Salut à tous ! :)
Je suis heureuse de vous retrouver pour ce nouveau chapitre !
Je remercie tout particulièrement MaraCapucin d'avoir accepté d'être ma bêta et de relire tous mes chapitres pour que la lecture vous soit plus agréable.
Quelques mots sur ce chapitre : Maintenant que Raven a jeté son sort, Lexa va pouvoir sauver les Blake. Mais rien n'est jamais facile, n'est-ce pas ?
Les personnages de la série The 100 ne m'appartiennent pas, seule l'histoire est à moi.
Je vous souhaite une bonne lecture et je vous retrouve en bas ! :)
Ne me regarde pas
Partie n° 1 : La Carte Du temps
And all things I didn't do Et toutes les choses que je n'ai pas faites
The dreams I had or have today Les rêves que j'ai eu ou que j'ai aujourd'hui
And pain I feared and faced Et la douleur que j'ai crains et affronté
They went astray Ils se sont égarés
The words I said Les mots que j'ai dit
The smiles I faked Les sourires que j'ai simulé
This is who I am and always be C'est ce que je suis et serais toujours
ReVamp – I Lost Myself
Chapitre 17 : Pulsions
Le sang. Il représente aussi bien la vie que la mort. Il est notre faiblesse que nous soyons un être exceptionnel ou un simple humain. Qu'il soit rouge, vert, doré ou même noir. C'est notre seule point commun. La constance qui nous rappelle qu'avant nous n'étions qu'une seule et même espèce qui s'est ensuite divisée avec le temps. De notre première insufflation à notre dernier souffle, ce qui nous guide toujours, c'est le sang.
Aujourd'hui ne fait pas exception.
Je déteste cette situation. Je la déteste. Je fais mon possible pour garder mon calme mais il n'y a rien à faire, je suis sur les nerfs. Je répugne le fait que Raven ait pu se mettre en danger pour lancer un sort. Je suis angoissée alors que j'ignore la position de Clarke. Et, le pire de tout, je suis tiraillée par les émotions tout aussi incontrôlables de ceux qui m'accompagnent, ma meute.
D'habitude, j'arrive à m'extraire du ressenti du plus grand nombre, j'arrive à me trouver au milieu de ce tumulte mais en ce moment, c'est trop. Juste trop… Je suis en train de sombrer et ça m'effraie tellement. J'ai conscience que sans Anya je me serai déjà effondrée.
Je dois me concentrer. Je me dois de protéger les miens. Je sursaute en découvrant une lumière écarlate jaillir et colorer le ciel. Je fronce les sourcils alors que les illuminations ne semble avoir aucun sens avant que je ne remarque une ligne plus épaisse qui semble m'appeler. Imperceptiblement, je tends la mains vers ce fil rouge avant d'arrêter brusquement mon geste. Personne ne doit savoir quel chemin je vais prendre. J'ordonne silencieusement à Costia d'aller vers le nord et de courir à une distance raisonnable de ma position. J'en fais de même avec Niko mais je l'envoie à l'ouest. Je me tourne vers Indra pour qu'elle me talonne et j'espère que Clarke ne vas pas manquer le départ et qu'elle va réussir à suivre.
J'essaye d'imaginer le parcours que je vais devoir franchir avant d'atteindre les Blake. J'aurai préféré me transformer. J'aurai été plus à l'aise et surtout plus rapide. Mais je sais au plus profond de moi que de rester dans ma forme humaine est la bonne décision et mon instinct me trompe rarement.
Je ferme les yeux quelques secondes afin de me concentrer un peu plus. Sans vraiment m'en rendre compte, je cherche Anya pour m'assurer qu'elle est en sécurité. Lorsque je suis certaine qu'elle est de nouveau sur mon territoire, je souris. Il est temps de courir.
Même en prenant le parti de ne pas être loup, je reste bien plus rapide qu'une humaine. Il me faut à peine une poignée de secondes pour franchir une cinquantaine de mètres sur un chemin des moins stables. Il y a des racines, des trous cachés par des amas de feuilles, des branches sèches qu'il faut éviter, le sentier n'est pas fait pour la course furtive et pourtant ni moi, ni Indra ne faisons le moindre bruit. Il n'y a que le bruit de nos souffles et nos cœurs qui battent un peu plus vite que la normale, mais sans mon ouïe plus développée, je ne le percevrai pas.
J'essaye de trouver la présence de Clarke au milieu de ce silence apaisant. Je la cherche dans les ombres, je sais qu'elle est là quelque part mais je suis incapable de la sentir. Je grimace. Je n'aime pas être dans l'incapacité de savoir avec précision où elle se trouve. S'il devait lui arriver quelque chose sans que je m'en rendes compte, je m'en voudrais tellement que je pourrai en mourir. Et si la culpabilité ne m'achevait pas, son père s'en chargerait. Je dois dire qu'à ses heures, Jack peut vraiment être effrayant.
J'accélère encore ma course alors que je pense à toutes ces fois où le père de Clarke a disparu. Je sais qu'il a des obligations envers le clamps Skaikru mais je ressens à chaque fois les angoisses de sa fille. Elle m'a d'ailleurs avoué à demi-mot qu'il n'avait jamais été aussi absent. Il y a quelques jours, je n'ai pas pu m'empêcher de lui faire part de mes inquiétudes à ce sujet. Jack n'a pas répondu immédiatement. Il semblait perdu dans ses pensées. J'ai même cru qu'il n'allait pas répondre. Je ne peux pas l'y obliger après tout, je n'ai aucune autorité sur lui. Puis, il s'est avancé, a saisit mes épaules et m'a assuré que j'allais bientôt être confronté à de grands changements. Comme si je n'avais pas assez à gérer en ce moment. Évidemment, je me suis mise à imaginer pire que les dragons, pire que le soulèvement de certain de mes loups, pire que de perdre Lily, pire… qu'est-ce qui peut bien être pire que tout ça ? Je suis déjà submergée.
Je ralentis le pas alors que je perçois les bruissements de bavardages. Je fais un signe vers Indra qui m'indique qu'elle aussi a perçu du bruit. J'avance donc plus lentement en prenant encore plus de soin à me cacher et bientôt, je découvre les Blake étendus de tout leurs long en train de se tordre de douleur sans émettre le moindre cris. Je sens mon loup se révolter contre ce spectacle. Il gronde, il est prêt pour l'attaque mais je dois le contenir encore un peu. Je dois d'abord évaluer la situation dans son ensemble.
- Il y a une chose que je voudrais savoir.
La voix d'Indra me fait sursauter bien qu'elle soit à peine murmurée. Je détourne les yeux de la scène de torture des Blake pour les poser sur elle. Je la détaille avec attention en essayant de comprendre ce qui peut l'inquiéter. Un léger soupire s'échappe de mes lèvres alors que je lui assure :
- Je t'écoute.
- Pourquoi sommes-nous là ?
Je fronce les sourcils incertaine de bien saisir sa question.
Il me semblait avoir été clair. Il s'agit d'une mission de sauvetage, rien de plus simple.
Enfin, je crois. Indra réalise que sa question a dû être trop vague puisqu'elle reprend :
- Je sais que nous sommes là pour sauver les Blake. Je… je n'arrive juste pas à en comprendre la raison. Ils ne font pas partie de la meute. J'ai menti pour toi ces derniers jours. J'ai fais croire à tout le monde que c'était pour sauver ton frère. Lincoln est une très bonne raison pour expliquer notre présence, elle serait même la meilleure mais toi et moi savons pertinemment que tu n'est pas là pour lui. J'essaye de, elle me fixe d'une étrange façon, j'ai compris à la seconde même où tu es revenue il y a cinq ans que tu étais différente, peut-être même que je l'avais vu avant ça mais tout ça, elle me désigne d'un geste vague, je n'arrive vraiment pas à comprendre. Alors, je te le redemande : pourquoi sommes-nous là ?
