'elle doit m'apprécier sans quoi, elle ne serait pas devenue ma gardienne. Mais en même temps, j'ai parfois la sensation qu'elle garde ses distances avec moi, comme si j'étais incapable de l'atteindre.
Alors que ses pas semblent de plus en plus fous, comme si elle était enfermée en cage, je repense à sa réaction alors qu'elle a découvert une des pires partie de moi. Je sais que pour bien des raisons, ma magie peut être effrayante. J'en ai conscience. En plus d'être une sorcière de sang, ce qui en soit est déjà quelque chose d'énorme, j'abrite aussi un Towfold. Cette cohabitation peut parfois se révéler pire qu'une possession démoniaque.
Pourtant, pour une raison qui m'échappe, Anya ne cherche pas à me fuir. Je suis presque sûre que malgré sa dévotion pour Lexa, elle ne lui en parlera pas. Anya ne cherche rien d'autre que de me protéger. Pour Lyssa c'était tout le contraire. Dès qu'elle a vu cette part de moi, elle s'est affolée. Elle a exigé que quelqu'un bride mes pouvoirs. Je ne suis pas stupide. Je sais que c'est pour cette raison que je peine tant à me contrôler aujourd'hui.
Depuis que je connais Anya, que je tombe amoureuse d'elle, je me rends compte qu'en plus d'être un accident, l'empreinte que je partageais avec Lyssa était une cage. Je croyais que c'était de l'amour, mais un tel sentiment ne peut coexister avec la peur. Et j'étais terrifiée par l'influence qu'elle pouvait avoir sur moi.
Finalement, même si sa perte à bien failli avoir raison de moi, me tuer. Je me rends compte aujourd'hui que sa mort, aussi brusque et violente soit-elle, ma surtout libérée.
Je sais que quoi que je fasses, mes pas seront toujours guidés par notre lien. Mais je me suis arrêtée devant Anya et maintenant je ne vois plus qu'elle. J'aime croire que si on me laissait le choix, je la choisirai elle.
- Anya, je tente de l'interpeller en douceur, tu ne veux pas te poser deux secondes.
- Non, c'est bon, merci.
- Si tu continues comme ça, tu vas finir par creuser une tranchée.
- Ce n'est peut être pas une si mauvaise idée. Après tout, nous pourrions en avoir besoin.
- Anya…
- Je ne suis pas comme toi. Je ne sais pas à quoi ressemble ce monde alors qu'il est déchiré par la guerre. Honnêtement, je croyais ne jamais le voir. J'espérais… je suis terrifiée, finit-elle par m'avouer.
Je suis bien plus touchée par ses mots que je le devrais. Le fait qu'elle n'ait jamais participé à un conflit lui offre une innocence que je trouve plutôt adorable et craquante. D'autant que je sais qu'elle ne serait pas la première à tomber lors d'un combat, loin de là. Elle est forte. Je crois que la seule qui l'ignore, c'est elle-même.
- Tu penses vraiment que Lexa va déclarer la guerre ?
- J'en suis certaine.
- Anya, je souffle son prénom, ne t'avance pas trop. Lexa est…
- … réfléchis ? Oui, je le sais. Mais, pas avec eux. Ils ont tué Lily, sa petite sœur et… ils sont bien trop près de la meute Raven. Elle va se sentir menacée.
Anya se laisse tomber à côté de moi. Elle replie ses genoux et les entoure de ses bras. Je remarque un éclair de tristesse dans ses yeux. Pendant un court instant, elle semble à mille lieux d'ici. Puis, elle se tourne vers moi. Elle ancre son magnifique regard au mien. Ses iris sont terriblement attractifs. Je crois que même si je le voulais, je ne pourrai pas m'en lasser.
- J'ai dit à Lexa que si elle entrait de son propre chef en guerre, je partirais.
Quoi ? C'est une mauvaise blague ? C'est absolument hors de question ! Je refuse ! Je ne la laisserai pas partir. J'ai bien trop besoin d'elle.
Besoin d'elle ? Putain… je deviens trop sentimentale. Sentimentale ? De mieux en mieux ! Je ne savais même pas que je pouvais l'être. Ça devient n'importe quoi !
- Tu, je commence peu sûre de moi, tu comptes partir ?
- Je n'en sais rien, m'avoue-t-elle.
- Anya…
- Je suis tout autant responsable de leurs retour que Lexa. Peut-être même plus. Je… quand ils ont tué Lily, je ne me suis pas contrôlée. Ça a été un véritable bain de sang et je n'ai rien pu faire pour l'arrêter.
Je parviens presque à ressentir sa culpabilité. Elle s'en veut vraiment pour ce qu'elle a fait. Pourtant, de mon point de vue, il y a deux incohérences. De un, qu'elle ait pu perdre le contrôle me paraît insensé. De deux, qu'elle puisse être à l'origine d'un massacre en général ne correspond pas à celle que je connais et en plus que ce soit chez les dragons… S'il y a bien une créature qu'y est presque impossible à tuer, c'est bien eux.
Le fait qu'elle puisse se reprocher de telles choses est invraisemblable !
Une lycanthrope contre ne serait-ce qu'un dragon… Je ne parierais pas une seule seconde sur le loup. Je veux bien croire qu'Anya soit une alpha, premium de surcroît. Mais il ne faut pas déconner. Elle reste un loup. Elle a bien des limites ! Non ?...
- Et puis, reprend-t-elle avec hésitation, il y a toi.
Je la fixe avec un peu plus d'intensité. Moi ? Je peine à déglutir. Moi ? Mon estomac semble être retourné à coup d'un engin de chantier. Moi… Vraiment ?
Je ne peux empêcher un sourire d'apparaître. J'aime cette idée. Anya s'inquiète pour moi. Du moins, elle se soucie assez de mon sort pour ne pas vouloir me laisser seule au milieu de lycanthropes qui ne comprendraient pas ma magie ou même avec la menace d'une nouvelle guerre. Pourtant, je ne peux m'empêcher de dire :
- Je pourrai très bien te libérer de ton rôle de gardienne.
- Ça ne fonctionne pas de cette manière et tu le sais.
- Mais je le pourrais. Si tu veux vraiment partir… je ne serai pas celle qui t'empêchera de le faire.
- Crois ce que tu veux, souffle-t-elle si bas que je ne suis pas certaine d'avoir bien entendu. Nous en reparlerons.
Anya se penche en arrière, la chaise sur laquelle elle est installée ne tient plus que sur deux pieds. Son regard se perd dans la contemplation du plafond. Je vois de nouveau cette tristesse et ça me fend presque l'âme. Je suis certaine qu'elle essaye d'imaginer à quoi pourrait ressembler sa vie sans la meute.
J'amorce un geste vers elle que je retiens de justesse. Je fixe ma main qui n'est plus qu'à quelques centimètres de son bras. J'en tremble presque. Je n'arrive pas à comprendre ce besoin que j'ai de la toucher, ça me ronge un plus chaque jour. Il s'agit de mes mains, ma magie… Je ne devrai pas avoir ce genre d'envie. C'est troublant.
