Salut à tous ! :)
Je suis heureuse de vous retrouver pour ce nouveau chapitre !
Je remercie tout particulièrement MaraCapucin d'avoir accepté d'être ma bêta et de relire tous mes chapitres pour que la lecture vous soit plus agréable.
Quelque mot sur ce chapitre : Anya et Raven sont en route pour proposer l'aide de la meute aux Black.
Les personnages de la série The 100 ne m'appartient pas, seule l'histoire est à moi.
Je vous souhaite une bonne lecture et je vous retrouve en bas ! :)
Ne me regarde pas
Partie n° 1 : La Carte Du temps
Let it take you right down to your knees Laisse-le te mettre à genoux
Let is burn to the worst degree Laisse brûler au pire degré
May not be what you want Ça n'est peut-être pas ce que tu veux
But it's what you need Mais c'est ce dont tu as besoin
Sometimes the only way around it Parfois la seule façon de le contourner
Is to let love do its work Est de laisser l'amour faire son travail
Rascal Flatts - Let It Hurt
Chapitre 14 : (Dés)unie
Les cris d'adulte raisonnent, volent et heurtent une enfant de pleins fouet. Elle plaque alors ses mains sur ses oreilles essayant d'atténuer cette énième dispute. Puis elle recule et elle recule encore jusqu'à ce que son dos rencontre un mur. Alors elle pria pour qu'il l'avale toute entière, qu'il l'aide à disparaître pour toujours.
Puis il y a ce geste tendre sur le haut de son crâne, terriblement rassurant. Grâce à lui, elle sait que c'est fini alors elle éloigne ses paumes et ouvre ses yeux pour observer un visage souriant et avenant. Un pouce glisse sur sa joue éloignant les larmes puis des bras s'étirent et l'enfant n'hésite pas, pas même une seconde. Elle serre ses petits bras dans le dos de celle qui la protège de tout et de tout le monde. Elle se sent en sécurité. Elle se fait bercer par une voix calme et des mots qui raconte une histoire, mais pas n'importe laquelle, la sienne.
- Anya ?
Je papillonne des yeux et réalise trop tard que le feu est passé au vert puisqu'il repasse immédiatement au rouge. Je soupire en passant mon pouce et mon indexe sur mes paupières. Je me sens tellement lasse. Je resserre mes doigts sur le volant en essayant de comprendre d'où provient cette fatigue. J'en ai marre de devoir toujours être si forte. Je pense à Lexa, ses reproches m'ont fait mal et m'ont complètement minés le morale, même si je sais qu'elle ne le pensait pas vraiment.
Et puis… il y a Raven. Honnêtement, je ne sais plus comment réfléchir convenablement quand elle est à mes côtés. C'est la fille de Morgane. Je devrais la détester bordel de merde ! Mais non… non… non… je ne la déteste pas, pas même un peu. Je crois que j'en suis incapable. Il y a ce lien entre nous deux et bien qu'il soit inexplicable, il est pourtant bien réel.
J'ai cru mourir quand elle a disparu. Je me suis vu mourir dans une de ses visions. J'ai voulu la tuer quand j'ai sentie la magie de Morgane dans ma maison. Et je l'ai vu se faire tuer dans une de ses visions.
Je ferme les yeux en secouant la tête. C'est inacceptable. Je ne laisserai jamais cela arriver. Je tiens trop à elle, peut-être même plus qu'à ma propre vie. J'ai cet instinct… Comme si je la connaissais avant tout ça et maintenant, il y a mes plaques militaires qu'elle porte, soit disant, depuis qu'elle est enfant alors que je n'ai pas quitté les miennes depuis que je les ai obtenue. C'est tellement incongrue.
- Anya ! Ça fait deux fois ? Qu'est-ce qu'il t'arrive ? Tu veux que je prennes le volant ?
- Hein ?
- Le feu, explose Raven en tendant le bras vers ce dernier, il est de nouveau passé au rouge.
- Ah… désolée.
- Qu'est-ce qu'il t'arrive bon sang ? Si tu ne te sens pas de conduire, laisse-moi le volant, bougonne-t-elle.
- Ça va, je vais bien. Je vais bien, je répète une seconde fois comme pour m'en convaincre. Et de toute façon, tu ne peux pas conduire, c'est ma voiture de fonction.
- Soit plus attentive alors !
- D'accord, je laisse traîner ce mot, tu es d'une humeur massacrante, c'est noté. J'ai fais quelque chose à part manquer le feu.
- Non.
- C'est Bellamy alors, j'essaye de deviner.
- Non. C'est… c'est autre chose. J'ai… Je ne sais pas. J'ai un mauvais pressentiment.
- Du genre nous allons très prochainement nous faire balayer par un harem de dragons ? Je crois que tu n'es pas loin du compte, je souris en démarrant directement dès que le feu passe de nouveau au vert.
- Non, soupire t-elle, c'est autre chose de plus… néfaste.
Je fronce les sourcils en me demandant quel genre de chose est capable d'effrayer une sorcière aussi puissante qu'elle. Puis je me souviens qu'elle a plus d'un demi siècle et qu'elle a dû avoir son lot de menaces, d'ennemis et même de combats. Ses pressentiment doivent être pour la plupart fondés.
Je décroche mon regard de la route quelques secondes afin de détailler son visage. Elle ne semble pas effrayée, mais plutôt contrariée.
Combien Raven avait-elle perdu jusque là pour avoir ce genre de réaction ? Tout en moi me répond beaucoup trop et… cet instinct, cette réponse silencieuse me brise le cœur.
J'accélère alors que je me concentre de nouveau sur la route. Elle est la fille de Morgane. Mais qui est son père ? Je ne me souviens pas avoir posé la question. Est-ce qu'il était lui aussi sorcier ? Est-ce que ses pouvoirs descendent aussi de lui ? Est-ce pour cette raison qu'elle abrite cet espèce de monstre dans son corps ? Est-ce à cause de tout cela qu'elle perd le contrôle, que ses pouvoirs la dévorent ?
Et puis… il y a ce prénom qui me hante depuis qu'elle la prononcer : Lyssa. Qui est-elle ?
Il y a encore autre chose… une question qui me terrifie. Un questionnement qui m'effraie tellement que je n'ose même pas l'énoncer en pensé. Je soupire en agrippant un peu plus le volant. Il faut que je saches. J'ai besoin de connaître la réponse. Je crois que de ne pas savoir pourrai me détruire.
- C'est, je commence hésitante avant de prendre une forte inspiration, c'est à cause de cette menace plus néfaste que tu as disparu la dernière fois ?
- Rien à voir, même si ce qui c'est passé ce jour là continu à me… perturber. C'est… dès que nous avons quitter la meute, la barrière j'ai ressenti cette… chose. J'ai du mal à contenir ma magie mais pas comme dernièrement. Ces dernier temps, elle veut sortir parce qu'elle se sent à l'étroit mais là, elle semble vouloir attaquer.
- Et cette sensation, ça t'est déjà arrivé ?
- Oui, souffle-t-elle, il y a très longtemps.
- Tu avais raison ?
- De quoi ?
- Il y avait réellement un danger la dernière fois que tu as ressentie ça ?
À la fin de ma question, je sens son regard sur moi presque me brûler la peau. Je passe ma langue sur mes lèvres subitement devenu sèche. Je sens mon cœur tambouriner dans ma poitrine. Je me force à rester concentrer sur ma conduite alors que tout ce que je souhaite, c'est me perdre dans ses yeux. Il ne me reste plus que quelques rues avant d'arriver chez les Blake et j'espère que sa réponse va arriver à temps.
- Oui Anya, j'avais raison.
- Alors, tu devrais peut-être essayer de trouver d'où te vient ce pressentiment.
- Ma magie n'est pas des plus coopérative en ce moment.
- La dernière fois, c'était quoi ?
- J'ai vécu avec cette sensation pendant très longtemps mais j'imagine que ça mène au massacre.
- Quel, ma gorge se noue, quel massacre ?
- Celui de la meute de Luna.
Je pile brusquement, ne faisant pas attention à la voiture qui me suit et qui manque de me rentrer dedans. Je sens que ma respiration devient filante avant de devenir incontrôlable. Qu'est-ce que Raven vient de dire ? Je me crispe sur le volant. Mon cœur bat trop vite. Je perds le contrôle et pourtant pour une raison que je ne m'explique pas, je ne sens pas sa présence. Il n'y a que moi qui panique.