- Pour maintenir la paix, je réponds sans la moindre hésitation.
- La paix, répète-t-elle perplexe. Je vais risquer ma vie, tu risques la tienne, la survie même de la meute pour un concept imaginaire ?
- Pas imaginaire, je la corrige avec un sourire, idéal. J'avais six ans la première fois que mon père m'a ordonné de tuer, sous le regard choqué d'Indra, je précise, Gordon avait une façon bien à lui de nous préparer à affronter ce monde. Je sais que tu as fais ton possible pour protéger Gaïa de son influence et tu as bien fait, tu sais qu'il obligeait les enfants à lui prêter allégeance avant même qu'ils ne se transforment et s'ils ne devenaient pas loup, il les tuaient de sang froid en invoquant une trahison. Si tu ne t'étais pas dressée devant lui pour la protéger, elle aurait vécu la même expérience que moi et peut-être qu'elle serait morte après son seizième anniversaire… peut-être que dans certaines meutes cette pratique existe encore parce que dans ce monde, le sang appel le sang mais je ne serai pas ce genre d'alpha. Jamais.
- Alors nous sommes là pour la paix.
- Exactement.
- Tu es tellement différente, souffle t-elle encore plus bas. Pourquoi est-ce si important pour toi ?
Je souris un peu plus, détache mon regard de la cheffe de ma garde rapprochée. Aucune des réponses que je peux lui donner ne pourrait la convaincre. Je sais que pour beaucoup, mes raisons sont être absurdes mais pas pour moi. Elles sont ma raison d'être, celles pour qui je me bats chaque jour. Je vis pour elles et Clarke même si c'est plus récent.
- Le jour où je parviendrai à l'exprimer avec des mots, tu seras une des premières à le savoir.
- La paix, répète-t-elle à nouveau avec moquerie.
- Aucun autre combat ne mérite que l'on ne meurt pour lui.
Je prononce ces mots en me plongeant de nouveau dans les iris ébènes d'Indra. Elle semble surprise par ma répartie. Je l'ai été aussi la première fois que j'ai entendu cette phrase. Je sais que ça paraît insensé mais depuis que je l'ai entendu de la bouche d'Anya, j'y crois dur comme fer.
Son combat est devenu le mien. La paix est la seule pour qui je suis prête à mourir. Enfin… la paix et puis Clarke, évidemment.
J'observe de nouveau la scène de torture qui se trouve devant moi. Je me mordille la lèvre. Il faut que je me concentre. J'aurai bien eu besoin de l'expertise d'Anya. Chacun pense ce qu'il veut mais elle est une des meilleures stratèges que je connaisse. Il y a trois dragons déjà transformé, ils sont impressionnants mais ils sont loin d'être la plus grande menace. Je repère deux hommes un peu plus loin en train d'affuter des armes.
L'absence totale d'émotion sur leurs visages prouve qu'il s'agit aussi de dragons, je dirais des niveau deux ou trois et eux, sont un véritable problème. Je fixe celui qui semble le plus âgé et je finis par reconnaître son odeur, c'est celui qui s'est acharné sur Echo, celui qui l'a blessé. Je ressens aussitôt une aversion incontrôlable pour cet être méprisable.
J'ai du mal à comprendre ce que j'ai ressenti en me trouvant de nouveau en face à face avec Echo. J'aurai juré que ma haine à son égard aurait prit le dessus. Seulement, elle semblait tellement perdue, effrayée et en même temps si calme. J'ai compris en une fraction de secondes qu'elle s'était elle-même condamnée à mort. Elle a prit son envole pour affronter celle-ci la tête haute et m'offrir une chance de m'en sortir, une chance de vivre. Je n'ai pas pu l'accepter. Je n'accepterais jamais que qui que ce soit se sacrifie de la sorte. Et maintenant ma meute accueille et protège un dragon, qui l'aurait cru ? J'ai choisie d'offrir l'asile à celle qui à assassiner ma petite sœur.
Si je n'étais pas aller lui rendre visite à l'infirmerie, i peine une heure, je peinerai encore à y croire. J'ai sauvé Echo. Je lui apporte ma protection. Je me bats même pour elle. J'ai été défié une dizaine de fois depuis qu'elle a posé un pied sur mes terres. Je ne permettrais pas que qui que ce soit lui fasse du mal. Je ne sais pas pour quelle raison mais mon loup semble fou à l'idée que quelqu'un puisse lui faire du mal ou plutôt lui faire encore plus de mal. Elle a tellement souffert… ça me blesse.
Après qu'elle se soit effondrée, Raven l'a examiné. Elle a parlé de violence physique, de côtes cassées, d'hématomes multiples, de brûlures en tout genre, de cicatrices encore visibles et… je serre le poing, de violes. La sorcière a même ajouté que Echo avait interrompu au moins une grossesse. Ça me répugne que quelqu'un ait pu traiter une gamine de la sorte ! Parce que c'est une gamine, elle a à peine 18 ans. Je pensais… j'ai toujours préféré penser que c'était une adulte responsable de ses actes qui avait ainsi si sauvagement tué ma sœur. Mais la vérité c'est qu'elle était à peine plus âgée que Lily lorsqu'elle lui a porté le coup fatale. Et… surtout, même si elle avait été plus âgée, ce n'est pas elle qui était aux commandes. Celle qui a assassiné ma sœur, ce n'est pas Echo, ça n'a jamais été Echo, c'était Nia.
- Je ne vois pas comment approcher sans nous faire repérer, je grogne contrariée.
- Peut-être qu'il te faudrait une diversion, suggère Indra.
- Quel genre ? Je demande pensive.
- Pas la moindre idée, soupire-t-elle. J'ai tendance à fuir les dragons, pas à les confronter.
- J'ai une idée, explose Clarke en apparaissant comme par magie.
Sans réfléchir, je plaque ma main sur sa bouche. Qu'est-ce qu'il lui prend de parler aussi fort ? À croire, qu'elle n'a jamais été en planque. Maintenant que j'y pense, elle n'a certainement, jamais fait ce genre de choses. Je lève les yeux au ciel. Je n'arrive pas à croire que je la laisse tomber dans la gueule du loup, ou plutôt du dragon, sans qu'elle n'y soit préparée.
- Ne parle pas aussi fort, je la sermonne. Ils pourraient nous repérer.
Clarke retire ma main lentement de sa bouche. J'ai pu sentir son sourire se former sous ma paume mais le voir me fait frissonner, il est presque diabolique. Elle a parfois ce genre de réactions tellement peu conventionnelles… dans ces moments là, je ne peux pas douter, pas même une seconde, qu'elle est à moitié démon. Plus j'apprends à la connaître, plus je suis bien obligée de constater qu'elle a deux faces presque opposées, celui d'une gamine de 17 ans tout ce qu'il y a de plus normal et… l'autre, je préfère ne pas vraiment y penser.
- En fait… commence-t-elle avec un sourire de plus en plus flippant.
Je ne le sens pas mais alors pas du tout. J'inspire profondément. Je sais que je m'apprête à entendre quelque chose de complètement loufoque et d'absolument démoniaque. Moi, je commence à m'y habituer mais que va penser Indra ?
- Le but, c'est justement qu'ils vous repèrent, complète-t-elle avec un petit rire.
- Pardon, grogne Indra d'un air menaçant.
Je soupire contrariée par cette situation. Je prends une bonne inspiration avant de fixer Clarke. Je sais pertinemment qu'elle ne me mettrait pas volontairement en danger mais là… tout de même. J'ai beau essayer, je ne vois pas du tout où elle veut en venir mais alors pas du tout. Alors, c'est partie, j'entre dans son jeu.