Je ravale ce désir qui me dévore alors que je reconnais une signature énergétique très particulière. Je fronce les sourcils. Non, je dois me tromper. Pourtant, au-delà de ce que ma magie cible comme un pouvoir bien particulier, elle voit surtout une personne. Une personne que je n'ai pas vu depuis très, très longtemps.
- Anya, je reprends méfiante, est-ce qu'il y a un démon dans le bureau de Lexa ?
- Et merde, explose-t-elle, j'avais complètement oublié que c'était aujourd'hui !
- Oublié quoi ? Je demande méfiante.
Je n'ai pas le temps d'entendre la réponse de la blonde que la porte du bureau de Lexa s'ouvre me laissant entrevoir un dos, une carrure et des cheveux blond que je ne connais que trop bien. Je me redresse vivement, le cœur battant. Mince alors… je ne pensais pas le revoir un jour.
Je souris un peu plus en percevant sa façon de parler très gaie. J'arrive à imaginer ses yeux briller de bonheur. Je me souviens de sa démarche rassurante et toujours joyeuse. Je le fixe comme s'il n'était rien d'autre qu'une illusion et pourtant, il s'agit bien de Jack Griffin. J'en mettrai ma main à couper. Je sais que je le reconnaîtrai entre mille.
Il se retourne et se fige. Il est sûrement tout aussi surpris de me voir. Il lâche involontairement la porte qui s'ouvre de nouveau sur le bureau. Il me montre son étonnement en faisant de grands gestes avec les bras. Il secoue la tête comme pour être certain qui ne souffre pas de problème de vue.
- Salut Jack, j'énonce avec douceur.
- Raven Reyes, prononce-t-il encore estomaqué.
Je sens le regard d'Anya sur moi. Elle est certainement en train d'essayer d'évaluer la situation, de savoir si elle doit intervenir ou non. Il est juste de dire qu'une sorcière et un démon dans la même pièce ne fait jamais bon ménage. Mais là, il s'agit de Jack et moi. Elle n'a rien à craindre. J'aimerai lui dire mais je suis comme perdue dans mes souvenirs.
Dans le dos du démon, je vois Lexa se précipiter. Elle aussi doit craindre le pire. Pourtant, de mon point de vue, elle avance comme au ralenti. Je crois aussi apercevoir deux blondes mais je ne m'en soucie pas plus que ça. Je me concentre seulement sur Jack. Je n'arrive pas à savoir depuis quand je ne l'ai pas vu. Je pense que ça doit s'évaluer en dizaines d'années, peut-être plus.
- Par tous les dieux, je suis tellement heureuse de te revoir, je finis par dire en me glissant dans ses bras.
- Moi aussi gamine, m'assure-t-il en me rendant mon étreinte.
- Il y a bien longtemps que je ne suis plus une gamine, je ris.
- À mes yeux, tu seras toujours une gamine Rae !
Je ferme les yeux quelques secondes et je me retrouve de nouveau dans le seul lieu où je me suis sentie en sécurité. J'inspire et je peux presque de nouveau sentir l'odeur du blé, celui des arbres et de la pomme. Je souris. Jack est peut-être un des seuls survivants de mon passé que j'apprécie. Je le connais depuis toujours, vraiment, il était même présent le jour de ma naissance.
D'aussi loin que je m'en souviennes, il a toujours été là. J'ai toujours trouvé sa relation avec ma mère étrange mais je sais qu'il aurait fait n'importe quoi pour elle. Elle était sa meilleure amie, sa Dionie. Il est celui qui a trouvé les mots pour m'aider à surmonter la perte de Lyssa. Il m'a aidé à me relever. Il est, à mes yeux, ce qui se rapproche le plus d'une image paternelle.
- Vous vous connaissez ? Demande Lexa dubitative et quelque peu méfiante.
- En effet, sourit Jack en me relâchant, vous auriez dû me dire que Rae avait une place dans votre meute, j'aurai accepté votre demande bien plus facilement.
- Vous l'auriez fait, s'interroge l'alpha. Vraiment ?
- Évidemment, plus besoin de se demander qui pourrait se charger de ma protection pendant l'échange, Rae le fera très bien.
- Euh, j'essaye d'intervenir.
- Non, la dernière fois, c'était un malheureusement accident.
- Je t'ai tout de même tué, je ris.
- Un simple incident, il me fait un clin d'œil. Et puis, je suis un démon si tu dois tuer quelqu'un autant que ça soit un immortel.
Je fronce les sourcils pour analyser son argument avant de réaliser qu'il a certainement raison. Je m'en suis tout de même voulu et j'en ai fais des cauchemars pendant de longs, très longs mois. En même temps, c'était entièrement de sa faute ! Il m'a demandé d'attaquer avec toute ma puissance et je l'ai fait, ce n'est pas ma faute s'il n'a pas su encaisser… bon, peut-être mais juste un peu alors.
Jack me fixe avec une tout autre intensité et je le vois jeter des œillade dans mon dos où je sais que se trouve Anya. Je le vois sourire et je comprends tout de suite ce qu'il essaye de me dire. Un truc du genre : "il va falloir que l'on parle de ça". Je fais mine de soupirer comme si ce constat m'embêtait alors qu'il a toujours été mon confident. Toujours… même ce jour là…
- Jack, intervient une voix que je ne connais pas.
Je laisse mes yeux glisser sur une femme qui doit tout juste être entrer dans la quarantaine. Je tique en remarquant qu'elle est humaine. C'est… inattendu. Je n'ai pas de problème avec la communauté non magique si j'oublie plus de cinq secondes qu'ils sont infiniment plus nombreux que nous, qu'ils ont tendance à s'entre tuer et que si on leur donne un ennemi en commun se serait les pires exterminateurs que le monde n'ait jamais connu.
Jack sourit. Il sourit vraiment, je n'avais jamais vu un tel bonheur sur ses traits. Je baisse les yeux et remarque que leurs mains sont jointes. Il y a de la magie dans ce simple touché. Quelque chose de puissant et d'inébranlable. Il y a peu de démon capable de se lier, que ça soit pour une simple amitié ou pour quelque chose de plus complexe que l'amour, pour la simple et bonne raison qu'ils portent trop de Ténèbre en eux. Je savais que Jack était différent mais de là à choisir une humaine, c'est énorme. Je le sens bien, un simple geste entre ces deux là et le tumulte de l'obscurité s'apaise pour lui.
- Abby, il prononce avec douceur, il faut absolument que je te présente Raven.
- Je crois que je l'ai remarqué oui, rit-elle.
- Et toi gamine, je te présente ma femme et, il se tourne pour attraper la main de la seconde blonde, ma fille, Clarke.
Je salue les deux femmes d'un signe de tête poli avant de me concentrer sur la plus jeune. Elle est à moitié humaine. Sa part d'ombre est à peine visible même pour moi. Pourtant, elle reste l'héritière du plus puissant démon agamen qui n'ait jamais foulé cette Terre. Elle doit en avoir sous le pied la petite. Je frissonne, pas plus d'une seconde mais je sais que Clarke vient d'utiliser une part de ses pouvoir pour essayer de comprendre qui j'étais vraiment.
