Salut à tous ! :)

Je suis heureuse de vous retrouver pour ce nouveau chapitre !

Quelque mot sur ce chapitre : Gros changement d'ambiance, à part ça… pas un mot de plus !

Je remercie tout particulièrement MaraCapucin d'avoir accepté d'être ma bêta et de relire tous mes chapitres pour que la lecture vous soit plus agréable.

Les personnages de la série The 100 ne m'appartient pas, seule l'histoire est à moi.

Je vous souhaite une bonne lecture et je vous retrouve en bas ! :)


Ne me regarde pas

Partie n° 1 : La Carte Du temps

Tears frozen on my cheek Des larmes gelées sur ma joue

While roaming through the time, Alors que je vagabonde à travers le temps

And the whispers calling Et les murmures appelant

For my harvest through the night, Pour ma récolte à travers la nuit.

I'm crying with the wind… Je pleure avec le vent...

I'm crying for my life… Je pleure pour ma vie...

I'll die alone Je mourrai seul

Eternal Tears Of Sorrow - Sea Of Whispers

Chapitre 15 : Oppression

L'obscurité. Les grognements effrayants. Une angoisse oppressante. Le sang. Une dépendance totale à ces murmures et surtout à cette voix. Cette voix… elle est omniprésente, ne laissant aucune répit, même un corps qui se balance transit de terreur n'y fait rien, tout comme de plaquer ses mains sur ses oreilles et de hurler jusqu'à en perdre ses cordes vocales. Rien ne l'a fait taire. Il n'y a que la nuit et ces chuchotements qui vous garde éveillé, qui vous guide inexorablement chaque jour vers la folie. Et il y a encore plus de sang. Des pleures et des supplications n'y peuvent rien, tout se rapporte toujours à elle… cette voix ! Ce marmonnement incessant qui fait naître un peu plus les ténèbres dans votre cœur. C'est un poison qui vous plonge dans un anonymat unique, une inexistence totale. Et, le sang ne veut plus s'effacer de vos mains alors votre plus grande anxiété qui vous faisait encore vous battre et crier votre révolte hier se réalise. Vous êtes rongé jusqu'à la moindre parcelle de votre âme. Alors vous arrêtez tout. Vous vous effacez dans un confusion occultée par cette voix. Toujours… cette voix.

La clarté. Une illumination tellement aveuglante qu'elle vous paralyse presque. Le silence. Une anomalie étrange et encore plus intimidante que ces susurrements qui vous empêchaient d'exister jusque là. Maintenant vous ne pouvez plus ignorer le sang et vos méfaits, vous voyez les cadavres s'entasser, vous trébuchez et la connaissance qui vous terrasse vous épouvante. Ce calme ne vous offre pas la paix que vous attendiez parce que vous êtes seul. Vous ne dépendez plus de cette voix et pourtant vous continuez de la chercher après tout c'est tout ce que vous connaissez, tel un junkie vous essayer de la retrouver par tout les moyen. Mais elle a disparu et vous êtes foudroyé par une toute autre terreur parce que ne plus l'entendre est une condamnation à mort. Bientôt ça sera votre sang qui se répandra sur d'autres mains, votre cadavre qui jonchera le sol. Parce que cette voix… cette voix a disparu pour toujours…


L'air et le déplacement. Les muscles qui partent du bout de mes ailes et qui se propage jusqu'à mes omoplate se tendent pour me propulser en avant. Des gestes rapide et fluide. Je trouve un courant ascendant et je plane. Je ferme les yeux et je profite de cet instant de liberté. J'aime voler.

C'est le genre de chose que je n'aurai jamais remarqué avant, c'est un sentiment qui m'appartient, un ressenti qui n'est qu'à moi. Je fais mon maximum pour être le plus souvent dans les airs. C'est mes seuls moments de bonheur bien sûr, mais c'est aussi les seuls où je suis en sécurité. Lorsque je m'échappe même pour quelques heures du harem, je ne suis plus consentement avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Je n'ai plus besoin de faire semblant.

Je replis mes ailes au plus près de mon corps, fends l'air, plonge, traverse les nuages à toute vitesse. L'air fouette mon visage pourtant bien protégé par mes écailles. Je peux voir la ville. Tout semble tellement petit et insignifiant. J'aime les couleurs.

Encore quelque chose qui m'appartient. J'ai appris à apprécier toute ces différentes nuances. Certaine sont lumineuses et d'autre plus sombres. Il y a les couleurs primaire que j'ai dû apprendre à reconnaître. Il n'y avait pas de couleurs avant, elles étaient toutes inexistantes, toute sauf le rouge. La couleur du sang tellement effrayante. Au début, j'évitais tout ce qui avait cette teinte, c'était pour moi insupportable de devoir associer chacun de ces objets à ce qui me hantera jusqu'à la fin de mes jours. Du sang et encore du sang, toujours du sang…

Et puis finalement, je me suis rendue compte que le rouge était certainement la couleur la plus fascinante et la plus ambiguë qui soit. Elle est à elle toute seule un magnifique paradoxe.

Elle reflète des sentiment passionnels, assurément contradictoires, comme l'amour ou la colère. Je l'ai associé moi-même au sang, ce n'était pas difficile mais je l'ai aussi assimilé à l'enfer que j'ai vécu toutes ces années et puis au feu qui me consumait de l'intérieur. Mais j'ai su apprendre qu'elle était aussi chaleureuse et d'une certaine manière rassurante. J'aime le rouge.

J'arrive à une distance où les mortels pourrait me voir mais je ne ralentit pas. Les humains ont tendance à garder les yeux rivés sur leurs nombrils ou si ce n'est pas le cas, sur leurs écrans auxquels ils semblent complètement accro. Je me demande si ce petit objet qui semble si insignifiant est semblable à la voix… Sont-ils incapable de vivre sans eux ? Se rendraient-ils compte de la magnificence du monde s'ils ne l'avaient plus en mains ?

Je repère un arbre un peu plus grand et plus solide. Je m'embrase et reprends forme humaine. Je ne suis pas une métamorphe, mes habits ne se déchirent pas lorsque je me transforme. Tout nos vêtement sont fabriqués dans un tissu capable de résister à la combustion d'un volcan en éruption.

Je plaque mes bras contre mon corps accélérant encore plus ma chute. L'air fouette mes joues et mes cheveux volent n'importe comment. Une fois à une distance raisonnable de mon point d'atterrissage, je lève mes bras et agrippe une branche un peu plus solide, mon corps est inexorablement attiré par le sol. La gravité est toujours notre pire ennemie. Ma peau s'égratigne sur l'écorce mais je force tout de même sur mes paumes pour me tracter jusqu'à la branche. Je m'installe en tailleur et appuie mon dos contre le tronc tout en observant la maison où vit une meute de trois loups à l'écart de la meute. Nia veut savoir si une attaque sur ce groupe est envisageable.