Je me tourne vers la sorcière comme au ralenti. Elle me dévisage avec incompréhension. En même temps je comprends, je viens d'agir sans réfléchir. Mais je dois avoir mal entendu, ce n'est pas possible autrement. Elle… Raven a connu ma mère ? Elle vivait au milieu de la meute. Elle m'a sûrement déjà rencontré. Ça serait de là que me provient cette sensation de reconnaissance. Je la connais mais je n'arrive pas à me souvenir d'elle comme de tout le reste. Est-ce que Raven contrairement à moi se souvient ?
- Qu'est-ce que tu viens de dire ? Je demande tout de même pour en être certaine.
- Que j'avais déjà eu ce mauvais pressentiment quand j'étais plus jeune et que tout ça avait mené au pire massacre qui soit.
- Tu faisais partie de la meute de Luna ? Je demande la gorge serrée.
- Pas moi mais ma mère oui.
- Mais tu l'as connu… Luna.
- Ouais, elle hoche les épaules.
- Comment elle était ?
- Je ne sais pas vraiment. Je ne me suis jamais sentie très à l'aise en sa présence. Elle avait une énergie vraiment bizarre. Mais tu peux poser la question à Jack il était proche d'elle.
- Jack ? Jack le démon ? Jack le père de Clarke ? Je le savais ! Il porte la marque !
- Comment tu peux connaître l'existence de la marque ?
Je m'apprête à répondre avant de me rendre compte que c'est une très bonne question. Pour la simple et bonne raison que je ne connais pas la réponse. Je le sais c'est tout. Je ne cherche pas a savoir d'où cela vient mais j'ai des acquis qui m'ont toujours semblés innés.
- Je ne sais pas trop. J'ai dû le lire quelque part ou peut-être que Lexa m'en a parlé.
- Personne ne sait ça Anya, c'était un des plus grands secrets de Luna. Tout comme l'existence des marques sur les poignets des descendantes directes. Bien sûr maintenant tout le monde sait ce que ça signifie mais quand elle en a eu l'idée, personne ne savait.
- Comment tu le sais toi ?
- Et bien pour réussir quelque chose comme ça, elle a eu besoin de magie. Elle a demandé à ma mère.
- Et elle t'en a parlé ? Morgane a outrepassé les ordres de Luna ?
- Ma mère partageait presque tout avec moi, dit-elle avec tristesse, et Luna le savait très bien. Pourquoi tu me poses toutes ces questions ?
- Et bien, je baisse les yeux, c'est Luna n'importe quel lycanthrope aimerait en savoir plus sur elle.
C'est un mensonge. Évidemment, je veux en savoir plus mais pas pour les mêmes raisons que les autres. Mais je ne peux pas parler de ça. J'ai toujours su à partir du moment où j'ai découvert qu'elle était ma mère que je devais cacher cet élément.
Je ne mens pas sur mon nom, c'est le seul vestige de mon passé qu'il me reste. Lucas. Tout ce que Morgane m'a laissé. Mais il y a beaucoup d'autre famille loup garou qui le portent. Depuis qu'elle connaît mon nom de famille, Lexa s'amuse parfois à me comparer à ce qu'elle croit connaître de la première femme loup. Elle me dit que j'ai son sale caractère, trait qui a traversé les âges mais que j'ai aussi sa détermination, son respect ou encore sa bienveillance. Je pense qu'au fond elle a fini par deviner que je suis une héritière de Luna, sa dernière apparition chez les Griffin n'a pas arrangé les choses. Sauf qu'elle ne peut pas imaginer, pas même une seconde, quel est véritablement notre lien.
Personne ne peut savoir, jamais. Pas même Raven.
D'autant que toutes les conversations que je peux avoir avec elle me semble terriblement dénuée de sens. Elle murmure à mon oreille depuis si longtemps que sa voix m'est familière et pourtant elle ne m'a jamais rassurée. J'ai plus l'habitude d'être sur mes gardes lorsqu'elle apparaît et je ne sais pas pour quelle raison. Est-ce que cela fait de moi une mauvaise fille ? Est-ce que c'est mal d'avoir de tels ressentiments envers elle ? Après tout, elle a choisi seule de me sauver, qu'importe le prix. Ce n'est pas juste.
Ce n'est pas pareil quand je vois Morgane. Elle a rendu de nombreuses visites à Marcus. Dès qu'il s'agit de la sorcière, il y a ce que je devrai ressentir : de la pure haine.
Et ce qui me foudroie à chaque fois : une accalmie des plus apaisante. Ça me rend folle de rage de ne pas pouvoir être en colère contre Morgane. J'essaye… j'essaye vraiment de la haïr. Je me force à la détester mais pourtant, il y a toujours quelque chose qui sonne faux dans mes ressentiments.
Je me méfie de celle que je devrais aimer, alors que je fais confiance à celle que je devrais détester. Ce n'est pas normal.
Et puis maintenant il y a Raven et je suis fascinée par sa magie, envoûtée par ses sourires un peu trop rare, obnubilée par sa sécurité. C'est comme si elle était mon monde.
J'ai cette sensation étrange qui me hante depuis notre première rencontre. Elle est tout ce qui me manque depuis toujours : la raison pour laquelle mon cœur a continué de battre. Elle est ma lumière.
Avant elle, c'est comme si j'existais à peine. Avant elle, je me souviens parfaitement m'être sentie morte. Avant elle, j'avais cette sensation d'être écrasée par ce monde si vaste. Et puis il y a eu ce regard et tout a semblé prendre sens.
C'est alors que je me souviens de notre dernière conversation. Raven a dit savoir que j'ai été arraché à mon propre temps. Je secoue la tête en passant la première. Je reprends la route dans un silence de mort. Je n'ose plus la regarder. Je souffle une grande partie de l'air qui réside dans mes poumons avant de poser la question qui me brûle les lèvres depuis si longtemps :
- Nous sommes nous déjà rencontrés ?
Seule le silence me répond et pendant un instant j'ai peur qu'elle ait pu me mentir tout ce temps. Alors qu'elle sait, elle sait vraiment qui je suis. Elle connaît mon identité et elle n'a rien fait pour m'aider. Combien de fois depuis la gare elle aurait pu dire ou faire quelque chose pour calmer les maux de mon cœur ? Combien de fois ?
- Je crois que oui, finit-elle par dire alors que je me gare devant chez les Blake, enfin ma mère m'affirme que oui, mais je n'en ai aucun souvenir.
- Comment ça aucun souvenir ?
- Je t'ai dis que j'ai toujours pensé que ma mère avait été tuée à cause de moi. Elle m'a jeté un maléfice qui empêche le temps d'avoir une quelconque influence sur moi. Elle m'a rendu immortelle mais elle m'a aussi prit une partie de mes souvenirs.
- Pourquoi faire ça ?
- Pour que je la retrouve. J'ai toujours pensée que c'était Lyssa mais, elle se tourne vers moi plonge ses yeux dans les miens avant de conclure, peut-être que c'était toi.
- Moi ? Je reprends incertaine.
- Qui sait, elle sourit, après tout, tu es vraiment exceptionnelle Anya Lucas.
Tu es vraiment exceptionnelle Anya Lucas. Cette phrase toute simple raisonne jusqu'à mon cœur d'une bien étrange manière. J'ai la sensation réelle que ce n'est pas la première fois que j'entends ces mots de Raven. Je fronce les sourcils en essayant de trouver une raison à cette presque réminiscence quand elle reprend :
- Je sais que tu ne veux pas parler de Morgane mais il faut vraiment que j'évoque un sujet avec toi. Quand tu seras prête, fais-moi signe.
- Ouais et bien pour le moment, nous allons commencer par parler aux Blake, je bougonne.
- Ils ont la visite d'un sorcelleur, souffle Raven comme subitement happée par la magie.
- Quoi ? Pourquoi ?
- Sûrement pour le petit Thomas.
- Hors de question ! Je hurle en sortant précipitamment de la voiture.
En moins de temps qu'il ne le faut pour le dire, je suis déjà devant la porte pour tambouriner comme jamais sur le bois vernis. Je crois que je serai capable de faire de ma peau rien de plus que des lambeaux pour qu'on daigne m'ouvrir. Je sais que je n'ai pas le droit d'entrer sans permission, ça serait une violation de territoire et pourtant a cet instant, je suis prête à le faire !