- Clarke, rouspète Jack, si tu veux des réponses, il te suffit de poser des questions. De toute façon, tu ne peux pas lire en Rae.
- Pourquoi ? Demande-t-elle en me fixant durement.
- Ton père m'a protégé de ce genre d'attaque, je souris. D'ailleurs, c'était affreusement douloureux, j'accuse.
- Tu as survécu à pire, élude-t-il.
- C'est certain, j'acquiesce tristement.
Je sursaute presque alors que Jack se penche pour m'observer de plus près. Son nez touche presque le mien. Ses yeux sondent les miens. Je déglutis difficilement. Je déteste quand il fait ça. Je suis toujours mal à l'aise.
- Tu lui en veux toujours, réalise-t-il.
Je ne réponds pas. De toute façon, je n'en vois pas l'intérêt, la réponse est évidente. La tristesse marque le regard de Jack comme si mon silence le blessait. Il sert un peu plus la main d'Abby avant de prononcer difficilement :
- Elle t'a sauvé la vie.
- Tu sais bien que c'est faux.
- Mais enfin…
- Tu n'es pas objectif Jack. Tu ne l'as jamais été lorsqu'il s'agissait de ma mère.
- Rae, je…
- Si vous avez fini avec Lexa, je le coupe un peu mal à l'aise, Anya et moi devons lui parler.
- En fait, ça sera juste toi et moi, sourit Lexa. Anya m'a promis quelque chose, n'est-ce pas ? Je peux compter sur toi ?
De longues, très longues secondes s'écoulent sans que la blonde ne daigne répondre. Je me tourne vers elle pour découvrir qu'elle fixe Lexa d'une étrange manière. À croire qu'il n'y a qu'elles deux. Les Griffin et moi sommes totalement invisibles.
- Anya, prononce difficilement Lexa, il y a un problème ?
- Je dois te parler.
- Nous le ferons après, je suis certaine que ça peut attendre, prononce avec douceur l'alpha.
- Non. Maintenant.
Mais qu'est ce qu'elle fait ? Je ne l'avais jamais vu outrepasser l'autorité de Lexa avant aujourd'hui. Qu'elle choisisse de le faire devant des témoins m'inquiète. Et si Lexa choisit de s'en prendre à elle pour lui faire comprendre où se trouve sa place.
- Très bien.
Sans attendre une seconde, Anya fonce dans le bureau. Elle se faufile entre nous. Elle ne prend pas la peine d'avoir un regard en arrière pour moi. Non pas que je l'attendais mais… d'accord c'est un mensonge. La voir avancer, tête baissée, le dos légèrement voûté et les mains plongées dans les poches de sa veste n'est pas un spectacle qui me réjouit.
Je suis presque flippée lorsque je suis prise par mégarde au travers du regard de Lexa. Elle est clairement inquiète par le comportement de la blonde. Je lève les bras en signe de paix et lui assure pour me tirer de cette situation :
- Je n'y suis pour rien.
- Tu garde un œil sur les Griffin mais après toi et moi nous aurons une conversation.
Oh merde… cette menace est tellement évidente que je me fige. Je crois que j'ai même du mal à respirer. Qu'est-ce qu'il m'arrive ? C'est n'importe quoi à la fin ! C'est juste Lexa et bien qu'elle soit une alpha impressionnante, je ne la crains pas. Je suis bien plus puissante qu'elle. Enfin, en théorie parce que lui faire du mal, c'est en faire à Anya et pour rien au monde je voudrai être la cause du malheur de la blonde.
- Je ne voudrai pas être à ta place, souffle Jack, il n'est jamais bon d'énerver un alpha.
- Je n'ai rien fais, je lui assure.
- J'espère pour toi parce que Lexa est vraiment puissante.
Je croise le regard du démon. Je n'arrive pas à croire qu'il s'inquiète pour moi. Lexa ne me ferait pas de mal, du moins pas temps que je suis sa seule garantie pour la paix. La preuve en est, elle laisse la personne en qui elle a le plus confiance dans la meute veiller sur moi. Je n'ose imaginer la réaction d'Anya si Lexa voulait s'en prendre à moi. Elle serait furieuse ou pire encore.
- Donc te voilà de retour au sein d'une meute, sourit-il.
- Seulement pour l'échange, je ne peux m'empêcher de dire.
- Oh ça et aussi…
- Elle n'est pas Lyssa, je le stoppe net. Anya est très différente.
Je le vois froncer les sourcils avant que son regard ne glisse jusqu'à l'emplacement de mon cœur. Il le sait que ce dernier est fragilisé, malade, presque empoisonné. Avec un simple regard, il réalise que je suis toujours morte à l'intérieur. Je réapprends peut-être maladroitement à aimer aux côtés d'Anya, mais comme je viens de lui rappeler, elle n'est pas Lyssa et je continuerais de souffrir de sa disparition.
Il sert de nouveau un peu plus la main de sa femme et je vois en ce geste quelque chose que je ne croyais pas possible chez lui : de la culpabilité. Il n'y a qu'une seule raison possible pour qu'il ressente ceci, il savait. Jack a comploté avec ma mère et comme elle, il a fait en sorte que je crois à la mort de Lyssa. Il l'a peut-être même aidé à fabriquer l'urne vide que j'ai scellée il y a bien des années dans le temple.
Il ne dit rien et pourtant, j'arrive presque à entendre ses mots silencieux. Un simple : "C'était pour ton bien". D'une certaine façon, j'en ai conscience. Je sais très bien que Lyssa aurait fini par me briser. Mais sa mort, ou ce que j'ai cru être sa mort, a fait bien pire. Elle a fendu mon âme de la pire des manières et à broyer mon cœur.
J'aimerai savoir comment ils ont fait. Réussir à faire croire à tout le monde qu'elle était morte, sans en subir les conséquences, tient du miracle. Le plus troublant c'est qu'ils soient parvenu à tromper mon empreinte, notre lien est lui aussi persuadé du trépas de Lyssa. J'ai d'ailleurs moi aussi failli mourir ce jour là. Nous sommes peu nombreux à survivre à la perte de notre âme-sœur.
- Comment vous vous connaissez déjà ?
La question d'Abby me fait sursauter, me ramenant difficilement à la réalité. Je souris au meilleur ami de ma mère, je lui fais comprendre que je sais et que je ne lui en veux pas puis je baisse les yeux. Je ne suis pas celle qui lui doit une réponse, d'autant que je ne sais pas à quel point Jack a pu être honnête sur son passé.
Je suis surprise en sentant la main forte de Jack se fermer sur mon épaule et rassurer en captant son rire franc. Il m'oblige à relever la tête avant de me faire un clin d'œil. Encore une fois, je comprends sans qu'il ne prononce le moindre mot. C'est un simple : "je serai toujours là pour te protéger". Ce n'est pas un constat nouveau pour moi, c'est juste que j'ai tendance à ne pas le laisser faire, sauf pour ce jour là. Je savais qu'il serait le seul à m'écouter et à trouver un moyen de m'aider. Et, il a excellé même si ce n'était certainement pas à ça que je m'attendais en lui demandant de l'aide.