Personnellement, je m'en contre fiche mais les observer me procure quelques heures de liberté loin du harem et ça, c'est non négligeable. C'est la troisième fois que j'ai le droit à cette sortie en six mois. Je fais un rapport basique tout en faisant attention à ne pas mettre cette famille en danger. Je ne voudrais pas être la responsable de leurs morts. Il y a déjà bien assez de fantômes pour me hanter, je ne souhaite pas en ajouter pour perturber un peu plus mon âme. Je ferme donc les yeux et me laisse bercer par les petits sons environnant. Je ne peux m'empêcher de sourire. J'aime le bruit.

Je fronce les sourcils alors que je remarque quelque chose d'anormal. C'est beaucoup plus calme que d'habitude. Je me redresse en ouvrant mes paupière. J'observe avec plus d'attention la maison des Blake. Rien ne semble avoir changer et pourtant… pourtant, il y a bien quelque chose d'anormal. Je me relève, chasse quelque branche qui me tombe sous les yeux et les plisse. Je fais un pas, puis un autre et encore un quand la branche craque et se brise. L'adrénaline court dans mes veines en une fraction de seconde, elle fait exploser les battements de mon cœur et fait s'embraser une partie de mon corps, me gardant ainsi en lévitation comme si j'avais toujours un point solide sous mes pieds.

Je secoue la tête et me reprends vite. Je ne peux pas rester comme ça, je vais finir par attirer l'attention. Je laisse mon pouvoir me quitter et cette fois, je tombe. Je me positionne pour atterrir sans problème sur mes deux pieds. Je suis maintenant dressée devant la maison des loups garous complètement à découvert, sans parler du fait qu'ils ont dû sentir ma présence. Je grimace. Si Nia l'apprend, elle va me faire passer un sale quart d'heure. La porte d'entrée en face de moi s'ouvre brusquement, j'ai à peine le temps de me cacher derrière le tronc. Mon dos est tellement collé à l'écorce que s'il fusionnait avec ce dernier, ça ne m'étonnerait pas plus que ça.

- Bellamy, que se passe-t-il ?

La voix féminine qui pose cette question me fait sursauter. Je ferme un peu plus les yeux et comme une enfant, j'espère pouvoir disparaître. Je ne dois sous aucun prétexte me faire repérer. Il n'est jamais bon d'être à l'origine d'une des nombreuses crises de colère de Nia. Encore plus pour moi… depuis que je n'entends plus sa voix, je fais tout pour me faire le plus discrète possible. Je ne sais que trop bien ce qu'elle me ferait subir si elle venait à apprendre que je me suis libérée de son emprise. J'inspire profondément. J'entends des pas qui se rapproche. J'expire lentement. Je crois percevoir un grognement.

- Bellamy !

Je sursaute de nouveau. Il y a trop d'autorité dans cette voix, ça me rend mal à l'aise, voir même craintive. Je tourne la tête vers la gauche pour essayer d'apercevoir ce qui est en train de se passer. Malheureusement, je n'arrive à rien voir de plus que deux silhouettes. Mon cœur bat trop vite, ils vont finir par l'entendre. Je pose ma main droite sur ma poitrine, je soulève mon haut et grimace avant même de m'exécuter. Je gonfle mes joues avant de tout expirer puis de plonger ma main à travers ma peau. Je serre les dents pour m'empêcher de hurler face à la douleur, je progresse rapidement et je finis par trouver mon organe, palpitant, que je maintiens pour qu'il cesse de battre. Un dragon est capable de vivre sans cœur. Mais ça n'en reste pas moins douloureux. Une larme m'échappe, j'ai de nouveau l'impression de me perdre. De perdre le peu d'humanité qu'il me reste.

En général, notre chef de harem nous l'arrache lorsque que nous sommes enfant. Je me souviens encore parfaitement du jour où Nia m'a volé mon cœur. J'ai cru mourir. J'aurai voulu mourir. D'autant qu'aussitôt elle est apparu cette voix qui ne m'a plus quitté après ça. Mon cœur… C'est la première chose que j'ai cherché à récupérer une fois qu'elle s'est estompée. J'ai eu un mal fou à le retrouver et encore plus à me le réimplanter mais sans lui, je ne suis qu'une coquille vide. Alors que moi, je veux exister. C'est le plus gros risque que j'ai pris depuis que je me suis réveillée. Nia aurait pu s'en rendre compte et m'exécuter sans la moindre hésitation mais elle est bien trop occuper à ruminer sa vengeance. Son obsession me permet de goûter un peu plus à la liberté avant qu'elle ne me tue. Je ne me fais pas d'illusion, je sais que c'est le seul dénouement possible. Je me suis faite à cette idée et je suis en paix avec elle.

Mais bon, le plus tard sera le mieux !

Les pas se rapprochent encore plus. Je perçois les gravillons se frotter les uns aux autres alors qu'un pas de velours avance un peu plus vers moi. J'entends l'air se courber sous un corps qui doit faire dans les 1,80 mètre. J'imagine que c'est le fameux Bellamy. J'aurai peut-être dû un peu mieux les observer finalement. Qu'est-ce que je sais sur ce gars ? Déjà, est-ce que c'est le chauve ou l'autre avec des cheveux noir ? Je crois que l'un et plus impulsif que l'autre. En fait non, ils sont tous les deux dangereux ! Je suis mal, vraiment mal !

Quels sont mes options ? Me transformer ? Non, je serai obligée de révéler à Nia que j'ai échouer, plutôt mourir ! À bien y réfléchir… je mourrai de toute façon. Agir comme une humaine ? Avec une main à travers ma poitrine mais bien sûr, moins crédible je meurs ! Ouais, je crois définitivement que cette fois, je suis morte. Me coucher par terre et faire croire que je suis tomber à cause de la branche ? Ça pourrait être crédible, il devinerait que je ne suis pas humaine mais il ne pourrait pas savoir que je suis un dragon. Du moins pas si j'écourte le plus possible notre contacte.

Je secoue la tête, je crois que c'est ma meilleur solution. D'une main tremblante, je lâche doucement mon cœur. Je grimace de nouveau sous le coup de la douleur. Je regarde mes pieds et me demande pendant une seconde comment je vais expliquer que je ne porte pas de chaussures. Je secoue la tête, ce n'est qu'un détail. Il se peut même qu'il ne le remarque pas. Je m'allonge donc discrètement près de la branche cassée, ferme les yeux, calme ma respiration et fait semblant d'être dans les vapes.

Je me concentre sur les paroles d'une chanson que j'ai découvert il y a quelques jours. Je me force à rester calme. La voix aiguë de la chanteuse raisonne presque dans mes oreilles. Je peux le faire. Je mens à un chef de harem psychopathe depuis presque de cinq ans, je peux bien en faire de même avec un loup.

Five, four, three, two, one

Five, four, three, two, one

He holds the gun against my head

I close my eyes and bang I am dead

I know he knows that he's killing me for mercy

Un main se dépose sur mon épaule. Je fais mon possible pour rester parfaitement immobile. Il me secoue légèrement et je ne bouge toujours pas.

- Hey ! Vous m'entendez ?

Sa voix est sépulcrale. Sa voix est claire. Sa voix grave. Sa voix légèrement graveleuse. Sa voix est douce. Sa voix semble fragilisée par l'inquiétude. Sa voix révèle une très légère timidité. J'aime bien sa voix.