Plutôt mourir que de savoir que quelqu'un torture un enfant entre ces murs pour rien. Et, c'est exactement ce qui est en train de se passer ! Je le sais. Je sens parfaitement la magie. J'entends presque les cris d'agonis de Thomas. Alors je le sens grogner et je pourrais parfaitement lui laisser ma place pour qu'il trucide ce putain de boucher qui a pour couteau rien de moins dangereux que la magie.
Je serre la mâchoire alors que tout en moi a envie de hurler. Je suis en totale rébellion avec ce qui se passe dans cette maison. Ce n'est pas de la colère mais un sentiment encore bien plus néfaste. Je pourrai tuer. Je pourrai le laisser faire et cette fois, je n'aurais aucun remord. Non, ça ne me pose aucun problème de perdre le contrôle, de le laisser me dominer pas si je peux sauver Thomas !
Pour moi ça a toujours été plus facile d'être lui qu'humaine. Vivre d'instinct animal n'a jamais été compliqué. C'est l'humanité qui est un vrai supplices à comprendre. Il y a tellement de règles. Si je n'avais pas si peur de me perdre, je le laisserai prendre le contrôle chaque jour. Mais je ne peux pas faire ça, pour Marcus, pour Blue, pour Lexa, pour Gaïa et maintenant… pour Raven.
- Thomas, j'entends hurler Octavia, non revient et reste tranquille. C'est pour ton bien !
Je me recule alors que des griffes s'acharnent sur la porte arrachant certainement la peinture. Mon sang, parce que j'ai frappé jusqu'à ce qu'il jaillisse, dégouline jusqu'aux marches qui desservent l'entrée dans un rythme régulier. Mon cœur bat encore plus fort jusqu'à raisonner dans mes oreilles. Ma respiration siffle d'une étrange manière. Et la porte s'ouvre sur l'alpha dominante de la famille Black, son regard est marqué par l'incompréhension et ses sourcils sont froncés. Thomas est dans ses bras et se débat pour me rejoindre.
- Anya, souffle-t-elle d'une étrange manière en détaillant mes mains ensanglantées.
Je suis prête à imploser. Je pourrai l'encastrer dans le mur pour avoir oser faire subir ça a son fils. Je chercher un moyen, n'importe quoi, pour me contenir. J'échoue lamentablement et fait un pas en avant clairement menaçant. Je suis moi aussi une alpha. Je suis même plus puissante qu'elle. Je suis, à cet instant, certaine d'être capable de la casser en deux.
Puis quelque chose de complètement inattendu se produit. Un geste tellement invraisemblable que toute ma rancœur s'efface en un claquement de doigt. Je tremble en me tournant légèrement sur ma droite. Je ne peux pas croire ce que je vois. Je laisse tomber mon regard jusqu'à ma main et j'ai bel et bien la confirmation de ce que je sais déjà. Raven a glisser sa main jusqu'à mon poignet.
Troublée. Je suis troublée, c'est le moins que l'on puisse dire. Jamais je n'aurai pu croire qu'elle accepterait que je puisse de nouveau toucher ses mains. Ne les ais-je pas de nouveau "violées", i peine quelques heures ? En même temps, elle m'a tellement remercié pour ça, peut-être qu'elle le pensait vraiment… Mais tout de même, que la décision et le geste viennent d'elle même, me rend perplexe. Est-ce que je suis en train de rêver ?
Je la vois soupirer alors que ses lèvres s'étirent en un micro sourire et cette réaction me semble tellement familière. Je subis comme un écho lointain de souvenirs oubliés. Je fixe Raven qui observe mes mains en secouant la tête. Je penche la tête alors que j'entends une voix lointaine murmurer ces mots : "C'est pas vrai, il faut toujours que tu fonces tête baissée… Tu as vu l'état de tes mains ?"
Je frissonne et cela semble être le déclencheur pour me coller de nouveau dans la réalité. Je tente d'éloigner mon bras de sa main mais ses doigts se resserre un peu plus. J'écarquille les yeux. De un, elle initie le geste et de deux, elle le prolonge. Est-ce qu'elle est devenu folle ? Je perçois un nouveau soupire puis elle dit avec une pointe d'agacement :
- C'est pas vrai, il faut toujours que tu fonces tête baissée… Tu as vu l'état de tes mains ?
- Qu'est-ce que tu viens de dire ? Je bégaie malgré moi.
- Non mais regarde moi ça, ta peau n'est rien de plus que de la chaire à vif et du sang. C'est répugnant ! J'espère que tu souffres, ça t'apprendra à réfléchir avant d'agir !
- Vous faites toute une histoire pour rien, intervient subitement Octavia, laisse lui une heure et il n'y aura plus aucune trace de ses blessures. En revanche, elle pointe sa porte de son indexe, le sang sur la peinture ne va pas s'effacer tout seule lui. Je peux savoir ce qui s'est passé ?
- Vous faisiez du mal a Thomas, je réponds du tac au tac en grognant.
- Et, insiste Raven, ses blessures ne vont pas disparaître en une heure !
- On est d'accord, ajoute Octavia, c'est superficiel, il n'y aura plus aucune trace dans quelques minutes.
- Mais non, s'énerve Raven, ça va rester ! Vous avez des bandages ?
- Je n'ai pas besoin de bandages, je soupire.
- Elle n'a pas besoin de bandages, me suit Octavia, c'est un lycanthrope à la fin !
- Ça, je le sais parfaitement et je ne serai pas en train de faire toute une histoire si je n'avais pas vu de mes propres yeux qu'il lui a fallu plus de deux jours pour soigner une vulgaire entaille à la lèvre.
- Arrête de t'inquiéter pour rien, je souffle en essayant de nouveau de m'arracher à sa poigne sans succès.
- Pour rien ? Ses doigts se resserrent encore plus. Tu l'as dis toi même, le processus de guérison est plus long depuis dieu seul sait quoi, parce que tu ne finis jamais tes phrases quand bon te semble ! Ce genre de blessures peuvent s'infecter et je ne laisserai pas ça arriver !
Je dois bien avouer malgré moi que là, je suis à court d'argument. Je dévisage Raven lui accordant enfin un réel attention c'est alors que je réaliser qu'elle est vraiment inquiète pour moi. Jamais je n'aurai pensé que mon état puisse la préoccuper de la sorte et pourtant c'est en train d'arriver. Elle semble anormalement perturbée par le sang et les pires scénarios se déroulent certainement dans son esprit comme pour moi lorsqu'elle a disparu.
C'est alors qu'une idée des plus farfelu me traverse l'esprit. Oh, ça ne dure pas plus d'une seconde ou deux mais c'est bien assez. J'ai maintenant cette conviction qui me hante. Je me perds dans les iris d'un brun imparfait tacheté de magenta ici et là de Raven et je réalise que ce court laps de temps où cette idée folle m'a traversé l'esprit va certainement me hanter et même me définir pendant un très, oui très long moment.
Parce que j'ai voulu me transformer pour qu'elle arrête de s'inquiéter. J'ai souhaité pour un court instant qu'il prenne ma place et je n'ai pas eu peur. Cette décision semblait si… naturelle et c'est justement ça qui est effrayant. C'est la première fois en cinq ans que je n'ai pas peur à la simple idée qu'il puisse me dominer.
Je suis en train de changer. J'en prends conscience petit à petit mais depuis que j'ai rencontré Raven, des points qui me semblaient figer dans le marbre sont en train de se contrefaire. C'est par moment tellement incompréhensible, comme maintenant, que je ne peux m'empêcher de me demander si elle utilise sa magie sur moi. Évidemment, la réponse est non. Pourtant elle continue de tout bouleverser dans ma vie et dans mon cœur. C'est comme si elle essayait de corriger les choix que j'avais fait comme celui de ne plus jamais me transformer. Elle efface tout sur son passage.
- Très bien, je souffle en évitant son regard, tu n'as qu'à soigner mes mains. Mais après que j'aurai remis les point sur les i avec ce sorceleur de malheur !
J'initie un geste pour entrer oubliant momentanément que Raven tient toujours fermement mon poignet en otage et que je n'ai toujours pas l'autorisation d'entrer chez les Blake.