- Pour quelle raison est-ce que tu voudrais que je me fasse repérer par des psychopathes qui veulent me tuer ?
- Je ne les laisserai pas te tuer, élude-t-elle avec un geste de la main.
- Ça reste dangereux, je contre.
- Mais, bougonne-t-elle, c'est toi qui a dit qu'il te fallait une diversion.
- Oui. En effet.
J'essaye toujours de comprendre où elle veut en venir mais j'ai beau essayer, je n'arrive pas à comprendre où elle veut en venir avec son plan. Je m'approche donc pour lui prendre la main. Je la regarde dans les yeux, je me plonge dans cet azur si parfait et je précise :
- Je préférerai tout de même que cette diversion ne me tue pas.
- Je ne te mettrais jamais en danger, s'offusque-t-elle. Ils ne peuvent pas t'attaquer alors qu'ils ont encerclé ton territoire si tu invoques les pourparler d'Ilias.
- C'est du génie, souffle Indra sûrement malgré elle.
- Merci, sourit Clarke.
- C'est tout de même très dangereux, se renfrogne la cheffe de ma garde rapprochée. Tu ne dois pas faire quelque chose d'aussi stupide Lexa. Et, je ne vois pas en quoi exposer mon alpha nous aiderait à récupérer les Blake. Ils ne font pas partie de la meute.
Il est de nouveau là, ce sourire énigmatique et presque flippant. Ses yeux brillent comme ceux d'une enfant alors que si à cet instant elle m'avouait avoir massacré tout un peuple la seconde d'avant, je la croirais. Je ne sais pas comment elle fait pour vivre avec une telle noirceur, moi, ça me rendrait folle. Pour Clarke, son humanité prend toujours le dessus même si pendant un instant quand je l'observe bien, je suis capable de voir les ténèbres torturer son âme de la pire des manières. J'espère un jour réussir à tamiser cette noirceur.
- C'est simple, je vais utiliser l'abscondam.
- Tu peux les emmener dans les ombres avec toi ? Je demande impressionnée.
- Je l'ai fait plusieurs fois avec ma mère pour la protéger.
- Il n'y avait alors qu'une seule personne, ne peut s'empêcher de remarquer Indra.
- Oui, c'est pour cette raison que je compte énormément sur l'éloquence de Lexa. Je vais les extraire un par un et te les amener. Je sais que vous n'êtes pas des moyens de transport mais peut-être que Niko ou Costia pourrait les rapatrier.
- C'est un très mauvais plan, ce n'est pas…
- Commence par Thomas, je coupe Indra, fais attention à toi, ne te mets pas inutilement en danger, Indra tu supervises l'opération.
- Mais enfin, explose cette dernière.
- J'ai confiance en Clarke. Si tu as besoin, tu peux appeler nos meilleurs sprinteurs en renfort et aussi d'autres combattants pour entourer leur campement. Ne dis rien à Anya, sous aucun prétexte. Bon, je souffle, j'y vais.
- Lexa, m'arrête Indra inquiète.
- Tout va bien se passer. J'ai confiance en Clarke, elle fait partie de moi.
Indra s'apprête à contre argumenter avant de soupirer. Elle fixe Clarke en plissant le nez avant de conclure :
- Très bien… mais soit prudente.
- Toujours.
- Anya va te tuer, précise Indra.
- Il y a des chances oui, je souris.
Je m'avance alors sans faire attention au bruit que je peux faire. J'attire tous les regards. Je défie tout ceux que je croise. Un premier dragon fonce sur moi. Je lève alors légèrement les bras pour montrer que je ne suis pas armée et que je n'ai pas l'intention de me transformer et je déclare haut et fort :
- J'invoque les pourparlers d'Ilias.
Une lumière mauve illumine le ciel, le dragon pile juste à quelques centimètres de moi. La bête énorme recule non sans faire serpenter sa langue gigantesque. Une sorte d'arabesque se forme à mes pieds et sous ceux de l'homme plus âgé que j'ai repéré tout à l'heure. Celui qui a déchiré le cou de Echo aussi facilement que si c'était du papier journal. Ses yeux sans vie se posent sur moi, il se lève avant de s'avancer et de s'arrêter à la distance exacte que lui impose les pourparlers d'Ilias.
- Je suis Roan, le fils aîné de Nia la reine du harem. Je parlerai en son nom en l'attendant.
- Je suis Lexa Woods, alpha de la meute Trikru. Je parlerai en mon propre nom.
Je remarque sans mal que les trois dragons entourent le fils de Nia. De toute évidence, ils décident de ne pas respecter la règle de non-intimidation. Le second jeune homme qui est rester sous sa forme humaine range son arme dans son fourreau avant de se lever. Je l'entends ordonner sans que ses lèvres ne bougent :
- Reculez.
Les trois bêtes ailées crachent vers lui un feu qui semble aussi chaud que de la lave. Je perçois un rire que je classifie immédiatement dans les plus flippants. Je vois subitement surgir le jeune homme au-delà des flammes. Je suis impressionnée par sa vitesse et sa dextérité. Il abat son poing sur le dragon le plus impressionnant qui s'écrase au sol dans un fracas qui me fait grincer des dents. Les deux autres obéissent, la queue entre les jambes. Celui à terre ne se relève pas et je comprends bien vite qu'il n'a plus aucun souffle de vie.
Je suis horrifiée. Sous mes yeux se trouve un garçon. Il ne doit pas avoir plus de quinze ans et il vient de terrasser un dragon gigantesque en un seul coup et à main nue. Je serre mon poing pour m'empêcher de reculer. Je ne suis pas en sécurité, j'en ai conscience mais pour rien au monde je ne montrerais que j'ai peur.
- Mère ne va pas être contente Théo, déclare Roan sans la moindre émotion.
Le dénommé Théo se contente de hocher les épaules comme si les paroles de son frère n'avaient aucune importance. Il se recule légèrement et en une fraction de secondes, je ne le considère plus du tout comme une menace ce qui est assez très étrange. Je viens pourtant de voir ce dont il était capable.
- Pourquoi avoir engagé des pourparlers. Vous savez déjà ce que nous voulons : vos terres. Partez et nous vous laisserons tranquille… peut-être…
Je fixe Roan avec toute la détermination que je possède. Je ne partirais jamais et ça, il le sait très bien. Polis est mon territoire, celui de la meute depuis huit générations. Je ne suis pas là pour négocier mais pour gagner du temps. Sans la voir, je sais que Clarke s'approche de Thomas. J'essaye de trouver quelque chose dans les yeux du frère aîné d'Echo mais il n'y a rien pas même une étincelle. C'est vraiment horrible de savoir que leurs reine leurs arrache la moindre parcelle d'âme.
- C'est pour cette raison, intervient une voix qui me fait frissonner, que je ne laisse personne parler à ma place, pas même mon fils.
Nia. Je serre un peu plus mon poing, certainement avec plus de force que nécessaire puisque très vite, je sens un liquide visqueux se répandre jusqu'à mes jointure. Nia. Celle qui a fait tuer ma petite sœur. Nia. Le monstre qui hantera Echo éternellement. Nia. Mon pire cauchemar, celle qui a faillit me faire perdre Anya.
La reine de glace, comme Lily aimait l'appeler, saisit son fils brutalement par la nuque. Je suis indignée par une telle violence. Pourtant, je ne lis aucune douleur sur le visage de Roan. Elle serre un peu plus ses doigts sur les cervicales du jeune homme et je suis obligée de retenir un haut le cœur en les entendant craquer sous la pression. J'ai une envie presque insurmontable de bondir pour le libérer de l'entrave que représente sa mère mais je sais que c'est inutile. Il serait le premier à s'interposer entre elle et moi. Foutu instinct de protection.