- Rae est la fille de Morgane.
- Mais, commence Abby avant de faire une longue pause, je croyais que Morgane était morte au début du 19ème siècle. Si il s'agit bien de sa fille, elle devrait paraître bien plus âgée, non ?
- Règle numéro un de ce monde de fous, ne jamais se fier aux apparence, je souris avec indulgence.
- Je croyais que les sorcières étaient les êtres qui se rapprochent le plus des humains, intervient Clarke. Vous vieillissez comme eux mais plus lentement en imaginant que vous ayez plus de 155 ans, vous devriez avoir l'apparence d'une femme de 70 ans. Comme dirait mon père, c'est mathématique.
- Mathématique, je répète en me moquant de Jack.
- Ça l'est pour 99,99 % des sorcières, soupire-t-il.
- Tu leurs dis ou je le fais ?
- Raven est une sorcière de sang, comme l'était Morgane. Leur magie est si puissante qu'elle arrête le processus de vieillissement aux alentours de la 25ème année.
- Du coup vous avez quel âge ? Voulu savoir Clarke.
- Mais comment je t'ai élevé, s'offusque Jack. Ne sais-tu pas que demander l'âge d'une dame est impoli ?
- Ah… parce que je ne suis plus une gamine maintenant mais une dame, je demande en souriant.
- Tu l'es pour tout autre que moi, n'oublie pas que j'ai changé tes couches !
- Jack, je m'offusque en rougissant.
Notre dernière joute verbale fait rire les deux blondes. Je fais une moue boudeuse pour la forme mais c'était avant d'entendre le rire de Jack. Ce son a vraiment le don de me rassurer de la meilleur des manières. Je souris alors en réalisant que je viens de retrouver un de mes piliers au meilleur moment. Il sera peut-être capable de me conseiller vis-à-vis d'Anya.
- Donc, reprend Clarke la voix encore égayer, c'est elle ta fille de cœur dont tu me parles parfois.
- Oui Clarke.
- Dans ce cas, nous sommes un peu sœurs, non ?
- J'imagine, je souris.
- Je vais essayer de ne pas m'effondrer quand vous allez me l'annoncer, commence Abby. Mais allez-y donnez nous votre âge.
Je jette un regard un peu plus appuyer sur Jack qui m'encourage à répondre. Je hausse mon sourcil gauche pour demander s'il est sûre de lui, il acquiesce. Je me lance donc en annonçant :
- Je suis née en l'an 1600.
- Quoi, explose Abby.
- Non impossible, ça voudrait dire que tu as… plus de 500 ans ? C'est impossible, n'est-ce pas? Demande Clarke en se tournant vers son père.
- Dois-je te rappeler que ton père à atteint le millénaire, il y a 200 ans déjà ? Je demande en riant.
Clarke ouvre la bouche certainement pour contrer mon argument mais il ne vient pas. Elle lève son indexe avant de le replier et de plisser le nez. Elle penche la tête sur le côté pour me fixer d'une tout autre manière avant d'affirmer :
- Ça reste moins cool que de se transformer en loup.
Ses parents éclatent de rire. Personnellement, je ne comprends pas trop d'où sort cette affirmation. Pourtant les voir rire en famille égaye le cœur et fait naître une infime part d'espoir au sein de cet organe vitale abîmé.
Je me reprends immédiatement en voyant Lexa foncer vers nous tête baissée. Anya avait raison, elle est furax. Je sens que son loup est prêt à sortir pour montrer les crocs. Je me demande si elle va vraiment attaquer les dragons tête baissée et risquer de perdre la blonde. Jack remarque mon changement de comportement et il lui faut peu de temps pour évaluer la menace.
En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, il se dresse entre l'alpha et sa famille. Il ne prend aucun risque et je sens déjà ses ténèbres danser dans son corps, il est prêt à intervenir. Le regard de Lexa quitte le sol pour se fixer sur moi. Pendant une seconde, je suis inquiète. Ses yeux sont presque fous et ils n'ont plus rien d'humain. Il ne manque pas grand-chose, la moindre parole de travers et je me retrouve en face à face avec un animal sauvage, tout crocs dehors.
Je déglutis difficilement mais je ne fais pas appel à la magie. Je sais que je n'ai rien fais de mal et que son ressentiment n'est pas dirigé vers moi. Elle se stoppe à quelques pas de moi. Je parcours son corps et je remarque plusieurs anomalies dont un bleu sur sa mâchoire. Soudain, je suis éprise d'une violente angoisse en ne voyant pas Anya arriver. Je scanne le corps de Lexa avec ma magie et remarque plusieurs traumatisme, elles se sont battues. Je peine à prendre une nouvelle inspiration en réalisant que je n'arrive pas a trouver l'énergie de la blonde. Je suis morte d'inquiétude.
Je veux savoir où se trouve Anya et cette question me brûle les lèvres pourtant, je ne parviens pas à prononcer un seul mot. Je suis en train de perdre le contrôle de mes émotions. Alors comme un bouclier entre le danger que je représente et l'alpha, je sens le sceau sur mon bras glisser, il s'étend. Il brûle ma peau en la parcourant un peu plus. C'est une vraie torture. Je sens ses traits arriver au niveau de mon poignet quand je vois Anya franchir à son tour la porte du bureau. Elle a la lèvre fendu mais semble bien moins amochée que Lexa. Mes yeux tombent ensuite sur mes mains qui se frigorifient subitement, sans la moindre raison. Je les fixe pour les voir trembler alors que l'arabesque à atteint le centre de ma paume. Il n'est jamais venu aussi loin.
Je suis terrifiée qu'il ai pu s'étendre à ce point. Il n'avait jamais osé toucher mes mains. Étrangement, je lui en veux encore plus qu'à Anya. Parce que si il s'est permis un tel débordement, c'est que j'étais partie bien loin dans ma perdition. Alors que la blonde se rapproche de moi clairement inquiète, je l'entends murmurer dans ma tête :
- Je l'aime bien.
Je suis encore choquée par ses mots lorsque la main d'Anya se referme sur mon bras. Son regard cherche le mien. Je sais qu'en ce moment, je suis difficile à atteindre. J'ai conscience que je la regarde sans la voir parce que pendant un instant, j'ai laissé bien plus de place au sceau de confiance que je n'aurai dû.
- Raven, tu vas bien ?
- Oui, je réponds difficilement.
- Tes mains, souffle-t-elle inquiète.
- Ça va aller, je secoue la tête pour me reprendre. Tu saignes, je ne peux m'empêcher de constater.
- J'ai convaincu Lexa de te laisser dresser une barrière entre nous et eux, affirme-t-elle fièrement. Tu peux le faire, n'est-ce pas ?