Je me retrouve donc à devoir faire front à une alpha dominante et à une pression incroyable sur mon bras. Je grimace un peu sous la douleur. Je ferme les yeux avant d'inspirer fortement pour éviter de manifester d'une autre façon l'élancement que vient de provoquer ce geste. J'expire et lorsque j'ouvre mes paupières, je sais que sa présence se trouve au fond de mes iris.
Si je le voulais, je pourrai utiliser sa force pour obliger Octavia à s'écarter. Je suis une putain d'alpha premium à la fin !
Mais je ne le fais pas parce que ce n'est pas dans ma nature. Je n'ai jamais cherché à acquérir le pouvoir, ça ne va pas changer maintenant. Pourtant l'alpha des Blake a dû ressentir une infime menace parce que les deux autres débarquent en un clin d'œil alors qu'ils semblaient ne pas s'inquiéter de la situation jusque là.
C'est alors que je vois aussi apparaître le sorceleur qui, en réalité, est une sorceleuse. Elle est grande, ses traits font ressortir ses origines indiennes et elle paraît anormalement jeune. Elle pourrait faire croire qu'elle a une trentaine d'année mais se n'est pas le cas. Je sens sa magie qui est plutôt puissante et je comprends alors sans mal qu'elle a dû être rétrogradée mais que ses pouvoirs sont en train de revenir ceux d'une sorcière.
Cette odeur… ce pouvoir… cette magie... je la connais. Les doigts de Raven glissent loin de ma peau alors qu'elle jure dans un murmure à peine audible même pour moi. C'est alors que je comprends. Je ne me souviens pas mais pour lui se n'est pas son cas et au vu de la réaction de Raven, je devine que mes conclusions sont les bonnes.
- C'est donc pour cette raison que j'ai à ce point sur-réagit ? Je demande pour avoir la confirmation.
- Anya, non…
- Je me trompe ? J'espère presque alors qu'une colère monstre grandit dangereusement en moi.
- Anya…
- Raven ?
- Raven ? interroge la sorceleuse en se plaçant à côté d'Octavia, comme Raven Reyes ? Si c'est le cas, j'ai eu la chance et le privilège de rencontrer votre mère, c'est un grand honneur, et elle tend sa main vers Raven.
Cette fois, je vois vraiment rouge. C'est quoi ça ? Elle affirme que c'est un honneur de rencontrer Raven et la seconde d'après, elle lui tend la main ? C'est du foutage de gueule !
- Oh, j'oubliais. Elle referme ses doigts avec un sourire provocateur. Sorcière de sang. Vous, elle détaille Raven comme si elle pouvait être son dîner, et vos manières moyenâgeuses… pathétiques.
Le coup part presque tout seule, je n'ai besoin que d'une fraction de seconde pour resserrer mon poing, l'armer et l'envoyer vers le visage de cette garce. Mais ce à quoi je ne m'attendais pas c'est à ce que Raven m'arrête juste à temps, initiant pour la seconde fois un geste vers moi. De nouveau sa main enserre avec force mon bras m'empêchant de bouger ne serait-ce d'un seule millimètre de plus. Pourtant, elle ne semble pas émettre la moindre force dans son geste.
Je fusille la sorceleuse du regard. De base, j'avais déjà envie de la tuer pour ce qu'elle avait osé faire au petit Thomas mais maintenant il ne s'agit plus d'un meurtre mais d'un massacre. Je m'imagine lui briser les os un à un. Et ce n'est même pas pour ce que je viens de comprendre. Je ne réclame pas vengeance pour ce que cette timbrée a osé me faire, nous faire, dans le passé mais bien pour ce manque de respect inacceptable qu'elle vient d'avoir envers Raven.
- Vous devriez mesurer vos mots, sourit Raven avec une pointe d'amusement, Anya est déjà énervée contre vous, alors si en plus vous vous en prenez à moi je ne donne pas chère de votre peau.
- Je n'ai jamais eu peur des lycanthropes, semble se moquer la sorceleuse, je ne vais pas commencer aujourd'hui.
- Oh… sc n'est pas un problème. Elle ne posera pas de problème, assure-t-elle en croisant mon regard pendant une fraction de seconde. Elle m'a promit que si elle vous retrouvait, elle ne vous tuerait pas. Tu as fais le deuil de tout ce que tu aurais pu être il y a bien longtemps, n'est-ce pas Anya ?
Jamais je n'aurai cru qu'elle oserait un jour utiliser mes propre mots contre moi. C'est… c'est.. absolument injuste !
- Et on ne brise pas facilement une promesse faite à sa Dionie.
Putain de merde ! Elle est entrain de jouer avec mes nerfs là ? Et bien si c'est le cas, ça fonctionne à merveille ! Si elle continue comme ça, je vais très vite recentrer ma colère sur elle et plus sur… non mais attends une seconde… elle se fout de moi, là ?
- Arrête tout de suite de faire ça, je gronde.
- Faire quoi ? Elle sourit.
- Retourner ma colère contre toi !
- Je fais ça ?
- Je vais te… et lâche moi tout de suite, je ne vais pas la frapper !
- On dirait une gamine, s'amuse t-elle.
- Oh pardon, tout le monde n'a pas plus de cinq cent putain d'années.
Elle éclate de rire en me lâchant mon humeur est adoucie par ce doux son, je me sens plus apaisée. Je la détaille quelque seconde avant d'observer Thomas toujours protéger dans les bras d'Octavia. Je soupire. Je dois me contrôler, si ce n'est pour moi, il faut au moins que ça soit pour ce petit garçon piégé dans un corps de louveteau.
Il faut que je me souvienne de quelque chose sur cette sorceleuse et de préférence maintenant. C'est alors que j'ai de nouveau cette image de dispute qui me hante. Des cris, de la colère, de la magie, de la rage et encore plus de cris. C'est un univers qui détonne complètement avec le rire de Raven qui raisonne encore dans mon cœur. J'ai presque envie de plaquer mes mains sur mes oreilles comme si j'étais véritablement en train de vivre cette scène.
Je perçois un sursaut de la part de Raven. Je me recentre immédiatement sur ce qu'il se déroule à cet instant. Je découvre alors Morgane qui observe calmement la scène qui semble complètement figée. Je fais tourner mes mains en fronçant les sourcils. Je me tourne vers Raven pour lui demander ce qui se passe mais elle semble tout aussi surprise par ma présence dans ce moment qui n'aurait dû se dérouler qu'entre la mère et la fille.
- Je sais, s'amuse Morgane, tu m'as demandé de ne plus faire ça.
- Je déteste quand tu utilise le sort de sang, confirme Raven. Attends c'est bien un sort de sang ?
- Oui.
- Alors comment Anya peut-être là ? Jusqu'à preuve du contraire, elle n'est pas de notre sang, enfin je crois, j'espère… Quoi ? Qu'est-ce que je dis ? Pourquoi elle est là ? Demande-t-elle avec plus d'aplomb en me pointant du doigt.
- Parce que je devais vous parler à toutes les deux.
- Mais c'est un sort de sang, insiste de nouveau Raven.
Le sourire de Morgane a cet instant est des plus étrange. Je ne l'avais jamais vu avoir ce genre d'apparition. Je peux y lire un amour infini pour sa fille. C'est terriblement beau à voir.
- Et toi Anya, tu as quelque chose à dire ? Je te trouve bien calme.
- Ce n'est pas parce que j'apprécie ta fille que je ne te déteste plus, je dis avec détachement.
Cette fois, c'est Morgane qui éclate de rire. Cette manifestation est tellement similaire à celle de Raven. C'est naturel et d'aucune manière faussé. Je crois que d'une certaine manière, c'est la première fois que je vois Morgane. D'habitude, elle garde une certaine distance avec moi. C'est elle qui initie les "contrôles" comme elle les appelle. Mais c'est comme si elle n'était pas vraiment présente, elle me parle de ce monde, jamais des raisons qui l'ont poussés à me sauver. Oui, pour la première fois depuis que je suis redevenue humain, je vois Morgane.
- Bref… je suis venue vous parler de votre nouvelle amie Lorelei Tsing.
- Attends, cette sorceleuse est le Docteur Tsing ? S'égosille presque Raven.
- En chaire et en os, confirme Morgane.
- Et tu as confié Anya à cette folle ?