Je porte ma main droite vers ma tête en mimant la douleur, je me redresse doucement et faisant semblant d'être étourdie. Je garde les yeux rivés au sol et ma main devant mes yeux pour éviter tout contacte visuelle avec lui. Il pourrait y voir les flammes danser dans mes iris. Je remarque alors que ses doigts enserre toujours mon épaule. Je fronce les sourcils en me demandant ce qu'il fait. Pour quelle raison ne me lâche t-il pas ?

- Vous allez bien ?

Je secoue la tête en guise de réponse. Il attrape ma main et je panique pendant une longue seconde surtout quand il s'approche. Son visage est si près que je suis obligée de reculer. Je suis maintenant sur mes coude et lui est presque allongé sur moi. Il vient d'entrer dans mon espace personnelle et ne semble pas du tout s'en inquiéter. Il avance ses doigts vers mon front et je me recule encore plus. Il arrête son geste en souriant. Je cligne de nombreuses fois des yeux. J'aime bien son sourire.

- Il ne semble pas y avoir de bosse ou de sang.

- Bellamy, que se passe t-il à la fin ?

Je me sens de nouveau effrayée par toute cette souveraineté dans la voix. Elle est vraiment arbitraire et marquée par une supériorité qui me mets très mal à l'aise. Mon cœur s'emballe automatiquement. Je suis angoissée. Je serre mon poing pour essayer de me calmer. Je dois me concentrer sur ma respiration. Je ne dois pas paniquer, surtout pas maintenant. Si j'arrive à tenir devant Nia, il est hors de question que je plie devant la voix d'une inconnue.

Bellamy fronce les sourcils et m'observe d'une très étrange manière. Il sourit un peu plus avant de déposer sa main sur le haut de mon crâne.

Mais qu'est-ce qu'il fait cet abrutit ?

- Vous avez définitivement l'air d'aller bien, murmure-t-il. Rien de grave O', dit-il d'une voix forte, juste une fille qui a eu un accident avec une branche tombée.

- Par toute les lunes, la voix n'est plus du tout la même, elle va bien ? Questionne t-elle en apparaissant dans le dos de Bellamy. Pourquoi as-tu ta main sur la tête de cette pauvre fille ?

- Je crois qu'elle était en train de paniquer.

- Et tu penses vraiment que le contacte d'un inconnu va l'aider à se calmer ?

- Bha… j'ai pas réfléchis.

- C'est vrai ! Retire ta main tout de suite ! Désolée mademoiselle, mon frère est un imbécile ! Vous allez bien ?

De nouveau je hoche la tête pour souligner une réponse positive. Bellamy éloigne ses doigts de ma tête et c'est quand ils me quittent que je réalise qu'en effet le contact m'avait rassuré. Il se redresse et tend sa main vers moi pour m'aider à me relever. Je trouve le geste très galant mais je ne sais pas si je peux l'accepter. Il va forcément remarquer que ma peau est plus chaude que la sienne. En même temps, il vient juste de me toucher… donc… il a déjà dû le remarquer. Je me décide donc à accepter son geste et il me relève aussi facilement que si j'étais une plume. Il sourit de nouveau.

- Pas d'étourdissement ?

J'aime sa voix et son sourire quand ils sont mélangés.

Cette fois, je secoue la tête de droite à gauche pour signaler que je vais bien. Je me penche pour épousseter mon pantalon. Lorsque je me redresse je tombe sur deux regards inquiets. Je ne peux m'empêcher de faire un pas en arrière. Je ne suis pas habituée à subir ce genre d'attention.

- Vous êtes certaine que vous allez bien ? Semble vouloir s'assurer Bellamy.

J'opine du chef.

- Tu crois qu'elle a une commotion cérébrale ? Demande-t-il à sa sœur.

- A cause d'une branche ?

- C'était une grosse branche.

- Oh ! Je sais ! Vous pouvez nous dire votre nom ? La date ?

J'écarquille les yeux. Je ne peux pas croire ce qu'ils me demande. Je prends de nouveau peur. Je fais un pas de plus en arrière. Parler, ils veulent que j'utilise ma voix. C'est absolument inenvisageable. Ça serait le point de non retour. Si je devais de nouveau le faire, Nia se rendrait forcément compte que je fais semblant. Je ne peux pas faire ça. Jamais. Je secoue la tête comme pour montrer mon refus catégorique et je part en courant.

Ce n'est pas très courageux de ma part mais ils voulaient que j'use de ma voix et ça… ça… c'est encore plus terrifiant que de devoir dire à Nia que j'ai été repéré !

- Hey, hurle Bellamy, attends !

Il me poursuit non mais pourquoi il fait ça ? J'accélère ! Je sais qu'en théorie c'est stupide, on ne sème pas un lycanthrope aussi facilement, entre leur endurance et leur odorat c'est presque mission impossible ! Mais j'ai un avantage non négligeable : je sais voler ! Et comme je suis un dragon de première catégorie, je ne suis pas obligée d'utiliser mes ailes, de montrer ma vrai nature.

Je jette un regard en arrière. Il ne semble pas décider à me lâcher. Je soupire avant de m'enfoncer dans une rue plus sombre. Je ne compte pas utiliser mes pouvoirs à la vue de tous. Je suis obligée de ralentir en voyant une voiture de police. Bellamy n'est plus qu'à quelques mètres mais en face de moi se trouve cette blonde étrange qui est amie avec l'alpha des Trikru. Je cherche une échappatoire. Il n'y en a pas vraiment et encore moins lorsque Bellamy crie :

- Anya ! Bloque la route de cette fille !

La lycanthrope qui ne m'avait pas remarqué jusque là me fixe. Elle se redresse et décroise les bras. Cette fois, je suis vraiment foutue. Je suis de plus en plus proche d'elle. Il va falloir que je prenne une décision. Sans le contrôler, mon regard se fige dans le sien pas plus d'une seconde. Et pourtant, je manque un battement. Quelque chose s'éveille en moi. Ce regard… cette fois, mon cœur semble imploser. Ce regard… je prends appuie sur mes pieds. Ce regard… je m'élance. Ce regard… je décolle aisément du sol et me retrouver en un battement de cils au milieu des nuages. Ce regard…

- Putain Anya, tu déconne, t'as même pas bouger ! Hey ! Toi ! L'inconnue ! Comment tu t'appelles !

Après ça, je n'entends plus rien et je m'en sens soulager. Je laisse un long soupire s'échapper de mes lèvres. J'ai eu chaud sur ce coup là. Je me doute bien qu'ils vont essayer de savoir quel genre de créature est capable de s'envoler de la sorte mais il y a peu de chance que leur conclusion soit la bonne. Il y a trop peu de dragon capable de voler de la sorte.

Je commence à me calmer alors que le regarde de cette fille vient de nouveau me hanter. Bellamy l'a appeler Anya. Je vais tâcher de me souvenir de ce prénom. Il est important. Parce que, ce regard me hante. Ce regard me garde éveillé la nuit. Ce regard, c'est celui qui m'a libéré il y a cinq ans !