Elle est vraiment en train de me demander si je suis capable de dresser une barrière ? C'est ma spécialité depuis… je baisse les yeux avant de froncer les sourcils. Je n'ai plus froid, tout est de nouveau à sa place et pourtant, il est encore là. Il flotte au-dessus de moi tel une ombre effrayante et murmure à mon oreille :
- Tu commence à te souvenir d'elle.
- Raven ?
Leurs voix se mélangent et pendant une seconde, j'ai accès à une bride de ma mémoire. Ce n'est pas normal, ma mère ne fait jamais d'erreur. Si elle voulait que j'oublie quelque chose, il n'y a aucun moyen pour que je m'en souviennes. Sauf si… c'est le bon moment.
Je l'entends rire dans ma tête alors qu'il continu d'affirmer que je me souviens enfin. Je sursaute alors que la pression des doigts d'Anya se resserre sur mon bras. Pendant une seconde, le visage de la blonde s'efface pour laisser la place à des traits enfantins, souriants qui pourtant portent une infinie tristesse dans son regard. Une mélancolie qui me touche en plein cœur. Une nostalgie telle que j'ai envie de refermer mes bras sur cet enfant pour la protéger de tout ses maux.
Ma première barrière, je l'ai battit à la perfection alors que ma magie était encore jeune pour elle. Je voulais la protéger de… d'une ombre terrifiante tapit dans le noir. J'étais moi-même terrifiée par cette âme malade. Si j'acceptais d'être une de ses cibles, cet enfant n'en ferait pas partie. Je voulais la sauvegarder des ténèbres.
- Dis son nom.
- Tu vas bien ?
J'ai envie de hurler. Il prend trop de place, beaucoup trop de place ! J'ai la sensation de suffoquer. Nous sommes à l'étroit dans mon corps. Je ne comprends pas pour quelle raison, il se permet un tel écart. Nous n'avons jamais établi de règles, justement parce que je savais que je n'en avais pas besoin. Il n'a pas essayé de prendre ma place, pas une seule fois. J'ai toujours été en parfaite osmose avec lui. Je ne comprends pas pour quelle raison il me fait ça aujourd'hui, après tout ce temps.
Je sens des larmes sur mon visage pourtant, mes yeux sont secs. Et enfin, oui enfin, je comprends. Si mes souvenirs sont prisonniers d'un sort très élaboré, du chef d'œuvre de la vie de ma mère, les siens sont toujours là. Quelque chose se brise en moi. C'est douloureux. Je réalise que ma mère n'a pas seulement effacé ma mémoire, elle a aussi joué avec elle, elle en a tissé de nouveaux. En un battement de cils, toute ma vie ne se révèle n'être plus qu'un mensonge.
Et soudain, les derniers mots de ma mère avant qu'elle ne me maudisse n'ont plus du tout le même sens. Elle m'a promis que je la retrouverai mais elle ne parlait pas de Lyssa, juste d'elle. De… pourquoi je n'arrive pas à me souvenir de son nom ? Ce n'était pas Lyssa, ça n'a jamais été elle. Mais…
J'ai un flash lointain.
Je dois avoir tout juste 16 ans. La magie est encore jeune et insipide dans mon corps. Je suis entourée de personnes en qui j'ai confiance et la plupart du temps, je me sens en sécurité. Ma mère a trouvé un endroit où je peux le plus souvent être moi-même, sans avoir peur. Ce jour là, je m'éloigne du campement principal quand j'entends un rire d'enfant. Je m'approche, c'est la première fois que je la vois. Elle ne doit pas avoir plus de cinq ans. Elle parle avec dynamisme à sa poupée. Je trouve cela adorable. Puis alors que je suis certaine d'avoir été discrète, son regard s'arrête sur moi.
Ça me frappe de plein fouet aussi bien à l'époque qu'à cet instant parce que ce même regard est en face de moi et me détaille avec inquiétude alors que dans mes souvenirs, c'était juste de la curiosité. Sans jamais quitter son sourire, sa poupée dans sa main droite, l'enfant a couru vers moi. Une fois à ma hauteur, elle a tendu sa main libre pour m'inviter à la rejoindre. Je n'ai pas eu le cœur de lui dire qu'un tel geste ne se faisait pas avec une sorcière et j'ai accepté sa main tendue. Alors que ses petits doigts se sont refermés sur ma paume, je n'ai ressentie aucun malaise, aucune contrariété. Certainement pour la première fois de ma vie, je me suis sentie à ma place.
- Je vais le faire, je parviens à prononcer. Je vais le faire, je répète en me plongeant corps et âme dans le regard d'Anya.
- Évidemment que tu vas le faire, se moque t-il, tu as toujours tout fait pour elle.
- Tu es certaine que tu vas bien ?
- Oui. Tout va bien.
- C'est vrai ce mensonge, me sourit-elle.
- Je t'assure, je vais bien. Je… je vais accompagner Lexa pour… dresser la barrière.
- D'accord. Je vais accompagner les Griffin mais au moindre problème…
- … je t'appelle, promis.
Anya fronce légèrement les sourcils. Je crois qu'elle essaye d'évaluer la situation. Elle cherche a savoir si je suis réellement capable d'utiliser la magie. J'aurai envie de lui rire au nez pour cette inquiétude inutile et je le ferai si je ne venais pas d'avoir une absence de quelques secondes sans oublier les mains frigorifiées. Puis comme si elle venait de se rendre compte que ses doigts enserrent toujours mon bras, elle se met à les fixer avant de relâcher la pression.
Je ressens immédiatement un manque. J'ai de plus en plus besoin de son contact. J'ai la sensation qu'elle est en train de me devenir indispensable. Je devrais être effrayée mais ce n'est pas le cas. Je sais que je vais finir par avoir toutes les réponses. Qu'importe le temps je, connaîtrais la vérité.
- Désolée, souffle-t-elle.
Ses yeux me scrutent, je pense qu'elle y chercher mes reproches mais il n'y en a pas. Je lui souris discrètement comme pour avouer silencieusement qu'en réalité, je lui suis reconnaissante de son intervention. Anya semble surprise avant de me rendre mon sourire. Son regard fond presque dans le mien et avec cette simple attention, je sens que tout les mécanismes rouillés, enrayés et fragilisés de mon cœur se remettent à fonctionner normalement. Je sais que d'une certaine façon c'est comme de se jeter dans le vide les yeux bandés en priant pour qu'il y ait un filet pour stopper notre chute. Mais je réalise d'une certaine manière que je ne souhaite pas qu'on me rattrape parce que je tombe, tombe et tombe encore pour elle.
Je suis vraiment amoureuse d'Anya.
Elle fait quelques pas en arrière comme si elle essayait d'évaluer la situation sous un autre angle. Je la vois presque réaliser que rien ne change. Elle m'offre alors un de ses plus beaux sourires. Si parfait, qu'il ferait presque de l'ombre à ceux qu'elle offre à Marcus. Elle claque subitement ses deux paumes ensemble avant de s'exclamer :
- Très bien, c'est parti les Griffin ! Je vais vous montrer votre nouveau chez vous ! Lexa, elle s'arrête à sa hauteur, ne fais rien de stupide. Je suis sérieuse.