- Qu'est-ce qui peut bien te faire croire que j'ai pu faire une chose pareil ?
- C'est la magie de cette folle qui a… et n'essaye pas de me mentir, je sais que c'est cette magie qui a fait, elle m'entoure d'un geste assez brouillon avant de conclure tristement, ça.
- Je ne conteste pas le fait que Tsing est essayé de ramener Anya quand elle était piégée dans le corps d'un loup, ni que c'est elle qui est essayé de stopper les brûlures sur son corps.
Alors que Morgane continue ses explications, je suis de nouveau happée dans ce qui ressemble à des souvenirs très flous. Je ferme les yeux pour essayer de chasser les images qui semblent implantées dans mon esprit. Ça arrive de plus en plus souvent. Je semble revivre des moments passer qui pour moi n'ont aucun sens.
- Tout ce qu'elle dit, je souffle alors que mon esprit est encore bloqué par des pseudos souvenirs, c'est qu'elle n'était pas là.
- Comment ça elle n'était pas là, bien sûre qu'elle était là. Tu étais là ?!
Seule le silence de Morgane nous indique que j'ai vu juste. Raven semble outrée quand elle demande avec une pincée de colère :
- Pour quelle raison tu n'étais pas avec Anya ?
- Et pourquoi tu as voulu me faire croire que c'était toi qui m'avait fait subir ça ?
La mère de Raven semble regarder derrière son épaule avant de faire une moue contrariée. Elle fronce les sourcils et semble prêter une oreille attentive à quelqu'un d'autre que nous avant que son attention ne revienne vers nous. Elle sourit à Raven avec cet amour que je ne peux pas renier et qu'admirer avant de nous annoncer :
- Nous poursuivrons cette conversation plus tard, je dois y aller. Personne ne tue Tsing même si l'envie ne manque à aucune d'entre nous. Je vais essayer de revenir ce soir.
- Attends une seconde, l'arrête Raven, la dernière fois que tu as voulu tuer quelqu'un c'était…
- Je sais Rae, elle sourit puis disparaît.
Tout reprend subtilement vie et je me sens étourdie par ce changement de temporalité. Je cligne rapidement des paupières. J'ai la sensation de devoir rester stable debout sur un matelas à eau et je crois… oui, je crois bien que j'ai la nausée.
Pourtant, je ne manque pas le geste du Docteur Tsing, elle avance, passe devant moi afin de s'éloigner de la demeure des Blake. Je vois ses lèvres bouger mais je suis dans l'incapacité d'entendre quoi que ce soit. Je vois le nez de Raven se plisser, signe qu'elle est contrariée. Je serre la mâchoire. Je ne sais peut-être pas ce qui est en train de se dire mais il est impensable que je puisse laisser passer ça.
La sorceleuse fait un nouveau pas vers la sortie, j'en fais de même, l'empêchant d'avancer plus. Raven écarquille les yeux avant de me faire des signes pour m'empêcher de dire ou faire quelque chose que je pourrai regretter. Je lui souris pour essayer de la rassurer. Si elle refuse que je la protège elle, je vais essayer de faire de mon mieux pour le garçon.
- Que les choses soient claires, ma voix résonne étrangement alors que mes oreilles bourdonnent encore plus, si vous vous approchez encore une fois de Thomas je vous réserve un sort bien pire que la mort.
- Ce sont ses parents qui m'ont demandé cette intervention, réponde-t-elle narquoisement.
- Et bien s'ils le font de nouveau, vous refuserez.
- Bien sûr que non, je veux les aider contrairement à vous.
- Vous refuserez, j'insiste en plongeant mes yeux dans les siens. Il serait dommage de perdre vos mains alors que vous êtes si prête de retrouver votre magie.
- Comment… vous n'oseriez pas. Ce serait une déclaration de guerre !
- Avec qui ?
- Toute votre meute bien sûre !
- Je n'ai pas de meute, je prends mes propres décisions et puis… j'ai de très bonne raison de vous tuer, je ne suis absolument pas certaine que votre communauté engagerait de quelconques représailles contre moi.
- On peut savoir pour quelle stupide raison vous croyez ça ?
- Elle ne sait pas, intervient Raven, elle ne t'a pas reconnu. Je pense que tu devrais garder ça pour toi.
- Garder la raison qui fait de moi une arme chargée, pointée sur sa tempe pour moi, je souris, j'adore l'idée. Je vais dire à Marcus de faire le pleins de poudre de rhénium, il va adorer savoir que le Docteur est en ville. Il a encore plus de compte à régler avec elle que moi.
- En plus, semble approuver Raven, il ne risque pas d'avoir de problème avec un quelconque Conseil, pas de représailles.
- Il y aura des représailles, s'égosille Tsing.
- Non, je la contre amuser.
- Marcus est humain, précise Raven.
- Un humain avec un coffre remplie de poudre de rhénium, je complète comme une menace.
- Attends, déglutis Raven, un coffre t'es sérieuse là ?
- Ouais il a de quoi te tuer au moins une trentaine de fois.
- Et il stock ça où exactement ? Pas chez toi, rassure moi.
- Il en a à la maison, je réponds honnêtement en hochant les épaules, tout comme une tonne d'argent, de quoi me tuer une bonne centaine de fois, j'assure amuser.
- Ce n'est pas drôle et c'est super dangereux.
- Je m'y suis faite, tu y arriveras.
- Non, je ne crois pas.
- Et bien, s'amuse Bellamy, si un jour on m'avait dit que je verrais de mes propres yeux Raven Reyes se crêper le chignon avec une lycanthrope, je ne l'aurai jamais cru.
- La ferme Blake, ma voix se mélange parfaitement avec celle de la sorcière.
- Tu vois, elles sont encore d'accord sur une chose, sourit Octavia. Je pense que vous pouvez disposer Tsing.
- Merci.
- Pas si vite, je l'arrête, une arme chargée sur votre tempe, c'est ce que je suis pour vous à jamais, ne l'oubliez pas.
Je peux voir que cette fois le message est bien passé. Un sourire mauvais étire mes lèvres. Parfait. Je réglerais son insubordination envers Raven une autre fois. Je me décale donc pour la laisser passer sans plus de menace. Je serre tout de même mon poing pour nous retenir de la fracasser en deux, après tout, c'est à cause de cette femme que nous souffrons le martyre, à cause d'elle que notre peau est marqué par des cicatrices.
- Si vous deviez de nouveau nous rendre visite à l'improviste, reprend Octavia alors que Tsing entre dans sa voiture, j'apprécierais que vous n'essayez pas de tuer mes invitées.
- Si je devais de nouveau vous rendre visite à l'improviste, je répète avec désinvolture, j'apprécierai que vous n'essayez pas de tuer votre fils.
- Nous ne faisions rien de tel, s'indigne Lincoln.
- Croyez ce que vous voulez si ça peut vous rassurer, je soupire.
- Au moins, nous essayons d'aider mon neveu, grogne Bellamy.
- Vous faites exactement le contraire, vous le poussé bien trop alors que tout ce dont il a besoin, c'est de temps.
- Je ne suis pas d'accord avec toi Anya, intervient calmement Octavia, plus nous le laissons avoir cette forme longtemps, moins il a de chance de redevenir humain.
- Trois ans, je fini par dire à contre cœur, tant qu'il ne passe pas la barre des trois ans, rien n'est perdu.
- Comment pouvez vous le savoir, demande avec scepticisme Lincoln.
Je baisse les yeux encore hésitante. Je me gratte nerveusement le haut de la nuque avant d'échanger un regard avec Raven. Je me ressource d'une manière unique en me perdant presque dans ses iris. Un sourire discret étire mes lèvres. Elle a vraiment un pouvoir apaisant sur moi.
- Parce que Lexa vous a menti en vous disant qu'elle ne connaissait personne qui puisse vous aider, je révèle sans quitter mon point d'ancrage.
- Je vais la tuer, explose Lincoln.
- Tu devrais éviter de dire ça devant Anya, s'amuse Raven.
- Elle n'avait pas le droit de garder cette information pour elle, explose t-il.
- Nous lui avons demandé son aide, souligne Bellamy.
Mais la seule qui comprends c'est Octavia et je le sais avec cette phrase :
- Comment pensait-elle te protéger en gardant cette information pour elle ?
- Je crois qu'Octavia commence à comprendre ce lien très étrange qui existe entre toi et Lexa, sourit Raven.