Anya… Elle s'appelle Anya.

Je suis déjà au-dessus du campement du harem. Je soupire. J'aurai aimé avoir un peu plus de temps. Je rejoins le sol avec douceur la seule trace qui reste de mon passage c'est la petite brûlure en forme de voûte plantaire. J'observe le manoir gigantesque qui se trouve devant moi qui était encore abandonné il y a quelque mois. Il est austère et sombre. Si j'avais le choix, je n'y entrerais pas, mais il est temps. Je dois de nouveau jouer le rôle du parfait petit soldat.

Je m'avance et le sol brûle sur mon passage. Je garde la tête haute devant les gardes qui surveillent l'entrée. Je ne leurs accorde pas un seul regard. Je fais tout pour qu'ils se croient insignifiants, c'est ce qu'ils sont sensé être à mes yeux. Je suis arrivée dans le vestibule et il me faut un temps d'adaptation pour m'habituer à l'obscurité. La lumière, les couleurs me manque déjà.

Je monte au deuxième et dernier étage, plus on vit haut plus on est important au sein du harem. Il n'y a que Nia qui réside à cet étage, nous sommes sept au premier, une petite trentaine des nôtres on le droit de rester au rez de chaussée et tous les autres s'entassent comme des animaux au sous-sol. Et, encore plus bas, il y a les prisonniers. Je déteste aller au-delà du rez-de-chaussée, c'est emplit de grognements, de cris, de sang, de colère et de peur. Je me tiens devant la porte qui desserre la plus grande pièce, j'inspire à fond et je frappe avec fermeté.

J'entends quelqu'un approcher, ce n'est pas Nia et pourtant, je baisse déjà les yeux. J'entre immédiatement dans mon rôle. Je me voûte un peu plus. Je clos mes paupières pour me concentrer. Je dois porter un masque et tout faire pour qui ne se brise pas. Il faut qu'il reste intacte le plus longtemps possible. Personne ne doit savoir que je n'appartiens plus à la voix. La porte s'ouvre et je suis prête. Je relève très légèrement les yeux afin de reconnaître celui qui se dresse devant moi : Roan, mon frère aîné.

Il se décale légèrement m'autorisant ainsi à entrer. Il me frôle et claque violemment la porte pour sortir de la pièce. Il me faut un contrôle parfait pour ne pas sursauter. Je ne dois laisser transparaître aucune émotion, sous aucun prétexte. Si je veux survivre, il faut que je ne sois qu'une coquille vide. Il faut que je paraisse être comme tout le monde.

- Approche ma fille, vient plus près mon enfant, ne reste pas dans l'ombre Echo.

Sa voix… Elle oppresse mon cœur encore plus douloureusement que ma main tout à l'heure. Sa voix… elle me terrifie. Sa voix… elle me met en colère et fait naître des larmes dans mes yeux que je retiens de justesse. Sa voix… c'est mon pire cauchemar sauf qu'il n'y a pas de réveil possible parce qu'elle est bien réel. Sa voix… c'est celle qui m'a manipulé toute ces année. Sa voix… c'est celle qui a fait de moi sa main armée. Sa voix… je souffle et ferme mon poing droit. Sa voix… ne peut plus m'atteindre. Sa voix…

J'avance lentement, toujours les yeux rivés au sol et comme si je portais une lourde charge sur mon dos. Je me place juste devant elle. Je fais bien attention à ne surtout pas croiser son regard. Nia se redresse et s'avance vers moi, sa main vient caresser ma joue et tout me répugne dans ce geste. Je serre un peu plus mon poing mais pas trop, il ne faut pas qu'elle remarque mon geste. Je fais tout pour contrôler ma respiration, pour éteindre mon cœur et quand elle relève ma tête je fais en sorte que mon regard soit vide de toute vie, je ne fixe aucun point de tel façon à que tout ce qui m'entoure reste bel et bien dans un monde parfaitement flou.

- Vous voyez mes amis, cette petite merveille, elle caresse mes lèvres de son pouce, est l'accomplissement de ma vie, mon sang coule dans ces veines, à ma mort, elle sera reine à son tour.

Elle conclut sa phrase en m'embrassant sur les lèvres afin de récupérer mes souvenirs, tous ce qui s'est passé depuis que j'ai quitter le harem. Ce geste mes répugne. Je voudrais me reculer, hurler qu'elle n'a pas le droit mais je ne bouge pas d'un millimètre. Je reste figée comme si j'étais un meuble, une statue dénuée de vie. Heureusement pour moi, j'ai appris très vite à falsifier ma mémoire alors je lui fait croire que je suis restée sur cette foutue branche qui a cédé sans le moindre incident mais je lui transmets tout de même mes conclusions avant que je ne tombe. Les Blake sont maintenant protégés par une barrière magique. J'en mettrais ma main à couper. Et, honnêtement, je ne sais pas comment les autres ont pu le manquer, elle semble être installée là depuis des mois.

Un hurlement de rage retentit et je serre encore plus mes doigts, mes ongles s'enfoncent un peu plus dans ma peau. Elle balance tout ce qui lui passe sous la main. Le dossier d'une chaise vient se fracasser contre mon tibia. Il me faut une concentration parfaite pour rester immobile alors que la douleur envahit mon membre inférieur. Elle continue de détruire tout ce qui lui passe sous la main pendant ce qui me semble être des heures alors qu'en réalité il ne doit pas s'écouler plus de quelques minutes. Je perçois ses "amis", s'éloigner pour ne pas être des victimes collatérales de la manifestation colérique de Nia. Elle arrache des rideaux qui étaient déjà en piteux état. Je ne la vois pas faire mais j'entends le tissus se déchirer. Je serre la mâchoire pour m'empêcher de grimacer, ce son est très désagréable. Puis, j'aperçois les flammes alors, je sais que c'est terminé, la rage est passée, elle a été consumée par les flammes.

- Foutue sorcière de malheur, explose-t-elle, un rappel : pourquoi je ne dois pas la tuer ?

- Parce que Raven est à moi, répond une inconnue avec une prestance qui me ferait presque trembler. Si quelqu'un doit la tuer, ça sera moi et personne d'autre mais je ne pense pas devoir en arriver là. Nous avions un accord Nia.

- Elle vient de m'empêcher d'exercer ma vengeance ! J'aurai pu tuer le frère de cette alpha de malheur !

- La patience est de mise, lui assure cette fois une voix masculine, bientôt le piège se refermera sur la meute et tu pourras tuer autant de petits loups que tu voudras.

- Cette alpha en particulier, précise une troisième voix que je n'arrive pas à identifier, elle est trop modifier, je suis tentée de me tourner pour savoir à quoi ressemble cette personne.

- Vous avez raison, conçoit Nia en passant sa main sur mon épaule en caressant mon bras comme si j'étais un foutu animal domestique, où en sommes nous avec le retournement de cette Maya.

- Elle est résistante, la contrariété se perçoit parfaitement dans la voix de l'homme, mais je vais la briser. Bientôt, elle me rejoindra dans les ténèbres. Je vous l'assure.