Roan s'effondre à genoux et il n'y a toujours aucune émotion qui transparaît sur son visage. Nia passe ses doigts dans les cheveux de son fils comme s'il n'était rien d'autre qu'un animal. Elle sourit de satisfaction et mon loup bouillonne en moi.
- T'ai-je autorisé à utiliser ta voix ?
- Je suis désolée mère.
- Je ne veux plus t'entendre. Si tu prononces de nouveau un seul mot, je t'arrache la langue.
Cette fois, il acquiesce pour montrer qu'il a comprit. Un rire diabolique s'échappe des lèvres de Nia. Elle lâche alors la tête de son fils qui s'écrase misérablement dans les feuilles et la boue. Je ne peux m'empêcher de suivre le corps des yeux. Il a la bouche et le nez plongé dans une flaque. Il pourrait se noyer, mais à part moi cela ne semble pas déranger qui que ce soit d'autre.
- Je suis Nia Queen, Reine du harem de l'Occident. Je parlerai en mon propre nom.
Je hoche la tête pour faire comprendre que j'ai assimilé les dernières informations. Je me permets un rapide coup d'œil dans son dos pour évaluer la progression de Clarke. Je suis surprise en ne voyant plus Thomas, Octavia et Bellamy. Il ne reste plus que mon frère. Je vais bientôt pouvoir me tirer de cette situation pourrie.
- J'imagine donc, je reprendre en me plongeant dans les yeux de Nia, que vous ne désirez pas seulement mon territoire.
- Tu es bien une enfant Lexa Woods, crier haut et fort que tout ceci t'appartient, il n'y a qu'une enfant pour agir de la sorte, ce territoire est le mien.
- Il n'a jamais été le votre, je souffle.
- Faux, explose-t-elle de rage en faisant un pas menaçant vers moi.
- Attention Nia, si vous me touchez pendant les pourparlers d'Ilias, vous et votre harem disparaîtra en un claquement de doigts. Vous serez exilés dans les prisons du multiversum pour une durée indéterminée. Est-ce que c'est ce que vous souhaitez ?
- Bien sûre que non, répond-elle avec animosité. C'est vil même de la part d'une enfant d'utiliser un tel stratagème. Vous voulez mes conditions pour partir, pour vous laissez en paix les voilà : rendez-moi ma fille.
Je suis surprise par cette demande. Je ne m'y attendais pas. Je me demande si elle serait vraiment prête à nous laissez en paix si je lui livrais sa fille. Je secoue la tête, horrifiée par le fait que j'ai pu penser, même furtivement, à laisser de nouveau Echo entre les griffes de ce monstre. Je soutiens de nouveau son regard la poussant à développer sa demande :
- Je ne sais pas comment vous vous y êtes prise pour la retourner contre moi mais vous allez me la rendre. Malgré le fait que je ne la sente plus, que la marque ait disparu, je la sais toujours en vie et je la veux. Si vous me la rendez saine et sauve, je partirais.
Putain ! C'est tellement tentant ! Ça serait tellement plus facile ! Je suis en colère, contre moi-même. Comment ? Oui, comment, je peux penser même une seconde à accepter sa demande ? Je serre encore plus mon poing en me répétant encore et encore que je ne suis pas comme mon père. Je suis certaine qu'il n'aurait pas hésiter. Il aurait accepté cette demande. Après tout, qu'est-ce que la vie d'un dragon, contre toutes celles de ma meute ?
Non ! Bordel ! Je ne dois pas réfléchir comme ça, jamais ! Echo est tout aussi importante que n'importe qui d'autre. Je lui ai offert la protection de la meute, ma protection. Quel genre de personne cela ferait de moi si je manquais à ma parole si facilement. Il est hors de question que j'accepte ces termes, jamais. Jamais.
- J'aurai du me douter que tu essayerais de me doubler Nia.
La nouvelle voix me fait presque sursauter. Pour quelle raison je n'ai pas sentie la présence de cette personne plus tôt. Je regarde de nouveau derrière l'épaule de Nia et découvre une femme qui a une prestance incroyable. Je fronce les sourcils en remarquant que certain de ses traits sont semblables à ceux d'Anya mais ce n'est pas ça qui me gène le plus, non… c'est son énergie. C'est… une lycanthrope, une alpha.
- C'est donc vous, demande-t-elle en me fixant comme si j'allais être son quatre heure, la jeune alpha dont tout le monde parle. Je ne suis pas impressionnée. Vous êtes tellement… faible, conclut-elle avec un sourire qui me met vraiment mal à l'aise.
- Je n'essayais pas de te doubler, soupire Nia, mais de récupérer ma fille.
- Ta fille t'a trahis, fais-toi à cette idée une bonne fois pour toute.
- Jamais ! Ma fille ne me ferai jamais ça ! Elle est à moi ! C'est ma chose, mon arme ! Elle ne peux pas me trahir, je suis sa voix ! Elle est à moi ! Echo est leur prisonnière et je la récupérerai même si je dois pour cela renoncer à mon territoire.
- Et, reprend la louve avec cette prestance qui me fige presque, que fais-tu de notre entente ? Dois-je comprendre que nous n'avons plus d'accord ? Dois-je lui demander de se joindre à nous ?
- Bien sûre que non, balaye Nia d'un geste de la main, fais lui tes demandes, je t'en prie.
- Je peux aussi bien la provoquer en duel, une fois morte, sa meute m'appartiendras. Ça serait tellement plus facile, susurre-t-elle avec un machiavélisme qu'elle n'essaye même pas de cacher.
Je ne me souviens pas avoir déjà rencontré une alpha avec autant de noirceur et pourtant… j'ai rencontré plusieurs psychopathes, dont mon propre père. C'est comme si elle était née pour l'obscurité, qu'elle avait été façonné par les ténèbres et qu'elle vivait pour servir ces ombres malsaines. Elle ressemble peut-être physiquement à ma sœur mais elles n'ont rien en commun. Rien.
- Voilà donc ce que nous voulons, Echo, de toute évidence même si je pense cela inutile, tout ce que va gagner Nia pour ce retour c'est l'organisation d'une exécution, la fée que vous nous avez dérobé, nous en avons besoin et le plus important : je veux Raven.
Un petit rire m'échappe sans que je ne puisse le contrôler. Je secoue la tête comme pour me battre contre l'idée même de me séparer de la sorcière. Je sens une rage presque incontrôlable grandir en moi. Je fixe plus durement la louve et pendant un instant, elle semble surprise. Je ne pense pas pouvoir l'impressionner. Elle l'a dit elle même, je suis bien plus faible qu'elle et pourtant je suis prête à me battre. Personne, je dis bien personne ne touchera à Raven. Dernièrement, j'ai appris à me reposer sur elle et un lien se tisse entre nous. Quelque chose qui n'a rien à voir avec l'échange mais qui à tout à voir avec Anya. Nous l'aimons toutes les deux.
- Qu'est-ce qui a bien pu la fait rire, demande l'alpha à Nia.
- Qu'est-ce que j'en sais, c'est une enfant, voilà tout.
- Il y a une force en elle que je n'avais pas vue au premier abord. Qu'en penses-tu ?
Cette fois, il n'y a pas de réponse. Je fixe de nouveau cette alpha. Cette énergie… je relâche toute la pression, mes doigts se délient et mon sang s'écoule cette fois jusqu'au sol. Il tombe dans un clapotis presque hypnotique. Je continue de fixer la blonde qui ressemble à Anya et puis lentement mon regard dévie sur sa gauche. Je ne sais pas d'où me provient cet instinct mais… je pourrai mettre ma main à couper qu'il y a quelqu'un, juste là.