- Je crois aussi, je confirme avec un signe de tête vers l'alpha des Blake.
- Lexa nous a parler de ce que tu avais fait pour elle, poursuit Octavia, que tu l'avais aidé à repousser le Canis. Nous aurions dû nous douter que tu avais des connaissances. Mais un adulte et un enfant, c'est différent.
- Tu veux que je leurs dise, me demande Raven avec une douceur infini.
Malgré le fait que ça serait infiniment plus facile de la laisser dire ces mots à ma place, je secoue lentement la tête de droite à gauche comme pour lui assurer que je vais bien et que je vais parvenir à faire ce qu'il faut. Je ne parle jamais vraiment de ça, c'est trop douloureux. J'ai tendance à éviter le sujet avec Marcus. J'ai fini par l'évoquer avec Lexa parce que c'était ce qu'il fallait faire alors qu'elle perdait confiance en elle. Pour Raven, c'est différent, elle l'a deviné seule alors j'ai juste répondu plus ou moins volontairement à ses questions.
Mais ces trois là, les Blake se sont des inconnus. Pour quelle raison je devrais leurs confier un de mes plus grands secrets. Presque avec douleur, je quitte les iris si rassurants de Raven pour détailler Thomas. J'inspire profondément. Pour lui, pour ce petit garçon piéger dans la peau d'un loup comme je l'ai été. Je le fais pour lui.
- Si Lexa n'a rien dit c'est parce que j'ai été dans la même situation que Thomas.
Je peux voir le choque et l'étonnement se peindre sur les trois visages alphas. J'esquisse un micro sourire avant de hocher la tête comme pour confirmer mes mots. Je m'approche de Thomas, tends la main pour qui puisse la sentir et il me lèche les bouts des doigts. Je souris en lui assurant :
- Je sais que tu souffres petit bonhomme mais ça ira mieux.
- Tu es capable d'entendre sa voix, demande Octavia avec surprise.
- Pourquoi croyez-vous que j'ai accouru de la sorte ? Ses cris d'agonis m'ont fait disjoncter.
- Mais… Essaye de contrer Lincoln.
- Plus de magie, je refuse avec véhémence, ça lui fait bien plus de mal qu'autre chose.
- Tu le savais Reyes ? Interroge Bellamy avec colère.
- J'ai fini par deviner et elle a raison, la magie fait plus de mal que de bien.
- Tu aurais dû me le dire, explose l'aîné des Black.
- Ne lui cris pas dessus, j'exige.
- Qu'est-ce que tu nous conseilles, voulu savoir Octavia.
- La patience. Luna ne nous appelait pas les Orphelins de la Limbes pour rien. C'est à nous de choisir d'en sortir et à personne d'autre de le faire à notre place. J'ai réussi alors que mon monde se résumait à un quatre-vingt mètre carré, un humain et une sorcière qui venait de temps en temps me raconter des histoires qui pour moi n'avaient ni queue, ni tête. Je pense que Thomas va s'en sortir, il est bien entouré.
- Mais pourra-t-il compter sur toi Anya ? Insiste Octavia.
Je baisse les yeux. Je ne peux qu'imaginer à quel point il doit être frustrant de ne pas pouvoir communiquer avec son fils alors qu'elle est une alpha. Mais les seuls à pouvoir entendre les voix des enfants piégés dans le corps de leur loup c'est ceux qui ont eux-même vécu ce supplice. Est-ce que je me sens capable d'aider Thomas ?
- Plus de magie, j'insiste une nouvelle fois.
- Si tu pense que c'est déconseillé alors je suis prête à t'écouter.
- Octavia, grogne Lincoln.
- Nous avons parcouru des kilomètres pour trouver des témoignages, nous n'obtiendrons jamais rien de mieux que ça !
- Je ne lui fait pas confiance, explose le frère de Lexa.
- Bellamy, tu ne dis rien c'est inhabituel.
- Même si elle me déteste, j'ai confiance en Raven qui elle-même à confiance en Anya alors je me penche de ton côté O. Nous devrions l'écouter. Après tout, elle est humaine.
- Tu vois, sourit Raven, quand il veut, il est capable de prendre de bonne décisions.
- Bon, reprends Octavia, c'est réglé. Nous t'accordons la confiance de notre meute pour tout ce qui concerne Thomas.
- Merci, je réponds aimablement.
- J'imagine que tu n'étais pas venue chez nous seulement pour tapisser notre porte de sang, reprends Octavia.
- Oh, explose Raven, tes mains ! Et voilà, elles sont toujours blessées ! Je le savais ! Je suis sûre que ça va se finir en infection, soupire t-elle.
- Crois ce que tu veux, je souris en énonçant cette phrase.
Raven me pointe du doigt avec une certaine colère. Je sais qu'elle adore me détester dès que je prononce cette phrase et moi, j'apprécie vraiment jouer avec ça. Je lui fais un clin d'œil avant de me concentrer de nouveau sur les trois Blake.
Je fixe avec plus d'intensité le frère de Lexa. Bizarrement, je suis certaine que c'est lui qui va être le plus difficile à convaincre. J'inspire profondément et j'explique la situation de la meute avec le harem de dragons. Je fais part de l'intervention du vampire, de la présence d'une fée dans les rangs de ceux qui nous menace. Et, je fini par l'inquiétude de Lexa ainsi que sa proposition de les accueillir sans aucune obligation de soumission sur son territoire afin de les protéger.
- Je ne retournerai pas sur le territoire des Triku, s'énerve Lincoln. Je suis certain que tout ça fait partie d'un plan de Lexa, elle veut nous obliger à ployer devant elle et bien ça n'arrivera pas ! Les dragons ne sont pas une menace pour nous, seulement pour elle et sa meute. Elle aurait pu nous parler de toi et de ta similitude avec notre fils la première fois mais elle ne l'a pas fait, je ne lui ferai jamais confiance.
- C'est justement le fait qu'elle ne nous en ai pas parlé qui me pousse à lui faire confiance, le contre Octavia.
- Tu es devenue folle, réplique t-il avec colère.
- Lexa n'est pas Gordon, je ne peux m'empêcher de la défendre.
- Elle a été élevé par cet homme, ce monstre, me crache-t-il presque à la figure.
- Tout comme toi, je lui réponds calmement.
Il fait un pas en arrière comme si mes mots l'avait frappé en plein visage. Il écarquille les yeux et semble avoir du mal à assimiler ma dernière phrase. Je lui souris avec patience. Je sais qu'il a souffert. Gordon a peut-être même été pire avec lui qu'avec ses sœurs ou sa mère, il avait beaucoup plus d'attente envers lui.
Lexa m'a beaucoup parlé de son grand frère. Elle l'idéalisait. Elle était persuadée qu'il allait revenir de la guerre et sauver la meute. Elle l'a attendu longtemps, peut-être trop longtemps. En réalité, je crois qu'elle l'attends toujours d'une certaine façon. Elle a toujours vu quelque chose d'infiniment protecteur en lui et même si je ne partage pas encore son avis, je me doute que ça doit bien être là quelque part alors je vais m'efforcer d'être patiente avec lui, pour Lexa.
Quand elle m'a retrouver quelque mois après qu'elle soit devenu alpha après la mort de Lily et le massacre des dragons. Elle m'a longuement parler. Elle m'a presque supplié pour que je revienne avec elle. J'ai refusé de nombreuses fois avant qu'elle éclate en sanglot. C'est la première fois qu'elle m'a avoué qu'elle me considérait comme sa sœur et qu'elle ne supporterait pas de me perdre, tout comme elle avait dû regarder partir Lincoln et se faire tuer Lily.
- Il y a cinq ans, je reprends en douceur, quand Lexa a prit la tête de la meute, elle était complètement paumée. Qui peut lui en vouloir ? Elle n'avait que seize ans. La plupart des partisans de Gordon sont parti avec lui, d'autre comme Indra ont décidé de lui laisser quelques mois pour faire ses preuves afin de prendre la meilleur décision et il y a ceux qui sont restés pour essayer de la tuer mais elle a toujours tenu tête parce qu'elle a trouvé du soutien chez les plus faibles et ce qu'elle voulait plus que tout, c'était les protéger, pas les dominer. Une des première chose qu'elle a fait, c'est rappeler les latents, pendant un moment, il y avait plus d'humains que de loups dans la meute. Votre père avait négocié une grande partie de la paix avec le Cercle de Lumières, Lexa a su les fortifier avec les échanges. Ta sœur, ma sœur, je précise en touchant mon cœur, est forte parce qu'elle sait exactement où se trouve la limite entre le bien et le mal. L'effectif de la meute a doublé depuis qu'elle est devenu l'alpha des Trikru mais elle n'a jamais exigé de qui que ce soit une soumission quel qu'elle soit. Tu crois qu'une alpha comme moi serait resté si elle était comme votre père ?