- Bien. Parfait. Vous m'avez tous montré votre plus grande arme à moi de vous présenter la mienne, elle enserre violemment mon visage en niveau de mon menton, elle m'oblige à tourner la tête vers la droite, vers eux, me tordant presque le cou sous la violence du geste, elle s'appelle Echo.

- Qu'à t-elle d'exceptionnelle, voulu savoir la femme à la voix prestigieuse.

Un éclat de rire me fait frissonner imperceptiblement. Ça n'a rien d'humain. Enfin… je sais qu'aucune de ces personne n'est humain mais là… c'est dénué de vie. C'est vraiment effrayant. Je sens quelque chose qui s'approche de moi mais je ne vois rien. Je ne dois pas répondre à mes instinct. Je dois rester immobile.

- Je vous avais prévenu que j'avais moi aussi mes atouts, précise Nia avec fierté.

- Un dragon de première catégorie, souffle cette voix indescriptible qui me donne presque la nausée, je n'avais encore jamais eu l'occasion d'en rencontrer. Je suis impressionné. Elle vous est entièrement fidèle.

Pour toute réponse, Nia me frappe violemment en plein visage, propulsant cette fois mon visage vers la gauche. Je sens le sang s'échapper de mon nez et de ma bouche. Je suis folle de rage. Je pourrai facilement lui rendre son coup et la tuer. Mais je ne peux pas faire ça. Le sang glisse sur ma peau, jusqu'à mon menton et une goutte tombe, tombe, tombe, avant de s'écraser contre le sol. J'ai envie de passer ma main sur mon visage pour chasser ce goût amer et cette porosité sur ma peau. Mais je ne fais rien. Je hais Nia ! Je me redresse et remet mon cou d'en un axe parfaitement droit. Je la déteste ! Je baisse de nouveau les yeux et je fais comme si de rien n'était alors que j'ai envie de hurler !

- C'est bien ma fille, sourit Nia en caressant ma joue meurtrit étalant un peu plus le sang, elle est à moi, mon autorité est totale sur elle, elle agrippe mes cheveux et éponge le sang avec, il m'a fallu du temps mais comme vous arriverez à le faire pour Maya, j'ai fini par la briser, je vais la tuer.

- Vous n'avez pas peur qu'elle se rend compte qu'elle est plus puissante que vous, demande l'homme.

- Aucune chance que ça arrive, se vante Nia, elle appartient à la voix, ma voix. Elle est soumise, dépendante comme tout autre dans mon harem.

- Un dragon de catégorie trois qui a le dessus sur un dragon de première catégorie, je suis impressionnée, conçoit la femme, comment avez-vous fait ?

- Je l'en doctrine depuis son plus jeune âge comme tous les autres mais elle a été plus difficile à atteindre, normalement, ils succombent à l'âge de six ans quand je leurs arrache le cœur mais elle… elle… elle m'a résisté encore quelques années de plus, elle a sombré le jour de ses quinze ans. Je vous l'ai dis, elle est ma fiertée, ma pièce maîtresse et mon bras armé.

- Vous en avez d'autre comme elle ? Demande la voix déformée.

- Malheureusement non. J'ai eu six autre enfants, tous des fils, aucun comme elle, elle caresse le bout de mon nez. Maintenant, j'essaye de faire en sorte qu'elle se reproduise, elle. Je lui envoie mes plus farouche guerrier une fois par mois mais pour le moment, elle écrase sa main avec brutalité sur mon ventre, elle refuse de porter un enfant.

Je vais la tuer, je vais la tuer, je vais la tuer, je vais la tuer, je vais la tuer, je vais la tuer, je vais la tuer, je vais la tuer, je vais la tuer, je vais la tuer, je vais la tuer, je vais la tuer, je vais la tuer, je vais la tuer, je vais la tuer, je vais la tuer, je vais la tuer, je vais la tuer, je vais la tuer, je vais la tuer, je vais la tuer, je vais la tuer, je vais la tuer, je vais la tuer, je vais la tuer, je vais la tuer, je vais la tuer !

De nouveau ce rire qui me fait froid dans le dos. J'ai de plus en plus de mal à garder mon masque en place. J'ai de plus en plus envie de m'affirmer, de hurler, de briser Nia. Si je ne contrôlais pas parfaitement ma respiration, je sais que je serai en train d'inspirer et d'expirer bruyamment pour faire naître le feu dans mes poumons. Je pourrai tous les brûler jusqu'au dernier et j'arracherai la tête de Nia.

- J'espère que vous parviendrez à vos fins Nia, dit cette voix toujours en riant. Une comme elle c'est bien mais deux… c'est mieux.

- Mon harem serait invincible.

- C'est certain.

- Vous devriez l'envoyer voir Maya, propose la femme, peut-être que quelqu'un comme elle serait assez effrayer notre petite fée pour qu'elle rejoigne enfin les ténèbres.

- C'est une très bonne idée.

Quoi ? Non ! Je refuse ! Je ne veux pas torturer cette Maya ! Et au-delà de ça, je ne veux plus jamais retourner au deuxième sous-sol.

- Va voir Maya, mon enfant.

Non, non, non, non !

- Tu la trouveras facilement, elle est dans ton ancienne cellule.

Serrer le poing et la mâchoire ne suffit pas cette fois, quelque chose se brise en moi. Je ne doute pas une seconde que ça doit se lire dans mon regard. Il faut que je sorte d'ici. Je baisse les yeux et j'acquiesce. Je me tourne vers la porte et je fais tout pour que personne ne remarque mon trouble. Je referme la porte et je manque de m'effondrer.

Je dois fuir. Cette fois, c'est trop. Je ne peux pas faire ça. Je dois partir et espérer qu'aucun rafleur ne me rattraperait. Je tremble. Je n'aurai pas le temps de faire deux mètre que Nia saurait que je suis partie. Les gardes font des rapports instantané dès qu'ils voient un des héritiers quitter le harem.

Merde ! Comme toujours, je suis piégée. Je me suis peut-être libérée de sa voix mais Nia est toujours là. Elle manipule parfaitement ma vie. Elle me frappe, me détruit émotionnellement, me fait violer par ses homme. Je ne suis pas libre. Je n'en ai qu'un avant-goût terriblement insatisfaisant.

Je tremble en descendant les escaliers. Je trébuche presque la dernière marche. Je relève la tête. Qu'est-ce que je peux faire ? Ici et maintenant, qu'est-ce que je peux faire ? Je tourne la tête vers le salon, vers mes frères. Ils seraient les premiers à me tomber dessus si je fuyais, sans essayer de comprendre, ils m'écartèleraient sur place et rapporterait ma tête à Nia sur un plateau d'argent. Ce ne sont que des coquilles vides comme tous les autres, ils n'ont aucune émotion hormis bien sûre celle de Nia, soit : la colère, la haine et la rage.