Elle ne dit rien pour moi mais quand je me retourne pour suivre son avancée, je réalise qu'elle en a fait de même. Elle marche à reculons. Elle continue son avancée de la sorte sur quelque pas encore avant de me faire un clin d'œil et de passer devant la famille de Jack pour leur expliquer le fonctionnement de la meute.
Lexa avance et s'arrête à ma hauteur. Elle ne dit pas un mot. Elle aussi observe l'avancée des quatre autres. Je suis surprise en voyant Clarke se retourner juste quelques secondes et lui adresser un petit signe de la main. Je fixe alors son visage et, si je remarque que son bleu est déjà en train de disparaître, ce qui me frappe le plus c'est l'expression apaisée et la dévotion dans son regard. Je connais que trop bien ce genre d'attention ce sont les signes d'une empreinte.
Je suis certaine que Jack va adorer ça. Je souhaite presque être présente le jour où il le découvrira. Je mets ma main à couper que sa réaction de papa gâteaux va être hilarante.
- Je ne sais pas ce qui se passe entre Anya et toi, commence-t-elle sans quitter la blonde des yeux, mais sache que si tu lui brises le cœur, cette fois elle arrête son regard sur moi, échange ou non, je te tue.
- Il n'y a r…
- Ne me mens pas, soupire t-elle. J'ai des yeux et je vois très bien comment vous vous regardez. Je crois ne pas me tromper en disant qu'après Marcus, je suis celle qui la connaît le plus. Je ne l'ai jamais vu interagir avec quelqu'un de notre monde comme elle le fait avec toi.
- Je ne…
- Dès qu'elle est près de toi, elle oublie toutes les limites qu'elle s'impose à elle même. C'est agréable de la voir heureuse et c'est justement pour cette raison que je ne te le pardonnerai pas si tu la brises. Sans oublier, reprend-elle en touchant sa mâchoire, qu'elle vient de me mettre KO. La raison évoquée : ça n'en vaut pas la peine. La vraie raison : elle ne veut pas partir, un rire jaune s'échappe des lèvres de Lexa. En cinq ans… elle n'a jamais souhaité rester. Jamais. Tu t'en rends compte n'est-ce pas ?
- De quoi, je demande le cœur battant.
- Que si Anya reste, c'est pour toi.
Elle conclut sa phrase en commençant à avancer. Je fixe le dos de Lexa. Je ne suis pas certaine de réussir à assimiler toute l'importance de ses mots. Mais en revanche, je commence à mieux comprendre ceux d'Anya. Je la revois murmurer son : "crois ce que tu veux" alors que j'étais en train d'affirmer que je ne serai pas celle qui la retiendrait. De toute évidence, je me suis trompée. Encore. Sauf que cette fois, ça ne m'agace pas, ça serai plus le contraire. Je suis heureuse. Je secoue la tête avant de rattraper Lexa.
L'alpha me conduit à la lisière de la forêt, le plus au nord, là où son territoire se termine. J'observe les alentours. Il ne semble pas y avoir de menaces, c'est même plutôt paisible. Pourtant, je suis bien placée pour savoir que les dragons ont choisi de résider à seulement quelques mètres d'ici.
- Tu es certaine qu'ils sont là, me demande Lexa inquiète.
Je m'éloigne un peu pour choisir un des arbres les plus vieux. Je pose ma main sur son écorce et laisse ma magie se confondre avec lui. Elle se propage dans toutes ses stries, jusqu'à la plus haute feuille, puis à la plus profonde de ses racines. Elle se glisse ensuite, jusqu'au suivant et avance telle une information capitale entre les synapses. Je souris. C'est certainement ce que je préfère dans la magie lorsque nous ne faisons plus qu'un avec la nature. L'avancée de mon pouvoir se stoppe net quand elle sent l'obscurité. Je baisse les yeux, attristée avant d'éloigner ma main de l'arbre.
Je me tourne vers Lexa. Il me faut du temps pour récupérer toute ma magie. J'esquisse une sourire navrée. Je sais que l'alpha n'a pas besoin de mots pour que je lui confirme leurs présence. Pourtant, je prononce :
- À 100 %.
- Merde…
- Ça va aller, je vais faire en sorte qu'ils ne s'approchent pas.
- Je n'aime pas ça.
- Je sais.
- Non, tu ne sais pas. Pour des lycanthropes, être enfermé c'est… destructeur. Je vais être obligée de restreindre les sorties de tout le monde.
- D'autre l'ont fait avant toi.
- Tu veux parler de Luna, vraiment ? Elle a échoué, je te rappelle.
- Tu te trompes Lexa, j'énonce avec une certaine indulgence.
- Flash info, elle est morte.
- Parce qu'elle s'est sacrifiée pour sauvegarder le plus grand nombre. Le truc, c'est que malgré les avertissements, elle n'a pas su écouter ceux qui la conseillaient le mieux. Ce qui a détruit Luna, ne venait pas de l'extérieur, je m'accroupis pour plonger ma main au milieu de l'herbe. Elle a échoué parce qu'elle pensait pouvoir sauver une personne qui ne voulait pas l'être.
- Tu en parles comme si, se moque Lexa avant de se stopper net. Non, c'est impossible. Tu n'as pas pu connaître Luna, ça voudrait dire que tu as… plus de 500 ans ?!
- Qu'est-ce que vous avez tous avec mon âge aujourd'hui ?
Je souris à Lexa alors que je sais que mes iris sont devenus écarlates. Je n'ai pas peur qu'on me regarde pratiquer la magie. Je ne suis pas pudique comme la plupart des sorciers, en partie parce que je sais qu'à part moi, personne ne peut l'utiliser comme je le fais. Je commence à réciter l'incantation. Je laisse la magie me quitter pour s'infiltrer sur tout le territoire de la meute. Je n'avais jamais réalisé que c'était si grand.
Je parcours chaque brin d'herbe, chaque pierre, chaque bâtisse, chaque individu qui vit sur la terre des Triku. Je fais en sorte de tout connaître.
À ma connaissance, ma mère et moi sommes les seules sorcière de sang à avoir accepté de concevoir des barrières. Pour la simple et bonne raison que laisser notre magie protéger de la sorte et semblable à une perdition. Ma vie est maintenant liée au territoire et à chaque représentant de la meute.
Le seul moyen de passer la barrière c'est de me tuer préalablement. Et ce n'est pas quelque chose de facile à accomplir.
- Mais… qu'est-ce que tu as fais, me demande Lexa.
Je me redresse en souriant alors que ma magie crépite encore entre mes doigts. L'alpha fronce les sourcils avant de clairement me dévisager. Je vois ses lèvres bouger sans émettre le moindre son. Pourtant, j'arrive à lire entre les lignes. C'est un simple : "impossible". Bien vite, Lexa secoue la tête certainement pour se remettre les idées en place avant de reprendre :
- Qui es-tu au juste ?