Je fixe un point invisible et ça me rappelle ce qu'il c'est passé la fois où Clarke nous a suivi alors que Jasper abordait mon territoire. Est-ce qu'il y aurait un démon ? Forte de cette idée, je fixe de nouveau la louve. Elle fronce étrangement les sourcils. Je décide de faire confiance à mon instinct. Je suis capable de battre Indra les yeux bandés si je le souhaite. Je me dois d'avoir foi en mon instinct. Je soupire avant de reprendre avec une assurance que je n'ai pas vraiment :
- Vous devriez dire à votre ami de se rendre visible. Les terme des pourparlers d'Ilias sont très clair, personne ne doit rester dans l'ombre.
- Comment, commence-t-elle estomaquée, comment pouvez vous le voir ? Ce n'est pas votre privilège, s'énerve t-elle, vous ne possédez pas la marque !
Elle s'avance dangereusement vers moi et cette fois, mon instinct me crie de fuir. J'ai à peine le temps de penser à ne serait-ce faire un pas en arrière qu'elle franchit les limites de l'arabesque au sol qui est censée nous séparer. Sa main se dirige dangereusement vers ma gorge. Je n'ai aucun mal à l'imaginer m'arracher la trachée. Elle est diablement rapide. Je sens la panique de Clarke mais elle ne peut rien faire, elle est trop loin. C'est trop tard. Je ferme les yeux. Ce n'est pas mon genre d'accepter la fatalité mais là, je suis foutue.
J'ai le temps de sentir ma peau au niveau de ma jugulaire se déchirer comme du papier. Le sang s'écoule rapidement, tâchant mon haut et mes cheveux. Et alors que sa main va pour enserrer mon cou un flash écarlate la repousse avec une violence hallucinante. Ma vue est brouillée et pourtant, je la vois percuter plusieurs arbres avant qu'elle ne réussisse à se stabiliser. Elle est accroupie lorsque je la vois se transformer avec une aisance incroyable. Je plaque ma main contre ma plaie pour arrêter l'écoulement du sang. Mes doigts tremblent. Je peine à prendre certaine inspiration. Le loup est gigantesque, bien plus grand que moi en tant qu'humaine. Il doit facilement faire deux mètres.
Je sens Clarke apparaître près de moi. Ses deux mains enserrent mon bras gauche. Sa peau me semble si chaude alors que d'habitude, c'est l'inverse. Elle semble crier pourtant, je ne perçois aucune phrase. Je crois que je suis en train de mourir et je n'arrive pas à quitter le loup des yeux. Je déglutie alors que d'autre mains viennent saisir mon épaule et me poussent aussi à reculer. La mâchoire du monstre en face de moi claque, la bave s'écoule comme s'il avait la rage et il fonce de nouveau vers moi.
- Il faut partir Lexa !
Tout n'est plus qu'un écho désagréable. Je secoue la tête comme pour me débarrasser de ces parasites. Je ne dois pas sombrer, je ne dois pas mourir ! J'envoie toute l'énergie de mon loup vers la plaie. C'est une technique qu'Anya m'a apprise, normalement j'évite de le faire parce que si la cicatrisation est plus efficace, la transformation, elle devient bien plus difficile. Le loup géant saute et s'envole presque. Je le fixe avec une force et une confiance que je ne possède pas vraiment. Tout à l'heure… ce qui l'a repoussé… c'était la magie de Raven. Je n'ai rien à craindre.
Lentement, je retire ma main de mon cou. Je perçois des hurlements, des supplications pour que je ne relâche pas la plaie. Mais très vite tout s'arrête quand les deux personnes autour de moi comprennent qu'il n'y a plus de sang. Comme je l'avais supposé, le loup est de nouveau repoussé par une apparition lumineuse d'une couleur écarlate reconnaissable. C'est bien la magie de Raven. Mais… Comment ?
Cette fois, l'alpha se redresse plus difficilement, elle secoue la tête avant de nouveau montrer ses crocs. La menace et le défis sont claires. Je ne comprends pas très bien pour quelle raison elle est encore là. Les terme des pourparlers viennent d'être rompu. Alors pourquoi n'est-elle pas dans une des prisons du multiversum ? Pourquoi me menace-t-elle encore ?
C'est alors qu'elle reprend forme humaine aussi facilement qu'elle a pu devenir loup. Je suis surprise en découvrant qu'elle n'est pas nu. Elle porte comme une combinaison short noir taillé dans un tissus étrange. Il épouse parfaitement sa peau. Je cherche un peu plus loin, là où elle s'est transformée un peu plus tôt. Il y a bien un amas de tissu déchirés. Comment peut-elle être habillée ? De la magie ? Ça ressemble à de la magie.
- Tu devrais être en train d'agoniser, m'accuse-t-elle presque.
- Désolée, je réponds avec une certaine arrogance.
- Je connais cette magie, souffle-t-elle d'une étrange manière. Tu utilises ma sorcière.
- Raven n'est pas ta sorcière, s'interpose une voix essoufflée dans mon dos que je ne connais que trop bien.
Je n'ai pas besoin de me retourner pour savoir que c'est Anya et pourtant je le fais. Je pensais qu'elle serait en colère mais ce n'est pas le cas. D'habitude lorsque je suis blessée, elle est prête à s'en prendre au monde entier. Mais là… dans ses yeux, je ne lis rien d'autre qu'une sorte de mélancolie infinie. Je sens que les mains sur mon épaule s'éloignent et Anya se glisse en face de moi. Elle me sourit et alors, je me sens infiniment mieux, je n'ai plus la sensation de mourir et surtout je ne me sens plus du tout en danger alors que la menace est toujours présente dans son dos.
- Tu as réussi. Il est temps de rentrer maintenant.
Anya n'a pas besoin d'en dire plus. Je n'ai aucune envie de vérifier. Je sais qu'elle vient de dire la vérité, les Blake sont en sécurité sur mon territoire, derrière la barrière que Raven a dressé et je me sens soulagée. J'ai réussi.
D'un geste lent, elle soulève mes cheveux là où j'ai été blessé il y a peu. Elle analyse mon cou avec une attention un peu trop prolonger. Un sourire triste étire ses lèvres et pourtant elle m'assure :
- Tu as encore progresser.
- Il faut croire que ta manie de toujours vouloir tout contrôler porte ses fruits, je souris.
- J'oubliais que je suis une maniaque du contrôle, sourit-elle véritablement à son tour.
- Raven va bien ? Je ne peux m'empêcher de demander.
- Oui. Elle a utilisé notre lien pour te protéger en restant à l'infirmerie.
- À l'infirmerie ? je répète avec inquiétude.
- L'infirmerie, confirme Anya. Ton invitée s'est réveillée, elle avait besoin de soins.
Un raclement de gorge me fait sursauter. Anya glisse aussitôt sa main gauche sur ma joue avant de sourire un peu plus. Ses yeux se plongent plus que de raison dans les miens et je le vois, je le sens : son loup. Elle est tellement puissante. J'avais presque oublié. Je me sens tellement en sécurité à ses côtés. Elle ne rompt pas notre échange silencieux quand elle affirme :
- Les pourparlers sont finis, nous rentrons.
- Ça ne sera pas terminé tant que je ne l'aurai pas décidé, aboie l'alpha.
- Anya, ne fait rien de stupide, je la supplie presque. Tu n'as pas vu son loup. Elle était… J'aurai cru être en face d'un Canis.
- Ne t'en fais pas, me rassure-t-elle. Nous allons juste rentrer. Indra, demande aux deux autres de retourner derrière la barrière. Je vais rester près de Lexa.
- Très bien, accepte un peu trop facilement la chef de ma garde.
- Clarke, reprend Anya.