Je secoue la tête avant de rejoindre le rez-de-chaussé. Ici et maintenant, je n'ai pas le choix. Je reste planté devant la porte du sous-sol, j'entends déjà le vacarme incessant qui y règne. Je déteste cet endroit mais je le rejoins tout de même. Je me crée un chemin à travers l'armée de Nia. La plupart s'écarte d'eux même sous mon passage. Ils sont stupides, au bord de la folie mais ils savent tout de même qui je suis : la fille de Nia, son sang et leurs futur reine.

J'essaye de ne pas être répugnée par l'apparence de certain parce qu'il y en a de plus en plus qui ne parviennent pas à reprendre totalement forme humaine. Je repère des écailles dans des cou, des ailes qui semblent briser par leurs lourdeur coller à des dos fatigué de les porter, des griffes à la place de doigts et d'autres tout au fond, dans la pénombre de la pièce ne sont tout simplement plus capable de reprendre forme humaine. Leur respiration est lourde, bruyante et suffocante. L'air que je respire dans cette pièce est brûlante, je crois que si je restais trop longtemps, mes poumons humain finiraient par se consumer.

Je foule le sol du dernier sous-sol, et l'ambiance est radicalement différente. Il fait tout aussi sombre mais le silence est angoissant voir oppressant. Je fais un premier pas et sursaute alors qu'une goûte d'eau s'écrase dans une flaque. Je déteste ce bruit.

Je souffle un bon coup et en reprenant un inspiration, l'odeur du renfermé et du sang me chatouille les narines. Il faut que je continue à avancer. J'entends des soupires et quelques supplications murmurer, des appels à l'aide qui resteront sourd, personne ne viendra à leur aide, jamais. L'humidité rend la poussière à mes pieds lourde et pourtant je sais qu'elle vole et tâche mes vêtement. Quand je vais sortir de là, il y aura une poudre roussâtre sur tous mes habits. Je m'arrête devant une porte en béton armé. Je tends la main et la retire tout de suite, le métal et recouvert de titane. Il n'y a pas de doute, c'est bel et bien ma cellule, l'endroit où je suis restée prisonnière jusqu'à mes quinze ans. À bien y réfléchir, ce n'est peut-être pas la pire prison que j'ai connu.

Je prends encore quelques secondes pour moi et je me décide à ouvrir cette foutue porte que je referme immédiatement après l'avoir ouverte. Je glisse la clef dans la poche de mon pantalon et remarque tout de suite une jeune femme au fond de la pièce calée dans un coin du mur. Il y a quelque chose qui brille à ses poignets.

- Je ne pensais pas avoir le droit à un deuxième round aussi vite. Je vous l'ai dit, vous perdez votre temps, je continuerai à me battre pour rester dans la lumière, affirme t-elle avec détermination en se redressant.

Son visage est tuméfié, à bien y regarder son coude n'est pas dans le bon axe, ses cheveux sont nappés de sang et de poussière. Ils l'ont bien amoché et pourtant, elle leur tient toujours tête. Je suis impressionnée. Elle semble forte.

- Attendez, elle fronce les sourcils, vous êtes un dragon ? Que faites vous là ? Vous allez me brûler la peau jusqu'à l'os et attendre que je me régénère ? Vous perdriez un temps fou, il me faudrait au moins deux longues semaines pour m'en remettre.

Je soupire avant de reculer assez pour m'adosser contre le mur. Maya semble surprise par mon comportement alors je lève les yeux et la fixe. Elle semble véritablement choqué par l'intensité de mon regard. Elle fait même un pas presque invisible en arrière. Je me laisse glisser et replie mes jambes avant de m'accouder sur mes genoux et de plonger ma tête au milieu. Je n'ai plus qu'à attendre que le temps passe dans un des pires endroit qui soit. Juste assez de temps pour faire croire à Nia que j'ai fait ce qu'elle souhaitait que j'accomplisse.

Je ferme les yeux. Je me concentre sur tout ce que j'ai découvert ces cinq dernières années. J'aime voler. J'aime les couleurs. J'aime le rouge. J'aime le bruit. J'aime la voix de Bellamy Black. J'aime aussi son sourire.

Bellamy Blake… pourquoi est-ce que je pense à lui maintenant ? Je fronce les sourcils en relevant la tête. Je cligne des yeux. C'est étrange. Je revois ses iris noir, ses cheveux en bataille, son sourire et l'inquiétude dans sa voix. Pour quelle raison est-ce que je semble avoir une image du lycanthrope implantée dans mon esprit ? Et pourquoi est-ce que ce souvenir semble me rassurer ?

- Que faites tu là ?

La voix de Maya me fait sursauter. Je hoche les épaules avant d'appuyer ma tête contre le mur et de fixer le plafond. Je ne peux pas le voir parce qu'il fait trop sombre mais je sais qu'il porte des fissures. J'ai à plusieurs reprises essayer de me transformer pour sortir d'ici, mes ailes ont alors déchirées le béton. Des stigmates qui s'effaceront certainement jamais.

- Qui es-tu ?

Qu'est-ce qu'ils ont tous à vouloir connaître mon prénom aujourd'hui ? C'est agaçant à la fin. Surtout de la part de Maya, elle a tout de suite découvert que j'étais un dragon. Elle devrait savoir que je n'ai pas le droit d'utiliser ma voix, de parler.

- Moi, c'est Maya.

Mais je m'en fiche et je le sais déjà de toute façon ! Pourquoi elle continue à parler ? Elle ne peut pas juste m'ignorer ? Faire en sorte que le temps plus vite en se murant dans le silence ? Pour quelle raison continue t-elle à poser des questions ?

- Si tu n'es pas ici pour me torturer, que fais-tu dans cette cellule ?

La ferme ! Par pitié, tais-toi ! Je ne veux plus rien entendre qui sorte de sa bouche. Faite qu'elle se taise. Je ferai n'importe quoi si elle arrête de parler, maintenant.

- Tu es libre n'est-ce pas ? Tu n'entends plus la voix. J'ai rencontré quelqu'un comme toi une fois, c'est très rare. Tu pourrais m'aider à me libérer aussi, elle tends ses poignets, m'enlever ces menotte pour que je puisse me défendre.

Quelle merveilleuse idée ! Pourquoi je n'y ai pas penser avant ? Ah oui, bien sûr : je ne veux pas mourir ! Je n'ai aucune raison de vouloir risquer ma vie pour cette fille. Je ne la risque déjà pas pour moi-même.

- Si tu m'aides je pourrai t'aider à mon tour. Je suis une fée, je peux effacer la marque qui te rattache à ton harem. Les rafleurs ne pourront jamais te retrouver, jamais. Si tu le veux, tu peux même vivre avec ma famille pour un temps, nous te protégerons.

Bien sûr, il est certain qu'elle semble parfaitement en sécurité en ce moment. Je suis à ça de vouloir la rejoindre. Je souris devant l'absurdité de sa demande. Comme si j'étais capable de vivre normalement, c'est vraiment n'importe quoi !

Je suis un dragon, quelqu'un finirait bien par s'en rendre compte et par vouloir me tuer. Non. Je déteste vivre ici, avec Nia mais au moins, je suis protégée. Enfin… personne à part ceux qui vive ici n'oserait s'en prendre à moi.