- Vague question à laquelle il est difficile de répondre.
- T'es sérieuse ?
- Oui, j'ai été maudite au début du 18ème siècle. J'ai perdu une partie de mes souvenirs.
- Sérieusement, tu as quel âge ?
- Il va falloir arrêter avec cette question. Je vais finir par me vexer.
- Mais, reprend-elle peu sûre d'elle, tu as un cœur qui bat ?
- Évidemment. Si se n'était pas le cas, je serai incapable d'utiliser la magie.
- Donc tu as connu Luna, réalise t-elle.
- Oui.
- Tu as fait partie de sa meute inter-espèces ?
- Non, j'étais trop jeune. Ne me regarde pas comme ça, j'étais vraiment trop jeune. Je n'avais pas encore la majorité quand elle est morte.
- Donc tu sais ce qu'il s'est passé ce jour là ?
- Personne ne le sait vraiment.
Ma mère n'a pas pu effacer ce souvenir. J'imagine que c'était bien trop traumatisant pour y parvenir. Je me souviens d'une lumière bleu éclatante. L'azur était partout. Il se propageait à une vitesse folle et tuait tout ce qui avait le malheur d'entrer en contact avec lui.
C'est en voyant que la barrière n'avait pas cédé que nous avons compris que l'attaque venait de l'intérieur. Je me souviens aussi que lorsqu'elle a fini par tomber, ce n'est pas pour ma vie que je m'inquiétais.
Je ressens encore cette peur, ma difficulté à respirer alors que je me précipitais d'un bout à l'autre du territoire pour essayer de la trouver. Jusqu'à aujourd'hui, j'étais persuadée que je cherchais Lyssa. Maintenant, je doute que ça soit elle.
- Mais il y a eu beaucoup de morts.
- Tu as perdu quelqu'un, réalise-t-elle. Cette remarque qu'à fait Bellamy Blake…
- Nous, je la coupe rapidement, en parlerons une autre fois, tu veux bien ?
Lexa acquiesce, mais je ne suis pas dupe. Elle reviendra à la charge. Elle ne se contentera pas de ronger le petit bout d'os que je viens de lui donner. Je frotte mes mains sur mon jean avant de lever le nez vers le ciel. Le soleil commence à se coucher. La journée a été longue.
Nous effectuons les premiers pas du retour en silence. Je profite de ce moment de calme pour me ressourcer. De nouveau utiliser la magie m'a fait un bien fou. Je ne devrais pas avoir de perte de contrôle durant plusieurs jours.
- Je me demandais, reprend Lexa, tu accepterais de protéger les Blake comme tu viens de le faire pour la meute ?
- Si tu me le demande, je ne vois pas de raison de m'y opposer.
- Tu déteste Bellamy, non ?
- En effet mais je ne le laisserai pas mourir bêtement.
- Vous avez une relation étrange tous les deux, sourit-elle. J'aime le respect que tu peux avoir pour nous. Aucun des sorciers que j'ai pu accueillir depuis le début de l'échange n'avait ton ouverture d'esprit.
- Honnêtement, je vous préfère largement à ma propre communauté.
- Comment ça ?
- C'est une longue histoire. Je… Tout à fait hors sujet. Je peux me permettre un conseil ?
Lexa s'arrête pour me fixer. Je fais quelques pas de plus avant de m'arrêter et d'attendre sa réponse. Elle ne dit pas un mot mais je comprends que je suis libre de parler. J'inspire profondément. Ce que j'ai à dire n'est pas particulièrement facile.
- Tu devrais en parler à Jack.
- De quoi ?
- De ton empreinte avec sa fille, je prononce prudemment.
- Comment… Mais comment ?
- Jack est peut-être un démon mais il est très ouvert d'esprit. Il comprendra. Il se peut même qu'il t'aide à gagner le cœur de sa fille. Crois moi, pour lui, rien ne compte plus que le bonheur de ceux qu'il aime.
Je me retourne et reprends mon avancée vers la maison d'Anya. Je sais très bien que Lexa va m'arrêter mais je lui laisse le temps d'assimiler mes quelque mot. Elle me rattrape et agrippe mon poignet en demandant :
- Comment peux tu le savoir ? Je suis certaine d'avoir été discrète.
J'observe l'alpha de longues secondes. J'hésite à lui dire la vérité. J'imagine qu'après ça notre relation ne sera plus jamais la même. Je soupire puis je prononce tellement bas que je suis certaine que même elle a du mal à entendre :
- Il est facile de reconnaître quelque chose que l'on a vécu.
Lexa écarquille les yeux. Je lui souris avec indulgence. Je sais qu'il est extrêmement rare qu'un lycanthrope choisisse une sorcière pour âme sœur mais pas plus qu'un démon. Je l'oblige à me lâcher et fais quelque pas à reculons avant de me tourner pour avancer vers celle qui fait battre mon cœur : Anya.
Je ne m'arrête qu'une fois aux abords de la maison. Je me mets à sourire en apercevant la blonde. Instantanément, je sens mon cœur battre un peu plus fort dans ma poitrine. Elle est à moitié cachée derrière une moto que je crois reconnaître comme étant une Kawasaki. J'avance lentement vers elle pour la découvrir avec une clef de dix dans la main gauche et une tache de graisse sur le front.
Je m'accroupis à côté d'elle et elle se tourne vers moi en me souriant. Je suis subjuguée. J'ai presque envie d'en pleurer. Il n'y a pas que ses yeux qui sont les mêmes que les brides de souvenirs que j'ai réussi à grappiller son sourire… son sourire est une réplique exacte. Du moins, a un détail près, j'avance ma main avant de la retenir une nouvelle fois. Je serre mon poing pour m'empêcher d'agir sans réfléchir.
- Ça a été avec Lexa ? Me demande-t-elle en reposant sa clef dans la boîte à outil. J'ai senti ta magie.
- Tout le territoire et les personnes qui y vivent sont protégés.
- Merci de l'avoir fait. Lexa…
- Tu t'es vraiment battue avec elle ?
- Je n'avais pas le choix, elle aurait foncé tête baissée.
- Et tu ne voulais pas partir.
- Entre autre, m'avoue-t-elle en souriant.
- Pourquoi, je commence avant de soupirer. Ta lèvre devrait déjà être soignée.
- Je sais. Le processus est plus long depuis… Il est plus long.
- Tu ne devrais pas te transformer ?
De la peur à l'état pure naît dans son regard mais ça ne dure pas plus d'une seconde. Je pourrai presque croire que je l'ai imaginé lorsque son rire vient chatouiller mes oreilles et qu'elle répond d'une voix moqueuse :
- Ce n'est rien de plus qu'une lèvre fendue, je devrai survivre.
- Très bien, je soupire. Si tu dois rester comme ça, laisse-moi au moins te soigner.
- D'accord.
Elle se redresse vivement, essuie rapidement ses mains avant de me tendre la gauche. Je fixe cette dernière avec défis. Je ne comprends pas pour quelle raison, elle s'acharne à me tendre la main. Je n'aime pas la décevoir en refusant à chaque fois son invitation. Mon attention est tellement focalisée sur sa paume que ses trait commencent à être floutés.