- Je reste, la coupe immédiatement cette dernière.
- Je n'allais pas te demande de partir, ris doucement ma sœur. Il faut que tu la soutiennes. Elle a utilisé beaucoup d'énergie.
À la fin de sa phrase, je remarque que ses iris sont toujours ceux de son loup. Je n'ai pas souvenir qu'elle lui ai laissé autant de place ces cinq dernières années. Clarke m'éloigne d'elle et je sens sa main glisser loin de ma joue. J'ai envie de me battre contre cette idée. Je ne peux pas laisser Anya seule, jamais. Je ne peux pas…
Et puis, sans prévenir, elle se met elle aussi à avance. Je suis tellement soulagée par le fait qu'elle ne décide pas de rester pour se battre. J'entends un fracas monstre et je la lâche des yeux pour la première fois depuis qu'elle est arrivée. Je découvre alors de nouveau la louve et je suis de nouveau éprise par cette sensation : celle de mourir. Elle abat violemment et à plusieurs reprises son poing contre la barrière improviser de Raven en hurlant :
- Je ne vous permet pas de partir.
Anya ralenti et mon cœur bondit dans ma poitrine. Non. Non et non ! Elle tourne sa tête vers la gauche mais elle est toujours dos à l'alpha. Malgré son geste elle ne doit pas être capable de la voir. Elle doit tout juste apercevoir une ombre. Et puis lentement elle fait un peu plus pivoter son corps. J'en ai le souffle coupé. Non. Non et non ! Elle ne doit pas se mettre en danger. Elle m'a promis. Je ne veux pas qu'elle se sente aussi démunie que moi. Jamais. Je sens les larmes lasserer mes joues. Non. Non et non !
L'autre semble étonnée en découvrant le visage de ma sœur. J'ai envie de la rejoindre mais Clarke m'oblige à la suivre. Je ne veux pas la laisser. Je refuse de le faire. L'alpha retire sa main de la barrière comme si celle-ci l'avait subitement brûlée avant qu'elle ne murmure un simple :
- Impossible.
Cette fois, je ne vais plus le retenir. Je vais me transformer. Il le faut. Je dois aider Anya. Elle est en danger. J'ai trop besoin d'elle. Mais je la vois faire un geste vers moi alors que la présence de son loup se fait encore plus ressentir. J'ai presque la sensation qu'il écrase celui de l'inconnue et pourtant je pourrais jurer qu'il était bien plus puissant que celui de ma sœur.
- Tout va bien Lexa. Je ne risque rien.
- Tu ressembles à quelqu'un que j'ai tué il y a très longtemps, assure l'alpha.
- Je sais, assure ma sœur.
Oh mon dieu ! Par toutes les lunes ! Je… Cette alpha… Ça serait elle qui aurait décimé la meute d'Anya ?
- Tu ne peux pas être elle, fulmine-t-elle.
- Et qui serai-je ?
- Je vais te tuer.
- Je n'en doute pas.
Pourquoi Anya semble si calme ? Elle devrait hurler, perdre le contrôle. Je sais que je lui ai demandé de ne rien faire de stupide mais on vient de la menacer d'une mort imminente. Pour quelle raison elle n'explose pas dans une rage folle.
- Lyssa, souffle Anya en se retournant et en avançant à nouveau vers moi.
Un nouveau hurlement de rage me fait frissonner. Clarke tire sur mon bras mais je refuse d'avancer. Anya arrive à ma hauteur, avec force, elle m'oblige à me tourner et pose sa main entre mes omoplates pour me pousser à avancer. De nouveau, la sensation de mourir s'envole loin de mon corps.
- Quoi qu'il se passe, ne te retourne pas Lexa. Ce que tu as fait était incroyablement stupide. Courageux mais stupide.
- Mais…
- Continue d'avancer Lexa, murmure Anya. Elle a un fort pouvoir de persuasion. Elle a semé le doute dans ton esprit. Il faut que tu te concentres sur ce qui est important pour toi. Commence avec Clarke, me suggère-t-elle.
Jusque là, j'avais presque oublié la présence de Clarke. Enfin, je savais qu'elle était présente mais je n'en avais pas vraiment conscience. Comment cette Lyssa a-t-elle réussie à faire ça ? C'était comme si mon empreinte avec la blonde n'avait plus d'existence. C'est alors que je me rends compte d'à quel point je me suis sentie démunie, comme si j'étais seule au monde et agonisante. Sans Anya je crois que… je crois… Mais qu'est-ce qui s'est passer à la fin ?
- Elle va bien ? Demande Clarke inquiète. Je la sens à peine.
- Ça ira mieux une fois qu'elle sentira à nouveau le pouvoir de la meute.
- Mais qu'est-ce que cette fille lui a fait ?
- Il n'y a qu'un seul genre d'alpha capable d'imposer sa volonté de la sorte, ma voix tremble.
- Elle ne t'a rien imposé Lexa, me contre Anya. Tu t'es battue contre elle. Mieux que personne avant toi. Je suis fière de toi.
- Je me sentais tellement démunie.
- Mais elle ne t'a rien imposé et ce sentiment, il va passer. Ça va passer. Je te le promets.
Je nous sens passer la barrière que Raven a dressé tout au long de mon territoire et c'est comme une première inspiration après une longue période sans oxygène. Je cligne un nombre incalculable de fois des paupières. C'était vraiment étrange comme sentiment. J'étais comme… perdue. Morte.
Je me tourne vers Anya avec milles et une question c'est alors que je remarque que son loup est toujours présent. C'est étrange qu'elle ne l'ai pas déjà réprimé. Sa main quitte mon dos rapidement alors que ma garde rapprochée se précipite vers moi. Costia se jette à mon cou en pleurant.
- Je t'ai cru morte ! Pendant un instant… je t'ai cru morte…
- Je vais bien, je souffle surprise par son geste.
- J'étais présente, assure Indra, je te touchais et pourtant j'étais moi aussi persuadée que tu étais… que c'est-il passé ?
Sans le contrôler, je laisse mes doigts glisser sur mon cou. Je me tourne presque brusquement vers Anya. Sans son apprentissage, je serai morte. J'allais mourir. Je n'ai qu'à regarder mes vêtement imbibés de sang pour le savoir. Il y a beaucoup trop de sang.
- Anya, je souffle.
- Tu devrais aller à l'infirmerie, juste au cas où. Je pense que ça rassurera tout le monde.
- Je suis morte ? Je demande terrifiée.
- Bien sûre que non, contre ma sœur.
- J'aurai pourtant juré, assure douloureusement Niko.
- Lexa, nous l'avons tous senti, dit tristement Costia, tu n'es peut-être pas morte mais… tu étais mourante, c'est certain, conclut-elle en me relâchant les larmes aux yeux.
- Anya, je souffle de nouveau comme si elle était la seule chose qui me rattachait à la réalité.
- Infirmerie, répète t-elle. Maintenant.
- Et garde la tête haute, me conseil Indra, ne laisse voir à personne ta faiblesse.
Après ce dernier conseil, je ne me souviens plus de grand-chose. Je suis arriver à l'infirmerie. Raven a surgi, elle m'a tout de suite allongé. J'ai eu le temps d'être surprise par la présence d'Abby puis, j'ai sombré dans un sommeil sans rêve.
C'est le bruit du monitoring qui a troublé mon repos. Le petit son aigu régulier semblait m'agresser mais je luttais pour me rendormir, refusant d'ouvrir les paupières. J'avais besoin de plus de temps. Je me sens si lasse en ce moment. Mais ce qui me décide à faire un effort c'est de sentir des doigts glisser dans mes cheveux, un pouce caresse doucement mon front et une voix si familière :
- Lexa.