- Attends, m'arrête Octavia, tu veux dire que tu n'es pas la seule à vivre sur le territoire de Lexa et à ne pas avoir rejoint la meute ?
- Ouais, confirme Raven, moi aussi j'ai eu du mal à me faire à ce détail. Comment elle appelle ça déjà ?
- Une limite de neutralité, je souffle.
- Ouais, une limite de neutralité ! Sérieusement je n'avais jamais vu ça ! Pour toi, je comprends, tu es une alpha, sa sœur mais les autres… non, j'arrive pas à comprendre.
- Ils ne sont que dix-sept et s'ils posent un problème, ils ne feront pas long feu.
- Sauf pour toi.
- Je ne fais pas partie des dix-sept, je souligne.
- Comment ça tu ne fais pas partie des dix-sept ?
- J'ai un statut spécial. Ce qui sera aussi votre cas, je reprends en souriant aux Blake, vous êtes une meute après tout. Elle comptait vous laisser le manoir Brooks, j'ai cru comprendre qu'il était important pour toi Lincoln et il est assez éloigné du point central de la meute.
Le frère de Lexa semble une nouvelle fois surpris. Je ne sais rien de ce Manoir à part que Lexa en prend vraiment soin, sans ne jamais entrer dedans. Elle demande à Costia de l'entretenir une fois par semaine et même d'approvisionner le frigo alors qu'il n'y a jamais personne qui y met les pieds. Je n'ai jamais cherché à savoir. Je me suis dis que si elle voulait un jour m'en parler, elle le ferait.
- Ces dragons sont une réelle menace, demande Octavia.
- Nia est une vraie psychopathe, réponds Lincoln avant moi.
- Je n'aurai pas dit mieux, je confirme.
- Nia a déjà essayé de reprendre le territoire à Lexa depuis qu'elle est alpha j'imagine.
- Oui, quatre mois après son ascension.
- Comment elle s'en est sortie ? Comme tu l'as dis, elle était paumée et il n'y avait que les plus faibles de son côté.
Je souris. Je ne peux pas m'en empêcher parce que Lexa a été parfaite. Je n'ai jamais connu aucun autre combat surnaturelle mais sa façon de gérer cette crise à été incroyablement lucide. Elle m'a beaucoup impressionné par ses stratégies et pourtant je suis militaire. Elle a utilisé des alliance presque improbable et elle a su gagner la confiance des plus sceptiques comme Indra, Titus, Gustus et Niko qui se sont très vite ralliés à elle.
Les dragons étaient dans une impasse depuis plus de deux mois quand ils ont fini par trouver le point faible de Lexa : moi et Lily. Je ne suis pas dupe, je me doute qu'ils ont obtenu cette information grâce à un médium et cette personne et même certainement plus coupable que ces monstres de la mort de Lily et du massacre qui a suivit.
- Elle s'en est sortie, je réponds évasivement, la preuve ils ont attendu très longtemps avant de revenir.
- Dans ce cas, pourquoi elle ne fait pas pareil, ça serait vite réglé, le scepticisme de Lincoln va finir par me tuer.
- Parce que personne ne laissera de nouveau une telle chose se reproduire.
- Quoi ? Gagner un combat ?
- Non plutôt de la mort de Lily qui a mi Lexa dans une rage telle qu'elle a foncé tête baissée avec toute la meute et moi, surtout moi… Bref… ça n'arrivera plus jamais. Et pour revenir à la proposition de Lexa, bien sûre vous avez le temps pour y réfléchir. Vous n'aurez qu'à… l'appeler quand vous aurez prit une décision. Oh ! Et Raven va dresser une barrière autour de votre maison pour vous protéger.
- Bien sûr, intervient Raven, vous avez aussi le droit de refuser la barrière mais ça serait stupide, je suis super forte pour ça.
- Je n'ai pas oublié, sourit Black, été 93 une vraie tuerie sans toi, nous serions tous mort. Tu devrais accepter O'.
Il n'en faut pas plus à la jeune alpha pour laisser Raven construire un bouclier autour de leurs maison. Je suis adossée contre la portière côté passager et suis une nouvelle fois en totale admiration devant ses pouvoirs. La magie semble si facile à utiliser pour elle. Même dans mes souvenirs, Morgane ne semblait pas avoir une telle aisance et pourtant, elle est bien connue pour être la sorcière la plus puissante que le monde ait un jour vu naître.
La jolie brune semble admirer son œuvre avant de se tourner vers moi avec un sourire satisfait. Elle lève un pouce en l'air et je comprends que tout est bon. Elle parle encore quelque minute avec Octavia qui à libérer Thomas. Son museau est collé sur le genoux de Raven quand il s'assoit en penchant légèrement la tête avant de dévier son regard vers moi. Je souris en me disant qu'il a terriblement raison, l'odeur de la sorcière est divine et j'en suis de plus en plus accro.
Je penche la tête en arrière pour profiter des rayons de soleil qui commence à se faire rare. Je ferme les yeux et je ressens un étrange sentiment de bien-être. Je ne devrais pas me sentir aussi bien. J'ai vécu une journée d'enfer, entre Morgane, Jasper, Tsing, encore Morgane, les Blake et pourtant je suis portée par une accalmie unique.
Je me redresse alors que Raven se retourne pour me rejoindre. C'est elle. Oui, j'en suis certaine, c'est grâce à elle que je me sens si bien. Elle m'apporte une certaine quiétude qui est vraiment agréable. Depuis que je la connais, je me sens de plus en plus à ma place dans ce monde et je ne me souviens pas avoir déjà ressentie une seule fois cette appartenance avant de la rencontrer.
- Je propose, sourit-elle une fois à ma hauteur, que nous rentrions et que nous nous effondrions dans nos lit.
- J'adorai, j'assure, mais une sorcière vit dans ma chambre.
- Je t'ai proposé de prendre le canapé.
- Il est absolument hors de question que tu prennes le canapé !
- Exactement ! C'est ce que tu dis à chaque fois alors ne vient pas te plaindre !
Je hausse un sourcil avant de sourire amusée qu'elle ose me provoquer de la sort. J'aime le fait qu'elle ne prenne pas de gants avec moi, qu'elle souligne toutes mes imperfections et qu'elle soit à ce point inquiète pour tout ce qui lui semble anormal à mon sujet.
- Tu aimes vraiment retourner mes propres mots contre moi, je soupire. Allez, rentrons !
Je conduis de façon plus fluide qu'à l'aller mais je suis encore une fois gênée par ces images de dispute. Je franchis tout juste le territoire de Lexa quand je commence à me demande si une des personne dans mes pseudo souvenirs n'est pas la mère de Raven. Et encore plus, pour quelle foutu raison je ne semble plus parvenir à être en colère contre cette sorcière de malheur ?!
Je déteste Morgane, je la déteste… !
- Je peux te poser une question sur ta mère ?
Quoi ? Mais qu'est-ce que je fais ? Je suis folle ?
- Je croyais que tu ne voulais pas parler d'elle.
- J'ai été assez violente dans ma réaction tout à l'heure, n'est-ce pas ?
- Un peu mais je n'aurai pas dû insister.
- Tu sais, ce qui m'énerve le plus chez Morgane c'est que parfois… même toujours, j'ai la sensation que mes sentiments négatifs à son égard sont… irréels.
- Comment ça ?
- Je sais que je devrais être en colère contre elle, crois-moi je m'en persuade tous les jours mais c'est… je ne sais pas, ça sonne faux.
- Peut-être qu'une partie de toi lui est reconnaissante de t'avoir sauvé la vie.
- Non c'est autre chose. Parfois, je me sens manipulée comme tout à l'heure quand tu as cherché à rediriger ma colère contre toi. Tu crois qu'elle aurait pu faire ça ?