Je croise mes bras et les cale sur le haut de ma tête en fermant les yeux. J'inspire profondément. Je ne peux pas partir, jamais. C'est inenvisageable. Parce que même si cette fée est capable d'effacer la marque, les dragons finiraient par me retrouver. Si Nia venait à mourir, ils accouraient tous vers moi, vers leur reine. Je suis l'héritière et tant que je suis en vie, personne d'autre ne peut prétendre à ce titre. Donc, je ne serait véritablement jamais libre. Je n'ai aucune chance.

Fuir, j'y pense depuis cinq ans mais à chaque fois, je me résout à ne rien faire. Se serait stupide de vouloir essayer. Je peux y penser mais c'est ma seule liberté. Je n'ai aucune chance d'être un jour dehors maître de mon destin, de mon cœur et de mon âme. C'est une très belle illusion que de pouvoir le croire mais ce n'est rien plus que cela : une illusion.

- Hey, m'appelle de nouveau Maya, tu ne peux pas rester ici. Ta reine va finir par s'en rendre compte et elle va te tuer.

Elle croit vraiment que je peux ignorer ce fait ? Je vis depuis de très longues années avec cette terrible angoisse. Je suis fatiguée de toujours faire semblant. Le truc, c'est que je n'ai pas d'autre solution. Après tout, rien ne me dit que ma vie serait meilleure dehors. Je sais ce que je pourrais quitter : un véritable enfer. Mais qu'est-ce qui me garantie que ça ne serait pas pire dehors ? Rien du tout !

Je n'ai aucune raison de prendre ce risque. Non. Je vais juste attendre ma mort. Je vais essayer de la retarder le plus possible mais c'est inévitable, tout ça ne peut se finir que d'une façon : avec mon corps sans vie qui jonche le sol.

J'ai de nouveau l'image de Bellamy Blake qui vient tourmenter mon esprit… c'est pas possible, qu'est-ce qui m'arrive à la fin ?

- Tu ne peux pas abandonner, explose t-elle. Il faut que tu te sortes d'ici. Il a trop peu de personne comme toi.

Mais qui se soucie de ce genre de chose ? C'est ma vie. J'en fais ce que je veux. Si je veux rester et mourir, c'est mon problème, pas le siens.

- Écoute, nous sommes à l'aube d'une terrible bataille, un mal terrible menace notre monde.

Je m'en fiche !

- Il y a 500 ans, il est déjà apparu mais une sorcière, Morgane, tu dois la connaître au moins de nom, elle a su le repousser. Je pense qu'elle a fait en sorte qu'il ne puisse pas apparaître avant ce jour parce que maintenant, nous devons être capable de l'affronter. Peut-être que nous avons une arme ou peut-être que se sont juste des personnes comme ma famille, comme cette meute, les Trikru, sa fille Raven qui semble détentrice d'un pouvoir incommensurable et cette lycanthrope qui même lorsque l'on a sous les yeux reste invisible : Anya ou encore toi, un dragon voué à l'obscurité, guidé par une voix mais qui a su se libérer. Tu fais peut-être partie de ceux qui vont repousser cette entité maléfique.

Anya… celle qui m'a libérée. Elle ferait partie de tout ça ?

- Tu t'es déjà battue contre la mal et tu as gagné. Pourquoi ne pas essayer d'en faire plus ?

Parce que je ne suis pas courageuse. Je ne l'ai jamais été. Si ça avait été le cas, j'aurai déjà tuer Nia et prit sa place. Mais j'en suis incapable.

- Es-tu certaine de vouloir être du côté de l'obscurité si une nouvelle guerre éclate ?

C'est le premier argument qui parvient à avoir un véritable impacte sur mon cœur. Je me redresse presque furieusement avant de me diriger rapidement vers elle. Je suis satisfaite en la voyant reculer. Je lui lance un regard noir et serre de nouveau mon poing et la mâchoire comme si j'étais en face à face avec Nia.

Je ne suis plus… je ne tuerai plus pour l'obscurité, jamais ! Je ne me souviens que trop de la douleur qui a suivit ma dernière exécution. Une petite fille… elle était si jeune, si fragile, si innocente… je ne pourrais plus faire ça !

Je plonge mon regard dans ceux de la fée. Et, pour la première fois depuis le début de son foutu monologue, j'essaye d'évaluer mes chances si je devais m'enfuir avec elle. Qu'est-ce que je suis capable de faire ici et maintenant ?

Je tends la main vers elle. Je ne tremble pas. Je n'ai pas peur. J'en ai fini d'être écraser par la terreur. Je vais me battre pour mériter ma liberté. Je la vois sourire avant de déposer sa main dans la mienne. Je fixe le mécanisme des menottes en diamant et je sors la clef. Je me dépêche de la libérer avant de changer d'avis.

- Tu as fais le bon choix, elle agrippe mes deux avant bras, sa peau est glacée, maintenant, je nous sors d'ici, elle ferme les yeux, Jasper, souffle t-elle, conduis-moi à Jasper.

J'ai la sensation de tomber dans le vide sans ailes, que mon corps est étiré dans tous les sens, que le feu, l'eau, l'air et la terre glisse sur ma peau. Je suis presque sûre que cela devrait être désagréable mais je sens comme un sentiment étrange de bien être.

Puis, je suis propulsée violemment. Je m'écrase contre trois objets incroyablement dense qui se brise sous mon poids et ma force. Je reste au sol quelques secondes pour reprendre mon souffle et oublier la douleur puis je me redresse. Je suis surprise en découvrant que je suis bel et bien loin du manoir. Je suis au milieu d'une forêt. Merde, Maya !

Je me précipite pour essayer de retrouver la fée qui est déjà debout. Je me place à ses côtés quand elle remarque ma présence, elle s'excuse bien que je ne sache pas vraiment pour quelle raison. Puis, elle tend la main et celle-ci et violemment repousser par une barrière magique. Je comprends alors que sans ça, nous serions sûrement avec ce Jasper.

J'analyse rapidement les lieux et je ne suis pas certaine de me sentir en sécurité lorsque je reconnais les limites du territoire des Triku. Je ne devrais pas être là. Je sursaute en voyant un jeune homme apparaître sous mes yeux, franchir aisément la barrière en hurlant le prénom de Maya et en la prenant dans ses bras.

- Tu m'as tellement manqué, souffle t-il. Qu'est-ce qu'ils t'ont fait ? Tu vas bien ?

- Je vais bien, lui assure t-elle, j'ai reçu une aide inattendue, précise t-elle en avançant vers moi.

Je me tourne vers le nord en percevant le hurlement de rage d'un dragon. Nia sait déjà. Je tremble. Elle va me tuer, cette fois, c'est fini mais au moins, j'aurai fait une bonne action avant de mourir.

- Hey, m'appelle Maya, qu'est-ce qui se passe ? Ça voulait dire quoi ce cri ?

Ça… c'est l'ordre de tuer, une attaque massive, sans pitié. Et, rien de ce que les "amis" de Nia pourront dire ne la fera changer d'avis.