- Salut Clarke, je murmure en dirigeant ma main droite vers mon cou.
Mes doigts ne rencontrent qu'une surface lisse, aucun trace d'une plaie ou d'une cicatrice. C'est comme si je n'avais jamais été blessé pourtant, je sens comme une douleur fantôme. Je grimace en me décidant à ouvrir les yeux. Le visage de la blonde est juste au-dessus du miens. Ses iris azurs sont noyés dans un océan de larmes.
- Je suis tellement désolée, sanglote-t-elle. Je n'ai pas su tenir ma promesse. Je n'ai pas pu te protéger… Je suis…
- Shhh, je murmure en déposant délicatement ma main libre sur sa joue essuyant les larmes qui se sont échappées. Je vais bien.
- Je t'ai sentie… je me suis sentie…
- Ça va aller, je lui assure en l'attirant vers moi pour que son visage repose sur mon épaule. Tout va bien maintenant.
La sentir contre moi de la sorte me ressource. Je me sens même sourire. Je me nourris de sa force et j'essaye de chasser ses remords en caressant doucement son dos. Ses larmes maculent mon cou là où le sang s'écoulait il y a encore peu et bientôt la douleur disparaît totalement. Ma main arrête de bouger sur son haut mais j'accroche le tissus comme si c'était la seule chose capable de me rattacher à elle. Je me sens tellement bien dans ses bras. Je suis entière.
- Je t'aime, je murmure.
C'est la première fois que je prononce ces mots. Nous nous sommes à peine rapprocher. Je n'ai jamais eu l'occasion de l'embrasser. En vérité, quand nous sommes ensemble, elle passe le plus clair de son temps à s'énerver contre moi parce que je suis constamment en danger. Elle semble souvent chercher mon approbation et elle m'observe toujours de loin comme si elle avait peur de quelque chose. Mais le lien est là. Il y a une empreinte entre nous. Et, je l'aime.
Je la sens secouer la tête comme pour se battre contre mes mots alors je la serre un peu plus contre moi. Pendant une seconde, je me souviens qu'elle est plus jeune que moi et que je ne devrais peut-être pas lui dire de telles choses. Mais j'en ai assez de me battre contre ce que je ressens. J'ai besoin d'elle. Clarke est mon monde, une partie de moi, ma demi-âme… si elle partait, je ne serai plus que l'ombre de moi-même.
- Ne dis pas de telle chose, souffle t-elle.
- Je le pense Clarke.
- Je le sais, m'assure-t-elle en s'éloignant brusquement de mes bras. C'est justement ce qui me fait si peur, dit-elle le visage baigné de larmes. Je… je suis un démon. Je vais causer ta perte.
- Un semi-démon, je précise amusée. Donc, si tu dois causer ma perte seulement à cause de ce fait, j'ai une chance sur deux de m'en sortir.
- Ce n'est pas drôle Lexa !
- Tu veux savoir ce qu'il s'est passé à la seconde même où je t'ai rencontré ?
- Lexa…
- J'ai commencé à exister. Tu es ma vie maintenant Clarke. Je ne peux rien contre ça. Mon loup et mon cœur t'appartiennent à tout jamais.
- Mais je suis tellement… différente.
- C'est vrai, je te l'accorde.
- Ma vie est dirigée par les ténèbres et la tiennes par la lumière tout ceci… ce lien, il n'a aucun sens. Je refuse d'être celle qui t'attire vers l'obscurité.
-Et si c'était moi qui te tirais vers la lumière ?
Ses iris d'un bleus parfaits se noient un peu plus dans les larmes. Elle détourne le regard. Alors lentement, je glisse ma main dans la sienne et elle ne cherche plus à retenir cet océan dans ses yeux. Les larmes s'écoulent toutes, baignant ses joues de perles salée que je ne cherche pas à effacer. Elles sont importante. C'est la résilience de Clarke. Elle abandonne…
- Je n'avais jamais, elle déglutit difficilement, senti notre lien.
- Je sais.
- Et maintenant, elle glisse ses doigts libres sur son cou en parfait miroir, là où j'ai été blessé, je perçois chacun de tes battements de cœur, toute tes respirations, ta peur, ton… tes sentiments, elle plonge son regard dans le miens, pour moi. C'est comme si, elle secoue la tête de droite à gauche en reniflant, tu ressens tout toi aussi, n'est-ce pas ?
J'acquiesce doucement, elle fronce les sourcils et je sens qu'elle est effrayée. Je serre un peu plus sa main dans la mienne comme si j'avais peur qu'elle puisse fuir. Je ne veux plus qu'elle s'éloigne. Jamais.
- Comment tu fais pour accepter la noirceur dans mon cœur ?
- Il m'arrive d'avoir peur de toi, je révèle honnêtement, mais tu ne laisses jamais les ténèbres gagner. Je vois la lumière dans chacun de tes sourires, dans ta façon de me regarder, dans ta passion pour l'art, dans ton amour pour tes parents. Tu ne veux pas sombrer Clarke, comme nous tous.
- Il n'y a aucune chance pour que tu sombres, m'assure t-elle.
- Bien sûr que si. Je dois me battre tous les jours contre un instinct animal, contre ma colère. Si tu savais, je suis toujours en colère. Mais j'ai trouvé un garde fou.
- Anya, souffle doucement Clarke.
- Oui, Anya, je touche instinctivement mon cœur. Elle m'a sauvé de toute les manières possibles et inimaginables.
- Je me sens étrangement en sécurité quand elle est près de moi.
- Je sais, je souris. Anya a toujours eu cet effet sur moi. Elle est ma grande sœur. Si tu m'avais connu avant que je la rencontre… tu n'aurais pas eu peur d'éteindre la lumière en moi parce qu'il n'y en avait aucune. Et maintenant, il y a toi. Crois-moi, tu ne seras jamais celle qui me poussera vers la noirceur, au contraire, tu attires un peu plus la lumière. Tu me permets d'aimer.
- Et si m'aimer causait ta perte ?
- Une empreinte ne se trompe jamais Clarke.
- Aucun loup n'a jamais choisi un démon.
- Aucun que je ne connaisse en effet.
- Mon père m'a dit que ça n'était jamais arriver. Jamais. C'est un archiviste, il sait ce qu'il dit.
- Pourquoi est-ce si important pour toi ?
- Parce que je ne supporterais pas de, elle se coupe brusquement, de te perdre.
- Il en est de même pour moi.
- Mais c'est moi qui n'est pas pu te protéger !
Elle détourne de nouveau les yeux. Je souris un peu malgré moi. Il faut dire que je suis attendrie. Elle ne m'aime peut-être pas encore mais elle se fait tout de même du soucis pour moi. Je crois… oui, je crois que je peux me contenter de ça même si j'aimerai plus, tellement plus.
- Cette louve…
- Lyssa, me corrige t-elle.
- Lyssa, si tu veux. Tu ne pouvais rien faire contre elle, tout comme moi. Elle est tellement puissante… Et si tu t'étais interposée, c'est moi qui n'aurai rien pu faire pour t'aider.
- Raven a réussi, elle, bougonne Clarke.
- Raven est une sorcière qui est tellement puissante, sans oublier qu'elle a plus de 500 ans et qu'elle est la fille de Morgane.
Je vois que Clarke s'apprête à répondre mais ses mots meurent sur ses lèvres alors qu'un poing s'abat sur la porte de ma chambre. Ma chambre ? Je n'étais pas à l'infirmerie ? Depuis combien de temps j'étais inconsciente ?
Clarke s'éloigne, elle quitte ma main et s'installe au bout de mon lit. Je la regarde effacer les dernière trace de larmes sur ses joues. Je me redresse un peu plus. Je grimace, tout mon corps est endolorie. Je m'assoie en tailleur et pose ma main sur celle de la blonde. Ses yeux tombent sur moi et je lui révèle avec un sourire confiant :
- À partir de maintenant, c'est toi et moi contre le monde entier. Ne me fuis pas, s'il te plaît.