De nouveau, je revois cette petite fille. Elle aussi, elle m'avait tendu la main et je n'avais pas hésité à la saisir. Je sais qu'Anya ne pense pas à mal mais… il s'agit de mes mains.
Je ferme les yeux, pas plus d'une seconde avant de prendre appuie sur mes cuisses pour me relever. Une fois à la hauteur de la blonde, je me plonge dans son regard. Je la vois esquisser un sourire. Tout en elle dit : "la prochaine fois sera la bonne". Elle hoche les épaules comme si mon refus de la toucher n'était pas important avant de se tourner pour rejoindre la maison.
- Anya, je l'arrête.
Elle se tourne vers moi et attend que je poursuive. Je vide une grande partie de mes poumons évite son regard quelques longues secondes avant de reprendre en me plongeant dans ses magnifiques iris :
- Il faut que tu arrête de faire ça.
- Je ne le ferai pas et tu le sais, me sourit-elle.
- Je ne peux que te décevoir.
- Crois ce que tu veux.
- Anya !
Est-ce que je viens de hurler ? Ça ne me ressemble pas. Je l'entends de nouveau rire. Elle se rapproche en souriant un peu plus, elle est bien trop près. Je fais un pas en arrière avant de me sentir comme figée. J'ai une sensation de déjà-vu. Anya se faufile dans mon espace personnelle.
Comme lors de notre seconde rencontre, j'aimerai répliquer, faire appel à ma magie et même lui faire ravaler son sourire que je trouve de plus en plus craquant. Je sens de nouveau mon organe vitale agir dans un entrain inhabituel. Il bat tellement fort. Je suis certaine qu'Anya peut l'entendre.
Je n'arrive pas à diriger mes pouvoirs dans mes mains. De toute façon je n'en ai pas envie. Pour rien au monde je ne souhaiterai lui faire du mal. Je tiens à elle, bien plus que ce que j'arrive à me l'avouer à moi même. Je l'aime, oui. Mais… il y a autre chose. Un lien encore plus fort que l'amour.
J'arrive presque à percevoir son amusement. Je serre un peu plus les poings. Ma respiration est de plus en plus filante alors que son souffle meurt sur ma joue. Je sens mon estomac se mouvoir d'appréhension. Je ne sais pas quelles vont être ses prochaines actions. Je devrais être effrayée, réagir mais j'ai une foi démesurée en elle. Elle murmure tout contre mon oreille :
- Tu as hésité.
Puis tel un mirage, elle s'éloigne. J'écarquille les yeux. Je voudrais hurler qu'elle se trompe mais ça serait un mensonge. Je sais qu'elle dit vrai. J'ai hésité. J'aurai aimé accepter cette main tendue mais je ne peux pas. Non, je ne peux pas.
Les premiers pas que je parviens à effectuer sont maladroits. Je peine à déglutir. Je relève la tête comme pour essayer de garder une constance. Je suis surprise en ne découvrant pas Anya sur le porche, elle a déjà dû entrer. À sa place se trouve une vision de ma mère, je sais que ce n'est pas réel mais pourtant, je m'avance et une fois à sa hauteur, je tends la main vers elle. C'est comme d'essayer de toucher de la fumer, c'est inutile.
Je la fixe. Je croyais que je serai en colère si j'avais à la revoir. Elle me sourit avant d'avancer ses mains vers moi. Je fronce les sourcils. Son geste est inutile du moins, c'est ce que je croyais avant de sentir sa peau sur mes joues. Ses yeux brille de cet amour que je lui ai toujours connu quand elle m'annonce :
- Je crois qu'il est temps que nous ayons une discussion toute les deux.
- Raven, la voix d'Anya me fait sursauter, je n'ai plus de glace. Je vais aller en chercher chez Lexa.
- Pas la peine, je lui assure sans quitter ma mère des yeux, je vais la fabriquer.
- Tu peux faire de la glace, vraiment ?!
- Elle a toujours été fasciné par ta magie, ça n'a pas changé. Ce soir, nous parlerons ce soir. Rejoins-là.
J'ai à peine le temps de penser à la retenir qu'elle s'efface comme emportée par le vent. Anya apparaît à la porte. Ses yeux brillent, ma mère a raison, elle est fascinée.
- Tu as besoin de quoi ?
- Juste d'eau.
- Et ce n'est pas dangereux pour tes mains ?
- Absolument pas.
- Génial ! Je veux voir ça !
J'entre à sa suite, non sans un regard en arrière. Je me demande quelle révélation va pouvoir me faire ma mère ce soir. Moi qui croyais que je ne l'écouterai plus jamais, que ma confiance en elle s'était tarie voir même effacer. Ma réaction prouve le contraire. Peut-être que c'est juste de la curiosité que je veux enfin comprendre ce lien si étrange entre Anya et moi ou peut-être qu'en vérité, je ne l'ai jamais détesté.
Anya me lance une poche d'eau. Je souris avant de faire en sorte que les molécules d'eau à l'intérieur se resserre pour former une fine couche de glace. Je m'installe ensuite à côté d'elle pour appliquer en douceur le froid sur sa blessure. Je lui demande de maintenir avant d'aller chercher un pansement liquide dans mes affaires.
Quelques minutes plus tard, j'applique délicatement le pinceau imbibé de suture adhésive sur sa lèvre. Je l'observe avec tendresse lorsque j'ai de nouveau un flash lointain. Subitement j'ai la certitude que ce n'est pas la première fois que je prends soin d'elle de cette façon. J'ai tellement de questions. Tellement…
J'espère juste que ma mère sera répondre à la plupart d'entre elles. En attendant, je ne peux qu'encore une fois me répéter qu'Anya avait raison. J'ai hésité. J'ai eu envie de lui prendre la main, de la toucher. Et je crois que ça ne m'effraie pas, pas vraiment. C'est autre chose qui fait battre mon cœur en ce moment. Quelque chose de bien plus beau.
Voilà pour le nouveau chapitre de cette fiction. J'espère qu'il vous a inspiré et qu'il vous a plû ! J'ai hâte d'avoir votre avis, de connaître vos réactions face au révélation sur Lyssa et cette mystérieuse petite fille ! Lyssa n'était donc pas parfaite, loin de là et Raven l'a toujours su. Oh et niveau révélation sur son passé : Morgane EST sa MÈRE ! Et aussi accessoirement, elle a connu Luna ! XD Les Griffin sont enfin arrivés dans la meute et Jack a plus d'une révélation à nous faire ! J'ai adoré écrire les moments Ranya dans ce chapitre, elles sont de plus en plus complices tout en ayant encore une infime distance. Et Lexa qui menace Raven…
Je suis évidemment ouverte à toute les critiques, qu'elles soient positives ou négatives, à condition que le commentaire soit constructif.
En espérant vous retrouvez pour le prochain chapitre !
GeekGirlG.