- Jasper, qu'est-ce que tu fais dehors, demande une voix paniquée que je reconnaîtrais entre mille.

- C'est Maya, elle a réussi à s'enfuir.

Les battements d'ails fendent l'air, les cris raisonnent et le feu colore le ciel d'un orange presque irréel. Je devrais être terrifiée mais je me sens plutôt calme. Je suis enfin libre. Qu'importe que ça se révèle aussi court, c'est un sentiment mille fois plus agréable que tout ce que j'avais pu imaginer. Libre, véritablement, entièrement.

- Lexa, je suis venue aussi vite que j'ai pu ! Nous nous faisons attaquer ?

Je le savais. Je savais que cette voix était celle de Lexa. Je ne pourrai jamais oublier sa voix, ses cris, ses pleures alors que j'ai tuer sa petite sœur. Jamais.

- Fais entrer Maya tout de suite, demande Lexa.

- Vous devez aussi la faire entrer, elle m'a aidé, précise Maya.

Un silence naît entre les personnes qui se trouve dans mon dos alors que le vacarme de l'armé de Nia est de plus en plus proche. Ça va aller. Je ne me sens pas triste ou effrayée. Je ferme les yeux. Je suis prête.

C'est alors que je sens deux mains d'une poigne anormalement forte sur mes épaule. J'ouvre brusquement les yeux surprise. Mais ce n'est rien face à mon ressentie en découvrant Lexa. Ma mâchoire tombe légèrement. Je ne pensais pas que se serait elle qui me tuerait. Mais finalement c'est du pareil au même, une mort, reste une mort qu'importe qui la provoque.

Je me perds quelque instant dans ses iris d'un vert particulier. Je peux y lire toute sa haine à mon égard. C'est une tempête émotionnelle tel que je n'en ai jamais vu dans son regard. Je crois entendre quelqu'un appeler son nom. Je vois dans son dos deux de mes frères arriver alors je quitte son regard pour les fixer.

Il faut que Lexa retourne derrière la barrière, maintenant. Je ne serais pas responsable de sa mort. Alors, j'attrape son poignet et je l'oblige à me lâcher. J'esquisse un sourire timide. Mon cœur bat bien vite à cet instant, si vite que Lexa fini par le remarquer et par fixer ma poitrine. Une dernière liberté avant de mourir. Une dernière…

- Je vais ralentir mes frères, cours Lexa.

Je me détache complètement d'elle et je cours vers le danger, sans peur. Je sens que mon corps commence à s'embraser. Je souris. Au moins, je vais pouvoir voler une dernière fois et j'aime voler. Je fixe mes frère et bondit alors que mes ailes poussent au niveau de mes omoplate je prends feu et me transforme.

Je me prends un coup de mâchoire, ma peau se déchire aussi facilement que du papier. Je grogne mais attaque à mon tour. Le feu fait reculer mes frères, je prends plus de hauteur et je laisse le feu s'échapper de mes poumons. Je me prends un dard empoisonné près de mon cœur alors que Roan que je n'avais pas repéré me tomber dessus. Nous tombons vite, trop vite. La chute va être violente.

- RAVEN, j'entends Lexa hurler, NON !

Subitement mon frère est propulsé loin de moi par des espèces de substrat informe écarlate. Roan semble vouloir revenir à l'attaque mais il est continuellement repousser par cette chose étrange. J'essaye de me redresser pour reprendre mon vol mais je suis incapable de bouge. Je pourrai me croire entrain de me battre dans des sables mouvants. C'est alors que je remarque que l'espèce de fumer compacte m'entoure complètement.

Je suis alors plongée dans le noir total bizarrement, je ne suis pas effrayée. Je me sens même en sécurité. Sans que je m'en rende compte, je reprends forme humaine. Je me sens apaisée. Et puis, plus rien c'est le vide.

Je voulais mourir mais quelqu'un venait de se battre pour moi. J'ai toujours cru qu'il n'y avait qu'une solution pour moi mais mon cœur continue de battre. Mes poumons s'entêtent à prendre et rejeter l'air. Je vis et je suis libre. Non… cette idée est trop incongrue, c'est un rêve, n'est-ce pas ?

J'ouvre les yeux et je suis éblouis par la lumière. Je tente de me relever mais mon bras est complètement amocher. Je vois des formes qui semblent se disputer. Je cligne des yeux pour réussir à faire l'ajustement et je fini par reconnaître Lexa et Raven que j'avais pu apercevoir chez les Black. Puis, il y a la blonde de toute à l'heure. Anya… et son regard est toujours le même. Ses lèvres bougent mais je ne perçois aucun son et soudain, je ressens une terrible douleur. Je hurle et même ça, je ne l'entends pas. Je respire plus fortement alors que je découvre le dard dans la main de la louve qui me sourit.

- Je crois bien que cette chose aurait pu te tuer.

Elle le balance loin de moi et je perçois enfin la dispute entre la sorcière et l'alpha. Alors que j'aurai cru que je saurai au centre de celle-ci, je découvre que Lexa a juste eu peur de perdre Raven. Elle ne semble pas du tout énervée par le fait qu'elle m'ait sauvé. Je fronce les sourcils. S'il y a bien une personne qui devrait vouloir me voir morte c'est bien elle, non.

Je sursaute en découvrant cinq loups sur ma gauche. Trois d'entre eux ont les crocs sortis et semblent très menaçant. C'est alors qu'une blonde que je n'ai jamais vu s'accroupit devant moi. Elle a un sourire magnifique. Il ne me faut pas longtemps pour savoir qu'elle n'est pas un lycanthrope.

- Tu n'as plus rien à craindre. Tu es en sécurité maintenant. Je m'appelle Clarke et toi, c'est Echo, n'est-ce pas ?

J'acquiesce doucement. Elle sourit un peu plus avant de se tourner vers Lexa qui semble avoir remarqué que j'ai repris conscience. Elle s'approche lentement, Raven sur ses talons. Clarke se dresse et glisse sa main dans celle de l'alpha qui sourit à son tour en m'annonçant :

- Bienvenue dans ma meute Echo.

Pendant un temps, j'allais me battre contre l'idée que je puisse avoir le droit de vivre parmi les lycanthropes, au sein même de la meute de celle à qui j'avais brutalement arraché sa petite sœur en l'assassinant sous ses yeux. Mais j'allais vite apprendre que j'étais véritablement la bienvenue.

Pour la première fois, j'allais trouver ma place, des amis, une famille. Et, je n'allais plus jamais avoir peur ce qui était un comble lorsque nous savions contre quoi nous nous apprêtions à nous battre.


Voilà pour le nouveau chapitre de cette fiction. J'espère qu'il vous a inspiré et qu'il vous a plu ! J'ai hâte de savoir ce que vous pensez et de connaître vos réactions face à cette immersion chez les dragons. Echo a su tout au long de ce chapitre trouver sa liberté et est maintenant membre de la meute de Lexa.

Je suis évidemment ouverte à toutes les critiques, qu'elles soient positives ou négatives, à condition que le commentaire soit constructif.

En espérant vous retrouvez pour le prochain chapitre !

GeekGirlG.