- Oh oui, répond Raven sans aucune hésitation.
- Elle aurait pu faire ça ? Je demande à nouveau interloquer.
- Sans la moindre hésitation.
- Mais… pourquoi ?
Raven hoche les épaules pour me montrer qu'elle n'en sait rien. Je me gare devant ma maison et mets quelques secondes avant de couper le moteur. Je réfléchis encore quelques secondes avant de poser la question qui me brûle les lèvres depuis des heures, le cœur battant :
- Est-ce qu'il arrivait à Morgane de se disputer avec Luna ?
- Pas que je saches, c'est quoi cette question.
- Rien. Oublie. C'est juste que parfois j'ai ces images…
Je relève la tête brusquement avant de finir ma phrase. Je souris oubliant immédiatement mon trouble émotionnelle et sors rapidement de la voiture. J'entends Raven en faire de même avant de hurler :
- Qu'est-ce que tu fais ? Nous n'avons pas fini de discuter !
- Marcus est rentrer !
J'ouvre la porte d'entrée avec aplomb et court jusqu'à la cuisine. Je me sens déçu en ne le voyant pas. Je me repli alors sur le salon et sourit un peu plus en voyant mon père. Il se retourne à ce même moment et m'ouvre ses bras. Je fonce sans réfléchir et je retrouve enfin la quiétude qu'il est le seul à pouvoir m'offrir.
- Ne pars plus jamais aussi longtemps, je le rouspète gentiment.
- Je ferais de mon mieux. Bonjour Raven.
- Bonjour Monsieur Kane, répond-elle avec un signe de la main.
- C'est Marcus, je te l'ai déjà dit cent fois.
- Tu as trouvé ce que tu cherchais, je demande en ignorant la réprimande de mon père.
Je lis dans son sourire qu'il a en effet trouvé ce pourquoi il est partit pendant presque un moi. Il sert mon épaule avant de se tourner et de récupérer un énorme bouclier qui reposait sur le mur. Je souris en demandant :
- Tu n'as pas pu t'en empêcher, il a fallut que tu en garde un pour toi.
- Lexa pouvait bien me laissez un petit bouclier.
- Petit ? Ce truc fait presque ta taille !
- C'est du titane, demande Raven.
- Oui, répond Marcus, le seul élément chimique capable de transpercer les écailles de dragons et de résister à leur feu.
- Marcus est obsédé par les armes capable de tuer les êtres surnaturels, je précise.
- Ce qu'elle oublie de préciser, bougonne Marcus en me donnant un coup dans l'épaule, c'est que j'ai longtemps été le seule à pouvoir protéger cette gamine ingrate, conclut-il fièrement en remontant les manche de sa chemise, et j'ai toujours su bien gérer une armurerie.
- Mais comment vous avez acquis toutes ces connaissances ?
- Grâce à ta mère Raven, sourit-il.
- Ma… quoi ?
- Morgane, reprend-il. Ta mère, c'est elle qui m'a tout appris.
- Attends, tu savais que Morgane était sa mère, je demande estomaquer.
- Bien sûre que oui. Depuis décembre 98, nous avons décidé de nous faire confiance et de jamais se mentir. Elle m'a toujours beaucoup parler de toi Raven.
- Et pourquoi je n'étais pas dans la confidence, je suis choquée qu'il ait pu avoir un tel secret.
- Parce qu'il était très important que tu me déteste, résonne une voix dans mon dos.
Je me retourne comme au ralentit en même temps que Raven. Je cligne à plusieurs reprises des paupière. Morgane semble plus réel que jamais. Quel genre de sort est capable de faire une telle chose ?
- Je suis heureux de ne pas devoir te hurler dessus aujourd'hui, assure Marcus.
- Je trouve que tu y prenais tout de même un certain plaisir, soupire Morgane.
- Euh… qu'est-ce qui se passe, je demande plonger dans l'incompréhension.
- Putain de voyage dans le temps, soupire à la même seconde Raven
Je me tourne brusquement vers Raven en essayant d'assimiler ce qu'elle vient de dire. Elle vient bien de parler de voyage dans le temps ? Mais alors tout les soupçon sur mon identité se révèle certainement vrais. Je serai véritablement la fille de Luna ? Je serai née il y a plus de cinq cent année de cela ? Et, j'aurai bel et bien déjà rencontré Raven ?
Me sauver… qu'importe le prix. Est-ce que ça en valait vraiment la peine ? Quel prix a dû payer Morgane pour ça ? Quel prix je vais devoir payer ? Tout ça, c'est… anormal.
- Pourquoi maintenant ?
Je pose cette question en réalisant que si Morgane est là c'est pour enfin me donner les réponses que j'attends depuis ce qui me semble être un éternité !
- Parce que le mal contre lequel je vous protège toute les deux depuis un demi-siècle est de nouveau tapi dans l'ombre et qu'importe le nombre de vision que j'ai pu avoir, il n'a qu'une seule faiblesse : votre lien aussi étrange soit-il. Il a tout fait pour vous séparer et j'ai tout fait pour vous réunir.
Le mal… un bien faible mot pour décrire celui qu'elle allait nous présenter.
Une ombre… c'est bien ce qu'il semblait être, un être invisible, intouchable et invincible.
Une seule faiblesse… nous, Raven et moi enfin réuni après tout ce temps sans le moindre stratagème pour nous séparer du moins rien d'aussi perfide que ce qui avait été fait à l'époque.
Alors, je me souviens des disputes, de leurs contenu alors je pleure toutes les larmes que je n'ai pas pu libérer ces dernières année. Je comprends enfin pour quelle raison Morgane a fait tout ces sacrifices pour me sauver. Je connais enfin la vérité. Tous les masques tombent, celui de ma mère qui n'était pas si parfaite que cela et surtout… oui, surtout celui de Lyssa !
- Dis-moi Lyssa jusqu'où es-tu prête à aller ?
- Je suis prête à tout.
- Dans ce cas, tout ce que tu as à faire c'est rentrer chez toi et t'assurer que l'enfant ne survive pas. Je pourrai ensuite agir et faire ce que je fais de mieux : manipuler. Je ferai croire à tous que tu es elle.
Je n'avais peut-être que quelque mois mais je me souviens parfaitement du jour où ma sœur a essayé de me tuer. Ce jour et tous les suivants, ceux ou j'ai dû rester cacher parce que Morgane m'a effacer de toutes les mémoires sauf de celle de ma mère. Ceux où j'ai grandi seul derrière une barrière infranchissable. Ceux où j'ai dû écouter ma mère hurler sur Morgane. Ceux où j'ai dû l'entendre dire que Lyssa n'avait rien fait de mal. Ceux où j'ai vu ma mère sombrer petit à petit dans les ténèbres irrémédiablement attirer par sa fille qui nageait déjà dedans. Ceux où j'ai dû rester loin de Raven alors qu'elle était elle aussi prise au piège d'un lien qui n'aurait jamais dû exister avec ce monstre qui partage mon sang.
Une main douce, forte et tendre en même temps se place sur le haut de son crâne. C'est terriblement rassurant. Je relève les yeux et découvre le regard franc de Morgane et son sourire. Grâce à eux, je sais que c'est fini, il n'y a plus de mensonge. Tout m'est révélé. Son pouce glisse sur sa joue éloignant les larmes puis elle s'installe près de moi et je dépose ma tête sur son épaule. Elle caresse mon dos. Morgane m'a toujours protégé de tout et de tout le monde. Je me sens en sécurité, pas autant qu'auprès de Raven mais ça fait un bien fou.
Je me fais alors bercer par sa voix calme. Raven s'installe près de moi et écoute elle aussi les mots de Morgane qui nous raconte notre histoire dans le moindre détail.
oOoOo
Voilà pour le nouveau chapitre de cette fiction. J'espère qu'il vous a inspiré et qu'il vous a plû ! J'ai hâte de savoir ce que vous pensez et de connaître vos réaction face aux nouveaux personnage et aux nouvelles révélations. Du docteur Tsing, à la discutions avec les Blake, à la révélation de fin entre Marcus, Morgane, Raven et Anya.
Je suis évidemment ouverte à toutes les critiques, qu'elles soit positives ou négatives, à condition que le commentaire soit constructif.
En espérant vous retrouvez pour le prochain chapitre !
GeekGirlG.