J'attends qu'elle acquiesce. Je retire ma main parce que j'ai compris qu'elle n'est pas encore prête pour ça. Je me tourne vers la porte. C'est Indra. Je l'autorise à entrer. Elle franchit la porte et je peux lire son soulagement de me voir éveiller. Je fronce un peu plus les sourcils. Pour quelle raison était-elle si inquiète ?
- Bonjour Lexa, je suis heureuse de te revoir, m'assure t-elle en baissant la tête et en abattant son poing sur son cœur.
- Évite moi toutes ces formalités Indra, je souris. Ce n'est pas dans ta nature.
- J'ai cru vous perdre, révèle t-elle tristement en gardant son poing sur son cœur. Au cours de ma vie, j'ai perdu douze alphas mais je ne me suis jamais sentie aussi démunie.
Je suis plus que surprise par cette révélation. Un léger sourire aborde les lèvres de la chef de ma garde rapprochée. Elle avance en laissant tomber son poing loin de sa poitrine. Elle me fixe comme jamais auparavant et murmure :
- Ne soit pas si surprise Lexa, tu es une très grande alpha. La plus digne qui soit. Je suis plus que honorée de faire partie de ta meute, m'assure t-elle en tendant respectueusement son bras vers moi.
- L'honneur est partagé, je lui assure en acceptant son geste.
- Je me suis permise d'accepter des duels à ta place durant ta convalescence.
- Ma… convalescence ?
- Tu es restée inconsciente dix jours durant.
- Merde, je souffle entre mes dents. Je dois, je commence en m'apprêtant à sortir du lit.
- Tu dois rester là, me coupe Clarke, ni Raven, ni ma mère ne sont encore venues te voir.
- Mais…
- Clarke a raison Lexa, m'assure Indra ce qui me surprend. Tu devrais l'écouter. Elle est la mieux placée pour savoir ce que tu es en train de vivre.
- Combien de duels ?
- Trop, beaucoup trop. Je n'ai tué personne, précise t-elle. En revanche, je me suis permise d'en enfermer certain, dont Titus.
- Combien Indra, j'insiste.
- De duel ou d'emprisonnement ?
- Les deux.
- Trente deux duels et neuf emprisonnements.
Je serre la mâchoire jusqu'à en faire grincer mes dents. Indra a raison, c'est beaucoup trop. J'inspire profondément pour ne pas me perdre dans une colère incontrôlable. Je m'occuperai de ça plus tard. Subitement le fait qu'Anya ne soit pas à mes côtés m'inquiète, je demande un peu précipitamment :
- Où se trouve Anya ?
- Elle est chez elle, avec ma fille, la sorcière et le dragon. Elle protège Echo à ta place depuis que tu es revenu des pourparlers.
- Bien, je soupire soulager. Qu'en est-il des Blake ?
- Bellamy a été le premier à se réveiller. Il était à peine arrivé sur nos terres qu'il a repris conscience, ses blessures ont disparues presque aussi vite. Ton frère et Octavia ont mi deux jours à s'en remettre.
- Et pour Thomas ?
- Je ne sais pas pourquoi mais les dragons ne lui ont rien fait.
- C'est étrange en effet.
- Raven nous a assuré qu'il allait parfaitement bien.
- Je suis rassurée.
Le silence qui grandit après ma dernière phrase est étrange. Il est presque oppressant. Je fixe Indra qui aborde une posture presque trop droite et parfaite pour que se soit naturel. Je demande alors avec une boule dans la gorge :
- Il y a autre chose ?
- Mon père, je suis surprise par l'intervention de Clarke, a renoncé à son lien avec le clan Skaikru. Il est resté en dehors de ton territoire depuis, en attendant ta décision à son égard.
- Pourquoi a-t-il fait ça ? Sans son affiliation au clamp Skaikru, il n'y a plus d'échange.
- Jaha, commence Clarke en évitant mon regard, a choisit de rejoindre Nia. Mon père a refusé de le suivre. Il n'y a plus d'échange. Les Skaikru te déclarent la guerre, conclu-t-elle en se plongeant dans mes yeux. Je suis désolée Lexa.
- Tu avais raison de te méfier de ce clan de démons, m'assure Indra.
- Pourquoi tu es encore là, je demande à Clarke en ignorant Indra.
- Parce que je n'appartiens pas au clan.
- Pourquoi tu es encore là, je répète.
- Tu le sais parfaitement.
- Tu devrais être avec ton père, ça fait dix jours, Jaha pourrait te revendiquer.
- Aucune chance.
- Mais…
- Aucune chance, hurle presque Clarke, parce que si je dois appartenir à quelqu'un c'est à toi, à ta meute.
Je fixe Clarke. Je suis bouche bée. Je sais que ce n'est pas une déclaration mais pour moi ça y ressemble vraiment beaucoup. Ses iris sont presque fluorescents. Elle est agacée que j'ai pu penser qu'elle puisse m'abandonner.
Par toutes les lunes, je crois que je l'aime encore plus ! Je sursaute en percevant ma porte claquer. Est-ce que Indra vient de partir sans mon autorisation ?
La main de Clarke glisse sur ma joue. Elle m'oblige à quitter la porte des yeux. Je n'avais même pas remarqué que j'avais cessé de la regarder. Je me plonge corps et âme dans ses iris si parfaits. Le temps semble s'arrêter alors que son visage se rapproche du mien. Les battements de mon cœur semblent s'affoler dans une douce musique qui s'accorde parfaitement à celle de Clarke. D'abord son nez frôle le mien puis se sont ses lèvres. La plus merveilleuse caresse que j'ai pu un jour sentir sur ma peau.
- Je suis à toi Lexa.
Je pourrai pleurer tellement cette phrase me touche. Mais c'était avant… qu'elle ne m'embrasse. Avant que je ne sentes l'univers imploser dans le creux de mon estomac. Avant que je ne sente ses mains dans mes cheveux pour me rapprocher. Avant que je ne sente sa langue glisser doucement sur mes lèvres. Avant que l'énergie de mon loup se mêle à ses ombres. Avant que je ne me perde alors que nos langues se mêlaient dans un ballet fou. Avant que je ne réalise que si je ne devais plus jamais reprendre ma respiration ça ne me dérangerait absolument pas. Avant que notre empreinte implose, se révèle enfin dans son entièreté et nous marque au fer rouge sur nos peaux, dans nos âmes, nos cœurs. Avant le baiser qui me donne une identité même. Avant…
Comment retenir ses larmes alors que notre existence prends enfin un sens ?
Je suis née pour vivre ce baiser. Celui-ci et tous ceux qui vont suivre. Je l'aime. Je l'aime à en mourir. Je me perds dans ce sentiment. Je n'existe que pour elle.
Voilà pour le nouveau chapitre de cette fiction. J'espère qu'il vous a inspiré et qu'il vous a plû ! J'ai hâte de savoir ce que vous pensez et de connaître vos réactions face au premier baiser Clexa, beaucoup plus rapide que le Ranya ! XD Lexa en a subit des choses dans ce chapitre mais le principal c'est que même lorsqu'elle sombre, Clarke est là pour la rattraper, n'est-ce pas ? Son lien avec Anya l'a aussi tiré d'affaire… Comment cette dernière va révéler à Lexa l'identité de Lyssa selon vous ?
Je suis évidemment ouverte à toutes les critiques, qu'elles soient positives ou négatives, à condition que le commentaire soit constructif.
En espérant vous retrouvez pour le prochain chapitre !
GeekGirlG.
